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  • il y a 22 minutes
Serge Magdeleine, directeur général de LCL, était l'invité d'Erwan Morice dans Good Morning Business, ce mercredi 13 mai. Ils sont revenus sur le climat d'incertitude pesant sur les industriels face aux tensions géopolitiques, ainsi que sur son rachat de la banque privée Milleis et sa stratégie offensive pour faire face à l'essor des néobanques, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Avec notre invité ce matin, Serge Magdalene, bonjour.
00:03Bonjour Erwan.
00:04Merci d'être sur notre plateau dans Good Morning Business.
00:07Vous êtes le directeur général de LCL pour parler du secteur bancaire,
00:10de vos actualités d'entreprise, mais d'abord peut-être sur le moral économique.
00:14Les industriels qui sont majoritairement sous tension,
00:17vu le contexte géopolitique, sur les chaînes d'approvisionnement,
00:21le problème de matières premières, on en parle tous les jours sur cette antenne.
00:24La Banque de France, qui a sondé les chefs d'entreprise,
00:27montre qu'ils anticipent un recul de leur activité ce mois de mai.
00:34Est-ce que vous le constatez aussi, vous, dans les financements d'entreprise de vos clients ?
00:38En fait, je vais distinguer le factuel de l'émotionnel.
00:41Le factuel, moi je regarde au quotidien le nombre de comptes qui sont en défaut de paiement.
00:47Et il n'y a aucune augmentation depuis 75 jours des comptes en défaut de paiement.
00:52Donc ça, c'est très factuel.
00:53Et je lisais encore la note de conjoncture de la Banque de France d'hier,
00:56qui dit que la saturation de la capacité industrielle est au plus haut depuis un an.
01:01Donc, factuellement, le conflit au Moyen-Orient ne se ressent pas aujourd'hui,
01:06ni dans les paiements, ni dans la capacité industrielle.
01:11Par contre, quand je regarde l'émotionnel,
01:13et quand je regarde la projection que font les chefs d'entreprise
01:16de ce qui va se passer au trimestre prochain,
01:18là, il y a deux types d'industrie.
01:20Tout ce qui est industrie, électronique, tiré par la défense, progresse,
01:25alors que les services marchands régressent.
01:27Donc, effectivement, il y a cette dualité.
01:29Et la projection, aujourd'hui, est effectivement plus vers un moral en berne.
01:33Donc, deux catégories, si je résume.
01:36Comment est-ce que vous accompagnez cette typologie d'industriel
01:40dans cette situation qui est quand même,
01:42en tout cas, si elle n'est pas difficile, forcément,
01:46elle est quand même instable.
01:47Il y a beaucoup d'inquiétudes pour tous les secteurs
01:51et toutes nos entreprises qui ont des carnets de commandes
01:53qui se remplissent.
01:54On les accompagne en financement, ce qu'on appelle en CAPEX.
01:57Évidemment, on les sert en financement.
01:59Et pour toutes les autres, on les soutient
02:00dans les moments un peu plus difficiles.
02:02On soutient évidemment leur trésorerie.
02:04Où est-ce qu'on en est sur les volumes de crédit aujourd'hui au LCL ?
02:07Les volumes de crédit sur les entreprises sont stagnants.
02:11C'est-à-dire qu'on n'augmente pas la production de crédit,
02:14mais elles ne diminuent pas.
02:16Et sur les particuliers, en revanche, on est à moins 10%
02:19sur notamment le crédit Habitat.
02:22Quelles sont les perspectives ?
02:23Les perspectives ne sont pas mauvaises.
02:26Aujourd'hui, évidemment, il y a un attentisme.
02:28Beaucoup de projets sont différés, mais pas pour autant abandonnés.
02:32On a quand même de l'incertitude sur les taux, toujours ?
02:36Oui, alors on a de l'incertitude sur les taux,
02:38on a de l'incertitude sur l'inflation,
02:40on a de l'incertitude sur les carnets de commandes,
02:42sur les chaînes d'approvisionnement, sur le coût du pétrole.
02:45Pour autant, quand vous êtes un chef d'entreprise,
02:47vous êtes à la barre du navire,
02:49et le moral n'est pas forcément la première chose que vous regardez.
02:53Vous tenez votre cap, vous gérez votre trésorerie,
02:55et vous continuez à servir vos clients et à garder vos collaborateurs.
02:58Et c'est ce que font, vraiment, je trouve,
02:59de manière assez admirable, les chefs d'entreprise d'aujourd'hui.
03:01On en vient à vos sujets d'entreprise au LCL.
03:04Vous avez finalisé le rachat de la banque privée Millet,
03:07il y a quelques jours, votre plus grosse opération en 25 ans.
03:10Un événement important pour la banque.
03:11C'est un événement qui est majeur pour LCL.
03:14Peut-être, avant de répondre directement à votre question,
03:16j'explique pourquoi on fait cette acquisition.
03:19Le marché du patrimoine est un marché important
03:22parce que nous repositionnons LCL comme la banque
03:24de toutes celles et ceux qui entreprennent en France.
03:27Qui dit entreprendre, dit créer de la richesse,
03:29donc gérer du patrimoine.
03:30Donc ce marché est stratégique pour nous.
03:31Et au fond, on voit une évolution assez importante de ce marché.
03:35D'une part, parce qu'aujourd'hui, il se fragmente.
03:39C'est-à-dire qu'avant, on avait simplement une banque privée.
03:42Aujourd'hui, on a une banque privée.
03:44On a aussi parfois un conseiller en gestion de patrimoine indépendant,
03:46voire même une plateforme de type fintech pour gérer son patrimoine.
03:50Et d'autre part, on est rentré dans le grand basculement de l'épargne
03:53puisque 9000 milliards d'euros vont basculer des baby-boomers
03:57vers la génération X ou la génération Z
04:00qui a des besoins bancaires différents.
04:02Sur les dix prochaines années, bien sûr,
04:04comment justement est-ce que vous vous adaptez
04:06à cette nouvelle clientèle, peut-être plus jeune,
04:08avec des exigences et des habitudes bancaires différentes ?
04:13Ce ne sont pas les mêmes solutions,
04:15les mêmes propositions qu'il faut leur faire,
04:17sans compter que les néobanques explosent.
04:20Alors, je vais distinguer la partie néobanque de la partie sur la gestion de patrimoine.
04:24Effectivement, on fait le constat qu'il va y avoir un rajeunissement
04:28des personnes qui détiennent le patrimoine
04:31et qu'elles auront besoin d'offres différentes de celles qu'on propose.
04:34Donc, à des besoins pluriels,
04:36le groupe LCL a décidé de proposer des offres plurielles,
04:39à la fois le LCL Banque privée,
04:41pour lequel nous avons 180 000 clients,
04:43mais aussi des offres de type Méléis, peut-être un peu plus jeunes.
04:45Mais est-ce qu'on peut rivaliser avec les révolutes
04:48qui sont en train d'obtenir aussi les autorisations bancaires
04:52au niveau français, européen,
04:55avec des banques aussi qui proposent, traditionnelles,
04:57qui proposent des solutions, la gratuité ?
05:00Il faut aujourd'hui rivaliser d'idées pour se démarquer.
05:04Alors, déjà, je voudrais qu'on rappelle que les mots ont un sens.
05:07Une banque, même une néobanque,
05:09c'est un organisme qui collecte de l'argent auprès des clients
05:11et qui le transforme en crédit.
05:13Le but et l'utilité d'une banque, c'est de faire ça.
05:15Et je pense que la banque que vous citez,
05:17qui a une licence bancaire lituanienne,
05:19pour l'instant, ne fait pas de crédit.
05:21Pour l'instant ?
05:22Pour l'instant.
05:22Le graal, au fond, pour une banque,
05:25c'est le sommet qu'on doit atteindre,
05:27c'est à la fois avoir une expérience client digitale fluide, sans couture,
05:31et aussi avoir la capacité à prêter et à faire du crédit.
05:34Mais le jour où ça va arriver,
05:36parce que ça va arriver dans les prochains mois,
05:38bon ben, quel sera votre positionnement ?
05:40Je pense que pour atteindre ce sommet,
05:42les néobanques ont commencé par développer
05:44une expérience digitale hyper fluide,
05:46et vraiment, je suis admiratif de ça.
05:48Mais il leur reste à apprendre à faire du crédit.
05:50Apprendre à faire du crédit, c'est savoir faire de la gestion active passif,
05:53c'est avoir des fonds propres,
05:54c'est avoir des processus d'octroi qui fonctionnent.
05:56Nous, les banques réseaux, nous, LCL,
05:58on sait faire ça depuis 160 ans.
06:00Et il nous reste, effectivement, à parfaire notre expérience digitale fluide.
06:04J'ai l'immodestie de croire que pour faire une expérience digitale,
06:08il faut 5 ans,
06:08et pour avoir de la confiance et faire du crédit, il faut 50 ans.
06:11Rapidement, je reviens sur le côté banque patrimoniale.
06:13Vous allez investir aussi et grossir sur les CGP ?
06:18En fait, l'idée, c'est que Mileis puisse être une plateforme
06:22qui, demain, attire les conseillers en gestion de patrimoine,
06:25y compris des conseillers en gestion de patrimoine indépendants,
06:27pour développer une nouvelle forme de gestion de patrimoine
06:30qu'on proposera à nos clients.
06:32Donc, avec quoi ? Des acquisitions ?
06:33Avec potentiellement des acquisitions.
06:35On parle d'une possible cession du CCF,
06:38ex-HSBC France, repris par le fonds américain Cerberus.
06:41Il y a deux ans, il discutait avec de potentiels repreneurs,
06:46banques intéressés, est-ce que vous en faites partie ?
06:48Je n'ai pas de commentaire à faire sur le CCF.
06:52LCL a un chemin de développement
06:53qui ne passe pas par un partenariat avec le CCF.
06:57Un mot sur la politique,
06:59puisqu'on est maintenant à moins d'un an de la présidentielle,
07:03avec la question qui revient du financement des partis politiques,
07:07le Rassemblement National,
07:08qui, traditionnellement, dénonce les refus de prêts bancaires
07:11pour financer sa campagne.
07:13Comment vous regardez, comment vous réagissez
07:16déjà à ces questions qui sont quand même des questions récurrentes ?
07:19Alors, la question du financement de la démocratie
07:22est une question éminemment importante.
07:24Moi, je voudrais rappeler les règles chez LCL.
07:26Nous savons ouvrir,
07:28et nous avons même une obligation réglementaire pour ça,
07:30nous savons gérer des comptes de campagne,
07:32quel que soit le parti, quelle que soit la couleur politique.
07:35En revanche, notre politique d'octroi de crédit
07:37ne nous permet pas de faire un financement
07:39d'un parti pour une campagne,
07:41dans la mesure où,
07:42et reprenons les résultats de la présidentielle 2022,
07:44deux tiers des candidats n'ont pas obtenu 5%,
07:47donc n'ont pas eu le remboursement de leurs frais de campagne.
07:49Quelle banque prêterait, sans garantie,
07:52lorsqu'elle a un taux de défaut de deux tiers ?
07:54Je ne crois aucune.
07:55Ça nécessite probablement que les pouvoirs publics
07:57se penchent sur la question
07:58et organisent de manière claire
08:00un mécanisme de garantie d'État.
08:02Sur l'attractivité de la place de Paris,
08:06depuis le Brexit,
08:06on voit qu'il y a énormément de demandes
08:09de licences bancaires sur le marché parisien.
08:12La moitié des demandes d'agréments,
08:14en réalité, de la zone euro,
08:15selon la Banque de France,
08:17ça marque l'attractivité,
08:19mais aussi la concurrence
08:20qu'il va y avoir sur le marché français ?
08:23Oui, mais il faut se rappeler
08:24que le système bancaire français
08:26est extraordinairement solide, performant,
08:28que deux banques françaises figurent
08:31dans le top 10 des banques mondiales.
08:33Il n'y a aucun secteur d'activité
08:35dans lequel deux entreprises françaises
08:37occupent le top 10,
08:39dont notamment le groupe Crédit Agricole,
08:41qui est la maison mère de LCL.
08:43Et je pense que cette solidité,
08:45cette performance du système bancaire
08:47attire effectivement des acteurs
08:49qui veulent des licences bancaires en France.
08:50Le Crédit Agricole,
08:51qui lance un compte bancaire gratuit
08:54en réponse aux néobanques,
08:55ça a été annoncé il y a quelques jours.
08:57Est-ce qu'il va y avoir aussi
08:58une offre dédiée pour LCL ?
09:00Bien sûr.
09:01Nous avons lancé,
09:02déjà pour les professionnels,
09:03L by LCL Pro.
09:05C'est un compte bancaire
09:06avec un système de paiement,
09:08une pré-comptabilité,
09:09la gestion de la facture électronique,
09:10le tout dans une appli 100% autonome.
09:13Et nous avons déjà des résultats
09:15très très bons sur cette appli,
09:16puisqu'elle représente déjà 40%
09:19de la conquête des clients professionnels.
09:21Et nous aurons la même chose,
09:22L by LCL pour les particuliers,
09:24à partir de septembre.
09:25Ça, c'est une annonce ?
09:26C'est une annonce.
09:27Très bien.
09:28À partir de septembre,
09:29comment ça va se concrétiser, cette offre ?
09:31Concrètement,
09:31si vous avez une capacité
09:34à gérer vos comptes
09:35en toute autonomie
09:37et sans conseiller,
09:38vous pourrez télécharger cette appli
09:39et vous pourrez avoir
09:40l'ensemble des produits de LCL,
09:42que ce soit de l'assurance,
09:44que ce soit de l'épargne,
09:45que ce soit du crédit,
09:46évidemment de la gestion du paiement
09:48et de la gestion de comptes,
09:49en toute autonomie,
09:50avec une appli
09:50où il y aura évidemment
09:51un peu d'intelligence artificielle
09:52pour vous accompagner.
09:53À quel niveau ?
09:55Au niveau de la gestion
09:56de votre compte
09:58avec des suggestions.
09:59Ça sera un assistant ?
10:00Ça sera un assistant.
10:01Assistant virtuel.
10:02D'accord.
10:02Vous travaillez avec quelle technologie ?
10:04Je ne me prononce pas
10:05sur ces sujets-là
10:06parce que c'est encore
10:07en mode projet.
10:08D'accord.
10:09Vous voulez dire...
10:10Ça n'a pas été décidé ?
10:11Derrière, il y a quoi ?
10:12La technologie française ?
10:13C'est des LLM de marché.
10:14C'est de la technologie
10:15de marché française.
10:15Merci beaucoup Serge Magdelaine
10:17d'être venu ce matin
10:18dans Good Morning Business
10:20dans le grand entretien
10:21directeur général de LCL.
10:22Merci.
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