- il y a 9 heures
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Coronavirus et confinement. Ce courtier en assurances raconte régulièrement, dans Le Parisien, sa quarantaine dans le quartier des Etangs d’Aulnay (Seine-Saint-Denis). Code source a choisi de lui donner la parole.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, je suis Stéphane Genest et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le mardi 17 mars, à midi, la France est placée en confinement.
00:1667 millions de Français sont ainsi priés de rester chez eux.
00:19C'est le cas de Tariq Lagdiri, un habitant d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis.
00:24Cet assureur de 35 ans tient chaque semaine un journal de bord sur le site internet du Parisien.
00:30Aujourd'hui, dans Code Source, Tariq Lagdiri vous raconte son quotidien avec Mathieu Janin et Thomas Poupot,
00:37journaliste à l'édition de Seine-Saint-Denis du Parisien.
00:47Je m'appelle Tariq Lagdiri, j'ai 35 ans, j'habite à Aulnay-sous-Bois, dans le quartier des Étangs,
00:53qui se situe dans les quartiers nord de la ville.
00:56Je suis courtier en assurance, j'habite au cinquième étage de mon immeuble,
01:01avec une superbe vue d'un côté sur la nationale et de l'autre côté sur l'immeuble qui me
01:06fait face.
01:07Tariq Lagdiri, le lundi 16 mars, dans une allocution aux Français,
01:12Emmanuel Macron place la France en confinement et annonce que les déplacements sont strictement limités jusqu'à nouvel ordre.
01:18Quelle est votre réaction à cette nouvelle ?
01:20Ma première réaction, c'est de réfléchir à plusieurs aspects de mon organisation quotidienne.
01:27C'est-à-dire que j'ai l'habitude d'aller au travail, je travaille sur Argenteuil,
01:32et là il s'avère que je ne vais plus travailler.
01:34Ensuite, je pense à mes parents, qui vivent avec moi et à qui je dois annoncer la nouvelle premièrement.
01:42Deuxièmement, je dois veiller à m'organiser par rapport à leur subsistance et à leur bien-être.
01:49On se divise généralement les tâches avec ma sœur qui vit avec nous.
01:53Je fais des petites courses localement, j'achète de l'eau, j'achète des petites choses qui manquent,
01:58et ma sœur achète les grandes quantités de nourriture.
02:01Et c'est comme ça qu'on s'organise.
02:04Et à ce moment-là, est-ce que vous notez des changements dans la vie du quartier ?
02:08Une certaine agitation s'installe, notamment au niveau des courses.
02:13Je vois que les magasins sont remplis, parce que les fils dépassent les magasins,
02:18dépassent même certaines rues parfois.
02:20Le comportement n'est plus le même, même la cordialité disparaît.
02:24Il faut savoir que dans notre quartier, on se connaît tous, plus ou moins, ne serait-ce que de vue.
02:30Et que quand on fait les fils d'attente aux caisses, ou quand on se sert dans les rayons,
02:37c'est devenu plutôt du chacun pour soi.
02:39On essaye de se servir en premier, on essaye de passer en premier aux caisses.
02:45Il y a une forme d'individualisme et d'égoïsme qui se met en place et qui est l'attente.
02:51Au départ, les gens ne sont pas inquiets.
02:53Je continue à prendre mes thés au café du Grand Paris.
02:57Je croise des gens en allant prendre mes thés.
03:00Les gens sont plus inquiets de trouver des pâtes, du papier toilette.
03:07Mais l'inquiétude ne tourne pas forcément autour des conséquences sanitaires de l'épidémie.
03:14Les premiers jours confinés, le premier réflexe, c'est de prendre des nouvelles des proches.
03:19Par exemple, la famille qui est en Belgique, la famille qui est au Maroc.
03:24Et il y a d'anciens camarades de classe avec qui on décide de créer un groupe qui s'appelle
03:29les confinés.
03:30On essaye de savoir si chacun a pu se réfugier, entre guillemets.
03:38Un ami m'appelle pour me dire qu'un journaliste du Parisien avec qui il a déjà été en contact
03:44par ailleurs,
03:46recherche une personne du quartier qui pourrait décrire ce qu'elle vit en période de confinement.
03:51Et je reçois un coup de fil du journaliste du Parisien le lendemain.
03:55Ils m'expliquent qu'en fait, ils sont dans la phase encore de recherche,
03:59qu'ils ont sollicité plusieurs personnes et qu'ils aimeraient en fait que la personne décrive sa semaine de confinement.
04:06On décide alors que j'enverrai un exemple de texte que je peux écrire.
04:11Et qu'on décidera à partir de là si je suis la bonne personne ou pas pour ce type de
04:17journaliste.
04:19Et vous avez l'habitude d'écrire ?
04:22Alors j'ai écrit depuis mon passage en école de commerce au début des années 2000.
04:27Parce qu'il faut savoir que j'étais en fait un jeune issu du 4 en 13
04:33qui découvrait une école de commerce dans le 16e arrondissement de Paris.
04:37J'ai commencé par écrire des textos à des groupes d'amis.
04:41Les textos ont plu, du coup j'en ai fait des mails.
04:44Les mails ont plu.
04:45Du coup j'ai fait des recueils de mails.
04:48À la fin de l'école de commerce, l'écriture est devenue accessoire.
04:52Et c'est en 2014, j'ai rencontré une équipe de tournage dans le quartier.
04:56Ils m'ont sollicité pour écrire un des scénarios des trois courts-métrages qu'ils tournaient à cette époque.
05:02Le scénario plaît, il est tourné, il gagne même un prix.
05:06Du coup je reprends l'écriture de scénario à un rythme de un scénario tous les deux ans, quelque chose
05:12comme ça.
05:13Tariq Lagdiri, le samedi 21 mars, vous apprenez deux mauvaises nouvelles qui vont, ce sont d'ailleurs vos mots, vous
05:20secouer.
05:20Par WhatsApp, on me transfère un communiqué d'un syndicat qui annonce le décès d'une personne qui travaillait à
05:29la sécurité du centre commercial au Paris Nord.
05:32Il s'avère qu'en fait ce responsable de sécurité est originaire de la Rose des Vins, c'est-à
05:38-dire dans l'ensemble de lequel j'habite.
05:41Et qui nous a vu grandir en nous voyant venir au fur et à mesure des années.
05:46Cette nouvelle me bouleverse et bouleverse des amis à moi parce que ça devient le premier décès d'une personne
05:53que l'on connaît liée à l'épidémie en cours.
05:57Je ressens de la surprise et de la tristesse à ce moment parce que c'était une figure en fait
06:02emblématique du quartier, du centre commercial et c'est une figure liée à ma vie.
06:09La deuxième mauvaise nouvelle que j'apprends est que la mère du président de l'amicale de locataire est décédée.
06:17Et c'est à ce moment-là que vous découvrez les conditions dans lesquelles sont organisées les funérailles pendant cette
06:24période de confinement.
06:25Beaucoup de problématiques se posent par rapport à l'enterrement des personnes du quartier de confession musulmane.
06:31Par exemple, pour la mère du président de l'association de locataires, son souhait aurait été d'être enterré au
06:38pays.
06:39Sauf que la crise liée à l'épidémie de Covid-19 ne permet pas de rapatriement funéraire.
06:46Il ne permet pas de procéder au rite habituel.
06:50On a l'habitude d'accompagner le corps de la défunte jusqu'à l'enterrement.
06:55Pour le coup, l'enterrement aura lieu en France.
06:57On m'apprend qu'une liste est établie avec une dizaine de personnes ayant le droit d'assister à l
07:03'enterrement.
07:03Et on ne sait pas quand on pourra présenter nos condoléances.
07:15Le mardi 24 mars, tout juste une semaine après le début du confinement,
07:20le premier épisode de votre journal hebdomadaire est publié sur le site du Parisien.
07:24Et quelques jours plus tard, vous recevez un coup de fil.
07:27Abdel, mon ami qui m'a présenté au Parisien, m'appelle le soir.
07:30Il m'indique qu'il n'a pas Internet depuis plusieurs jours, c'est-à-dire depuis plus ou moins
07:34le début du confinement.
07:37Être confiné sans Internet, c'est une double peine.
07:39À un certain moment, il me demande si j'entends du bruit.
07:42Effectivement, j'entends du bruit, mais je n'arrive pas à distinguer le bruit.
07:46Il m'explique que c'est des gens qui tapent dans les casseroles en soutien au personnel soignant.
07:50Et lui me dit que c'est une habitude qu'ils ont depuis plusieurs jours d'applaudir à 20h en
07:57soutien au personnel soignant.
07:59J'ai eu des vidéos sur Paris où ils appellent le C, mais je ne savais pas que dans nos
08:03quartiers, ils appellent le C, je ne m'y attendais pas.
08:06Des habitants qui applaudissent pour remercier le personnel soignant.
08:10Et votre soeur d'ailleurs en fait partie puisqu'elle est infirmière et elle est confrontée pour la première fois
08:15à des malades du Covid-19.
08:17Oui, ma soeur est infirmière dans le service de cardiologie de l'hôpital Bichay et elle travaille de nuit.
08:23Alors qu'elle est avec moi, ses collègues de jour l'informent que le service est en train d'être
08:27aménagé pour recevoir le soir même des malades du Covid-19.
08:31Elle me dit que par sécurité, elle préfère ne plus revenir chez nous pour éviter de contaminer nos parents.
08:39Je vais devoir assumer les aspects pour lesquels ils se reposaient sur ma soeur.
08:44Ma soeur avait l'habitude de faire certaines courses, de gérer les médicaments de mes parents.
08:50Mon père et ma mère sont âgés, sont octogénères.
08:54Mon père est atteint de la maladie d'Alzheimer, à ce titre il est souvent confus.
08:59On a même du mal à lui expliquer des notions simples comme la date du jour, comme le lieu où
09:05on est, des choses comme ça.
09:08Sauf qu'il a été mis au courant par ma mère et par les journaux télévisés qu'ils regardent en
09:14permanence ensemble de la maladie.
09:17C'est-à-dire que c'est répété toute la journée par les journaux et ça les inquiète tellement que
09:22c'est leur principal sujet de conversation.
09:24Et je m'en rends compte au fur et à mesure des jours qu'il a même assimilé le salut
09:29par le coude,
09:30il a assimilé une certaine distance de sécurité à respecter entre nous et il a même compris pourquoi ma soeur
09:37ne passe plus.
09:39Alors que généralement on a du mal à lui faire admettre certains concepts très simples.
09:52La difficulté c'est de concilier en fait la partie professionnelle et prendre soin de mes parents.
10:00Puisque comme ils sont dépendants, ils ont envie de se reposer sur moi sachant que je suis au domicile.
10:06Je suis obligé de m'aménager des heures de travail professionnel et de négocier avec eux pour le bon respect
10:14de ces horaires de travail.
10:18A la fin du mois de mars, la Seine-Saint-Denis est l'un des départements les plus touchés par
10:22le coronavirus.
10:23Le nombre de décès liés à la maladie augmente de plus de 60% en seulement deux semaines.
10:29Et vous écrivez qu'à ce moment-là, la parole se libère dans le quartier.
10:33Au départ dans le quartier, pour les premiers cas de Covid-19, les familles avaient du mal à en parler.
10:38Même quand il y avait des morts, on n'en parlait pas vraiment.
10:41Il y avait une sorte de pudeur par rapport à la maladie.
10:44Et je pense que les gens avaient peur d'être pointés du doigt.
10:48De dire qu'il ne faut pas s'approcher d'eux et d'être le sujet des conversations.
10:53Sauf que je pense que la pandémie a pris de telles proportions au bout de quelques semaines
10:59qu'on en est arrivé à se dire que tout le monde peut être touché.
11:03Et qu'effectivement, beaucoup de monde a eu des personnes dans son entourage proche ou dans sa famille de toucher.
11:14La pandémie nous montre aujourd'hui à quel point les assistés ne sont pas forcément ceux
11:18que certains personnages politiques ou médiatiques aiment dénoncer.
11:22Les petites mains tiennent l'économie et nos vies.
11:26Comme Abou Bakar, habitant du foyer de la Rose des Vents et en voie de régularisation
11:31qui traverse tous les jours l'île de France pour se rendre sur les chantiers.
11:35Ou ma sœur et ses collègues de l'hôpital Bichat.
11:38On leur demande même de réutiliser les tenues jetables après lavage
11:41à cause de la pénurie d'équipements médicaux.
11:47On vient d'entendre un extrait du quatrième épisode de votre journal mise en ligne le 14 avril.
11:53A la fin, vous écrivez
11:55« J'en arrive presque à jalouser mon ami Abdel, à qui l'on n'a toujours pas rétabli l
12:00'accès à Internet. Pourquoi ? »
12:03« Être confiné chez soi, entre quatre murs, et recevoir en permanence des partages d'informations contradictoires, anxiogènes,
12:11ça rajoute à la pénibilité du confinement.
12:14Et en fait, je me dis à ce moment-là, sincèrement,
12:17Abdel, il évite peut-être toute une partie d'informations anxiogènes, de débats inutiles.
12:26Donc, il n'est pas forcément mal loti de ne pas avoir Internet.
12:31Tarek Lagdiri, qu'est-ce que ce journal a changé pour vous dans votre quotidien ?
12:36Ce journal a changé mon regard sur mon quartier.
12:41Un exemple très simple.
12:42Il y a eu récemment l'allocution du président Macron
12:45qui a en fait annoncé une date possible de début de déconfinement pour le 11 mai.
12:53Le lendemain, je me rends compte en allant faire mes courses
12:57que le magasin est rempli, qu'aucune distance de sécurité n'est respectée
13:02et que les gens sont beaucoup dehors.
13:06En temps normal, je me serais juste dit « les gens ne respectent pas ».
13:10Mais là, en voyant la situation, je me dis
13:12« ça, c'est quelque chose peut-être à mettre dans le journal ».
13:16Je faisais ce regard que je n'avais pas avant de tri de l'information.
13:29Avec nous, deux journalistes du Parisien, Thomas Poupot et Mathieu Jeannin.
13:33Vous travaillez tous les deux dans l'édition de Seine-Saint-Denis
13:36qui publie chaque semaine ce journal de confinement.
13:38D'abord, Mathieu Jeannin sait comment le confinement en Seine-Saint-Denis ?
13:42Le confinement en Seine-Saint-Denis, finalement, il ressemble au confinement dans tout le pays
13:45avec quelques spécificités, évidemment, liées à la structure du département.
13:49On est effectivement dans un département qui est très jeune.
13:52On est dans un département où il y a un taux de pauvreté qui est assez important.
13:56Des appartements qui sont parfois occupés par des familles très nombreuses.
14:00Donc, il peut y avoir quelques petits soucis liés au confinement.
14:03En tout cas, au début du confinement, il y a eu quelques soucis.
14:05Mais finalement, ça ressemble à ce qui se passe partout en France.
14:08C'est un confinement dans lequel il n'y a pas beaucoup plus d'incidents qu'ailleurs.
14:13Thomas Poupot, vous couvrez l'actualité du département au quotidien pour le Parisien.
14:18Qu'est-ce que vous pouvez constater sur le respect ou le non-respect de ces mesures ?
14:21Quand je fais un reportage, quand je traverse le département en voiture ou à pied,
14:26je ne vois pas grand monde.
14:27Il y a parfois du monde aux arrêts de bus.
14:28Ce sont des gens qui vont travailler.
14:31Évidemment, de temps en temps, on croise quelques seniors, quelques anciens
14:35qui discutent sur la plage du marché, ici ou là, mais à bonne distance en général.
14:40Il y a du monde dans les fils des supermarchés aussi,
14:43mais de gens qui respectent toujours les distances de sécurité.
14:49Mathieu Jeannin, vous êtes le chef de l'édition de Seine-Saint-Denis du Parisien.
14:53À quel moment vous est venue l'idée de publier un journal de confinement ?
14:57Dès le début, on s'est dit que ce serait intéressant d'avoir ça sur le web.
15:01Ensuite, comme tout le monde s'y est mis un peu immédiatement,
15:05on a mis un petit peu ça de côté, une journée ou deux.
15:07Et puis, en fait, on a réagi à la publication du journal de Léla Slimani dans le Monde.
15:13Donc, ce journal dans lequel elle décrit sa vie de confinée dans une gentillommière dormante,
15:18avec des très belles photos du bocage.
15:20Tout ça est très joli, mais très bourgeois.
15:22Et on s'est dit quand même, et on était tous d'accord là-dessus, je crois,
15:25qu'il y avait un décalage entre ce journal et pas seulement la Seine-Saint-Denis,
15:29tout ce qu'on vit quasiment tous pendant cette période,
15:32et que la Seine-Saint-Denis étant un département particulièrement regardé,
15:38scruté parmi les départements de banlieue,
15:40ça serait quand même plutôt intéressant d'avoir une voix de la Seine-Saint-Denis là-dedans,
15:44qui nous raconte le confinement à hauteur humaine.
15:47Et ensuite, toute la question, c'était simplement de trouver le bon client.
15:50Et quand vous recevez la première version du premier épisode du journal de bord de Tarek Lagdiri,
15:55quelle est votre réaction ?
15:57Moi, je suis très agréablement surpris du résultat.
16:01Alors, évidemment, Thomas Poupot, qui est en lien avec lui, est déjà passé sur le texte.
16:06Il y a eu un travail qui a été fait.
16:10Finalement, le papier qui nous rend chaque semaine
16:13ne ressemble pas forcément à un article de presse.
16:15Il n'y a pas forcément d'attaque, c'est-à-dire le début d'un article,
16:19le pourquoi on écrit,
16:21mais c'est quelque chose sur lequel il s'est très vite calé.
16:23Pour le reste, c'est son texte à lui,
16:26qui n'obéit qu'à ses seules règles à lui.
16:29C'est en ça aussi que c'est un papier un peu différent
16:32d'un article qui pourrait être écrit par un journaliste,
16:34qui n'obéit pas aux mêmes règles, et d'ailleurs, c'est tant mieux.
16:38Mathieu Genin.
16:39Pour le coup, j'étais très heureux,
16:41parce que c'est une vraie proposition de qualité.
16:43C'est aux antipodes de la caricature des cités,
16:46de ce qu'on peut imaginer,
16:47ce qu'est la vie dans une cité dans le 93.
16:51Et ses pensées, surtout, ses réfléchis,
16:53on sent dans la façon dont il a construit ces choses,
16:55que c'est quelqu'un qui réfléchit avant d'écrire,
16:58qui a la volonté de la construction d'un repos.
17:00Et ça se sent dans le texte final.
17:03Et ça, c'est quand même très agréable.
17:05Ce n'est pas toujours le cas.
17:06Ce n'est pas toujours le cas chez les journalistes.
17:08Donc c'est encore plus agréable de retrouver
17:10chez des gens qui ne sont pas des professionnels de notre métier.
17:14Et moi, pour être très clair,
17:15le niveau de la première chronique,
17:17mais des autres ensuite qu'on a publiées depuis,
17:19est au-dessus de ce que j'attendais, en tout cas.
17:29Le mercredi 25 mars,
17:30le premier épisode du journal de confinement
17:32de Tariq Lagdiri est publié dans les colonnes du Parisien.
17:36Thomas Poupot, comment réagit Tariq Lagdiri ?
17:39Il a immédiatement des retours, en fait,
17:42puisque la vie est rythmée par l'actualité des blogs.
17:46Il y a beaucoup de blogs locaux à Aulnay.
17:48Et tout de suite, son journal publié dans le Parisien
17:49est repris sur les blogs.
17:51Je pense qu'il est un peu surpris de l'écho que ça peut avoir.
17:54Même ses voisins lui en parlent, on l'appelle.
17:56Les gens, certains, sans forcément cliquer sur l'article,
17:59voient sa photo dans le journal,
18:00donc pensent qu'il est malade
18:02ou que quelqu'un de sa famille est malade
18:03et que c'est pour ça que le Parisien l'a interviewé.
18:06Donc il y a une espèce de flottement.
18:07Il est aussi appelé par d'autres médias
18:09qui ont peut-être moins l'habitude que nous
18:12de franchir le périphérique.
18:13L'émission quotidienne aussi,
18:15il le contacte pour la même chose,
18:16c'est-à-dire pour avoir sa vision du confinement en cité.
18:18Et il prend tout ça au bout d'un moment
18:20passé l'étonnement avec pas mal de philosophie.
18:24Donc il répond au gré des sollicitations médiatiques.
18:26Et surtout, il prend le rythme
18:29de préparer son journal de la semaine d'après pour nous
18:32en annotant un peu les anecdotes
18:34qu'il aimerait retranscrire.
18:36Et puis je crois aussi que quelque part,
18:38il n'aimerait pas forcément qu'on dise ça,
18:39mais je vais le dire quand même,
18:40je pense qu'il devient une petite célébrité
18:43dans son quartier.
18:44Les gens l'identifient
18:47comme étant celui qui écrit dans Le Parisien.
18:50Tout ça a un côté assez sympa aussi, je pense.
18:52Et un tourbillon.
18:54Tourbillon, le mot est peut-être un peu fort,
18:56mais il y a un peu de ça quand même.
19:00Merci à Tariq Lagdiri,
19:02Mathieu Janin
19:03et Thomas Poupot.
19:08Codesource est le podcast d'actualité du Parisien
19:11disponible chaque soir,
19:12du lundi au vendredi.
19:14Et si vous aimez Codesource,
19:15n'hésitez pas à nous le dire
19:16en mettant des petites étoiles
19:17et en vous abonnant sur votre application
19:19de podcast préférée
19:20comme Apple Podcast ou Podcast Addict.
19:23Cet épisode de Codesource a été conçu
19:26et préparé par Thibaut Lambert.
19:27Production Mario Bottorel
19:29et Raphaël Puyot.
19:31Réalisation Alexandre Ferreira.
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