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Mercredi 25 mars, les députés de la commission des affaires économiques auditionnent Alexandre Bompard, PDG du groupe Carrefour depuis 2017 et réélu en juillet 2025. L'audition porte notamment sur la situation et les perspectives de développement du groupe Carrefour, les questions d'évolution des modes de distribution et de consommation, et les relations avec l'amont des filières, notamment alimentaires. Retrouvez les échanges entre les députés et le président de la Fédération du commerce et de la distribution.
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00:00:07Bonjour, soyez les bienvenus sur LCP pour voir ou revoir le meilleur de la semaine parlementaire.
00:00:13Dans cet épisode, on revient sur une audition qui a eu lieu en commission des affaires économiques.
00:00:19Alexandre Bompard, le PDG du groupe Carrefour, était auditionné sur la situation de son groupe,
00:00:25celle de la grande distribution, tout cela sur fond de crise agricole et d'inquiétude des Français sur le pouvoir
00:00:33d'achat.
00:00:34Les questions ont notamment porté sur les modes de distribution et de consommation,
00:00:39les relations avec les filières de Carrefour, avec une question centrale, celle des prix.
00:00:46Bonne audition, à tout à l'heure.
00:00:47Monsieur le Président, Directeur Général, Monsieur le Secrétaire Général, mes chers collègues,
00:00:52nous devons, avant de démarrer notre audition, procéder à une désignation de rapporteur sur la proposition de renouvellement
00:00:59envisagée par le Président de la République en application de l'article 13 de la Constitution de M. François Jacques
00:01:05aux fonctions de Président du Conseil d'administration du Centre National d'Études Spatiales, le CNES.
00:01:12Je vous rappelle que l'audition de M. Jacques est prévue le 8 avril prochain à 15h15.
00:01:17Dans le cadre et selon le tourniquet applicable à ces nominations, j'ai reçu du groupe La France Insoumise Nouveau
00:01:24Front Populaire
00:01:25la candidature de M. Arnaud Saint-Martin.
00:01:28M. Arnaud Saint-Martin, puisqu'il n'y a pas de manifestation particulière, est donc désigné rapporteur pour conduire ce
00:01:35travail.
00:01:36Nous avons le plaisir ce matin de recevoir M. Alexandre Bompard, Président Directeur Général du groupe Carrefour,
00:01:41qui est accompagné de M. Laurent Vallée, son secrétaire général, et du Directeur de Cabinet, M. Alexandre Chertoc.
00:01:47Merci de votre présence à nos côtés, messieurs, ce matin, et bienvenue au sein de cette commission.
00:01:52Je rappelle que notre commission est mobilisée sur les questions de distribution et de pouvoir d'achat,
00:01:57et que nous avons déjà entendu au cours des derniers mois, les dirigeants des groupes de la grande distribution,
00:02:02tels que Leclerc, Casino, Les Mousquetaires, société dont le Président Thierry Cotillard a été accompagné de celui de la plateforme
00:02:10Everest,
00:02:10et que nous recevrons aussi prochainement, M. Dominique Schellcher, pour les coopératives U.
00:02:15Votre audition, M. Alexandre Bompard, doit nous permettre d'aborder la situation et les perspectives de développement du groupe Carrefour,
00:02:21bien sûr, mais aussi, plus largement, les questions d'évolution des modes et des modèles de distribution et de consommation,
00:02:29ainsi que les relations avec l'amont des filières, s'agissant notamment des produits alimentaires.
00:02:34Avant de vous céder la parole pour une quinzaine de minutes, je souhaiterais vous poser quelques premières questions.
00:02:39Quelles sont, selon vous, les évolutions survenues dans les modes de consommation en France depuis l'épisode inflationniste de 2022
00:02:46-2023,
00:02:47qui tentent à s'inscrire dans la durée ? Changement de comportement d'achat, recours aux ventes à distance, par
00:02:52exemple.
00:02:53Comment le groupe Carrefour intègre-t-il ces évolutions dans sa stratégie,
00:02:56et contribue-t-il à la préservation du pouvoir d'achat des consommateurs dans notre pays ?
00:03:01En 2025, le solde de la balance commerciale agro-alimentaire française a atteint un point bas à seulement 200 millions
00:03:09d'euros.
00:03:10Au sein de vos magasins, diriez-vous que vous fournissez davantage qu'avant auprès d'entreprises étrangères ?
00:03:16Et si oui, comment l'expliquez-vous ?
00:03:18Constatez-vous un différentiel de prix important entre les produits français, européens et internationaux ?
00:03:23Le conflit en Iran et le blocage du détroit d'Hormuz ont entraîné une hausse très importante des prix du
00:03:28gaz et du pétrole.
00:03:30Selon vous, comment et selon quelle temporalité cela va-t-il se traduire concrètement dans les prix de vente en
00:03:35France ?
00:03:35Non seulement ceux des carburants, pour lesquels des hausses sont généralement vite répercutées,
00:03:40mais aussi ceux d'autres produits de consommation courante, agricoles ou industriels, dont la fabrication requiert de l'énergie.
00:03:48En effet, cette augmentation du coût de l'énergie pourrait conduire à une hausse des coûts de production pour vos
00:03:53fournisseurs,
00:03:53par ailleurs, comment vous efforcez-vous de concilier dans le cadre de vos négociations commerciales,
00:03:58la recherche de prix bas et la juste rémunération de vos fournisseurs, notamment en matière alimentaire,
00:04:04afin de préserver la rémunération des producteurs agricoles ?
00:04:06Vous avez officiellement lancé en décembre dernier, avec Coopérative U et le groupe allemand RTG International,
00:04:12l'alliance d'achat Concordis.
00:04:14Quelle est la stratégie qui vous a guidé dans ces choix et quels objectifs fixez-vous à Concordis ?
00:04:19Ce dispositif est-il en mesure de pousser les prix à la baisse ?
00:04:23Et si oui, quels sont les effets attendus pour vos fournisseurs ?
00:04:26Comment appréciez-vous l'effet de votre développement sur le maintien des commerces indépendants dans les centres-bours ?
00:04:31Et quel engagement pouvez-vous prendre pour contribuer à préserver un tissu commercial équilibré des territoires ?
00:04:36Et quelles complémentarités pouvez-vous identifier entre grandes surfaces et petits commerces de proximité ?
00:04:41Monsieur le Président, Directeur Général, je vous remercie par avance pour les réponses et les analyses que vous voudrez bien
00:04:46nous apporter.
00:04:48Et je vous cède la parole pour une quinzaine de minutes.
00:04:51Et comme à l'habitude, au sein de notre commission, nous entendrons ensuite les orateurs de chacun des groupes
00:04:55pour trois minutes maximum afin de vous laisser une bonne minute pour vous répondre et leur répondre.
00:05:02Et puis nous entendrons les orateurs individuels pour une minute par question
00:05:06en vous invitant à répondre, là encore, à chacun d'entre eux en environ une minute de temps.
00:05:12Monsieur Alexandre Bompard, vous avez la parole.
00:05:15Et merci.
00:05:18Merci, Monsieur le Président.
00:05:20Mesdames et Messieurs les députés, puisque vous m'y autorisez, je vais effectuer une déclaration dite liminaire
00:05:26et nous essaierons ensuite avec Monsieur Laurent Vallée, secrétaire général du groupe, de répondre à vos questions.
00:05:32Je suis très heureux que nous prenions un temps pour parler du secteur de la distribution et de ses défis.
00:05:40La distribution française, j'en suis convaincu, est une richesse pour notre pays.
00:05:45Notre mission, et ça fait écho à une de vos questions, consiste à résoudre quotidiennement l'équation suivante.
00:05:56Maîtriser les prix de vente aux consommateurs, car au fond, notre mission principale, c'est d'être redevable du pouvoir
00:06:02d'achat des Français.
00:06:05Deuxièmement, bien rémunérer les producteurs, car l'amont doit être rémunéré et il faut sécuriser sur la durée les approvisionnements.
00:06:14Et enfin, garantir la qualité, car c'est notre responsabilité à l'égard des clients.
00:06:22Vous le savez, c'est un secteur productif en emploi de proximité qui ont la particularité d'être non délocalisable.
00:06:29Rien que chez Carrefour, nous réalisons 40 000 embauches par an et nous formons et employons des jeunes dans plus
00:06:37de 300 métiers.
00:06:38C'est aussi un secteur au contact de la réalité sociale dans les territoires.
00:06:43Pour vous donner une idée, chaque Français est en moyenne à moins de 8 minutes d'un magasin Carrefour.
00:06:49Nos magasins sont aussi bien en zone rurale que dans les quartiers difficiles.
00:06:55Et nos employés sont à l'image de nos clients et de leur territoire.
00:06:59Nous sommes des employeurs, vous le savez, de catégories sociales souvent défavorisées.
00:07:03Et nous sommes encore, toujours et d'ailleurs de très loin, le premier secteur de promotion sociale en France.
00:07:12C'est un secteur aux avant-postes des évolutions technologiques, sociétales, mais aussi des préoccupations environnementales.
00:07:18Au total, ce sont près de 10 milliards d'euros que le secteur investit chaque année dans la modernisation des
00:07:24magasins, des entrepôts, des systèmes d'information et de la transition environnementale.
00:07:31C'est une transformation profonde, coûteuse, dans un contexte de concurrence extrêmement forte.
00:07:39Dans notre métier, la compétition est partout.
00:07:41Entre enseignes, entre formats, entre modèles intégrés et indépendants, entre acteurs physiques et digitaux, entre acteurs français et discounters étrangers.
00:07:53Elles s'exercent sur les prix, sur les coûts, sur les marges, sur l'investissement.
00:07:59Le commerce français, soyez-en certains, je vous parle de mon poste et de ma présence dans une cinquantaine de
00:08:07pays,
00:08:07est l'un des plus compétitifs au monde et l'un des plus contraints.
00:08:13Pression sur les marges plus élevées qu'ailleurs en Europe, intensité promotionnelle structurelle,
00:08:19contraintes réglementaires spécifiques, fiscalité de production plus lourde.
00:08:25Il faut mesurer les défis qu'affronte le secteur.
00:08:29D'abord, c'est un secteur qui s'est très puissamment polarisé,
00:08:35avec un écart croissant entre les plus gros et les meilleurs, j'allais dire, et ceux qui souffrent,
00:08:41avec l'efficacité de nouveaux entrants dans l'alimentaire comme le non-alimentaire,
00:08:47d'action aux grandes plateformes chinoises,
00:08:50toujours dans le sens d'une discontisation plus forte de la consommation.
00:08:55Deuxièmement, le comportement très prudentiel des consommateurs après la période d'hyperinflation.
00:09:01Les tensions très fortes sur le pouvoir d'achat aboutissent à des pressions sur les marges
00:09:06et les volumes que notre secteur n'avait jamais connus.
00:09:10Ajoutez à cela les incertitudes macroéconomiques, fiscales,
00:09:15et vous l'avez évoqué, M. le Président, géopolitiques éclairées par la crise au Moyen-Orient,
00:09:20qui n'incitent pas nos compatriotes à consommer,
00:09:23et vous aurez un tableau de la réalité du marché aujourd'hui.
00:09:27Je le dis avec un peu de gravité,
00:09:31ce qui a changé dans la distribution en quelques années,
00:09:35c'est que des enseignes françaises historiques,
00:09:38des groupes qui ont été des fleurons nationaux à l'étranger,
00:09:43souffrent fortement et sont parfois même en voie de disparition.
00:09:47Dans ce contexte, vous l'avez évoqué,
00:09:50Carrefour essaie de tenir son cap pour poursuivre sa transformation
00:09:54et son adaptation à un marché qui change vite.
00:09:59Carrefour opère environ 15 000 magasins dans plus de 45 pays
00:10:05dans lesquels travaillent plus de 500 000 collaborateurs sous enseigne.
00:10:11Le groupe a 67 ans cette année
00:10:13et je viens, vous l'avez évoqué, de lancer un nouveau plan stratégique
00:10:17à horizon 2030 pour investir dans notre offre,
00:10:21notre compétitivité prix, nos magasins,
00:10:24améliorer notre offre sur le frais,
00:10:27prendre des engagements RSE renouvelés à la pointe du secteur,
00:10:31accélérer dans le e-commerce,
00:10:32dans le digital et l'intelligence artificielle.
00:10:35Lors de mes premières auditions devant l'Assemblée,
00:10:38il y a quelques années maintenant,
00:10:40beaucoup de questions portaient sur l'avenir du commerce physique
00:10:43et du magasin physique.
00:10:45Quelle était sa pérennité face à l'irruption de nouveaux acteurs comme Amazon ?
00:10:49Aujourd'hui, le secteur peut être fier d'avoir démontré
00:10:54toute la résistance de ce qu'on appelle en bon français
00:10:57le commerce briquant de mortard,
00:10:59mais qu'on pourrait appeler de chair et d'os,
00:11:01et la culture du carrelage.
00:11:04Je répondrai avec plaisir aux questions
00:11:06que vous pourriez avoir sur ce plan et sur Carrefour.
00:11:08Un dernier mot pour nourrir notre échange.
00:11:13Je continue, et je le dis à plusieurs occasions,
00:11:16donc je le dis devant vous,
00:11:18à regretter que la distribution soit trop souvent,
00:11:22nous en avons notre responsabilité d'ailleurs parfois,
00:11:25en ayant insuffisamment expliqué notre rôle et nos métiers,
00:11:29trop souvent abordée sous l'angle de la suspicion.
00:11:31Soit de manière récurrente,
00:11:33au moment des négociations commerciales annuelles,
00:11:35ou des débats agricoles,
00:11:37soit de manière ponctuelle,
00:11:39comme on l'a vu récemment sur le carburant
00:11:41et le débat sur les soi-disant marges cachées des distributeurs.
00:11:45Cela me semble d'autant plus paradoxal que,
00:11:47d'une part, nous avons toujours répondu présents
00:11:50aux sollicitations des pouvoirs publics,
00:11:51que ce soit pendant la crise du Covid,
00:11:53pour la fourniture des masques notamment,
00:11:55ou pendant la période de hausse des prix
00:11:57pour des paniers anti-inflation.
00:11:59Et d'autre part, cette perception contraste
00:12:02avec le regard des Français eux-mêmes.
00:12:05Nos enseignes figurent parmi les entreprises préférées des Français
00:12:09et l'intérêt croissant des médias et du grand public
00:12:11pour nos entreprises
00:12:12ne fait que traduire la juste reconnaissance
00:12:15de notre contribution à leur question de pouvoir d'achat,
00:12:17d'emploi et de qualité de vie.
00:12:20Et je ne renonce pas, en tant que président
00:12:22de la Fédération du commerce et de la distribution,
00:12:25à vous en convaincre tout autant.
00:12:28Je termine en vous faisant part d'une conviction forte,
00:12:30la même que j'ai portée au Sénat il y a deux semaines.
00:12:35La tentation d'intervenir sur les prix
00:12:38et dans le libre jeu d'acteurs privés
00:12:40demeure en France, dans notre secteur tout au moins,
00:12:43beaucoup trop forte.
00:12:44Aucun autre pays, en dehors de régime
00:12:46que nul ne soit imité,
00:12:47ne connaît une telle tentation permanente d'intervention.
00:12:52Le commerce repose sur un équilibre
00:12:57qui suppose de la liberté.
00:12:59Liberté d'assortiment,
00:13:01liberté de négociation,
00:13:02liberté de fixation de prix.
00:13:04Et au final, c'est toujours le client
00:13:06qui arbitre dans nos magasins.
00:13:08Mon message est simple,
00:13:10veillons collectivement à préserver cet équilibre
00:13:13et à donner suffisamment de marge de manœuvre
00:13:16aux acteurs du secteur.
00:13:18C'est à cette condition que le commerce
00:13:19pourra contribuer à jouer pleinement
00:13:21son rôle économique, social et territorial.
00:13:26Je vous remercie de votre écoute.
00:13:28Monsieur le Président,
00:13:28est-ce que vous souhaitez que je réponde
00:13:29à la liste de questions que vous m'avez posées
00:13:31ou est-ce qu'elles reviendront sous d'autres formes ?
00:13:33Elles peuvent revenir sous d'autres formes
00:13:34mais vous pouvez commencer à y répondre.
00:13:36Vous avez encore un petit peu de temps
00:13:37pour pouvoir le faire.
00:13:38Donc allez-y.
00:13:39Alors j'y vais.
00:13:41Vous m'avez interrogé sur les transformations
00:13:44des modes de consommation depuis 2022.
00:13:47Vous avez raison.
00:13:47La crise d'hyperinflation,
00:13:49il faut mesurer l'impact qu'elle a eu.
00:13:52En réalité, sur deux ans,
00:13:54les prix ont augmenté d'à peu près 25%.
00:13:57Ça a été un choc d'une ampleur
00:13:59et d'une magnitude extraordinairement fortes
00:14:01pour nos concitoyens,
00:14:03notamment pour tous ceux qui ont une contrainte
00:14:06de pouvoir d'achat très forte.
00:14:09Auparavant, c'était les fins de mois
00:14:10qui étaient difficiles pour beaucoup.
00:14:15Depuis la crise d'hyperinflation,
00:14:16le milieu de mois est difficile
00:14:18pour un grand nombre de nos compatriotes
00:14:21et parfois même le début de mois.
00:14:23Les effets ont été très forts.
00:14:25D'abord, les volumes ont d'abord baissé.
00:14:27On a eu une forte baisse des volumes.
00:14:29Et puis, la structure de consommation s'est déformée
00:14:33avec d'abord une montée en puissance très forte
00:14:36de ce que nous appelons dans notre métier
00:14:37les marques propres, les marques distributeurs.
00:14:39Chez moi, les marques Carrefour,
00:14:41parce qu'elles sont 30% moins chères
00:14:43et de qualité équivalente aux marques nationales,
00:14:45elles se sont beaucoup développées.
00:14:47Pour vous donner une idée,
00:14:49en 2018, chez Carrefour,
00:14:51les marques propres représentaient 25%
00:14:53de notre chiffre d'affaires
00:14:54sur à peu près 40 milliards en France.
00:14:57Désormais, elles représentent près de 40%.
00:14:59Donc, les marques propres ont pris le pas
00:15:03en termes de croissance sur les marques nationales.
00:15:05Et puis, dans un premier temps, tout au moins,
00:15:08la qualité de la consommation des ménages français
00:15:11s'est un peu dégradée, sous contrainte.
00:15:14Les produits bio qui avaient beaucoup progressé
00:15:16ont décliné.
00:15:17Les fruits et légumes qui avaient beaucoup progressé
00:15:20lors de la décennie précédente ont décliné.
00:15:23La poissonnerie a décliné.
00:15:26La consommation de viande a décliné.
00:15:29D'autres raisons s'y ajoutent, d'ailleurs.
00:15:31Bref, on a assisté à une déformation
00:15:33de la structure de consommation
00:15:34en faveur de produits meilleurs marchés.
00:15:38Depuis le milieu de l'année 2025,
00:15:41les choses sont en train de se rééquilibrer.
00:15:43Le bio est reparti à la hausse, etc.
00:15:46Mais évidemment, c'est sans compter la crise actuelle
00:15:47qui pourrait continuer à reprendre,
00:15:51redéclencher une période un peu inflationniste.
00:15:53Ça me conduit, d'ailleurs, à faire le lien
00:15:55avec votre question sur ce que nous voyons aujourd'hui,
00:16:01quatre semaines et demie après le déclenchement
00:16:03de la crise iranienne.
00:16:06Pour le moment, l'effet principal se concentre,
00:16:10évidemment, vous connaissez par cœur le sujet,
00:16:13sur les effets pétroliers,
00:16:17et donc sur l'augmentation de l'essence.
00:16:20Nous ne voyons pas, à date,
00:16:23de tensions inflationnistes sur les produits.
00:16:26On n'est pas dans la même situation
00:16:28que lors du conflit ukrainien.
00:16:32D'abord parce que nous ne sommes pas
00:16:34dans le même cycle économique.
00:16:35Il faut se souvenir qu'au moment du conflit,
00:16:36de la crise du conflit ukrainien,
00:16:38l'économie était repartie très fort
00:16:40après la période de Covid,
00:16:42et donc les moteurs étaient tous allumés,
00:16:44le prix d'électricité était déjà élevé, etc.
00:16:46On n'est pas dans le même cas de figure.
00:16:48D'autre part, il n'y a pas de pénurie immédiate
00:16:55comme on en a eu au moment de la crise ukrainienne,
00:16:57notamment sur le blé ukrainien.
00:16:58Donc on n'est pas sur un effet aussi fort.
00:17:02Néanmoins, en fonction de la durée de ce conflit,
00:17:05évidemment, il y aura des effets.
00:17:07Vous savez notamment qu'il y a la question
00:17:08des engrais azotés qui viendront probablement
00:17:12avoir des impacts sur les prochaines récoltes.
00:17:14Mais pour le moment, j'ai vu hier les prévisions de l'INSEE
00:17:18qui annonçait une inflation à 2% sur l'année.
00:17:22Il est encore difficile de mesurer exactement
00:17:24quel sera l'impact inflationniste.
00:17:26Il est à date encore très maîtrisé.
00:17:29Et la consommation des ménages reste sur les mêmes tendances
00:17:34qu'elle était depuis le début de l'année.
00:17:38Sur votre question sur prix bas, juste rémunération des producteurs,
00:17:45c'est ce que je vous disais sur l'équation de notre secteur.
00:17:50C'est la résolution de ces deux contradictions-là,
00:17:52ou enfin de cette équation difficile à résoudre.
00:17:54Notre mission principale, c'est de donner du pouvoir d'achat
00:17:57à nos clients.
00:17:58Je le dis devant vous, je le dis en permanence,
00:18:01ce que nous demandent les clients français,
00:18:02c'est de leur donner du pouvoir d'achat.
00:18:03Et la discontisation croissante de notre secteur,
00:18:08elle reflète la contrainte de pouvoir d'achat.
00:18:10Et mon métier, c'est de donner du pouvoir d'achat aux Français.
00:18:12Et en même temps, c'est d'assurer,
00:18:16de sécuriser les approvisionnements
00:18:17et d'assurer une juste rémunération des agriculteurs.
00:18:20L'Assemblée nationale, le Sénat,
00:18:22ont fait beaucoup pour permettre la résolution
00:18:24de cette contradiction à travers les lois EGALIM,
00:18:27qui permettent de sanctuariser la même matière première agricole.
00:18:31Sont-elles parfaites ?
00:18:33La réponse est non.
00:18:34Est-ce qu'elles ont permis d'améliorer la situation ?
00:18:37La réponse est oui.
00:18:39Elles ont permis de sanctuariser la matière première agricole.
00:18:42Je le dis devant votre commission,
00:18:46la seule obligation, c'est que je connaisse
00:18:48le montant de la matière première agricole.
00:18:51Souvent, nous ne connaissons pas la matière première agricole
00:18:54parce que les industriels ne nous le donnent pas.
00:18:56Et c'est un peu plus difficile de la sanctuariser.
00:18:58Mais retenons ici que les lois EGALIM,
00:19:00avec leur imperfection,
00:19:01les lois sont toujours imparfaites
00:19:02et leur application tout autant,
00:19:04ont permis de sanctuariser la matière première agricole
00:19:08et d'améliorer,
00:19:09ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas des filières qui souffrent,
00:19:11la rémunération du monde agricole.
00:19:14Vous me parliez des commerces de centre-ville.
00:19:18Je suis le premier acteur du commerce en centre-ville
00:19:22dans le domaine alimentaire en France.
00:19:24Nous avons près de 5500 magasins,
00:19:28je suis sûr que vous en avez dans vos circonscriptions,
00:19:30dans des zones rurales,
00:19:32dans des zones urbaines sensibles,
00:19:34dans des centres-villes,
00:19:35à travers des enseignes comme Carrefour Express,
00:19:38Carrefour City, Carrefour Contact,
00:19:41Carrefour Montagne parfois.
00:19:42Et j'ouvre chaque année entre 250 et 350 magasins par an.
00:19:48Alors, ce n'est pas le commerce indépendant tel que vous l'entendez,
00:19:51mais ce sont des commerces de centre-ville
00:19:53qui contribuent à la vitalité de vos centres-villes
00:19:55et mon rôle, c'est de continuer à développer le commerce de centre-ville.
00:20:01Voilà pour les premières questions.
00:20:03J'ai noté une ou deux autres sur lesquelles je reviendrai, bien sûr.
00:20:06On pourrait y revenir au travers des questions des collègues
00:20:08qui ne manqueront pas de revenir sur l'ensemble de ces sujets.
00:20:12Merci beaucoup, M. le Président, directeur général,
00:20:14pour ses propos liminaires et ses premières réponses
00:20:18et l'analyse, quelque part, de la situation que nous connaissons aujourd'hui.
00:20:22Nous allons passer aux orateurs des groupes
00:20:24et pour le premier d'entre eux, le groupe Le Rassemblement National.
00:20:27M. Robert Le Bourgeois, vous avez la parole.
00:20:29M. le député.
00:20:31Merci, M. le Président.
00:20:33M. le Président, directeur général, M. le secrétaire général,
00:20:37près d'un mois après la fin des négociations commerciales,
00:20:39le bilan est clair.
00:20:40Les tensions ont atteint un niveau important,
00:20:43certains acteurs dénonçant même un climat encore plus délétère
00:20:46qu'avant Egalim.
00:20:47Pas faute au Rassemblement National, d'ailleurs,
00:20:49de dénoncer depuis le début l'inutile complexité de ces lois.
00:20:52L'ensemble des acteurs s'étaient pourtant mis d'accord
00:20:56sur une charte que vous avez co-signée
00:20:58en tant que Président de la Fédération du Commerce
00:21:00et de la Distribution et PDG de Carrefour.
00:21:03Cette charte contenait notamment un axe 3 très intéressant
00:21:07qui visait à valoriser les produits frais
00:21:09et mieux informer sur l'origine des produits.
00:21:12Sur ce second aspect, l'information aux consommateurs,
00:21:15le Rassemblement National, par la voix de ma collègue Hélène Laporte,
00:21:18avait d'ailleurs défendu une proposition de loi
00:21:21pour l'information sur l'origine des denrées alimentaires
00:21:23par l'étiquetage.
00:21:25Je ne m'y attarde pas ce matin.
00:21:26Ma question porte plutôt sur la valorisation
00:21:29des produits frais eux-mêmes.
00:21:30On le sait, la péréquation est au cœur du modèle des distributeurs.
00:21:35Schématiquement, la politique actuelle consiste d'un côté
00:21:38à compresser les marges sur certains produits,
00:21:40souvent des produits d'appel très transformés
00:21:43qui servent de référence pour les consommateurs,
00:21:45et de l'autre à se reconstituer des marges,
00:21:48notamment sur les produits frais,
00:21:50sur lesquels sont appliquées des marges parfois très élevées
00:21:53par rapport aux prix payés aux producteurs.
00:21:55Cela pose une vraie question de santé publique
00:21:57et de qualité de l'alimentation.
00:21:59Or, en février dernier, vous avez présenté le plan Carrefour 2030
00:22:02dans lequel vous annoncez un objectif
00:22:04de développement des ventes de produits sains
00:22:06à 50% du chiffre d'affaires alimentaires en 2030.
00:22:09Je présume donc que vous allez possiblement
00:22:12baisser vos marges sur le frais
00:22:14afin d'orienter le consommateur vers ses produits.
00:22:17Renverser la logique de péréquation en baissant les marges sur les produits frais
00:22:21et en les augmentant sur les produits transformés
00:22:24pourrait d'ailleurs participer à apaiser les négociations avec les industriels
00:22:28tout en poursuivant un objectif de santé publique.
00:22:31L'association de consommateurs Familles Rurales propose même
00:22:35d'imposer aux distributeurs la vente à prix coûtant
00:22:38d'une centaine de produits sains.
00:22:40Alors, avez-vous déjà fait des projections sur ce genre de propositions ?
00:22:44En inversant, j'en ai conscience, complètement l'équilibre de constitution de vos marges.
00:22:49Un équilibre qui favoriserait la production française
00:22:51face aux transformés et aux frais importés.
00:22:55Parce qu'après tout, il n'y a pas de raison que des produits étrangers
00:22:57bénéficient de marges rabaissées artificiellement.
00:23:00Je vous remercie.
00:23:02Merci Monsieur le député.
00:23:03Monsieur le Président, Directeur Général.
00:23:06Merci Monsieur le député.
00:23:08Vous avez devant vous un dirigeant de Carrefour,
00:23:15c'est-à-dire le premier acteur dans le domaine des fruits et légumes,
00:23:20notamment en France, des boucheries et des poissonneries.
00:23:22Nous sommes leaders dans ce secteur-là.
00:23:25Leaders en parts de marché.
00:23:26Vous avez aussi une entreprise qui s'approvisionne pour le lait à 100% en France,
00:23:35pour les oeufs à 100% en France,
00:23:37pour la volaille à 100% en France,
00:23:39pour le bœuf et le porc à 96% en France.
00:23:44Et mon objectif, c'est de poursuivre cet approvisionnement français
00:23:47et de le développer.
00:23:49D'abord parce que c'est le choix qu'a fait l'entreprise que je préside,
00:23:52et puis aussi c'est parce que c'est ce que nous demandent les consommateurs.
00:23:55Et donc l'objectif, c'est de, en permanence, développer l'offre de fruits et légumes.
00:24:01Vous citiez l'objectif que nous avons énoncé,
00:24:03de 50% de produits sains qui contribuent à la santé de nos compatriotes.
00:24:09C'est notamment autour du frais que ça se joue également autour du bio.
00:24:14Après, vous évoquez la question de la péréquation des marges commerciales.
00:24:21Là où je ne vous rejoins pas totalement, c'est que moi je considère que notre métier,
00:24:26et c'était le sens de ma conclusion,
00:24:30c'est de laisser les acteurs fixer le prix.
00:24:34Je suis très peu fan, pour ma part, des prix administrés,
00:24:38dont je trouve qu'historiquement, on a souvent plutôt vu les inconvénients que les avantages.
00:24:44D'ailleurs, vous parliez des produits à prix coûtant.
00:24:48J'ai lancé, au moment de ce plan, 200 produits à prix coûtant,
00:24:51justement pour répondre à la contrainte des pouvoirs d'achat.
00:24:54La péréquation des marges, juste pour qu'on comprenne bien pour tout le monde,
00:24:56d'ailleurs parce que c'est un sujet extraordinairement compliqué.
00:24:59Vous avez raison, je n'ai pas la même marge sur tous les produits.
00:25:03Mais je n'ai pas non plus les mêmes coûts sur tous les produits.
00:25:07Prenons l'exemple du Coca-Cola.
00:25:08Est-ce que j'ai de la capacité à fixer le prix du Coca-Cola ?
00:25:14La réponse est non.
00:25:16La réalité, c'est que Coca-Cola me donne son prix.
00:25:18Nous sommes dans un univers ultra concurrentiel.
00:25:21Est-ce que je pourrais décider de ma matin tout seul,
00:25:23de me dire, tiens, je vais mettre le Coca-Cola 30% plus cher ?
00:25:26Vous avez fort à parier que les conséquences commerciales pour moi seraient désastreuses.
00:25:29Le prix est quasiment fixé uniquement par cette entreprise-là.
00:25:33Et inversement, je n'ai pas les mêmes coûts non plus.
00:25:36Il faut que je tienne en une minute, c'est ça ?
00:25:37Pardon, c'est trop long.
00:25:39Vous mesurez que pour entretenir et pour tenir un rayon fruits et légumes,
00:25:44il y a beaucoup de travail qui est fait par les équipes.
00:25:46J'ai beaucoup de coûts pour qu'il soit de belle qualité.
00:25:48Pour le rayon Coca-Cola, il faut juste que nous poussions des palettes.
00:25:52Donc, je n'ai pas la même base de coûts non plus.
00:25:54Et c'est ça qui fait que la marge brute initiale n'est pas la même.
00:25:59Merci.
00:25:59C'est une minute, ma réponse.
00:26:00Donc, il faut que je sois beaucoup plus rapide.
00:26:01Non, mais c'est quatre minutes en tout.
00:26:04Mais bon, voilà, on laisse au moins finir les phrases.
00:26:07Et puis, l'idée qui est portée pour que ce soit aussi compréhensible,
00:26:11parce que les réponses que vous apportez sont importantes et elles nous intéressent, bien évidemment.
00:26:16Pour le groupe Ensemble pour la République,
00:26:18Madame Danielle Brûlebois, vous avez la parole, Madame la députée.
00:26:25Mes chers collègues, je tiens tout d'abord à vous remercier, M. le Président, directeur général, M. Bompard,
00:26:31et votre secrétaire général pour votre présence devant notre commission aujourd'hui.
00:26:35Le 18 février, vous avez présenté votre troisième plan stratégique Carrefour 2030,
00:26:41qualifié d'offensif, recentré et technologique.
00:26:43Ce plan s'appuie sur une année 2025 solide, avec une marge opérationnelle majeure créée en France,
00:26:51des résultats qui confirment la place de Carrefour,
00:26:54comme l'un des plus gros employeurs avec des emplois non délocalisables,
00:26:58et acteur du commerce de détail en France.
00:27:02Votre ambition de conquête commerciale, portée par des objectifs clairs de part de marché
00:27:06et un engagement annuel sur la compétitivité prix est une réponse forte aux attentes des consommateurs et des territoires.
00:27:14En vous recentrant sur trois pays cœur, la France, l'Espagne et le Brésil,
00:27:18vous faites le choix de concentrer vos ressources là où votre leadership est le plus solide,
00:27:23tout en accélérant une expansion internationale en franchise.
00:27:27Une stratégie ambitieuse et pragmatique qui illustre une volonté de concilier croissance et maîtrise des risques.
00:27:33L'intelligence artificielle, avec un investissement de plus de 150 millions d'euros,
00:27:38devient un levier central de votre stratégie.
00:27:41En équipant 250 000 collaborateurs de l'outil Gimini et en déployant la plateforme Vision,
00:27:47vous faites le pari de transformer la productivité et l'efficacité opérationnelle.
00:27:51Une inquiétude cependant pour les élus que nous sommes.
00:27:54Comment envisagez-vous l'évolution des métiers et de la formation face à ce choc technologique majeur ?
00:28:00Dans le Jura, Carrefour, L'Onse-Saunier, par exemple, vous soutenez les circuits courts,
00:28:05l'agriculture locale en différenciant l'offre et en la mettant en avant,
00:28:11en la valorisant dans vos rayons et par des animations.
00:28:14Pouvez-vous nous dire quelle part de chiffre alimentaire est consacrée aux produits locaux
00:28:19et quel est l'objectif pour 2026-2028 ?
00:28:23Lors des négociations commerciales, comment adaptez-vous les conditions contractuelles
00:28:27aux petits producteurs pour leur garantir visibilité et juste rémunération ?
00:28:32Enfin, face à la récente hausse des prix du cours du pétrole,
00:28:38pouvez-vous nous dire comment Carrefour établit une stratégie
00:28:50avec des contrats d'approvisionnement, par exemple,
00:28:53et dans la chaîne logistique de vos fournisseurs
00:28:58pour absorber les chocs d'offres liés à la guerre et à la géopolitique en Ukraine ?
00:29:03Vous l'avez dit, votre souci, c'est le pouvoir d'achat du consommateur
00:29:06et nous vous en remercions.
00:29:08Merci Madame la députée.
00:29:09Monsieur le Président, Directeur Général.
00:29:11Merci Madame la députée.
00:29:13Un mot sur la technologie.
00:29:15Vous avez raison, évidemment, l'intelligence artificielle va se développer énormément,
00:29:20y compris dans nos magasins.
00:29:22Ce que j'ai annoncé là-dessus, c'est d'abord un effort de formation
00:29:26de l'intégralité de nos collaborateurs.
00:29:28C'est un sujet qui fait peur.
00:29:30Et donc, il faut que nos collaborateurs soient tous formés, tous.
00:29:33Et donc, dans les deux prochaines années, l'intégralité des collaborateurs de Carrefour
00:29:38seront formés à l'intelligence artificielle
00:29:40et verront ce que ça peut changer dans la manière dont ils font leur métier
00:29:44en améliorant les conditions dans lesquelles ils font leur métier.
00:29:49Deuxième question, vous évoquez la part du local.
00:29:54La part du local allait sans cesse croissante chez nous.
00:29:57On a développé plein d'initiatives, notamment pour faciliter la vie
00:30:00des agriculteurs et des éleveurs qui sont à côté des magasins.
00:30:03Il y a quelques années, il fallait remplir 40 pages
00:30:06pour pouvoir être référencés chez Carrefour.
00:30:09Aujourd'hui, c'est un contrat d'une page,
00:30:12directement signé par le directeur de magasin,
00:30:14ce qui permet de faciliter la vie des agriculteurs, des éleveurs,
00:30:17des producteurs locaux pour que ça se développe beaucoup.
00:30:19Moi, plus j'ai de l'offre locale en magasin,
00:30:21plus mon magasin est performant.
00:30:22Donc, c'est directement un objectif stratégique de l'entreprise.
00:30:28Après, vous évoquez la dernière question,
00:30:30qui est de rendre compatible la lutte contre le pouvoir d'achat
00:30:34et la rémunération des producteurs.
00:30:36Je le disais, la matière première agricole est sanctuarisée désormais.
00:30:40Je ne négocie plus la matière première agricole.
00:30:42Je m'en félicite d'ailleurs.
00:30:43Ce qui permet d'avoir une rémunération qui est plus juste.
00:30:45Est-ce que ça règle l'ensemble des problèmes des filières ?
00:30:47La réponse est non.
00:30:48Mais c'est une amélioration que vous avez apportée
00:30:51dans la régulation de ce secteur.
00:30:55Merci beaucoup.
00:30:56Pour le groupe de la France Insoumise,
00:30:58Madame Sandrine Nozbé, vous avez la parole, Madame la députée.
00:31:07Merci.
00:31:07Merci, Monsieur le Président.
00:31:10Pardon.
00:31:10Monsieur le Président, directeur général,
00:31:12Monsieur le Président général,
00:31:13Monsieur Bompard, vous avez remarqué lors de votre audition
00:31:15en février dernier au Sénat
00:31:17que votre métier se polarise de plus en plus
00:31:19entre les petits qui ne s'en sortent pas
00:31:22et les grands qui y raflent tout.
00:31:23Donc il y a une cause simple à ce déséquilibre.
00:31:26Les riches fabriquent des pauvres.
00:31:27Car pour que les uns s'enrichissent,
00:31:29ils appauvrissent les autres.
00:31:31Dans vos déclarations, cette audition sénatoriale,
00:31:34deux points m'ont particulièrement interpellé.
00:31:36D'abord, vous semblez vouloir conquérir
00:31:38la plus grosse part de marché possible
00:31:39et enrichir toujours plus vos actionnaires et dirigeants.
00:31:42Car en effet, votre objectif est d'atteindre
00:31:4425% du marché français en 2030
00:31:46et de verser jusqu'à 50 à 60%
00:31:49des résultats nets en dividendes.
00:31:51Quid des consommateurs, j'ai envie de dire ?
00:31:53Selon l'INSEE, depuis fin 2021,
00:31:55le prix d'un panier de course type
00:31:56pour une famille de 4 personnes a augmenté de 23%.
00:31:59A cela s'ajoute la hausse du prix de carburant
00:32:02accéléré aujourd'hui par la guerre en Iran.
00:32:04Alors que le taux de pauvreté atteint
00:32:06un niveau inédit dans notre pays
00:32:08et les salaires stagnent.
00:32:10La stratégie pèsera sûrement sur eux
00:32:12mais aussi sur vos fournisseurs,
00:32:13surtout les plus fragiles,
00:32:15les agriculteurs,
00:32:16notamment ceux dans le bio,
00:32:17qui selon l'Observatoire pour la formation
00:32:20des prix et des marges,
00:32:21ne captent que 10% de la valeur ajoutée
00:32:23créée par la vente de produits alimentaires.
00:32:25Alors qu'il faudrait que cette valeur
00:32:26soit de au moins de 20%
00:32:27selon la Fédération nationale de l'agriculture biologique
00:32:30pour que les agriculteurs et les agricultrices
00:32:32aient une rémunération décente.
00:32:35Le second point concerne votre engagement RSE,
00:32:38responsabilité sociétale d'une entreprise,
00:32:40c'est-à-dire l'impact positif de votre entreprise
00:32:43sur la société que vous souhaitez plus ambitieux
00:32:45selon vos mots.
00:32:47D'après la norme ISO 26000,
00:32:49le standard international sur la responsabilité sociétale,
00:32:51cet impact comprend donc 7 thématiques centrales,
00:32:56dont les droits de l'homme.
00:32:58Il se trouve que le groupe Carrefour
00:32:59maintient des relations commerciales
00:33:01avec les sociétés israéliennes
00:33:02qui participent à la colonisation de la Palestine,
00:33:04cela en totale violation du droit international.
00:33:07Votre groupe a par exemple conclu un accord de franchise
00:33:10avec Electra Consumer Products
00:33:12et sa filiale Yenot Bitan,
00:33:14entreprise qui figure dans la base de données onusiennes
00:33:16des entreprises impliquées dans la colonisation illégale
00:33:19de la Cisjordanie par Israël.
00:33:21Le groupe Elko, maison mère d'Electra,
00:33:23participe à la colonisation de la Palestine
00:33:24par la construction de logements dans les colonies
00:33:26et d'infrastructures à Jérusalem-Est occupées.
00:33:30Et enfin, votre partenaire bancaire,
00:33:32Apo Alim, est également un acteur direct de la colonisation.
00:33:36Il fournit des services à 19 colonies israéliennes en Palestine.
00:33:39Aussi, au regard de ces données,
00:33:41M. Bompard, j'ai deux questions.
00:33:43Concernant votre engagement à RSE plus ambitieux,
00:33:45comptez-vous mettre fin à vos relations commerciales
00:33:47avec ces entreprises israéliennes
00:33:49qui participent à la colonisation illégale de la Palestine ?
00:33:52Concernant votre objectif de verser jusqu'à 50 à 60%
00:33:55de votre résultat net en dividende,
00:33:57comment comptez-vous le concilier avec la nécessité
00:33:59de préserver le pouvoir d'achat des consommateurs,
00:34:01de rémunérer équitablement les agriculteurs
00:34:03et d'assurer une répartition juste des marches
00:34:06tout au long de la chaîne ?
00:34:07Je vous remercie.
00:34:08Merci, Mme la députée.
00:34:10M. Bompard.
00:34:11Merci, Mme la députée.
00:34:16Je vais répondre d'abord à votre première question,
00:34:19mais à votre dernière intervention.
00:34:20Nous ne sommes pas présents dans les territoires occupés.
00:34:24Carrefour n'a pas de magasin dans ces territoires.
00:34:27Je l'ai dit et le redis.
00:34:29Il n'y a aucun magasin sous-enseigne Carrefour
00:34:32dans ces magasins-là.
00:34:34Ce n'est pas ce qu'il a dit, mais c'est la réalité.
00:34:37Vraiment, ça fait 4 ans qu'on me pose la question
00:34:40sur ce sujet-là.
00:34:42Nous ne sommes pas présents dans les territoires occupés.
00:34:44Nos contrats de franchise l'excluent.
00:34:46Nous n'avons pas de magasin dans ces zones-là.
00:34:49Je réponds la même chose à chaque fois.
00:34:52D'ailleurs, ça fait 4 ans que personne n'a trouvé
00:34:53un magasin Carrefour dans ces zones-là,
00:34:54puisqu'il n'y en a pas.
00:34:56C'est stipulé dans mes contrats de franchise.
00:35:00Sur votre question,
00:35:01qui est une question très intéressante évidemment
00:35:04d'équilibre au fond
00:35:06et qui est au cœur de notre métier.
00:35:09La lutte sur le pouvoir d'achat,
00:35:10on l'amène tous les jours.
00:35:12Mais on l'amène tous les jours parce que c'est notre métier.
00:35:14Et je disais tout à l'heure,
00:35:15nous avons par exemple lancé il y a quelques jours
00:35:17une opération de 200 produits à prix coûtant
00:35:20avec 50% d'entre eux
00:35:21qui sont des produits Nutri-Score A et B
00:35:23pour favoriser la qualité alimentaire,
00:35:25justement pour lutter contre le pouvoir d'achat des Français.
00:35:28C'est notre mission.
00:35:29En même temps, et vous le mesurez bien,
00:35:31il faut que j'ai de l'ambition pour mon groupe
00:35:33parce que plus mon groupe a de l'ambition,
00:35:35plus mon groupe est solide,
00:35:36plus il investit,
00:35:37plus il peut se développer en France,
00:35:39à l'international,
00:35:40mener des combats RSE
00:35:41parce que le combat RSE,
00:35:43c'est le plastique,
00:35:44c'est le bien-être animal,
00:35:46c'est la pollution CO2.
00:35:48Et donc pour ça,
00:35:49j'ai besoin de moyens forts.
00:35:51Ensuite, la richesse,
00:35:52vous avez raison,
00:35:52est répartie.
00:35:53Elle est répartie
00:35:54entre la rémunération des actionnaires,
00:35:57la participation des salariés
00:35:59qui a augmenté x3 depuis mon arrivée.
00:36:02Et c'est un équilibre
00:36:03que j'essaye de trouver
00:36:04sur lequel on peut avoir évidemment
00:36:05des divergences d'appréciation.
00:36:06Mais c'est cet équilibre-là
00:36:08qui nous permet aujourd'hui
00:36:09de nous développer,
00:36:10d'avoir la puissance
00:36:11pour investir aussi
00:36:13dans d'autres zones géographiques
00:36:14et puis pour continuer
00:36:15notre développement en France.
00:36:18Merci, M. le Président,
00:36:19directeur général.
00:36:20Pour le groupe socialiste
00:36:21et apparenté,
00:36:22Mme Mélanie Thomas,
00:36:23vous avez la parole,
00:36:23Mme la députée.
00:36:27Merci, M. le Président.
00:36:30Chers collègues,
00:36:31M. Bompard,
00:36:33vous étiez auditionné récemment
00:36:35chez nos collègues sénateurs
00:36:36dans le cadre de la commission
00:36:38d'enquête sur les marges.
00:36:40Et vous avez déclaré avoir l'impression
00:36:42que les parlementaires
00:36:43cherchaient à diaboliser
00:36:45la grande distribution.
00:36:47Je tiens à vous rassurer,
00:36:48ce n'est pas le cas.
00:36:49Nous voulons simplement
00:36:50comprendre le fonctionnement
00:36:52des distributeurs,
00:36:53des industriels
00:36:54et s'assurer que les agriculteurs français
00:36:56puissent vivre de leur métier.
00:36:59D'après les statistiques
00:37:00du ministère de l'Agriculture,
00:37:01le revenu moyen d'un agriculteur
00:37:03avoisine les 55 000 euros,
00:37:05celui d'un éleveur bovin
00:37:06est de 19 800 euros.
00:37:08En somme, nous voulons nous assurer
00:37:10qu'il y ait un partage équitable
00:37:12de la valeur
00:37:12entre tous les membres
00:37:13de la chaîne,
00:37:14tout simplement.
00:37:15Votre entreprise Carrefour
00:37:17déclare s'engager
00:37:18et soutenir
00:37:18les producteurs locaux français.
00:37:20C'est inscrit dans vos rayons,
00:37:22dans vos campagnes publicitaires,
00:37:23sur votre site internet.
00:37:25Or, lorsque nous discutons
00:37:26avec les agriculteurs,
00:37:27deux éléments reviennent.
00:37:29D'une part,
00:37:29ils vous reprochent
00:37:30un approvisionnement
00:37:31à l'étranger,
00:37:31au détriment
00:37:32des producteurs français,
00:37:33grâce notamment
00:37:34à votre centrale d'achat européenne
00:37:36basée en Espagne.
00:37:37D'autre part,
00:37:38les contractualisations
00:37:39réalisées avec les agriculteurs
00:37:40leur sont défavorables
00:37:42en raison d'un cahier
00:37:43des charges simpliste
00:37:44de votre marque distributeur
00:37:45et qui ne permettent pas
00:37:47de les rémunérer correctement.
00:37:49Que répondez-vous
00:37:50à cela ?
00:37:51Par ailleurs,
00:37:52alors que le traité
00:37:53UE-Mercosur
00:37:54a été signé
00:37:55et que les agriculteurs
00:37:56se sont très fortement
00:37:57opposés à cet accord,
00:37:59vos concurrents
00:38:00ont déclaré refuser
00:38:01de mettre en rayon
00:38:02des produits
00:38:03issus de cet accord.
00:38:04Qu'en est-il de Carrefour ?
00:38:06Quels sont les engagements
00:38:07que vous prenez
00:38:08et comment entendez-vous
00:38:10les faire respecter ?
00:38:12Vous avez aussi annoncé
00:38:14vouloir augmenter
00:38:14vos parts de marché
00:38:15de 21% à 25%
00:38:17et améliorer
00:38:18la marge du groupe.
00:38:19Est-ce que cela se fera
00:38:20au travers de la guerre des prix
00:38:21et au détriment
00:38:22des producteurs français
00:38:23et en supprimant des emplois
00:38:25au sein de vos magasins ?
00:38:26Par ailleurs et enfin,
00:38:28je suis intéressée
00:38:29comme ma collègue
00:38:30par l'enjeu du prix
00:38:30du gasoil
00:38:31et de l'essence à la pompe.
00:38:32Quels sont vos engagements
00:38:34concrets en la matière ?
00:38:35Je vous remercie.
00:38:36Merci Madame la députée.
00:38:39Merci Madame la députée.
00:38:41Je ne vais pas redonner
00:38:42les chiffres
00:38:42sur les approvisionnements
00:38:43français.
00:38:45Vous les avez retenus
00:38:46tout à l'heure.
00:38:47Pour les grandes filières,
00:38:48nous sommes autour
00:38:49de 95 et 100.
00:38:52Et sur les fruits et légumes,
00:38:53on est autour de 85%.
00:38:55Tout ce que je peux
00:38:58prendre dans la consommation
00:38:59française,
00:38:59dans la production française,
00:39:00je le prends.
00:39:01Après, il y a un certain nombre,
00:39:02vous le savez,
00:39:02de filières qui ne sont pas
00:39:04élevées en France.
00:39:05Dans ce cas-là,
00:39:05je suis obligé
00:39:06de m'approvisionner
00:39:07à l'étranger.
00:39:08Mais mon objectif,
00:39:09c'est l'approvisionnement français.
00:39:10Et en général,
00:39:11pour les fruits et légumes,
00:39:12je suis à 85%.
00:39:13Pour les protéines,
00:39:14je suis entre 95 et 100%.
00:39:16c'est ça la réalité.
00:39:17Deuxièmement,
00:39:18merci beaucoup d'évoquer
00:39:18la contractualisation.
00:39:19C'est un sujet extrêmement
00:39:20important chez Carrefour.
00:39:21Nous avons 31 000 agriculteurs
00:39:25qui sont dans des logiques
00:39:26de contractualisation
00:39:27de long terme avec nous.
00:39:28Ça veut dire que nous
00:39:29bâtissons avec eux
00:39:30des engagements de long terme
00:39:33dans lesquels nous garantissons
00:39:35un volume,
00:39:36un prix
00:39:37et une transformation.
00:39:38Parce que rien n'est pire
00:39:39pour l'agriculteur français
00:39:41que l'absence de visibilité.
00:39:43Et donc la contractualisation
00:39:44que je n'ai d'ailleurs pas inventée,
00:39:45qui s'articule autour
00:39:47des filières qualité Carrefour
00:39:48dont vous avez dû entendre parler,
00:39:50elle est au cœur du modèle Carrefour.
00:39:51On fait à nous tous seuls
00:39:5240% de la contractualisation
00:39:54en France.
00:39:55Et c'est un élément
00:39:56absolument essentiel
00:39:58de notre offre.
00:40:00Et on continuera
00:40:01à le développer
00:40:02parce que ça permet
00:40:03encore une fois
00:40:04de donner de la visibilité
00:40:06au monde agricole.
00:40:07Sur le sujet du Mercosur,
00:40:08j'avais été le premier
00:40:09à m'exprimer
00:40:10dans une position
00:40:11qui par ailleurs
00:40:11est un peu différente
00:40:12de mes collègues
00:40:13parce que moi je suis au Brésil.
00:40:14Je suis même
00:40:15le premier distributeur
00:40:16au Brésil.
00:40:18Et ne disons pas
00:40:19qu'il n'y aura jamais
00:40:19de produits brésiliens
00:40:20en France
00:40:21parce que c'est déjà pas vrai.
00:40:23Le soja,
00:40:25a priori,
00:40:25on n'en a pas en France.
00:40:26Les oranges,
00:40:27elles viennent aussi de là.
00:40:28Donc il y aura toujours
00:40:29des produits brésiliens
00:40:29qui viendront de France
00:40:30et d'ailleurs,
00:40:30il faut s'en féliciter,
00:40:31c'est une agriculture
00:40:32qui ne doit pas être stigmatisée.
00:40:34En revanche,
00:40:34sur la question principale
00:40:36qui est celle de la viande,
00:40:37j'ai dit une chose très simple.
00:40:38Quand je suis au Brésil,
00:40:39j'achète de la viande brésilienne
00:40:41qui encore une fois
00:40:41ne doit pas être stigmatisée.
00:40:43Quand je suis en France,
00:40:44j'achète de la viande française.
00:40:45Ce n'est pas plus compliqué que ça.
00:40:46L'objectif,
00:40:47c'est de se fournir
00:40:47dans les viandes de nos pays
00:40:49et c'est comme ça
00:40:50que ça fonctionne.
00:40:51Les 25% de parts de marché,
00:40:53vous avez raison,
00:40:53c'est un objectif important pour nous.
00:40:55C'est un objectif
00:40:56qui dit compétitivité,
00:40:58qui dit capacité
00:40:59à développer des offres importantes,
00:41:00à développer de nouveaux magasins,
00:41:02à être compétitif
00:41:02sur les prix aussi,
00:41:03mais aussi avoir
00:41:04des éléments de singularité
00:41:05sur le frais,
00:41:07sur la marque propre,
00:41:07sur le bio.
00:41:09Sur l'essence,
00:41:11pardon parce que ça fait
00:41:12deux fois que j'ai la question,
00:41:13ne croyez pas que je l'évite du tout
00:41:14parce qu'en plus,
00:41:15elle est très simple pour nous.
00:41:17Le sujet est très facile.
00:41:19Je négocie tous les jours.
00:41:20Aujourd'hui,
00:41:21je négocie sur la base des cours
00:41:23qui ont un peu baissé,
00:41:24vous l'avez vu ce matin.
00:41:25Ça sera dans mes stations
00:41:28dans deux jours.
00:41:29La marge que je prends là-dessus
00:41:31est extraordinairement faible.
00:41:32Elle est de 1 ou 2 centimes.
00:41:34C'est toujours la même.
00:41:35Pourquoi ?
00:41:35Parce que c'est un produit d'appel
00:41:36extraordinairement fort
00:41:38et que nous ne margeons pas
00:41:40sur cette activité
00:41:401 ou 2 centimes,
00:41:42ce qui couvre un certain nombre
00:41:43de frais,
00:41:44mais pas plus.
00:41:45Je n'ai pas à prendre
00:41:46d'engagement supplémentaire
00:41:47parce qu'en dessous,
00:41:48ça voudra dire que je vends à perte,
00:41:49mais je continuerai
00:41:49à prendre une marge
00:41:50extraordinairement faible.
00:41:52Merci,
00:41:52M. le Président,
00:41:53directeur général.
00:41:54Pour le groupe
00:41:54de la droite républicaine,
00:41:55M. Jean-Pierre Vigier,
00:41:56vous avez la parole,
00:41:57M. le député.
00:41:59Merci,
00:41:59M. le Président.
00:42:00M. le Président,
00:42:02directeur général
00:42:02et M. le secrétaire général,
00:42:05je souhaiterais replacer
00:42:06nos échanges
00:42:07dans une perspective
00:42:08essentielle
00:42:08qui est notre
00:42:09souveraineté alimentaire.
00:42:11Si nos agriculteurs
00:42:13ne vivent pas
00:42:13de leur travail,
00:42:15vous le savez,
00:42:15demain,
00:42:16nous ne produirons plus
00:42:17et nous dépendrons
00:42:18des autres
00:42:19pour nous nourrir.
00:42:20Le revenu agricole
00:42:21n'est pas seulement
00:42:22une question sociale,
00:42:23c'est aussi
00:42:24une question stratégique,
00:42:25je dis bien stratégique
00:42:26pour notre pays.
00:42:27Dans ce contexte,
00:42:29le partage de la valeur
00:42:30est central
00:42:30entre les producteurs,
00:42:33les industriels
00:42:33et les distributeurs.
00:42:35Aussi,
00:42:36le législateur a agi
00:42:37avec le relèvement
00:42:39du seuil de revente
00:42:39à perte à plus de 10%
00:42:41et l'encadrement
00:42:42des promotions
00:42:42plafonnée à 40%
00:42:44sur les produits
00:42:44du quotidien.
00:42:46Sur le terrain,
00:42:47qu'est-ce que ces mesures
00:42:48ont changé ?
00:42:49Les consommateurs
00:42:50ont-ils modifié
00:42:51leurs habitudes d'achat ?
00:42:52Sont-ils plus attentifs
00:42:54aux produits ?
00:42:55Et comment perçoivent-ils
00:42:56la valeur
00:42:57des produits ?
00:42:59Les négociations
00:43:00commerciales
00:43:00restent décisives
00:43:01pour la rémunération
00:43:02des agriculteurs.
00:43:04Aussi,
00:43:05comment Carrefour
00:43:05intègre-t-il
00:43:07ces objectifs
00:43:08dans ces négociations
00:43:09avec les industriels
00:43:10et quels outils
00:43:12garantissent
00:43:13que les coûts
00:43:13de production
00:43:14sont-ils bien pris en compte ?
00:43:16Comme certains collègues,
00:43:17je voudrais aussi
00:43:18évoquer les centrales
00:43:20d'achat européennes
00:43:21qui peuvent contourner,
00:43:22vous le savez,
00:43:23l'esprit des lois EGalim.
00:43:24Quel est aujourd'hui
00:43:25le rôle de votre centrale
00:43:26Concordis
00:43:27créée avec Système U ?
00:43:30En tant que rapporteur
00:43:31sur l'avenir
00:43:32des commerces de proximité,
00:43:33vous avez commencé
00:43:33à l'aborder,
00:43:34je souhaiterais également
00:43:35vous interroger
00:43:36sur le développement
00:43:37des enseignes alimentaires
00:43:38de proximité
00:43:39au cœur de ville.
00:43:41Quel rôle joue-t-elle
00:43:42pour l'attractivité
00:43:44notamment des centres-villes ?
00:43:45Et enfin,
00:43:46sur les produits français,
00:43:48soutenir l'origine France
00:43:49doit se voir
00:43:50dans les rayons,
00:43:51dans vos rayons.
00:43:52Quels engagements concrets
00:43:54prenez-vous
00:43:55pour renforcer leur présence
00:43:56et surtout,
00:43:57surtout,
00:43:58leur valorisation ?
00:43:59Je vous remercie.
00:44:00Merci,
00:44:01Monsieur le député.
00:44:02Merci beaucoup,
00:44:03Monsieur le député.
00:44:03Ça va me permettre
00:44:04de parler des centrales.
00:44:05Je n'ai pas répondu
00:44:06à la question
00:44:06de Madame la députée
00:44:07tout à l'heure,
00:44:07donc j'y viens vite.
00:44:10Concordis,
00:44:10c'est une centrale d'achat
00:44:11que nous avons créée
00:44:13avec U
00:44:14et avec un Allemand
00:44:15qui s'appelle RTG.
00:44:17Quelles sont les négociations
00:44:18que nous menons
00:44:18chez Concordis ?
00:44:2045 fournisseurs mondiaux.
00:44:2345 fournisseurs mondiaux.
00:44:24Dont seulement deux Français
00:44:26qui, vous verrez,
00:44:27ne sont pas tout à fait
00:44:27des petits acteurs
00:44:28puisque c'est Danone
00:44:29et Lactalis.
00:44:30Pour les 43 autres,
00:44:32il n'y a pas de matière
00:44:32première agricole.
00:44:34La seule exception,
00:44:34c'est pour Danone
00:44:35et Lactalis
00:44:35et nous avons pris
00:44:36des engagements
00:44:37de respecter
00:44:38l'ensemble des principes
00:44:39de la loi EGalim.
00:44:41Donc,
00:44:41contrairement à ce que
00:44:42parfois on dit
00:44:43et je comprends
00:44:43parce que c'est un sujet complexe,
00:44:44nous ne négocions pas
00:44:46dans ces centrales
00:44:47ni avec des petites entreprises,
00:44:49ça va de soi
00:44:49toutes les négociations
00:44:50ont lieu en France,
00:44:50ni sur la matière
00:44:51première agricole.
00:44:5243 des entreprises
00:44:54n'ont rien à voir
00:44:54avec le monde agricole,
00:44:55c'est Henkel,
00:44:56Procter & Gamble,
00:44:57Pepsi-Cola,
00:44:58Coca-Cola,
00:44:58dont vous voyez
00:44:59que le lien
00:44:59avec l'agriculture
00:45:00est assez faible.
00:45:01Vous avez raison,
00:45:03l'origine info,
00:45:05c'est extraordinairement important.
00:45:06L'origine des produits,
00:45:07la mise en avant,
00:45:08on essaye de le faire beaucoup,
00:45:09on est d'ailleurs partenaire
00:45:10d'origine info.
00:45:10Je voudrais juste
00:45:12vous faire toucher du doigt
00:45:13une contradiction
00:45:14que je suis sûr
00:45:15que vous voyez
00:45:15dans la haute loire
00:45:16mais qui est quand même
00:45:17très importante.
00:45:18Encore une fois,
00:45:19on a des concitoyens
00:45:20qui souffrent beaucoup
00:45:21de la contrainte
00:45:22de pouvoir d'achat.
00:45:23Quand ils sont face
00:45:24à une fraise française
00:45:27et à une fraise espagnole,
00:45:30le problème qu'ils ont,
00:45:31c'est qu'ils ont envie
00:45:32de la fraise française
00:45:34parce qu'ils aiment
00:45:35les agriculteurs français
00:45:36mais qu'en même temps,
00:45:36parfois,
00:45:36ils ne peuvent pas.
00:45:37Ils ne peuvent pas.
00:45:39Donc,
00:45:39s'ils veulent manger
00:45:40de la fraise en été,
00:45:41ils ne peuvent pas.
00:45:42Et donc,
00:45:42cette contradiction-là,
00:45:43elle est très forte.
00:45:44Il y a un écart
00:45:46entre je déclare
00:45:48vouloir consommer français
00:45:50et soutenir
00:45:51les agriculteurs français
00:45:51et la réalité
00:45:52de ce que je peux faire.
00:45:54Ce que je peux faire,
00:45:55parfois,
00:45:55quand il y a
00:45:56un fruit et légumes
00:45:57moins cher venu d'ailleurs,
00:45:59je l'achète.
00:46:01Pourquoi il est moins cher
00:46:02le fruit et légumes ?
00:46:03Ce n'est pas parce
00:46:04que j'achète moins cher.
00:46:05Je suis également présent
00:46:06en Espagne.
00:46:08Donc,
00:46:09pourquoi il est moins cher ?
00:46:10Parce que les charges sociales
00:46:11ne sont pas les mêmes,
00:46:12les coûts salariaux
00:46:13ne sont pas les mêmes,
00:46:14les normes ne sont pas les mêmes,
00:46:15la complexité réglementaire
00:46:17n'est pas les mêmes.
00:46:17Le décalage,
00:46:19il est lié à ça.
00:46:20Moi,
00:46:20j'achète,
00:46:22je suis présent
00:46:23dans l'ensemble
00:46:24des pays européens,
00:46:25donc je peux vous parler
00:46:25de ce que je vois en Europe.
00:46:26En Europe,
00:46:27j'achète à la même valeur
00:46:28les produits,
00:46:30mais ce que ça coûte
00:46:31au monde agricole
00:46:31n'est pas du tout
00:46:32la même chose.
00:46:33Et donc,
00:46:33en effet,
00:46:34il y a ce décalage
00:46:35de compétitivité
00:46:36de la Ferme France
00:46:37qui doit être réglé
00:46:39parce que ça met
00:46:39sous souffrance
00:46:40la Ferme France,
00:46:41compétitivité
00:46:42et donc la souveraineté alimentaire.
00:46:45Merci,
00:46:46M. Bonpart.
00:46:47Pour le groupe
00:46:48écologiste et social,
00:46:49M. François Ruffin,
00:46:50vous avez la parole,
00:46:50M. le député.
00:46:53Merci, M. le Président.
00:46:54M. le PDG,
00:46:56avec Carrefour,
00:46:57je ne positive pas.
00:46:59Vous l'avez dit,
00:47:00vous êtes le plus gros
00:47:01employeur privé du pays,
00:47:03mais vous êtes aussi
00:47:04le plus gros licencieur,
00:47:05vous êtes le plus gros
00:47:06broyeur de salariés.
00:47:08Comment ?
00:47:08Parce que depuis
00:47:108 années
00:47:10que vous êtes arrivé,
00:47:11vous désintégrez
00:47:12votre groupe.
00:47:13Vous le désintégrez
00:47:14par les franchises
00:47:16et la location-gérance.
00:47:17Sur les 1000 Carrefour Market,
00:47:1980% sont désormais
00:47:21en location-gérance.
00:47:22Et vous en prêtez
00:47:23le même chemin
00:47:24pour les hyper
00:47:25et les supermarchés.
00:47:26Il y en a déjà 40%.
00:47:28Et votre projet,
00:47:30vous nous direz
00:47:31combien il y en a
00:47:32dans votre nouveau plan stratégique
00:47:34qui vont à nouveau passer
00:47:35en franchise
00:47:36et en location-gérance.
00:47:37ce sont 52 000 salariés.
00:47:4052 000 salariés
00:47:41qui sont sortis
00:47:42de votre groupe
00:47:43depuis votre arrivée.
00:47:45Avec quelles conséquences
00:47:46pour eux ?
00:47:47La première conséquence,
00:47:49c'est une perte
00:47:49dans le porte-monnaie.
00:47:50La perte
00:47:51d'une semaine de repos,
00:47:53de 1500 euros
00:47:53de participation,
00:47:55de 400 euros
00:47:55d'intéressement,
00:47:57de 1000 euros
00:47:57sur les dimanches
00:47:58à 300%,
00:47:59de 600 euros
00:48:00sur les jours fériés.
00:48:01on est en moyenne
00:48:02sur une perte
00:48:03de 2500 à 3000 euros.
00:48:05Alors quand je vous entends
00:48:06parler de la lutte
00:48:07pour le pouvoir d'achat,
00:48:08c'est en tout cas
00:48:09pas le pouvoir d'achat
00:48:11des salariés
00:48:12qui sont passés
00:48:13en franchisés.
00:48:14Et ensuite,
00:48:15les franchisés
00:48:16dégraissent.
00:48:18Ils poussent dehors
00:48:19les anciens.
00:48:20Sur Marseille,
00:48:22au carrefour Le Merlan,
00:48:24sur 303 salariés avant,
00:48:26il y en a 180 après.
00:48:27A Bonneveine,
00:48:29309 avant,
00:48:30168 après.
00:48:32Grand Littoral,
00:48:33353 avant,
00:48:3488 après.
00:48:36C'est une division
00:48:36par deux,
00:48:37par trois,
00:48:37par quatre.
00:48:38Et du coup,
00:48:39ceux qui restent
00:48:40vont mal.
00:48:41Ils vont mal
00:48:42physiquement
00:48:43parce qu'ils ont
00:48:44plusieurs postes
00:48:44à remplir.
00:48:45Parce que le réceptionnaire
00:48:46à la place
00:48:47de juste
00:48:48accueillir les marchandises,
00:48:50il doit aller
00:48:51les mettre
00:48:51dans les magasins,
00:48:52ce qui signifie
00:48:53pour certains d'entre eux
00:48:54entre 13 à 18 kilomètres
00:48:56par jour
00:48:57à parcourir
00:48:58et en tirant
00:48:58des chariots.
00:48:59Et ils nous disent
00:49:01« J'y ai laissé mon dos
00:49:02maintenant,
00:49:03c'est mes jambes,
00:49:03avec un gonflement
00:49:05du tendon d'Achille,
00:49:06je boîte. »
00:49:08Ils vont mal
00:49:08aussi psychiquement
00:49:10parce qu'il n'y a plus
00:49:11de cadre,
00:49:11le travail est désorganisé,
00:49:13ils subissent
00:49:14de la pression,
00:49:15de la malveillance
00:49:16et donc en fait,
00:49:16on a une machine
00:49:17à inaptitude
00:49:19avec Carrefour.
00:49:20C'est celle
00:49:21qui a doué
00:49:22et nous dit
00:49:22« On a dû faire venir
00:49:23un psy
00:49:23dans le magasin,
00:49:25les salariés
00:49:26sont un bout,
00:49:26on a 10 inaptitudes
00:49:28sur les deux derniers mois. »
00:49:30Mais tout ça,
00:49:31ces salariés pressés,
00:49:33ça rapporte.
00:49:34Ça rapporte gros.
00:49:35Ça rapporte gros
00:49:36pour les actionnaires.
00:49:37C'est un cours
00:49:37qui a augmenté
00:49:38de 10% en un an,
00:49:39c'est plus 5%
00:49:40sur les dividendes,
00:49:41c'est votre propre salaire,
00:49:43M. Bompard,
00:49:44qui a augmenté
00:49:44de 50%.
00:49:45Vous êtes passé
00:49:46de 3,4 millions
00:49:47d'euros
00:49:48en 2024
00:49:49à 4,6 millions
00:49:50en 2025.
00:49:51Moi, je vous dis
00:49:52« Alignez-vous. »
00:49:53Alignez-vous
00:49:54sur les salariés
00:49:55que vous passez
00:49:56en franchise.
00:49:57Alignez vos actionnaires
00:49:58sur les salariés.
00:49:59Pour eux,
00:50:00c'est moins 10,
00:50:00moins 15,
00:50:01moins 20%
00:50:01sur leur revenu.
00:50:02Faites de même
00:50:03pour vous,
00:50:03faites de même
00:50:04pour vos actionnaires.
00:50:07Merci,
00:50:08M. le député.
00:50:11J'ai essayé
00:50:11dans le propos introductif
00:50:13de vous faire toucher
00:50:14du doigt
00:50:17la concurrence
00:50:17et la crise
00:50:18de la grande distribution.
00:50:19Vous savez
00:50:20combien j'ai fermé
00:50:20d'hypermarchés
00:50:21depuis mon arrivée ?
00:50:23Zéro.
00:50:25Quand je suis arrivé,
00:50:25le jour même
00:50:26de mon arrivée,
00:50:27il y a une chaîne
00:50:28de télévision
00:50:29qui fait aujourd'hui
00:50:30l'objet notamment
00:50:30d'une autre commission
00:50:32qui annonçait
00:50:33que j'avais un projet
00:50:33de fermeture
00:50:34de 50 magasins
00:50:35hypermarchés.
00:50:36Pourquoi l'hypermarché ?
00:50:36Parce que vous le savez,
00:50:37c'est le format
00:50:38qui est en crise.
00:50:39Pour ne pas fermer
00:50:40des hypermarchés,
00:50:41vous avez raison,
00:50:41on a essayé
00:50:42de développer
00:50:42des projets internes
00:50:43pour les relancer,
00:50:44pour trouver
00:50:45plus de compétitivité commerciale,
00:50:47mais aussi,
00:50:48on a eu recours
00:50:50à l'entrepreneuriat,
00:50:51à la franchise.
00:50:52Quand vous recevez
00:50:53mes collègues indépendants,
00:50:55Leclerc,
00:50:57Intermarché U,
00:50:58vous ne leur dites pas
00:50:59que c'est des sous-emplois,
00:51:01vous ne leur dites pas
00:51:01que ce ne sont pas
00:51:02des vrais jobs,
00:51:03vous ne dites pas
00:51:03que les conditions de travail
00:51:05sont dégradées.
00:51:05Vous avez d'ailleurs raison,
00:51:06même si les conditions
00:51:07de travail
00:51:07dans la grande distribution
00:51:08c'est un travail difficile
00:51:09de travailler dans des magasins.
00:51:11La franchise,
00:51:12ce n'est pas un mal.
00:51:14La franchise,
00:51:15ça nous a permis
00:51:16de sauver des emplois,
00:51:18ça nous a permis
00:51:18d'éviter de fermer
00:51:1950 magasins.
00:51:20Je vous laisse faire
00:51:20le calcul,
00:51:2150 magasins
00:51:22à raison de 300 collaborateurs,
00:51:24si je les avais fermés,
00:51:25vous voyez
00:51:25la conséquence sociale
00:51:26que ça aurait fait.
00:51:27On a décidé,
00:51:28pour sauver ces magasins,
00:51:30de recourir
00:51:31pour un certain nombre
00:51:31d'entre eux
00:51:32à la franchise
00:51:32et à la location-gérance.
00:51:34Comment on l'a fait ?
00:51:35On ne l'a pas fait comme ça.
00:51:36On l'a fait en négociant
00:51:38une clause sociale
00:51:39qui est d'ailleurs
00:51:39en renégociation actuellement.
00:51:41Avec qui on l'a signé ?
00:51:42On l'a signé
00:51:43avec la quasi-totalité
00:51:45des partenaires sociaux.
00:51:47À la fois,
00:51:48évidemment,
00:51:48il y a des garanties légales
00:51:49de rémunération,
00:51:50mais également,
00:51:51et ça c'est le travail
00:51:51du dialogue social,
00:51:52on a ajouté
00:51:53un certain nombre de choses,
00:51:54la mutuelle,
00:51:55la prévoyance,
00:51:56les remises sur achats,
00:51:57etc.
00:51:57C'est le travail
00:51:58du dialogue social.
00:51:59Après,
00:52:00prenons la situation.
00:52:01Vous avez raison,
00:52:01elle n'est jamais parfaite.
00:52:03Il y a des magasins
00:52:04où la situation
00:52:05était plus difficile.
00:52:06Mais moi,
00:52:07j'analyse chaque année,
00:52:08je fais une étude
00:52:09de l'ensemble
00:52:09des collaborateurs.
00:52:10Ce qui ne dit pas
00:52:12que les exemples concrets
00:52:13que vous avez
00:52:13sont faux d'ailleurs.
00:52:15On fait une étude
00:52:16sur l'ensemble
00:52:17des collaborateurs.
00:52:18L'ensemble des collaborateurs,
00:52:19ce n'est pas moi
00:52:19qui l'ai fait,
00:52:19c'est un institut indépendant
00:52:20et je leur dis
00:52:21quel est le niveau
00:52:22de satisfaction
00:52:22de nos collaborateurs
00:52:24un an,
00:52:25deux ans,
00:52:25trois ans,
00:52:25quatre ans,
00:52:26cinq ans après être passée.
00:52:28En général,
00:52:29au global,
00:52:29elle s'est améliorée
00:52:30par rapport
00:52:30à la situation antérieure.
00:52:31Pourquoi ?
00:52:32Parce qu'il n'y a rien
00:52:33de pire dans un magasin
00:52:34qu'être dans un magasin
00:52:34en souffrance
00:52:35qui est en crise
00:52:37et qui n'a pas d'avenir.
00:52:38Et souvent,
00:52:38les entrepreneurs,
00:52:39les franchisés,
00:52:41parce que c'est un modèle
00:52:42important dans la distribution,
00:52:43ils redonnent un avenir
00:52:44à ces magasins-là
00:52:45et ces magasins-là
00:52:46vont mieux.
00:52:46Ça ne signifie pas
00:52:47qu'il n'y a pas d'inquiétude,
00:52:48évidemment,
00:52:49vous avez raison
00:52:49de le mentionner,
00:52:50mais au global,
00:52:52la situation des salariés
00:52:53s'est améliorée.
00:52:54Par ailleurs,
00:52:54je me permets
00:52:55de vous faire toucher
00:52:55du doigt aussi
00:52:56sur l'emploi,
00:52:57nous créons chaque année
00:52:58400 nouveaux magasins par an.
00:53:01Donc,
00:53:01aujourd'hui,
00:53:01nous avons 150 000 personnes
00:53:02qui travaillent sous enseigne
00:53:03au Carrefour.
00:53:04C'est bien plus
00:53:05que lors de mon arrivée.
00:53:07Merci,
00:53:08M. Bonpar.
00:53:08Pour le groupe des démocrates,
00:53:10M. Pascal Lecamp,
00:53:11vous avez la parole,
00:53:11M. le député.
00:53:12Merci,
00:53:13M. le Président,
00:53:13M. le Président,
00:53:15M. le Président-Directeur Général,
00:53:15M. le Secrétaire Général,
00:53:17chers collègues.
00:53:17Je tiens tout d'abord
00:53:18à saluer la présence
00:53:19à côté de mon collègue
00:53:21Philippe Bollot,
00:53:21une des dernières présentes
00:53:22dans cette commission
00:53:23puisqu'il a été élu
00:53:24maire d'Avrier
00:53:25de Haute-Lutte
00:53:26dimanche dernier.
00:53:27Ça me fait très plaisir
00:53:28qu'il vienne nous revoir.
00:53:30Il y a un magasin Carrefour
00:53:32à Avrier.
00:53:32Tout à fait.
00:53:33C'est pour ça
00:53:38sur les enjeux agricoles
00:53:40en raison de la grande préoccupation
00:53:41qui est la nôtre
00:53:42face aux difficultés
00:53:43de certains agriculteurs
00:53:44à vivre de leur métier.
00:53:46En premier lieu,
00:53:47depuis 2018,
00:53:48vous le savez,
00:53:48nous avons bâti
00:53:49avec les lois EGALIM
00:53:50un cadre destiné
00:53:51à stopper la guerre des prix,
00:53:52destructrice de valeur
00:53:53et à protéger
00:53:54le revenu de nos agriculteurs.
00:53:55Pourtant,
00:53:56les marges agricoles
00:53:56continuent d'apparaître souvent
00:53:58comme une variable d'ajustement
00:53:59même si vous êtes revenu dessus
00:54:01tout à l'heure.
00:54:02Quelle vision portez-vous
00:54:02dans les futurs développements
00:54:04législatifs dans ce domaine,
00:54:05en particulier
00:54:06dans la partie
00:54:07qui la concernera
00:54:08dans la future loi
00:54:09d'urgence agricole ?
00:54:10En deuxième lieu,
00:54:11je souhaitais mettre l'accent
00:54:12sur un secteur
00:54:12qui a particulièrement souffert,
00:54:14vous l'avez dit tout à l'heure,
00:54:15malgré la trajectoire
00:54:17de développement
00:54:17que nous soutenons
00:54:18et qui me tient particulièrement
00:54:19à cœur,
00:54:20c'est l'agriculture biologique.
00:54:21Pendant trois ans,
00:54:22la consommation bio a baissé
00:54:23en grande distribution
00:54:24partout en France.
00:54:26Elle a repris en 2025
00:54:27mais timidement
00:54:29et de manière plus faible
00:54:30chez vous
00:54:30que la reprise
00:54:32de consommation bio
00:54:33en vente directe
00:54:34ou en magasin bio.
00:54:35Or,
00:54:35on sait que la consommation
00:54:37détermine la production
00:54:38et que la consommation
00:54:39dépend bien évidemment
00:54:40de l'offre faite
00:54:41aux consommateurs.
00:54:43Quelle est l'évolution
00:54:43du linéaire bio
00:54:44à l'échelle du groupe ?
00:54:45Quelle est celle
00:54:46que vous envisagez ?
00:54:47Quelle perspective
00:54:48avez-vous dans ce domaine ?
00:54:49Comment expliquez-vous
00:54:50la différence
00:54:51entre la croissance
00:54:52timide en grande distribution,
00:54:53environ 3%,
00:54:54et une reprise
00:54:55plutôt dynamique positive
00:54:57dans les autres réseaux
00:54:58de distribution
00:54:59de 6 à 7% ?
00:55:00Enfin,
00:55:01je souhaite vous interroger
00:55:02sur la vision
00:55:03de votre groupe
00:55:04quant à l'aménagement
00:55:05du territoire.
00:55:05Nous sommes plusieurs députés
00:55:07très ruraux ici.
00:55:09Longtemps,
00:55:09nous avons opposé
00:55:10commerçants du centre-ville
00:55:11et hypermarchés
00:55:12en périphérie,
00:55:13responsables
00:55:14de la dévitalisation
00:55:15des zones de commerce
00:55:16historique,
00:55:16en tout cas,
00:55:17c'est ce qui est dit,
00:55:18en particulier
00:55:18dans la ruralité.
00:55:19Et je le constate
00:55:20dans ma petite ville
00:55:21de Sivray.
00:55:22Avrier, Sivray.
00:55:23Il n'y a pas de carrefour
00:55:24chez moi.
00:55:25Aujourd'hui,
00:55:26une nouvelle fracture apparaît
00:55:27entre commerce physique
00:55:29et commerce en ligne,
00:55:31particulièrement
00:55:31dans les zones rurales,
00:55:32confrontées à de forts
00:55:33forts enjeux de mobilité.
00:55:35Quelle est votre vision
00:55:36de l'avenir du maillage
00:55:37territorial de votre groupe
00:55:39Carrefour,
00:55:39en particulier dans les centres
00:55:41bourgs ruraux,
00:55:42face à cette évolution ?
00:55:44Je vous remercie.
00:55:45Merci,
00:55:45M. le député,
00:55:46en attendant d'aller inaugurer
00:55:47un magasin dans votre commune.
00:55:51Merci,
00:55:51M. le député,
00:55:52et bravo,
00:55:52M. le maire.
00:55:54Le bio,
00:55:55c'est mon combat
00:55:55depuis mon arrivée.
00:55:57J'avais fixé l'objectif
00:55:58que nous soyons
00:55:59le premier acteur
00:56:00au monde
00:56:01en termes de vente bio
00:56:02et c'est le cas.
00:56:04On est le premier acteur
00:56:05et évidemment,
00:56:06on est de loin
00:56:06le premier acteur en France.
00:56:08On l'est à la fois
00:56:09en bio généraliste
00:56:10et en bio spécialiste
00:56:11puisque j'ai moi aussi
00:56:12des enseignes bio spécialistes.
00:56:14Bio, c'est bon,
00:56:14c'est au bio.
00:56:16C'est un très bon exemple
00:56:17de la contradiction
00:56:18que j'évoquais tout à l'heure.
00:56:19Quand la tension
00:56:20sur le pouvoir d'achat
00:56:21s'est faite absolue
00:56:22pour les ménages français,
00:56:23la consommation bio
00:56:24a ralenti très fortement.
00:56:27Quand la contrainte
00:56:28s'est un tout petit peu
00:56:29desserrée
00:56:30et que le pouvoir d'achat
00:56:31s'est un petit peu reconstitué,
00:56:32le bio est reparti.
00:56:33Il repart toujours
00:56:34plus vite
00:56:35dans les bio spécialistes,
00:56:36j'en ai,
00:56:37que dans le bio généraliste
00:56:38parce qu'en fait
00:56:39cette contrainte d'achat
00:56:40elle pèse plus
00:56:41sur les clients
00:56:42qui viennent tous les jours
00:56:43dans des hypermarchés
00:56:44qu'en bio spécialiste
00:56:45où il y a un peu plus
00:56:46de pouvoir d'achat.
00:56:47Mais néanmoins,
00:56:48même dans mes grands hypermarchés,
00:56:50etc.,
00:56:51je vois dans des bio expériences
00:56:52que nous avons
00:56:53dans les hypermarchés
00:56:54et dans les supermarchés
00:56:55le bio repartir.
00:56:56La question c'est
00:56:56si l'inflation revenait
00:56:58à l'occasion
00:56:58de la crise actuelle,
00:56:59quels seraient les faits là-dessus ?
00:57:00Mais soyez sûrs
00:57:01que notre engagement
00:57:02sur le bio,
00:57:02il est total.
00:57:03C'est vraiment
00:57:04le combat numéro un
00:57:06que nous avons
00:57:06avec les produits frais,
00:57:07c'est sur le bio.
00:57:08Vous avez raison
00:57:09de m'interroger
00:57:10sur physique et digital
00:57:11et je me permets d'ailleurs
00:57:12d'attirer votre attention
00:57:13sur les conséquences
00:57:15qui restent mortifères
00:57:16du développement
00:57:17de Shine et Temu.
00:57:19Le député M. Ruffin
00:57:21m'interrogeait tout à l'heure
00:57:22sur les conséquences
00:57:22en emploi.
00:57:23Je veux vous dire
00:57:24combien Shine et Temu
00:57:25ont tué,
00:57:27ont détruit des emplois
00:57:29depuis deux ans
00:57:30à un rythme effrayant
00:57:32dans des filières entières,
00:57:35que ce soit
00:57:36dans le monde du textile,
00:57:38que ce soit
00:57:39dans des produits
00:57:40électroménagers,
00:57:40etc.
00:57:41Moi qui suis présent
00:57:42dans tous les territoires
00:57:43et qui ai des centres commerciaux,
00:57:45je vois la destruction
00:57:46quotidienne.
00:57:47Il n'y a pas une semaine
00:57:48où vous n'avez pas
00:57:49une enseigne spécialiste
00:57:50de textile
00:57:50qui met la clé
00:57:53sous le paillasson
00:57:55parce qu'ils ne peuvent plus
00:57:57tenir.
00:57:58Et donc,
00:57:58la bataille contre Shine et Temu,
00:58:00elle est absolue,
00:58:01elle est absolument essentielle.
00:58:03Il faut taxer
00:58:04ces entreprises
00:58:05très puissamment,
00:58:06il faut les contrôler
00:58:07très puissamment,
00:58:08elles ne respectent
00:58:09aucune norme
00:58:10de sécurité
00:58:12et toutes les normes
00:58:13qui s'appliquent à nous
00:58:14et donc vous devez
00:58:14faire ce travail,
00:58:15j'en appelle à la représentation
00:58:16parlementaire,
00:58:17parce que les conséquences
00:58:19en termes d'emplois,
00:58:20les destructions de valeurs,
00:58:21les conséquences environnementales
00:58:22du développement
00:58:23de ces plateformes,
00:58:23dans deux ans,
00:58:24trois ans,
00:58:25cinq ans,
00:58:25ça sera beaucoup trop tard.
00:58:26C'est déjà trop tard
00:58:27pour beaucoup d'acteurs
00:58:28et c'est déjà trop tard
00:58:29pour beaucoup de vos territoires
00:58:30parce que ce sont
00:58:31des industries aussi,
00:58:33on le voit notamment
00:58:33dans le domaine du textile
00:58:34ou dans le domaine du jouet,
00:58:36cette bataille-là,
00:58:36elle est absolument importante
00:58:37et on a besoin
00:58:38de votre soutien là-dessus.
00:58:39Merci,
00:58:40M. Bonpas.
00:58:42Pour le groupe Horizon,
00:58:44M. Thierry Benoît,
00:58:45vous avez la parole,
00:58:46M. le député.
00:58:47Merci, M. le Président.
00:58:49M. Bompard,
00:58:50M. le Président,
00:58:50Directeur Général
00:58:51du groupe Carrefour,
00:58:53vous avez expliqué
00:58:53dans le propos liminaire
00:58:55que le secteur
00:58:56de la distribution
00:58:57est trop souvent abordé
00:58:59sous l'angle
00:59:00de la suspicion
00:59:01et je partage
00:59:03assez votre point de vue.
00:59:05C'est vrai
00:59:05qu'on suspecte,
00:59:07enfin, personnellement,
00:59:09en tant que parlementaire,
00:59:09pour m'intéresser
00:59:10au sujet
00:59:11des négociations commerciales,
00:59:12on s'interroge,
00:59:13disons,
00:59:13plus qu'on vous suspecte.
00:59:15Mais en même temps,
00:59:16depuis un demi-siècle,
00:59:18le secteur de la distribution
00:59:19en France,
00:59:20c'est un écosystème
00:59:22qui a pris
00:59:23une importance
00:59:24déterminante.
00:59:26Les secteurs
00:59:27de la distribution
00:59:27sont propriétaires
00:59:29d'ensembles fonciers
00:59:30et immobiliers
00:59:31importants.
00:59:32vous avez des galeries
00:59:33marchandes,
00:59:34vous avez le système
00:59:35de franchise
00:59:36ou de location-gérance,
00:59:38les négociations commerciales,
00:59:39vous avez vos marques
00:59:40distributeurs,
00:59:41le système
00:59:42de groupement
00:59:43à l'archat,
00:59:44le système
00:59:45des centrales services.
00:59:46Donc,
00:59:46un écosystème
00:59:47qui est très compliqué,
00:59:48très complexe,
00:59:50qui, je dirais,
00:59:52suscite la suspicion.
00:59:53La première observation,
00:59:55comment vous pouvez
00:59:56simplifier ce fait ?
00:59:59Le deuxième point,
01:00:00vous avez dit,
01:00:01mon métier,
01:00:01donner du pouvoir
01:00:02d'achat
01:00:03aux consommateurs français,
01:00:05assurer le revenu
01:00:06aux agriculteurs.
01:00:07C'est presque
01:00:08le même métier
01:00:08qu'un ministre.
01:00:09C'est ce qui explique
01:00:10sans doute
01:00:11que tous les matins,
01:00:12sur les matinales
01:00:13radio ou télé,
01:00:14on a un représentant
01:00:15de la grande distribution.
01:00:16Thierry Cotillard,
01:00:18Alexandre Bompard,
01:00:19Michel-Édouard Leclerc,
01:00:20Denis Chelcher,
01:00:21les grands de la distribution
01:00:23s'expriment tous les jours
01:00:24sur l'actualité.
01:00:26Et je le comprends,
01:00:27parce que votre rôle,
01:00:27il est le même
01:00:28qu'un ministre.
01:00:29de nos jours,
01:00:30de l'agriculture
01:00:30ou du commerce.
01:00:32Première question simple,
01:00:33est-ce que dans la crise
01:00:35iranienne que l'on vit
01:00:36aujourd'hui,
01:00:38vous, en tant qu'acteur
01:00:39de la distribution,
01:00:39vous seriez prêt
01:00:40à aller au carburant
01:00:42à prix coûtant,
01:00:43même si c'est une affaire
01:00:44de quelques centimes,
01:00:45mais puisque chaque centime
01:00:46compte en ce moment,
01:00:47est-ce qu'on ne pourrait
01:00:48pas imaginer
01:00:49un geste politique,
01:00:51un geste commercial,
01:00:52carburant à prix coûtant ?
01:00:54Le deuxième point
01:00:55que je voudrais aborder,
01:00:56ce sont les traités
01:00:57de libre-échange
01:00:58internationaux.
01:01:00par principe,
01:01:01je ne m'oppose pas
01:01:02à ce que l'Union européenne
01:01:03négocie avec différentes
01:01:05parties du monde
01:01:07les transactions,
01:01:08les produits agricoles
01:01:09que nous produisons
01:01:11ou les produits industriels.
01:01:13Mais est-ce qu'on pourrait imaginer
01:01:15qu'un acteur
01:01:16de la grande distribution
01:01:16comme vous,
01:01:17très important,
01:01:18Carrefour,
01:01:19puissiez travailler
01:01:20avec les industriels
01:01:22pour améliorer
01:01:23la question
01:01:24de l'étiquetage ?
01:01:25Moi, je pense
01:01:25que nous allons gagner
01:01:28en confiance.
01:01:29Si on est capable
01:01:30d'expliquer aux consommateurs,
01:01:31vous avez là
01:01:32un cordon bleu
01:01:33qui est fait
01:01:33avec du poulet brésilien.
01:01:35Par contre,
01:01:35celui-là,
01:01:36c'est un cordon bleu
01:01:36qui est fait
01:01:37avec un poulet français.
01:01:39Il faut pouvoir
01:01:39améliorer cette question.
01:01:41Dernier point,
01:01:41les négociations commerciales.
01:01:43Moi, je souhaiterais,
01:01:44puisque le système
01:01:45est complexe,
01:01:46pourquoi on ne sépare pas
01:01:48dans les négociations commerciales
01:01:49les centrales services
01:01:51internationales
01:01:51des centrales,
01:01:52donc groupements d'achats ?
01:01:54Merci,
01:01:54M. le député.
01:01:55M. le ministre.
01:01:59Simplifier mon groupe.
01:02:02Oui, bien sûr,
01:02:03mais mon groupe.
01:02:05J'en rêve,
01:02:06mais vous voyez,
01:02:06en effet,
01:02:06que nous avons
01:02:07beaucoup de métiers,
01:02:08beaucoup de territoires,
01:02:09beaucoup de métiers,
01:02:10beaucoup d'actifs.
01:02:12Je crois que plus
01:02:12que simplifier le groupe,
01:02:14il faut expliquer mieux
01:02:15notre rôle.
01:02:17Et j'en prends
01:02:19la responsabilité.
01:02:20Je pense que dans le passé,
01:02:21la grande distribution
01:02:22a eu le tort,
01:02:23quand d'ailleurs,
01:02:24tout marchait bien à l'époque,
01:02:25pour vivre heureux,
01:02:26vivons cachés,
01:02:27de ne pas assez expliquer
01:02:28quels étaient les métiers,
01:02:29quels étaient les rôles,
01:02:30quel était le rôle
01:02:31d'intégration sociale,
01:02:32comment ça favorise
01:02:33la promotion sociale,
01:02:34comment ça travaille
01:02:34avec le monde agricole,
01:02:36quels sont les engagements RSE,
01:02:37quels sont les engagements climatiques.
01:02:39On doit mieux expliquer
01:02:40et ça,
01:02:40c'est absolument essentiel.
01:02:43Sur le sujet
01:02:46de l'essence,
01:02:47je ne vous étonnerai pas.
01:02:49Moi, je crois beaucoup
01:02:50à la concurrence.
01:02:51On est très concurrents.
01:02:53Dites-vous ça,
01:02:54on s'entend pas trop mal
01:02:55entre nous,
01:02:56même bien,
01:02:57personnellement,
01:02:57mais en revanche,
01:02:58la concurrence,
01:02:59elle est là tous les jours.
01:03:00Tous les jours,
01:03:01moi, je regarde le prix
01:03:02et mes équipes
01:03:04de ce qui se passe
01:03:05dans la station essence
01:03:06de Leclerc,
01:03:07d'intermarché,
01:03:08de U,
01:03:08de Total,
01:03:09territoire par territoire,
01:03:11dans les zones rurales,
01:03:11dans les zones urbaines,
01:03:13etc.
01:03:13et on fixe le prix.
01:03:15Et donc,
01:03:15ce qui est le plus efficace,
01:03:18c'est que chacun
01:03:19ait son libre arbitre commercial.
01:03:21Par exemple,
01:03:22moi,
01:03:23je fais des remises
01:03:24de 5%
01:03:25pour ceux qui portent
01:03:26la carte Carrefour.
01:03:27Ce sont plusieurs millions
01:03:28de nos clients.
01:03:29On a un objectif
01:03:30d'atteindre 14 millions
01:03:31de clients.
01:03:31Et donc,
01:03:32on a cette dynamique-là,
01:03:345% de remise
01:03:35sur l'essence
01:03:35à travers la carte Carrefour.
01:03:37D'autres ont d'autres mécaniques.
01:03:38Et c'est efficace
01:03:40pour baisser les prix alimentaires,
01:03:42mais aussi sur l'essence.
01:03:44Sur l'étiquetage
01:03:45et l'information,
01:03:45vous avez absolument raison.
01:03:46Tout ce qui donne
01:03:47de l'information
01:03:48sur l'origine des produits
01:03:50et sur l'origine
01:03:51à la fois géographique
01:03:53et même sur l'identité nutritionnelle
01:03:57est essentielle.
01:03:57Nous,
01:03:58on a annoncé que,
01:03:59par exemple,
01:03:59nous allions étiqueter
01:04:00sur la marque Carrefour
01:04:02lorsque les produits
01:04:03sont ultra transformés.
01:04:05De manière à ce que
01:04:06le client se dise
01:04:06quand j'achète ce produit,
01:04:07je sais que c'était
01:04:08que des ingrédients simples
01:04:10ou alors c'est des ingrédients
01:04:11ultra transformés.
01:04:12Il faut donner
01:04:12de l'information
01:04:13à nos clients
01:04:14à la fois sur l'origine géographique
01:04:15et sur l'identité nutritionnelle.
01:04:18Merci,
01:04:19M. le Président,
01:04:19Directeur Général.
01:04:20Pour le groupe
01:04:20Liberté indépendant
01:04:21Outre-mer et Territoire,
01:04:22M. David Topiak,
01:04:23vous avez la parole,
01:04:24M. le député.
01:04:25Merci, M. le Président.
01:04:26M. le Président,
01:04:27Directeur Général.
01:04:28Les négociations commerciales
01:04:29sont terminées
01:04:30depuis le 1er mars
01:04:31et les industriels
01:04:33nous remontent déjà
01:04:34des informations
01:04:35sur des dérives
01:04:36qu'ils ont constatées
01:04:37avec les centrales d'achat.
01:04:39Sur les pratiques déloyales
01:04:40pour contraindre
01:04:41les industriels
01:04:42à négocier coûte que coûte,
01:04:44notamment avec des arrêts
01:04:45des réductions
01:04:46en normales de commandes
01:04:47ou des déferencements
01:04:49partiels ou totaux.
01:04:52Également,
01:04:52des déflations
01:04:54sur les prix
01:04:54alors que les industriels
01:04:55arrivaient
01:04:56avec des petites hausses
01:04:57de 3%.
01:04:58A priori,
01:04:59nous sommes sur une déflation
01:05:01sur une majorité
01:05:02des négociations
01:05:03alors que vous annoncez
01:05:04vous-même
01:05:04une augmentation,
01:05:05une inflation
01:05:06dans vos rayons
01:05:06de l'ordre de 1%.
01:05:09Le respect également
01:05:10de la sanctuarisation
01:05:10de la matière première
01:05:11dans la construction
01:05:12des prix
01:05:12qui s'est effondrée
01:05:14en 3 ans
01:05:14et divisé par 2,5
01:05:16si on constate
01:05:16les chiffres de cette année
01:05:18et un refus
01:05:19de la prise en compte
01:05:20de cette matière première
01:05:21dans l'industrie
01:05:23commerciale
01:05:24dans une majorité des cas.
01:05:25Des plans d'affaires
01:05:26également
01:05:27dont les volumes
01:05:27ne sont pas garantis,
01:05:29des perspectives
01:05:29qui ne permettent pas
01:05:30d'ajuster
01:05:31pour les industriels
01:05:32des prix à la baisse
01:05:34et puis enfin
01:05:35de manière générale
01:05:36une gravation
01:05:36de toutes ces pratiques
01:05:37sur les centrales d'achat
01:05:38qui sont basées
01:05:39à l'étranger
01:05:39et qui échappent
01:05:40aux droits français.
01:05:41Les contrats prévoient
01:05:43en effet exclusivement
01:05:43l'application du droit
01:05:44du pays d'implantation
01:05:45de la centrale d'achat
01:05:46alors que la loi française
01:05:48impose bien
01:05:48que les produits vendus
01:05:49en France
01:05:49doivent respecter
01:05:50la loi française.
01:05:52Je prendrai
01:05:53le document d'enregistrement
01:05:54de 2024
01:05:55dans lequel vous écrivez
01:05:56qu'en 2024
01:05:57face à une crise agricole
01:05:58majeure en France
01:05:59Carrefour a réaffirmé
01:06:00son engagement
01:06:01vers les agriculteurs.
01:06:02Le groupe a exprimé
01:06:03son soutien
01:06:04aux mesures législatives
01:06:05qui amèneront
01:06:06plus de transparence
01:06:07dans les relations
01:06:07entre le monde agricole,
01:06:09l'industrie
01:06:10et les acteurs
01:06:10de la grande distribution
01:06:11et s'est déclaré favorable
01:06:13à l'intégration
01:06:13des coûts de production
01:06:14et à la formulation
01:06:15des prix
01:06:15dans la mesure
01:06:16où cette approche
01:06:17s'impose à tous.
01:06:18Il s'est également engagé
01:06:19à la transparence tarifaire
01:06:21et à l'observatoire
01:06:22des marges et des prix
01:06:22pour mieux comprendre
01:06:24les répartitions
01:06:24de la valeur
01:06:25à condition là aussi
01:06:26que tous les acteurs
01:06:27y soient associés.
01:06:29Donc sans faire preuve
01:06:30de suspicion
01:06:31mais plutôt
01:06:32de transparence
01:06:33monsieur le PDG,
01:06:34pourriez-vous nous donner
01:06:35vos chiffres
01:06:36sur le bilan
01:06:37des négociations
01:06:37et cet écart
01:06:39que nous constatons
01:06:39entre les informations
01:06:40remontées
01:06:41des industriels
01:06:41agroalimentaires
01:06:42et de vos engagements
01:06:44RSE
01:06:45au sein de l'entreprise
01:06:46afin que nous puissions
01:06:47avoir une vision claire
01:06:48de la réalité
01:06:49des choses
01:06:50sur l'évolution
01:06:51des prix,
01:06:51des volumes
01:06:51et la sanctuarisation
01:06:53du prix
01:06:54de la matière
01:06:55première agricole.
01:06:57Merci monsieur le député.
01:06:59Monsieur le député,
01:06:59je vous remercie
01:07:00de relayer
01:07:01avec beaucoup de soin
01:07:02les propos
01:07:03des grands industriels
01:07:04agroalimentaires
01:07:06mondiaux d'ailleurs.
01:07:07Est-ce que vous savez
01:07:08ce qui se passerait
01:07:09si je ne négociais pas ?
01:07:11Admettons,
01:07:11je ne négocie pas.
01:07:13Je prends
01:07:13ce que vous appelez
01:07:15les 3 à 5%
01:07:17qui me sont présentés
01:07:18quand ils arrivent
01:07:19en négociation.
01:07:20Qu'est-ce qui se passerait
01:07:21sur les prix ?
01:07:22Je ne peux pas
01:07:23les endosser.
01:07:24Ça veut dire
01:07:24que l'inflation
01:07:24serait de 5%.
01:07:25Je crois
01:07:26qu'aucun
01:07:27de nos concitoyens
01:07:28souhaite que l'inflation
01:07:29alimentaire
01:07:30soit de 5%.
01:07:31Donc,
01:07:31qu'est-ce que je fais ?
01:07:33Qu'est-ce que c'est
01:07:33mon rôle ?
01:07:35Négocier.
01:07:35Vous avez raison.
01:07:36Ce n'est pas un vilain mot.
01:07:38Négocier,
01:07:39mais contrairement
01:07:40à ce qu'on vous a dit,
01:07:42je ne négocie pas
01:07:43avec les producteurs
01:07:44et je ne négocie
01:07:45même pas d'ailleurs
01:07:46sur la matière
01:07:47première agricole.
01:07:48Dans les centrales d'achat,
01:07:49comme je vous le disais,
01:07:50je négocie
01:07:51avec 45 acteurs mondiaux.
01:07:53Si je vous donnais
01:07:54la liste
01:07:54des 45 acteurs mondiaux,
01:07:56vous verriez
01:07:56qu'il n'y en a aucun
01:07:57d'entre eux
01:07:58sur lequel vous seriez
01:07:58très inquiet du futur.
01:08:00Et d'ailleurs,
01:08:01vous vous diriez
01:08:01mais quel est le lien
01:08:02avec le monde agricole ?
01:08:03Et vous auriez raison.
01:08:04Henkel,
01:08:05Procter & Gamble,
01:08:07Pepsi-Cola,
01:08:08Coca-Cola,
01:08:09Heineken,
01:08:09le lien avec la matière
01:08:10agricole française
01:08:11est assez limité.
01:08:13Et je revendique
01:08:14le fait que
01:08:15quand je discute
01:08:16avec eux,
01:08:16je dois bien négocier
01:08:18parce que je dois
01:08:18rendre du pouvoir d'achat.
01:08:20Si je ne négocie pas,
01:08:22les prix explosent.
01:08:24Et donc,
01:08:24je continuerai
01:08:25à négocier
01:08:27dans les centrales d'achat
01:08:28avec les grands fournisseurs
01:08:30mondiaux
01:08:30et à ne pas négocier
01:08:31la matière première agricole.
01:08:33En revanche,
01:08:33je reprends absolument
01:08:34votre point
01:08:35et vous avez tout à fait raison.
01:08:36La transparence
01:08:37est essentielle.
01:08:37Pour que la transparence
01:08:38soit là,
01:08:39il faut que nous connaissions
01:08:41le prix de la matière
01:08:42première agricole.
01:08:42Et si je peux me permettre,
01:08:43il faut que la matière
01:08:44première agricole
01:08:45soit française.
01:08:47Et puisque vous allez
01:08:48bientôt légiférer,
01:08:49je vous demande
01:08:51d'être très vigilant
01:08:52au fait qu'il est assez
01:08:54illogique que je ne négocie
01:08:56pas la matière
01:08:56première agricole
01:08:58polonaise,
01:08:59allemande,
01:09:00italienne,
01:09:00pour des produits
01:09:00qui pourraient venir
01:09:01en France.
01:09:02Donc assurez-vous
01:09:03que les industriels
01:09:03agroalimentaires
01:09:04nous donnent bien
01:09:05à la fois la valeur
01:09:06de la matière
01:09:07première agricole
01:09:08et que cette matière
01:09:08première agricole
01:09:09soit française.
01:09:10Après,
01:09:11sur le résultat
01:09:11des négociations,
01:09:12comme vous l'avez
01:09:13parfaitement compris,
01:09:13c'est une donnée concurrentielle
01:09:15un peu importante
01:09:15mais je vous ai dit
01:09:17les prix augmenteront
01:09:18très peu
01:09:19avant en tout cas
01:09:21éventuel retour
01:09:21de l'inflation
01:09:22mais j'espère
01:09:22qu'elle sera très faible.
01:09:23Aujourd'hui,
01:09:24nous sommes entre 0 et 1%.
01:09:27Merci M. Bompard.
01:09:28Pour le groupe
01:09:29de la gauche démocrate
01:09:30et républicaine,
01:09:30M. Julien Bruggerolle,
01:09:31vous avez la parole,
01:09:32M. le député.
01:09:33Merci M. le Président.
01:09:35M. le Président Bompard,
01:09:37je vais vous dire
01:09:37que votre audition
01:09:38laisse un sentiment
01:09:39assez clair,
01:09:40c'est celui
01:09:40d'un décalage
01:09:41entre votre discours
01:09:42lycée
01:09:43et puis la réalité
01:09:44vécue
01:09:45par vos salariés,
01:09:47par les consommateurs,
01:09:48par les agriculteurs
01:09:49et par les fournisseurs.
01:09:51Vous avez redit
01:09:52que la grande distribution
01:09:54était souvent vue
01:09:55sous l'angle
01:09:55de la suspicion
01:09:56diabolisée
01:09:57mais on parle
01:09:59d'un secteur
01:09:59qui joue un rôle
01:10:00absolument central
01:10:01dans la formation
01:10:02des prix,
01:10:02notamment alimentaire,
01:10:04alors que les Français
01:10:05ont subi
01:10:06une très forte hausse
01:10:07des prix depuis
01:10:08quelques années
01:10:08et que ça accentue
01:10:09les inégalités sociales
01:10:11dans le pays.
01:10:12Alors je voudrais
01:10:12revenir sur deux points
01:10:14qui ont été déjà abordés
01:10:15par mes collègues
01:10:16mais le premier point
01:10:17est la question
01:10:17de la répartition
01:10:18de la valeur
01:10:19et de votre stratégie
01:10:20financière.
01:10:21Vous affirmez régulièrement
01:10:22que vous avez des marges
01:10:23nettes très faibles
01:10:25au niveau d'un pour cent
01:10:26même vous l'avez
01:10:27redit
01:10:28lors de la commission
01:10:29d'enquête
01:10:30sénatoriale
01:10:31mais dans le même temps
01:10:32dans le cadre
01:10:32de votre nouveau
01:10:33plan stratégique
01:10:34Carrefour 2030
01:10:35vous annoncez
01:10:35un objectif
01:10:36très clair
01:10:37d'augmentation
01:10:37de votre marge
01:10:38à horizon 2030
01:10:39la poursuite
01:10:41d'une stratégie
01:10:41de conquête
01:10:42de marché
01:10:42et surtout
01:10:43vous promettez
01:10:44une politique
01:10:45démesurée
01:10:46de rémunération
01:10:47des actionnaires
01:10:48avec des distributions
01:10:49de dividendes
01:10:50en forte croissante
01:10:51qui représenterait
01:10:52entre 50 et 60%
01:10:54du résultat net
01:10:55c'est dans votre plan.
01:10:56Ma question est simple
01:10:57où allez-vous donc
01:10:58chercher ces marges
01:10:59supplémentaires
01:10:59et cette politique
01:11:00de rémunération
01:11:01des actionnaires
01:11:01sur les prix payés
01:11:02aux consommateurs
01:11:03sur la rémunération
01:11:04des producteurs agricoles
01:11:06ou sur les fournisseurs
01:11:07notamment nos TPE
01:11:08PME
01:11:09et ETI
01:11:09françaises.
01:11:11Sur le terrain
01:11:11ce que nous disent
01:11:12ces acteurs
01:11:13est très différent
01:11:14de votre discours
01:11:14ils nous parlent
01:11:15de pression
01:11:15dans les négociations
01:11:16de services imposés
01:11:18qui représenterait
01:11:19jusqu'à 40
01:11:20voire 50%
01:11:21du prix
01:11:21et d'un rapport
01:11:21de force
01:11:22profondément déséquilibré
01:11:23ma question est simple
01:11:24avez-vous des éléments
01:11:25complémentaires
01:11:26à nous apporter
01:11:27face à ces remontées ?
01:11:28Deuxième point
01:11:29ça a été précédemment abordé
01:11:31la question du modèle social
01:11:32et de l'exploitation
01:11:33de plus en plus
01:11:35de magasins
01:11:35en franchise
01:11:36ou location
01:11:36en gérance
01:11:37là aussi
01:11:37c'est dans votre plan
01:11:39avec une accélération
01:11:40sans précédent
01:11:41de la franchise
01:11:42vous le dites
01:11:43comme un outil
01:11:44de sauvegarde
01:11:45des magasins
01:11:45voire de l'emploi
01:11:46vous venez de le réaffirmer
01:11:47en réalité
01:11:48chacun sait ici
01:11:49qu'elle permet surtout
01:11:50de sortir les salariés
01:11:51du cadre social
01:11:52du groupe
01:11:53avec à terme
01:11:54une remise en cause
01:11:55de leurs droits
01:11:56la question est très politique
01:11:58monsieur Montpart
01:11:58votre stratégie
01:11:59d'amélioration
01:12:00de la remontabilité
01:12:00repose-t-elle
01:12:01oui ou non
01:12:02sur une baisse
01:12:03du coût du travail
01:12:04une externalisation
01:12:05des risques
01:12:06et des suppressions
01:12:07d'emplois
01:12:07pouvez-vous nous donner
01:12:09vos engagements
01:12:10en matière d'emploi
01:12:10d'ici 2030
01:12:11je vous remercie
01:12:13merci monsieur le député
01:12:16merci monsieur le député
01:12:17je ne vais pas revenir
01:12:18sur la réponse
01:12:18sur les centrales
01:12:19bien que je puisse
01:12:20vous en redire un mot
01:12:21nous n'imposons
01:12:23jamais aucun service
01:12:24je vous le redis
01:12:25ça concerne
01:12:2645 multinationales mondiales
01:12:28dont je me félicite
01:12:29que vous vous intéressiez
01:12:31à elles
01:12:32les noms
01:12:32ne vous inquiéteraient pas
01:12:33trop sur leur avenir
01:12:34et par ailleurs
01:12:35même à ces multinationales
01:12:36évidemment nous n'imposons
01:12:37jamais aucun service
01:12:38ça n'existe pas
01:12:38d'ailleurs
01:12:39il y a des grandes multinationales
01:12:41qui sont présentes
01:12:41chez nous
01:12:41qui ne prennent pas
01:12:42nos services
01:12:43on a une activité de service
01:12:44un peu loin à vous expliquer
01:12:45qui s'appelle CWT
01:12:46et bon nombre d'entre elles
01:12:47ne choisissent pas
01:12:48cette activité
01:12:49cette centrale de prestation
01:12:51de service
01:12:51d'autres la choisissent
01:12:52et en tout cas
01:12:52c'est 45 grandes multinationales
01:12:54mondiales
01:12:54qui ont recours
01:12:55à cette centrale d'achat
01:12:57et à cette organisation
01:12:58par centrale d'achat
01:12:59après sur votre question
01:13:01je comprends parfaitement
01:13:02votre point
01:13:02sur la franchise
01:13:04je sais les inquiétudes
01:13:05qu'elle provoque évidemment
01:13:07après encore une fois
01:13:09moi je suis absolument
01:13:10convaincu
01:13:10que le plus important
01:13:12c'est de conserver
01:13:13les emplois sur le terrain
01:13:15et quand vous avez
01:13:16des magasins
01:13:17qui pendant
01:13:19une décennie
01:13:19perdaient 5, 7, 10 millions
01:13:21d'euros
01:13:22la réalité
01:13:23c'est que
01:13:24soit vous fermez
01:13:25ces magasins
01:13:25soit vous les conservez
01:13:27quelquefois
01:13:27on les a conservés
01:13:28dans le cadre Carrefour
01:13:28on est arrivé à les sauver
01:13:30quelquefois
01:13:30on s'est dit
01:13:31le seul moyen de les sauver
01:13:32c'est la location gérante
01:13:33ou la franchise
01:13:34ne diabolisons pas
01:13:35ces entrepreneurs franchisés
01:13:37ils font leur métier
01:13:39non non j'ai bien compris
01:13:40non non non
01:13:40c'est pas vrai monsieur le député
01:13:42vous les diabolisez
01:13:43quand vous
01:13:44pardonnez moi
01:13:45non non
01:13:46monsieur Ruffin
01:13:47pardon
01:13:48on laisse monsieur Bompard
01:13:50terminer son propos
01:13:51et on ne
01:13:52puisque tout à l'heure
01:13:52vous m'avez donné des exemples
01:13:54extrêmement précis
01:13:56tout à l'heure
01:13:56vous m'avez donné des exemples
01:13:57de ce qui se passait
01:13:58dans les magasins
01:13:58quand ils sont
01:13:59gérés par des franchisés
01:14:01c'est les franchisés
01:14:02que vous mettez en cause
01:14:02c'est l'entrepreneur
01:14:03qui les dirige
01:14:04ils ne méritent pas ça
01:14:05ces franchisés
01:14:06non non non non
01:14:07excusez-moi monsieur le député
01:14:09ce sont des
01:14:09ce sont des entrepreneurs
01:14:10qui font leur métier
01:14:11comme chez Leclerc
01:14:13comme chez Intermarché
01:14:14comme chez
01:14:15exactement de la même manière
01:14:16ils font leur métier
01:14:17après monsieur le député
01:14:18vous posez une question
01:14:19sur laquelle on peut avoir
01:14:20un débat évidemment
01:14:21qui est un débat important
01:14:22qui est la question
01:14:22de la répartition de la valeur
01:14:24qui est une question
01:14:24sur laquelle on a
01:14:25évidemment
01:14:26pas tout à fait d'accord
01:14:27vous et moi
01:14:28moi mon objectif
01:14:29ma mission
01:14:30c'est d'essayer
01:14:31de trouver un équilibre
01:14:32entre la rémunération
01:14:34des salariés
01:14:35la participation
01:14:36et l'intéressement
01:14:37et la rémunération
01:14:39des investisseurs
01:14:39parce que j'ai besoin
01:14:40d'avoir des investisseurs
01:14:41qui choisissent Carrefour
01:14:42parce que plus Carrefour est puissant
01:14:44plus Carrefour se développe
01:14:45plus Carrefour investit
01:14:46on n'a pas la même vision
01:14:47sur ce sujet là
01:14:48mais c'est comme ça
01:14:49que j'essaye de trouver
01:14:49le bon curseur
01:14:51merci monsieur le président
01:14:52directeur général
01:14:53nous en avons fini
01:14:53avec les orateurs
01:14:54des groupes
01:14:54nous allons passer
01:14:55aux questions individuelles
01:14:56en une minute
01:14:58j'ai à ce stade
01:14:59monsieur Martin
01:15:00Mame Lepé
01:15:01monsieur Pilato
01:15:01monsieur Potier
01:15:02monsieur Tavernier
01:15:05madame Laporte
01:15:06monsieur Buchou
01:15:07et monsieur Lecamp
01:15:08pour une redite
01:15:08très bien
01:15:09nous commençons par
01:15:10monsieur Martin
01:15:13merci monsieur le président
01:15:14monsieur le président
01:15:15directeur général
01:15:16le groupe rassemblement national
01:15:18avait déposé
01:15:18lors de sa liste parlementaire
01:15:20par l'intermédiaire
01:15:20de ma collègue Hélène Laporte
01:15:21une proposition de loi
01:15:23visant à rendre
01:15:23systématique l'information
01:15:24sur les origines
01:15:25des droits alimentaires
01:15:26par étiquetage
01:15:27pour renforcer la transparence
01:15:29sur l'origine des produits
01:15:30et permettant aux français
01:15:31de privilégier
01:15:32la production nationale
01:15:33dans une dynamique
01:15:34de promotion du localisme
01:15:35la signature du traité
01:15:37de libre-échange
01:15:37avec le maire Cossure
01:15:38et d'autres
01:15:39comme dernièrement l'Australie
01:15:40va inonder notre pays
01:15:41de produits agricoles
01:15:42n'en respectant pas
01:15:43les mêmes normes
01:15:44que celles imposées
01:15:44à nos agriculteurs
01:15:45en grande souffrance
01:15:46face aux multiples crises
01:15:47dont ils font face
01:15:48au quotidien
01:15:49la grande distribution
01:15:50sera un canal majeur
01:15:51d'entrée
01:15:52des produits issus
01:15:53de ces traités
01:15:53de libre-échange
01:15:54qu'il s'agisse
01:15:55de produits bruts
01:15:56ou de produits transformés
01:15:56contenant des ingrédients
01:15:58importés
01:15:59quelle sera votre action
01:16:00auprès des fournisseurs
01:16:01industrielles
01:16:01pour lutter contre
01:16:02la présence de ces produits
01:16:03dans les aliments
01:16:03transformés
01:16:04au sein de vos rayons
01:16:05je vous remercie
01:16:06merci monsieur le député
01:16:08monsieur Mopar
01:16:10je vous ai répondu
01:16:11pour Mercosur
01:16:13et vous avez raison
01:16:13pour le nouveau traité
01:16:14australien
01:16:16on n'a vraiment
01:16:17pas l'intention
01:16:19de développer
01:16:20des produits
01:16:22australiens
01:16:22dans nos magasins
01:16:23il peut y avoir
01:16:24un jour tel ou tel produit
01:16:25mais ce serait vraiment
01:16:26très très très marginal
01:16:28après vous avez raison
01:16:29la question
01:16:31c'est les industriels
01:16:33et les produits transformés
01:16:34c'est une très bonne question
01:16:35on a beaucoup d'échanges
01:16:36avec eux
01:16:37pour avoir l'identité
01:16:39l'origine des produits
01:16:41et il faut être
01:16:42extrêmement vigilant à ça
01:16:43parce que derrière
01:16:45quelquefois
01:16:45il nous arrive de voir
01:16:46des packagings
01:16:46de produits
01:16:47qui sont censés être
01:16:48Union Européenne
01:16:49voire France
01:16:51et de se rendre compte
01:16:52que dans les produits
01:16:53à l'origine de ces produits là
01:16:54il y a des produits
01:16:55qui viennent d'autres territoires
01:16:56et donc c'est un dialogue
01:16:57qu'on a avec eux
01:16:58parfois il fait partie aussi
01:16:59des dialogues offensifs
01:17:00que nous
01:17:00que vous dénoncez
01:17:02mais qui font partie
01:17:03de notre mission
01:17:05Merci
01:17:06Madame Lepé
01:17:07Merci Monsieur le Président
01:17:09Monsieur Bompard
01:17:10la succession
01:17:11des crises récentes
01:17:13sanitaires
01:17:13géopolitiques
01:17:14ou climatiques
01:17:15a profondément
01:17:16réinterrogé
01:17:17notre modèle alimentaire
01:17:18et mis en lumière
01:17:20notre vulnérabilité
01:17:22sur certaines productions
01:17:23dans le même temps
01:17:25de nombreuses filières
01:17:26agricoles françaises
01:17:27alertent sur leur fragilisation
01:17:29voire sur le risque
01:17:30de disparition progressive
01:17:32faute de perspectives
01:17:33économiques suffisantes
01:17:34or la grande distribution
01:17:36joue un rôle structurant
01:17:37vous l'avez dit vous-même
01:17:38vous avez dit
01:17:39mieux expliquer votre rôle
01:17:41non seulement
01:17:42dans la formation des prix
01:17:43mais aussi dans l'orientation
01:17:45des débouchés
01:17:45et donc in fine
01:17:46dans le maintien
01:17:47ou non
01:17:48de ces filières
01:17:49sur nos territoires
01:17:51dès lors
01:17:51au-delà
01:17:52des engagements affichés
01:17:54quelles responsabilités
01:17:55concrètes
01:17:55le groupe Carrefour
01:17:56est-il prêt à assumer
01:17:58pour soutenir durablement
01:17:59la production française
01:18:01y compris lorsque cela suppose
01:18:03d'accepter des arbitrages
01:18:05moins favorables
01:18:06à court terme
01:18:07en matière de prix
01:18:08de marge
01:18:08ou d'approvisionnement
01:18:09et plus fondamentalement
01:18:11considérez-vous
01:18:11que la grande distribution
01:18:12doit être un acteur actif
01:18:14pour la souveraineté alimentaire
01:18:16je vous remercie
01:18:16la grande distribution
01:18:18doit être un acteur actif
01:18:20de la souveraineté alimentaire française
01:18:23elle l'est
01:18:24elle l'est par
01:18:26le fait que les approvisionnements
01:18:27les visionnements
01:18:28je le disais
01:18:28je ne redonnerai pas les chiffres
01:18:29sont quasi exclusivement
01:18:31et notamment
01:18:33sur les filières
01:18:34que vous mentionnez
01:18:35françaises
01:18:36tout ce qu'on peut faire
01:18:38dans ce domaine
01:18:38on le fait
01:18:38y compris dans les filières
01:18:40en crise
01:18:40y compris quand il y a
01:18:42des épisodes
01:18:42vous le savez
01:18:42de surproduction
01:18:43il y a eu quelques épisodes
01:18:45de surproduction
01:18:45à la fin de l'année
01:18:46notamment autour du chou-fleur
01:18:47etc
01:18:48et on essaye de s'engager
01:18:49collectivement
01:18:50on a une nouvelle charte collective
01:18:51qui dès qu'il y a
01:18:52une alerte de la surproduction
01:18:53on essaye de s'engager
01:18:55pour maintenir les cours
01:18:55tous les engagements
01:18:57qu'on peut prendre
01:18:58dans ces filières là
01:18:59on les prend
01:18:59est-ce que c'est suffisant
01:19:00pour que les filières aillent bien
01:19:01pas toujours
01:19:02mais soyez absolument
01:19:05certains
01:19:05que c'est un engagement
01:19:07fort
01:19:07que nous avons
01:19:08constant
01:19:09je réitère aujourd'hui
01:19:11parce que c'est essentiel
01:19:12pour nos consommateurs
01:19:13et c'est essentiel
01:19:13pour Carrefour
01:19:14pour son modèle
01:19:15et pour ce qui la différencie
01:19:17d'autres acteurs
01:19:19merci beaucoup
01:19:19monsieur Pilato
01:19:21un plein d'essence
01:19:22coûte en moyenne
01:19:2320 euros de plus
01:19:24pour celles et ceux
01:19:25qui prennent la voiture
01:19:26pour aller travailler
01:19:27et n'ont pas les moyens
01:19:28d'acheter une voiture électrique
01:19:29c'est du reste à vivre en moins
01:19:31avez-vous des moyens
01:19:32de pression réels
01:19:33dans les négociations
01:19:34avec les raffineurs
01:19:35qui multipliquent
01:19:36leur marche par 4
01:19:37en ce moment
01:19:38et ce
01:19:38afin de protéger
01:19:40les consommateurs
01:19:40à cause des conflits
01:19:42au Moyen-Orient
01:19:43quels sont les produits
01:19:44de première nécessité
01:19:45qui selon vous
01:19:46vont voir leur pays
01:19:47exploser
01:19:48à court et à moyen terme
01:19:50si le conflit perdure
01:19:51enfin
01:19:52la France insoumise
01:19:53préconise
01:19:54des prix planchers
01:19:55pour les producteurs
01:19:56le blocage des prix
01:19:57et l'encadrement des marches
01:19:58sur les produits
01:19:59de première nécessité
01:20:00dont l'énergie
01:20:01certes cela pénalisera
01:20:03vos actionnaires
01:20:03mais cette approche
01:20:04protégerait davantage
01:20:06les producteurs
01:20:06et les consommateurs
01:20:07qu'en pensez-vous ?
01:20:10Je vais vous répondre
01:20:12et vous décevoir
01:20:13ma capacité
01:20:15de pression
01:20:16sur
01:20:19les raffineurs
01:20:20et à l'achat
01:20:22est nulle
01:20:23il y a
01:20:24une cotation mondiale
01:20:26en ce moment
01:20:26du prix
01:20:28du gasoil
01:20:29et de l'essence
01:20:29je le négocie
01:20:31tous les jours
01:20:31je prends le prix
01:20:33le cours du jour
01:20:34et je l'applique
01:20:35et c'est tout
01:20:36c'est tout ce que je sais faire
01:20:37c'est très différent
01:20:38de ce que j'arrive à faire
01:20:39dans le modèle
01:20:39l'agroalimentaire
01:20:40vous le voyez
01:20:40sur l'essence
01:20:41c'est la seule chose
01:20:42que je suis capable de faire
01:20:43négocier tous les jours
01:20:44prendre le cours
01:20:45et puis ensuite
01:20:46le répercuter
01:20:47vous savez que
01:20:48dans le prix de l'essence
01:20:49ou du gasoil d'ailleurs
01:20:52sur un prix de 2 euros
01:20:5460% vient des taxes
01:20:57pardon excusez-moi
01:20:5760% vient des taxes
01:20:59et des contributions
01:21:00au certificat énergétique
01:21:02donc 60% c'est de la taxe
01:21:0420% à peu près
01:21:07c'est le prix lui-même
01:21:08et le reste
01:21:09c'est le transport
01:21:10la distribution
01:21:11etc etc
01:21:12et donc aujourd'hui
01:21:13quand on parle du prix
01:21:14de l'essence
01:21:14évidemment c'est ces différents blocs
01:21:15qui contribuent au prix de l'essence
01:21:17mais je n'ai pas de capacité
01:21:18de négociation
01:21:18je prends le prix tel qu'il est
01:21:20comme vous l'avez
01:21:20parfaitement compris
01:21:21je suis en général
01:21:22assez cohérent
01:21:23je suis absolument convaincu
01:21:26que tout schéma
01:21:27de prix plafond
01:21:28prix plancher
01:21:29d'encadrement
01:21:30des marges
01:21:31etc
01:21:31ne va pas dans le bon sens
01:21:32et qu'il faut laisser
01:21:34les acteurs
01:21:35mener leur concurrence
01:21:36et faire baisser les prix
01:21:38ensemble
01:21:38par le jeu de la concurrence
01:21:40merci monsieur le bon part
01:21:42monsieur dominique potier
01:21:43monsieur le président
01:21:45je ne peux que vous inviter
01:21:46à inviter la rapporteure
01:21:47de la commission d'enquête
01:21:49du sénat
01:21:49qui a levé le capot
01:21:51de la réalité
01:21:52du partage de la valeur
01:21:53avec la grande distribution
01:21:54c'est extrêmement intéressant
01:21:55les premières informations
01:21:56qu'on a eues
01:21:57sont extrêmement intéressantes
01:21:57ça va clôturer
01:21:58ce cycle d'audition
01:21:59pour une fois
01:22:00je ne vais pas défendre
01:22:01le revenu des paysans
01:22:02mais celui des salariés
01:22:02de Carrefour
01:22:03j'avais posé au nom des socialistes
01:22:05une proposition de loi
01:22:06sur le facteur 12
01:22:07on ne déduisait pas
01:22:08de l'IS
01:22:09ce qui était au-dessus
01:22:10de 12 fois le salaire
01:22:11des 10%
01:22:12des salariés
01:22:13les moins bien payés
01:22:13dans l'entreprise
01:22:14et ça avait un facteur
01:22:16de redistribution potentiel
01:22:18de l'ordre de plus de 200 euros
01:22:20233 euros exactement
01:22:21sur les deux premiers décides
01:22:22de l'entreprise
01:22:23vous pouvez nous dire
01:22:24les écarts de salaire
01:22:25dans votre entreprise
01:22:26sans tenir compte
01:22:27du phénomène de désintégration
01:22:28qu'a très bien décrit
01:22:29par l'eau et par le bas
01:22:30qu'a décrit François Ruffin
01:22:31quels sont les écarts de salaire
01:22:33quels sont
01:22:33le revenu moyen
01:22:34des deux premiers décides
01:22:36et quel serait
01:22:37le cas échéant
01:22:37l'effet de redistribution
01:22:38si ce partage
01:22:40de la valeur
01:22:40au sein de l'entreprise
01:22:41était effectué
01:22:42Merci Monsieur Potier
01:22:44Merci Monsieur le député
01:22:45vous ne m'en voudrez pas
01:22:47je vous donnerai
01:22:48l'ensemble de ces éléments
01:22:48parce que je n'ai pas
01:22:49totalement les conséquences
01:22:50de votre proposition
01:22:51sur les salaires
01:22:54chez Carrefour
01:22:54peut-être vous dire
01:22:55deux choses
01:22:55sur les salaires
01:22:56chez Carrefour
01:22:57d'abord depuis
01:22:59ces dernières années
01:23:02les salaires
01:23:02chez Carrefour
01:23:03les négociations annuelles
01:23:04que nous menons
01:23:05aboutissent à un salaire
01:23:06qui progresse plus vite
01:23:07que l'inflation
01:23:08les salariés
01:23:09chez Carrefour
01:23:09dans notre secteur
01:23:10c'est d'ailleurs pour ça
01:23:11que parfois on souffre
01:23:12d'un déficit de compétitivité
01:23:13sont plus élevés
01:23:14que dans le reste du secteur
01:23:17on paye sur 14 mois
01:23:19et le niveau de salaire
01:23:21est plus élevé
01:23:21que dans d'autres secteurs
01:23:22c'est un leg
01:23:23à la fois historique
01:23:24que j'ai poursuivi
01:23:26à travers des négociations
01:23:27annuelles
01:23:27qui sont plus favorables
01:23:28que l'inflation
01:23:30mais on vous donnera
01:23:31l'ensemble des éléments
01:23:31que vous demandez
01:23:32sur les déciles
01:23:32et les conséquences
01:23:33de votre proposition
01:23:34sur une société
01:23:35comme Carrefour
01:23:36exactement
01:23:37je vous les communiquerai
01:23:39Monsieur Boris Tavernier
01:23:41Merci Monsieur le Président
01:23:43Monsieur le Président
01:23:44Directeur Général
01:23:44Le 18 février dernier
01:23:46vous présentiez
01:23:46votre plan stratégique
01:23:48ce plan prévoit
01:23:48notamment de truffer
01:23:49vos magasins d'IA
01:23:50Concrètement
01:23:51l'objectif est que
01:23:52d'ici 2030
01:23:53tous les supermarchés
01:23:54et hypermarchés Carrefour
01:23:55soient équipés
01:23:56d'étiquettes électroniques
01:23:57et de caméras sur rail
01:23:58pilotées par IA
01:23:59Pour cela
01:23:59vous venez de signer
01:24:00un contrat de 150 millions d'euros
01:24:01avec Vision
01:24:02une entreprise spécialisée
01:24:04dans le domaine
01:24:04Votre groupe se veut rassurant
01:24:06ses étiquettes électroniques
01:24:07et caméras pilotées
01:24:08par IA
01:24:08ne serviront qu'à
01:24:10lutter contre le gaspillage
01:24:11être plus réactif
01:24:12sur les promos
01:24:12et éviter les erreurs de prix
01:24:14soyons honnêtes
01:24:14elles vous serviront aussi
01:24:16à remplacer quelques employés
01:24:17de mise en rayon
01:24:17pour autant
01:24:18dans le communiqué publié
01:24:19par Vision
01:24:20il est précisé
01:24:21qu'elles serviront aussi
01:24:22à je cite
01:24:22une mise à jour
01:24:24en temps réel des prix
01:24:25cela ouvre des craintes
01:24:27la mise en place
01:24:28d'une tarification dynamique
01:24:29appuyée sur l'IA
01:24:30autrement dit
01:24:30des prix qui changeraient
01:24:31en rayon
01:24:32en fonction du profil
01:24:33des clients
01:24:33et de l'analyse
01:24:34de leur comportement
01:24:35être traqué par des IA
01:24:37quand on fait nos courses
01:24:38je ne suis pas sûr
01:24:39que ce soit
01:24:39ce à quoi aspirent
01:24:40les consommateurs
01:24:41alors monsieur Bompard
01:24:42pouvez-vous nous confirmer
01:24:43que jamais Carrefour
01:24:44n'utilisera dans ses magasins
01:24:45et sur ses plateformes
01:24:46de vente en ligne
01:24:46une tarification dynamique
01:24:48basée sur l'IA
01:24:49et sur la surveillance
01:24:50des clients
01:24:50je vous remercie
01:24:51merci monsieur le député
01:24:52d'abord félicitons-nous
01:24:53qu'une entreprise française
01:24:54Vision
01:24:56soit une entreprise
01:24:57qui est choisie
01:24:58par les plus grands acteurs mondiaux
01:24:59vous citiez Carrefour
01:24:59mais avant Walmart
01:25:01aux Etats-Unis
01:25:02à développer la technologie
01:25:03de Vision
01:25:04qu'est-ce qu'elle nous permet
01:25:04de faire cette technologie
01:25:05vous l'avez très bien abordée
01:25:07par des rails connectés
01:25:09par des caméras
01:25:10qui sont placées sur les produits
01:25:11on ne voit pas le client
01:25:11bien sûr
01:25:12mais sur les produits
01:25:13elle nous permet en temps réel
01:25:14de régler des problèmes
01:25:16opérationnels forts
01:25:17que nous avons
01:25:17et qui sont des irritants
01:25:19pour nos clients
01:25:19par exemple la rupture
01:25:20vous arrivez devant un rayon
01:25:22il y a une rupture de produit
01:25:23cette technologie-là
01:25:25nous permet de la détecter
01:25:26et donc immédiatement
01:25:26on a un de nos collaborateurs
01:25:28qui vient remplir le rayon
01:25:30par exemple
01:25:31les incohérences de prix
01:25:32très souvent nos clients
01:25:33nous vont remonter
01:25:34c'est un irritant majeur
01:25:36une différence
01:25:37une différence de prix
01:25:38entre ce qu'ils ont
01:25:39dans un catalogue
01:25:40et ce qui est appliqué
01:25:40dans le magasin
01:25:41etc.
01:25:41on fait des erreurs de prix
01:25:42ça nous permet de corriger
01:25:43en permanence
01:25:44ces erreurs-là
01:25:45c'est-à-dire tout ce qui fait
01:25:46que nos magasins
01:25:47ne sont pas optimisés
01:25:48pour nos clients
01:25:49la tarification dynamique
01:25:51elle existe déjà
01:25:54les prix changent
01:25:55plusieurs fois
01:25:56par jour
01:25:58dans l'e-commerce
01:25:59c'est la logique même
01:26:00de l'e-commerce
01:26:00et dans les magasins
01:26:01il y a des évolutions de prix
01:26:02la semaine dernière
01:26:03j'étais dans un pays
01:26:05où le prix
01:26:06rassurez-vous
01:26:07pour d'autres raisons
01:26:07macroéconomiques
01:26:09change plusieurs fois
01:26:10par heure
01:26:11l'Argentine
01:26:12le prix bouge
01:26:14en permanence
01:26:14et donc nous ce qu'on veut
01:26:15évidemment le prix
01:26:16ne va pas bouger
01:26:16plusieurs fois par jour
01:26:17en France
01:26:17mais c'est d'avoir
01:26:18une fixation des prix
01:26:20qui soit très dynamique
01:26:23en fonction
01:26:23de l'évolution
01:26:25et du potentiel
01:26:27du magasin
01:26:27et surtout corriger
01:26:29toutes les incohérences
01:26:30opérationnelles
01:26:31que les clients détestent
01:26:32tout ce que les clients
01:26:33ne supportent pas
01:26:34cette technologie
01:26:36qui va s'appliquer
01:26:37pour nos collaborateurs
01:26:38et qui va leur faciliter
01:26:39la tâche
01:26:39il n'y a rien de pire
01:26:40aujourd'hui
01:26:40pour des collaborateurs
01:26:41de faire le tour
01:26:42des magasins
01:26:42et d'essayer de relever
01:26:43où sont les ruptures
01:26:44grâce à cette technologie
01:26:45pour on le savoir
01:26:46en permanence
01:26:47voilà donc pour cette audition
01:26:48d'Alexandre Bompard
01:26:50devant la commission
01:26:50des affaires économiques
01:26:51de l'Assemblée nationale
01:26:53c'est la fin de cet épisode
01:26:55vous pouvez le revoir
01:26:55sur lcp.fr
01:26:57nous évidemment
01:26:58on reste au coeur
01:26:59de l'Assemblée
01:27:00et du travail parlementaire
01:27:01à bientôt
01:27:01pour le prochain épisode
01:27:02Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:05Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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