Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 heures
Ce jeudi 2 avril, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion, s'est penché sur le discours décevant de Donald Trump sur le conflit au Moyen-Orient, l'impact de ce discours sur les bourses européennes et les prix du pétrole, l'inquiétude de la Banque mondiale face aux conséquences économiques de la guerre en Iran, les difficultés de KKR et Cliffwater avec les fonds privés, et le lancement de l'IPO de SpaceX .Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Elon Musk a rempli le dossier d'introduction et le processus va donc avoir lieu, on l'espère, pour cette
00:07année.
00:07Est-ce que ça va vous faire rêver ? On vous posera la question tout à l'heure.
00:10En attendant, l'ouverture à Wall Street.
00:12Évidemment, c'est le rouge qui domine.
00:13Moins 1,16 pour le S&P 500, moins 1,15 pour le Dow Jones, le Nasdaq perd 1,7%.
00:19Et on rejoint tout de suite John Plassard de Cité Gestion. Bonjour John.
00:23Bonjour Antoine.
00:24Bon, alors, question bête, qu'est-ce qu'il faut penser finalement de ce discours ?
00:29Alors que certains ont qualifié d'un peu décousu, de compilation de ces derniers postes sur Truth Social, sans aucune
00:37valeur ajoutée.
00:38Bon voilà, on en reprend pour deux ou trois semaines de guerre, d'incertitude.
00:43Quelles sont les conséquences, les premiers enseignements qu'on peut en tirer du côté des marchés, John ?
00:49Alors d'abord, je vais mettre de côté les critiques contre l'OTAN, qui aurait dû, selon Donald Trump, l
00:56'aider à ouvrir le détroit d'Hormuz.
00:59Mais lorsqu'on regarde d'un peu plus loin, le discours d'abord était assez court, 19 minutes exactement.
01:07Donc on s'attendait à un discours fleuve, plus long.
01:10Le message a été assez flou parce qu'il a confirmé, comme vous l'avez dit Antoine, une sortie officielle,
01:18est-ce qu'on peut dire ça, dans deux ou trois semaines du conflit iranien.
01:22Mais il n'y a pas une stratégie claire de sortie.
01:26Donc évidemment, c'est une incertitude pour les marchés.
01:29Et ça explique pourquoi le prix du baril de pétrole, et notamment le prix du baril européen, le WTI touche
01:36un plus haut annuel.
01:37Vous avez le prix, les futurs, sur le diesel en Europe, qui s'embole littéralement de plus 15% en
01:45dépassant les 200 dollars le baril.
01:49Et on est aussi dans une situation où lorsqu'il a parlé de militaire, de succès militaire, la réalité est
01:59assez contrastée.
02:00Parce qu'évidemment, on sait qu'il y a eu des bombardements sur des missiles, des drones et de l
02:04'infrastructure.
02:05Mais le conflit est toujours en cours.
02:08Et je vous rappelle, Antoine, on en avait parlé en début de semaine, qu'on avait eu un bateau koweïtien
02:13qui avait été bombardé dans le port de Dubaï.
02:17Et donc on voit que les Iraniens sont toujours là.
02:20Après, évidemment, ce qui déplaît, ce qui est totalement normal aux États-Unis, c'est qu'on a quand même
02:27un coup humain et militaire non négligeable.
02:30Vous avez des dizaines d'Américains qui ont été tués, vous avez des centaines qui ont été blessés, bien évidemment
02:36aussi, des personnes en Iran.
02:41Et on est loin du modèle zéro perte qu'il avait promis avec l'opération, comparable à l'opération Venezuela.
02:49Et puis, les deux dernières choses que je dirais, c'est d'abord, il a minimisé le détroit d'Hormuz.
02:57Et c'était une énorme erreur parce qu'on sait qu'on a, au-delà des 20% du pétrole
03:05mondial qui passent, qui transitent à travers le détroit d'Hormuz,
03:09eh bien on a une pression haussière sur le pays du baril, sur l'inflation, sur les engrais et sur
03:16l'alimentation américaine.
03:18Dans le monde, oui, mais américaine. Donc sa base de votants est touchée de plein foire.
03:25En début de semaine, le prix du galon a dépassé ces fameux 4 dollars qui, historiquement, reflènent les Américains de
03:33consommer.
03:34Et puis, dernière chose, puisque Donald Trump avait dit qu'il allait en Iran pour régler la problématique nucléaire,
03:43eh bien on sait qu'il y a pour l'instant une absence d'intervention sur l'uranium enrichi sur
03:50l'île d'Ifsane,
03:52qui estime, on estime qu'il faut un délai d'environ un mois pour tout récupérer.
04:01Et donc, ce n'est pas le cas, puisqu'ils n'y sont même pas allés.
04:05Et donc, en fait, c'est un discours qui fait plouf, et le marché, eh bien, n'est pas dupe.
04:12Et le marché, aujourd'hui, eh bien, sanctionne ses propos de Donald Trump.
04:17Et évidemment, ce n'est pas un soulagement.
04:20En fin d'émission, vers 17h, on sera dans le club BFM Boursier.
04:24Il y aura Christopher Dembic, qui anime aussi la Masterclass, tous les vendredis, la Masterclass TPI,
04:30avec toute son optique géopolitique.
04:32Et on reparlera, effectivement, de tout ça, parce qu'on est un petit peu déboussolé.
04:37Et puis, on a l'impression aussi que sur les marchés, tout le monde commence un peu sérieusement en avoir
04:40marre.
04:41La Banque mondiale s'inquiète des conséquences économiques de la guerre en Iran, évidemment, elle aussi.
04:47– Oui, elle signe la fin de la récré, sonnette d'alarme est tirée, en disant,
04:56alors c'est évident, mais quand ça vient d'un rapport de la Banque mondiale,
05:01ça commence à être un peu plus « sérieux », entre guillemets, puisqu'on a des chiffres.
05:05Et ces chiffres font assez peur, parce qu'ils estiment que, évidemment,
05:09le choc pétrolier qui a fait grimper le baril de pétrole,
05:14et on le rappelle, avant la guerre en Iran, le prix du baril montait déjà depuis le début de l
05:21'année,
05:22eh bien, pourrait avoir un impact de plus un point sur l'inflation globale mondiale.
05:28Et évidemment, on est dans une situation où les pays importateurs d'énergie,
05:34et on parle des pays émergents, mais on parle aussi de l'Europe,
05:38eh bien, ils vont voir théoriquement et pratiquement leur déficit courant se creuser.
05:44fortement, on va avoir une pression sur leur devise, on le voit déjà maintenant, Antoine,
05:50une hausse du coup de financement, et puis un risque accru de déséquilibre macroéconomique.
05:56Après, évidemment, parce que ce n'est pas un message très glorieux,
06:01eh bien, le responsable de la Banque mondiale dit que le choc pétrolier,
06:05un choc pétrolier durable, que ça veut dire durable,
06:08c'est-à-dire qui dure plus d'un mois et demi, voire deux mois,
06:11eh bien, pourrait retrancher de 0,5 à 1 point de PIB mondial,
06:17puisque c'est une taxe implicite sur la consommation et l'investissement,
06:22et cerise sur le gâteau, eh bien, on a le marché obligataire
06:27qui devient de plus en plus fragile et potentiellement un risque systémique
06:31au bout du tunnel.
06:33Donc, vous voyez ici que ce n'est peut-être pas le message
06:36qu'on aurait voulu recevoir avant les vacances de Pâques,
06:40mais effectivement, ce qui est en train de se passer
06:42va avoir des conséquences économiques durables.
06:46Oui, c'est vrai, vous faites bien de le rappeler, John,
06:48et c'est peut-être ça qui va ramener un petit peu de calme sur les marchés,
06:50un petit peu de sérénité.
06:51On a un week-end de quatre jours, on a de la chance sur les marchés financiers,
06:54mais effectivement, il n'y aura pas de séance demain,
06:56il n'y aura pas de séance lundi non plus,
06:58et donc, peut-être de quoi calmer un petit peu les esprits,
07:01peut-être rebâtir des stratégies,
07:02ou peut-être même faire réfléchir Donald Trump,
07:05on ne sait jamais.
07:06Allez savoir.
07:07Pour l'instant, sur des marchés qui ne se plaignaient pas,
07:11à un niveau sujet d'inquiétude,
07:12il y en a un nouveau qui refait surface
07:14et qui prend des proportions quand même un petit peu inquiétantes,
07:16c'est celui du crédit privé aux États-Unis.
07:18On a de nouveaux signaux d'alerte.
07:20Alors, en provenance de Cliff Waters,
07:21ça avait été un des premiers à tirer la sonnette d'alarme.
07:24KKR, le fonds géant, le fonds d'investissement géant,
07:27et puis, du côté du Financial Times,
07:30on révèle que chez Blue World Capital,
07:31qui avait été la première institution financière touchée,
07:34les demandes de remboursement atteignent plus de 5 milliards de dollars,
07:39ce qui commence à peser lourd.
07:41Oui, et je dirais, d'une certaine manière,
07:44heureusement qu'il y a la crise au Moyen-Orient,
07:47parce que c'est une crise grave qui se passe globalement dans les banques,
07:52et vous l'avez dit, Cliff Waters évoque des rendements en baisse au premier trimestre.
07:58Il révèle que le modèle commence à être rattrapé par la remontée des taux
08:03et le ralentissement économique.
08:06Et vous l'avez dit, il y a aussi KKR qui a décidé de plafonner les rachats
08:10sur l'un de ces fonds, et évidemment, c'est une réalité qui est sous-estimée
08:16avec cette liquidité du crédit privé qui est conditionnelle.
08:22On a toujours dit, il n'y a pas beaucoup de liquidités.
08:24Ceux qui achètent le crédit privé le savent à la base,
08:27mais ils ne savaient pas qu'on serait dans une situation pareille.
08:31Et donc, le risque devient désormais, je dirais, assez circulaire,
08:36parce qu'on a une baisse des performances, on a une demande de retrait,
08:40on a des restrictions, on a une perte de confiance.
08:44Et là, évidemment, on se dit qu'à un moment ou un autre,
08:47alors ce n'est pas encore une crise, mais on est clairement à un point d'inflexion
08:53et il ne faudrait pas que ça dure parce qu'on va avoir des répercussions
08:58extrêmement nettes sur les banques et potentiellement,
09:02sur tout le système financier qu'on avait mis de côté
09:06parce qu'on avait cette crise géopolitique.
09:09Donc, vraiment, regarder de très très près ce qui s'y passe
09:12et ne pas être surpris lorsqu'on aura certains fonds qui vont fermer
09:17comme on l'a eu il y a quelques semaines de cela.
09:19C'est la clé, effectivement, la durée de ces difficultés,
09:23un petit peu comme le pétrole, les taux, tout un tas de classes d'actifs.
09:28Alors, à noter concernant le pétrole,
09:29que la remontée est particulièrement violente pour le brut léger américain
09:33qui est maintenant à 112,61$, alors que le Brent est bien derrière,
09:37les courbes s'inversent encore une fois entre les deux qualités de brut.
09:40On est à 109$ pour le baril de Brent de Mer du Nord.
09:44On va essayer de rêver un petit peu, John,
09:47et c'est même notre question du jour pour les auditeurs.
09:52SpaceX a transmis aux autorités boursières son document
09:55pour une introduction en bourse.
09:58SpaceX, l'entité spatiale d'Elon Musk.
10:01Alors, c'est la question qu'on vous pose sur les réseaux sociaux,
10:03sur Twitter, sur LinkedIn.
10:04Vous pouvez répondre à notre petit sondage du jour,
10:07la question du jour.
10:08Est-ce que vous allez à nouveau rêver avec l'espace en bourse ?
10:12Est-ce que ça va être un...
10:13Alors, littéralement,
10:15et également dans les faits,
10:18puisque ça va être la plus grosse introduction aux bourses du monde,
10:21a priori,
10:22et donc ça va un peu transfigurer le paysage boursier,
10:26ajouter une énorme capitalisation à la bourse américaine.
10:32Qu'est-ce qu'on peut en penser, John ?
10:34Quel est le sentiment à ce sujet ?
10:37Un sentiment assez positif.
10:39Vous l'avez dit,
10:40on a besoin de rêver dans ces périodes d'incertitude.
10:43Et effectivement,
10:46SpaceX a déposé confidentiellement.
10:49Il voulait le faire avant tous les autres,
10:50avant Anthropik, avant OpenAI.
10:53Et donc, on a une opération potentiellement historique
10:58qui pourrait dépasser les 50 milliards de dollars levés
11:01et battre le fameux record de Saudi Aramco.
11:05On se souvient que Saudi Aramco avait levé environ 25 milliards de dollars.
11:12La valorisation au moment de l'IPO était de 1 700 milliards de dollars.
11:171 700 milliards de dollars.
11:19Eh bien là, on pourrait atteindre, Antoine,
11:211 750 milliards de dollars.
11:25Alors, pour rappeler le business,
11:27il repose largement sur Starlink,
11:29le véritable moteur économique du groupe,
11:31avec environ 9 millions d'abonnés,
11:34des revenus récurrents,
11:36forte exposition au contrat de la défense.
11:38Donc ça, c'est, comme on le disait,
11:41c'est de la manne financière qui rentre tous les mois,
11:44puisque les contrats, normalement,
11:45sont renégociés après plusieurs années.
11:47On a aussi l'intégration de XAI,
11:50vous savez, la partie d'intelligence artificielle
11:54du groupe d'Elon Musk,
11:56avec une vision d'un écosystème unique,
11:58combinant espace, data, intelligence artificielle,
12:03avec des ambitions dont on avait parlé il y a quelques semaines
12:06sur ces fameux centres de données en orbite.
12:09Alors oui, on peut se permettre de rêver
12:11avant l'arrivée, comme je le disais avant,
12:15d'Open AI et d'Entropik,
12:18mais l'équation, évidemment, reste assez fragile.
12:22On rappelle quand même l'ombre de Elon Musk
12:25qu'il y a derrière.
12:26Il ne faudrait absolument pas qu'il prenne des décisions
12:29qui ne vont pas dans le sens des actionnaires,
12:32puisqu'on l'a vu déjà par le passé,
12:34que lorsqu'il n'était pas content,
12:35il pouvait réagir de manière assez erratique.
12:38Mais effectivement, c'est une belle histoire.
12:41Effectivement, ça nous permettra de...
12:43Vous savez quoi ?
12:44Ça fait quand même quelques semaines,
12:45quelques mois presque,
12:46qu'on n'a pas parlé d'Elon Musk et de Bourse.
12:48Et là, effectivement, il y aurait de quoi.
12:50Et puis, voilà, on est dans un monde aussi
12:52où on regarde un petit peu vers le ciel,
12:54parce que ce qui se passe sur Terre
12:56est un peu désespérant.
12:57Il y a eu le lancement d'Artemis vers la Lune
12:59qui a aussi un petit peu fait briller nos yeux.
13:03Pourquoi pas SpaceX ?
13:04En tout cas, on va suivre ce processus d'introduction
13:07qui s'annonce comme une IPO record historique.
13:12Merci beaucoup, John Plassard,
13:14Cité Gestion, pour toutes ces informations,
13:16ces commentaires autour de Wall Street
13:18où la tendance est quand même largement négative.
13:20Moins 2% pour le Nasdaq,
13:21moins 1,39% pour le S&P 500.
13:23Le CAC 40 s'accroche aux branches.
13:25Pour l'instant, ça ne baisse pas trop trop.
13:27On est en repli d'1,35%.
13:307 872 points.
Commentaires

Recommandations