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  • il y a 3 heures
Lundi 6 avril 2026, retrouvez Hélène Valade (Directrice développement environnement, LVMH) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:04Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose, chaque jour a une personnalité qui compte dans notre
00:08économie et je reçois aujourd'hui Hélène Vallade, bonjour, bienvenue, heureux de vous retrouver dans cette émission, vous êtes la
00:14directrice développement environnement de LVMH, tiens le mot impact, quel sens vous lui donnez au quotidien dans votre activité, plus
00:23généralement la stratégie d'un géant du luxe comme LVMH.
00:26Il devient stratégique ce mot parce qu'impact ça veut dire impact potentiellement négatif sur l'environnement, mais ça veut
00:35dire aussi impact positif, donc derrière c'est des stratégies à la fois de réduction de ces impacts et de
00:40valorisation de l'impact positif et ça nous renvoie vers des solutions d'agriculture régénératrice, impact positif ou d'économie
00:50circulaire,
00:51mais avant tout ça, la responsabilité c'est de réduire l'ensemble des impacts possibles en termes d'impact sur
00:58la biodiversité, pollution éventuellement, impact sur les sols, etc.
01:03Voilà, donc il y a vraiment toujours les deux aspects.
01:06Alors ça rejoint la responsabilité sociale, sociétale et environnementale, c'est quoi pour LVMH ? C'est un levier de
01:14performance ? Est-ce qu'on peut dire ça comme ça ? Est-ce que c'est pas le meilleur
01:17moyen de donner sa bonne place à la RSE dans une entreprise ?
01:20Oui, je pense que là aussi c'est les deux, c'est-à-dire c'est gestion des risques pour
01:25le business liés aux conséquences du réchauffement climatique, en l'occurrence pour LVMH essentiellement sur sa chaîne d'approvisionnement,
01:32enfin ses chaînes d'approvisionnement d'ailleurs, comment par exemple la désertification dans certains endroits peut peser sur l'élevage
01:40de telle ou telle chèvre dont on a besoin pour la laine, etc.
01:44Donc ça, ça se travaille selon des scénarios, on donne un prix également à ce type de risque, donc vous
01:53avez raison, c'est ce lien-là de gestion de ces risques pour la marge des affaires.
01:58Et puis de l'autre côté, c'est aussi être capable d'aller identifier les opportunités et là aussi de
02:03les chiffrer.
02:03L'environnement chez LVMH, ça veut dire aussi des services de réparation, des services de circularité, des recharges, combien ça
02:13rapporte et en quoi ça modifie l'expérience client dans nos boutiques également.
02:20Vous êtes directrice développement environnement, ça veut dire quoi ? Je me suis posé la question en préparant l'émission.
02:26C'est développer cette stratégie, mon collègue c'est développement social, voilà, donc on essaye vraiment d'implémenter, d'intégrer
02:33ces dimensions à la stratégie globale du groupe.
02:37J'ai l'impression qu'on y arrive à peu près, voilà, c'est vrai que pendant des années ce
02:41sujet a été posé un peu à côté, il faut bien dire, à côté de la marge des affaires et
02:46pas simplement chez LVMH.
02:47Moi je préside l'ORS à côté, je me rends compte de ça.
02:50L'ORS c'est l'observatoire de la RSE.
02:52Oui, pardon. Et là, on est en train d'entrer dans une autre tendance, me semble-t-il, alors que
02:58les institutions, les politiques sont plutôt en train de retourner en arrière, les entreprises gardent le cadre.
03:04Alors ça, on va en reparler là dans une minute, mais je voudrais revenir sur votre expérience personnelle, parce que
03:08vous étiez chez Suez avant de rejoindre LVMH il y a une demi-douzaine d'années, si je ne me
03:13trompe.
03:13Est-ce qu'on fait de la RSE de la même façon partout ? Ou est-ce qu'il y
03:17a forcément l'identité de l'entreprise qui fait qu'on s'en empare différemment ?
03:21Alors, il y a toujours les mêmes fondamentaux, c'est-à-dire ce qu'on se disait tout à l
03:25'heure, limiter les impacts et maximiser les impacts positifs.
03:28Ça, c'est franchement la colonne vertébrale des politiques de développement durable.
03:34Ensuite, l'enjeu, c'est d'adapter cela et de l'ajuster à l'ensemble des problématiques du secteur dans
03:41lequel on est.
03:42Donc, en effet, les métiers de Suez étaient très organisés, et le sont toujours d'ailleurs, autour de l'économie
03:48circulaire et de la protection de la ressource en eau.
03:51Ce que je retrouve totalement à LVMH, avec en plus l'ensemble des chaînes d'approvisionnement.
03:57Vous voyez, on a des vignobles pour l'activité vin et spiritueux.
04:02Comment on fait en sorte que ces vignobles deviennent de plus en plus un impact positif, pour reprendre votre terme
04:08?
04:08Parfums et cosmétiques, c'est pareil.
04:09Le fondement, ce sont des espèces végétales.
04:13Comment on fait en sorte que ces fleurs n'habillent pas les sols, etc.
04:18Pour que ça marche, il faut que ce soit intégré à la stratégie, donc au COMEX, le plus proche possible
04:25du big boss de l'entreprise.
04:27Oui, et Antoine Arnaud qui dirige l'environnement est rentré au COMEX il y a quelques mois.
04:34Donc, c'est aussi une preuve de cette intégration de ce sujet dans la stratégie.
04:38Et au-delà de ça, ça marche en haut, ça marche aussi dans toutes les pratiques.
04:42Et ce que l'on constate là, qui est d'ailleurs, je trouve, assez intéressant, peut-être un peu moins
04:47sexy, mais très intéressant quand même,
04:49c'est la manière dont ces sujets ont pénétré les métiers.
04:53Et là, de ce point de vue-là, il n'y aura pas de retour en arrière.
04:55Quelques exemples.
04:57Pour des ateliers, par exemple, de production de laine, ça a besoin d'eau pour marcher.
05:03Oui, on a installé des récupérateurs d'eau usée que l'on traite et que l'on réintègre dans le...
05:11Voilà, exactement, c'est une boucle fermée.
05:13Une boucle fermée.
05:14On ne va pas revenir en arrière là-dessus.
05:16Vous voyez, ça ne nous viendrait pas à l'idée de changer ce type de geste, de pratique, de métier.
05:22De la même façon, dans une autre de nos marques, chez Louis Vuitton, quand on va visiter les centres logistiques,
05:29c'est-à-dire là où on emmagasine les produits avant qu'ils partent, vous savez, peut-être que vous
05:33avez visité ça,
05:34ils sont entourés généralement de plastique pour les protéger.
05:38On a, par démonnée à l'expression, viré le plastique.
05:41Donc c'est du craft, c'est des choses dont l'impact environnemental est beaucoup moins fort, mais c'est
05:46systématique.
05:47Donc il ne nous reviendrait pas à l'idée de se dire, bon, on revient au bon vieux plastique.
05:53Donc c'est en effet, c'est stratégie globale, mais aussi pénétration dans l'ensemble des métiers.
05:57Alors vous nous l'avez dit, vous êtes également président de l'Observatoire de l'ARSE,
06:00lors de vos voeux en janvier dernier, vous disiez ceci, malgré un contexte économique sous tension,
06:06le volontarisme des entreprises reste puissant.
06:08On assiste à la fin d'une RSE incantatoire, parfois déconnectée du réel.
06:12L'ambition demeure, construire une RSE de progrès, qui rassemble plutôt qu'elle n'oppose.
06:18On va évidemment parler du contexte général, mais je reprends vos termes.
06:22L'ARSE incantatoire, vous l'avez vécu d'une certaine façon ?
06:27Parce que moi j'ai parfois eu l'impression d'avoir des interlocuteurs qui étaient un peu dans ces grands
06:32principes,
06:32et puis si on creusait un peu, on ne voyait pas les actes.
06:35C'est ça. Il y a une quinzaine d'années, il y avait cette nécessité d'être extrêmement militant,
06:42d'être très activiste sur ce sujet, donc ça correspondait à une période.
06:47Mais certains ont surfé sur cette vague de l'activisme pour être en effet très incantatoire,
06:53c'est-à-dire avoir des grandes paroles, des grands objectifs, etc., et très peu de choses derrière.
07:00Et donc cette incantation, puis cette aussi, cette façon de dire « fais pas ci, fais pas ça »,
07:05me semble être passée de mode, si je puis dire, parce qu'elle n'a pas été, au fond, efficiente.
07:11Et je pense que ces sujets ne sont pas là pour donner des ordres,
07:15mais pour embarquer, mobiliser et trouver des solutions, en fait.
07:19Alors, et c'est ce que vous dites, une RSE qui rassemble plutôt qu'elle n'oppose.
07:22Sauf que les enjeux environnementaux, ce sont aussi des enjeux politiques.
07:27On le voit à chaque campagne électorale, et on l'a vu là aux élections municipales,
07:31dans des villes qui étaient dirigées par des maires écologistes, par exemple,
07:33qui étaient ciblées pour certaines de leurs politiques, et notamment par d'autres camps.
07:39C'est compliqué de faire une RSE qui rassemble plutôt qu'elle n'oppose, finalement ?
07:43Une RSE qui rassemble sur le fondamental, c'est-à-dire l'ARSE, le développement durable,
07:48c'est aussi nécessaire dans les politiques publiques ou dans les politiques municipales que l'éducation.
07:53Ce sont des enjeux qui sont installés, qui sont du régalien, si je puis dire.
07:57En revanche, les solutions, que ce soit en matière d'éducation ou en matière de durabilité,
08:03elles, elles peuvent en effet créer du débat.
08:06Des solutions, tout le monde n'est pas d'accord.
08:08Ce que je voulais dire, c'est du manichéisme au sens,
08:11il faut retrouver un peu le sens de la nuance.
08:15C'est-à-dire qu'il y a des choses qui ne sont pas noires et blanches dans les solutions.
08:20Par exemple, une solution qui va être favorable au climat
08:22ne va pas automatiquement favorable à la biodiversité.
08:26Et donc, ce genre de débat, de sens de la nuance sur les choses,
08:32me semble-t-il, est extrêmement important, surtout dans l'époque dans laquelle nous sommes.
08:35Et donc, vous nous dites qu'il y a ce volontarisme des entreprises.
08:39Je suis assez d'accord avec vous, ce que je ressens ici.
08:43avec quand même un climat politique aux États-Unis, en Europe, qui est plutôt au coup de frein.
08:49Est-ce que ça veut dire que vous adaptez, par exemple,
08:53pour une entreprise aussi importante que LVMH, qui est présente évidemment sur le marché américain,
08:57vous adaptez votre discours pour le marché américain ?
09:01Ou certains mots sont interdits du vocabulaire officiel,
09:04quand on ne peut plus dire climat, par exemple ?
09:05On parle davantage de biodiversité aux États-Unis, en effet.
09:08On continue à faire, on est moins vocal.
09:12Et puis, de l'autre côté du globe, il y a en revanche la Chine, l'Asie,
09:19dans lesquels les progrès en matière de durabilité sont absolument immenses.
09:27Dans les villes chinoises, il y a 15 ans, on avait du mal à respirer.
09:33Ce n'est plus du tout le cas.
09:35Et surtout, on risque de se faire écraser,
09:37parce que tout le monde est passé à l'électrique, donc on n'entend plus rien.
09:42Donc, on dit souvent, on regarde tout ça avec un petit peu de condescendance.
09:46En fait, il se passe des choses qui sont absolument incroyables.
09:50Et d'ailleurs, en termes de géopolitique et de stratégie mondiale,
09:55on peut dire d'une certaine manière que, sur la durabilité,
09:59c'est plutôt le soft power asiatique qui est en train d'être prégnant.
10:03Donc, vous voyez, c'est pour ça que dans cet univers aussi complexe,
10:07il faut rester, j'ai envie de dire, droit dans ses escarpins,
10:11c'est-à-dire continuer fermement le même cap environnemental.
10:16Parce qu'entre nous, soit dit, le climat n'est pas sur pause.
10:20Donc, les institutionnels peuvent dire ce qu'ils veulent.
10:22C'est une évidence.
10:23Et d'ailleurs, le risque climatique dont vous parliez tout à l'heure,
10:25les entreprises, elles le voient bien.
10:27Elles le vivent complètement.
10:27Elles le vivent.
10:28Et elles le concrètement maintenant, absolument.
10:30Alors, on va rentrer un peu dans le détail des actions,
10:32des objectifs que vous vous êtes donnés,
10:34des actions que vous avez mises en œuvre.
10:38Par exemple, sur le bilan carbone,
10:43sur les émissions de CO2 du groupe,
10:47vous êtes évidemment, j'imagine, partie d'un audit.
10:50Avec quel objectif et à quelle échéance ?
10:54Alors, on a en effet mesuré l'empreinte carbone du groupe
10:57et à partir de cette empreinte carbone,
10:59on définit des trajectoires de réduction des émissions
11:03sur le scope propre à l'entreprise,
11:06c'est-à-dire nos ateliers, nos boutiques
11:08et leur consommation énergétique.
11:10Et là, on souhaite, on a des objectifs datés,
11:14chiffrés, là en l'occurrence pour 2030,
11:16parce qu'on vient de finir notre première phase.
11:19On a réduit de 55% les émissions de CO2 du scope 1 et 2,
11:24c'est-à-dire liés au site,
11:25les ateliers d'Elba et Mache et les boutiques,
11:28deux ans avant la date,
11:31l'échéance qu'on s'était fixée.
11:33Et donc, on a prolongé avec plus d'ambition cet objectif pour 2030,
11:38avec moins 68%, pour être très précise,
11:41que l'on vise en 2030.
11:42Par rapport à quelle date de référence ?
11:44Par rapport à 2023.
11:45D'accord.
11:46La trajectoire précédente était par rapport à 2019.
11:48Ok.
11:49Tout ça étant validé par cet organisme
11:52qui fait vraiment autorité sur le marché du carbone,
11:55à savoir SBTI,
11:57qui a validé cette trajectoire l'année dernière,
12:00et qui a été aussi validée par l'obtention,
12:03et je le dis parce que ça fait plaisir à nos équipes
12:05et à toutes les maisons de LVMH,
12:08du triple A du CDP,
12:10vous savez le Carbon Disco-Jure Project,
12:12dont la notation est encore très crédible et très légitime,
12:16à la fois sur eau, forêt et climat.
12:19Et c'est ça qu'on a obtenu à nouveau l'année dernière.
12:23Et puis sur le scope 3,
12:25parce que le scope 3...
12:25Donc ça, ce sont les émissions indirectes.
12:27C'est les émissions indirectes,
12:28donc qui viennent de l'amont.
12:29Par exemple, quand on extrait des choses,
12:33on produit du CO2,
12:34quand on les fabrique également,
12:36et en aval, quand on les transporte,
12:39tout ça émet du CO2,
12:40c'est ce qu'on appelle le scope 3,
12:42ce qui revient d'ailleurs à s'occuper de nos fournisseurs,
12:45puisque ce sont eux ce scope 3,
12:48et là aussi nous avons des objectifs en absolu d'ici 2030.
12:54C'est forcément plus long ?
12:56Parce que ce sont d'autres entreprises qu'il faut parfois les convaincre ?
13:01Il faut les intégrer à la stratégie ?
13:03Oui, c'est forcément plus complexe, en effet,
13:07parce que d'abord, les sources d'émissions sont extrêmement différentes.
13:11Donc, le transport, il faut s'occuper du transport,
13:14les matières premières également.
13:16Et puis, il faut à la fois accompagner nos fournisseurs
13:21dans leur transition environnementale,
13:22et ça, vous avez raison,
13:24ça prend du temps.
13:25Voilà, passer, je ne sais pas moi,
13:27à un four électrique pour nos sous-traitants en matière de verre.
13:32Vous voyez, c'est des choses comme ça.
13:33Donc, ça s'accompagne, passer à l'agriculture régénératrice
13:36dans nos filières d'approvisionnement,
13:39sur la betterave dont on a besoin,
13:41pour l'alcool de nos parfums, par exemple.
13:43Tout ça, en effet, ça prend un peu plus de temps.
13:46Mais, en même temps, c'est très, comment dirais-je, embarquant,
13:50parce que ce sont des choses dont on voit les résultats
13:53de manière concrète au bout de 3-4 ans.
13:55On va parler d'économie circulaire, de seconde main.
13:58C'est la question que,
13:59Émeric Deschins, qui était à votre place la semaine dernière,
14:02directeur général, le cofondateur de Faume,
14:04a choisi de vous poser.
14:05On l'écoute.
14:07Bonjour Hélène.
14:08La question que je voulais vous poser aujourd'hui,
14:10c'est qu'évidemment, je pense que chez LVMH,
14:13vous n'échappez pas aux observations
14:16comme quoi le marché de la seconde main
14:17est en très forte croissance.
14:19Et aujourd'hui, le contexte économique
14:21et les études récentes ont montré
14:24qu'une partie de la clientèle aspirationnelle des marques
14:29avait parfois un petit peu déserté.
14:32Est-ce que pour vous,
14:34la seconde main peut être un moyen intéressant
14:36de recapter cette clientèle ?
14:40Et quelle est la position
14:42ou la vision du groupe LVMH sur ces sujets ?
14:47Déjà, est-ce que vous avez créé...
14:50Enfin, comment je peux poser la question ?
14:51Est-ce que vous laissiez la seconde main à d'autres ?
14:54Et est-ce que vous vous êtes dit
14:55« Mais non, il faut qu'on la réintègre ».
14:57Alors, en fait, le but qu'on poursuit,
15:01c'est de faire attention aux ressources naturelles.
15:04Qu'est-ce qui fait,
15:05qu'est-ce qui permet le plus
15:07de faire attention à ces ressources,
15:09c'est-à-dire de moins en consommer
15:10et quand on prend des ressources naturelles,
15:13de faire en sorte de les rendre
15:14d'une manière ou d'une autre,
15:15donc de faire du régénératif.
15:17Et on s'est rendu compte
15:18qu'il y avait deux choses
15:19qui comptaient énormément.
15:21C'est l'éco-conception de nos produits.
15:24C'est-à-dire, je mets du recyclé
15:26dans la fabrication de mes produits,
15:28par exemple,
15:29et en bout de chaîne, si je puis dire,
15:32la réparation et les services de circularité.
15:36Parce que la spécificité des produits de LVMH,
15:40c'est justement qu'ils sont de haute qualité.
15:43C'est ça qui fait la définition du luxe.
15:45Donc, comment je peux pousser cette qualité
15:47si loin que je peux donner à ces produits
15:51une seconde vie, voire une troisième vie ?
15:53Ça ne nous arrive pas de jeter des sacs
15:55qu'on achète dans les boutiques de LVMH.
15:57Donc, comment je peux, je ne sais pas,
15:59les customiser un petit peu,
16:00les adapter, etc., les réparer aussi,
16:03de manière à ce qu'on puisse les transmettre
16:05très, très loin, de génération en génération ?
16:08Donc, nous, on ne parle pas de seconde main,
16:09on parle de seconde vie.
16:11Et on développe ces services de réparation
16:15un peu partout dans le monde,
16:17y compris en la rendant visible,
16:20c'est-à-dire dans les boutiques.
16:22Parce que, et je suis d'accord complètement
16:23avec Julien, mais il y a dans les clients du luxe
16:27et notamment dans cette clientèle aspirationnelle,
16:30la volonté d'avoir une expérience client.
16:32Et donc, c'est ça un peu la révolution aussi
16:34qui est en train de se passer chez LVMH,
16:36c'est que les boutiques sont en train
16:38de devenir autre chose que seulement
16:40des lieux d'achat, si je puis dire.
16:42Mais aussi des lieux un peu de rêve,
16:44de culture, on fait de plus en plus
16:46d'expositions dans nos boutiques,
16:48et de gastronomie.
16:50Il y a, autant chez Dior que chez Louis Vuitton,
16:54des cafés extraordinaires, voire des restaurants
16:56dans les boutiques.
16:57Donc, ça devient autre chose.
16:59Et je pense que c'est cette expérience-là
17:01qui est un peu la marque de LVMH aujourd'hui.
17:04Et la seconde vie a un vrai impact
17:09à la fois sur la consommation des ressources,
17:13les émissions de CO2,
17:14mais également sur des revenus additionnels.
17:18Je me permets juste de citer ce chiffre
17:20parce qu'on en est très fiers.
17:21En 2025, ces services circulaires
17:23dont je vous parle, y compris la recharge,
17:26ont généré 500 millions d'euros
17:28de revenus additionnels.
17:30C'est plutôt un très, très bon début
17:32pour de la circularité
17:34à l'intérieur de notre groupe.
17:36Quelques chiffres concernant le groupe LVMH,
17:3875 maisons d'exception fédérées par LVMH,
17:41plus de 211 000 collaborateurs,
17:43près de 40 000 en France,
17:45plus de 80 milliards d'euros de ventes réalisées en 2025,
17:48plus de 6200, près de 6300 boutiques dans le monde
17:52sur ces maisons d'exception.
17:54On va parler un peu de social,
17:56de conditions de travail.
17:59Est-ce que c'est compliqué d'avoir une unité ?
18:03Évidemment, cette question,
18:04on va vous la poser souvent,
18:05même si vous n'êtes pas DRH de l'entreprise,
18:07mais comment on fait en sorte,
18:09quand on fédère autant d'univers,
18:11de maisons, de cultures, d'ailleurs,
18:14différentes, pour donner une ligne directrice ?
18:16Oui, on est sur une ligne de crête,
18:18c'est-à-dire à la fois favoriser l'esprit groupe LVMH
18:23au sein de ces 75 maisons,
18:25et puis être très respectueux
18:27des identités, des cultures, du patrimoine
18:30de chacune de nos maisons,
18:32dont certaines ont plusieurs siècles.
18:34Donc, c'est vraiment une combinaison, en effet,
18:37un peu sophistiquée et subtile de tout ça.
18:40Pour l'environnement,
18:41c'est embarquer dans une stratégie
18:43qui est globale pour les 75 maisons,
18:45qui s'appelle chez nous Life 360,
18:48où l'ensemble des maisons contribuent à cela,
18:51et c'est en même temps ajuster les objectifs
18:54en fonction des spécificités
18:56de l'ensemble des secteurs.
18:58On ne peut pas avoir les mêmes exigences
18:59ou de même nature,
19:00qu'on soit dans les vins espiritueux
19:02ou qu'on soit en montres et joailleries.
19:04Les enjeux sont différents.
19:06Vins espiritueux, c'est évidemment
19:07la qualité du sol,
19:09qui elle-même est corrélée
19:11à la qualité du raisin.
19:12Montres et joailleries,
19:13on va plutôt faire en sorte
19:15que la traçabilité
19:16de nos matières précieuses,
19:19de l'or, soit assurée.
19:21Vous voyez, c'est des enjeux différents,
19:23et c'est ça qu'on essaie d'intégrer
19:25dans cette démarche globale.
19:27Il y a un engagement en termes d'emploi,
19:30de savoir-faire aussi.
19:31Ce sont des métiers d'artisanat,
19:36de luxe, voire d'artiste.
19:38On pourrait presque aller jusque-là.
19:41Donc, vous vous sentez une responsabilité ?
19:44Totalement, de transmission
19:46de ces savoir-faire qui sont en train
19:47de se perdre,
19:48de ces savoir-faire artisanaux.
19:50C'est pour ça que LVMH a créé
19:51ce qu'on appelle l'Institut
19:52des métiers d'excellence
19:54pour former à ces savoir-faire.
20:01Désigne, entre guillemets,
20:03chaque année des virtuoses
20:04pour justement que ce soit
20:06les ambassadeurs de l'ensemble
20:08de ces métiers artisanaux
20:09au sein des maisons LVMH et ailleurs.
20:12Et puis, se renouvelle en permanence.
20:14Vous allez dire que,
20:15en même temps,
20:16c'est ma ligne d'action.
20:18Les métiers d'excellence
20:19sont en train de regarder
20:20les métiers de la réparation
20:22qui renvoient à un savoir-faire
20:24très, très différent.
20:26Réparer, ce n'est pas la même chose
20:28que fabriquer.
20:29Ça demande un autre art.
20:30Ça demande aussi
20:31une dimension artistique
20:33pour éventuellement sublimer
20:35le produit qu'on a à réparer.
20:38Et donc, on va, voilà,
20:39ça, c'est notre prochain projet,
20:41créer ces formations de la réparation.
20:44Il faut convaincre
20:45sur cette importance
20:46de la réparation ?
20:47Parce que, finalement,
20:49culturellement,
20:49vous êtes face à des gens
20:51talentueux,
20:52mais qui, depuis parfois
20:53des décennies,
20:54font autrement.
20:55Oui, et puis,
20:56je pense qu'il y avait
20:57une perception de ce mot
20:58assez négative.
21:00Réparation, ça veut dire
21:00qu'il y a quelque chose
21:01qui ne va pas, quoi.
21:02Il y a un problème de qualité.
21:03Ben non, ce n'est pas ça.
21:04C'est plus ça.
21:05D'ailleurs, il faudrait inventer
21:06une autre sémantique.
21:06Donc, c'est la seule chose
21:08sur laquelle il a fallu convaincre
21:09que la réparation
21:10n'est pas égale
21:11à un problème de qualité,
21:13mais bien au contraire
21:14à un embellissement du produit.
21:16On a beaucoup parlé
21:17de biodiversité,
21:19mais par petites touches,
21:21c'est une thématique
21:23dont on parlait peu,
21:24même dans une émission
21:25comme la mienne
21:27quand on l'a créée
21:27il y a six saisons,
21:29et dont on parle beaucoup plus.
21:30Est-ce que vous,
21:31de la même façon,
21:32vous avez vu
21:33prendre ces objectifs
21:35de biodiversité,
21:36prendre un peu le pas
21:37sur les objectifs
21:38climat, bilan carbone, etc.
21:40Ça fait dix ans
21:42que je dis
21:43que la biodiversité
21:45est l'enjeu
21:45le plus important
21:47parce qu'au fond,
21:48c'est la principale,
21:49sur la biodiversité,
21:51sur les ressources en eau
21:52que s'exercent
21:53les principales conséquences
21:55du réchauffement climatique
21:56et que c'est le vivant
21:58dont on a tous besoin
21:59et pour vivre
22:01et pour produire
22:02et pour progresser
22:03et pour préparer l'avenir.
22:04Donc cette biodiversité
22:05elle est absolument essentielle
22:07et à l'intérieur
22:08de la biodiversité
22:09il y a encore
22:10un grand absent
22:11qu'on essaie justement
22:12de remettre sur la table
22:14si je puis dire,
22:14ce sont les sols.
22:16Parce qu'un sol de qualité
22:19c'est un sol
22:20qui est capable
22:21de retenir l'eau
22:22et je vous assure
22:23que lorsqu'il y a eu
22:24les inondations
22:25notamment de décembre 2025
22:27dans le sud de la France
22:28dans un certain nombre
22:30de vignobles de rosée
22:32on voyait très bien
22:33les vignomes
22:34qui étaient passés
22:35en agriculture régénératrice
22:37notamment chez Galoupé
22:38qui est une maison de LVMH
22:39où le vignome
22:40n'était pas inondé
22:42évidemment il y avait
22:42un peu d'eau
22:43il y avait des fiches d'eau
22:43mais il n'y avait pas
22:44d'inondation
22:44donc ça veut dire
22:46que le sol perméable
22:47a capté l'eau
22:48et ça va servir
22:49quand il y aura
22:49un peu de sécheresse
22:50et que juste
22:51attenant à ce vignome
22:54d'autres parcelles
22:56en traditionnel
22:58totalement inondées
23:00donc vous voyez
23:01l'agriculture régénératrice
23:02ça sert
23:03la qualité du sol
23:04elle est essentielle
23:05pour ça
23:06elle est essentielle
23:07pour capter le carbone
23:08et ça on est capable
23:09de le mesurer
23:10soit en faisant d'ailleurs
23:11des analyses de sol
23:13soit par du satellite
23:15on sait combien
23:16le sol capte de carbone
23:19et évidemment
23:19pour la biodiversité
23:20à l'intérieur du sol
23:22les verts étant probablement
23:24l'ambassadeur le plus important
23:25le lombric
23:27mettons en avant
23:28les lombric
23:28mais on va continuer
23:31de parler peut-être
23:32de l'accompagnement
23:32des agriculteurs
23:33comment les inciter
23:35les aider
23:35à passer
23:37et à rester
23:37dans une agriculture
23:38régénérative
23:39mais sur les métriques
23:41parce que
23:42peut-être que l'une des difficultés
23:43de la biodiversité
23:44c'est qu'elle était justement
23:44plus difficile
23:45à calculer
23:47que le CO2
23:49et le bilan carbone
23:49est-ce que c'est
23:50de moins en moins vrai ?
23:51vous avez raison
23:52on a fait un peu
23:53l'erreur collectif
23:54de vouloir absolument
23:55trouver
23:57une seule
23:58un seul indicateur
23:59une seule mesure
23:59comme on avait
24:00pour le carbone
24:01carbone dans la tonne
24:02de CO2
24:03parfait
24:04la biodiversité
24:05on voulait trouver
24:06l'équivalent
24:06et on a été vraiment
24:08très nombreux
24:08à essayer de chercher
24:10les chercheurs
24:11les scientifiques
24:12bien sûr également
24:13et puis juste au moment
24:15où on s'est dit
24:16mais on est en train
24:16de faire fausse route
24:17acceptons l'évidence
24:19la biodiversité
24:21elle est liée
24:21à un territoire
24:23elle ne peut pas
24:23être égale
24:24partout
24:25ce n'est pas possible
24:25c'est une combinaison
24:26d'un climat
24:27justement
24:27et d'un sol
24:29donc acceptons
24:30des batteries
24:32d'indicateurs
24:33liées à des milieux
24:34différents
24:35et donc c'est la voie
24:37que prennent
24:37la plupart des scientifiques
24:39maintenant
24:39de classifier
24:40les milieux
24:41dans le monde
24:42milieux
24:42humides
24:43et pour ces milieux
24:45proposer des indicateurs
24:47de mesures
24:47de la biodiversité
24:48faire basculer
24:49un vignoble
24:50en agriculture
24:50régénérative
24:51c'est long
24:52c'est long
24:53c'est long
24:54ça prend 3-4 ans
24:55ça prend 3-4 ans
24:56et on voit des résultats
24:58au bout de 2 ans
24:59donc c'est extraordinaire
25:01c'est pas comme le climat
25:02pardon mais on voit
25:03des courbes qui baissent
25:04ou qui augmentent
25:05sur des tableurs Excel
25:06c'est pas très visible
25:08bon
25:08et donc on a besoin
25:10de visibilité
25:10positive
25:11pour embarquer
25:12tout le monde
25:13quand on va visiter
25:14des champs de coton
25:15qui sont passés
25:15en régénératif
25:16ou qu'on va
25:17chez Galoupé
25:18comme je vous ai expliqué
25:19tout à l'heure
25:19c'est vraiment
25:20très agréable à voir
25:22parce que ça montre
25:22que c'est utile
25:23qu'on fait des choses
25:24utiles et qui servent
25:25merci beaucoup
25:27Hélène Valade
25:28et à bientôt
25:29sur Be Smart for Change
25:30on passe tout de suite
25:30à notre rubrique
25:31start-up
25:33pour faire un coup de poule
25:33on s'est terminé
25:33on s'est terminé
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