00:00Elon Musk a rempli le dossier d'introduction et le processus va donc avoir lieu, on l'espère, pour cette
00:07année.
00:07Est-ce que ça va vous faire rêver ? On vous posera la question tout à l'heure.
00:10En attendant, l'ouverture à Wall Street.
00:12Évidemment, c'est le rouge qui domine.
00:13Moins 1,16 pour le S&P 500, moins 1,15 pour le Dow Jones, le Nasdaq perd 1,7%.
00:19Et on rejoint tout de suite John Plassard de Cité Gestion. Bonjour John.
00:23Bonjour Antoine.
00:24Bon, alors, question bête, qu'est-ce qu'il faut penser finalement de ce discours ?
00:29Alors que certains ont qualifié d'un peu décousu, de compilation de ces derniers postes sur Truth Social, sans aucune
00:37valeur ajoutée.
00:38Bon voilà, on en reprend pour deux ou trois semaines de guerre, d'incertitude.
00:43Quelles sont les conséquences, les premiers enseignements qu'on peut en tirer du côté des marchés, John ?
00:49Alors d'abord, je vais mettre de côté les critiques contre l'OTAN, qui aurait dû, selon Donald Trump, l
00:56'aider à ouvrir le détroit d'Hormuz.
00:59Mais lorsqu'on regarde d'un peu plus loin, le discours d'abord était assez court, 19 minutes exactement.
01:07Donc on s'attendait à un discours fleuve, plus long.
01:10Le message a été assez flou parce qu'il a confirmé, comme vous l'avez dit Antoine, une sortie officielle,
01:18est-ce qu'on peut dire ça, dans deux ou trois semaines du conflit iranien.
01:22Mais il n'y a pas une stratégie claire de sortie.
01:26Donc évidemment, c'est une incertitude pour les marchés.
01:29Et ça explique pourquoi le prix du baril de pétrole, et notamment le prix du baril européen, le WTI touche
01:36un plus haut annuel.
01:37Vous avez le prix, les futurs, sur le diesel en Europe, qui s'embole littéralement de plus 15% en
01:45dépassant les 200 dollars le baril.
01:49Et on est aussi dans une situation où lorsqu'il a parlé de militaire, de succès militaire, la réalité est
01:59assez contrastée.
02:00Parce qu'évidemment, on sait qu'il y a eu des bombardements sur des missiles, des drones et de l
02:04'infrastructure.
02:05Mais le conflit est toujours en cours.
02:08Et je vous rappelle, Antoine, on en avait parlé en début de semaine, qu'on avait eu un bateau koweïtien
02:13qui avait été bombardé dans le port de Dubaï.
02:17Et donc on voit que les Iraniens sont toujours là.
02:20Après, évidemment, ce qui déplaît, ce qui est totalement normal aux États-Unis, c'est qu'on a quand même
02:27un coup humain et militaire non négligeable.
02:30Vous avez des dizaines d'Américains qui ont été tués, vous avez des centaines qui ont été blessés, bien évidemment
02:36aussi, des personnes en Iran.
02:41Et on est loin du modèle zéro perte qu'il avait promis avec l'opération, comparable à l'opération Venezuela.
02:49Et puis, les deux dernières choses que je dirais, c'est d'abord, il a minimisé le détroit d'Hormuz.
02:57Et c'était une énorme erreur parce qu'on sait qu'on a, au-delà des 20% du pétrole
03:05mondial qui passent, qui transitent à travers le détroit d'Hormuz,
03:09eh bien on a une pression haussière sur le pays du baril, sur l'inflation, sur les engrais et sur
03:16l'alimentation américaine.
03:18Dans le monde, oui, mais américaine. Donc sa base de votants est touchée de plein foire.
03:25En début de semaine, le prix du galon a dépassé ces fameux 4 dollars qui, historiquement, reflènent les Américains de
03:33consommer.
03:34Et puis, dernière chose, puisque Donald Trump avait dit qu'il allait en Iran pour régler la problématique nucléaire,
03:43eh bien on sait qu'il y a pour l'instant une absence d'intervention sur l'uranium enrichi sur
03:50l'île d'Ifsane,
03:52qui estime, on estime qu'il faut un délai d'environ un mois pour tout récupérer.
04:01Et donc, ce n'est pas le cas, puisqu'ils n'y sont même pas allés.
04:05Et donc, en fait, c'est un discours qui fait plouf, et le marché, eh bien, n'est pas dupe.
04:12Et le marché, aujourd'hui, eh bien, sanctionne ses propos de Donald Trump.
04:17Et évidemment, ce n'est pas un soulagement.
04:20En fin d'émission, vers 17h, on sera dans le club BFM Boursier.
04:24Il y aura Christopher Dembic, qui anime aussi la Masterclass, tous les vendredis, la Masterclass TPI,
04:30avec toute son optique géopolitique.
04:32Et on reparlera, effectivement, de tout ça, parce qu'on est un petit peu déboussolé.
04:37Et puis, on a l'impression aussi que sur les marchés, tout le monde commence un peu sérieusement en avoir
04:40marre.
04:41La Banque mondiale s'inquiète des conséquences économiques de la guerre en Iran, évidemment, elle aussi.
04:47– Oui, elle signe la fin de la récré, sonnette d'alarme est tirée, en disant,
04:56alors c'est évident, mais quand ça vient d'un rapport de la Banque mondiale,
05:01ça commence à être un peu plus « sérieux », entre guillemets, puisqu'on a des chiffres.
05:05Et ces chiffres font assez peur, parce qu'ils estiment que, évidemment,
05:09le choc pétrolier qui a fait grimper le baril de pétrole,
05:14et on le rappelle, avant la guerre en Iran, le prix du baril montait déjà depuis le début de l
05:21'année,
05:22eh bien, pourrait avoir un impact de plus un point sur l'inflation globale mondiale.
05:28Et évidemment, on est dans une situation où les pays importateurs d'énergie,
05:34et on parle des pays émergents, mais on parle aussi de l'Europe,
05:38eh bien, ils vont voir théoriquement et pratiquement leur déficit courant se creuser.
05:44fortement, on va avoir une pression sur leur devise, on le voit déjà maintenant, Antoine,
05:50une hausse du coup de financement, et puis un risque accru de déséquilibre macroéconomique.
05:56Après, évidemment, parce que ce n'est pas un message très glorieux,
06:01eh bien, le responsable de la Banque mondiale dit que le choc pétrolier,
06:05un choc pétrolier durable, que ça veut dire durable,
06:08c'est-à-dire qui dure plus d'un mois et demi, voire deux mois,
06:11eh bien, pourrait retrancher de 0,5 à 1 point de PIB mondial,
06:17puisque c'est une taxe implicite sur la consommation et l'investissement,
06:22et cerise sur le gâteau, eh bien, on a le marché obligataire
06:27qui devient de plus en plus fragile et potentiellement un risque systémique
06:31au bout du tunnel.
06:33Donc, vous voyez ici que ce n'est peut-être pas le message
06:36qu'on aurait voulu recevoir avant les vacances de Pâques,
06:40mais effectivement, ce qui est en train de se passer
06:42va avoir des conséquences économiques durables.
06:46Oui, c'est vrai, vous faites bien de le rappeler, John,
06:48et c'est peut-être ça qui va ramener un petit peu de calme sur les marchés,
06:50un petit peu de sérénité.
06:51On a un week-end de quatre jours, on a de la chance sur les marchés financiers,
06:54mais effectivement, il n'y aura pas de séance demain,
06:56il n'y aura pas de séance lundi non plus,
06:58et donc, peut-être de quoi calmer un petit peu les esprits,
07:01peut-être rebâtir des stratégies,
07:02ou peut-être même faire réfléchir Donald Trump,
07:05on ne sait jamais.
07:06Allez savoir.
07:07Pour l'instant, sur des marchés qui ne se plaignaient pas,
07:11à un niveau sujet d'inquiétude,
07:12il y en a un nouveau qui refait surface
07:14et qui prend des proportions quand même un petit peu inquiétantes,
07:16c'est celui du crédit privé aux États-Unis.
07:18On a de nouveaux signaux d'alerte.
07:20Alors, en provenance de Cliff Waters,
07:21ça avait été un des premiers à tirer la sonnette d'alarme.
07:24KKR, le fonds géant, le fonds d'investissement géant,
07:27et puis, du côté du Financial Times,
07:30on révèle que chez Blue World Capital,
07:31qui avait été la première institution financière touchée,
07:34les demandes de remboursement atteignent plus de 5 milliards de dollars,
07:39ce qui commence à peser lourd.
07:41Oui, et je dirais, d'une certaine manière,
07:44heureusement qu'il y a la crise au Moyen-Orient,
07:47parce que c'est une crise grave qui se passe globalement dans les banques,
07:52et vous l'avez dit, Cliff Waters évoque des rendements en baisse au premier trimestre.
07:58Il révèle que le modèle commence à être rattrapé par la remontée des taux
08:03et le ralentissement économique.
08:06Et vous l'avez dit, il y a aussi KKR qui a décidé de plafonner les rachats
08:10sur l'un de ces fonds, et évidemment, c'est une réalité qui est sous-estimée
08:16avec cette liquidité du crédit privé qui est conditionnelle.
08:22On a toujours dit, il n'y a pas beaucoup de liquidités.
08:24Ceux qui achètent le crédit privé le savent à la base,
08:27mais ils ne savaient pas qu'on serait dans une situation pareille.
08:31Et donc, le risque devient désormais, je dirais, assez circulaire,
08:36parce qu'on a une baisse des performances, on a une demande de retrait,
08:40on a des restrictions, on a une perte de confiance.
08:44Et là, évidemment, on se dit qu'à un moment ou un autre,
08:47alors ce n'est pas encore une crise, mais on est clairement à un point d'inflexion
08:53et il ne faudrait pas que ça dure parce qu'on va avoir des répercussions
08:58extrêmement nettes sur les banques et potentiellement,
09:02sur tout le système financier qu'on avait mis de côté
09:06parce qu'on avait cette crise géopolitique.
09:09Donc, vraiment, regarder de très très près ce qui s'y passe
09:12et ne pas être surpris lorsqu'on aura certains fonds qui vont fermer
09:17comme on l'a eu il y a quelques semaines de cela.
09:19C'est la clé, effectivement, la durée de ces difficultés,
09:23un petit peu comme le pétrole, les taux, tout un tas de classes d'actifs.
09:28Alors, à noter concernant le pétrole,
09:29que la remontée est particulièrement violente pour le brut léger américain
09:33qui est maintenant à 112,61$, alors que le Brent est bien derrière,
09:37les courbes s'inversent encore une fois entre les deux qualités de brut.
09:40On est à 109$ pour le baril de Brent de Mer du Nord.
09:44On va essayer de rêver un petit peu, John,
09:47et c'est même notre question du jour pour les auditeurs.
09:52SpaceX a transmis aux autorités boursières son document
09:55pour une introduction en bourse.
09:58SpaceX, l'entité spatiale d'Elon Musk.
10:01Alors, c'est la question qu'on vous pose sur les réseaux sociaux,
10:03sur Twitter, sur LinkedIn.
10:04Vous pouvez répondre à notre petit sondage du jour,
10:07la question du jour.
10:08Est-ce que vous allez à nouveau rêver avec l'espace en bourse ?
10:12Est-ce que ça va être un...
10:13Alors, littéralement,
10:15et également dans les faits,
10:18puisque ça va être la plus grosse introduction aux bourses du monde,
10:21a priori,
10:22et donc ça va un peu transfigurer le paysage boursier,
10:26ajouter une énorme capitalisation à la bourse américaine.
10:32Qu'est-ce qu'on peut en penser, John ?
10:34Quel est le sentiment à ce sujet ?
10:37Un sentiment assez positif.
10:39Vous l'avez dit,
10:40on a besoin de rêver dans ces périodes d'incertitude.
10:43Et effectivement,
10:46SpaceX a déposé confidentiellement.
10:49Il voulait le faire avant tous les autres,
10:50avant Anthropik, avant OpenAI.
10:53Et donc, on a une opération potentiellement historique
10:58qui pourrait dépasser les 50 milliards de dollars levés
11:01et battre le fameux record de Saudi Aramco.
11:05On se souvient que Saudi Aramco avait levé environ 25 milliards de dollars.
11:12La valorisation au moment de l'IPO était de 1 700 milliards de dollars.
11:171 700 milliards de dollars.
11:19Eh bien là, on pourrait atteindre, Antoine,
11:211 750 milliards de dollars.
11:25Alors, pour rappeler le business,
11:27il repose largement sur Starlink,
11:29le véritable moteur économique du groupe,
11:31avec environ 9 millions d'abonnés,
11:34des revenus récurrents,
11:36forte exposition au contrat de la défense.
11:38Donc ça, c'est, comme on le disait,
11:41c'est de la manne financière qui rentre tous les mois,
11:44puisque les contrats, normalement,
11:45sont renégociés après plusieurs années.
11:47On a aussi l'intégration de XAI,
11:50vous savez, la partie d'intelligence artificielle
11:54du groupe d'Elon Musk,
11:56avec une vision d'un écosystème unique,
11:58combinant espace, data, intelligence artificielle,
12:03avec des ambitions dont on avait parlé il y a quelques semaines
12:06sur ces fameux centres de données en orbite.
12:09Alors oui, on peut se permettre de rêver
12:11avant l'arrivée, comme je le disais avant,
12:15d'Open AI et d'Entropik,
12:18mais l'équation, évidemment, reste assez fragile.
12:22On rappelle quand même l'ombre de Elon Musk
12:25qu'il y a derrière.
12:26Il ne faudrait absolument pas qu'il prenne des décisions
12:29qui ne vont pas dans le sens des actionnaires,
12:32puisqu'on l'a vu déjà par le passé,
12:34que lorsqu'il n'était pas content,
12:35il pouvait réagir de manière assez erratique.
12:38Mais effectivement, c'est une belle histoire.
12:41Effectivement, ça nous permettra de...
12:43Vous savez quoi ?
12:44Ça fait quand même quelques semaines,
12:45quelques mois presque,
12:46qu'on n'a pas parlé d'Elon Musk et de Bourse.
12:48Et là, effectivement, il y aurait de quoi.
12:50Et puis, voilà, on est dans un monde aussi
12:52où on regarde un petit peu vers le ciel,
12:54parce que ce qui se passe sur Terre
12:56est un peu désespérant.
12:57Il y a eu le lancement d'Artemis vers la Lune
12:59qui a aussi un petit peu fait briller nos yeux.
13:03Pourquoi pas SpaceX ?
13:04En tout cas, on va suivre ce processus d'introduction
13:07qui s'annonce comme une IPO record historique.
13:12Merci beaucoup, John Plassard,
13:14Cité Gestion, pour toutes ces informations,
13:16ces commentaires autour de Wall Street
13:18où la tendance est quand même largement négative.
13:20Moins 2% pour le Nasdaq,
13:21moins 1,39% pour le S&P 500.
13:23Le CAC 40 s'accroche aux branches.
13:25Pour l'instant, ça ne baisse pas trop trop.
13:27On est en repli d'1,35%.
13:307 872 points.
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