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  • il y a 18 minutes
Ce jeudi 26 mars, dans sa chronique USA Today, John Plassard, associé, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, s'est penché sur la fin de l'ultimatum de D. Trump à l'Iran demain soir, le record sur le prix du diesel en Californie, et le soutien de Nvidia à la levée de fonds pour Reflection AI. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.

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Transcription
00:00John Plassard de Cité Gestion. Bonjour John.
00:03Bonjour Antoine.
00:04Donc on l'a dit, une deadline demain soir fixée par Donald Trump.
00:08Après la clôture des marchés, tiens, hasard bizarre,
00:12est-ce qu'on s'achemine vers un nouveau taco ?
00:15Trump always chickens out. Est-ce qu'on s'achemine
00:18vers une nouvelle reculade de Donald Trump
00:21pour essayer de soulager un petit peu tout le monde, en particulier les cours du pétrole,
00:24peut-être le marché obligataire et peut-être qu'il a conscience que sur son marché action,
00:28on commence à avoir un déficit de crédibilité ?
00:32En fait, ça met une pression sur les marchés, vous l'avez dit,
00:35mais aussi une pression sur lui, sur la crédibilité de ses engagements au Moyen-Orient.
00:43Et en fait, ce qu'on remarque, c'est que potentiellement,
00:47en mettant ce deadline, comme vous disiez Antoine, à moins d'une semaine,
00:52il l'a repoussé seulement de cinq jours,
00:53le problème c'est qu'il faut aller encore plus loin.
00:56Et donc, demain soir, ce qu'on pourrait voir,
00:59et si on se réfère à l'histoire, même si ça change tout le temps,
01:03eh bien on voit que Donald Trump a souvent utilisé ces échéances,
01:07ces deadlines, comme des leviers de négociation,
01:11plutôt que comme un point de rupture réelle,
01:15où effectivement, on aurait des militaires américains
01:18qui arrivent sur le sol, comme on dit,
01:21boots on the ground aux États-Unis.
01:24« Maintenant, on ne peut rien exclure ».
01:27C'est pour ça, je pense, que Donald Trump,
01:30qui a vu la première réaction, toutes les premières réactions,
01:33c'est-à-dire la réaction de l'intervention après le 27 février,
01:37mais aussi la réaction après le report de ce fameux deadline en début de semaine,
01:43qui avait eu de très très forts mouvements sur les marchés financiers.
01:46Donc, c'est pour ça qu'il annonce qu'il y aura une décision.
01:51Il aura pris une décision demain soir, après la clôture,
01:55mais de plus en plus, s'il devait repousser encore de 30 jours,
01:59ce qui est assez probable,
02:01eh bien on verra que sa crédibilité, comme on le disait au début,
02:07sera marquée du fer rouge,
02:10tant aux États-Unis qu'au niveau international.
02:13Bon, John, on a aussi l'ancien patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein,
02:20qui met en garde contre le risque de dépréciation généralisée des actifs
02:25sur les marchés privés, le fameux crédit privé.
02:29Ce n'est pas le premier à s'en faire écho.
02:31Est-ce qu'on anticipe finalement du côté du secteur bancaire américain
02:34des dépréciations stratosphériques ?
02:38Ah oui, en fait, selon l'ancien dirigeant,
02:42vous l'avez dit, Goldman Sachs, accumulation d'actifs privés invendus,
02:47et effectivement, on a vraiment l'impression
02:50que s'il n'y avait pas la guerre au Moyen-Orient,
02:52eh bien on a l'impression qu'on aurait des réactions extrêmement fortes
02:55sur les marchés, parce qu'on a quelquefois,
02:59quelques senteurs de 2008 qui reviennent à notre esprit,
03:03et il affirme, l'ancien PDG de Goldman Sachs,
03:09qu'un simple déclencheur, que ce soit macroéconomique,
03:13liquidité ou lié à des fraudes,
03:15pourrait provoquer une vague de dépréciation généralisée, rien que ça.
03:21Et il dit que plus le temps passe sans correction,
03:24plus les risques s'accumulent en silence.
03:26Il fait même un comparatif avec le bois sec qui s'accumule dans les forêts.
03:34Donc il est assez poétique, je dirais,
03:37dans cette situation qui potentiellement peut être une situation de crise.
03:42On a évidemment une absence de véritable prix de marché
03:47qui retarde la prise de conscience,
03:49mais ça rend inévitable d'avoir une phase de réajustement
03:53des bilans de certaines banques, de certains acteurs.
03:56Et donc effectivement, un jour ou l'autre,
03:59on entendra que la réaction de marché
04:02et potentiellement un nouveau fonds tombera.
04:05Et là, il y aura une réaction de marché
04:07qui sera plus forte qu'aujourd'hui.
04:09Bon, on va imaginer un scénario à peu près
04:12petites fleurs, petits oiseaux,
04:15États-Unis et Iran se serrent la main,
04:18arrivent à négocier, arrivent à conclure des négociations.
04:21Qu'est-ce qu'il faudra concrètement pour rouvrir le détroit d'Hormuz
04:26et soulager un peu les tensions ?
04:29C'est une très bonne question,
04:31parce qu'en fait, on a l'impression que si demain,
04:34Donald Trump et les dirigeants iraniens se prennent dans les bras
04:38et décident de rouvrir le détroit d'Hormuz,
04:41on a l'impression que tout d'un coup, du jour au lendemain,
04:43vous avez tous les bateaux qui vont passer.
04:46Eh bien, évidemment, ça ne sera surtout pas le cas,
04:49parce qu'on imagine assez aisément que vous avez les armateurs
04:54qui vont exiger des garanties concrètes de sécurité,
04:58notamment des escortes militaires.
04:59En tout cas, au début, avant de reprendre le transit
05:02dans une zone qui est toujours perçue,
05:04même si tout le monde s'aime,
05:07eh bien, c'est toujours perçu comme à haut risque,
05:10on va avoir aussi un travail préalable de déminage
05:14et de sécurisation des routes maritimes,
05:17qui est indispensable et qui pourrait prendre plusieurs semaines.
05:20Et enfin, eh bien, la capacité militaire étant assez limitée,
05:26le retour à un trafic normal sera progressif
05:30et dépendra aussi d'une coalition internationale.
05:34Vous avez bien entendu, Antoine,
05:35d'une coalition internationale qu'on n'a pas aujourd'hui.
05:38Donc, effectivement, même si tout allait bien,
05:42eh bien, ça prendrait beaucoup de temps, voire plusieurs mois.
05:45Bon, un truc que Donald Trump doit regarder de près,
05:48c'est les prix à la pompe du côté des États-Unis.
05:50Il y a un enjeu électoral.
05:51Il y a sa base électorale qui commence à grincer des dents.
05:55Le prix du diesel en Californie bat de nouveaux records historiques.
06:00Pourquoi et quelles sont les conséquences ?
06:03Alors, déjà, on rappelle le chiffre.
06:067 dollars le galon aux États-Unis.
06:09On est beaucoup, enfin, on est plus haut que lors de la crise de 2022,
06:14guerre en Ukraine.
06:15Donc, vous l'avez dit, on est à un record historique.
06:18Alors, la première des choses, il y a plusieurs explications.
06:20La première, c'est le détroit d'Hormuz.
06:22On vient d'en parler, bien évidemment.
06:25On sait que c'est un marché international, le marché de l'énergie.
06:28Mais la deuxième, c'est un facteur domestique assez important parce que la Californie a perdu environ 20 % de
06:36sa capacité de raffinage depuis fin 2025
06:40parce qu'on a eu la fermeture de deux raffineries.
06:43Alors, évidemment, on parle du diesel, mais il faut aussi parler à l'échelle nationale.
06:48On est à 5,30 gallons.
06:51Alors, on n'est pas au plus haut historique, mais on est au niveau de l'intervention en Ukraine.
06:56Alors, ce n'est pas seulement un choc sur les images, mais c'est évidemment un choc sur le consommateur
07:04américain,
07:05l'électeur, sa base électorale, vous l'avez dit, et en toile de fond, les élections de mi-mandat de
07:14novembre.
07:15Et aujourd'hui, ça ne se passe pas du tout bien pour Donald Trump.
07:18Et on rappelle juste un chiffre clé dont on avait parlé en début de semaine.
07:22Lorsque le prix de l'essence dépassera les 5 dollars le galon en moyenne aux États-Unis,
07:29eh bien, c'est là, c'est à ce moment, historiquement, que les Américains dépensent moins et prennent moins la
07:35voiture,
07:36donc moins de consommation, moins de croissance.
07:38On a des étiquettes de prix psychologiques en ce moment, 5 dollars le galon.
07:42Puis, on a vu Larry Fink, le patron de BlackRock, il y a quelques jours dire,
07:48à 150 dollars le baril, récession globale inévitable.
07:52Donc, ça y est, on a des étiquettes de prix.
07:54John, on termine par, bah tiens, oui, il y a un petit peu d'actualité dans le domaine de l
07:58'intelligence artificielle,
08:00quand même, à regarder, retour aux fondamentaux.
08:01On a Reflection AI, qui est soutenu par NVIDIA, qui sera en pourparler pour lever 2 milliards et demi de
08:09dollars.
08:09La valorisation, c'est 10 fois plus, c'est 25 milliards.
08:14Qu'est-ce qui rend cette opération intéressante ?
08:17Alors, d'abord, on rappelle juste que Reflection AI, c'est une start-up d'intelligence artificielle, évidemment,
08:23mais elle développe des technologies pour traiter d'énormes volumes de données, de matières,
08:31beaucoup plus rapides, avec beaucoup moins de mémoire.
08:33Donc, c'est vraiment quelque chose qui a de l'avenir.
08:36Vous l'avez dit, 25 milliards de dollars, ça représente un saut spectaculaire,
08:42parce que cette société était valorisée environ 8 milliards de dollars fin 2025, c'est-à-dire, c'était hier.
08:50Donc, c'est une multiplication par 3 en quelques mois.
08:55Et depuis sa création, en 2024, je ne vous parle pas d'il y a 10 ans, je vous parle
09:01d'il y a moins de 2 ans,
09:03eh bien, elle a déjà levé 2 milliards de dollars, avec un soutien massif de NVIDIA.
09:09Et ce dernier tour de table, comme on l'appelle pour les IPO,
09:13eh bien, pourrait inclure des grands investisseurs institutionnels.
09:17On parle de JP Morgan, donc ça va marquer un basculement de l'intelligence artificielle du venture capital vers la
09:24finance traditionnelle.
09:26Donc, c'est vraiment quelque chose d'assez intéressant.
09:28Vous savez, alors, évidemment, on se focalise sur le Moyen-Orient,
09:31évidemment, on se focalise aussi sur la dette privée,
09:33mais on voit aussi qu'il y a des pépites qui viennent sur les marchés
09:38et qu'il ne faut surtout pas oublier parce qu'elles sont en train de changer.
09:42Le futur des entreprises, mais aussi notre futur.
09:45Merci infiniment, John Plassard, Cité Gestion, pour commenter cette actualité américaine.
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