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  • il y a 20 heures
Faire d’une banque un levier de transformation durable de l’économie, c’est l’objectif de la banque Frères Wormser. Elle est devenue entreprise à mission en 2024. L’entreprise pousse ses clients à s’orienter sur la finance durable. Marc Wormser, son directeur général, explique en quoi être une banque familiale et indépendante a un intérêt particulier pour atteindre cet objectif.

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Transcription
00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre
00:08économie.
00:10Je reçois aujourd'hui Marc Wormser, bonjour.
00:12Bonjour.
00:12Bienvenue, vous êtes le directeur général de la banque.
00:16Wormser, frère, comment ? On va en avoir 25 minutes ensemble, 25-26 minutes.
00:20Je veux bien savoir, comment vous décrivez, comment vous définissez votre banque ?
00:24Quand vous arrivez, vous dites, tiens, moi je suis le descendant, c'est quoi, la quatrième génération, c'est ça
00:29?
00:29Oui, je commence par là, c'est-à-dire que c'est une banque qui a été créée par mon
00:32arrière-grand-père, on va fêter nos 90 ans cette année.
00:35On est encore totalement détenus par la famille et on a toujours été aussi dirigés par la famille puisque j
00:41'ai repris la direction avec mon frère il y a 5 ans maintenant
00:44et donc on est la quatrième génération aux commandes de la banque.
00:47C'est d'abord ça l'ADN de la banque, spontanément c'est ce qui vient.
00:52Quels avantages, une banque familiale est indépendante, quels avantages sur le marché, qu'est-ce que ça apporte ?
00:57Il y a un point qui est très important, c'est l'alignement d'intérêts, c'est-à-dire que
01:02quand on travaille avec nos clients, on travaille toujours aux côtés de nos clients.
01:07Donc nous on fait essentiellement de la gestion de patrimoine, donc on va placer l'argent de nos clients
01:12et tout produit placement qu'on va proposer à nos clients, la famille va investir aux côtés des clients.
01:18Et quand on fait un crédit aux clients, en quelque sorte on engage les capitaux familiaux,
01:22parce que c'est la banque qui est détenue à 100% par la banque qui s'engage aussi.
01:26Donc il y a un engagement très fort aux côtés des clients, un alignement d'intérêts total.
01:30Et l'autre point qui est très important aussi, c'est la proximité qu'on peut avoir avec nos clients.
01:34On a l'avantage d'être encore une banque à taille humaine et donc l'objectif c'est de garder
01:39cette proximité,
01:41ce sur-mesure qu'on peut offrir à nos clients.
01:42Oui, avec 110 collaborateurs, donc vous l'avez dit, banquerie en 1936, 40 quelques chiffres,
01:5045 millions d'euros de capitaux propres, 750 millions d'euros d'encours gérés,
01:54300 millions d'euros d'encours de crédit et 20 millions d'euros de produits nets bancaires.
01:58Et est-ce que vous êtes en bonne santé ? Comment se porte la banque Vormser ?
02:02On est en bonne santé, on s'est fixé un objectif, on a redéfini un petit peu la stratégie
02:07quand on est arrivé à la direction générale avec mon frère il y a 5 ans,
02:11avec un objectif d'aller atteindre 1 milliard d'euros d'encours sous gestion,
02:15qui est un des deux objectifs principaux.
02:18On s'est fixé un certain nombre de leviers pour les atteindre,
02:20on est à peu près au milieu du chemin, à 750, on était parti de 500 en 2-3 ans,
02:25donc pour l'instant on est dans ce plan-là.
02:28C'est quoi les leviers d'ailleurs ?
02:29Alors les leviers, on a utilisé 4 grands leviers.
02:32Le premier levier ça a été de renforcer notre équipe commerciale,
02:36donc on a beaucoup travaillé sur la création d'une équipe de banquiers privés
02:40spécialisés, dédiés, professionnels.
02:43Deuxième levier, on a beaucoup travaillé sur l'offre,
02:46donc on a créé un certain nombre de produits d'investissement pour nos clients,
02:52que ce soit sur le coté, le non-coté ou l'immobilier,
02:55qui correspondent réellement aux attentes des clients.
02:57On travaille aussi avec le crédit, ça c'est un avantage qu'on a aussi en tant que banque.
03:02On peut accompagner nos clients par le crédit,
03:04et donc ça nous permet aussi d'accroître nos encours sous gestion.
03:08Et enfin, il y a 3 ans, on a réalisé une croissance externe
03:12sur une petite société de gestion qui était le quatrième levier.
03:15Je vous pose une question un peu personnelle.
03:17Est-ce que c'est si facile de s'inscrire justement dans cette responsabilité d'une descendance,
03:24peut-être de vouloir soit se démarquer de ce que son père a fait,
03:28soit au contraire suivre les pas ?
03:30Il faut garder les deux et avoir un bon équilibre.
03:33On a un énorme avantage à la banque,
03:35c'est qu'on hérite d'une banque qui est en bon état,
03:41qui a un formidable outil.
03:43Ça c'est un premier avantage.
03:44Le deuxième avantage, c'est qu'il est dans l'ADN de chacune des générations d'apporter sa pierre.
03:49Donc les générations passées sont là pour accompagner les générations actuelles
03:54dans le développement et la transformation de la banque.
03:57Et les générations actuelles, forcément il ne faut pas qu'on fasse table rase
04:01de tout ce qui a été fait sur les 90 dernières années,
04:03mais on va s'appuyer dessus pour pouvoir le développer.
04:06On va parler de la raison d'être de la banque Wermsert,
04:09du fait que vous avez choisi de devenir une entreprise à mission en 2024,
04:13cette raison d'être, être utile à la société en accompagnant ses clients
04:16vers un avenir durable, tout en restant fidèle à ses valeurs familiales.
04:22Entreprise à mission, déjà pourquoi le choix ?
04:26Et puis ensuite je vous demanderai, est-ce que ça change des choses concrètement
04:29dans la manière dont vous accompagnez vos clients ?
04:30D'abord, pourquoi le choix de devenir une entreprise à mission ?
04:34Quand je suis arrivé à la banque, j'ai voulu essayer de donner une orientation à la banque
04:40vers un peu plus d'utilité et de finances durables.
04:42Et ce qui était intéressant, c'est qu'il y avait une vraie cohérence
04:45avec tout ce qui avait été fait par les générations passées,
04:47puisque l'intérêt général, l'utilité sociale, ça a toujours été quelque chose
04:50qui était au cœur des motivations des différents dirigeants de la banque.
04:54Et on a mis en place un certain nombre de, en 10, 15 ans, un certain nombre d'éléments,
04:59en commençant à faire investir nos clients dans des startups à impact
05:03au début, il y a une dizaine d'années, puis en mettant des critères environnementaux,
05:07sociaux, gouvernance, puis en proposant une offre complète, durable et à impact,
05:11et puis en travaillant aussi en interne.
05:15Et une fois qu'on avait mis en place tout cela, on s'est dit qu'il y avait une
05:20certaine continuité
05:21à aller chercher ce statut d'entreprise à mission,
05:25qui est un statut que je trouve extrêmement bien fait, extrêmement puissant,
05:30parce qu'il est à la fois très souple, puisqu'on définit nous-mêmes notre mission, notre raison d'être,
05:37on définit nous-mêmes les objectifs dans nos statuts, et ensuite des objectifs opérationnels et des indicateurs.
05:44Donc il y a une vraie souplesse là-dessus.
05:46En même temps, il y a une réelle exigence, puisque tous ces indicateurs-là sont vérifiés chaque année
05:52à la fois par un comité de mission composé de personnes internes et externes,
05:56et par un organisme tiers indépendant, un OTI,
06:00et qui va vérifier à la fois le fait qu'on atteigne nos objectifs,
06:04mais aussi que nos objectifs soient assez ambitieux.
06:07Et donc voilà, c'était une démarche qui n'était pas non plus un changement radical,
06:11puisqu'il intervenait dans une certaine continuité.
06:13Oui, mais voilà, on l'a compris, c'est inscrit dans les statuts,
06:15on a déjà expliqué plein de fois ce qu'était le statut d'entreprise à mission.
06:19Donc c'est un engagement sur lequel vous pouvez rendre des comptes.
06:23Exactement.
06:23Auprès de qui d'ailleurs ? De clients, d'associations qui viendraient questionner vos engagements ?
06:30Ce qui est important dans une démarche de finances durables,
06:33et on le voit depuis une dizaine d'années, c'est la crédibilité.
06:36Pour avoir une crédibilité, il y a plusieurs éléments qui sont importants.
06:40Le premier élément important, c'est d'avoir une démarche globale holistique
06:43qui touche tous les produits, tous les services,
06:45et aussi d'avoir une démarche qui s'applique en interne.
06:47Donc toutes les exigences que je vais avoir dans la sélection des entreprises,
06:50je vais me les appliquer à moi-même.
06:52Et la deuxième partie, c'est qu'il faut une certaine crédibilité,
06:55donc une transparence aussi.
06:57Et ce statut d'entreprise à mission,
06:58par la publication d'un rapport annuel
07:00avec un organisme tiers indépendant qu'il vérifie,
07:04donne cette transparence.
07:05Sur les parties prenantes, toutes les parties prenantes vont être impactées.
07:08En premier lieu, peut-être les collaborateurs.
07:11C'est quelque chose qui est très important pour la marque employeur
07:14et pour un certain nombre de collaborateurs
07:16qui nous ont rejoints de par cette démarche et cette transparence.
07:19C'est important pour les clients.
07:22Certains clients viennent nous rejoindre parce qu'on a cette démarche
07:26d'entreprise à mission et de finances durables.
07:28Mais c'est important aussi pour nos actionnaires et pour nos partenaires de place.
07:32Vous avez décidé de ne pas simplement, entre guillemets,
07:35créer des produits dédiés.
07:37Ce que vous disiez quand vous parliez de l'approche holistique.
07:38C'est-à-dire que ça concerne toutes les classes d'actifs,
07:42ces enjeux de durabilité ou ces engagements de durabilité ?
07:44Dans notre stratégie d'investissement, de sélection,
07:47parce que ça s'applique à la fois en investissement mais aussi en crédit,
07:51on a mis en place une analyse systématique des risques environnementaux, sociaux et gouvernance,
07:58quelle que soit la classe d'actifs, quel que soit le produit dans lequel on va investir.
08:01Parce qu'on estime que ça fait partie de notre philosophie d'investisseur long terme
08:05de prendre en compte ces risques-là.
08:06Donc ça, c'est la première étape.
08:08Et après, la deuxième étape, c'est de dire pour tous les clients qui souhaitent aller plus loin
08:12qu'une simple réduction des externalités négatives,
08:16essayer d'investir dans des produits soit durables, soit à impact.
08:20Et ça, on l'a mis en place avec des offres sur chacune des classes d'actifs
08:24qui permettent d'aller plus loin.
08:25Alors, je vais vous citer, c'était une interview aux Echos le 1er avril 2025.
08:31Ce n'est pas le bruit ambiant qui va nous faire changer de stratégie.
08:34Le bruit ambiant, c'est quoi ? C'est le backlash, c'est la tentation du retour de bâton, c
08:39'est ça ?
08:39Exactement.
08:40Ça fait maintenant, je pense, 18 mois qu'on est dans cet univers de bruit médiatique
08:46autour du backlash qui est poussé notamment, mais pas que, par le président des Etats-Unis
08:52qui a notamment indiqué que le dérèglement climatique était une escroquerie.
08:58Donc, on est sur un bruit ambiant qui est très négatif.
09:02Pour autant, nous, on a vraiment une stratégie long terme.
09:05Et pourquoi on continue à la mettre en place malgré ce bruit ambiant ?
09:11C'est que, justement, on estime que c'est un bruit.
09:13Les faits sont là.
09:15Il y a la partie...
09:16Ce n'est pas parce qu'on dit que c'est une escroquerie
09:18que le dérèglement climatique va s'arrêter du jour au lendemain.
09:21Il y a des faits scientifiques qui sont évidents,
09:23des impacts qu'on voit déjà, même dans l'économie,
09:26sur notamment les risques climatiques non couverts par les assurances.
09:30Et donc, nous, il faut qu'on continue et qu'on reste solide aussi là-dessus
09:35puisqu'on estime que, aussi, ce bruit-là va, un jour, s'estomper.
09:39Et en restant solide, on verra, en effet, à la sortie qu'il va rester cohérent.
09:46Je suis à la fois d'accord avec vous et pas tout à fait.
09:48Parce que, oui, il y a une exagération, peut-être, du backlash.
09:52Mais, enfin, ce n'est pas seulement du bruit.
09:53Quand les banques américaines se retirent de l'association
09:56Net Zero Banking Alliance, là, c'est factuel.
10:00C'est quand même un vrai retour en arrière
10:03avec, peut-être, moins de finances durables proposées.
10:07Alors, peut-être un peu moins de finances durables.
10:10Mais, en tout cas, moi, je ne dirais pas forcément moins de finances durables,
10:13mais plutôt une finance durable autrement,
10:14plus exigeante et de façon différente.
10:16Le Net Zero avait un certain nombre d'inconvénients,
10:20on va dire, notamment l'alliance bancaire.
10:23Et donc, le fait que certains établissements soient partis
10:26et que cette initiative soit arrêtée,
10:29en fait, ça a généré aussi d'autres initiatives.
10:31Sur le Net Zero Investment Framework,
10:33il y a un nouveau système qui a intervenu.
10:36Et donc, ce qui est intéressant,
10:37c'est que les nouvelles méthodes sont plus pertinentes.
10:39Avec des critères plus exigeants ou des méthodes plus intéressantes ?
10:42Des méthodes plus intéressantes.
10:43Par exemple, si on prend l'exemple de l'investissement,
10:46historiquement, quand on investissait,
10:49on calculait l'intensité carbone du portefeuille.
10:53Donc, chaque entreprise, en fonction de son chiffre d'affaires
10:55et du montant investi,
10:57on définissait quelle tonne de CO2 ça équivalait.
11:00Et, en fait, pour réduire son intensité carbone,
11:04il suffisait d'investir dans des secteurs moins intenses.
11:07Et donc, en effet, si on n'investissait que dans des services,
11:10forcément, on allait être moins intense
11:11que si on investissait dans l'industrie lourde.
11:13Et pour autant, ce n'est pas comme ça qu'on allait changer les choses.
11:15Et, en fait, ce qui est intéressant,
11:16c'est qu'il y a notamment l'aspect de transition qui est rentré en compte.
11:19Et donc, on a mis en place notamment une nouvelle stratégie climat cette année
11:23où on se base là-dessus en se disant que maintenant,
11:26nos objectifs, ce n'est plus nécessairement de raisonner en intensité carbone,
11:31mais plutôt de raisonner en poids de nombre d'entreprises
11:35qui sont adaptées à un monde
11:38qui tend vers un réchauffement climatique limité à 1,5 degré.
11:41Est-ce que c'est justement si facile de mesurer cet impact réel
11:46d'un investissement, d'un choix d'investissement, d'un choix de crédit ?
11:49Est-ce que vous avez les métriques, les outils pour mesurer l'impact ?
11:54Alors, ce qui est intéressant, c'est qu'il faut s'adapter
11:57puisqu'on travaille sur des classes d'actifs qui sont très variées.
12:00Donc, sur le côté, on a énormément d'informations aujourd'hui.
12:03Nous, on travaille plutôt sur les grandes entreprises cotées
12:06quand on investit, que ce soit en Europe ou aux États-Unis.
12:08Les données de reporting sont là, fiables.
12:12Ils auraient peut-être pu aller un petit peu plus loin
12:14avec la CSRD qui s'est un peu arrêtée,
12:15mais globalement, elles sont très fiables.
12:18Après, quand on va sur le non-coté,
12:21là, il faut aller récupérer la donnée entreprise par entreprise,
12:24mais globalement, dans l'industrie,
12:27on demande là aussi de plus en plus de reporting.
12:29Donc ça, c'est intéressant.
12:30Et après, quand on va investir,
12:32plus on descend dans la taille des entreprises,
12:35plus ça va être compliqué d'aller mesurer,
12:37mais on peut aller essayer de trouver, s'adapter.
12:40Et notamment, on travaille sur les plus petites entreprises
12:43avec un score qui s'appelle l'Impact Score
12:47qui a été créé par le mouvement Impact France
12:50qui nous permet d'avoir quelque chose de mesurable,
12:53même sur les jeunes entreprises.
12:55Alors, il y a une tradition, vous le savez, dans cette émission.
12:59L'invité du Grand Entretien pose une question
13:01à celui ou celle de la semaine suivante.
13:04Alors, la semaine dernière,
13:05on avait ici Tristan Rodriguez,
13:07qui est le président d'Aurus,
13:08vice-président du groupe Kramer.
13:10Voici sa question,
13:11l'accompagnement des groupes industriels.
13:14Bonjour Marc,
13:14ravi de pouvoir vous poser cette question.
13:16À l'heure où le monde financier
13:19demande de plus en plus de rapidité,
13:21d'efficacité et de rentabilité,
13:23j'aimerais focaliser ma question sur le domaine industriel.
13:26N'est-il pas possible et n'est-il pas envisageable
13:28d'accompagner les entreprises sur du plus long terme ?
13:30Et comment une entreprise comme la vôtre,
13:32une banque familiale comme la vôtre,
13:33est capable d'accompagner les sociétés industrielles,
13:37aujourd'hui en France et à l'international ?
13:40Déjà, est-ce que vous ressentez effectivement
13:43cette critique qui est faite au monde financier,
13:45qui demande de plus en plus de rapidité,
13:47d'efficacité et de rentabilité ?
13:49Oui, c'est évident que quand on regarde aujourd'hui
13:53les critères d'investissement dans le monde financier,
13:56il faut, on raisonne en TRI,
13:58donc taux de rentabilité interne et donc de rendement interne,
14:01et donc forcément, plus le retour de capitaux sont courts,
14:05plus on va augmenter ce taux.
14:07Et donc, il y a une recherche d'optimisation là-dedans,
14:11et donc ça peut passer par une efficacité
14:13et plus de court terme.
14:15Et alors, est-ce que c'est incompatible
14:17avec l'accompagnement d'une industrie,
14:20d'un groupe industriel,
14:21comme en l'occurrence le groupe Kramer ?
14:24C'est ce que lui doit ressentir
14:26dans son métier au quotidien ?
14:28Oui, tout à fait.
14:28En fait, ça va là aussi dépendre
14:30de la typologie d'investisseur.
14:32Quand on est sur le côté,
14:33il y a des investisseurs qui résonnent au trimestre
14:36ou même à la milliseconde.
14:38Nous, quand on investit sur le côté,
14:39quand on sélectionne une entreprise,
14:41le but, c'est de rester sur le long terme.
14:43On est investisseur dans certaines entreprises,
14:45depuis 20-30 ans, sur le côté.
14:47Sur le non-coté en private equity,
14:49les temps sont un peu plus longs
14:50puisque les investisseurs investissent
14:52généralement en moyenne 5 ans
14:54dans les entreprises.
14:55Et on a certaines catégories d'investisseurs,
14:58notamment sur la partie infrastructure
15:00ou des investisseurs dits à impact,
15:02qui peuvent prendre un petit peu plus de temps
15:05sur cette partie-là.
15:06Et donc, on essaie de les accompagner aussi.
15:08Nous, en tant qu'en banque privée,
15:13notre rôle est d'être une banque patrimoniale.
15:15Donc, on ne va pas financer en direct du crédit
15:17les entreprises industrielles.
15:19Donc, je n'ai pas de produits à proposer.
15:23Mais en tout cas,
15:24on a investi dans des fonds infrastructure,
15:26on a investi dans des fonds impact
15:28qui, eux, prennent le temps,
15:30un peu plus de temps.
15:31Oui, vous parliez des grandes tendances
15:32structurelles d'investissement.
15:34Ça se rejoint.
15:35C'est de l'investissement de long terme
15:37là dont on parle.
15:38Exactement.
15:38Nous, quand on définit un investissement,
15:40on passe la première case.
15:43C'est le filtre de ce qu'on appelle
15:44les tendances structurelles.
15:46Donc, on a quatre grandes tendances structurelles.
15:48On peut les rappeler.
15:48Alors, c'est vivre mieux et plus longtemps.
15:50Donc, une population qui augmente,
15:53des classes sociales qui augmentent,
15:55une espérance de vie qui augmente
15:56dans la plupart des pays,
15:58en tout cas au niveau mondial.
15:59Donc, ça génère un certain nombre
16:00d'opportunités pour les entreprises.
16:03Innover et transformer.
16:04On est dans un...
16:05L'IA n'est qu'une étape,
16:07parmi toutes les innovations,
16:08notamment technologiques,
16:10qu'on a vécues sur ces dernières années.
16:14Préserver le climat et la biodiversité,
16:16qui sont quelque chose de...
16:17Et le vivant,
16:18c'est quelque chose qui est extrêmement important aussi
16:19pour les tendances à venir.
16:21Et s'adapter à un monde polarisé.
16:23Et en fait, nous, il faut,
16:25quand on investit,
16:26que le projet ou l'entreprise
16:27soit porté par une de ces tendances structurelles.
16:30Vous parliez de...
16:32Alors, on a parlé de backlash au niveau américain,
16:34mais c'est vrai qu'il existe aussi au niveau européen.
16:37Et là, c'est pas seulement du bruit non plus.
16:40On parlait du bilan extra-financier,
16:42CSRD, c'est vrai.
16:43Et puis, il n'y a pas que ce règlement-là,
16:44mais il y a quand même un...
16:46Alors, il y a deux lectures.
16:48Soit...
16:48Et moi, j'ai reçu beaucoup de chefs d'entreprise
16:51me dire,
16:52« Oui, mais vous êtes bien gentils,
16:53le CSRD, super,
16:54mais 800 pages, trop compliqué,
16:56c'est quand même un casse-tête. »
16:57Et je pense qu'ils avaient raison.
16:59Mais là, à force de vouloir le simplifier,
17:01on l'a un peu vidé de sa substance, quand même.
17:05Donc, l'Europe,
17:06est-ce qu'elle n'est pas en train de perdre
17:07un peu de sa...
17:10de son...
17:10une identité,
17:11de son aspect pionnier,
17:13de cette ambition d'être peut-être le continent,
17:15le mieux-disant,
17:17en matière de structuration,
17:19de bilan extra-financier,
17:20d'investissement durable ?
17:22Je suis totalement d'accord avec vous
17:23sur le fait que le recul sur la CRD
17:26est beaucoup trop fort
17:27par rapport aux ambitions qui étaient initiales.
17:30Je suis aussi d'accord avec vous
17:31sur le fait que c'était extrêmement complexe
17:33à mettre en œuvre
17:33et que ça nécessitait une simplification.
17:35Ce n'était pas votre rôle,
17:36mais vous aviez quelques clients
17:37qui vous disaient casse-tête, quand même ?
17:38Oui, oui, forcément, tout à fait.
17:41Ça, c'est sûr que c'était vraiment très complexe.
17:44Nous, banques,
17:45même si on était une petite entreprise,
17:47enfin une entreprise de taille moyenne,
17:49en tant que banque,
17:50on allait être potentiellement impacté
17:53par la CRD.
17:54Quand on a commencé à regarder,
17:55en effet, c'est des choses qui sont très complexes.
17:56Alors, vous ne l'êtes plus ?
17:58Non.
17:58Mais vous pouvez quand même,
18:01il y a une forme de volontariat,
18:03c'est ça qui existe ?
18:05Est-ce que ça peut faire partie
18:06d'une démarche d'une banque comme la autre ?
18:07Oui, tout à fait.
18:08Il y a un reporting volontaire qui est possible,
18:10qui peut être cadré par la CRD.
18:12Nous, on a aujourd'hui,
18:13enfin, on va publier dans les prochains mois,
18:15notre premier rapport de mission,
18:18qui est une part de reporting extra-financiers,
18:21puisqu'on a 10 indicateurs
18:23qui permettent de suivre
18:24l'accomplissement de la mission.
18:26Et on pourra potentiellement le compléter,
18:28si nécessaire,
18:29pour s'adapter un petit peu
18:30avec ce qui est proposé en reporting CSRD.
18:33Ce qui est intéressant de noter,
18:34quand même,
18:34c'est que même si on a ce bruit ambiant,
18:36même si on a la réglementation qui recule,
18:40le mouvement ne s'arrête pas.
18:42Et il y a un certain nombre de chiffres
18:44qui sont intéressants.
18:45Il y a deux, trois derniers chiffres
18:46qui sont sortis dernièrement.
18:49En décembre 2025,
18:51le nombre, en Europe,
18:52le nombre de voitures 100% électriques
18:55qui a dépassé le nombre de voitures 100% thermiques,
18:59le pourcentage dans le mix électrique
19:03du renouvelable est à 30%,
19:05là où le fossile, pétrole, gaz, charbon
19:09est passé à 29%,
19:10donc on est passé au-dessus.
19:11Donc il y a un certain nombre, quand même,
19:12de mouvements qui continuent à avancer.
19:16Et on est passé un peu du green bashing
19:19au green hushing.
19:20qui n'ose pas tout à fait en parler.
19:22C'est-à-dire que les entreprises
19:23continuent à avancer.
19:25Ils ne vont pas arrêter l'ensemble
19:26des investissements,
19:27l'ensemble des net zéro.
19:28On parlait de net zéro.
19:29Sur le SBTI,
19:31chaque année,
19:31le nombre d'entreprises
19:33qui sont validées
19:34par ces science-based targets,
19:41augmentent chaque année
19:42et de manière mondiale.
19:43C'est-à-dire que c'est vrai aux Etats-Unis,
19:46c'est vrai en Asie,
19:46c'est vrai en Europe.
19:47Ce qui est une façon de répondre
19:48à Donald Trump
19:50quand il dit effectivement
19:51à la tribune des Nations Unies
19:53que le réchauffement,
19:54c'est une escroquerie
19:55ou l'arnaque du siècle.
19:57Et vous-même,
19:58quand vous vous êtes donné
20:00un certain nombre d'objectifs,
20:01d'objectifs climatiques,
20:04je ne sais plus à quel horizon
20:05vous vous êtes donné une date
20:07ou plusieurs dates d'ailleurs
20:08et comment vous l'évaluez ?
20:10On a fixé un horizon à 2030
20:13pour avoir,
20:14que ce soit assez long
20:15mais pour autant atteignable,
20:17on va dire,
20:18en tout cas visible,
20:19avec l'objectif à terme
20:21de remettre un objectif
20:23encore plus ambitieux à 2050.
20:25Sur 2030,
20:27comme je l'avais évoqué juste avant,
20:29on a, selon les classes d'actifs,
20:31défini un pourcentage du poids
20:34de nos actifs
20:35qui vont être investis
20:36soit dans des entreprises
20:38qui sont en transition,
20:40donc qui ont validé la transition
20:41de manière scientifique,
20:42soit qui sont ce qu'on appelle
20:45des solutions climat,
20:46c'est-à-dire qui,
20:46par leur activité,
20:48vont apporter quelque chose,
20:51une solution
20:51au dérèglement climatique.
20:54Alors, il y a toujours une question
20:56qu'on doit vous poser
20:56qui est l'investissement durable
20:58et sa rentabilité,
21:00parce que,
21:00alors c'est peut-être un fantasme là aussi,
21:02d'un investissement durable
21:03qu'on fait ça presque par engagement,
21:07par bon sentiment,
21:07mais ça nous rapporte moins.
21:08C'est vrai ou c'est pas vrai ?
21:09Alors, c'est...
21:11Ça dépend des classes d'actifs...
21:14Je peux prendre énormément
21:15d'exemples.
21:16Les exemples...
21:17Un exemple qui est assez intéressant,
21:19c'est qu'en janvier 2025,
21:21donc il y a un an maintenant,
21:23on a lancé un fonds
21:25qu'on a appelé
21:26WF Continuation Durable,
21:27qui a investi dans deux entreprises
21:29qui sont justement
21:30ce qu'on appelle
21:31des solutions climat,
21:32qui, par leur activité,
21:33vont permettre,
21:34pour l'une,
21:35d'augmenter l'évitement
21:37des gaz à effet de serre,
21:39et pour l'autre,
21:40d'améliorer les infrastructures
21:41hydriques en Europe.
21:44Ces investissements-là
21:45sont des investissements
21:46dans les boîtes de non-cotés,
21:47et depuis un an,
21:49la performance
21:50de ces deux entreprises,
21:51c'est sûrement
21:52les deux entreprises
21:53dans lesquelles on investit
21:53en direct
21:54qui performent le mieux.
21:55Donc, évidemment,
21:56un investissement
21:57en private equity,
21:58on le jugera dans cinq ans,
21:59mais pour autant,
22:00il y a une tendance réelle
22:02là-dessus,
22:02et donc on peut aller chercher
22:04un rendement équivalent
22:05quand on veut
22:06de la durabilité.
22:07Après, évidemment,
22:08plus on veut aller chercher
22:09un impact fort,
22:12plus à un moment
22:13il va falloir
22:13en effet jouer
22:15sur le couple
22:15rendement-risque
22:16jusqu'à la philanthropie
22:18où là, évidemment,
22:18on a un risque
22:21à 100%
22:21et aucun rendement,
22:22mais un impact
22:22extrêmement fort.
22:23Tiens, d'ailleurs,
22:24on peut en dire un mot
22:24parce que ça fait partie
22:26des choix
22:28que vous avez faits,
22:30cette politique
22:31de philanthropie,
22:33ça complète
22:35votre stratégie
22:36d'investissement à impact
22:37d'une certaine façon ?
22:38Exactement,
22:39en fait,
22:39c'est dans notre ADN,
22:40c'est-à-dire que la philanthropie
22:41on a toujours fait
22:42et c'est en effet
22:44qu'on essaie de le faire
22:44de manière cohérente
22:45avec l'ensemble
22:46de nos engagements
22:47et donc on a
22:49trois grandes poches
22:50dans notre philanthropie,
22:51une poche
22:52qui est les engagements
22:52familiaux,
22:53donc des associations
22:56ou des projets
22:57qu'on soutient
22:58depuis des dizaines d'années,
23:00voire depuis leur création
23:01et on travaille aussi
23:03beaucoup avec nos collaborateurs,
23:04donc on a créé
23:05un comité de mécénat
23:07qui va sélectionner
23:08des associations
23:09qu'on va accompagner
23:10sur le long terme
23:11et un des thèmes
23:12qu'on a choisi,
23:13c'est de favoriser
23:14l'entrepreneuriat
23:16pour des populations
23:17qui vont avoir
23:18ce qu'on appelle
23:19un caillou dans la chaussure,
23:20donc soit des populations
23:21avec un handicap,
23:22soit des populations
23:23qui viennent de zones
23:25plus complexes
23:27ou même des migrants
23:29avec Synga.
23:30Et la dernière poche
23:32qui est intéressante,
23:33c'est qu'on essaie
23:34de favoriser la philanthropie
23:35et donc on a créé
23:36notamment ce qu'on appelle
23:37un matching fund,
23:38ce qui est quelque chose
23:38qui existe un peu
23:39aux Etats-Unis
23:39mais assez peu en France,
23:41où en fait chaque collaborateur
23:42peut donner à titre personnel
23:44pour l'association
23:45qui le tient à cœur
23:46et la banque va abonder
23:48un pour un
23:50pour cette association.
23:52Est-ce qu'il y a
23:53un rapport différent
23:55à l'investissement durable
23:56en fonction des générations ?
23:58Est-ce que vous le ressentez
24:00soit chez vos collaborateurs
24:01soit éventuellement
24:02chez certains clients ?
24:03Bien sûr,
24:06une étude a été publiée
24:07récemment,
24:08il y a 6-8 mois maintenant,
24:10qui montrait l'intérêt
24:12des sujets ESG,
24:13durabilité,
24:14impact selon les générations.
24:16Et ce qu'on voit,
24:17c'est qu'il y a
24:19deux types de populations
24:20qui sont beaucoup plus
24:22appétantes à investir
24:24sur les sujets ESG,
24:25durabilité.
24:26c'est la génération
24:27des millenials,
24:28la génération née
24:30entre 80 et 95,
24:32qui va l'être beaucoup plus
24:34que la génération X
24:35et les baby boomers.
24:37Et l'autre point intéressant,
24:39c'est les femmes,
24:40qui elles sont aussi
24:42beaucoup plus appétantes
24:43que les hommes
24:45sur ces sujets-là.
24:46Et en fait,
24:47ce qui est assez intéressant,
24:48c'est que si on regarde
24:51à long terme,
24:515-10 ans,
24:52ces deux populations-là
24:54vont croître
24:55beaucoup plus vite
24:56en termes de pourcentage
24:57de détention
24:58de patrimoine
24:59que les autres.
25:00La première,
25:01naturellement,
25:03et la deuxième,
25:04pour tout un tas de raisons,
25:06le patrimoine détenu
25:07et géré par les femmes
25:08va croître
25:08près de deux fois plus vite
25:09que celui détenu
25:11et géré par les femmes.
25:11Ça, c'est une bonne nouvelle.
25:12Ça nous promet
25:15de plus en plus
25:16d'investissements durables,
25:16si je comprends bien.
25:17Exactement.
25:18Le but, c'est aussi
25:19de se baser là-dessus,
25:20d'anticiper ces tendances.
25:21Et de pouvoir avoir
25:23une offre,
25:23construire une offre
25:24dès maintenant
25:24qui sera de plus en plus
25:26adoptée,
25:26en tout cas,
25:27on l'espère,
25:27dans les prochaines années.
25:28Un dernier mot,
25:29parce qu'on a beaucoup
25:31reçu l'entreprise
25:32qui participait
25:33à la Convention
25:33des entreprises
25:34pour le climat.
25:35Je crois que vous avez fait
25:36le parcours
25:36monde financier,
25:37c'est ça ?
25:38Exactement.
25:39Et vous êtes membre
25:40du comité d'orientation
25:41de la CEC Entreprises.
25:42Qu'est-ce que ça vous a apporté
25:43dans la réflexion globale
25:45que vous venez de détailler ?
25:47En fait,
25:47ce que je dis à chaque fois,
25:48c'est que ça m'a fait
25:49gagner énormément de temps.
25:50ça prend 10 jours hommes,
25:52donc 10 jours hommes
25:52sur une année de dirigeance,
25:55c'est beaucoup.
25:57Et en fait,
25:57ça m'a fait gagner
25:58énormément de temps.
25:59Et ce qui était intéressant,
26:00c'est que j'étais,
26:02c'était un peu le hasard,
26:03mais on avait le projet
26:04de devenir entreprise
26:05à mission
26:05qui était en même temps
26:07que ce projet
26:08de Convention
26:09des entreprises
26:10pour le climat.
26:10Et une des choses
26:11les plus importantes
26:12que ça m'a apporté,
26:13c'est que ça m'a permis
26:14d'avoir une feuille de route
26:15société à mission
26:16beaucoup plus robuste
26:17et exigeante
26:18que si je l'avais fait
26:19tout seul
26:20dans ma banque
26:21le soir.
26:23Là,
26:23on a pu le faire ensemble,
26:24avoir 10 jours,
26:25me faire challenger
26:26par des pairs
26:28et par la méthode
26:29Convention
26:30des entreprises
26:30à mission
26:31et le fait
26:32d'être
26:32des conventions
26:33des entreprises
26:34pour le climat,
26:34CEC,
26:35et le fait
26:36pour l'entreprise
26:37à mission,
26:38c'est aussi
26:38beaucoup mieux
26:39parce que vis-à-vis
26:40de la CEC,
26:41ma feuille de route
26:41maintenant,
26:41elle est dans mes statuts.
26:44puisque le livrable
26:46de la fin
26:46d'un parcours CEC,
26:47c'est une feuille de route
26:48et donc là,
26:49je suis sûr
26:50que je vais l'impliquer
26:51puisque je suis obligé
26:51de le faire.
26:52Merci beaucoup
26:53Marc Wermser
26:54et à bientôt
26:55sur Be Smart for Change.
26:56On passe tout de suite
26:57à notre rubrique
26:57Startup.
26:58Merci.
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