00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est Samira Boussem, bonjour.
00:10Bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes responsable SG chez Flexstone Partners, que vous allez nous présenter en quelques minutes.
00:16Tout à fait. Donc Flexstone Partners fait partie de la galaxie Natixis Investment Managers.
00:21C'est un gérant de fonds de fonds dans le capital investissement avec à peu près 12,4 milliards de
00:26dollars d'actifs sous gestion et conseils.
00:28C'est 67 personnes basées à Paris, New York, Singapour et Genève.
00:33On est donc globaux, mais avec une expertise locale.
00:36On est un spécialiste du small mid-cap avec une ADN assez simple, sélectionnée de manière rigoureuse et disciplinée,
00:45les meilleurs gérants qui ont la capacité de créer de la valeur opérationnelle.
00:50C'est quoi le small mid-cap ?
00:52Petite et moyenne capitalisation, PME, TI.
00:55C'est là où finalement on est vraiment proche de l'économie réelle.
00:58Et toute notre approche responsable fait sens puisqu'on va aller sélectionner des gérants,
01:03comme je viens de le dire, qui ont la capacité et la volonté d'accompagner les sociétés,
01:08ces petites sociétés, dans leur transformation et donc dans leur transformation responsable.
01:13Et ça, c'est clé pour nous et c'est sur ce sur quoi on travaille.
01:16Avec évidemment toutes les questions autour de l'efficacité, de la rentabilité.
01:21Et de ces mots, ces acronyms RSE, ESG, est-ce qu'on sait encore ce que ça veut dire aujourd
01:27'hui ?
01:27Alors c'est une bonne question.
01:28Et d'ailleurs, pour la petite histoire, en septembre de chaque année,
01:32à Genève, il y a un peu la grande messe de Building Bridge,
01:35où se réunissent les ONG, tout le monde autour de la finance durable.
01:38Et John Kerry, l'ex-secrétaire général des Etats-Unis, est arrivé pour des panels.
01:43Et en fait, il a utilisé des termes très intéressants.
01:46Au lieu de dire ESG, il a dit arrêtons avec l'ESG et parlons d'efficiency, security and gross.
01:53Et je pense qu'aujourd'hui, effectivement, tous ces acronymes, il faut arrêter.
01:56Il faut arrêter d'avoir des acronymes spécifiques pour ces sujets,
01:59puisque finalement, ce sont des sujets réels, des sociétés.
02:02Et sans revoir ces sujets ou sans travailler dessus, on n'arrivera à rien.
02:08Et d'une certaine façon, stratégiques et transversaux, c'est ce que je comprends aussi.
02:12Ça fait partie du day-to-day, du business as usual, si je puis me permettre ces termes.
02:19Donc en fait, aujourd'hui, quand on regarde une société,
02:21quand on veut accompagner des gérants, puisqu'on est en fonds de fonds,
02:24donc ces gérants-là investis dans des participations,
02:27ils vont créer de la valeur opérationnelle.
02:29Cette valeur opérationnelle, elle ne peut pas être dissociée entre
02:32je vais chercher de la croissance, et puis ah non, je vais aller travailler sur les employés,
02:36sur des sujets sociaux, sur des sujets d'efficience énergétique, par exemple.
02:41Donc ça fait partie, finalement, de cette création de valeur opérationnelle.
02:45Votre stratégie d'investissement responsable, comment vous la définissez ?
02:48Alors, on la définit plutôt, on n'est pas en train de chercher,
02:50donc on investit au travers de gérants, on fait du fonds de fonds,
02:54donc on n'investit pas en direct dans les participations.
02:56Donc nous, on veut vraiment sélectionner des gérants
02:59qui ont cette capacité et la volonté de travailler avec leur participation.
03:03Donc concrètement, ça veut dire qu'ils investissent dans leur participation
03:06et ils vont les accompagner, ils ont une réelle exécution, finalement,
03:11d'aller mettre en place des plans d'action.
03:13Et donc, quand on analyse ces plans d'action,
03:14on regarde vraiment de quoi on parle concrètement
03:17et quels sont finalement les moyens déployés.
03:20Et ça, c'est important.
03:21Donc on est plus dans une approche de transformation, d'accompagnement,
03:25et on ne cherche pas forcément des gérants qui sont déjà en place sur ces sujets.
03:30On est aussi là pour accompagner, parce que pour nous,
03:33ce qui est important, c'est aussi la trajectoire.
03:35Ce n'est pas juste le moment, comment on est à aujourd'hui,
03:38c'est quelle est la trajectoire, la volonté et la conviction.
03:41Et alors, ça répond en partie à la question que je vais vous poser maintenant
03:45sur le backlash, sur le retour de bâton.
03:47On est quand même dans une période particulière aux États-Unis, en Europe.
03:53Est-ce que vous, vous le ressentez ?
03:54Ou est-ce que, justement, il y a une trajectoire qui ne s'infléchit pas ?
04:00Alors, effectivement, il y a eu tous ces sujets, le SG Backlash.
04:04Alors, je ne sais pas si vous visualisez la hype cycle de Gardner,
04:07qui est en fait une courbe assez intéressante,
04:10qui finalement, qui n'a rien à voir avec le SG,
04:12mais qui est utilisée pour un peu définir les étapes d'innovation.
04:18Donc on a toujours l'engouement, un pic, des désillusions,
04:22et ensuite un plateau.
04:23Et bien, on peut l'utiliser sur l'investissement durable.
04:25On a exactement les mêmes phases.
04:26Donc c'est vrai qu'au début, on a eu un engouement,
04:29on a eu un peu beaucoup de marketing.
04:31On a mis énormément de choses sur les épaules de l'ESG.
04:34Sauver la planète, je pense qu'on était un peu...
04:38Ambitieux !
04:39Exactement, merci !
04:40Un peu beaucoup ambitieux.
04:41Et puis surtout, il ne faut pas se voiler la face.
04:44Ce n'est pas vrai, ce n'est pas ça qu'on cherche avec l'ESG.
04:47Donc en fait, on a mis énormément de choses sur les épaules de l'ESG.
04:50Donc on arrive aujourd'hui à ce...
04:51Enfin, finalement, ce qui se passe aujourd'hui peut être vu comme mérité.
04:55Et je pense que voilà, c'est cet ESG-Baclash dont on parle aujourd'hui.
04:59On sait pourquoi il est là.
05:01Maintenant, je pense que ce qui est important de se dire,
05:05c'est qu'au final, oui, il y a tout ce bruit autour.
05:10Mais pour moi, c'est une opportunité.
05:12Une opportunité de remettre l'église au milieu du village,
05:15de repositionner finalement qu'est-ce qu'on veut,
05:18de quoi on parle exactement.
05:19Et il y a eu un article récemment de François Guemme,
05:23qui est professeur à HEC et surtout qui est le co-auteur du sixième rapport du GIEC,
05:29qui dit la fin de l'ESG-Baclash.
05:31Pourquoi il dit ça ? Il dit ça par rapport au contexte...
05:32François Jemen, c'est ça ?
05:33Oui, exactement, pardon.
05:35François Jemen, qui dit, je ne sais pas si vous l'avez vu dans les échos,
05:39et qui dit à juste titre, finalement,
05:42aujourd'hui, on a parlé de cette transition autour du climat,
05:46et on ne l'a pas positionnée là où on aurait dû le positionner.
05:49Quand on parle, par exemple, de souveraineté,
05:51ce n'est pas juste la souveraineté énergétique.
05:53On le voit aujourd'hui avec le contexte géopolitique.
05:56Tout ce qui est en train de se passer,
05:57le prix du gaz, le prix du pétrole,
05:59qui augmente de plus de 20-30%,
06:00ça a un impact sur l'économie.
06:02Donc si on repositionne ces sujets-là
06:06liés à l'économie et à ce qu'on veut en faire,
06:08je pense que finalement, l'IAJ backlash, c'est peut-être sa fin,
06:11ou en tout cas, on est sur plutôt une direction positive, à mon sens.
06:15Oui, mais il y avait quand même le Net Zero Banking Alliance,
06:19ou Alliance, qui voit les banques américaines la quitter.
06:23Oui, c'est vrai.
06:24Là, c'est quand même quelque chose de très concret,
06:26en termes de réduction des engagements en matière de finances responsables,
06:32des grandes organisations bancaires.
06:35Mais après, les investisseurs institutionnels,
06:37est-ce qu'ils se désengagent ?
06:39Non. Est-ce que la Net Zero à cette honneur a été impactée ?
06:41Non. Elle a redéfini récemment son cadre
06:44pour être plus pragmatique.
06:45Donc je pense qu'on va plus vers des stratégies
06:47ou en tout cas des éléments plus pragmatiques.
06:50Donc les investisseurs institutionnels
06:52n'ont pas fini avec leurs engagements.
06:56Ils sont peut-être plus pragmatiques.
06:59Et donc voilà.
07:00Et pareil, récemment, il y a eu un article
07:02disant que des épargnants attaquaient
07:05des fonds de pension américains et canadiens
07:07parce qu'ils ne prenaient pas en compte le risque climatique.
07:09Donc on a de tout finalement dans le spectre.
07:12Et maintenant, il faut trouver sa place.
07:13Et au contraire, peut-être qu'on va avoir maintenant
07:16une vision plus claire et réaliste
07:18de ce que l'on peut faire et de ce que l'on doit faire.
07:21Avec quand même cette espèce de palier.
07:24Je trouve toujours ce chiffre.
07:26La finance durable, c'est 1% de la finance mondiale.
07:29Et on en reste là.
07:30Ça ne bouge pas.
07:32Ça ne bouge pas parce que déjà, de quoi on parle en fait ?
07:35De quoi parlons-t-on ?
07:361% c'est quoi ?
07:38Et puis ça prend peut-être du temps.
07:41Non, ce n'est pas beaucoup.
07:42Mais qu'est-ce qu'on compte dedans dans ces 1% ?
07:44De quels fonds parle-t-on ?
07:46Est-ce qu'on a toutes les données là-dessus ?
07:49En tout cas, on sait qu'on a un besoin assez vrai
07:51qu'aujourd'hui, on a un vrai gap.
07:53Ça, il faut le reconnaître.
07:55Donc, qu'est-ce qu'on doit faire aujourd'hui
07:56pour ne plus creuser ce gap en fait ?
08:00Donc, il y a un vrai travail, je pense.
08:02Parce que vous êtes d'accord avec moi.
08:05Vous détenez là un levier, le levier financier,
08:08qui est peut-être, moi je suis convaincu que c'est le plus efficace.
08:10Bien sûr.
08:11En termes de transformation.
08:13Pourquoi on reste ?
08:14Il y a ce plafond de verre là des 1%.
08:16Je suis d'accord, il y a trop de définitions.
08:18On ne sait plus où sont les labels, etc.
08:20Mais il n'empêche qu'on voit bien
08:21qu'il n'y a pas un mouvement mondial
08:23pour passer à 5 ou 10%.
08:24Donc, c'est quoi ?
08:25C'est moins rentable ?
08:25C'est tout simplement pour ça ?
08:27Je ne pense pas que ce soit moins rentable.
08:29En fait, déjà, comment on calcule cette rentabilité ?
08:32Est-ce qu'aujourd'hui, justement,
08:33on ne fait pas un focus trop sur ce côté rentable court terme
08:36et qu'on ne garde pas le côté rentable long terme ?
08:39Donc déjà, posons-nous la question
08:40de quand on parle de rentabilité,
08:42est-ce qu'on garde les bons indicateurs ?
08:45Est-ce que finalement,
08:46toutes ces externalités négatives,
08:48aujourd'hui, finalement,
08:50une société, lorsqu'elle impacte de manière négative
08:53l'environnement,
08:54ça retombe sur son business à elle-même ?
08:56Donc du coup, quand on parle de rentabilité,
08:57est-ce que ça, je l'intègre ?
08:58Est-ce que, par exemple,
08:59quand je suis dans mon portefeuille
09:00et que j'ai plusieurs sociétés,
09:02j'ai une société qui va apporter des solutions
09:05autour du climat,
09:06est-ce que finalement,
09:06ça ne va pas être une opportunité
09:08pour une autre société que j'ai dans mon portefeuille
09:09qui va permettre d'améliorer ce rendement ?
09:11Donc, est-ce qu'on utilise les bons indicateurs ?
09:13Est-ce qu'on se pose les bonnes questions ?
09:15Est-ce qu'au final,
09:16aujourd'hui, ce qu'on veut faire,
09:18c'est plutôt justement
09:20ne plus avoir cet impact global sur l'économie ?
09:22Aujourd'hui, on le voit.
09:23Il va y avoir un impact monstrueux
09:25par rapport à ce qu'on est en train de vivre
09:27sur ce contexte géopolitique
09:29avec la hausse du pétrole, du gaz.
09:31Et du coup, ça va se répercuter finalement
09:33sur l'économie, en fait.
09:35Donc, qu'est-ce qu'on fait au final ?
09:37Comment on mesure tout ça ?
09:39Est-ce qu'on n'est pas en train de simplifier
09:41finalement cette donnée ?
09:42Et que du coup, on a effectivement
09:44une vision court-termiste
09:46comparée à une vision longue-termiste.
09:49Merci beaucoup, Samira Boussem.
09:51À bientôt sur Bismarck Frontier.
09:52J'en passe tout de suite à notre débat.
09:54Attention à la phase déco.
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