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  • il y a 9 heures
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Élodie Kulik, jeune banquière, a été tuée sauvagement dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002 dans la Somme, alors qu'elle rentrait chez elle, à Péronne, en voiture. Récit.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:14Le 6 décembre, à Amiens, Willy Bardon, 45 ans, est condamné à 30 ans de réclusion
00:19pour viol, enlèvement et séquestration suivi de mort dans l'affaire Élodie Cullique.
00:25Cette jeune banquière tuait sauvagement il y a près de 18 ans en janvier 2002 dans la Somme,
00:29alors qu'elle rentrait chez elle, en voiture.
00:32L'homme se dit innocent, juste après le verdict, il a essayé de se suicider dans le box des accusés.
00:37Ses jours ne sont plus en danger à présent et il a fait appel.
00:42Récit des faits et du procès avec Louise Colcombe du service police-justice du Parisien.
00:52Louise Colcombe, vous avez suivi ce procès pour le Parisien
00:55et vous étiez sur place à Amiens, au tribunal, le vendredi 6 décembre,
00:59quand Willy Bardon a essayé de mettre fin à ses jours, juste après le verdict.
01:03On va refaire le film des événements ensemble.
01:06Tout commence en janvier 2002 dans la Somme.
01:09Qui est d'abord Élodie Cullique ?
01:11Élodie Cullique, c'est une jeune femme qui a alors 24 ans, brillante et très jolie.
01:15D'abord, elle a eu son bac à 16 ans, elle a fait des études de droit
01:18et elle se lance dans la banque et elle va devenir, à 24 ans,
01:22la plus jeune directrice de banque de France,
01:24en prenant la direction d'un établissement à Perronne.
01:27Et c'est également une très jolie fille, blonde, des yeux bleus.
01:32Clairement, elle fait tourner les têtes, elle est très féminine.
01:34D'ailleurs, le jour même de son décès, en fait, elle va y conduire à un soupirant.
01:37C'est-à-dire, d'amour ?
01:38Elle avait quelqu'un qu'elle avait rencontré une fois dans le cadre de son travail
01:40et qui était tombé fou amoureux d'elle
01:42et qui avait décidé de lui déclarer sa flamme
01:45et qui l'attendait à la sortie du bureau.
01:46Elle les conduit gentiment.
01:48Évidemment, la personne, on a vérifié son emploi du temps.
01:50Il a été mis hors de cause très vite.
01:52Ce jour-là, le jeudi 10 janvier 2002,
01:54elle sort le soir. Que fait-elle ?
01:56Elle a rendez-vous avec un ami avec qui elle a repris contact.
01:58Ils vont d'abord boire un verre dans un bar,
02:01puis dîner dans un restaurant asiatique.
02:04À l'issue de ce rendez-vous,
02:06elle décide d'aller chez cette amie
02:07parce qu'elle veut lui faire écouter son groupe de musique préférée du moment,
02:11qui était Muse.
02:13Et donc, elle y reste environ une heure et demie.
02:14Elle boit un thé, elle n'est pas alcoolisée.
02:16Et ensuite, elle reprend la route pour rentrer chez elle.
02:19Elle quitte donc Saint-Quentin,
02:21en volant de sa Peugeot 106,
02:22pour rentrer chez elle à Péronne.
02:24Oui, alors sur le chemin,
02:26elle a un accident de la route.
02:27Dans un endroit, d'ailleurs,
02:28ça a pas mal posé question aux enquêteurs.
02:31C'est une ligne droite.
02:32Elle roule à 60 km heure maximum.
02:34Elle n'a pas bu.
02:35Il n'y a pas spécifiquement de raison.
02:37Il y a quand même peu de verglas.
02:39En tout cas, elle fait une sortie de route.
02:40Elle fait un tonneau.
02:40Elle se retrouve dans un champ en sens inverse.
02:43Contrairement à ce qu'on a pensé,
02:44il n'y a pas eu de choc avec une voiture
02:46qui aurait pu la pousser dans le fossé.
02:49Que se passe-t-il après cet accident ?
02:51C'est là que commence le flou,
02:52en fait, dans cette histoire.
02:54Tout ce qu'on sait,
02:54c'est qu'à 0h21,
02:56Lodiculic passe un coup de fil
02:57au CODIS, donc au pompier.
02:59C'est un appel au secours, en réalité,
03:00puisqu'on ne saura jamais exactement
03:02à quel moment il est passé.
03:04Est-ce qu'elle vient juste d'avoir son accident
03:05ou est-ce qu'elle est déjà
03:06dans la voiture de ses ravisseurs ?
03:08Il y a un point d'interrogation là-dessus.
03:10Dans la nuit,
03:10il y a plusieurs personnes
03:11qui vont passer voir cette voiture,
03:13voir s'il y a quelqu'un
03:14qui a besoin d'aide.
03:15Plusieurs témoins voient cette voiture
03:16sans occupant
03:17et se disent
03:18« Bon, voilà, ce sera un homme un peu ivre
03:20qui a abandonné son véhicule. »
03:22Et les pompiers, eux,
03:23ils vont en réalité penser
03:24que l'appel qu'ils ont eu,
03:25c'était une femme battue.
03:26Donc on ne va pas faire le rapprochement
03:27tout de suite
03:28avec la disparition d'Élodie
03:29parce qu'en réalité,
03:30le lendemain matin,
03:31elle, elle n'est pas au bureau.
03:32Donc on déclenche une enquête
03:33pour disparition inquiétante.
03:36Quand est-ce qu'elle sera retrouvée ?
03:38Alors c'est le lendemain,
03:39donc le 12 janvier.
03:40Elle est retrouvée sur un chemin de terre
03:42dans une espèce de décharge végétale
03:45par un employé
03:46qui trahit la terre
03:47aux alentours
03:48et qui aperçoit de loin
03:50ce qu'il croit être au départ
03:51un tronc d'arbre.
03:53En s'approchant,
03:54il se rend compte
03:54qu'en fait,
03:55il s'agit d'un corps de femme
03:56et il fait immédiatement
03:57le rapprochement
03:57avec un appel à témoin
03:59qui a été passé
03:59dans le courrier Picard.
04:01Qu'a subi Élodie Cullic ?
04:03Alors de façon très claire,
04:04Élodie Cullic a été violée
04:07de façon brutale.
04:08Le compte-rendu d'autopsie
04:09est assez glaçant.
04:10Elle a également été étranglée
04:12et partiellement calcinée.
04:15Elle a été suppliciée.
04:16On pense qu'elle est morte
04:17aux alentours de 2h du matin
04:18puisqu'il y a quelqu'un
04:19qui a vu des flammes,
04:21une lueur au loin.
04:22Le mystère reste entier
04:23depuis la découverte
04:25samedi matin
04:26du corps calciné
04:27d'Élodie Cullic.
04:28C'est dans la matinée d'hier
04:29que les gendarmes
04:30ont été alertés
04:30par un agriculteur
04:31de la présence
04:32d'un corps dans un champ.
04:33Comment est morte
04:34Élodie Cullic
04:35et pourquoi son corps
04:36a-t-il été retrouvé
04:37à 6 km
04:37de son véhicule accidenté ?
04:39Quels éléments utiles
04:41pour les enquêteurs
04:41sont retrouvés sur place ?
04:43Alors là,
04:44les éléments sont importants.
04:45Il y a beaucoup
04:45de traces ADN
04:46mais il y a en particulier
04:46un ADN complet
04:48ce qui n'est pas toujours
04:49le cas sur les scènes de crime.
04:50Il est à plusieurs endroits
04:52donc il est de qualité.
04:53Et là,
04:53les enquêteurs
04:54misent beaucoup là-dessus
04:55parce qu'ils se disent
04:55qu'ils vont immédiatement
04:58matcher avec
04:59éventuellement
04:59le fichier national
05:00des empreintes génétiques.
05:02Il y a un préservatif
05:02qui est retrouvé sur place ?
05:04Oui,
05:04on retrouve cette empreinte génétique
05:05à la fois sur le corps
05:06d'Élodie
05:07et sur un préservatif
05:08qui est posé
05:10à quelques mètres du corps.
05:12Les proches
05:12d'Élodie Cullic
05:13sont effondrés.
05:14Qui sont ses parents ?
05:15Ses parents sont
05:16Jackie et Rosemary Cullic
05:18qui ont pendant longtemps
05:19été receveurs des postes
05:21qui effectivement
05:22sont effondrés
05:23par cette nouvelle.
05:24Elle est d'abord disparue
05:25mais très vite
05:25on leur apprend que leur fille
05:26elle a été suppliciée.
05:28Son appel au secours
05:29c'est 0h21
05:29elle meurt vers 2h
05:30donc on pense que son calvaire
05:31a duré 1h30.
05:33Ce sont des gens simples
05:34qui adoraient leur fille.
05:36Cette famille
05:37elle a déjà été
05:38terriblement impactée
05:39par la vie.
05:40C'est au retour
05:40d'un voyage de Noël
05:41en 1976
05:42en fait
05:42Jackie Cullic
05:43est au volant.
05:44Il glisse sur une plaque
05:45de verglas
05:45ils ont un très grave accident.
05:48Lui-même va rester
05:48dans le coma quelques jours
05:50et il va rester à l'hôpital
05:51très longtemps
05:51et en fait
05:52ce qui est terrible
05:52c'est qu'il raconte
05:53que quand il se réveille
05:54de son coma
05:55il voit le visage
05:56de son épouse
05:57et là il lui annonce
05:57qu'en fait
05:58leurs deux enfants
05:58de 5 et 6 ans
06:00sont morts dans l'accident.
06:02Et plus tard
06:03Jackie et Rosemary
06:04seront donc à nouveau
06:05parents d'Élodie
06:06puis de Fabien
06:07Fabien qui est aujourd'hui
06:09gendarme
06:09quelques mois
06:10après la mort de sa fille
06:12Rosemary
06:13essaie elle-même
06:14de se suicider.
06:15Oui en fait
06:15elle est évidemment
06:17effondrée
06:18mais il faut se remettre
06:19dans le contexte de l'époque
06:19c'est qu'elle est
06:20dans la Somme
06:21à ce moment-là
06:21il y a d'autres jeunes femmes
06:22qui sont tuées
06:23dans des situations similaires
06:25à tel point que d'ailleurs
06:26les enquêteurs vont se demander
06:27si on n'avait pas
06:27à faire un tueur en série
06:29et donc à l'été 2012
06:32une de ces jeunes femmes
06:33est donc tuée
06:34et là
06:34c'en est trop pour
06:35Rosemary
06:36qui est effondrée de douleur
06:37et qui se dit
06:37mais ça recommence
06:38c'est pas possible
06:39et donc elle avale
06:40un produit type
06:41Morora
06:42pour se suicider
06:43et qui va en fait
06:44la plonger dans un
06:44très très long coma.
06:54Pendant des années
06:55Jackie Kulik
06:56sera engagé
06:57sur deux fronts
06:57un combat médical
06:58il va voir son épouse
06:59plongée dans le coma
07:01à l'hôpital
07:01elle va décéder
07:029 ans et demi plus tard
07:04Jackie Kulik
07:05se bat aussi
07:06pour essayer de savoir
07:07qui a tué sa fille
07:08j'ai fait une promesse
07:09à ma fille
07:09c'est de lui trouver
07:10c'est l'assassin
07:12et je tiendrai
07:13tant qu'il faudra
07:14mais je les trouverai
07:14je sais qu'on les trouvera
07:16et je les trouverai
07:16Jackie Kulik
07:17pour ne pas s'effondrer
07:18en fait
07:19il n'avait pas 36 solutions
07:20donc il s'investit à fond
07:22dans la recherche
07:22de la vérité
07:23et donc
07:24il va compulser
07:25le dossier
07:26il va lui-même
07:26aller faire
07:27des sortes d'interviews
07:29de rencontrer des gens
07:30parce qu'il est persuadé
07:30qu'en fait
07:31on lui parlera plus facilement
07:32à lui
07:32qu'aux enquêteurs
07:33donc il mène
07:34sa propre enquête
07:35et puis chaque jour
07:36il va voir son épouse
07:37tous les après-midi
07:38pendant 9 ans
07:39il va aller voir son épouse
07:40pour lui parler de l'enquête
07:41des éventuelles avancées
07:42il nous avait confié
07:43dans une interview au Parisien
07:44qu'il avait cet espoir
07:46que s'il
07:47il arrivait à démasquer
07:48les tueurs
07:48en fait peut-être
07:49que Rosemary sortirait du coma
07:51il a aussi un groupe Facebook
07:52il essaie aussi
07:53de mobiliser les politiques
07:54oui alors
07:55il a toujours eu un blog
07:56qu'il a animé
07:57un groupe Facebook
07:57pour faire vivre
07:58la mémoire d'Elodie
07:59il a fait des marches blanches
08:00tous les ans
08:00des messes
08:01beaucoup utiliser
08:02les médias locaux
08:03pour faire vivre
08:03la mémoire d'Elodie
08:04en se disant que peut-être
08:05quelqu'un un jour
08:06aurait envie de se confier
08:08quelqu'un qui pourrait
08:08savoir quelque chose
08:10une éventuelle confidence
08:11d'un des tueurs
08:12il a toujours misé là-dessus
08:13et il a aussi
08:14il voulait absolument
08:15faire bouger l'enquête
08:16donc il a été reçu
08:17deux fois par Nicolas Sarkozy
08:18qui lui a promis
08:19que la vérité serait faite
08:20sur la mort sa fille
08:21et d'ailleurs on sait
08:22que les gendarmes
08:23ont eu beaucoup
08:23beaucoup de pression
08:24pour résoudre cette enquête
08:26alors justement
08:26que font les enquêteurs
08:28dans un premier temps ?
08:29ils vont évidemment
08:30refaire tout l'entourage
08:31des laudiculiques
08:31tous les agresseurs sexuels
08:32de la région
08:33on passe tout ça au crible
08:34et puis ils vont surtout
08:36déployer énormément d'énergie
08:37à comprendre
08:38à qui appartient cet ADN
08:40parce qu'on a un ADN
08:41mais ça ne va pas se passer
08:42comme ils auraient souhaité
08:43il n'y a personne
08:43qui correspond dans le fichier
08:45on va passer énormément
08:46de gens au crible
08:47c'est-à-dire il y a eu
08:47en tout entre 5 et 6 000
08:49personnes comparées
08:51ça ne correspond jamais
08:52il y a des renseignements
08:53qui leur parviennent
08:54ils vérifient tout
08:54mais il n'y a rien
08:55qui fonctionne en fait
08:56à chaque fois
08:56ils se retrouvent dans des impasses
09:00L'enquête rebondit
09:02près de 10 ans plus tard
09:03fin 2011
09:04grâce à l'ADN
09:05et à une nouvelle technique
09:07Alors c'est un enquêteur
09:08qui était biologiste de formation
09:10qui devient directeur opérationnel
09:11et qui a cette idée
09:13qui est utilisée
09:13alors à ce moment-là
09:14en Angleterre
09:15aux Etats-Unis
09:15mais pas encore en France
09:16c'est-à-dire de ne pas comparer
09:17100% de l'ADN
09:18mais comparer 50%
09:20pour trouver quelqu'un
09:20qui est apparenté
09:21au propriétaire de cet ADN
09:23C'est-à-dire qu'on ne cherche pas
09:24un individu
09:25mais la famille de l'individu
09:26c'est ça ?
09:27Exactement
09:27ça s'appelle la technique
09:28dite de la parentale
09:29ça va très vite fonctionner
09:31parce qu'en fait
09:31on va se retrouver
09:31avec un homme
09:32qui correspond à 50%
09:34qui est de l'Aisne
09:35et qui est à ce moment-là
09:36incarcéré
09:37Pour agression sexuelle ?
09:38C'est un dénommé Patrick Viard
09:39qui ne peut pas avoir commis les faits
09:41parce qu'à ce moment-là
09:42il a un alibi
09:43ça n'est pas lui
09:44mais on sait que c'est
09:45quelqu'un de sa famille
09:45or il a deux fils
09:47dont un était beaucoup trop jeune
09:48pour pouvoir avoir commis les faits
09:50et il a un deuxième fils
09:51qui intéresse beaucoup les enquêteurs
09:53qui s'appelle Grégory Viard
09:56Mais on découvre
09:57qu'il est mort depuis longtemps
09:59il est mort dans un accident de la route
10:00en novembre 2003
10:02en janvier 2012
10:03son corps est exhumé
10:04pour procéder à des vérifications
10:06et ça correspond
10:08Tout le monde tombe des nues d'ailleurs
10:09il était plombier
10:10tout le monde l'a décrit comme
10:11bringueur et voleur
10:13puis par ailleurs
10:14un homme violent
10:14puisque ses anciennes compagnes
10:15ont décrit
10:16voilà
10:17elles étaient clairement
10:17victimes de violences conjugales
10:19mais il y a eu beaucoup de gens
10:20sans enterrement
10:21et énormément de gens
10:22sont tombés des nues
10:22quand il a été identifié
10:23Et les enquêteurs
10:24cherchent alors
10:25dans son entourage ?
10:26Parce qu'ils se disent
10:27mince
10:28on a trouvé quelqu'un
10:29on sait qu'il y a deux hommes
10:30parce que
10:31cette fameuse bande
10:32son de l'appel
10:34passé par Elodie au pompier
10:35tous ces appels
10:36sont toujours enregistrés
10:36donc on a cette pièce
10:37à conviction
10:39on sait là-dessus
10:40qu'il y a minimum
10:40deux voix d'homme
10:41donc ils cherchent un complice
10:42très clairement
10:43et bien ils cherchent où
10:44dans l'entourage ?
10:46Le 16 janvier 2013
10:48sept proches de Grégory Viard
10:50sont interpellés
10:51par la gendarmerie
10:52et parmi eux
10:53il y a un certain
10:53Willy Bardon
10:54qui est-il ?
10:55Alors Willy Bardon
10:56il est plombier lui aussi
10:58et ils sont amis
10:59via le club de 4x4
11:01du coin
11:01où en gros
11:03il y a deux cercles
11:04il y a le cercle des plus âgés
11:05et puis le cercle des jeunes
11:06en gros
11:06ils sont tous les deux
11:07un peu dans le cercle des jeunes
11:08voilà
11:09ils vont pas mal au café ensemble
11:10ils se fréquentent
11:12c'est l'un de ses amis
11:13et surtout Willy Bardon
11:13quand il est placé en garde à vue
11:14avec d'autres personnes
11:15il y a eu énormément
11:16d'auditions libres
11:17qu'ont été faites avant
11:18et son nom est revenu
11:20comme étant un possible meneur
11:22à chaque fois
11:22il a été désigné
11:23par des gens
11:24Et à ce moment-là
11:25est-ce que les enquêteurs
11:25parlent de l'appel
11:27d'Élodie Culic aux pompiers ?
11:28Pendant les gardes à vue
11:29oui c'est l'argument massue
11:30en fait
11:30ils font écouter
11:31à chacune des personnes
11:32placées en garde à vue
11:33la bande
11:34et parmi ces gens-là
11:35il y a quelqu'un
11:36qui est le neveu
11:37de Willy Bardon
11:38mais qui est beaucoup plus que ça
11:39c'est quasiment son frère de l'île
11:40ils ont un écart d'âge très faible
11:41finalement ils ont été élevés ensemble
11:43c'est quasiment son frère
11:43en fait
11:44on va lui faire écouter la bande
11:46à lui notamment
11:46mais son avis va peser très très lourd
11:49c'est-à-dire qu'en fait
11:49il reconnaît quasiment instantanément
11:51Willy Bardon
11:52et il dit
11:52ça m'arrache le cœur
11:53mais c'est lui
11:54et un truc aussi grave
11:55je ne peux pas laisser passer
11:56et d'ailleurs
11:57ils vont être confrontés
11:58et on les voit les deux
11:59on a la bande vidéo
12:00a été projetée
12:01et où il lui dit
12:02écoute c'est ta voix
12:03je t'ai reconnue
12:04et Bardon lui dit
12:05mais je t'assure
12:05c'est pas moi
12:06je sais que la voix me ressemble
12:07mais ça n'est pas moi
12:07toujours est-il que
12:08voilà
12:09ça ça va être
12:10une des six personnes
12:11qui a reconnu Willy Bardon
12:12il ne reconnaît pas les faits
12:14non absolument pas
12:14il a été dit
12:15qu'il avait reconnu sa voix
12:17en garde à vue
12:18en réalité c'est beaucoup plus subtil
12:20il dit des choses comme
12:21j'y crois pas
12:22on dirait ma voix
12:23ça ressemble à ma voix
12:23mais c'est pas ma voix
12:24et à un moment il dit
12:27peut-être que j'y étais
12:27à entendre ma voix
12:28mais je me souviens de rien
12:30voilà
12:30donc il dit des choses
12:31un peu ambiguës comme ça
12:32mais en réalité
12:33sur les faits en eux-mêmes
12:34il a toujours ni
12:34y avoir participé
12:36il dit clairement
12:36qu'il n'y était pas
12:37mais il a été troublé
12:39effectivement par l'enregistrement
12:40deux jours plus tard
12:41le 18 janvier 2013
12:43Willy Bardon est mis en examen
12:46puis placé en détention
12:47mais en avril 2014
12:49c'est-à-dire
12:49moins d'un an et demi plus tard
12:51il est remis en liberté
12:52avec un bracelet électronique
12:54pourquoi ?
12:55est-ce que c'est le signe
12:55que le dossier était léger ?
12:57c'est en général comme ça
12:58qu'on l'interprète
12:59évidemment
13:00les mesures de liberté
13:01ou de détention
13:03sont officiellement
13:04pas liées au fond de l'affaire
13:06mais effectivement
13:07c'est comme ça
13:07qu'il faut l'interpréter
13:08d'ailleurs il est placé
13:09en liberté
13:10après une expertise
13:11sur la voie
13:11qui lui est plutôt favorable
13:12et puis il faut savoir aussi
13:13qu'il y a des délais maximum
13:14de détention
13:15donc on ne peut pas garder
13:16quelqu'un à vitam aeternam
13:17sachant qu'on savait
13:18que l'instruction
13:19allait être très très longue
13:24le procès de Willy Bardon
13:26pour l'enlèvement
13:27le viol et le meurtre
13:29d'Élodie Kulik
13:30s'ouvre le 21 novembre 2019
13:32à Amiens
13:33devant la cour d'assises
13:35de la Somme
13:35et l'accusé
13:36comparaît libre
13:37il est libre
13:38alors il n'est pas placé
13:38dans le box
13:39à sa demande
13:40et puis il y a vraiment
13:42ce face à face
13:42entre lui
13:43ses avocats
13:44et puis de l'autre côté
13:45les avocats de la partie civile
13:46qui ont été très très impliqués
13:48dans le dossier
13:48et Jacky Kulik
13:49bien sûr
13:49combattif
13:50il a sa garde rapprochée
13:52il y a énormément de gens
13:53pour le soutenir
13:53il vient avec la photo
13:54de sa fille
13:55enfin c'est vraiment
13:56le face à face
13:57qui démarre
13:59Willy Bardon
14:00a 45 ans
14:01aujourd'hui
14:01à quoi est-ce qu'il ressent ?
14:03C'est quelqu'un d'assez
14:04costaud
14:04un peu dégarni
14:06visage rond
14:07c'est quelqu'un d'assez
14:09lambda
14:10si je puis dire
14:10Quelle est son attitude
14:11au début du procès ?
14:13Willy Bardon
14:13il a fait relativement
14:14profil bas
14:16alors parfois
14:16il pouvait avoir
14:17des sorties
14:18c'est quelqu'un qui est
14:19un peu sans filtre
14:20notamment sur les aspects
14:22de sa sexualité
14:23dont on a beaucoup parlé
14:24il n'y a pas de complexe
14:25ça il en parle
14:26il a essayé de faire
14:28profil bas
14:29parce qu'il a aussi
14:30il était beaucoup sur écoute
14:31donc il y a eu des insultes
14:32proférées
14:32dont il a dû s'excuser
14:34contre les enquêteurs
14:35un peu tout le monde
14:36la juge d'instruction
14:36Jackie Kulik
14:37enfin j'en passais des meilleurs
14:38ça n'a pas trop
14:39trop joué en sa faveur
14:40j'imagine
14:41mais il était globalement
14:42dans une démarche
14:43de vouloir dire les choses
14:45il avait l'air relativement relaxé
14:47en tout cas
14:48il n'avait pas l'air
14:48plus anxieux que ça
14:49en fait au tout départ
14:52comme à chaque procès d'assise
14:54la cour commence
14:54par l'examen de la personnalité
14:56et Willy Bardon
14:57va être décrit
14:58par l'un des témoins
14:59je cite comme
15:00un gros dégueulasse
15:01oui alors ça
15:01c'est des choses
15:02qui sont beaucoup revenus
15:03dans toutes les auditions
15:04et qui ont pas mal désigné
15:05Bardon pour les enquêteurs
15:06c'est à dire que
15:07vu l'horreur
15:08qu'a subi Elodie Culli
15:09qu'on ne peut avoir
15:10que quelqu'un
15:10qui soit très porté
15:11sur le sexe
15:12pour avoir commis
15:12une chose pareille
15:13et effectivement
15:14Willy Bardon
15:15il s'en cache pas
15:16donc c'est quelqu'un
15:17qui avait donc une maîtresse
15:18au moment des faits
15:19depuis 7 ans
15:19il a pu avoir
15:20donc des adultères
15:21de temps en temps
15:22et pour le besoin
15:23de la chose
15:24il avait amené
15:24un petit matelas
15:25pour faire ça
15:26à l'arrière de son 4x4
15:27c'est aussi quelqu'un
15:28qui a pu aller
15:29dans ce qu'ils appelaient
15:30les barathèmes
15:31enfin en gros
15:33fréquenter les prostituées
15:34ou à Paris
15:34avec ses collègues
15:35on a parlé
15:36de relations sexuelles
15:37à plusieurs personnes
15:39voilà
15:39il s'en cache pas
15:40il aime le sexe
15:41il le dit
15:41et puis il l'a dit
15:42de façon totalement libre
15:43à l'audience
15:44oui il reconnaît
15:45une sexualité débordante
15:46oui il l'a qualifié
15:47comme ça
15:47il a dit
15:48ben voilà
15:48moi j'ai pas de problème
15:49avec ça
15:49alors on a aussi
15:50passé beaucoup de temps
15:51sur ses fantasmes
15:52parce qu'en fait
15:53il y a une lecture
15:54du dossier
15:54qui a été faite
15:55que Elodie a forcément
15:56été violée par deux hommes
15:57à minima
15:57il a admis un fantasme
15:59de faire l'amour à trois
16:00donc on lui a posé
16:01beaucoup de questions
16:02là dessus
16:02plus d'autres aspects
16:04encore plus précis
16:06et peu ragoûtants
16:07mais sur lesquels
16:08on a passé
16:09beaucoup beaucoup de temps
16:10il a vécu pendant 24 ans
16:12avec la même femme
16:13qu'est-ce qu'elle dit de lui ?
16:15en fait elle l'a pas du tout
16:16accablé
16:16elle dit que c'est quelqu'un
16:17qui sous son aspect
16:18grande gueule
16:18en réalité est quelqu'un
16:19d'assez faible
16:21et doux
16:22le reproche qu'elle avait
16:23à lui faire
16:24c'est plutôt qu'il passait
16:25beaucoup de temps
16:26dans les bars
16:26et que voilà
16:28il avait tendance
16:28à boire un peu trop
16:29à son goût
16:30mais c'est pas un homme violent
16:33plutôt travailleur
16:34voilà en fait
16:35s'il n'y avait pas eu
16:36cette histoire
16:36ils seraient sans doute
16:37encore ensemble
16:38pourquoi ?
16:39elle a découvert son adultère
16:40à ce moment-là
16:41donc elle lui a dit
16:41au revoir
16:43ça a été radical
16:44et puis voilà
16:46ils avaient l'art
16:47à l'époque
16:47très amoureux
16:48en tout cas
16:48donc on a beaucoup parlé
16:49pendant ces audiences
16:50de sa sexualité débordante
16:52ça ne fait pas de lui
16:53un criminel
16:54on a essayé
16:55de disséquer
16:55beaucoup de choses
16:56et au final
16:56ça n'a pas été vraiment
16:57retenu contre lui
16:58en tout cas c'est un peu faiblard
17:00il y a aussi un de ses fantasmes
17:01il avait demandé
17:02à sa maîtresse d'alors
17:03d'avoir une relation sexuelle
17:05quand elle a ses règles
17:05il se trouve que
17:06Elodie Culli
17:07au moment où elle a été violée
17:09elle avait ses règles
17:10donc on a essayé
17:11de faire une analogie là-dessus
17:12donc il était beaucoup
17:13de questions de ça
17:14mais en réalité
17:15et quand bien même
17:16on a du mal à comprendre
17:18le lien
17:18alors éventuellement
17:19peut-être qu'il aurait voulu
17:21reproduire
17:21mais tout ça
17:22c'est pas très consistant
17:23en fait
17:25le 27 novembre
17:26la cour va écouter
17:27plusieurs fois
17:28le seul élément à charge
17:29contre Woody Bardon
17:30cet appel
17:31passé par Elodie Culli
17:32au pompier
17:33la nuit du crime
17:34est-ce que vous pouvez
17:35nous le décrire précisément
17:36déjà combien de secondes
17:37à quoi ressemble cet appel
17:38ces 26 secondes
17:40c'est vraiment
17:40de la terreur pure
17:41en fait
17:42ce qui moi m'a frappé
17:43c'est qu'en fait
17:44on entend
17:44c'est même pas des cris
17:45c'est des allaitements
17:46on a l'impression
17:47qu'en fait
17:48soit parce qu'elle est terrorisée
17:50soit parce qu'on la tient
17:51à la gorge
17:51je ne sais pas
17:52on dirait qu'elle n'arrive
17:52même pas à prononcer des mots
17:54les experts se sont échinés
17:55à essayer de savoir
17:56si elle disait quelque chose
17:57il était question de
17:57ils m'assassinent
17:58ils vont me tuer
17:59mais très sincèrement
18:00moi je n'ai pas distingué
18:02ce qu'elle pouvait dire
18:03je crois qu'elle ne dit rien
18:04elle est juste terrorisée
18:06cet appel au secours
18:07enfin ça vraiment
18:07ça vous glace
18:08franchement ça
18:09ça vous cloue sur place
18:10d'autant plus que derrière
18:11on a deux voix d'hommes
18:12ils ont l'air complètement relaxés
18:14quoi
18:14on ne sait pas exactement
18:15ce qu'ils se disent
18:15mais il y a un calme
18:16qui transpire
18:17qu'est-ce que je dois faire
18:19coupe la batterie
18:19enfin on a eu
18:2136 versions de ce qu'ils pouvaient se dire
18:22mais voilà
18:23c'est cette terreur d'un côté
18:24et le calme de l'autre
18:25ça fait froid dans le dos
18:27et combien de temps
18:27est-ce qu'on entend
18:28ces deux ou trois voix d'hommes ?
18:30sur les 26 secondes
18:31il y a moins de 4 secondes exploitables
18:33il y a un homme qui parle
18:34une seconde
18:35et un autre
18:36deux secondes et quelques
18:37autant dire
18:38très très peu
18:39et donc là aussi
18:40personne n'est d'accord
18:41sur ce qu'ils disent
18:42ah non on a tout eu
18:43on a tout eu
18:44éteint les phares
18:45coupe la batterie
18:46v'là le paquet
18:46donne moi le paquet
18:48j'en passe et des meilleurs
18:49il n'y a pas une expertise
18:50où on est d'accord
18:51sur ce qu'ils disent
18:51la bande audio
18:52est d'extrême mauvaise qualité
18:55les sons qu'on entend
18:56sont extrêmement courts
18:57quand je dis courts
18:58c'est moins d'une seconde
19:00pour l'un
19:00et un tout petit peu plus
19:01d'une seconde pour l'autre
19:02ce sont des bribes de voix
19:03qu'on entend
19:03et les experts disent
19:05que c'est bien délicat
19:06de reconnaître les voix
19:08et vous Louise Colcombe
19:10vous avez écouté
19:11donc cet enregistrement
19:12vous avez entendu des mots
19:13dans ce que disent
19:14les deux hommes ?
19:15moi j'ai très peu compris
19:17on a une interjection
19:18on a un 1
19:19effectivement
19:20c'est ça aussi
19:21c'est un élément important
19:22c'est que c'est un 1
19:23avec un fort accent picard
19:25ce qui avait fait penser
19:26aux gendarmes tout de suite
19:27qu'on était sur une piste locale
19:29mais hormis ça
19:30très honnêtement
19:30moi j'étais dans le public
19:31on ne l'a pas entendu
19:32tant de fois que ça
19:32on l'a entendu deux fois
19:34et les jurés en revanche
19:35ils l'ont entendu au casque
19:3610, 20, 30 fois peut-être
19:39est-ce que les proches
19:40qui avaient cru reconnaître
19:41sa voix pendant l'enquête
19:43confirment
19:44devant la cour d'assises
19:45qu'il s'agit de Willy Bardon
19:46selon eux ?
19:47pas tous
19:48ce fameux frère de l'air
19:50ce neveu très très proche
19:51lui il a fait volte-face
19:52assez vite en fait
19:53parce qu'une fois
19:54qu'il y a eu cette garde à vue
19:55où il y a eu ces gens
19:56qui ont reconnu
19:57on va leur demander
19:58de passer devant un expert
19:59alors expert d'ailleurs
20:00qui était largement décrié
20:01et même décrit
20:02comme un charlatan
20:03par l'avocat de général
20:04qui quand même
20:05personnifie l'accusation
20:06dans ce dossier
20:06donc c'est pas rien
20:07expert décédé aujourd'hui
20:08oui voilà
20:09il n'a pas pu venir
20:09défendre son travail
20:10il est décédé lui aussi
20:11donc on n'a pas pu l'entendre
20:13mais on a entendu
20:14assez de choses
20:14qui décrédibilisaient
20:15vraiment son travail
20:16et d'ailleurs on a entendu
20:17une de ses expertises
20:17donc ce fameux neveu
20:18qui en fait
20:19quand il réentend dans la bande
20:20il a l'impression
20:21que ce n'est plus la même bande
20:21il dit mais c'est bizarre
20:23etc et ensuite
20:24on sent que
20:24voilà l'expert en question
20:25va l'influencer à fond
20:27en lui disant
20:28oh il se peut que vous deviniez
20:29une voix
20:29en l'occurrence
20:30celle de Willy Bardon
20:31juste avant de lui faire écouter
20:32donc lui
20:33il a fait vol de face
20:34alors on lui a fait dire
20:35que c'est parce qu'il était
20:36trop proche de Bardon
20:37effectivement on peut comprendre
20:38qu'un proche puisse faire
20:38demi-tour
20:39sur une telle accusation
20:40il y a d'autres personnes
20:41qui sont venues maintenir
20:43donc on s'est retrouvé
20:43à la fin du procès
20:44avec six personnes
20:45qui reconnaissaient la voix
20:46et six autres
20:47qui ne la reconnaissaient pas
20:48donc c'était vraiment 50-50
20:54Que dit Willy Bardon
20:55au procès
20:55sur cette ressemblance
20:57avec sa voix ?
20:58Il s'en veut beaucoup
20:58d'avoir du bout des lèvres
21:00reconnu que c'était sa voix
21:01en garde à vue
21:01parce qu'il a vu
21:02que ça lui était reproché
21:03et que voilà
21:03on disait
21:04vous vous rendez compte
21:05même lui il reconnaît sa voix
21:06donc là il a dit
21:07non j'ai jamais vraiment dit
21:08que c'était ma voix
21:09donc il a répété
21:09que pour lui
21:10c'était pas sa voix
21:10et puis c'est tout
21:11Il clame son innocence ?
21:12Oui il maintient
21:13ça fait sept ans maintenant
21:15ça pour le coup
21:15il a toujours été constant
21:16il a redit au tribunal
21:18plusieurs fois
21:18il a même juré
21:20au père d'Elodie
21:21pour lui
21:22voilà il dit
21:23je n'y étais pas
21:24Pendant l'enquête
21:25avant les gardes à vue
21:26de janvier 2013
21:28il avait lui-même
21:29contacté les gendarmes
21:30pour leur dire
21:32entendez-moi
21:33Oui
21:33tous les gens
21:34qui sont entendus
21:35on est sur des gens
21:36qui ont tous des liens
21:37ou de parenté
21:38ou un tel
21:39est marié avec un tel
21:40tous ces gens se connaissent
21:41ces trois quatre villages
21:42très vite il entend dire
21:43que son nom revient
21:44enfin en tout cas
21:45qu'il est question lui
21:45puis à un moment
21:46il va tiquer
21:46parce que la sœur
21:47de sa maîtresse
21:48est convoquée
21:49et on lui dit
21:49pour parler de Willy Bardon
21:50il sait qu'il a essayé
21:52à tout le moins
21:53de la séduire
21:54voire un peu plus
21:55donc il est inquiet
21:56et il appelle
21:57en disant
21:57écoutez
21:57moi les ragots
21:58ça suffit
21:58j'aimerais bien
21:59que vous m'entendiez
22:00parce que
22:00quand est-ce que
22:01vous allez me convoquer
22:02et il va me laisser
22:03son numéro de téléphone
22:04et son adresse
22:05en disant
22:05écoutez
22:06dépêchez-vous
22:06parce que moi
22:07je veux mettre fin
22:07à tout ça
22:08on a cet enregistrement
22:09qu'on a entendu
22:10c'était assez stupéfiant
22:11parce que voilà
22:12il a l'air complètement détendu
22:13en disant
22:13pas de problème
22:14contactez-moi
22:15je compte sur vous
22:18Le vendredi 6 décembre
22:19l'accusation demande
22:2030 ans de réclusion
22:22à l'encontre de Willy Bardon
22:23pour enlèvement
22:24et séquestration
22:24suivie de mort
22:25mais demande
22:26l'acquittement
22:27pour les chefs
22:28de viol et de meurtre
22:29pourquoi ?
22:30Pourquoi ?
22:31Parce que l'avocate générale
22:32le dit elle-même
22:32on n'a aucune preuve
22:33de sa présence
22:34sur le lieu
22:35de découverte du corps
22:36on n'a aucune preuve
22:37du viol et du meurtre
22:38il n'y a rien
22:39qui ne relie
22:40Willy Bardon
22:40à la scène de crime
22:41on a retrouvé
22:42pas mal de traces d'Aden
22:43pouvant correspondre
22:44à tout un tas de gens
22:45mais de lui
22:45rien du tout
22:46alors certes
22:46le corps a été détruit
22:47mais on n'a en tout cas
22:48pas d'ADN
22:49pas de téléphonie
22:49en fait dans le dossier
22:51il n'y a pas
22:51mais elle va demander
22:52l'enlèvement
22:53et séquestration suivie
22:54de mort
22:54qui est passible
22:55de la réclusion criminelle
22:56à perpétuer également
22:57donc c'est une façon
22:58d'entrer en voie de condamnation
23:00tout en prenant en compte
23:00les faiblesses du dossier
23:01elle va aussi souligner
23:02que l'enquête
23:03a été très à charge
23:04elle le dit
23:05des lignes jaunes
23:06ont été franchies
23:07j'ai jamais vu ça
23:08de ma vie
23:08elle le dit tel quel
23:09mais pour autant
23:10elle va considérer
23:11que l'élément
23:12sur la voie
23:136 reconnaissance d'un côté
23:156 non reconnaissance de l'autre
23:17elle considère quand même
23:18que ça compte
23:19et que Willy Bardon
23:20est coupable
23:21Louise Colcombé
23:22j'imagine que
23:23vous parlez avec
23:24les autres chroniqueurs judiciaires
23:26avec les avocats
23:28qu'est-ce que vous vous dites
23:29à ce moment là ?
23:30on se dit quand même
23:31qu'il n'y a pas grand chose
23:32l'accusation
23:34elle tient vraiment
23:34sur un fil
23:35parce qu'il y avait
23:36d'autres petits éléments
23:37de ci de là
23:38qu'on avait en fait
23:40à l'ouverture du procès
23:41dont on s'est rendu compte
23:42pendant le procès
23:42qu'ils n'étaient plus du tout
23:43soutenus par l'accusation
23:44enfin on n'en a
23:45plus fait grand chose
23:46et du coup
23:47il reste quoi ?
23:48il reste la voix
23:49avec des experts
23:50qui sont quand même
23:50venus nous dire
23:51qu'en fait on ne peut rien
23:52en tirer de scientifique
23:52les gens quand ils disent
23:53qu'ils reconnaissent
23:54ça a valeur de témoignage
23:55et un témoignage c'est fragile
23:57et là on se dit
23:58quand les jurés partent
23:59on jette la pièce en l'air
24:00et puis on va voir
24:01on n'a aucune idée
24:02de ce que vont décider les jurés
24:03ça peut être une condamnation
24:04ou un acquittement
24:05exactement
24:06d'ailleurs quand on revient
24:07on nous annonce un verdict
24:08assez rapide
24:08on a peut-être 4 heures
24:10de délibéré
24:11moi à ce moment là
24:11je pense plutôt
24:12que c'est un acquittement
24:13parce que techniquement
24:15comme quand on condamne
24:16il y a plus de questions
24:16auxquelles il faut répondre
24:17donc plus de discussions
24:18ça prend normalement
24:19plus de temps
24:20pour vous dire que
24:21on n'avait aucune idée
24:22de ce qui allait se passer
24:30peu avant 20 heures
24:31la présidente du tribunal
24:33va donner son verdict
24:34est-ce que vous pouvez
24:35nous décrire
24:36la salle d'audience
24:37à ce moment là
24:38juste avant l'annonce
24:39du verdict
24:39qui est où
24:40Willy Bardon
24:41il a été pour le coup
24:42placé dans le box
24:44principalement pour sa sécurité
24:45parce qu'il y a énormément
24:46de gens qui sont venus
24:47soutenir Jackie Kulik
24:48qui sont dans la salle
24:49et on craint
24:49des débordements
24:50et des réactions hostiles
24:52Jackie Kulik lui
24:52il est avec ses avocats
24:53là il est au premier rang
24:54et voilà
24:55il y a une tension palpable
24:56en fait dans la salle
24:57c'est la salle
24:58évidemment bondée
24:59comme tous les jours
25:00mais là particulièrement
25:01et dans les minutes
25:01qui précèdent
25:02il y a une espèce
25:03de recueillement
25:04c'est très très fort
25:06quel est le verdict ?
25:08le verdict c'est
25:0930 ans de prison
25:10une peine lourde
25:10et il y a une incompréhension
25:12parce que
25:12l'enlèvement suivi de mort
25:14est prononcé
25:15mais il est aussi
25:16reconnu culpable
25:16du viol
25:17mais par contre
25:18pas du meurtre
25:18or l'avocat général
25:20avait demandé de la quitter
25:21pour ses deux chefs
25:22d'accusation
25:22donc c'est assez incongru
25:24puisque le viol et le meurtre
25:25se seraient passés au même moment
25:26qu'on n'avait pas de preuves
25:27mais bon voilà
25:27il y a 30 ans
25:29de prison
25:29prononcée
25:30sans période de sûreté
25:31comment réagit la salle d'audience ?
25:33il y a eu un espèce
25:34de haut
25:34de stupeur
25:36Jackie Kulik
25:37et ses proches
25:38qui attendaient
25:39fermement
25:40cette condamnation
25:40se sont commencé
25:41à pleurer
25:41à s'embrasser
25:42et puis là très vite
25:43de l'autre côté
25:44il y a eu ce geste
25:46que se passe-t-il ?
25:47on n'a pas le temps
25:48de comprendre
25:48en fait ça se passe
25:49en l'espèce
25:50de quelques secondes
25:51le temps qu'on relève le nez
25:52qu'on regarde Willy Bardon
25:53en fait moi je le vois
25:54finir un geste d'une main
25:55et surtout je le vois
25:56prendre cette bouteille d'eau
25:57et boire d'énormes gorgées d'eau
25:58il vide quasiment
25:59la bouteille d'un trait
26:01je me demande ce qui se passe
26:02dans mon esprit
26:03évidemment je me dis
26:04il est peut-être en train
26:05de faire ça
26:05mais c'est tellement improbable
26:06c'est une tentative de suicide
26:07comme ça on dirait
26:08que mon esprit
26:09s'y refuse dans les premières secondes
26:11et le temps qu'on regarde
26:12en fait il n'y a plus de Willy Bardon
26:13en fait il a été très très vite
26:15sorti
26:15parce que l'escorte a compris
26:16ce qui se passait en fait
26:17les policiers ont compris
26:18que c'était grave
26:18donc il est très vite évacué
26:20pris en charge par les pompiers
26:21une heure plus tard
26:22on nous annonce
26:22qu'il est dans le coma
26:23dans un état très grave
26:24qu'est-ce qu'il avait avalé ?
26:26alors on a su
26:26qu'il s'agissait d'un pesticide
26:29très puissant
26:29qu'on ne peut pas obtenir
26:31sans autorisation
26:32donc il y a une vraie question
26:33sur comment il se les procurait
26:34il faut rappeler
26:35qu'il comparaissait libre
26:35il avait été certes fouillé
26:36au moment de rentrer dans le box
26:38mais c'est un cachet
26:39qui peut se dissimuler
26:40assez facilement
26:40enfin c'est forcément
26:41un geste prémédité
26:42c'est-à-dire qu'il avait préparé cela
26:43et j'ai pu m'entretenir
26:44avec certains de ses proches
26:45qui m'ont dit
26:46qu'il avait un peu annoncé
26:47à tout le monde
26:47que s'il était condamné
26:49il mettrait fin à ses jours
26:50mais évidemment
26:51il ne pensait pas
26:52qu'il le ferait
26:53sinon ils auraient alerté
26:54les autorités
26:55Willy Bardon est à présent
26:56hors de danger
26:57ses avocats ont fait appel
26:58et ils espèrent
26:59que le nouveau procès
27:01aura lieu
27:02dans une autre région
27:03les avocats ont estimé
27:04qu'en fait
27:04la région était trop impactée
27:06émotionnellement
27:07par cette histoire
27:07qui a fait la une des médias
27:09pendant des années
27:09c'est vrai que c'est un dossier
27:11hors normes
27:11on a la souffrance
27:12de Jackie Culli
27:13que tout le monde peut comprendre
27:14ils ont eu l'impression
27:15que défendre l'innocence
27:16d'un homme
27:17face à ce crime horrible
27:18et la douleur du père
27:19c'était inaudible
27:20et que peut-être
27:21ils seront mieux entendus ailleurs
27:51Merci à Louise Colcombé
27:52Deezer et Spotify
27:53et vous pouvez nous écrire directement
27:56codesource
27:56at leparisien.fr
27:58Sous-titrage Société Radio-Canada
28:02Sous-titrage Société Radio-Canada
28:03Sous-titrage Société Radio-Canada
28:04Sous-titrage Société Radio-Canada
28:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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