- il y a 2 jours
- #metoo
Dans ce numéro du Banquet, Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot interrogent les relations entre femmes et hommes à l'heure des grandes mutations contemporaines.
Du patriarcat aux combats féministes, des espoirs d'égalité aux nouvelles tensions, de la révolution #Metoo à la progression du masculinisme... Chaque invité partage son expérience et son expertise dans le Banquet Hommes, femmes : nouveaux modes d'emploi !
Pour en discuter, Anna Cabana et christophe Ono-dit-Biot reçoivent :
- Elisabeth Borne, députée du Calvados et ancienne Première ministre
- Chantal Thomas, écrivaine, membre de l'Académie française
- Kevin Hiridjee, psychologue clinicien, psychanalyste
- Charlotte Pudlowski, journaliste, cofondatrice de Louie Med
Parce qu'il manquait une émission qui prenne la culture au sérieux sans se prendre au sérieux. Parce que comprendre le monde, c'est aussi comprendre les récits qui le façonnent. Parce qu'il est temps de réconcilier le savant et le populaire. « Le banquet » est une émission qui parle de la culture savante de manière populaire et de la culture populaire de manière savante. Un temps long, une respiration, un espace de réflexion, dans un monde saturé d'informations et de débats immédiats. Aux manettes : Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot, tous deux journalistes et écrivains, dressent une table singulière où se croisent idées, oeuvres, figures et imaginaires.
Deux fois par mois, « Le banquet » s'attaque à un grand thème culturel, éclairé à la fois par l'histoire des idées, la sociologie, la politique, et la pop culture. Dans un esprit résolument humaniste, mais jamais élitiste, l'émission fait dialoguer Platon et Netflix, Molière et Marvel, Barthes et les réseaux sociaux.
Présenté par : Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot
Du patriarcat aux combats féministes, des espoirs d'égalité aux nouvelles tensions, de la révolution #Metoo à la progression du masculinisme... Chaque invité partage son expérience et son expertise dans le Banquet Hommes, femmes : nouveaux modes d'emploi !
Pour en discuter, Anna Cabana et christophe Ono-dit-Biot reçoivent :
- Elisabeth Borne, députée du Calvados et ancienne Première ministre
- Chantal Thomas, écrivaine, membre de l'Académie française
- Kevin Hiridjee, psychologue clinicien, psychanalyste
- Charlotte Pudlowski, journaliste, cofondatrice de Louie Med
Parce qu'il manquait une émission qui prenne la culture au sérieux sans se prendre au sérieux. Parce que comprendre le monde, c'est aussi comprendre les récits qui le façonnent. Parce qu'il est temps de réconcilier le savant et le populaire. « Le banquet » est une émission qui parle de la culture savante de manière populaire et de la culture populaire de manière savante. Un temps long, une respiration, un espace de réflexion, dans un monde saturé d'informations et de débats immédiats. Aux manettes : Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot, tous deux journalistes et écrivains, dressent une table singulière où se croisent idées, oeuvres, figures et imaginaires.
Deux fois par mois, « Le banquet » s'attaque à un grand thème culturel, éclairé à la fois par l'histoire des idées, la sociologie, la politique, et la pop culture. Dans un esprit résolument humaniste, mais jamais élitiste, l'émission fait dialoguer Platon et Netflix, Molière et Marvel, Barthes et les réseaux sociaux.
Présenté par : Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot
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NewsTranscription
00:00Bonjour à tous, bonjour Christophe. Bonjour Anna. Je suis ravie de vous retrouver pour notre banquet.
00:04Ce soir, notre banquet, on va le consacrer à un sujet qui déchaîne les passions des artistes, des penseurs et
00:10même des polémiqueurs, les relations hommes-femmes.
00:13Ou plutôt les relations femmes-hommes. On peut le prendre dans les deux sens, si on veut avoir une chance
00:17de trouver le, ou peut-être les nouveaux modes d'emploi.
00:21On va voir ce qu'en pensent nos invités, on les retrouve tout de suite.
00:44Bonjour Elisabeth Borne. Bonjour.
00:45Alors vous êtes députée du Calvados, ancienne première ministre. Vous tenez à la féminisation de cette fonction.
00:50Vous allez nous expliquer pourquoi. Vous avez été, après Edith Cresson, la deuxième femme à occuper ce poste.
00:55Vous faites donc partie, Elisabeth Borne, d'une communauté encore plus réduite que celle des astronautes.
01:01Et on va voir que vous êtes arrivée sur une planète hostile.
01:04Chantal Thomas, bonjour. Bonjour.
01:06Vous êtes écrivaine, membre de l'Académie française. Vous êtes l'auteur de nombreux et merveilleux livres,
01:12dont celui qui vous a révélé au grand public, Les Adieux à la Reine, qui a été adapté au cinéma
01:17par Benoît Jacot.
01:18Et vous venez de publier deux livres sur des femmes qui se sont libérées,
01:22« Inventer sa chambre à soie » chez Rivage Poche et « Femmes sur fond d'azur » au Seuil.
01:28Parmi ces femmes, on y reviendra à votre mère, Jackie.
01:32Bonjour, Kevin, vous êtes le seul invité homme de ce plateau.
01:36Vous êtes psychologue clinicien, psychanalyste et thérapeute de couple.
01:41Vous tentez d'attirer l'attention de la société sur le mal-être et les angoisses des hommes.
01:46Et vous venez de publier chez Albain Michel « Ce que les hommes ne disent pas ».
01:50Alors, on compte sur vous pour nous le dire, tout ce que les hommes ne disent pas.
01:55Charlotte Pudovski, bonjour.
01:57Vous êtes journaliste, cofondatrice de Louis Média.
02:00Vous y proposez des podcasts éclairants sur la société.
02:04On recommande notamment chaudement la série Émotions.
02:07Eh bien, envenue à tous.
02:08On est très heureux avec Christophe de vous accueillir au Poinçon.
02:13Alors, avant de commencer, j'aimerais vous proposer un petit voyage dans le temps.
02:18On est en samedi de 1959 et des jeunes gens viennent de se dire oui.
02:24On regarde.
02:25Pensez-vous que votre mari, madame, doit être le patron chez lui ?
02:30Il doit avoir l'impression de commander.
02:33Pourquoi doit-il avoir l'impression de commander ?
02:35Vous pensez que les hommes ont besoin d'avoir l'impression de commander ?
02:39Oui, quand même.
02:41Mais qu'il en ait seulement l'impression ?
02:44Seulement l'impression ?
02:45Pour quelles raisons ?
02:47Pour quelles raisons ?
02:48Parce que...
02:54Parce que ta femme est plus faite pour obéir, je trouve, que pour décider.
03:02Alors, c'était cinq colonnes à la une.
03:05Donc, le 6 mardi 1959.
03:08Et là, on l'a entendu, la femme est plus faite pour obéir que pour décider, pour commander.
03:14Aujourd'hui, Chantal Thomas, une telle formule fait bondir.
03:17Mais c'était le lot des femmes, notamment des femmes auxquelles vous vous êtes intéressées
03:20dans les livres dont on parlait.
03:22Que ce soit Colette, la noveliste britannique Catherine Mansfield, la reine Victoria ou votre mère Jackie.
03:29Est-ce que vous iriez jusqu'à dire qu'il n'y avait pas de femmes sans se corser, au
03:34sens propre comme au figuré ?
03:37Au 19e siècle et jusqu'à cette époque, je pense que le délaçage a été très long.
03:44Et que chaque femme, à sa manière, cherchait une issue.
03:51Et cet éventail de figures féminines, c'est aussi un éventail de manières de ruser avec l'interdit et l
03:59'empêchement.
04:01Mais l'idée, une femme est faite pour obéir.
04:04Je crois qu'aucune, aucune vraiment, ne l'a formulée ni à haute voix ni intérieurement.
04:09À aucune époque ?
04:11Si, si. La situation de fait, qui fait que les femmes se disent, bon, il n'y a pas d
04:18'issue, je dois obéir.
04:20Mais que ce soit une destinée, je pense que dans nos civilisations, c'est non, j'y crois pas.
04:27J'y crois pas, tout simplement.
04:28Et vous dites ça en souriant avec malice.
04:31Votre mère, Jackie, elle n'était pas conformiste.
04:33Et vous parlez notamment de son impatience.
04:36Est-ce que vous pouvez nous raconter ça ?
04:37Ma mère était une femme au foyer qui refusait d'être une femme au foyer.
04:42Et ça suscitait en elle une mauvaise humeur et une colère et finalement une dépression.
04:49Et je crois que c'est quelque chose qui peut parler à beaucoup de femmes.
04:53dans la mesure où ce mal-être, parce qu'on essaie de lui dire, mais tu as tout pour être
04:59heureuse,
05:00ce mal-être est, je crois, très répandu.
05:02C'est-à-dire qu'il y a une dissymétrie immense entre l'homme qui revient le soir et a
05:08des anecdotes plus ou moins piquantes
05:10et la femme qui, finalement, n'a rien à dire ou alors à dire des choses sur le mot de
05:16Virginia Woolf,
05:17des sensations fugitives, très difficiles à faire entendre.
05:21Et je crois même que c'est une sorte, c'est comme deux écritures qui ne se répondraient pas.
05:26Moi, je l'ai senti quelquefois parce que très souvent, je ne fais rien.
05:31et raconter à quelqu'un qu'on ne fait rien, c'est difficile à faire passer.
05:36J'ai passé beaucoup de temps au bord de la mer.
05:38Comment raconter ces journées qui sont les plus essentielles pour moi ?
05:41Je pense que la femme au foyer, c'est un peu ça.
05:43Il lui arrive peut-être mille choses, mais comment les dire ?
05:47Et la dépression, souvent, elle est de cette accumulation de non-dits
05:51et finalement de rétrécissement de son sentiment de vitalité.
05:55Et ma mère a émergé de ça.
05:57Elle s'est révélée à elle-même.
05:59Elle-même, oui.
06:00Elisabeth Borne, dans votre livre, « 20 mois à Matignon »,
06:03vous avez rendu hommage à votre mère, qui était un modèle de courage.
06:07Elle aussi, elle a dû assumer seule l'éducation de ses enfants.
06:11Oui, parce qu'en fait, je pense que dans ce modèle-là,
06:15ne pas avoir d'indépendance économique est évidemment un point crucial.
06:20C'est-à-dire que si de toute façon, vous ne pouvez pas dire à monsieur
06:24que ça commence à bien faire et que vous prenez vos affaires
06:28et que vous allez voir plus loin,
06:29évidemment, vous êtes complètement piégée.
06:31Et alors, il se trouve que ma mère n'est pas partie avec ses affaires,
06:34mais qu'en l'occurrence, mon père s'est suicidé,
06:37elle s'est retrouvée toute seule, elle avait toujours travaillé.
06:40Et pour moi, c'est un modèle, effectivement, de se dire,
06:43il faut bâtir son indépendance, son autonomie.
06:46Et je pense que voir une femme qui se retrouve avec deux petites filles,
06:51toute seule, plus l'entreprise familiale avait fait faillite
06:54et qui arrive à s'en sortir et qui nous transmet quelque part
06:57le fait qu'on doit acquérir notre propre autonomie,
07:02et puis, c'est sûr que c'est un modèle.
07:04– Kévin Eridji, je me tourne vers le psychologue,
07:06pas seulement l'homme du plateau.
07:08Dans votre cabinet, il y a des hommes qui s'épenchent.
07:10Est-ce que le patriarcat, ça les rend heureux ?
07:13– On ne peut pas dire qu'ils s'épenchent.
07:15Les hommes souffrent, mais d'une façon bien spécifique, bien aveux.
07:19Oui, ça les fait souffrir, bien sûr.
07:21C'est-à-dire, c'est l'absence de modèles sur lesquels s'appuyer
07:24qui fait souffrir.
07:25Les pères ou les grands-pères n'ont pas forcément les mêmes valeurs qu'eux.
07:28Et en même temps, ils doivent construire dans leur couple
07:30et dans leur vie intime des chemins.
07:32Et ils sont écartelés parfois entre une société
07:35qui leur propose des choses contradictoires,
07:37des discours contradictoires.
07:38Donc, ils souffrent essentiellement aussi
07:40de ne pas pouvoir exprimer leur souffrance.
07:43Ils souffrent de ne pas pouvoir souffrir,
07:45ce qui est très paradoxal.
07:46– Mais est-ce que c'est dur d'être celui qui doit commander,
07:48pour reprendre les terminologies ancestrales ?
07:51– Il me semble qu'on peut écouter une chanson d'Orelsan,
07:54aujourd'hui, qui s'appelle « C'est pas moi le boss »,
07:55que tout le monde connaît,
07:56qui montre de quelle façon, finalement,
07:58le commandement prend de nouvelles formes.
08:00En disant « C'est pas moi le boss »,
08:01c'est une façon indirecte, quand même, de commander aussi.
08:04– De dire « Je suis le boss », quand même.
08:05– Absolument.
08:05Donc, il me semble qu'il faut se méfier aussi
08:08des façons dont les hommes empruntent
08:10certains chemins de l'égalité
08:12pour remaintenir ou réinstituer
08:14des systèmes qui sont inégaux, insidieux.
08:16Ça, je crois que c'est très important.
08:18– Charlotte Pudlovski, dans les podcasts de Louis Médias,
08:20vous recueillez des témoignages,
08:22vous avez consacré une série
08:23des mecs solides au masculinisme.
08:26Qu'est-ce que c'est, exactement, le masculinisme ?
08:28– Le masculinisme, c'est un courant
08:31qui existe depuis plusieurs décennies maintenant,
08:33mais dont on parle de plus en plus.
08:35Et notamment, le dernier rapport du HCE
08:38en parle vraiment comme d'une menace,
08:40une idéologie structurée.
08:42Et donc, ce n'est pas simplement un anti-féminisme,
08:46mais c'est vraiment une volonté
08:48de réinstaurer un ordre patriarcal
08:50qui, selon les masculinistes,
08:52serait en perte de vitesse,
08:53voire les femmes auraient gagné.
08:55On serait en train de mettre un nouvel ordre en place
08:57qui serait dangereux pour le genre,
09:00pour la tradition, pour la société dans son ensemble.
09:03Donc, c'est vraiment un courant idéologique
09:04extrêmement violent et de plus en plus présent
09:07et de plus en plus structuré.
09:08Et qui a de plus en plus de poids aussi
09:09chez les jeunes générations.
09:11Les très jeunes, même.
09:12Chez les très jeunes, oui.
09:13C'est assez fascinant, en fait,
09:15de voir que dans les nouvelles générations,
09:17il y a à la fois plus de progressisme,
09:19mais aussi un écart de plus en plus grand,
09:21ce qu'on appelle le gender gap,
09:23un écart idéologique politique
09:25entre les jeunes femmes et les jeunes hommes.
09:27Et je citais le dernier rapport
09:29au Conseil à l'égalité.
09:31Le HCE.
09:32Le HCE, voilà.
09:33Montre bien qu'il y a, en fait,
09:35la moitié des hommes qui adhèrent au sexisme.
09:38Ce rapport, il distingue le sexisme hostile
09:41et le sexisme paternaliste.
09:43Donc, le sexisme hostile,
09:44c'est vraiment celui qui veut renvoyer
09:46les femmes à la cuisine.
09:47Le paternaliste n'est pas hostile.
09:49Alors, le rapport montre bien
09:52que ces deux courants s'alimentent l'un l'autre.
09:54Mais ce qu'on appelle le sexisme paternaliste,
09:56c'est celui qui va consister à dire
09:57qu'il faut tenir la porte à une femme,
09:59il faut s'occuper d'elle.
10:01Ce qu'on va mettre sous le mot de galanterie,
10:04selon la définition contemporaine de la galanterie,
10:06pas celle de la littérature 19e.
10:09Et donc, tout ça,
10:10c'est deux pieds qui marchent ensemble, en fait.
10:14Et c'est donc 50% des jeunes hommes
10:16qui adhèrent à ce double sexisme-là.
10:20Si on prend paternaliste et hostile,
10:22ça ne veut pas dire que les 50% restants
10:23sont réfractaires au sexisme.
10:25Ça veut dire que les 50% cochent vraiment
10:27toutes les cases.
10:29Alors, je voyais Kevin Ruggi
10:30qui le met les yeux au ciel.
10:32On peut tout à fait le voir comme ça,
10:34je suis d'accord.
10:34J'ai reçu beaucoup de masculinistes
10:36et je m'aperçois quand même
10:37que le mouvement d'agressivité
10:39chez les garçons, chez les adolescents,
10:41n'est pas toujours pulsionnel.
10:43Il est souvent défensif.
10:45C'est-à-dire, ce sont des façons
10:46de se protéger, notamment parce que
10:48à l'adolescence, c'est pas facile
10:51d'être un garçon, mais comme d'être une fille d'ailleurs.
10:53Et la différenciation qui est nécessaire pour eux,
10:55le fait de s'affirmer en tant qu'homme,
10:57les confronte à des difficultés
10:58très, très importantes.
11:00Alors, il se barricade, il roule des mécaniques,
11:02mais je ne suis pas convaincu,
11:04en tout cas, ce n'est pas ce que j'entends
11:05dans les consultations.
11:06C'est souvent pour se protéger
11:08qu'il retourne une forme de mélancolie
11:10en agressivité, un peu comme le misanthrope.
11:13– En tant que ministre de l'Éducation nationale,
11:16moi, je vais vous dire, j'ai découvert quand même
11:18la montée de ce courant masculiniste
11:20qui fait peur.
11:22Il y a une très belle série au Royaume-Uni
11:25qui s'appelle Adolescence,
11:27qui vous raconte l'histoire d'un garçon
11:29qui bascule dans le cadre
11:31de ces théories masculinistes.
11:33Moi, j'ai vécu des drames
11:35au sein de l'Éducation nationale
11:36de jeunes qui, sur les réseaux sociaux,
11:40se font totalement influencer
11:42par ces théories masculinistes
11:44qui vous expliquent qu'il faut être un mâle alpha
11:45et que si la jeune fille ne répond pas
11:48à vos avances,
11:50on peut lui taper dessus,
11:51voire on peut la tuer.
11:52– Oui, mais vous ne croyez pas
11:53qu'ils utilisent justement
11:54la vulnérabilité de ces adolescents
11:56et le fait qu'il n'y ait pas de modèle
11:58d'identification masculin favorable,
12:01socialement valorisé,
12:02pour pouvoir se développer
12:04et que finalement,
12:05ils empruntent une faille,
12:06ces coachs en séduction
12:07ou ces groupes de musculation.
12:10Et je crois que ce qu'il faut faire
12:11pour résoudre le problème,
12:12c'est de soigner ces adolescents,
12:14c'est-à-dire de les entendre
12:15comme en souffrance d'abord.
12:17Ce sont des adolescents
12:18qui sont en détresse
12:19et leur détresse s'exprime
12:20sous la forme de l'agressivité.
12:22Mais tant qu'on n'aura pas
12:23fait le bon diagnostic,
12:24on ne les soignera pas
12:25et on ne résoudra pas le problème,
12:26il me semble.
12:27– Oui, il n'y a pas de doute
12:28que si ces réseaux sociaux prospèrent,
12:31c'est parce qu'il y a
12:32beaucoup de vulnérabilité
12:33qui peut conduire à de l'anorexie
12:35chez les jeunes filles
12:36et à l'adoption de ces codes masculinistes
12:40chez les jeunes garçons.
12:41Mais moi, je trouve que par rapport
12:42à ce que moi j'ai vécu
12:45dans mon adolescence
12:46comme jeune femme,
12:48les relations se sont beaucoup dégradées,
12:50je trouve,
12:51entre les filles et les garçons.
12:52Et vous noterez
12:53qu'il y a très peu
12:54de groupes mixtes.
12:56On ne voyait des jeunes
12:57qui se promènent,
12:58qui sortent faire la fête.
13:01Il y a des groupes de filles
13:01et des groupes de garçons.
13:02Donc on se dit
13:03qu'il y a quelque chose
13:03qui a quand même mal tourné
13:06dans ce monde.
13:06– Et d'ailleurs, sur ça,
13:07toute la sociologie des réseaux
13:09et notamment qui s'intéressent
13:10aux questions d'amitié
13:11montre que dans les amitiés,
13:13il y a beaucoup plus
13:13de mixité sociale.
13:14C'est beaucoup plus facile
13:15pour les adolescents aujourd'hui
13:16d'être amis
13:17entre différents groupes sociaux
13:18qu'entre différents genres.
13:19Donc ça, c'est vraiment
13:20effectivement un sujet.
13:22Et sur ça,
13:23nous, dans cette série
13:23que vous citiez,
13:24des mecs solides,
13:25il y a un jeune homme
13:27qui raconte comment
13:27il était tombé
13:28dans le masculinisme
13:29et comment il en est sorti
13:30grâce à sa meilleure amie
13:31qui ne l'a jamais abandonné.
13:32Et donc cette question
13:33de la mixité des liens
13:34et de la mixité de genre,
13:35elle est absolument fondamentale.
13:37Et si je peux juste réagir
13:38à ce que vous disiez,
13:40Kévin,
13:41je trouve que dire
13:42qu'effectivement
13:42il y a une souffrance au départ,
13:43ça c'est indéniable.
13:44Je ne sais pas
13:45si elle est forcément
13:46plus grande que celle
13:47des jeunes femmes
13:47qui sont confrontées
13:48à des discriminations,
13:49mais en tout cas
13:49elle est indéniable.
13:51En revanche,
13:51la question c'est
13:51qu'est-ce qu'on fait
13:52de cette souffrance ?
13:53Est-ce qu'on la retourne
13:54contre d'autres ?
13:55Ce qui est l'enjeu du masculinisme
13:56de dire je souffre
13:57donc je vais retourner
13:58ma souffrance
13:58contre l'autre moitié
14:00de l'humanité,
14:01contre les femmes,
14:02contre l'autre genre
14:03ou ce que font les femmes
14:05depuis la nuit des ans,
14:06de dire je souffre
14:07et donc je vais...
14:08Je prends sur moi.
14:09Pardon ?
14:09Je prends sur moi.
14:10Et donc je prends sur moi.
14:10Donc cette question de la violence,
14:12ça reste quand même
14:12un choix à un moment donné
14:13qui est évidemment influencé
14:15par tout un appareil culturel
14:16de représentation symbolique,
14:18émotionnelle, etc.
14:19Mais le patriarcat,
14:20c'est de toute façon
14:21le refus de la vulnérabilité.
14:22C'est les jeunes hommes
14:23qui disent,
14:24enfin qui ne le disent pas
14:25forcément consciemment évidemment,
14:26mais c'est trop difficile
14:27de souffrir,
14:28d'avoir des émotions,
14:29de tomber amoureux
14:29donc je vais plutôt
14:30aller à la salle,
14:31me muscler, etc.
14:32Donc la souffrance,
14:33je crois qu'elle n'est pas
14:34tellement en cause.
14:35La question c'est
14:35qu'est-ce qu'on fait
14:36de cette souffrance ?
14:38Et après je me demande aussi
14:39si les jeunes gens
14:39qui viennent en thérapie,
14:40ils ne sont pas déjà
14:41un pas en avant
14:42par rapport à d'autres,
14:43d'accepter de parler,
14:44d'accepter de se confronter
14:47et d'accepter la parole
14:48qui est vraiment un enjeu.
14:49Enfin j'imagine
14:50que vous le savez
14:51beaucoup mieux que moi
14:51mais c'est une question
14:53au fond de masculinité aussi,
14:55d'oser ou pas parler
14:56et d'être dans le dialogue ou non.
14:59Chantal Thomas,
15:00le masculinisme.
15:01Oui, je pensais
15:02qu'il y a l'apport thérapeutique
15:05mais ce qui est essentiel aussi,
15:07je pense que c'est une histoire
15:08d'éducation
15:10et de promouvoir la lecture
15:13et d'amener les gens à lire.
15:15Je viens juste de lire
15:16des poèmes d'un poète
15:18de la Renaissance
15:19qui célèbre l'amour courtois
15:21et tout le ressort
15:23c'est de souffrir pour la dame
15:26et de lui offrir une âme
15:29à la fois esclave
15:31et dans l'adoration.
15:34Et je pense que
15:35un des problèmes actuels
15:38de ces jeunes gens aussi
15:39c'est qu'ils n'ont pas
15:41de passé
15:44littéraire
15:44ou poétique
15:45de référence
15:47et il y a une espèce
15:49de nudité
15:50et de présent absolu
15:53dans ce qu'ils vivent.
15:55Et l'absence
15:55d'écart,
15:56de recul
15:57par rapport à une situation
15:58fait qu'en effet
16:00ils ont envie
16:00d'envoyer leur point
16:02sur la figure de quelqu'un
16:03plutôt que penser
16:04en fait je souffre
16:06c'est aussi un code
16:07intéressant
16:08de souffrir
16:09pour quelqu'un.
16:10C'est une manière
16:11de se découvrir.
16:13Mais c'est qu'il n'y a pas
16:13assez d'amour courtois
16:14sur les réseaux sociaux
16:15Chantal Thomas.
16:16Oui je pense.
16:17Mais à partir de cette émission
16:18ça va changer.
16:19Je trouve que l'amour courtois
16:21est négligé.
16:24Je vais vous proposer
16:25un autre petit voyage
16:26dans le temps.
16:27On est en 1974
16:29avec le MLF
16:31le mouvement
16:32de libération des femmes.
16:34Elisabeth Borne
16:34cette archive
16:35elle devrait vous plaire.
16:36On se garde.
16:36C'est la grève
16:37c'est la grève
16:37c'est la grève
16:38des femmes
16:38c'est la grève
16:39c'est la grève
16:40des femmes
16:40il y en a marre
16:41de leur vie
16:41de leur promotion
16:42de leur mieux
16:43de leur vie
16:43de leur maison
16:44Nous faisons la grève
16:45du travail domestique
16:49parce qu'il est réservé
16:50aux femmes
16:50qui n'est pas payé
16:52qui n'est pas reconnu
16:53et qu'il est obligatoire.
16:55Quand même
16:55on a deux femmes
16:56il y en a une
16:56qui est au ministère
16:57de la santé
16:57et l'autre au ministère
16:58des femmes.
17:00Alors c'est encore une fois
17:02les tâches traditionnelles
17:03des femmes
17:04c'est leur nature
17:05de soigner les gens
17:05c'est leur nature
17:06d'être féminine
17:07et ça je crois
17:08que vraiment la grève
17:09c'est aussi contre
17:09cette idée de nature
17:11qui prédestinerait les femmes
17:12même quand elles sont
17:13ministres
17:13à l'être pour
17:14ce qui est considéré
17:15dans notre société
17:16comme secondaire.
17:20Elisabeth Borne
17:21est-ce que vous sentez
17:22l'héritière
17:23de ces militantes ?
17:25Je pense que
17:26de refuser
17:27une assignation
17:28à un rôle
17:29oui je crois
17:30que je partage assez
17:30en fait
17:31je partage assez
17:32mais vous savez
17:33là on est au lendemain
17:34des élections municipales
17:35c'est pareil
17:36en fait
17:37vous avez
17:39théoriquement
17:39une parité
17:40sur les listes
17:42aux municipales
17:43maintenant
17:43qui s'est étendue
17:44à toutes les communes
17:45mais par contre
17:46dans les fonctions
17:46d'adjoints
17:47qui doivent aussi
17:48être répartis
17:49de façon paritaire
17:50les femmes
17:51elles sont en charge
17:52de la petite enfance
17:53et elles ne sont pas
17:54en charge des travaux
17:55ou des finances
17:56donc ces stéréotypes
17:59continuent à être bien présents
18:00alors on a choisi
18:02le mot clé combat
18:03pour ce chapitre
18:03de notre émission
18:04et c'est un mot combat
18:05Elisabeth Borne
18:06que vous avez employé
18:07à plusieurs reprises
18:08pour parler de vous
18:09notamment
18:09le jour de votre prise
18:10de fonction
18:11comme première ministre
18:12le 16 mai 2022
18:13on vous regarde
18:15alors comme vous l'imaginez
18:17je suis évidemment
18:18très émue ce soir
18:19et je ne peux pas
18:20m'empêcher
18:21d'avoir une pensée
18:22pour la première femme
18:23qui a occupé
18:25ses fonctions
18:26Edith Cresson
18:28et peut-être
18:29je voudrais
18:30dédier
18:31cette nomination
18:32à toutes les petites filles
18:34en leur disant
18:36allez au bout
18:37de vos rêves
18:37et rien
18:38ne doit
18:39freiner le combat
18:41pour la place
18:42des femmes
18:42dans notre société
18:44et c'est encore
18:45à ces petites filles
18:46Elisabeth Borne
18:47que vous avez pensé
18:48le jour de votre départ
18:49de Matignon
18:50ce jour-là
18:51vous avez apostrophé
18:52les femmes
18:52tenez bon
18:53l'avenir vous appartient
18:56vous le croyez vraiment
18:57ah ben oui
18:58je pense que
18:59que l'avenir nous appartient
19:00à nous les femmes
19:01c'est à nous
19:02de nous en saisir
19:04je crois
19:05qu'on ne va pas
19:06enfin je
19:07je ne critique pas
19:08les messieurs
19:08par principe
19:09mais on ne va pas
19:10vous pouvez y sur une
19:11nourriture sur ce plateau
19:12on ne va pas imaginer
19:13qu'ils vont nous
19:14donner notre place
19:15donc je pense
19:16qu'il faut aller
19:17la chercher
19:18et c'est vrai
19:19que dans des fonctions
19:20politiques
19:20dans lesquelles
19:21les critères de jugement
19:23sont on va dire
19:24moins objectifs
19:24que ce que vous avez
19:25quand vous êtes
19:25à la tête d'une entreprise
19:27à la fin
19:27quand vous dirigez
19:29une entreprise
19:30vous avez un résultat
19:32ça a marché
19:33ça n'a pas marché
19:33politique
19:34c'est plus compliqué
19:35et là
19:36je pense qu'on peut
19:38quand même dire
19:39que les messieurs
19:41qui sont dans un univers
19:43compétitif
19:44font tout ce qu'ils peuvent
19:45pour écarter les femmes
19:46comme ça déjà
19:47on a réduit la compétition
19:48en écartant la moitié
19:49de l'humanité
19:51Chantal Thomas
19:51je vous ai vu
19:52sourire
19:53et réagir
19:54quand vous avez
19:55revu
19:56les images
19:56d'Elisabeth Borne
19:57lors de sa prise de fonction
19:58oui parce que je pense
19:59qu'une des énergies
20:01en tout cas
20:02pour moi
20:03on en parlait tout à l'heure
20:04par rapport à l'amitié
20:05entre femmes
20:06c'est de rester fidèle
20:07à la petite fille
20:08qu'on a été
20:09et à cette idée
20:11que
20:12tout est possible
20:13et qu'on a
20:14un imaginaire
20:15qui dépasse de loin
20:16les tâches quotidiennes
20:17qu'on voudrait
20:18nous imposer
20:18et moi je sais
20:20que quand je me suis présentée
20:21à l'Académie française
20:22quelque chose
20:24de moins courant
20:25dans les vagues
20:26et étant sûre
20:27que rien de négatif
20:28pouvait m'arriver
20:29était là
20:30la petite fille
20:31était là
20:32la petite fille
20:32était là
20:33et quand
20:34Marie-Claude Ursenard
20:35a été élue
20:36la première
20:36en 1980
20:38j'ai senti
20:39une joie
20:40qui était
20:40d'avoir
20:43franchi
20:44des limites
20:45préétablies
20:45auxquelles
20:46je ne croyais pas
20:47une seconde
20:48et vous les avez franchis
20:49dans le combat
20:49ou avec la malice
20:51qui vous caractérie
20:52non alors ça
20:53chacun réagit
20:54sur sa personnalité
20:55la force des vagues
20:56voilà exactement
20:57moi je suis plutôt
20:57dans la fluidité
20:58mais peu importe
21:01Elisabeth Borne
21:02tout à l'heure
21:03je parlais
21:03de la planète
21:04hostile
21:05qui a été
21:05notamment
21:06l'exercice
21:07de vos fonctions
21:08de première ministre
21:09c'est-à-dire que
21:09vous aviez gravi
21:11tous les échelons
21:12puisque vous arriviez
21:13donc
21:14vous êtes seulement
21:14la deuxième
21:15à exercer
21:15cette fonction
21:16en même temps
21:16ces messieurs
21:17ils vous ont
21:18bien enquiquiné
21:19pour le dire
21:19sobrement
21:20en fait
21:21ils ne m'ont pas
21:21vraiment facilité
21:23les choses
21:24mais je dirais
21:25que plus globalement
21:26je trouve que
21:27les commentateurs
21:28se sont aussi
21:30bien enfermés
21:30dans des codes
21:31c'est moi
21:32j'avais été surprise
21:33j'ai un déjeuner
21:35avec des journalistes
21:36et ils me disent
21:37est-ce que vous avez pensé
21:39à telle date
21:412023
21:41je dis non
21:42je ne vois pas
21:42de quoi vous me parlez
21:43c'est le jour
21:44c'est le jour
21:45où vous aurez tenu
21:45plus longtemps
21:46qu'Edith Cresson
21:47alors vous dites
21:48bah quoi
21:48je ne suis pas
21:49une première ministre
21:50enfin je ne suis pas
21:51partie de la même catégorie
21:52donc tout au long
21:54des 20 mois
21:55que j'ai passé
21:55à Matignon
21:56la question c'est
21:57est-ce qu'elle va tenir
21:58voilà
21:59c'est pas
21:59est-ce qu'elle gère bien
22:00le pays
22:00est-ce qu'elle dirige
22:01c'est arrivé pour les autres
22:02aussi
22:02on a demandé finalement
22:05un tel avait tenu plus
22:06que François Bayrou
22:07qui avait tenu plus
22:08oui
22:08mais vous vous renvoyez
22:09à une autre femme
22:10honnêtement
22:11c'est vraiment l'idée
22:12c'est vraiment l'idée
22:13qu'il y a deux catégories
22:15de premiers ministres
22:16les vrais
22:17les messieurs
22:17et puis une fois
22:19tous les 30 ans
22:20une femme en fait
22:21et par ailleurs
22:22c'est aussi un monde
22:24qui dans lequel
22:24vous êtes renvoyé
22:25à des codes masculins
22:26moi je
22:27nombre d'articles
22:28absurdes sur mon alimentation
22:30ben non je mange pas
22:31forcément une entrecôte frites
22:33tous les midis
22:34et puis voilà
22:35j'ai aussi le droit
22:36de faire attention
22:38à mon aspect extérieur
22:39et donc non
22:40je vais pas me mettre
22:41à manger autant
22:43que Jacques Chirac
22:43au salon de l'agriculture
22:44et donc voilà
22:46en ignorant
22:46il y avait du sexisme
22:47ah ben non
22:47il y a du sexisme
22:48non il y a du sexisme
22:49même dans la façon
22:50de chroniquer
22:50votre passage
22:51oui je trouve
22:51mais vous avez
22:52vous avez quand même réussi
22:54à leur tenir tête
22:54jusqu'au bout
22:55moi je me souviens
22:56oui mais
22:58enfin
22:58y compris au président
22:59de la république
23:00enfin il se trouve
23:01que c'est aussi
23:02enfin j'ai évoqué
23:04mon histoire personnelle
23:07quelque part
23:07depuis toute petite
23:09ben pour moi
23:10la vie est un combat
23:10on fait pas de cadeaux
23:12et il faut tenir
23:13et il faut
23:14enfin en plus
23:15c'est pas un combat
23:16je dirais personnel
23:17moi je me suis engagée
23:18en politique
23:19après avoir eu
23:19une vie professionnelle
23:20bien remplie
23:21j'aurais pu rester
23:22tranquillement PDG
23:23de la très belle entreprise
23:24que je dirigeais
23:25je me suis engagée
23:26parce que j'ai des convictions
23:27et je me dis
23:29je vais pas me laisser
23:29arrêter
23:30par des petits propos sexistes
23:32ou des croche-pieds
23:33de ces messieurs
23:34et vous avez pas regretté
23:35d'avoir quitté la RATP
23:36d'être
23:37non non mais c'est
23:38ben c'est des sujets
23:39enfin il y a
23:40dans mon engagement politique
23:41des choses auxquelles
23:42je crois profondément
23:44notamment
23:45effectivement
23:45ce qu'on peut faire
23:46pour que chacun
23:46puisse aller au bout
23:47de ses rêves
23:48ça me paraît très important
23:49ça me paraît un enjeu
23:50de cohésion du pays
23:51que chacun
23:53soit convaincu
23:53qu'il pourra réaliser
23:55ses rêves
23:55et qu'on l'aide aussi
23:56à découvrir ses rêves
23:57Charlotte Pudlovski
23:58vous, qui vous a inspiré ?
24:03L'amour courtois
24:05pas tellement l'amour courtois
24:07pas l'amour courtois
24:07bon alors
24:09je
24:09enfin plein de
24:10plein de gens
24:12et il s'est passé
24:13plusieurs choses
24:13en commençant
24:14ma vie professionnelle
24:15la première
24:16c'est que
24:17j'ai découvert
24:17le sexisme
24:18des remarques
24:19sur mes tenues
24:21des manières
24:22de me traiter
24:22très différemment
24:23de mes collègues
24:24masculins
24:26ça
24:26ça m'a éveillée
24:27dans un premier temps
24:28et
24:30puis ensuite
24:31j'ai découvert
24:31Virginie Despentes
24:33qu'une militante
24:34féministe
24:35c'est un peu
24:35l'amour courtois
24:38sur un versant
24:39différent
24:39non mais
24:40en tout cas
24:41la littérature
24:42a eu un rôle
24:43énorme
24:44parce que
24:44je pense que
24:45moi
24:46ma venue au féminisme
24:47elle est sur la question
24:48des silences
24:48de ce qu'on ose dire
24:49ou pas
24:49et on reparlera
24:50sans doute
24:51de Me Too
24:52mais c'est quand même
24:53une des grandes questions
24:53de Me Too
24:54la question de la parole
24:54et du silence
24:55et je pense que
24:56découvrir plein de choses
24:57que j'avais pu expérimenter
24:59dans ma vie de jeune femme
25:00était en fait
25:01une expérience collective
25:02et non pas
25:03ce qu'on peut souvent croire
25:05quand même
25:05quand on n'a pas découvert
25:06le féminisme
25:07qu'on est seul
25:08à éprouver
25:08un certain nombre
25:09de difficultés
25:10de violences
25:11de manque de représentation
25:13et de se dire
25:13ah oui en fait
25:14tout un continent
25:15existe
25:15et ça a été
25:16une joie immense
25:17pour moi
25:17et une sorte de ralliement
25:19donc d'abord
25:19par la littérature
25:20et puis ensuite
25:22autrement
25:23et puis voilà
25:24Kevin
25:25dans l'archive
25:26qu'on a vu
25:27il était question
25:28des tâches ménagères
25:29est-ce que c'est toujours
25:29un problème dans les couples
25:31évidemment
25:32vous l'entendez
25:33dans votre cabinet
25:33et constamment
25:35c'est à dire que
25:36des femmes se plaignent
25:38à juste titre
25:39enfin après je ne suis pas
25:40juge de l'intimité
25:41mais elles se plaignent
25:42et elles ont raison
25:43le titre du dernier livre
25:44d'Elisabeth Valinter
25:45est assez juste
25:46messieurs encore un effort
25:48il y a une tendance
25:49c'est certains hommes
25:50pas tous
25:50à avoir le sentiment
25:52qu'ils louent un peu
25:53l'esprit de leurs femmes
25:54et qu'est-ce que je dois faire
25:55et où sont les biberons
25:56et comment j'emmène
25:57les enfants à l'école
25:57etc etc
25:58et donc cette dépendance
26:00dans laquelle ils s'installent
26:01est problématique
26:02pour les femmes
26:02parce qu'au sein des couples
26:03on a parfois l'impression
26:04d'un adolescent
26:05avec sa mère
26:06or ça ne plaît
26:07ni à l'adolescent
26:08ni à la mère
26:10et je crois que
26:11dans l'intimité
26:11il y a des mécanismes
26:12qui font que
26:13effectivement
26:14le couple se transforme
26:15en quelque chose
26:16de tout à fait délétère
26:17à ce moment-là
26:19donc plus de fair play
26:21ajoutera et donnera
26:22plus de bonheur au couple
26:22ça c'est évident
26:24Chantal Thomas
26:25Moi je me suis vraiment
26:26fondée adolescente
26:28avec l'idée
26:29que je ne me marierais pas
26:30que je n'aurais pas d'enfant
26:31que je ne vivrais pas
26:33ces problèmes de couple
26:34donc ça m'intéresse
26:35oui
26:35Et vous vous y êtes tenue ?
26:37Oui
26:37Non ?
26:38Oui
26:39Donc la petite fille est restée ?
26:41Exactement
26:42Et ça permet au fond
26:43de s'affranchir de ces questions-là
26:45de trouver de la liberté
26:46sans passer par là ?
26:47Mon livre pour moi
26:49la référence de base
26:51ça a été une chambre à soi
26:53et c'était vraiment
26:54la fenêtre ouverte
26:56sur l'avenir
26:57je vivais dans ma chambre
26:59étudiante
27:00et j'ai eu l'impression
27:01que je touchais vraiment
27:03à la manière
27:03dont je voulais vivre
27:04et ensuite cette chambre
27:06évidemment
27:07elle a voyagé avec moi
27:09et je lui ai adjoint
27:11d'autres histoires
27:12des relations
27:13que ce ne soit pas
27:14un monde fermé
27:15ni un solipsisme
27:16mais en tous les cas
27:17que le point de base
27:19c'était de ne pas
27:20m'ajouter des fardeaux
27:22C'est vrai qu'on trouve ça
27:23chez Colette
27:24beaucoup aussi
27:25Oui bien sûr
27:26Cette idée
27:26Une des héroïnes
27:28de Chantal Thomas
27:28L'homme chez Colette
27:30est un homme très infantile
27:31très infantilisé aussi
27:33qui n'est pas toujours capable
27:34au moins d'être capable
27:35du meilleur
27:36mais surtout
27:37la solitude du couple
27:38est très frappante
27:38chez Colette
27:39et je crois que c'est quand même
27:40un sujet
27:40que des femmes
27:41aujourd'hui en couple
27:42rencontrent aussi très souvent
27:43elles se sont seules
27:45Christophe
27:46on a parlé de combat
27:47mais vous voulez nous parler
27:48d'amour
27:49je suis sûre
27:50qu'il y a une histoire antique
27:52qui vous inspire
27:53Oui oui
27:54il y en a plein
27:55et il y en a une
27:56que je vais vous raconter
27:57mais c'est vrai que depuis
27:57le début de cette émission
27:58on parle de fossé
27:59entre les femmes
28:00et les hommes
28:01et j'avais envie
28:02de parler un peu
28:03de complétude
28:04alors ça ne sera pas
28:05l'amour courtois
28:06mais presque
28:07Chantal Thomas
28:07il y a un auteur
28:09de l'antiquité
28:09qui s'appelle
28:11Aristophane
28:11qui est connu
28:12parce qu'il a fait
28:12cette pièce
28:13Lysistrata
28:14vous savez
28:14la première grève du sexe
28:16c'est-à-dire que les femmes
28:16en avaient assez
28:17que leurs hommes
28:18se fassent la guerre
28:18et donc Lysistrata
28:20la meneuse
28:20on va faire une grève du sexe
28:21comme ça
28:22ils seront à notre merci
28:24et puis ils arrêteront
28:24de faire n'importe quoi
28:26un peu comme de grands adolescents
28:27qui se battent
28:28mais Aristophane
28:29c'est aussi un personnage
28:30d'un dialogue de Platon
28:31intitulé
28:32Le Banquet
28:32donc c'est le bon endroit
28:33pour en parler
28:35où il raconte en fait
28:36l'histoire
28:37de ce que nous étions
28:39avant d'être
28:40tel que nous sommes
28:41en fait
28:42nous étions
28:42les hommes et les femmes
28:44étaient des êtres doubles
28:45un peu sphériques
28:46donc il y avait deux têtes
28:47lits membres
28:49deux sexes
28:50alors ça pouvait être
28:51masculin-masculin
28:52féminin-féminin
28:53féminin-masculin
28:55et ils étaient tellement puissants
28:57que Zeus en a eu marre
28:58à un moment
28:59ils se sont dit
28:59on va attaquer l'Olympe
29:00et Zeus a dit
29:01non
29:02on va en finir
29:03avec ces proto-êtres humains
29:05et on les coupe en deux
29:06et on les coupe en deux
29:07et qu'est-ce qui se passe
29:08depuis ?
29:09et bien depuis
29:09en fait c'est nous
29:10et nous cherchons
29:12notre moitié
29:13qu'elle soit justement
29:14donc femme-femme
29:16homme-homme
29:16ou homme-femme
29:17et le but en fait
29:19de la vie
29:19c'est quoi ?
29:20c'est l'amour
29:20et l'amour c'est quoi ?
29:21c'est de rechercher
29:22sa moitié
29:23et je trouve que c'est
29:24un mythe
29:25et une parabole
29:25assez intéressante
29:26parce qu'au lieu
29:27de parler de fossé
29:28on essaye de tendre
29:30vers une complétude
29:31au fond
29:32c'est peut-être
29:33finalement le vrai
29:34toboggan
29:35l'autoroute vers l'égalité
29:37c'est qu'en fait
29:37c'est notre pareil
29:39notre moitié
29:40donc si on vise
29:41la complétude
29:42à quoi bon
29:43s'opposer ?
29:44je vous ai vu rire
29:47non mais ça m'a fait rire
29:48parce que ma moitié
29:49c'est vraiment
29:50un terme assez péjoratif
29:53moitié
29:54c'est qu'il manque
29:55quelque chose
29:55pour justement être un
29:57je pensais à la manière
29:58vulgaire de le dire
30:00ah oui
30:00c'est une vision de l'amour
30:02c'est pas la vôtre ?
30:04non je vois plus
30:05l'amour comme
30:08n'aboutissant pas
30:09à une complétude
30:10mais à des rapports
30:11de complicité
30:13ou de connivence
30:14de deux personnes
30:16différentes
30:18on a trouvé
30:19une archive
30:20d'une séance
30:21de cinéma
30:21très particulière
30:22en 1967
30:23et ça nous a fait penser
30:25à la chambre à soi
30:26spéciale dédicace
30:27Virginia Woolf
30:28et Chantal Thomas
30:29regarde
30:31grande première
30:32pour le moins original
30:33dans un cinéma
30:34des boulevards
30:34à l'occasion
30:35de la sortie à Paris
30:36du dernier film
30:37de Lee Stélor
30:38et Richard Burton
30:39qui a peur
30:40de Virginia Woolf
30:44première originale
30:45puisque pour marquer
30:46davantage le suspense
30:47féminin de ce film
30:49Jean Redon
30:50avait eu l'idée
30:51de ne convier
30:52que des spectatrices
30:53elles étaient
30:54un millier
30:55et tandis que
30:56Michel Piccoli
30:57semblait perdu
30:58au milieu
30:59de cette marée
31:00féminine
31:01les maris
31:02de ces dames
31:03dans une salle
31:03voisine
31:04avaient été conviés
31:06à une projection
31:07pour homme seul
31:12c'est pas mal
31:13quand même
31:13les chambres à soi
31:15c'est à dire
31:15que là
31:15on a poussé
31:17la chambre à soi
31:18jusqu'à la rendre
31:19publique
31:20ça vous plaît ?
31:21je suis pas sûr
31:22moi je préfère
31:23quand même
31:23un monde
31:23où on arrive
31:25à cohabiter
31:25un peu mieux
31:26que ça
31:27mais effectivement
31:28je pense que
31:28c'est vrai aussi
31:30que
31:30dans le déséquilibre
31:32dans la répartition
31:33des tâches domestiques
31:35mais aussi
31:36de l'éducation
31:36des enfants
31:37finalement
31:38ça réduit
31:38l'univers
31:39on va dire
31:40intérieur
31:41personnel
31:42des femmes
31:42j'avais eu l'idée
31:43saugrenue
31:44de me proposer
31:44comme déléguée
31:45des parents
31:46quand mon fils
31:47était au collège
31:48et en fait
31:49c'est une expérience
31:50étonnante
31:51en fait
31:51vous appelez
31:52la veille du conseil
31:53de classe
31:53pour demander
31:55comment va
31:56telle ou telle
31:57fille
31:57ou tel ou tel garçon
31:58et vous tombez
31:59sur des papas
32:00qui vous disent
32:00ah ma femme
32:01est pas rentrée
32:02et alors
32:02vous lui dites
32:03du coup
32:03vous pouvez peut-être
32:04me parler
32:04de la situation
32:05de votre enfant
32:06ah non
32:06c'est mon épouse
32:07qui s'en occupe
32:08donc on se dit
32:09ah bon
32:09d'accord
32:09les partages
32:10de tâches
32:10c'est pas encore
32:11gagné
32:11en fait
32:11voilà
32:12donc je pense
32:13que c'est
32:14c'est effectivement
32:14important
32:15d'arriver
32:15à avoir
32:16une vie
32:17dans laquelle
32:17chacun a aussi
32:19le temps
32:19d'avoir
32:20son espace
32:21personnel
32:21son espace
32:22sa chambre
32:24on va dire
32:25intérieure
32:26le cas échéant
32:27dans lequel
32:27il a sa part
32:28de liberté
32:30Chantal Thomas
32:31la chambre à soi
32:32c'est un thème
32:32majeur pour vous
32:33vous avez suivi
32:35dans leur quête
32:35Virginia Woolf
32:36bien sûr
32:37mais aussi
32:37Colette
32:38Patty Smith
32:39et vous
32:40dans cette quête
32:41de liberté
32:42est-ce qu'on est obligé
32:43d'en passer par la chambre à soi
32:44pour être libre
32:46Virginia Woolf
32:47dit deux choses essentielles
32:49que la chambre à soi
32:50doit être payée
32:51par soi-même
32:52et qu'elle implique
32:53une indépendance financière
32:55et ça pour les femmes
32:57c'est une conquête
32:57très paressante
33:00du tout
33:00je ne sais plus
33:01à quel moment
33:02une femme a le droit
33:03d'avoir son chèque
33:04et de travailler
33:05sans l'autorisation
33:06ça ne fait pas longtemps
33:07oui c'est les années 60
33:08c'est les années 60
33:10donc l'idée
33:11de la chambre à soi
33:12comme espace
33:13où on se recrée
33:15se ressource
33:16elle va avec l'idée
33:18qu'on n'est pas
33:19dans la dépendance
33:20ni du père
33:21ni du mari
33:23et c'est quelque chose
33:24c'est un fil
33:25que je fais passer
33:26surtout
33:27quand on atteint
33:28Colette
33:29qui commence par avoir
33:30sa chambre à soi
33:32sous l'influence
33:33de Willy
33:33sauf que cette chambre à soi
33:35c'est lui
33:35qui avait la clé
33:36et il l'enfermait
33:374 heures par jour
33:37pour qu'elle écrive
33:39et il relevait
33:40et c'est lui
33:41qui le prenait
33:41et le soir
33:41il relevait les feuilles
33:43les feuilles
33:43oui
33:44est-ce que la chambre à soi
33:47version 2.0
33:48pourrait ressembler
33:48aux réseaux sociaux ?
33:51C'est pas du tout
33:52ce que j'imagine
33:54non
33:54c'est pas du tout
33:55mais les réseaux sociaux
33:57c'est évidemment
33:59un espace
34:00qui a généré
34:01une liberté
34:01immense
34:02mais pour moi
34:03c'est précisément
34:04le lieu
34:05où on a pu
34:05faire dialoguer
34:06et non pas
34:07des endroits
34:08où on a pu
34:09se retrouver
34:10soi
34:10mais en revanche
34:11c'est aussi
34:12effectivement
34:12un endroit
34:13si tant qu'on puisse
34:14parler d'un endroit
34:15pour les réseaux sociaux
34:16qui a permis
34:17évidemment des mouvements
34:18fondamentaux
34:18ces dernières années
34:19une chambre d'éco
34:20plus qu'une chambre
34:21tout à fait
34:22alors maintenant
34:23on peut parler de MeToo
34:23quand même
34:24parce que voilà
34:25ce qui est arrivé
34:26donc en 2017
34:28est-ce que
34:29est-ce que vous auriez aimé
34:30Elisabeth Borne
34:31que le MeToo politique
34:32aille plus loin
34:34en fait je pense
34:34qu'il n'a pas
34:35vraiment eu lieu
34:36c'est ça
34:37j'espérais que
34:38vous nous diriez ça
34:39on attend encore
34:40le MeToo politique
34:41n'est-ce pas ?
34:41oui je pense
34:42qu'on l'attend
34:43non non
34:44je pense qu'il reste
34:46chez un certain nombre
34:48d'hommes politiques
34:50l'idée qu'ils sont
34:51extrêmement séduisants
34:52et que c'est pour ça
34:53que leur assistante
34:54parlementaire
34:55voilà
34:56la relation qu'elle a
34:57avec eux
34:58je pense que ça existe
34:59encore en fait
35:00ils n'ont pas tout compris
35:01oui
35:02pas du tout
35:03non
35:04mais comment vous expliquez
35:05justement que ce MeToo politique
35:06n'est pas eu lieu
35:07en fait
35:08qu'est-ce qui a bloqué
35:09qu'est-ce qui a empêché
35:12que la parole
35:13je pense que
35:13il y a une question
35:14de peur
35:16il faut être clair
35:17à un moment donné
35:18il faut que quelqu'un
35:19enfin voilà
35:20il faut des gens courageux
35:22pour
35:23pour mettre la vérité
35:25sur la table
35:25et je pense que
35:26ça ne s'est pas encore fait
35:28mais ce que je trouve
35:29intéressant aussi
35:29c'est qu'on continue
35:30de séparer les MeToo
35:31selon les différentes industries
35:33les différents secteurs professionnels
35:35alors qu'on pourrait aussi se dire
35:36on a compris depuis MeToo
35:37qu'il y avait des rapports de pouvoir
35:39entre les genres
35:40des rapports de domination
35:41et qu'en fait
35:42ils s'appliquent
35:43dans toutes les sphères
35:44de la société
35:45et je trouve que
35:46ce qu'on a vu
35:47ces dernières années
35:48c'est vraiment
35:49d'abord des violences
35:50dénoncées dans l'espace public
35:51au début des années 2010
35:53où on parlait
35:54de harcèlement de rue
35:54etc
35:55c'est à ce moment là
35:56que ça a commencé
35:56à devenir un peu plus mainstream
35:57un peu plus évoqué
35:58dans les médias
35:58les questions de féminisme
35:59même avant MeToo
36:00ensuite il y a eu
36:01les questions
36:01de coach sportif
36:02ou d'amis de la famille
36:03je pense au consentement
36:04de Vanessa Springora
36:05aux affaires qui ont été
36:06dénoncées dans le patinage artistique
36:08dans la gymnastique
36:09aux Etats-Unis
36:09etc
36:10et ensuite c'est arrivé
36:10à la famille
36:12avec les questions
36:13de MeToo incest
36:13mais on a fait
36:14toutes les sphères
36:15et en passant
36:15j'oublie par les sphères professionnels
36:16avec Weinstein
36:17parce que c'était ça
36:18c'était le cinéma
36:18c'était une industrie
36:20donc en fait
36:20on a bien compris
36:21que c'était
36:22dans l'espace public
36:23dans le milieu professionnel
36:24autour de la famille
36:25et à l'intérieur de la famille
36:27massivement à l'intérieur
36:27de la famille
36:28moi je trouve frustrant
36:29qu'on ait besoin
36:30de redire
36:30et le MeToo de la musique
36:31et celui du cinéma
36:32et on ne l'a pas eu
36:33assez dans l'édition
36:34on ne l'a pas eu
36:34dans le milieu de l'art
36:35on ne l'a pas eu
36:35et c'est évidemment vrai
36:37il y a plein d'affaires
36:38qui manquent
36:38mais en fait
36:38il y a tellement d'affaires
36:40mais ce serait génial
36:41qu'on arrive à se dire
36:42collectivement
36:47de se dire
36:48en fait c'est partout
36:49c'est toute la société
36:49il y a un problème
36:50avec le patriarcat
36:52qui est une manière
36:53de construire
36:53les rapports de genre
36:54et les rapports
36:54de domination
36:55et donc évidemment
36:57en politique
36:58où c'est au cœur
37:01des enjeux de pouvoir
37:02qui a le pouvoir
37:02qui a le droit
37:03de légiférer
37:04qui a la parole
37:05qui porte le plus haut
37:06qui va inscrire
37:07dans la loi
37:07des idées
37:08à un instant T
37:09évidemment que c'est aussi
37:10sans doute plus difficile
37:11de dénoncer
37:12ces violences là
37:14Oui
37:14enfin je pense qu'on écrit
37:15ce qu'il faut dans la loi
37:17ensuite
37:17la loi
37:19elle ne fait pas tout
37:20et elle ne casse pas
37:22ce que vous évoquez
37:23c'est-à-dire que
37:23dès lors qu'il y a
37:24des rapports de pouvoir
37:27quand c'est
37:27voilà
37:28mal géré
37:29ça débouche
37:30sur des rapports
37:30de domination
37:31qui n'ont pas lieu
37:32d'être
37:32Oui
37:32je veux dire
37:33les vraies transformations
37:34elles se font à cet endroit là
37:35et je veux dire
37:35que du coup
37:36c'est plus difficile aussi
37:37d'évoquer les violences
37:38au cœur du réacteur
37:39voilà
37:40c'est ça que je voulais dire
37:41On peut peut-être
37:41s'interroger quand même
37:42sur ce que les hommes
37:43font bien
37:44parce que
37:45on est content
37:46que vous posiez
37:47cette question
37:48il me semble
37:50qu'il y a deux choses
37:51quand même
37:51qui ont beaucoup changé
37:52je voulais revenir
37:54non parce que là
37:55on était partis
37:55on glissait
37:56donc c'est quand même
37:57le premier point
37:57ne glissons pas
37:59les pères
37:59les hommes
38:00sont devenus
38:01en 40 ans
38:02d'assez bons pères
38:04en tout cas
38:04ils sont investis
38:05dans la paternité
38:06si vous allez au stade de foot
38:07à la Coy Boulevard
38:07etc
38:08les chiffres montrent
38:09qu'ils sont dans les soins
38:10trop dans les soins indirects
38:11mais néanmoins
38:12la culture populaire
38:13depuis Madame Doutfayer
38:14Kramer contre Kramer
38:14etc
38:15démontre quand même
38:16et je crois que l'expérience
38:17de tout le monde le sait
38:18les pères sont un peu plus investis
38:20quand même
38:20on n'est pas avec le père de Kafka
38:22quand même
38:22il ne faut pas exagérer
38:23ils sont beaucoup plus investis
38:24ils sont toujours moins investis
38:25oui ils sont toujours
38:26mais ils sont quand même
38:27en même temps
38:27il y a eu un effort
38:28c'est ce que vous voulez
38:29je veux quand même souligner l'effort
38:30et que pour faire avancer les choses
38:31il faut quand même pouvoir reconnaître l'effort
38:32parce qu'on ne fait pas travailler quelqu'un
38:34en lui disant qu'il est nul
38:35matin, midi et soir
38:37il faut encourager
38:38on commence par l'encourager
38:40on commence par l'encourager
38:41et la deuxième chose
38:43c'est qu'après MeToo
38:43j'ai vu apparaître
38:44une vraie culpabilité
38:46chez les hommes
38:46un sentiment de sollicitude
38:48notamment dans la vie sexuelle
38:49et intime
38:50la crainte de faire mal aux femmes
38:52et je crois que c'est vraiment
38:54très positif
38:55de constater que les hommes
38:56finalement ressentent
38:58la vulnérabilité des femmes aussi
38:59mais dans votre livre
39:00vous dites même que ça a provoqué
39:01des pannes d'érection
39:02oui mais ça c'est les excès
39:03bien sûr
39:03mais on ne va pas
39:04je crois que ce qui est important
39:05c'est quand même de constater
39:06qu'il y a beaucoup d'hommes
39:08dans la masculinité
39:09qui ont reconnu
39:10que quelque chose n'allait pas
39:11si bien que la crise
39:11ce n'est pas une crise
39:12de la masculinité
39:13ça c'est un discours des masculinistes
39:15la crise elle a lieu
39:16dans la masculinité
39:17entre des groupes d'hommes
39:18qui progressent
39:19qui évoluent
39:20qui tiennent compte
39:20et qui voient les contreparties
39:22intéressantes qu'ils peuvent avoir
39:23s'occuper d'un enfant
39:24d'un bébé
39:25c'est une contrepartie
39:26importante
39:27c'est un bénéfice
39:28qu'ils ont gagné
39:28et ceux qui au contraire
39:30ne les voient pas
39:31ou n'y ont pas accès
39:33Moi je pense que c'est très important
39:34de penser la continuité
39:36dans les conquêtes féminines
39:38et que quelque chose
39:39commence avec MeToo
39:40mais quelque chose a commencé
39:41on l'a entendu tout à l'heure
39:43avec Mai 68
39:44et que ce dont vous parlez
39:46ce malaise à l'intérieur du couple
39:48et des tâches ménagères
39:50il a commencé à ce moment là
39:52et aussi que toute révolte
39:55est une révolte contre la mère
39:56et ce que Mai 68
39:59mettait en question
40:00chez les femmes
40:01c'était la tristesse
40:02du destin de leur mère
40:03et comment elles avaient vécu
40:05hors sexualité
40:06ou en tout cas
40:07selon des jouissances
40:09extrêmement limitées
40:10et cette explosion
40:12qui a conduit
40:13à un désir du sexe
40:16et de tout essayer
40:17et qui après
40:19s'est refermée
40:20et a été mise en question
40:21par MeToo
40:22à juste titre
40:23Je pense qu'il y a
40:24une histoire là aussi
40:26et qu'elle est intéressante
40:28elle est vraiment passionnante
40:29En fait je pense
40:30que vous avez raison
40:31il y a quand même
40:32globalement
40:33un courant de progrès
40:35je suis préoccupée
40:38par les reculs
40:40auxquels peuvent conduire
40:42toutes ces nouvelles théories
40:44masculinistes
40:45qui imprègnent quand même
40:48beaucoup
40:50l'inconscient
40:51ou le conscient
40:52de nos adolescents
40:52franchement
40:53je trouve que
40:54peut-être c'est la première fois
40:56dans une trajectoire de progrès
40:58qu'on a autant de moyens
41:01mis au service
41:02et qui vont avec
41:04des théories
41:04qui sont effectivement
41:06des reculs
41:07et qui vont avec
41:08un retour du puritanisme
41:09aussi
41:10qui est très complémentaire
41:11de ça
41:12en fait
41:13Charlotte Pudlovski
41:14qu'est-ce que c'est
41:15qu'un infel ?
41:17Racontez-nous
41:17Alors littéralement
41:19ça veut dire
41:19involuntary celibate
41:21pardon pour cet accent
41:22c'est des jeunes hommes
41:24qui se retrouvent
41:24célibataires involontaires
41:26et qui considèrent
41:27que c'est la faute
41:28des femmes
41:29Dans les combats masculinistes
41:31on parle de plus en plus
41:33de la menace terroriste
41:34des masculinistes
41:36et dans les attentats
41:38qui ont pu être commis
41:39au nom du masculinisme
41:41par des hommes
41:42qui se sentaient victimes
41:45d'un nouvel ordre
41:47supposé de genre
41:48il y avait des incels
41:50qui se disaient
41:51que tout était
41:52de la faute des femmes
41:53parce qu'elles se refusaient
41:55à eux
41:55et derrière
41:56il y a cette idée
41:56que les femmes
41:57doivent aux hommes
41:58une disponibilité
41:59de leur chair
42:00de leur corps
42:01et d'ailleurs
42:02on voit bien
42:03ce n'est pas pour nier
42:04les progrès
42:04puisqu'ils sont incontestables
42:06avant c'était 75%
42:07aujourd'hui c'est 50%
42:08des femmes
42:08qui se forcent
42:09à avoir des rapports
42:10quand elles n'en ont pas envie
42:11donc encore une fois
42:12c'est beaucoup moins
42:13avant c'était les trois quarts
42:14des femmes
42:14qui se retrouvaient
42:15dans ce genre de position
42:16aujourd'hui
42:16c'est seulement la moitié
42:18mais ça dit bien
42:19qu'il est complètement
42:22normalisé
42:22pour tout le monde
42:23de dire que voilà
42:24les hommes ont des besoins
42:25et qu'après tout
42:26il faut suivre
42:26cette libido masculine
42:27mais il y a vraiment
42:28même chez les jeunes femmes
42:29aujourd'hui
42:30cette idée que
42:31c'est normal
42:32que les garçons
42:33ont des besoins
42:34il faut les satisfaire
42:35et les pauvres
42:36on ne peut pas les laisser
42:36comme ça
42:37ça ne se fait pas
42:38je ne sais pas
42:39sur combien d'années
42:40trois quarts des femmes
42:41subissaient le sexe
42:42sans plaisir
42:43non
42:44ce n'est pas qu'elles subissaient
42:45entièrement
42:45tout le temps
42:46je crois que c'est 81
42:49ce chiffre là
42:50où on passe
42:50de 75%
42:52à une femme sur deux
42:53qui va se retrouver
42:54en situation
42:54de se forcer
42:55pour faire plaisir
42:57à son partenaire
42:58il y avait encore
42:59le devoir conjugal
43:01dans les textes
43:02jusqu'à il n'y a pas si longtemps
43:03il était dans les textes
43:04il n'y a pas très longtemps
43:04et il est encore
43:05dans les esprits
43:07monsieur le psy
43:08non c'est pas monsieur le psy
43:11pourtant on avait besoin
43:12de la parole
43:12le point commun je crois
43:14qui est très important
43:14c'est qu'est-ce qu'ils voient
43:15ces jeunes et ces hommes
43:17je crois que
43:18Françoise Héritier
43:19a mis le doigt vraiment
43:20sur quelque chose
43:20de très central
43:21c'est l'envie
43:22des hommes
43:23pour les fonctions
43:24de procréation des femmes
43:25et plus généralement
43:26pour ce qu'elle a appelé
43:27le pouvoir exorbitant
43:28des femmes à pouvoir enfanter
43:29et derrière
43:30si on décline finalement
43:32cette manifestation
43:32de violence
43:33les hommes se montrent
43:35souvent très envieux
43:36des femmes
43:37ils accaparent
43:38leur procréation
43:38leur sexualité
43:39et Françoise Héritier
43:40considérait que
43:41la domination masculine
43:42était vraiment fomentée
43:44organisée autour
43:45de cette envie
43:45et il me semble
43:46que les masculinistes
43:47on doit les entendre
43:48comme des petits garçons
43:50envieux
43:50très envieux
43:51des femmes
43:52et je suis sûr
43:52que dans le milieu politique
43:53vous avez dû le voir aussi
43:54l'envie des hommes
43:55aussi
43:56Madame la première ministre
43:58ça existe aussi
43:59les hommes sont en vieux
44:01parce que pourquoi dénigrer
44:02pourquoi mépriser
44:03se moquer
44:03si c'est pas quand même
44:06une forme d'envie
44:07ou de jalousie
44:07non mais qu'on leur prenne
44:08non mais qu'on leur prenne
44:09oui en fait
44:09ils ne souhaitent pas
44:10partager le pouvoir
44:11c'est aussi basique
44:15et donc du coup
44:17du point de vue des hommes
44:18les femmes ont énormément
44:19de pouvoir
44:20et ça c'est quelque chose
44:22dont on ne parle jamais
44:23Freud disait
44:23les femmes ont l'envie du pénis
44:24mais on ne s'est jamais intéressé
44:26à l'envie des fonctions
44:27de procréation
44:28avoir une poche à bébé
44:29pour un homme
44:30un petit garçon
44:30qui voit sa maman enceinte
44:32vous imaginez le miracle
44:33que ça peut susciter
44:34l'envie
44:35les tourments
44:35que ça peut susciter
44:36et ça on ne l'a jamais vu
44:37et je crois que c'est très important
44:39mais d'ailleurs on voit bien
44:41dans tous les témoignages
44:42qu'on peut avoir
44:43sur la misogynie
44:44le nombre d'hommes
44:46qui vont trouver
44:46que les femmes sont effectivement
44:47et chez Aristote déjà
44:49on retrouve ce genre de choses
44:51on le trouve chez Ovid
44:51on le trouve
44:52vraiment depuis la naissance
44:54de la littérature
44:54on voit des traces
44:55de les femmes
44:55sont dangereuses
44:56elles sont manipulatrices
44:57elles sont trop puissantes
44:58il faut leur enlever
44:59leur puissance
45:00et donc effectivement
45:01je ne sais pas si
45:03je ne sais pas si je mettrais
45:05le mot de jalousie
45:05mais moi je trouve passionnante
45:08en tout cas effectivement
45:08cette réflexion de Françoise Héritier
45:12comme une source potentielle
45:14du patriarcat
45:15une des genèses potentielles
45:17je ne sais pas si c'est
45:18effectivement le cas
45:19mais en tout cas
45:19on constate bien
45:21qu'il y a une envie
45:22de neutraliser les femmes
45:23qu'il y a quelque chose
45:24d'insupportable
45:24dans l'idée qu'on puisse
45:26aussi penser
45:27aussi diriger
45:28aussi avoir ce pouvoir
45:30et ne plus avoir
45:31besoin des hommes
45:31et je pense qu'il y a
45:33cette idée qu'on entend
45:34énormément chez les masculinistes
45:35qu'ils ont peur
45:36de ne plus servir à rien
45:37se sentir inutile
45:38et ça se pose aussi
45:39beaucoup sur les questions
45:40de GPA
45:40sur la question
45:41de l'homoparentalité
45:42ça c'est insoutenable
45:43l'homophobie aussi
45:44vis-à-vis des lesbiennes
45:45est très forte pour ça
45:46l'idée qu'on puisse
45:46se passer des hommes
45:47c'est insupportable
45:49mais je pense aussi
45:50traditionnellement
45:51dans la misogynie
45:52il y avait
45:52je pense à Schopenhauer
45:54ou Nietzsche
45:54l'idée que
45:55dans le mesure où
45:56la femme peut créer
45:57elle n'a pas non plus
45:59à créer
45:59et que ça suffit
46:01et donc je pense
46:02que les masculinistes
46:03reprennent
46:04cette haine
46:05d'une sorte
46:06de double pouvoir
46:07qui serait abusif
46:08oui
46:09alors les combats
46:11dont on parle
46:12ils ont des effets
46:13mais il y a encore
46:14et on le constate
46:15du travail
46:16je voudrais que vous regardiez
46:17cet étang
46:181983
46:19quand on s'est marié
46:21il me disait
46:22le matin
46:23t'as sucré mon café
46:25alors je disais
46:26bah oui
46:26ah ouais
46:27mais tu me l'as pas remué
46:29alors voyez
46:29c'était ça
46:30il était élevé
46:31par une mère
46:32qui le couvait
46:33littéralement
46:33et j'ai
46:35moi j'avais
46:35petit à petit
46:36j'ai essayé
46:37de ressembler
46:38à sa mère
46:38enfin pas physiquement
46:39ni ni
46:39mais d'essayer
46:40de faire tout
46:41voyez
46:41que tout soit prêt
46:43quand il arrive
46:45et alors maintenant
46:46ça serait plutôt lui
46:47qui me sucre mon café
46:48et qui me le remue
46:49non mais il lave son linge
46:50maintenant
46:51votre dernier fils
46:53c'est aussi lui
46:53qui lave son linge
46:54et tout
46:54c'est toujours moi
46:57c'est toujours moi
47:00Kevin Rydie
47:01sur le bandeau de votre livre
47:03il y a écrit
47:03comprendre les malentendus
47:05entre les hommes
47:06et les femmes
47:06c'est quoi
47:07les malentendus ?
47:09ah non c'est impossible
47:10de répondre comme ça
47:11de façon généralisée
47:12mais il en existe
47:13beaucoup dans l'intimité
47:15ce qui
47:15moi il me semble
47:16qu'il y a par exemple
47:16enfin bon
47:17je pense pas forcément
47:18à cette séquence
47:18mais au film
47:19Anatomie d'une chute
47:20et vous avez parlé
47:21de Virginia Woolf
47:22c'était
47:22qui a peur de Virginia Woolf
47:23qui est aussi
47:24une scène de ménage
47:25il me semble
47:26que ce qui est intéressant
47:26c'est de constater
47:27que le privé
47:29est politique
47:29jusqu'à un certain seuil
47:31et que dans ce film
47:32Anatomie d'une chute
47:33on nous montre
47:34qu'on ne sait pas
47:35à la fin
47:35qui est coupable
47:36pourquoi il y a eu
47:37ce crime
47:38ou ce suicide
47:39et je crois
47:40que c'est très intéressant
47:41de pouvoir reconnaître
47:42aussi à l'intimité
47:43ces droits
47:43pleins et entiers
47:44il y a des choses
47:45qui dépendent de la politique
47:47indiscutablement
47:47de la sociologie
47:48mais dans l'intimité
47:49il y a des pactes tacites
47:50cette femme
47:50elle a quand même dit
47:51qu'elle sucre le café
47:52la chanson d'Héléna
47:53nous dit
47:53pourquoi je reste
47:54et je trouve
47:54que c'est une chanson
47:55très intéressante
47:56c'est à dire
47:56on peut aussi s'interroger
47:57sur les pactes implicites
47:59les collusions
47:59qui peuvent avoir lieu
48:00dans des couples
48:00il n'y a pas que
48:01la politique
48:03dans dix ans
48:03être un homme
48:04ce sera quoi ?
48:06ben non mais
48:07c'est impossible de vous répondre
48:09j'en sais rien
48:10je suppose que ça sera
48:11de pouvoir avoir
48:12un éventail très large
48:14de modèles
48:14j'espère que ce sera ça
48:15en tout cas
48:16et que ce ne sera pas
48:17être déconstruit d'un côté
48:18ou être un gros macho de l'autre
48:19parce que ces deux caricatures
48:21ne font pas du bien
48:21me semble-t-il
48:22aux relations entre les hommes
48:23et les femmes
48:24oui moi je pense qu'il faut
48:25qu'on retrouve un cadre
48:26plus apaisé
48:27vraiment
48:28moi j'ai eu la chance
48:29de rentrer dans une école
48:31d'ingénieurs
48:33polytechnique en l'occurrence
48:34dans laquelle les filles
48:35commençaient à pouvoir accéder
48:37à cette école
48:37et il y avait des rapports
48:39je regrette
48:39mais harmonieux
48:40et les garçons
48:42ne se sentaient pas menacés
48:43par l'arrivée des filles
48:45trouvaient ça plutôt bien
48:46je pense que
48:47on peut espérer
48:49vivre dans un monde
48:50dans lequel
48:50chacun apprécie
48:52la diversité
48:53où les femmes
48:55n'excluent pas
48:56les hommes
48:56et réciproquement
48:57et on considère
48:58que finalement
48:59n'importe quel écosystème
49:01fonctionne mieux
49:02quand il a de la diversité
49:02mais est-ce que vous pensez
49:04madame la première ministre
49:05que les hommes
49:06vont laisser
49:06le pouvoir politique
49:08aux femmes
49:08un peu plus
49:09vous y croyez ?
49:11moi je pense que
49:12il y a vraiment besoin
49:14de forcer
49:14un peu le destin
49:15par moments
49:16de rééquilibrer
49:18une fois posé
49:19le rapport de force
49:20là
49:20on peut reprendre
49:22une vie harmonieuse
49:23c'est ça
49:23et puis il y a des femmes politiques
49:25qui peuvent être terribles aussi
49:26absolument
49:27vous pensez à quelqu'un
49:28de particulier ?
49:29non pas du tout
49:33Chantal Thomas
49:34qu'est-ce que vous avez envie
49:35de dire
49:35aux jeunes filles
49:36d'aujourd'hui
49:37et aux jeunes hommes ?
49:38quelque chose justement
49:39du côté
49:40de l'envie
49:41de jouer
49:42ensemble
49:43et que le combat
49:44n'épuise pas trop
49:46quand même
49:46c'est Colette
49:47qui disait
49:48que sans l'humour
49:48la vie
49:49est carrément impossible
49:50je crois que
49:51oui
49:52faire vivre l'humour
49:54donc jouer
49:55oui
49:55et avec de l'humour
49:57oui
49:57en étant extrêmement attentif
49:59au rapport de force
50:00ah quand même
50:01ben oui
50:02ben oui
50:02parce que sinon
50:05sinon on perd le sens de l'humour
50:07dans un jeu
50:07il y a toujours un rapport de force
50:08exactement
50:09mais une fois qu'il est posé
50:10son rapport de force
50:11et qu'on a trouvé un espace ludique
50:13et bien
50:15on retrouve
50:16toutes les possibilités
50:17d'inventivité
50:18et on peut
50:19aller dans sa chambre à soi
50:20et en sortir
50:21mais elle spécifiait bien
50:23Virginia Rouge
50:24qu'il faut une clé
50:25Charlotte Pudlovski
50:26quelle est la prochaine étape
50:28du féminisme
50:29puisqu'on est dans demain
50:30n'est-ce pas ?
50:31ça dépend un petit peu
50:33de ce qui se passe politiquement
50:34dans les années à venir
50:36et que si on a
50:37une forme d'extrême droite
50:38ou de trumpisme
50:39qui arrive au pouvoir
50:41il faudra
50:42lutter pied à pied
50:43de manière très concrète
50:45que si en revanche
50:46des forces plus progressistes
50:48arrivent au pouvoir
50:49on peut aller plus loin
50:50dans ce qui a déjà été
50:52amorcé
50:52mais moi je pense
50:53qu'il y a un sujet
50:54un peu de se laisser pénétrer
50:56par le monde
50:57les idées
50:57les autres
50:58etc
50:58et je pense que
50:59ce que je disais tout à l'heure
51:00au fond dans la masculinité
51:01il y a une peur
51:02de la pénétration
51:03sur le plan un peu littéral
51:04mais qui va aussi
51:04avec le langage
51:06les idées
51:06et moi j'étais très frappée
51:08quand j'ai assisté
51:09à quelques jours d'audience
51:10du procès Mazan
51:12à Avignon
51:12et il y avait
51:13parmi la presse
51:14énormément de jeunes femmes
51:16qui avaient tout lu
51:17des travaux de philo
51:18de sociaux
51:19tous les articles
51:20elles avaient écouté
51:20tous les podcasts
51:21elles étaient en pointe
51:22et en face
51:23il y avait évidemment
51:24les prévenus
51:24mais leurs avocats
51:25les magistrats
51:26qui donnaient l'impression
51:28de n'être absolument
51:29pas au courant
51:29de ce qui était en train
51:30de se passer
51:31dans le monde
51:32notamment en termes
51:32de production culturelle
51:34et qu'il y a une telle étanchéité
51:35aujourd'hui
51:36pour toutes les raisons
51:37qu'on connaît
51:37de bulles d'information
51:39de réseaux distincts
51:41de sociabilité
51:41etc
51:42que ça devient difficile
51:43de se laisser pénétrer
51:44par les idées des autres
51:46et donc je pense
51:47que cette question
51:48de sortir de ces bulles
51:49d'information
51:51et moi c'est ce que je préfère
51:52dans le féminisme
51:53qui n'est pas souvent perçu
51:54comme ça
51:54mais qui est pour moi
51:54le droit à la complexité
51:56que le monde n'est pas binaire
51:57qu'il n'y a pas les hommes
51:58durs et forts d'un côté
51:59les femmes douces
52:00et fragiles et faibles
52:00de l'autre
52:01et ce droit à la complexité
52:02je trouve que c'est ce qu'il y a
52:03de plus joyeux
52:04et de plus excitant
52:04dans le féminisme
52:05et que ça passe aussi
52:06par cette écoute
52:07et cette vulnérabilité
52:09aux idées des autres
52:11Christophe
52:11un couple
52:12ça peut aussi être
52:12une grande aventure
52:13et vous avez
52:14de beaux exemples
52:15vous nous avez préparé
52:16un petit quiz
52:17un petit jeu
52:18puisque vous parliez de jeu
52:19avec de l'humour
52:20vous parliez de Trump
52:22et du trumpisme
52:23je tiens à rappeler
52:24que le banquet
52:25dont on a parlé tout à l'heure
52:26a été interdit
52:27de la plus grande
52:28université du Texas
52:29par des proches
52:30de Donald Trump
52:32équivalent du conseil
52:33d'administration
52:33alors le petit jeu
52:34maintenant pour plaire
52:35à Chantal Thomas
52:36bah oui
52:37je reprends ce fil
52:39de la complétude
52:40ou de la complexité
52:41il y a parfois
52:42des couples
52:43qui fonctionnent
52:44et qui produisent
52:45de belles choses
52:46alors voilà
52:47je vous propose
52:47de deviner
52:48deux icônes
52:49du romantisme français
52:50du 19ème siècle
52:51leur liaison
52:52a été brève
52:52deux ans
52:53mais ultra créative
52:54elle avait
52:55ouais
52:56mais ça est simple
52:57voilà
52:58c'est bon
52:59je continue pas
53:00c'est vrai
53:00un amour très court
53:01mais extrêmement
53:02inspirateur
53:03l'un pour l'autre
53:04elle en plus
53:05s'habillait en homme
53:06fumait la pipe
53:07etc
53:07lui était plus jeune
53:08qu'elle
53:09et ça a été orageux
53:10mais ça a produit
53:10des choses formidables
53:12deuxième item
53:13alors eux
53:13ils ont inventé
53:14le look
53:15de la révolte créative
53:17des années 70
53:17il était le manager
53:18provocateur
53:19et le stratège
53:20d'un groupe
53:21devenu l'étendard
53:21du mouvement punk
53:23et elle
53:24elle avait un sens
53:24absolu de la mode
53:25elle transforma
53:26tous les accessoires
53:27l'épingle à nourrice
53:28le tartan
53:29en une esthétique
53:30qui ne s'est jamais démodée
53:31et qui incarne
53:32un esprit
53:32qu'il faut encore
53:34revendiquer aujourd'hui
53:35donc le punk
53:36qui sont-ils
53:37puis Jane Westwood
53:38et Malcolm McLaren
53:41deux artistes
53:42maintenant moins connus
53:43mais c'est une magnifique histoire
53:45on peut aussi s'aimer
53:46et puis plus s'aimer
53:49vraiment deux pionniers
53:50de la performance radicale
53:51pendant 12 ans
53:52ils n'ont fait qu'un
53:53artistiquement
53:55mais c'est leur rupture
53:56qui a fait d'eux
53:58vraiment des légendes
53:59de l'art
53:59ils se sont séparés
54:00ils ont décidé
54:01de faire de leur séparation
54:03et d'une ultime retrouvaille
54:04vraiment l'oeuvre d'art
54:06Marina Abramovic
54:07et Oulai
54:08voilà
54:08et juste pour terminer
54:09l'histoire est très belle
54:10ils sont partis
54:11il y en a qui suivent
54:11à 5000 kilomètres
54:14l'un de l'autre
54:15le long de la muraille de Chine
54:17et ils ont marché
54:18pendant 2500 kilomètres
54:20jusqu'à se retrouver
54:22au milieu de la muraille de Chine
54:23se sont étreints
54:24et c'était une dernière étreinte
54:26et une rupture
54:28et une magnifique
54:29oeuvre d'art
54:29voilà
54:30Marina Abramovic
54:31et Oulai
54:31deux stars enfin
54:33de la musique
54:33ils se rencontrent
54:34alors qu'elle n'a que 18 ans
54:35et cartonne avec son groupe
54:37de R&B
54:38lui est déjà un rappeur
54:39archi connu
54:40leur histoire sentimentale
54:41n'a pas été du tout
54:42de tout repos
54:43et ils réglaient leurs comptes
54:45à travers des musiques
54:46à chaque fois
54:47Lemonade pour elle
54:48All The Way Up
54:49pour lui
54:49ils sont aussi des génies
54:50du business
54:51on parle d'un milliard d'euros
54:53à eux deux
54:53alors là c'est une autre
54:55façon de faire
54:56fructifier l'amour
54:58on dit que l'amour
54:59donne des ailes
54:59c'est parfois
55:00au compte en banque
55:01en tout cas
55:01en février 2017
55:02la photo
55:03où elle annonce
55:04être enceinte
55:04de jumeaux
55:05sur Instagram
55:05devient le post
55:07le plus partagé
55:08de l'histoire du réseau
55:08c'est Beyoncé
55:10et Jay-Z
55:11et preuve ultime
55:12du goût du pouvoir
55:14aussi de ce power couple
55:15c'est qu'ils se sont
55:16mis en scène
55:17au coeur du Louvre
55:18vous vous souvenez
55:18de ces photos absolument
55:19magnifiques
55:20voilà Beyoncé
55:21et Jay-Z
55:22qui sont toujours ensemble
55:24et bien il y a des exemples
55:25et qui se complètent
55:26il y a des exemples
55:26qui nous attirent
55:27plus que d'autres
55:28je ne demande pas
55:29de choisir
55:30n'est-ce pas
55:30mais on a quand même
55:31envie encore
55:32d'y croire
55:34avant de nous quitter
55:36de vous quitter
55:36revoici vos livres
55:38Chantal Thomas
55:39femme sur fond
55:40azur au seuil
55:42inventer sa chambre
55:43à soi
55:43chez Rivage
55:45Kevin
55:46il dit
55:46ce que les hommes
55:47ne disent pas
55:48comprendre les malentendus
55:50entre les hommes
55:51et les femmes
55:51chez Albain Michel
55:53Elisabeth Borne
55:54j'ai ressorti
55:55ben oui
55:55même s'il n'est pas
55:56tout récent
55:57j'invite nos téléspectateurs
55:58à le lire
55:5920 mois
55:59à Matignon
56:00chez Flammarion
56:01et pour ce qui est
56:03de vous
56:04Charlotte Pildofsky
56:04on peut vous retrouver
56:05donc vous retrouver
56:06vos podcasts
56:07sur OuiMedia
56:09au revoir à tous
56:10et à très très bientôt
56:11pour un nouveau banquet
56:13sur LCP
56:26Sous-titrage Société Radio-Canada
56:29Sous-titrage Société Radio-Canada
56:30Sous-titrage Société Radio-Canada
56:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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