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Le choix des crédits à la consommation attribués par une banque peuvent être déterminants dans la transition environnementale. Laila Mamou, directrice de l’engagement citoyen chez Crédit Agricole Personal Finance & Mobility, revient sur la manière dont l’entreprise oriente vers des choix de consommation plus responsables. Elle est aussi la présidente de l’association Entreprise et Progrès, qui accompagne les entreprises pour leur permettre de lier responsabilité environnementale, sociale et économique.
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00:00Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour, une personnalité qui compte dans notre économie et je reçois Laïla Mamou, bonjour.
00:12Bonjour.
00:13Ravi de vous accueillir, vous êtes vice-présidente d'entreprise et progrès et directrice de l'engagement citoyen de Crédit Agricole, Personal Finance and Mobility.
00:21Je vais commencer, je démarre souvent cette rubrique par le sens du mot impact et puis comment vous l'utilisez, comment vous transformez l'impact en réalité dans vos activités aujourd'hui et même depuis quelques années ?
00:35Pour moi l'impact c'est une preuve d'abord, c'est une preuve, c'est un alignement entre ce qu'on dit et ce qu'on fait.
00:41Lorsqu'on va mener une action, c'est pas tant l'action qui est importante, c'est vraiment c'est quoi le résultat, qu'est-ce que ça a fait bouger ?
00:48Faire bouger les lignes c'est de l'impact, mais comment on le mesure ? Quand on va travailler sur le genre, on sait comment on va mesurer quand on va travailler sur la réduction de l'empreinte carbone, c'est pas juste la réduction qui est importante, mais c'est quoi l'impact de tout ça ?
01:03Donc en fait c'est vraiment, pour moi je l'associe beaucoup à la preuve, à l'exemplarité, à la responsabilité.
01:08C'est une notion de responsabilité collective d'une certaine façon.
01:12Absolument, c'est une responsabilité collective qui est portée par, si on est dans une entreprise, c'est par tous les collaborateurs, si on est dans un tick-tank, c'est tous les participants, mais c'est vraiment une responsabilité collective pour amener des preuves.
01:25Alors on va s'appuyer sur vos deux activités d'aujourd'hui, vice-présidente d'Entreprise et Progrès, directrice de l'engagement citoyen, Crédit Agricole, Personnel Finance.
01:33D'abord on présente en quelques mots, puis après on détaillera, Entreprise et Progrès c'est quoi ?
01:39Alors Entreprise et Progrès a été créé par Antoine Riboud et François Dalle, il y a déjà 50 ans, et en fait c'était précurseur parce qu'ils voulaient allier l'économie, le social et l'environnemental.
01:55C'est-à-dire que l'entreprise, elle sort de son rôle uniquement, voilà, business plan, résultat, distribution de dividendes, c'est bien, mais pas que.
02:04Donc vraiment d'endosser ce rôle de responsable de sa transition.
02:10Et aujourd'hui, vous le voyez, on a...
02:12Vous voyez une cinquantaine d'entreprises qui sont membres de l'association, c'est ça ?
02:15Absolument, il y a une cinquantaine, alors on a BIC, on a la Française des Jeux, on a Bell, et on a aussi beaucoup de jeunes, parce qu'en fait ce qu'on veut c'est pas rester juste entre nous,
02:24il y a aussi beaucoup de jeunes entrepreneurs, il y a quelques DRH, il y a aussi quelques consultants, et en fait, l'ADN c'est vraiment de mettre l'humain au centre de l'organisation.
02:36Et ce qui va nous différencier d'entreprise et progrès, c'est qu'en fait, on va travailler, on va ramener nos problématiques du terrain, on va les poser, on va co-construire des solutions,
02:48on va co-construire des guides, et en fait on est dans de l'action.
02:51Alors, on y reviendra, et on va détailler ce qu'est une entreprise engagée d'une certaine façon.
02:57Votre action au sein de Crédit Agricole, Personnel Finance & Mobilité, c'est quoi ?
03:01Alors déjà, c'est quoi ? Quel service ? Quel financement ? Parce qu'on va parler beaucoup du levier de la finance dans cette entreprise.
03:08Alors d'abord, je suis un background financier, puisque moi, pendant plus de 30 ans, j'ai dirigé une entreprise de crédit à la consommation, dont Sofinko, il y a deux ans.
03:14Donc je viens du monde business. Et en fait, pour être une entreprise responsable, une entreprise engagée, il faut travailler avec les collaborateurs,
03:22il faut faire bouger l'organisation et la gouvernance. Et donc c'est pour ça qu'avec ma hiérarchie, nous avons créé la direction de l'engagement citoyen
03:30pour que le discours que nous portons ne soit pas à côté de la vie de l'entreprise, mais qu'il soit complètement intégré.
03:38Il est intégré dans l'entreprise, il est intégré dans le plan stratégique. Et en fait, on a deux jambes dans cette entité.
03:44C'est que, qu'est-ce qu'on va faire ? On veut être une entreprise d'engagement, il faut le prouver. On le prouve comment ?
03:50En étant labellisé, en faisant du Bicorp, du Lucis, en fonction des pays. En mesurant l'indice d'engagement sociétal.
03:57C'est important de savoir comment nous sommes vus par nos clients. Et en montant un comité de parties prenantes.
04:03Et là, il n'y a pas de hiérarchie entre les parties prenantes, elles sont toutes égales.
04:06Et comment est-ce qu'on répond à leur questionnement et nous challenge sur nos stratégies ?
04:11Et la deuxième jambe, c'est l'élément de preuve, c'est créer une fondation.
04:15Donc on a créé une fondation, on travaille sur et avec les jeunes dans l'objectif de plus d'intégration, de plus d'inclusion.
04:24Mais ça, je pense qu'on reviendra dessus.
04:26On va évidemment en reparler.
04:27Entreprises et progrès, créé en 69 par François Dalle et Antoine Riboud.
04:31On l'a dit, 50 entreprises membres.
04:33Est-ce que c'est un moment charnière pour les entreprises qui s'engagent ?
04:39Parce qu'on est à la fois face à des crises qui se surajoutent, des polycrises, comme on dit.
04:46Des transitions qui, elles aussi, s'accumulent.
04:52On peut parler de la transition environnementale, on peut parler de l'IA.
04:55Enfin bon, bref, c'est avec, malgré tout, des entreprises qui disent qu'il faut qu'on reste engagé.
05:01Sauf que c'est plus compliqué quand on est dans un contexte.
05:03Vous avez raison, il y a toutes ces couches dans un environnement très tendu, économique,
05:09dans un environnement géopolitique qui est aussi très compliqué.
05:12Et en fait, ce qu'on fait et ce qu'on essaye de faire dans Entreprises et progrès,
05:18c'est de faire de toute cette complexité un vrai levier de progrès.
05:23Parce que c'est vrai que nous avons des injonctions paradoxales tous les jours.
05:27Tous les jours.
05:29Et c'est là où il y a les décisions qu'il faut prendre en temps court, tactique,
05:34parce qu'il faut continuer à faire tourner la machine, parce que c'est d'abord ça l'essentiel.
05:39Et aussi prendre des décisions en temps long.
05:43Et c'est ça aujourd'hui la complexité, c'est en même temps d'être capable de prendre des décisions en temps court
05:48et de réfléchir à long terme pour justement être une entreprise plus durable.
05:54Oui, alors justement, est-ce que les entreprises engagées sont plus résistantes que les autres ?
06:00Vous voyez ce que je veux dire quand on parle de polycrise ?
06:02Est-ce qu'elles ont plus de capacité à résister à un choc, à s'adapter à un bouleversement climatique ou géopolitique ?
06:11Je dirais de ma propre expérience, oui.
06:14Pourquoi ? Parce que quand on est engagé, on a des fondamentaux qui sont très solides.
06:19On sait où on va et on sait pourquoi on veut y aller.
06:21Et donc, quand on sait où on va et qu'on est perturbé, on revient.
06:28Ça permet de canaliser, on revient à notre sens.
06:31Mais elles ne sont pas moins rentables que les autres ?
06:33Parce qu'elles dépensent de l'argent et de l'énergie ?
06:35Aujourd'hui, je prends un autre exemple au niveau de CAPFM.
06:41Nous sommes très engagés dans la mobilité verte.
06:45Nous sommes très engagés dans la transition énergétique.
06:49Pour tous, qu'elle soit simple, qu'elle soit accessible, on n'a pas perdu d'argent.
06:53Au contraire, c'est des nouveaux marchés.
06:56C'est des nouveaux clients, c'est des nouveaux marchés, c'est des nouveaux produits.
07:00Donc, au contraire, en tout cas...
07:02On ne l'a pas dit, vous avez dit que l'engagement citoyen,
07:04mais c'est quoi CAPFM ?
07:08C'est le Crédit Agricole Personnel de la Facilité ?
07:10Facilité, c'est la branche Crédit à la Consommation du Crédit Agricole.
07:16Nous sommes à peu près 10 000, on est présents dans 21 pays.
07:19D'accord, donc c'est un peu le métier que vous faisiez déjà à Sofranco.
07:21C'est un métier qui est, maintenant on est...
07:24D'accord, ok, c'est bon, c'est compris pour moi.
07:27Dans cet objectif d'engagement, le rôle des dirigeants,
07:33ça, ça m'intéresse de vous entendre là-dessus,
07:35parce que ça fait des années que vous dirigez des entreprises, des structures.
07:40Qu'est-ce qu'il fait ? Il doit suivre ses collaborateurs ?
07:42Il doit les guider ? Il doit leur apprendre ?
07:44C'est un éducateur ? C'est quoi un dirigeant pour vous ?
07:47J'aime beaucoup votre question.
07:48Parce que, en fait, pour moi d'abord, il doit être exemplaire.
07:52Il doit être exemplaire et dans notre comité exécutif, en juin dernier,
07:58chaque membre du comité s'est engagé.
08:01Il se dit déjà, moi, en tant que personne, je prends deux engagements.
08:04Un engagement personnel, je vais faire une action,
08:07et un engagement collectif que je vais mener avec nos équipes.
08:10Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas demander aux collaborateurs d'être engagés
08:17si on ne l'est pas en tant que patron.
08:20Et vous avez parlé de dirigeants éducateurs.
08:24Ma conviction, aujourd'hui, c'est que, face à tout ce qu'on a dit,
08:28cette complexité dans laquelle nous évoluons,
08:31un dirigeant ne peut plus juste décider.
08:34Il doit vraiment s'assurer que, toujours avec cette notion de l'humain au corps de l'organisation,
08:42s'assurer que le vivre ensemble est bien basé sur la confiance,
08:49sur la cohésion, sur le respect, de grandir ensemble.
08:53C'est-à-dire que l'entreprise, il faut qu'elle soit, en tout cas l'organisation, apprenante.
08:57Tout le monde doit évoluer.
08:59Et à la fin, forcément, on va réussir ensemble.
09:02D'ailleurs, je vais vous citer, vous dites, tout est interconnecté.
09:06Des salariés qui participent à un programme de mécénat de compétence
09:09ou qui consacrent bénévolement un ou deux jours à notre fonds de dotation,
09:12ils en ressortent transformés.
09:14C'est une façon pour eux de vivre la citoyenneté en acte
09:16et puis de la transférer au monde de l'entreprise
09:18où l'engagement se met à refuser ensuite en levier de compréhension et de formation.
09:21Ça rejoint ce que vous venez de nous dire.
09:23Et ça me donne l'idée d'une question autour du mécénat de compétence.
09:28Quelle place ça prend dans une entreprise comme la vôtre
09:33ou plus généralement dans les entreprises qui sont membres d'entreprise et progrès ?
09:38Et à quel point c'est devenu un levier un peu stratégique
09:43pour recruter, garder des collaborateurs ?
09:48Le mécénat de compétence, moi j'en fais depuis au moins 20 ans.
09:52Et au Crédit Agricole, on a la chance de pouvoir donner 5 jours de son temps par an.
09:56En heure, c'est énorme.
09:58En heure, c'est énorme.
10:00Et toutes les personnes qui vont aller contribuer à...
10:05Ça peut être mentorer une start-up qui va être dans de l'IA.
10:09Ça peut être aider des jeunes de 14 ans à mieux choisir leur voie.
10:14Voilà, il y a faire des maraudes le soir,
10:17travailler avec une ONG qui travaille justement dans la réduction de l'empreinte carbone.
10:22Il y a plusieurs façons de contribuer.
10:25Eh bien, à chaque fois, les gens me disent
10:27« Mais finalement, je suis partie en pensant que j'allais apprendre quelque chose à ces gens-là. »
10:32Mais en fait, c'est eux qui m'ont appris.
10:34Et moi, avec le temps, comme je vous ai dit, ça fait très longtemps que je travaille,
10:38que j'utilise le mécénat de compétence comme levier managérial,
10:42j'ai vu des personnes revenir des missions transformées,
10:46plus lucides, qui écoutent plus.
10:49Et en fait, il y a un effet qui...
10:53Ça change vraiment la culture de l'entreprise.
10:55Mais si vous l'avez vécu vous-même, parce que vous avez du mentorat aussi.
10:58Bien sûr, mais moi, je fais ça depuis 20 ans.
11:00Moi, depuis 20 ans, je donne toutes les semaines deux heures de mon temps dans une cause.
11:05C'est quelque chose que j'ai toujours fait, parce que d'abord, ça me nourrit.
11:08Et parce que je me dis, quand on a la chance d'arriver à des postes de haute responsabilité,
11:13alors c'est super, c'est sympa, on est important.
11:15Mais et ceux qui n'y arrivent pas, qu'est-ce qu'on peut faire pour eux ?
11:19Il faut donner des coups de pouce.
11:21Je ne suis pas là toute seule.
11:24On m'a donné aussi un petit coup de pouce par-ci, par-là.
11:27Et en fait, c'était de dire, comment je peux redonner ce qu'on m'a donné ?
11:30Et c'est comme ça qu'est venue pour moi la notion de mécénat de compétence.
11:34Et franchement, une heure dans la semaine, ça se trouve.
11:37Je dis toujours, une heure, c'est le temps de déjeuner.
11:39On peut donner un déjeuner par semaine à une cause pour laquelle on est très sensible.
11:46Chacun a une sensibilité qui est différente.
11:48Mais c'est un vrai levier managérial, parce que ça change la culture de l'entreprise.
11:52On a plus de solidarité dans les entreprises.
11:54Et on comprend mieux les sujets.
11:56On reste vraiment ancré.
11:58Alors, on va parler de crédit à la consommation.
12:00Vous l'avez dit, vous avez dirigé Sofinko en France, Wafasalaf au Maroc.
12:04C'est quoi le fil rouge, en fait, puisqu'on parle d'engagement ?
12:10Quand on bosse dans le crédit à la consommation, c'est quoi son rôle économique et sociétal ?
12:16C'est d'être utile.
12:17D'accord.
12:18Quand vous avez un enfant qui va aller faire des études à l'étranger, vous avez besoin d'un crédit.
12:23Vous allez acheter votre première voiture pour aller travailler, vous avez besoin d'un crédit.
12:27Un parent qui est malade, vous avez besoin.
12:28Et donc, on se sent vraiment utile.
12:32On le fait avec beaucoup d'éthique.
12:35On n'est pas dans le...
12:36D'ailleurs, la réglementation nous a bien...
12:39A vraiment joué son rôle pour éviter ce qui peut arriver.
12:45Le surendettement.
12:46L'argent, c'est marécageux.
12:47On le sait.
12:48Et donc, quand on fait notre...
12:49Et c'est pour ça qu'on est aussi entreprise d'engagement.
12:51Quand on fait ce métier-là, avec engagement, avec éthique, avec transparence,
12:55et en tenant compte des fragilités des personnes, en gérant les accidents de la vie,
13:00parce qu'il y en a, au début, vous venez, vous avez besoin d'un financement,
13:04les accidents de la vie, qu'est-ce qu'on fait ?
13:06Eh bien, il y a des structures dédiées pour accompagner.
13:09Et donc, c'est ça, le fil rouge, c'est qu'on est utile et on est le dernier 100 mètres
13:16qui reste pour réaliser une action.
13:18Une action utile pour un ménage ou pour un...
13:21Et effectivement, grâce à la loi notamment, et puis grâce à des notions d'engagement,
13:25vous détectez un peu mieux des clients qui sont en risque de surendettement ?
13:31Absolument.
13:32D'abord, on a toutes les lectures de fichiers, ça apparaît, techniquement ça apparaît.
13:39Et il faut surtout ne pas oublier qu'au moment de la vente, on le dit aux clients,
13:45quand il y a, quand vous sentez qu'il y a un problème, il faut nous appeler au moment où le problème est là.
13:51N'attendez pas que ça s'accumule, ça devient très compliqué.
13:55Et...
13:56Oui, il y a la tentation de reprendre un crédit...
13:57Voilà, de reprendre et de reprendre et de reconsolider et de reprendre et de reconsolider.
14:02Il y a un moment où il faut arrêter tout ça.
14:04Il faut trouver une solution beaucoup plus pérenne.
14:07Alors, bien sûr, il faut absolument éviter le surendettement,
14:11mais comme je vous dis, il y a des accidents de la vie, donc les gens vont tomber là-dedans.
14:17Mais il y a une structure, en tout cas chez nous, qui est dédiée à écouter et à anticiper.
14:22Et vous savez, aujourd'hui, avec l'intelligence artificielle,
14:25on peut détecter des débuts de problèmes pour que nous réagissions le plus vite possible.
14:31Le secret, c'est de réagir très vite.
14:33Alors, le financement, le crédit, le financement général,
14:36c'est vraiment un levier de transformation aussi qui peut être majeur dans nos sociétés.
14:39Et c'est justement le sens de la question de Nicolas Perdri.
14:41Le directeur associé d'EPSA Sustainability, qui était à votre place la semaine dernière.
14:46On l'écoute tout de suite.
14:48Bonjour Léila.
14:49Ma question pour vous est de vous demander
14:51comment vous aidez vos clients à vous orienter vers des choix de consommation
14:56plus responsables, plus solidaires et moins carbonés ?
15:00Est-ce que les crédits à la consommation peuvent permettre de faire ça ?
15:03Oui.
15:04Oui, oui.
15:05Alors, je vais répondre sur trois familles de produits.
15:11Donc, il y a la mobilité, ça représente plus de 60% de notre business.
15:14Il y a l'équipement de la maison avec la transition énergétique.
15:17Et il y a aussi le recyclable.
15:18Sur la mobilité, dans notre plan stratégique, à horizon 2028,
15:22on se positionne clairement comme le financeur de la voiture électrique,
15:27avec comme ambition d'être 10 points au-dessus de la moyenne des ventes du marché européen.
15:32Ce qui est énorme.
15:34Et de baisser l'empreinte carbone des flottes de véhicules que nous avons,
15:41puisqu'on est aussi loueurs de longue durée et courte durée,
15:45de plus de 50% à horizon 2030.
15:48Mais comment on le fait ?
15:49Eh bien, on a par exemple un produit qui s'appelle Agile Autopartage,
15:53qu'on a mis dans le monde rural pour permettre justement aux personnes de pouvoir circuler,
15:59de pouvoir dépasser leur ville pour aller rentrer dans des villes
16:05qui aujourd'hui sont de plus en plus régulées.
16:09Aussi, on a fait la même chose pour des professionnels, pour la transition énergétique.
16:14Là aussi, on se positionne vraiment comme celui qui facilite l'accès.
16:19Donc, ça doit être simple.
16:20Avec des offres, par exemple, on est partenaire de l'Agence Nationale de l'Habitat,
16:26ce qui fait que nous avançons l'avance à l'artisan.
16:33Donc, les devis sont déduits de cette avance.
16:36Donc, ça permet de soulager les artisans.
16:41Il y a parfois des subventions qui sont, par exemple, sur la rénovation énergétique.
16:45Est-ce que vous jouez aussi le rôle de conseil auprès des clients ?
16:48Est-ce que ce n'est pas forcément votre rôle ?
16:51C'est tout à fait notre rôle.
16:52Et d'ailleurs, avant de commencer toute cette stratégie,
16:55on a d'abord commencé par les collaborateurs, par les formations.
16:59On les a formés, on leur a expliqué c'est quoi les enjeux.
17:01Sinon, ils ne sont pas crédibles eux-mêmes.
17:03Et donc, bien sûr, nous avons carrément une plateforme,
17:06une app où les clients peuvent rentrer,
17:09mesurer leur empreinte carbone, par exemple,
17:11essayer d'avoir les astuces pour comprendre
17:15ce que c'est que cette transition énergétique.
17:17Donc, on finance énormément de panneaux solaires,
17:20de pompes à chaleur.
17:21Et par exemple, avec Castorama,
17:22et pour faire le lien avec MaPrimeRénov',
17:24tous les produits qui sont justement dans la rubrique,
17:31dans la liste des produits qui sont agrégés par MaPrimeRénov',
17:36ils sont financés à 0%.
17:37Donc, il y a des offres financières
17:40qui vont inciter à consommer des produits verts.
17:43La même chose pour le recyclable.
17:45Avec Darty, nous allons, par exemple,
17:49financer des crédits à 0%
17:52pour tous les produits qui ont un impact,
17:56qui sont recyclés et qui ont un impact, justement, mesuré.
18:01Et là, c'est Darty qui prend en charge.
18:02Donc, en fait, la façon de donner,
18:05de permettre aux clients de consommer vert, green,
18:09on va dire, dans notre jargon,
18:11eh bien, ce sont des offres dédiées.
18:13Ce ne sont pas les mêmes tarifs.
18:14Ce sont des offres subventionnées,
18:16soit par le partenaire, soit par le fonds.
18:17On l'a dit, ça fait plusieurs années
18:20que vous travaillez dans ce secteur des crédits à la consommation.
18:23Ces enjeux-là, ils sont apparus il y a combien de temps ?
18:27Et à quel point ils deviennent stratégiques,
18:29d'une certaine façon ?
18:31Parce qu'il y a 15 ans, on n'aurait pas eu la discussion, clairement.
18:34Non. Il y a 15 ans, on aurait eu la discussion
18:36de l'entreprise et les responsables au niveau sociétal.
18:40L'entreprise, avant, on est passé de la philanthropie
18:42à quelque chose de beaucoup plus organisé.
18:45C'est-à-dire, oui, je vais donner des fonds,
18:48mais ça va apporter quoi ? Quel est l'impact ?
18:50Ça, ça se faisait déjà.
18:51Ce qui n'avait pas, c'est toute cette dimension
18:52de transition énergétique.
18:55D'abord, il y a la réglementation
18:56qui ne vous laisse plus le choix.
18:58Et il y a aussi, il y a les jeunes.
19:02Il y a les jeunes qui nous attendent au tournant
19:03et qui exigent qu'on soit réellement...
19:07Vous voyez la différence en fonction de l'âge de vos clients ?
19:10Oui.
19:11On la voit chez les clients,
19:14on la voit chez nos collaborateurs.
19:15Oui.
19:16On la voit chez nos fournisseurs.
19:17En fait, on la voit partout.
19:19Et on voit qu'aujourd'hui, les jeunes,
19:21ils ont vraiment une tolérance zéro
19:23pour tout ce qui est...
19:27Tous les discours qui ne sont pas suivis d'actions...
19:32Qui ne sont pas alignés.
19:33Qui ne sont pas alignés.
19:34Tolérance zéro.
19:35Donc on est vraiment très, très attendus
19:37en tant qu'entreprise.
19:40Et pour répondre à votre question,
19:41moi, je pense que c'est des sujets
19:43qui sont là depuis quand même 4-5 ans.
19:44Oui. Ça veut dire que quand vous définissez un engagement
19:48ou une trajectoire,
19:50vous êtes sûr de pouvoir y arriver ?
19:52Vous voyez ce que je veux dire ?
19:53En fait, je vais le dire différemment.
19:55On se fixe une ambition
19:56et on se donne les moyens de cette ambition.
19:58On se donne les moyens pour y arriver.
19:59Parce que si vous n'y arrivez pas,
20:00effectivement, les clients, les collaborateurs,
20:03tout le monde va...
20:03Et il faut savoir que tous ces objectifs
20:08sont dans les grilles d'intéressement
20:12des dirigeants et de toute l'entreprise.
20:14tous les collaborateurs,
20:16dans leur grille d'intéressement,
20:17ils ont justement...
20:19Voilà.
20:20Pour montrer que c'est un enjeu collectif.
20:23Alors vous parliez de la jeunesse.
20:24Il y a ce fonds de dotation pour la jeunesse
20:26qui s'appelle Foyos.
20:28De quoi il s'agit ?
20:29Si on doit le présenter en quelques mots.
20:31En quelques mots,
20:32c'est un fonds de dotation
20:34qui va aller financer des programmes
20:37pour favoriser l'inclusion
20:40et l'égalité des chances.
20:41Et donc,
20:43avec deux principales actions.
20:46Une où on va accompagner des associations
20:48et une autre,
20:50c'est ce qu'on a lancé la semaine dernière,
20:53c'est au lieu de parler à la place des jeunes,
20:55au lieu d'écouter des études,
20:56il y en a beaucoup qui sont même contradictoires,
20:59nous, on a décidé,
21:00au lieu de commenter les jeunes,
21:01d'aller les écouter.
21:02Et donc,
21:03c'est un programme qui s'appelle
21:03La Voix des Jeunes.
21:04Et d'ailleurs,
21:04au niveau d'entreprise et progrès,
21:06nous menons aussi un programme
21:08qui s'appelle Les Jeunesses.
21:10Et qu'est-ce qu'on veut ?
21:11On veut savoir,
21:13ces jeunes-là,
21:14qu'est-ce qu'ils attendent de la société,
21:16comment ils voient la société de demain
21:18et aussi comment ils veulent contribuer.
21:20Donc, on veut les écouter.
21:21Mais sous quelle forme ?
21:23C'est des messages sur les réseaux sociaux ?
21:24Non, non, non, non.
21:25On a fait des rencontres,
21:27on a rencontré une centaine de jeunes
21:29avec lesquels nous avons passé
21:31plus de deux heures à questionner.
21:33Après cela,
21:34nous allons inviter des RH et des décideurs
21:38pour venir écouter ces retours
21:40et voir ce qui intrigue,
21:42c'est quoi les biais qu'on a,
21:43qu'on veut aller questionner.
21:45Et à partir de cette phase-là,
21:47nous allons enclencher une phase quanti
21:49et là, nous allons questionner 1000 jeunes
21:52pour aller confirmer, infirmer
21:54ce qui est apparu.
21:56Mais l'objectif, c'est pas...
21:57Avec quel objectif ?
21:57Parce que vous disiez tout à l'heure
21:58à quoi ça sert.
22:00Non, non, non.
22:00C'est pas une énième étude.
22:01C'est une base de travail
22:03à partir de laquelle nous allons faire un plaidoyer.
22:06Pourquoi ?
22:07L'idée, c'est d'aller voir les décideurs,
22:09les RH, leur dire
22:10voilà ce que les jeunes disent.
22:13Comment, si vous deviez demain
22:15changer une action
22:16dans votre stratégie de recrutement,
22:18ça serait laquelle ?
22:19Mais ça veut dire quoi ?
22:20Ça veut dire qu'il y a encore
22:21des biais de recrutement ?
22:23Parce que moi, j'entends...
22:24C'est un thème qu'on traite régulièrement
22:26dans cette émission
22:27et j'ai souvent des amitiés
22:28qui me disent
22:28on lutte contre ça,
22:30on a fait évoluer
22:30nos méthodes de recrutement,
22:33on sort de la facilité
22:34des grandes écoles,
22:35etc.
22:35Je reviens à la question
22:38de l'impact.
22:39Est-ce que c'est mesuré ?
22:41Il faut le mesurer.
22:42Il faut le mesurer.
22:44Et l'objectif,
22:44ce n'est pas
22:45est-ce que je recrute ?
22:46L'objectif, c'est
22:47est-ce que les jeunes
22:48sont prêts demain
22:49à être recrutés ?
22:50Donc, est-ce qu'ils ont
22:51la bonne formation ?
22:52Est-ce qu'ils ont fait
22:52le bon choix ?
22:54Est-ce qu'ils ont
22:54les bons codes ?
22:55Donc, c'est accompagner
22:57jusqu'à...
22:58Et on revient
22:58à l'entreprise éducative.
23:00Et une fois qu'on les a recrutés,
23:01ce n'est pas fini.
23:02Il y a les codes
23:03pour les faire évoluer.
23:04Et donc, comment
23:05on les accompagne ?
23:07Vous dites
23:07que quand nous soutenons
23:08un jeune,
23:09nous ne faisons pas
23:10de la solidarité,
23:11offence étroite du terme,
23:13on investit
23:13dans un futur collègue,
23:15un futur entrepreneur,
23:16un futur citoyen engagé.
23:18C'est de...
23:19Si j'étais un peu trivial,
23:21je dirais que c'est
23:21de l'argent bien dépensé ?
23:24Si vous le dire comme ça,
23:26je le dirais.
23:27Il ne faut pas avoir honte de ça.
23:29Quand on accompagne
23:30un jeune,
23:30moi, je sais que
23:31quand j'accompagne
23:32des jeunes,
23:32à la fin,
23:33je leur dis,
23:34je suis venue,
23:35j'ai passé du temps
23:35pour vous,
23:36tout ce que je vous demande,
23:37en contrepartie,
23:38lorsque demain,
23:39vous serez à des postes,
23:40lorsque demain,
23:41voilà,
23:42toute la galère
23:43sera derrière vous,
23:44n'oubliez pas,
23:45vous rendez,
23:46allez rencontrer
23:47d'autres jeunes
23:47et gardez
23:48cette chaîne solidaire.
23:50Donc,
23:51voilà,
23:51c'est vraiment
23:52de pouvoir
23:52continuer
23:54à donner...
23:55Cette fondation,
23:56elle répare un peu
23:57l'ascenseur social
23:59qui est...
24:00C'est le but.
24:01qui est en partie cassé.
24:02C'est le but.
24:02C'est le but.
24:03Et moi,
24:04personnellement,
24:05je crois à l'ascenseur social
24:06via l'éducation.
24:08Moi,
24:08c'est ce qui m'a permis
24:08d'être là aujourd'hui.
24:10C'est grâce à l'éducation,
24:12c'est grâce au système scolaire.
24:13On peut dire ce qu'on veut,
24:14mais on a encore
24:15des gens brillants
24:16qui sortent
24:17de n'importe quel type
24:19de lycée.
24:20Il n'y a pas que
24:21les meilleurs lycées
24:22où on a les meilleurs élèves.
24:23Il suffit d'accompagner,
24:24il suffit...
24:25Voilà,
24:25et je travaille
24:25avec beaucoup d'associations.
24:27Je ne peux pas les nommer
24:27parce que sinon,
24:28je vais vexer ceux
24:29à qui je n'ai pas pensé.
24:30Mais il y a vraiment
24:31des jeunes
24:31qu'on va chercher
24:32presque en bas de la cité.
24:35Aujourd'hui,
24:35ils sont fiers
24:36en disant
24:36mais voilà,
24:37j'ai fait Sciences Po,
24:38je suis là,
24:39voilà.
24:39Et donc,
24:40il y a cette dynamique
24:42qu'il faut vraiment garder
24:44à travers notre fond,
24:45à travers d'autres.
24:46Il y a beaucoup,
24:46beaucoup de gens
24:47qui font la même chose
24:49parce que les besoins
24:50sont énormes.
24:51C'est très difficile
24:51de mesurer l'impact
24:53de tout ça,
24:54mais continuer
24:55à tendre la main
24:56à ces jeunes,
24:57je pense que c'est
24:57notre rôle
24:58au niveau de l'entreprise
24:59et c'est ce qu'on fait
25:00au niveau d'entreprise
25:01et progrès
25:02puisque les trois programmes
25:03que nous allons gérer
25:04sur lesquels
25:05nous travaillerons
25:06cette année,
25:07c'est la démographie
25:08qui est un impensé
25:10au niveau de l'entreprise
25:10parce qu'il y a
25:11une chute démographique
25:12aujourd'hui.
25:13Comment on fait
25:13pour accompagner
25:14les seigneurs ?
25:15Comment on fait
25:15pour recruter des talents ?
25:18Et les jeunesses,
25:20comment on va faire
25:21pour les recruter ?
25:22Je vous ai épanoui.
25:22Ben voilà,
25:23c'est la fin de l'interview.
25:25Ils sont passés vite
25:26les 26 minutes.
25:26Oui, oui,
25:27c'est passé vite.
25:27Très très bon suivi.
25:28Merci beaucoup
25:29Laïla Ramou.
25:30C'est moi qui vous remercie.
25:30A bientôt sur
25:31Be Smart for Change.
25:32On passe tout de suite
25:32à notre rubrique
25:33Startup.
25:34Merci.
25:35Merci.
25:35Merci.
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