00:00John Plassard de Cité Gestion. Bonjour John.
00:03Bonjour Antoine.
00:04Donc on l'a dit, une deadline demain soir fixée par Donald Trump.
00:08Après la clôture des marchés, tiens, hasard bizarre,
00:12est-ce qu'on s'achemine vers un nouveau taco ?
00:15Trump always chickens out. Est-ce qu'on s'achemine
00:18vers une nouvelle reculade de Donald Trump
00:21pour essayer de soulager un petit peu tout le monde, en particulier les cours du pétrole,
00:24peut-être le marché obligataire et peut-être qu'il a conscience que sur son marché action,
00:28on commence à avoir un déficit de crédibilité ?
00:32En fait, ça met une pression sur les marchés, vous l'avez dit,
00:35mais aussi une pression sur lui, sur la crédibilité de ses engagements au Moyen-Orient.
00:43Et en fait, ce qu'on remarque, c'est que potentiellement,
00:47en mettant ce deadline, comme vous disiez Antoine, à moins d'une semaine,
00:52il l'a repoussé seulement de cinq jours,
00:53le problème c'est qu'il faut aller encore plus loin.
00:56Et donc, demain soir, ce qu'on pourrait voir,
00:59et si on se réfère à l'histoire, même si ça change tout le temps,
01:03eh bien on voit que Donald Trump a souvent utilisé ces échéances,
01:07ces deadlines, comme des leviers de négociation,
01:11plutôt que comme un point de rupture réelle,
01:15où effectivement, on aurait des militaires américains
01:18qui arrivent sur le sol, comme on dit,
01:21boots on the ground aux États-Unis.
01:24« Maintenant, on ne peut rien exclure ».
01:27C'est pour ça, je pense, que Donald Trump,
01:30qui a vu la première réaction, toutes les premières réactions,
01:33c'est-à-dire la réaction de l'intervention après le 27 février,
01:37mais aussi la réaction après le report de ce fameux deadline en début de semaine,
01:43qui avait eu de très très forts mouvements sur les marchés financiers.
01:46Donc, c'est pour ça qu'il annonce qu'il y aura une décision.
01:51Il aura pris une décision demain soir, après la clôture,
01:55mais de plus en plus, s'il devait repousser encore de 30 jours,
01:59ce qui est assez probable,
02:01eh bien on verra que sa crédibilité, comme on le disait au début,
02:07sera marquée du fer rouge,
02:10tant aux États-Unis qu'au niveau international.
02:13Bon, John, on a aussi l'ancien patron de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein,
02:20qui met en garde contre le risque de dépréciation généralisée des actifs
02:25sur les marchés privés, le fameux crédit privé.
02:29Ce n'est pas le premier à s'en faire écho.
02:31Est-ce qu'on anticipe finalement du côté du secteur bancaire américain
02:34des dépréciations stratosphériques ?
02:38Ah oui, en fait, selon l'ancien dirigeant,
02:42vous l'avez dit, Goldman Sachs, accumulation d'actifs privés invendus,
02:47et effectivement, on a vraiment l'impression
02:50que s'il n'y avait pas la guerre au Moyen-Orient,
02:52eh bien on a l'impression qu'on aurait des réactions extrêmement fortes
02:55sur les marchés, parce qu'on a quelquefois,
02:59quelques senteurs de 2008 qui reviennent à notre esprit,
03:03et il affirme, l'ancien PDG de Goldman Sachs,
03:09qu'un simple déclencheur, que ce soit macroéconomique,
03:13liquidité ou lié à des fraudes,
03:15pourrait provoquer une vague de dépréciation généralisée, rien que ça.
03:21Et il dit que plus le temps passe sans correction,
03:24plus les risques s'accumulent en silence.
03:26Il fait même un comparatif avec le bois sec qui s'accumule dans les forêts.
03:34Donc il est assez poétique, je dirais,
03:37dans cette situation qui potentiellement peut être une situation de crise.
03:42On a évidemment une absence de véritable prix de marché
03:47qui retarde la prise de conscience,
03:49mais ça rend inévitable d'avoir une phase de réajustement
03:53des bilans de certaines banques, de certains acteurs.
03:56Et donc effectivement, un jour ou l'autre,
03:59on entendra que la réaction de marché
04:02et potentiellement un nouveau fonds tombera.
04:05Et là, il y aura une réaction de marché
04:07qui sera plus forte qu'aujourd'hui.
04:09Bon, on va imaginer un scénario à peu près
04:12petites fleurs, petits oiseaux,
04:15États-Unis et Iran se serrent la main,
04:18arrivent à négocier, arrivent à conclure des négociations.
04:21Qu'est-ce qu'il faudra concrètement pour rouvrir le détroit d'Hormuz
04:26et soulager un peu les tensions ?
04:29C'est une très bonne question,
04:31parce qu'en fait, on a l'impression que si demain,
04:34Donald Trump et les dirigeants iraniens se prennent dans les bras
04:38et décident de rouvrir le détroit d'Hormuz,
04:41on a l'impression que tout d'un coup, du jour au lendemain,
04:43vous avez tous les bateaux qui vont passer.
04:46Eh bien, évidemment, ça ne sera surtout pas le cas,
04:49parce qu'on imagine assez aisément que vous avez les armateurs
04:54qui vont exiger des garanties concrètes de sécurité,
04:58notamment des escortes militaires.
04:59En tout cas, au début, avant de reprendre le transit
05:02dans une zone qui est toujours perçue,
05:04même si tout le monde s'aime,
05:07eh bien, c'est toujours perçu comme à haut risque,
05:10on va avoir aussi un travail préalable de déminage
05:14et de sécurisation des routes maritimes,
05:17qui est indispensable et qui pourrait prendre plusieurs semaines.
05:20Et enfin, eh bien, la capacité militaire étant assez limitée,
05:26le retour à un trafic normal sera progressif
05:30et dépendra aussi d'une coalition internationale.
05:34Vous avez bien entendu, Antoine,
05:35d'une coalition internationale qu'on n'a pas aujourd'hui.
05:38Donc, effectivement, même si tout allait bien,
05:42eh bien, ça prendrait beaucoup de temps, voire plusieurs mois.
05:45Bon, un truc que Donald Trump doit regarder de près,
05:48c'est les prix à la pompe du côté des États-Unis.
05:50Il y a un enjeu électoral.
05:51Il y a sa base électorale qui commence à grincer des dents.
05:55Le prix du diesel en Californie bat de nouveaux records historiques.
06:00Pourquoi et quelles sont les conséquences ?
06:03Alors, déjà, on rappelle le chiffre.
06:067 dollars le galon aux États-Unis.
06:09On est beaucoup, enfin, on est plus haut que lors de la crise de 2022,
06:14guerre en Ukraine.
06:15Donc, vous l'avez dit, on est à un record historique.
06:18Alors, la première des choses, il y a plusieurs explications.
06:20La première, c'est le détroit d'Hormuz.
06:22On vient d'en parler, bien évidemment.
06:25On sait que c'est un marché international, le marché de l'énergie.
06:28Mais la deuxième, c'est un facteur domestique assez important parce que la Californie a perdu environ 20 % de
06:36sa capacité de raffinage depuis fin 2025
06:40parce qu'on a eu la fermeture de deux raffineries.
06:43Alors, évidemment, on parle du diesel, mais il faut aussi parler à l'échelle nationale.
06:48On est à 5,30 gallons.
06:51Alors, on n'est pas au plus haut historique, mais on est au niveau de l'intervention en Ukraine.
06:56Alors, ce n'est pas seulement un choc sur les images, mais c'est évidemment un choc sur le consommateur
07:04américain,
07:05l'électeur, sa base électorale, vous l'avez dit, et en toile de fond, les élections de mi-mandat de
07:14novembre.
07:15Et aujourd'hui, ça ne se passe pas du tout bien pour Donald Trump.
07:18Et on rappelle juste un chiffre clé dont on avait parlé en début de semaine.
07:22Lorsque le prix de l'essence dépassera les 5 dollars le galon en moyenne aux États-Unis,
07:29eh bien, c'est là, c'est à ce moment, historiquement, que les Américains dépensent moins et prennent moins la
07:35voiture,
07:36donc moins de consommation, moins de croissance.
07:38On a des étiquettes de prix psychologiques en ce moment, 5 dollars le galon.
07:42Puis, on a vu Larry Fink, le patron de BlackRock, il y a quelques jours dire,
07:48à 150 dollars le baril, récession globale inévitable.
07:52Donc, ça y est, on a des étiquettes de prix.
07:54John, on termine par, bah tiens, oui, il y a un petit peu d'actualité dans le domaine de l
07:58'intelligence artificielle,
08:00quand même, à regarder, retour aux fondamentaux.
08:01On a Reflection AI, qui est soutenu par NVIDIA, qui sera en pourparler pour lever 2 milliards et demi de
08:09dollars.
08:09La valorisation, c'est 10 fois plus, c'est 25 milliards.
08:14Qu'est-ce qui rend cette opération intéressante ?
08:17Alors, d'abord, on rappelle juste que Reflection AI, c'est une start-up d'intelligence artificielle, évidemment,
08:23mais elle développe des technologies pour traiter d'énormes volumes de données, de matières,
08:31beaucoup plus rapides, avec beaucoup moins de mémoire.
08:33Donc, c'est vraiment quelque chose qui a de l'avenir.
08:36Vous l'avez dit, 25 milliards de dollars, ça représente un saut spectaculaire,
08:42parce que cette société était valorisée environ 8 milliards de dollars fin 2025, c'est-à-dire, c'était hier.
08:50Donc, c'est une multiplication par 3 en quelques mois.
08:55Et depuis sa création, en 2024, je ne vous parle pas d'il y a 10 ans, je vous parle
09:01d'il y a moins de 2 ans,
09:03eh bien, elle a déjà levé 2 milliards de dollars, avec un soutien massif de NVIDIA.
09:09Et ce dernier tour de table, comme on l'appelle pour les IPO,
09:13eh bien, pourrait inclure des grands investisseurs institutionnels.
09:17On parle de JP Morgan, donc ça va marquer un basculement de l'intelligence artificielle du venture capital vers la
09:24finance traditionnelle.
09:26Donc, c'est vraiment quelque chose d'assez intéressant.
09:28Vous savez, alors, évidemment, on se focalise sur le Moyen-Orient,
09:31évidemment, on se focalise aussi sur la dette privée,
09:33mais on voit aussi qu'il y a des pépites qui viennent sur les marchés
09:38et qu'il ne faut surtout pas oublier parce qu'elles sont en train de changer.
09:42Le futur des entreprises, mais aussi notre futur.
09:45Merci infiniment, John Plassard, Cité Gestion, pour commenter cette actualité américaine.
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