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  • il y a 3 heures
Concevoir des produits durables, plus performants que ceux du reste du marché : pour Do Wel Do Good c’est la clé pour faire de l’éco-conception la norme. Le cabinet de conseil en stratégie choisit une approche par verticales pour passer l’économie et la décarbonation à l’échelle.

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00:05C'est le zoom de ce Smart Impact, j'accueille Sébastien Frindeau, bonjour.
00:10Bonjour. Bienvenue, vous êtes le fondateur, le patron de Do Well Do Good créé en 2017,
00:16c'est quoi Do Well Do Good ? Alors Do Well Do Good, c'est un camion de
00:20conseils en stratégie qui accompagne les dirigeants qui changent le monde. Alors on
00:24a trois activités, la transition énergétique, la mobilité durable, l'économie circulaire,
00:29on est composé d'anciens consultants de grands cabinets comme McKinsey, BCG, Bain avec
00:33une cinquantaine d'experts qui sont vraiment reconnus dans le plan mondial, qui nous
00:37accompagnent sur des missions de stratégie, par exemple on peut accompagner le directeur
00:42d'une entreprise qui fait des petits réacteurs nucléaires sur son plan stratégique à cinq
00:46ans, on travaille aussi sur les sujets d'économie circulaire pour aider les entreprises à mettre
00:49plus de circularité dans leur business model, ou on va travailler sur des sujets dans l'automobile,
00:56sur des positionnements de marché, par exemple en Inde, sur le véhicule deux roues électriques
01:01ou trois roues électriques.
01:02« Do well, do good », c'est pas si facile à prononcer et à intégrer, mais en tout
01:09cas ça claque à l'oreille. On parle d'organisation par secteur, je veux bien que vous nous expliquiez
01:18de quoi il s'agit.
01:19Alors déjà sur « do well, do good », c'est vrai que c'est un peu compliqué à prononcer,
01:22on a fait un petit peu exprès.
01:24Ça marche, vous allez vous en souvenir ensuite. Alors vous pouvez peut-être dire « do
01:27good, do well », mais déjà ça veut dire « do well for yourself », « do good
01:31for the society », nous on pense que ça peut être fait en même temps, du lundi
01:33au vendredi, de 9h à 5h. Moi j'ai travaillé dans le secteur privé, j'ai travaillé dans
01:36le secteur public, et en fait « do well, do good », c'est peut-être le meilleur des
01:40deux mondes, c'est la performance qu'on peut retrouver dans le secteur privé et l'impact
01:43qu'on peut trouver dans le secteur public. Moi j'ai travaillé dans un cabinet de
01:47conseil en stratégie de haut niveau, j'ai travaillé aussi en Afrique pour Tony Blair,
01:50j'ai conseil des différents gouvernements, et en fait moi je voulais créer une entreprise
01:54où j'ai les deux, de la performance et de l'impact. Et d'ailleurs on a même un autre
01:59slogan
01:59dans « do well, do good », c'est « to do well and good, you have to do very
02:01well ».
02:02Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les produits durables doivent être plus performants
02:07que les produits en manière traditionnelle. En gros, prenez Elon Musk avec la voiture
02:11électrique, il a réussi parce que sa voiture électrique était meilleure que les autres
02:15voitures qui existent sur le marché. Et nous c'est un peu notre conviction, on n'est
02:17pas un conseiller en RSE qui pousse la RSE, qui pousse la RSE, qui pousse
02:20la décarbonation, qui a un coût évidemment. Alors si c'est réglementaire, il faut le faire,
02:24mais nous on essaye de convaincre les dirigeants en fait de développer des solutions
02:28qui sont à la fois « good and well », et ces solutions-là, elles doivent être plus
02:31performantes que leurs solutions traditionnelles.
02:33Et donc cette organisation par secteur, alors pourquoi on travaille ?
02:36Déjà qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
02:38Alors déjà, pourquoi ces secteurs-là ? En fait ils sont critiques pour créer un monde
02:43désirable, un monde dans lequel nos enfants ont envie de vivre. Transition énergétique,
02:48c'est la décarbonation, mobilité durable, c'est un gros secteur qui carbone beaucoup
02:54l'économie et l'environnement. Et l'économie circulaire, nous on en voit comme un enjeu,
02:59un levier de décarbonation, l'économie circulaire c'est à peu près 50% du levier de décarbonation
03:03dans le monde, ça dépend des industries. Mais c'est aussi un enjeu de souveraineté sur
03:08la matière, c'est aussi des nouveaux business qui peuvent se mettre en place. Vous voyez l'exemple
03:12de Decathlon par exemple, qui a pour ambition d'ici l'année prochaine d'avoir 5% de leur
03:17business sur l'économie circulaire. Leur business d'économie circulaire augmente de 10 à 20%
03:22chaque année, c'est beaucoup plus que le chiffre d'affaires d'entreprise. Vous voyez que dans
03:25toutes les grandes entreprises, vous avez des postes qui se sont créés, des directeurs
03:29d'économie circulaire avec qui on travaille, que ce soit avec Saint-Gobain, Stellantis, Renault,
03:36Valeo, toutes ces entreprises-là ont créé ces postes-là qui n'existaient pas il y a quelques
03:39années. Parce qu'il y a ce triple enjeu de souveraineté, décarbonation et aussi de nouveaux
03:43business qui se mettent en place et beaucoup de nos clients viennent nous voir parce qu'ils
03:48se disent en fait la décarbonation c'était un sujet pour nous, c'était une contrainte,
03:51c'était des sous. L'économie circulaire c'est peut-être un levier de décarbonation tout
03:56en gagnant des sous. C'est double de goutte. Alors pourquoi ces secteurs-là ? Parce qu'ils
04:00sont stratégiques ensuite pour l'économie. Ça vient aussi de notre
04:04passé. On est beaucoup d'ingénieurs dans l'équipe. Et il y a d'autres secteurs
04:10qui seraient tout aussi importants à aborder mais on a choisi ces trois secteurs-là pour
04:13commencer. D'accord. Avec donc ce livre blanc, vous commencez à en parler sur l'économie
04:18circulaire. Quelle leçon principale vous en tirez de cette question ?
04:24On a ce livre blanc mais on en a d'autres aussi. Déjà sur l'économie circulaire il y a
04:31un peu dans la terminologie, tout le monde il va de son propre R, 4 R, 5 R, 6 R,
04:38etc.
04:40Donc il y a besoin d'aligner un peu la terminologie européenne pour pouvoir, pour que la puissance
04:45publique puisse aligner des incentives avec un vocabulaire commun. Ça c'est un premier
04:50sujet. L'économie circulaire c'est des nouveaux business, c'est possible mais c'est dur. Il y a aussi
04:55un sujet de réglementation et des incentives
04:59publics qui peuvent être mis en place pour encourager ces entreprises qui sont, on va dire, un peu innovantes
05:06pour qu'elles puissent développer leur système à l'échelle. Souvent le problème de l'économie circulaire c'est pas
05:11le début, les pilotes ça fonctionne, c'est plutôt le passage à l'échelle.
05:15Et la France est plutôt pionnière en la matière ?
05:17Oui, la France et les pays nordiques sont plutôt bons. L'Europe, oui. Ensuite il y a encore beaucoup d
05:23'affaires.
05:24Ça peut rester un buzz si on s'arrête là.
05:27On peut peut-être donner un certain nombre d'exemples.
05:30Par exemple, si vous parliez de mobilité dans l'industrie automobile, l'économie circulaire, quelle place elle
05:36prend aujourd'hui et quelle place elle pourrait prendre encore plus ?
05:39Alors j'ai envie de dire, l'économie circulaire elle existe avant que le terme économiste...
05:45C'est sûr que vous répariez votre voiture, vos parents, etc.
05:48Tout ce qui coûte cher en fait est déjà un peu circulaire d'une certaine manière.
05:52On répare, on répare, on essaye de maintenir les avions, les hélicoptères, les voitures le plus longtemps possible.
05:57Ça c'est parce que la valeur économique, il y a une pression sur le budget des gens.
06:04Donc un exemple sur Renault, The Future is Neutral, qui est un partenaire de Do Well Do Good,
06:08c'est un milliard de chiffres d'affaires quand même.
06:10C'est pas anodin.
06:11Alors il démantèle, il recycle, il répare, et il y a ce concept qui semble un peu nouveau
06:17dans le monde de l'économie circulaire, c'est le remanufacturing.
06:22Remanufacturing, si vous prenez une pièce, vous avez une voiture, et au lieu de mettre
06:27une pièce neuve, on vous met une pièce qui vient d'un autre véhicule qui a été réparé
06:33d'une certaine manière, et remise aux mêmes conditions de normes et de garantie.
06:39– Avec un rôle des assureurs d'ailleurs, en la matière, on voit qu'il y a de plus
06:42en plus d'assureurs qui poussent à utiliser des pièces reconditionnées.
06:46– Parce que les pièces sont devenues plus séchères et plus d'économie circulaire.
06:50Vous prenez un phare qui coûte peut-être 2000 euros avec de nouvelles technologies,
06:54l'assureur dit que ce serait quand même bien qu'on ne le remplace pas par un neuf,
06:57mais qu'on puisse le réparer.
06:59Donc il y a une volonté aussi des équipementiers automobiles, avec qui on travaille aussi,
07:03de concevoir des pièces qui soient plus réparables.
07:08Et cette conception peut avoir un coût, un surcoût, mais par contre, on peut avoir un gain
07:13si d'ailleurs on développe un business de réparabilité ou de remanufacturing.
07:17On a fait une mission comme celle-ci, on a pris toutes les pièces,
07:20on a fait une moulinette Excel qui explique, voilà, telle condition de la pièce fait que celle-ci,
07:26elle est réparable, il y a un modèle économique derrière.
07:28Donc ce qui est intéressant, c'est que ce n'est pas, on le rend réparable juste parce que c
07:32'est réparable,
07:32on le rend réparable parce que derrière il y a un modèle économique qui fonctionne.
07:35Et donc ça, ça parle aux dirigeants, et donc du coup, les porteurs de ces projets-là
07:38sont écoutés par leur comex et leur borde.
07:41Et en matière de construction, on n'a pas encore parlé du secteur du bâtiment et de la construction,
07:46c'est un gros secteur émetteur de gaz à effet de serre,
07:50donc là aussi, alors on en a souvent parlé ici, on a été partenaire du salon du bâtiment bas carbone,
07:57etc.
07:57Donc c'est une thématique qu'on traite assez régulièrement,
08:00mais on en est où d'après vous ?
08:03Encore au balbutiement, il y a une prise de conscience importante,
08:07comment vous situez ce secteur de la construction dans les enjeux de l'économie circulaire ?
08:12Déjà c'est compliqué, si vous prenez, je vous donne une métaphore
08:16que nos experts nous donnent régulièrement,
08:20vous êtes sur une plage, vous faites un château de sable,
08:23vous prenez votre seau et vous faites un château de sable, ça prend deux secondes.
08:25Maintenant vous faites l'inverse, vous êtes sur le parking
08:28et vous renversez votre seau dans lequel il y a du sable
08:32et essayez de refaire un château de sable avec ça, c'est la galère.
08:35La construction c'est un peu pareil, dès que vous démolissez,
08:37récupérez pour refaire un château de sable, c'est très très compliqué.
08:40Ceci étant dit, nous on a, avec nos acteurs, avec nos clients dans la construction,
08:45on se rend compte que l'économie circulaire c'est plus de 50%
08:49de la décarbonation de la construction du bâtiment.
08:52Donc c'est un énorme levier de décarbonation.
08:55Et il y a des acteurs qui ont, nous on a travaillé pour un acteur de la construction,
08:58qui a réussi à développer des technologies de plaques de plafond
09:06à 90% de matériaux recyclés,
09:09qui a réduit de 80% l'empreinte carbone de ce matériau,
09:13et qui est en fait moins cher.
09:15Donc ça peut être, dans certains cas, non seulement un levier de décarbonation,
09:18mais un levier d'amélioration des marges.
09:22À condition qu'on arrive à organiser, à industrialiser la collecte.
09:25Oui, c'est ce que j'allais vous dire.
09:27La collecte de ces matériaux.
09:28Parce que là c'est vraiment une organisation à revoir,
09:31notamment sur les chantiers, des bennes spécifiques, etc.
09:35Ce qui n'était pas dans les habitudes.
09:37Exactement.
09:37Parce que ce qui est facile, c'est de récupérer tout le scrap post-production,
09:41c'est-à-dire à la sortie des usines,
09:43et ça on le remet dans la boucle, ça c'est facile.
09:45C'est un peu l'histoire du parking.
09:47On n'est pas encore dans le parking,
09:48on a versé le seau quasiment dans le sable,
09:50donc on le remet, c'est facile.
09:51Par contre, dès que c'est sur le chantier,
09:53et qu'il faut récupérer ces matériaux,
09:55là il faut revoir pas mal de choses.
09:57Après il y a des matériaux de construction qui sont plus simples que d'autres.
10:00Les vides, par exemple, si elles n'ont pas été abîmées,
10:02c'est facile de remettre dans un circuit.
10:04Mais tout ce qui est béton, etc., c'est compliqué.
10:05Sur l'énergie, là aussi, j'imagine que vous conseillez
10:13un certain nombre d'entreprises de ce secteur.
10:17La décarbonation, c'est peut-être le secteur qu'on regarde prioritairement,
10:20notamment je pense aux industries électro-intensives.
10:24C'est vrai qu'on a vu qu'il y avait des plans gouvernementaux
10:26qu'on avait ciblé un certain nombre d'usines
10:29sur lesquelles il fallait prioritairement agir.
10:32Là aussi, on en est où du passage à l'échelle ?
10:35Dans la logique qu'est la vôtre, c'est-à-dire de dire
10:37ce qu'on fait, on le fait pour que ce soit rentable
10:40et que ça bénéficie à l'entreprise.
10:43Est-ce que les crises qu'on vit, l'actuelle,
10:45ou celles de l'Ukraine, ont été des accélérateurs importants ?
10:50Déjà, si on regarde l'électrification des transports,
10:54ça va moins vite que prévu.
10:56Ça va moins vite que prévu parce que les voitures sont plus chères
10:58à cause des batteries qui sont plus chères qu'un moteur thermique.
11:01Aujourd'hui, effectivement, la crise qu'on voit dans le détroit d'Hormuz
11:08permet d'une prise de conscience des usagers aussi.
11:12Moi, ce que j'aime bien, et aussi une communication qui est,
11:16alors un, c'est chère, et deux, la communication est un peu sur
11:18assez vert, c'est bien.
11:20Je pense qu'il faut dire assez vert, c'est mieux.
11:22Et ce que fait un peu Renault, d'ailleurs, ce que j'aime bien dans la pub
11:24sur la Renault 5 Turbo, il compare la Renault 5 Turbo
11:27avec une autre voiture thermique.
11:29Et il ne mesure pas le bilan carbone.
11:31On sait très bien que le bilan carbone d'une voiture électrique
11:33à partir de 15 000 kilomètres par an, on est bon, largement bon.
11:37En fait, il compare la vitesse, l'accélération, le plaisir.
11:41Et plus on est dans ce type de...
11:43D'ailleurs, je vous donne notre exemple sur la construction.
11:46Notre acteur avec qui on a travaillé nous a dit
11:48qu'on ne va pas le pitcher parce que c'est vert,
11:49on va le pitcher parce que c'est mieux.
11:51Et le fait que ce soit vert, c'est encore mieux,
11:54c'est la souris sur le gâteau.
11:55Mais le gâteau, d'abord, il faut que ce soit mieux.
11:57Maintenant, si on revient à votre question
11:58sur la transition énergétique,
12:03il faut qu'on parle notamment de la chaleur industrielle.
12:06Si on parle de la décarbonation,
12:08parce qu'aujourd'hui, l'électricité est décarbonée en France,
12:10la chaleur ne l'est pas.
12:12Il y a différentes technologies
12:14qui pourraient amener à décarboner ces usages-là.
12:19Nous, on a travaillé pour des petits réacteurs nucléaires
12:22qui permettent de décarboner soit la chaleur urbaine,
12:25soit les grosses plaques industrielles,
12:27FOS, Dunkerque, etc.
12:31Ces solutions ne sont pas encore prêtes.
12:34Elles vont arriver dans peut-être 5 à 10 ans.
12:38Les petits, peut-être plus rapidement que d'autres.
12:40Il y a encore un gros chantier.
12:41Il y a aussi des aides qui sont nécessaires de l'Europe.
12:44Parce que c'est comme un peu l'histoire des batteries.
12:46C'est un de nos sujets aussi.
12:48Sans aide, les gigafactories européennes
12:50ne sont pas compétitives avec les acteurs de batterie chinoise.
12:54De la même manière, sans aide,
12:56les SMR européens ne seront pas compétitifs
12:59par rapport à des SMR asiatiques.
13:02Et donc, on en est encore loin, je pense.
13:05Il y a encore un gros, gros chantier.
13:06L'électrification des usages,
13:08c'est un gros sujet pour EDF, pour ED10,
13:11et pour tous les acteurs, et pour le gouvernement.
13:13Et ça sera clé pour atteindre les objectifs de l'Europe.
13:15Merci beaucoup Sébastien Frandeau
13:17et à bientôt sur Bismarck.com.
13:19C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact
13:22avec la directrice développement environnement de LVMH.
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