- il y a 9 heures
Depuis 2021, l’EMLYON Business School est devenue une société à mission. Elle s’est dotée d’une raison d’être qui lie son engagement pour former de futurs professionnels conscients des enjeux environnementaux sociaux et sociétaux de demain et pour améliorer son impact écologique.
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00:06Le zoom de ce Smart Impact, on parle de bilan carbone, d'action RSE des grandes écoles avec Isabelle Huot.
00:13Bonjour, bienvenue, vous êtes la présidente du directoire, directrice générale de l'EM Lyon,
00:18qui est une vénérable école qui existe depuis 1872, mais qui est bien dans son époque,
00:23on va le voir avec vos engagements RSE.
00:25Est-ce que vous pouvez nous présenter l'EM Lyon en quelques mots pour commencer ?
00:28EM Lyon, c'est une grande école de management parmi les 4 meilleures en France.
00:34C'est une école qui, comme vous l'avez dit, est une vieille institution qui a été créée par la
00:38Chambre de commerce et d'industrie de Lyon,
00:39donc qui est très ancrée dans son territoire, mais qui à la fois veut avoir un rayonnement international,
00:44et c'est une école qui aujourd'hui compte autour de 8000 étudiants en formation continue,
00:49autour de 8000 participants en formation initiale, 5000 participants en formation continue,
00:55avec autour de 200 professeurs-chercheurs.
00:57Donc la recherche y occupe une place importante parce qu'on produit des connaissances que l'on diffuse ensuite auprès
01:03de nos étudiants.
01:04Et donc avec un certain nombre d'engagements, vous avez choisi d'être depuis 2021 une société à mission,
01:11on va dire la raison d'être de l'EM Lyon,
01:13formée, accompagnée tout au long de leur vie des personnes éclairées,
01:16qui transforme les organisations avec efficacité pour une société plus juste, solidaire et respectueuse de la planète.
01:26Déjà, peut-être, pourquoi le fait de devenir une société à mission ?
01:30Et puis, voilà, les derniers mots, plus juste, solidaire, respectueuse de la planète.
01:34Société à mission, parce qu'on pense qu'il convenait vraiment de mettre en avant,
01:40qu'on était au service de l'intérêt général, du bien commun, c'était pour nous important de le rappeler.
01:46Et donc, cette raison d'être que vous venez de citer a fait l'objet d'une véritable co-construction
01:50par l'ensemble des parties prenantes de l'école, c'est important de le dire.
01:53Oui, c'est un moment de réflexion collective.
01:54Oui, c'est un moment de réflexion, de prise de distance par rapport à ce que l'on veut être.
01:58Et l'idée, c'était de dire que, certes, on veut former des professionnels de très bon niveau
02:03pour anticiper les besoins des entreprises, être très bien articulés avec le monde socio-économique,
02:08mais que pour nous, il est aussi très important de former des citoyens éclairés.
02:11C'est une dimension d'enseignement supérieur qu'on doit toujours rappeler,
02:15en particulier en ces temps de crise démocratique,
02:17que nos étudiants soient formés au débat, au débat public, au respect du pluralisme,
02:26au sens de la nuance et de la tempérance.
02:28Pour nous, c'est très important de le rappeler.
02:30C'est le rôle d'une institution d'enseignement supérieur.
02:31Donc, à la fois des professionnels de très bon niveau,
02:35transformer les organisations avec efficacité,
02:37mais dans un but précis, au service aussi de l'intérêt général et du bien commun.
02:41Alors, ça passe évidemment d'abord par les enseignements.
02:44Ensuite, on verra quel levier un campus peut activer.
02:48Mais c'est d'abord les enseignements.
02:49Est-ce que ça... Alors, vous le faisiez déjà avant, j'imagine,
02:51mais est-ce que ça veut dire que les objectifs...
02:54Alors, je vais rester sur les objectifs environnementaux, par exemple.
02:58Ils font l'objet d'un cours particulier, ils essaiment un peu partout.
03:01Comment vous l'intégrez à vos...
03:02Le parti qu'on a pris, c'est d'essaimer un peu partout.
03:05Parce que si vous enseignez, d'un côté, un cours de marketing
03:09pour dire qu'il faut consommer le plus possible,
03:11et puis de l'autre côté, un cours de responsabilité sociale,
03:14ça paraît très incohérent et c'est très mal perçu par nos étudiants.
03:17Donc, l'idée, c'est d'essaimer, de rendre ça très systémique
03:21dans l'ensemble de nos enseignements et d'irriguer l'ensemble des cours
03:24avec les enjeux sociaux et environnementaux.
03:26Alors, pour ça, on a développé un label qui s'appelle
03:28SDGs Inside, Sustainable Development Goals Inside,
03:32en mon français, objectif du développement durable de l'ONU,
03:34pour que chaque cours mette en avant un objectif du développement durable
03:38qu'il défend particulièrement ou qu'il met en avant particulièrement.
03:41Donc, pour non seulement sensibiliser nos étudiants,
03:43mais surtout les former aux enjeux environnementaux.
03:45Et c'était aussi une demande de vos étudiants ?
03:47Alors, je pense que c'était une demande sociale, de manière générale.
03:52Il y a eu des mouvements pour un réveil écologique chez les étudiants.
03:56Il y a eu des Fridays for Future dans les institutions d'enseignement supérieur il y a quelques années.
04:01Je pense que ça a un peu réveillé le monde de l'enseignement supérieur.
04:04Donc, c'est beaucoup venu des étudiants.
04:06Et ensuite, ça a été pris aussi à bras-le-corps par les universités, les écoles de management.
04:11Ça a été aussi encouragé par les pouvoirs publics, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.
04:15Des labels se sont développés, le label des DRS.
04:19Donc, tout ça nous a conduit à être beaucoup plus ambitieux,
04:21beaucoup plus volontaristes autour de ces questions-là,
04:24qui sont non seulement des questions, évidemment, qui donnent du sens à ce qu'on fait,
04:28mais pas seulement.
04:29Il y a un vrai enjeu économique aussi,
04:31à se rendre compte qu'il y a des ressources finies et des limites planétaires,
04:36et que les modèles d'entreprise doivent en tenir compte.
04:38Et alors, justement, quand ensuite ils arrivent dans le monde de l'entreprise,
04:42ils arrivent, ils sont juniors,
04:43donc ils ne vont pas d'un claquement de doigts pouvoir tout transformer.
04:46Est-ce qu'il n'y a pas, parfois, dans les retours d'expérience que vous devez avoir,
04:50un peu de frustration ?
04:52Ou une génération formée, justement, à un business un peu plus tourné vers le bien commun,
04:58vers les enjeux environnementaux et sociétés,
05:01et puis, parfois, des entreprises qui sont un peu moins mobiles.
05:05Alors, je pense qu'elles le sont de plus en plus,
05:06même si on connaît un petit retour de bâton en ce moment,
05:11le contexte actuel.
05:12Mais je pense que les entreprises,
05:13elles sont quand même de plus en plus sensibles.
05:16Elles savent que, pour soigner leur marque employeur aussi,
05:19elles doivent mettre en place ces dispositifs.
05:21Donc, pour attirer des compétences et de bons diplômés,
05:24il faut qu'elles soient aussi volontaristes sur ces sujets.
05:27Donc, je pense qu'on progresse sur ces questions-là,
05:29du point de vue de l'adéquation entre la demande et l'offre,
05:34si je puis m'exprimer ainsi, mais je pense qu'il y a de plus en plus de prises de
05:38conscience.
05:39Nous, on a été membres de la première session de la Conférence des entreprises pour le climat.
05:44En tant qu'institution d'enseignement supérieur,
05:45il y avait quand même beaucoup d'entreprises qui avaient des prises de conscience.
05:48On était partenaires, on en a reçu tous les mois.
05:50Voilà, et donc, la question des modèles d'affaires régénérateurs
05:53commence à prendre corps quand même dans les entreprises.
05:56Donc, effectivement, il peut y avoir un IATUS, un GAP.
05:59Oui, il y a certains qui se disent, je vais créer ma entreprise
06:01plutôt que de rentrer dans une grosse structure parce que je ne pourrais pas la faire bouger.
06:05Ça arrive aussi.
06:05Les comportements au travail ont beaucoup évolué.
06:08Il y a plus de turnover dans les entreprises qu'auparavant.
06:12Donc, c'est vrai que les étudiants vont chercher aussi ce qui leur convient,
06:15du point de vue du sens et de la trajectoire qu'ils veulent donner à leur vie professionnelle.
06:19Voilà, donc il y a une variété d'orientations et de trajectoires aujourd'hui possibles
06:23pour ces étudiants qui ont envie d'avoir de l'impact.
06:26Alors, parlons de ce campus parce que, pour être en cohérence entre les enseignements
06:31et puis votre bilan, vous avez commencé, j'imagine, par faire une sorte d'audit,
06:36un bilan carbone.
06:37Le levier principal pour améliorer le bilan énergétique,
06:43de consommation, de biodiversité d'un campus, c'est quoi le levier le plus efficace ?
06:47Alors, nous, notre bilan carbone, il comprend le campus, évidemment.
06:51On a un nouveau campus, donc ça tombe bien parce qu'on a pu faire des économies d'énergie
06:56parce que notre campus correspond à des normes environnementales beaucoup plus exigeantes.
07:00Donc, de ce point de vue-là, on a été mieux-disant par rapport à notre ancien campus.
07:03Mais nos principales émissions carbone dans notre école proviennent des déplacements,
07:08des transports et des voyages en avion en particulier.
07:12Donc, on a mis en place un certain nombre de dispositifs, en particulier des chèques mobilité douce.
07:17Donc, on finance partiellement, évidemment, des voyages qui privilégient les pieds sur terre.
07:24Je reprends le titre d'un documentaire qui a été fait par certains de nos étudiants
07:29et qui montrent qu'on peut concevoir les voyages autrement aujourd'hui.
07:33Et donc, quand nos étudiants vont en mobilité dans une autre université
07:36et qu'ils sont en Europe, ils privilégient plutôt le voyage en train,
07:40grâce à l'aide qu'offre EM Lyon,
07:43on les encourage plutôt aussi à avoir des mobilités proches quand elles sont courtes
07:51et puis à prendre l'avion quand la mobilité est un peu plus longue.
07:55Donc, il y a un gros effort qui est mis sur la mobilité,
07:59à la fois de nos personnels et de nos étudiants.
08:03C'est de là que viennent principalement les émissions carbone.
08:06Et sur les consommations d'énergie,
08:11alors vous nous disiez que c'est un nouveau campus,
08:12donc ça veut dire que vous partez d'un bon niveau,
08:14mais après, il y a des choix.
08:15Vous essayez de sourcer, par exemple, des énergies vertes, etc.
08:20Oui, exactement, on a une source d'énergie verte,
08:21on a des panneaux photovoltaïques sur le campus.
08:25Vous êtes autonome ?
08:26On est quasi autonome, voilà.
08:28Donc, il y a vraiment un vrai effort qui est mené
08:31pour promouvoir des consommations responsables et de la sobriété.
08:36Je coche les cases, on a fait les transports, on a fait l'énergie.
08:39Par exemple, l'alimentation, la cantine, est-ce que vous réussissez,
08:42parce que ce n'est pas si simple, d'aller vers le bio, vers les circuits courts ?
08:45Oui, alors, les circuits courts, oui, on essaye de promouvoir les circuits courts.
08:50On essaye aussi de faire attention à toute la question du gaspillage,
08:53des déchets, donc on a des liens avec des associations
08:55pour la gestion des surplus des repas.
09:01Voilà, donc il y a tout un dispositif aussi associatif
09:04qui est mis en place autour des enjeux de consommation,
09:09de nutrition et de circuits courts.
09:13Vous vous êtes donné à...
09:14Et puis, on a aussi un tissu associatif étudiant aussi à l'école
09:18qui est très dynamique, avec des associations comme Le Noise,
09:21qui est un mouvement national, qui nous encourage aussi
09:24à avoir des comportements responsables sur le plan environnemental.
09:28Nos associations signent des chartes.
09:30Alors, elles signent des chartes, c'est déjà un premier pas,
09:32mais elles font aussi ensuite, et c'est très important pour nous
09:35que toutes les activités de l'école soient irriguées
09:37par ces enjeux-là, voilà.
09:40Dans un objectif de formation, voilà.
09:42Juste, c'est pas du branding, c'est pas de la communication,
09:45c'est pas du greenwashing, c'est vraiment parce qu'on pense
09:47que pour former un décideur pour demain,
09:49il est extrêmement important qu'il ait conscience
09:52des limites planétaires, voilà.
09:55C'est fondamental dans la conception qu'on peut avoir
09:57de l'économie de demain.
09:59Ça veut dire, ça peut aller jusqu'à changer des modèles économiques,
10:02c'est ce qui était intéressant dans la Convention des entreprises
10:05pour le climat, d'ailleurs, ces feuilles de route
10:06que les entreprises se donnent, et ça peut effectivement
10:09modifier un modèle.
10:12C'est vrai que l'hyper-consommation, elle est en contradiction
10:16avec les limites planétaires.
10:17Oui, oui, des modèles économiques qui soient,
10:19comme le dit la Conférence des entreprises pour le climat,
10:21régénératifs, voilà.
10:22Et puis, oui, une volonté d'aller vers,
10:26aussi de comprendre l'organisation sociale,
10:29parce qu'on a tous conscience de ces limites,
10:32mais on ne sait pas comment vraiment changer,
10:35et les comportements, et les normes.
10:37Donc, ce qu'on apprend aussi à l'école,
10:39parce qu'on est une école où on promeut les sciences sociales,
10:42c'est l'organisation sociale, institutionnelle, politique,
10:45pour promouvoir tous ces enjeux à la politique
10:48au sens noble du terme.
10:50Bien sûr, mais, j'avais anticipé cette question,
10:54mais c'est aussi faire de la politique.
10:57C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on se rend compte
10:58que les enjeux environnementaux,
11:00les politiques environnementales,
11:01elles devraient, à mon avis,
11:04être portées par tous les partis,
11:06quels qu'ils soient,
11:07sauf que c'est devenu des enjeux
11:09d'antagonisation de la société.
11:12Ah si, quand même, il y a certains partis
11:15qui considèrent que les éoliennes,
11:18il faut les oublier,
11:20enfin bon, voilà,
11:21et il y a des villes,
11:24alors peut-être qu'il y avait trop
11:28de conceptions idéologiques,
11:31par exemple, dans le parti Les Verts,
11:33et quand des maires écologistes sont arrivés,
11:35et que donc,
11:35ils sont devenus des cibles un peu faciles,
11:37mais il n'empêche que c'est un enjeu politique.
11:39Est-ce que vous avez parfois le sentiment
11:40que vous faites de la politique ?
11:41On en fait au sens où l'on s'intéresse
11:44à la vie de la cité,
11:45quand on dit qu'on veut former
11:46des citoyens éclairés,
11:47c'est bien dans ce sens-là,
11:48oui, donc en ce sens-là,
11:49on fait de la politique,
11:52mais au-delà de la dimension idéologique,
11:56tout ce qu'on en sienne
11:56est adossé à de la recherche,
11:58à de la recherche scientifique,
11:59à de la connaissance scientifique,
12:01à des professeurs-chercheurs
12:01qui développent des connaissances
12:03avec toute la rigueur méthodologique,
12:06et réhabiliter la science,
12:07c'est aussi important dans nos institutions
12:09d'enseignement supérieur,
12:10là où prolifèrent beaucoup de fake news,
12:13d'opinions rapides,
12:14où les réseaux sociaux diffusent
12:19des vérités alternatives,
12:22il est très important pour nous
12:24de rappeler qu'une institution
12:25d'enseignement supérieur
12:26adossée à la recherche
12:27développe des connaissances
12:28qui sont fondées,
12:30et à partir de là,
12:31on enseigne à nos étudiants
12:33la diversité des modèles d'affaires,
12:35des modèles économiques,
12:36des modèles sociaux aussi,
12:37mais il y a aussi des choix de sociétés
12:39qui sont en jeu, en effet.
12:41Merci beaucoup, Isabelle Luot,
12:42et à bientôt sur Be Smart for Change.
12:44On passe au grand entretien
12:45de ce Smart Impact
12:47avec le fondateur,
12:49cofondateur de FOM,
12:50on parle de seconde main
12:51dans l'univers de la mode et du luxe.
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