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  • il y a 9 heures
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Depuis le 6 novembre 2019, Rachida Dati est officiellement candidate des Républicains pour les municipales de Paris. Code source vous raconte pourquoi elle se lance dans cette mission impossible.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Depuis le 6 novembre, Rachida Dati est officiellement candidate des Républicains à Paris pour les municipales de mars 2020.
00:18Maire du 7e arrondissement, ancienne ministre de la Justice, elle était la seule figure médiatique en course dans son parti,
00:24mais elle ne fait pas l'unanimité dans son camp et elle aura bien du mal à battre Anne Hidalgo
00:29qui sera sans doute candidate à sa réélection.
00:32Codesources vous racontent pourquoi Rachida Dati se lance dans cette mission impossible avec trois journalistes du Parisien,
00:38Marianne Guéraud, Olivier Beaumont et Alexandre Sulzer.
00:47Olivier Beaumont, Rachida Dati se fait connaître pendant la campagne pour la présidentielle de 2007
00:52en tant que porte-parole de Nicolas Sarkozy.
00:55C'est un visage qu'on ne connaît pas et qui détonne parce qu'elle ne vient pas du serraille
00:58politique,
00:59elle n'a jamais été élue, c'est un nouveau visage de la droite, un visage qui est issu de
01:03la diversité
01:04et elle a un rôle bien particulier à Rachida Dati, d'une part parce qu'elle est nommée porte-parole
01:08avec Xavier Bertrand
01:09de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy,
01:12et elle a aussi une mission sous-jacente à ce moment-là parce que quelques années auparavant,
01:16elle s'occupait de la thématique de la prévention de la délinquance au ministère de l'Intérieur.
01:20Elle a aussi pour objectif dans cette campagne de réconcilier, de redorer le blason de Nicolas Sarkozy,
01:27notamment auprès de la banlieue, et on la voit souvent en marge de meeting,
01:30notamment quand il est en déplacement en Ile-de-France ou dans les quartiers,
01:34où elle a ce rôle de rabatteuse qu'elle assume totalement,
01:37et elle organise des réunions entre Nicolas Sarkozy et des jeunes dans la perspective de cette campagne.
01:42Comment est-ce qu'elle a rencontré Nicolas Sarkozy ?
01:44Ça se passe en 2002, et ça résume assez bien finalement le profil du personnage,
01:48ou en tout cas la façon dont elle aborde les gens.
01:50Ça se passe par une lettre qu'elle écrit à Nicolas Sarkozy.
01:53À l'époque, il vient d'être nommé ministre de l'Intérieur,
01:56et elle lui dit qu'elle a envie de travailler avec lui et qu'elle veut le rencontrer.
01:59Très vite, en fait, un rendez-vous est organisé,
02:01et il est séduit par le panache de cette jeune femme qu'il ne connaît pas du tout,
02:06dont il n'a jamais entendu parler.
02:07Il voit qu'elle la gouaille, et donc elle est tout de suite nommée à son cabinet,
02:11où elle a un rôle de conseillère technique en charge de la prévention de la délinquance.
02:16Elle va rester à Beauvau pendant tout le temps du passage de Nicolas Sarkozy à ce ministère-là,
02:21et elle va le suivre après, quand il sera ministre de l'Économie et des Finances à Bercy.
02:27Après l'élection de Nicolas Sarkozy en mai 2007,
02:30elle est nommée garde des Sceaux,
02:32et à ce moment-là, les Français découvrent son histoire.
02:35Rachida Dati a grandi dans une famille modeste et nombreuse à Châlons-sur-Saône.
02:39C'est la deuxième d'une fratrie de 12 enfants,
02:41avec un père qui est arrivé en 1963,
02:43un père maçon marocain, une maman algérienne,
02:46qui ne sait ni lire ni écrire le français.
02:48Elle a grandi dans un HLM, dans un milieu très populaire,
02:51et c'est dans cet environnement, dans cette sous-préfecture de Saône-et-Loire,
02:54qu'elle va agrandir.
02:55Elle doit faire des petits boulots pour payer ses études et aider la famille.
02:59Elle travaille notamment dans un hôpital.
03:00On est en 1983, elle a 17 ans,
03:05et effectivement, elle cherche un job,
03:08et une de ses amies lui dit qu'il y a des jobs d'été à pourvoir
03:10à la clinique Sainte-Marie de Châlons-sur-Saône.
03:13Et donc, elle postule,
03:15et dans son entretien qu'elle a avec le directeur,
03:17il lui dit « mais qu'est-ce que vous savez faire ? »
03:19et elle lui dit « je sais tout faire ».
03:20Et donc, la première mission qu'elle va avoir,
03:22en tout cas au début, dans ce job d'été,
03:23c'est de faire les ménages, en fait, tout simplement.
03:25Elle va faire ça pendant tout l'été.
03:27Ça va plutôt bien se passer.
03:28Elle va très vite s'intégrer au sein du personnel soignant.
03:30Elle va prendre un peu plus de responsabilités.
03:32On va lui filer même des fonctions qui ne sont pas forcément celles d'une femme de ménage.
03:35Elle va accompagner les médecins.
03:36Elle va rentrer dans les blocs opératoires.
03:38Et à l'issue de ce job d'été,
03:40elle va continuer, en fait, la nuit notamment,
03:42pendant plusieurs années,
03:43pour financer ses études.
03:45C'est un épisode qui va beaucoup la marquer
03:46parce qu'elle dit qu'elle va être confrontée à la mort,
03:48à la détresse aussi sociale.
03:50Et donc, c'est quelque chose qui va beaucoup la structurer.
03:53Comment est-ce qu'elle commence sa carrière ?
03:55Rachidati, elle a une double carrière, en fait.
03:57Elle est étudiante et suit des études de sciences économiques.
04:00Elle a tenté de faire médecine.
04:02Elle a raté par deux fois.
04:03Et puis, elle s'est réorientée dans les études de sciences économiques.
04:05Et à côté de ça,
04:07il y a une rencontre qui a un peu changé sa vie.
04:08La première, c'est avec Albin Chalandon,
04:10l'ancien ministre de la Justice,
04:12qu'elle rencontre un soir,
04:13lors d'une soirée à l'ambassade d'Algérie,
04:16où elle s'invite et elle lui dit
04:17« Je veux travailler avec vous ».
04:18Lui, il est un peu étonné,
04:19il est un peu soufflé par la spontanéité,
04:20le sanggène du personnage.
04:22Et du coup, il lui dit « Banco ».
04:23Et il l'a fait rentrer très vite, en fait,
04:25chez Elf, où elle est auditrice.
04:26Et quelques temps après,
04:28quasiment la même scène,
04:29mais là avec Jean-Luc Lagardère,
04:30qui l'a fait entrer chez Matra.
04:32À chaque fois, elle y va au culot.
04:33C'est-à-dire que c'est un peu comme ça
04:34que s'est construit sa carrière.
04:35Et on le voit, on l'a dit précédemment
04:37avec Nicolas Sarkozy,
04:37c'est aussi comme ça.
04:38Elle lui écrit le net,
04:39elle lui dit « Je veux travailler avec vous,
04:40rencontrons-nous ».
04:41Et ça le fait.
04:42Et donc ensuite, les années se passent.
04:44Elle a une maîtrise de droit public
04:45et par un système de validation des acquis,
04:48en fait, elle va pouvoir rentrer
04:49à l'École nationale de la magistrature.
04:51Elle va obtenir son diplôme en 1996.
04:54Et elle est nommée dans un premier temps
04:55au parquet de Perronne, en Picardie.
04:58Et ensuite, elle ira à Bobigny
04:59et puis à Évry.
05:04Rachida Dati entre donc au gouvernement en 2007,
05:07mais elle ne fait pas l'unanimité
05:09dans son propre camp, les Républicains.
05:10Parce qu'elle ne vient pas du sérail,
05:12Rachida Dati.
05:12Et très vite, on lui fait comprendre ça.
05:14Elle n'a pas les mêmes codes.
05:15Elle a les codes de la banlieue,
05:17du milieu populaire.
05:18Elle le dit.
05:18Et puis, il y a le système de jalousie aussi.
05:20Certains connaissent Nicolas Sarkozy
05:21depuis 30 ans.
05:23Et donc, on la soupçonne d'être
05:24une intrigante, d'être une arriviste.
05:27D'autant qu'elle a de très, très bonnes relations
05:29avec Cécilia Sarkozy.
05:30Cécilia qui la califie même un jour
05:32dans une interview
05:33quand elle dit « Rachida, c'est comme ma sœur ».
05:35Et forcément, ça suscite beaucoup de jalousie
05:38et des inimitiés au sein de la majorité
05:41et notamment du noyau dur de la Sarkozy.
05:43Alexandre Sulzer, elle est très clivante.
05:45Rachida Dati ?
05:45Rachida Dati, elle est entière.
05:47On est avec elle ou contre elle.
05:50C'est-à-dire qu'elle fonctionne de façon clanique,
05:52elle a ses amitiés.
05:54Elle est très goyeuse, très drôle.
05:56Elle peut avoir beaucoup d'humour.
05:57Et à contrario,
05:58quand elle a quelqu'un
06:00qu'elle n'apprécie pas,
06:01elle l'a dans le pif, si je puis dire,
06:03pendant longtemps.
06:06Parmi ses ennemis,
06:07Brice Hortefeux.
06:07Rachida Dati, Brice Hortefeux,
06:08c'est vraiment chien et chat.
06:09Et Brice Hortefeux, c'est sa tête de turc.
06:12Tout ça est lié à la relation
06:13que les deux ont avec Nicolas Sarkozy.
06:15En fait, une relation d'exclusif
06:16que chacun revendique.
06:17Et elle le traite souvent de facho.
06:19Et il y a cette anecdote
06:20où on raconte qu'un jour,
06:21il se retrouve dans un ascenseur.
06:23Et ils sont tous les deux dans l'ascenseur.
06:25Il lui dit « tiens, voilà le facho ».
06:27Et lui dit « tiens, voilà l'intrigante ».
06:28Et là, elle se retourne
06:29et elle lui colle un point dans la figure.
06:31Parce que Rachida Dati,
06:34Hortefeux est plaquée contre le miroir.
06:36Dans la foulée,
06:37elle va recevoir un coup de fil
06:37de Nicolas Sarkozy
06:38qui va lui dire
06:39« mais qu'est-ce que tu as encore fait
06:40à ce pauvre Brice ? »
06:41Elle va te donner un coup de poing
06:42et elle va le faire savoir.
06:43Elle ne se privera pas pour le dire.
06:45Si quelqu'un d'autre dérapait de la sorte,
06:46il essaierait peut-être de le taire.
06:47Rachida Dati, au contraire,
06:48elle en fait un motif d'orgueil.
06:50Vous savez, on a eu de très mauvaises relations
06:52entre Brice Hortefeux et moi
06:53entre 2009 et 2014.
06:55Vous voyez ?
06:55Donc depuis, ça s'est totalement rétabli
06:58et on s'est expliqué.
07:00Marianne Guéraud,
07:01au municipal de 2008 à Paris,
07:02elle soutient la candidate de la droite,
07:04Françoise de Panafieux
07:05et elle est candidate elle-même
07:06à la mairie du 7e arrondissement.
07:08Elle est ministre de la Justice
07:10mais elle n'a jamais été élue sur son nom.
07:12Donc ça va être une première pour elle.
07:14Elle est donc poussée par Nicolas Sarkozy.
07:16C'est un très beau cadeau
07:16parce que la mairie du 7e,
07:18c'est quand même un fief de droite
07:19que personne jusqu'ici n'a réussi
07:21à retirer à la droite.
07:22Donc c'est un beau fief pour elle.
07:24Et puis c'est aussi un petit cadeau
07:25à Françoise de Panafieux
07:26qui a quand même du mal
07:27à faire démarrer sa campagne.
07:28Donc avoir une personnalité
07:30avec un ministre sur ses listes,
07:32ça réveille un peu la droite parisienne
07:35et ça permet d'avoir des têtes d'affiches
07:37dans la campagne
07:37qui est un peu triste
07:38de Françoise de Panafieux.
07:40Et elle est élue ?
07:41Pas dès le premier tour.
07:42Donc ça, tout le monde va s'amuser
07:43à le souligner quand même
07:44parce que son arrivée dans le 7e
07:46n'est pas forcément très bien vue.
07:48D'abord, il y avait Michel Dumont,
07:50le maire sortant
07:51qui pensait qu'il allait pouvoir
07:53rester sur son fauteuil.
07:54Donc déjà, ce parachutage,
07:55ça fait un peu grincer des dents,
07:56notamment chez les militants.
07:58Voir une people débarquer,
07:59ça ne plaît pas forcément.
08:01Et puis, bon, il va sans doute
08:02y avoir des arrières-pensées
08:03un peu racistes.
08:04Sauf qu'elle a fait ses études
08:06chez les sœurs.
08:08Donc les codes catholiques,
08:09elle les a.
08:10Donc elle arrive finalement
08:11à bien s'intégrer
08:12dans cette bourgeoisie
08:13du 7e arrondissement.
08:14Et elle arrivera
08:15à se faire élire.
08:15Au second tour, certes,
08:16mais elle arrivera quand même
08:17à se faire élire.
08:19Quand elle est encore
08:20au gouvernement,
08:21en janvier 2009,
08:22elle donne vie
08:23à une petite fille, Zora.
08:25Et à ce moment-là,
08:26personne ne sait
08:27qui est le père.
08:28Elle raconte même
08:28qu'elle est espionnée.
08:30L'Élysée essaye
08:31de percer le mystère.
08:32Parce que l'Élysée
08:32est un véritable nid d'espion
08:34à l'époque.
08:35Et puis tout l'entourage
08:35de Nicolas Sarkozy
08:36qui ne porte pas
08:37Rachida Dati dans son cœur
08:38s'interroge
08:39et qui est le papa
08:40de la petite Zora.
08:41C'est vrai que même
08:42la presse people,
08:43tout le petit milieu
08:44médiatico-politique
08:45se pose la question.
08:46Il y a vraiment
08:46un grand mystère
08:47parce qu'on se souvient
08:48de cette image.
08:48On la voit sortir
08:49de la clinique de la muette
08:50à peine un ou deux jours
08:52après l'avoir mise au monde.
08:54Et Rachida Dati,
08:55elle est seule
08:55avec la petite Zora
08:56en mitouflée dans un linge.
08:58Et ça va aller jusqu'à ce que
08:59c'est elle qui le raconte
09:00que les séries de renseignement
09:01vont enquêter
09:02pendant plusieurs semaines
09:03pour savoir
09:04qui est le fameux père
09:05de la petite Zora.
09:06Alors on va entendre
09:07plusieurs noms circuler,
09:09notamment celui
09:09de l'ancien premier ministre
09:10espagnol,
09:11José María Aznar.
09:12On parle aussi
09:13d'un émir du Qatar.
09:14Et en fait,
09:14on apprendra
09:15quelques temps après
09:15qu'il s'agit de Dominique de Seigne.
09:25Trois ans plus tard,
09:26en octobre 2012,
09:27elle assigne
09:27l'homme d'affaires
09:28Dominique de Seigne
09:29en reconnaissance de paternité.
09:30Il faut rappeler
09:31qui c'est quand même.
09:32C'est une des plus grosses
09:32fortunes françaises.
09:33C'est le PDG
09:34des casinos barrières,
09:35des hôtels de luxe,
09:37des bars,
09:37des restaurants.
09:38Donc c'est quelqu'un
09:38de très important,
09:39de très riche.
09:40Et il se rencontre
09:41lors d'un déplacement
09:42en fait présidentiel
09:43de Nicolas Sarkozy
09:44au Maroc
09:45où il est accompagné
09:47d'une soixantaine,
09:48soixante-dix chefs d'entreprise
09:49et parmi les membres du gouvernement
09:50qui étaient présents,
09:51ils disent que tout s'est joué là.
09:52Et d'ailleurs,
09:52quelques semaines après,
09:53les deux s'envolent
09:54pour l'île Maurice
09:55où ils partent en vacances,
09:55ils passent les fêtes de Noël
09:57et donc il va y avoir
09:58une relation,
09:58une liaison à ce moment-là.
10:00Et trois ans plus tard,
10:01elle demande effectivement
10:02un test de paternité.
10:03Il refuse,
10:03ça fait qu'elle va saisir
10:04la justice.
10:05Elle demande à ce que sa fille
10:06porte le nom de De Seigne
10:07et aussi elle demande
10:09une pension alimentaire
10:10qu'elle demande
10:10à hauteur de 6 000 euros.
10:12La justice finira
10:13par rendre raison
10:14à Rachidati
10:14quelques années plus tard
10:16en reconnaissant
10:17que Dominique De Seigne
10:18est bien le papa
10:19de la petite Zora
10:20et donc elle perçoit
10:21depuis cette date
10:21une pension alimentaire mensuelle
10:23de 2 500 euros.
10:24Et la paternité
10:24sera effectivement confirmée
10:26par un arrêt
10:26de la Cour d'appel de Versailles
10:28en janvier 2016.
10:30En 2009,
10:31elle est élue députée européen
10:32tout en conservant son siège
10:33de maire
10:34du 7e arrondissement.
10:35Pour l'instant,
10:36le cumul des mandats
10:37n'est pas encore interdit.
10:38Donc c'était une possibilité,
10:40elle s'en est saisie.
10:41Ça fait un peu grincer des dents
10:43et notamment au Conseil de Paris
10:44où on trouve
10:44qu'elle n'est pas forcément
10:45toujours très présente.
10:47D'ailleurs,
10:47c'est un argument
10:48que son entourage avance
10:50pour expliquer
10:50les absences répétées
10:52qui apparaissent
10:52sur les relevés
10:53de présence
10:54et d'absence des élus.
10:55Son entourage explique
10:56qu'elle est prise,
10:57très prise
10:58par son mandat
10:58de députée européen.
10:59Quand on la voit,
11:00elle se fait remarquer.
11:01Elle a débarqué un jour
11:02comme ça en séance
11:03avec sa fille
11:03ce qui est totalement interdit.
11:04Elle a expliqué
11:05qu'elle n'avait pas de nourrice
11:06pour la garder.
11:07Les huissiers lui ont gentiment
11:09expliqué qu'elle ne pouvait pas rester.
11:10Mais c'est vrai
11:11qu'on ne peut pas dire
11:12qu'elle brille par sa présence
11:14au sein de l'hémicycle parisien.
11:18Alexandre Chuzière,
11:19durant les dix années
11:20qui vont suivre,
11:21elle a donc cette double casquette
11:22de maire d'arrondissement
11:23et de député européen.
11:24Oui, d'ailleurs,
11:25l'argument selon lequel
11:26elle est prise à Bruxelles
11:28et donc elle ne peut pas assurer
11:29forcément toutes ses séances
11:31au Conseil de Paris
11:32est vrai dans l'autre sens.
11:33Beaucoup de ses adversaires
11:34pointent du doigt aussi
11:35son absentéisme à Bruxelles,
11:37son manque d'implication
11:38dans les dossiers européens.
11:39Et là aussi,
11:40elle peut faire valoir
11:41qu'elle a une mairie à gérer,
11:43des dossiers municipaux.
11:44Et donc,
11:45c'est un peu sur les deux tableaux
11:46finalement que ses adversaires
11:47lui reprochent
11:47son manque d'implication.
11:51Marianne Guéraud,
11:51au municipal de 2014,
11:53elle est réélue
11:53à la mairie du 7e.
11:55Est-ce qu'elle soutient
11:56la candidate de la droite,
11:57Nathalie Kosciusko-Morizet ?
11:58D'abord, en 2014,
11:59elle avait caressé l'espoir
12:01d'être éventuellement
12:01tête de liste
12:03de la droite parisienne.
12:04Et puis,
12:05quand NKM est rentrée dans le jeu,
12:07ça l'a tout de suite
12:08un peu dissuadée.
12:09Et elle a planté,
12:10on peut le dire,
12:11la fédération UMP de Paris
12:12à la dernière minute.
12:14Les tracts étaient imprimés,
12:15les débats allaient avoir lieu
12:17entre les candidats.
12:18Et Rachida Dati,
12:19elle a fait savoir
12:20que finalement,
12:20elle a retiré sa candidature
12:21de cette primaire
12:22parce qu'elle disait
12:23que les jeux étaient faits.
12:24Ce qui n'était pas totalement faux.
12:25Les jeux étaient effectivement
12:27un peu faits pour NKM,
12:28qui a été donc la tête de liste
12:30de l'UMP en 2014.
12:32Ce qui n'a pas franchement
12:33plu à Rachida Dati,
12:35qui n'a pas vraiment été
12:37aux côtés de NKM
12:39durant la campagne.
12:39On peut même dire
12:40qu'elle était plutôt
12:41du genre à lui mettre
12:43des pots de bananes
12:44sous les pieds
12:45pendant la campagne.
12:46Elle aurait donné
12:47quelques renseignements
12:48au camp adverse,
12:49à savoir celui d'Anne Hidalgo,
12:50pour renseigner un peu
12:51les socialistes
12:52sur les sorties
12:53prévues par NKM
12:55les semaines qui suivent.
12:56Elles s'entendent bien
12:57avec Anne Hidalgo ?
12:58Ah oui,
12:59elles s'entendent plutôt bien
13:00au Conseil de Paris.
13:01Elles ont des échanges
13:02assez cordiaux.
13:03Et un ancien maire
13:04d'arrondissement socialiste
13:05dit que dans l'entourage
13:07de Hidalgo,
13:08on dit qu'il faut
13:08se soigner un peu d'hati,
13:09ne la laisser gérer
13:10ses dossiers
13:11sans trop l'ennuyer.
13:20Paris n'a pas eu
13:21de maire de droite
13:22depuis le départ
13:22de Jean Tibry en 2001
13:24et l'arrivée
13:25de Bertrand Delanoé.
13:26En février 2019,
13:27Rachida Dati fait savoir
13:28qu'elle est intéressée
13:29par la mairie
13:30de la capitale.
13:31Qui est-ce qu'elle a face à elle ?
13:32Au début,
13:34elle avait
13:34Jean-Pierre Lecoq,
13:36le maire
13:37LR du 6ème.
13:39Elle avait aussi
13:39Marie-Claire Carrergé,
13:41une élue du 14ème LR.
13:43Et puis,
13:43très vite,
13:44finalement,
13:45Jean-Pierre Lecoq
13:46a décidé de lâcher l'affaire
13:47en se disant
13:47que les jeux étaient faits.
13:48Marie-Claire Carrergé,
13:49elle a voulu y croire
13:50jusqu'au bout.
13:51Elle est allée jusqu'à
13:52la commission nationale
13:52d'investiture
13:53où elle a présenté son dossier.
13:55Mais là,
13:56en l'occurrence,
13:56c'est Rachida Dati
13:57qui a remporté le morceau.
13:58Il n'y avait pas
13:59d'autres ténors,
14:00d'autres têtes d'affiche
14:01dans cette compétition ?
14:02Non.
14:03À droite,
14:03en l'occurrence,
14:04c'était un peu
14:05morne-pleine.
14:06Malgré tout,
14:07même si Rachida Dati
14:08a cette qualité
14:09d'être une tête de liste
14:10emblématique
14:11qui fait parler d'elle,
14:12qui est bonne dans les médias,
14:13elle n'arrive pas
14:14à récolter franchement
14:15le soutien
14:16de ses confrères
14:16des maires d'arrondissement
14:17de droite
14:18qui ne veulent pas d'elle
14:19comme tête de liste.
14:21Beaucoup ont rêvé
14:22à droite
14:22de l'arrivée d'un ténor
14:23qui fait défaut aujourd'hui.
14:25Certains rêvaient
14:25d'Edouard Philippe
14:26pour avoir une tête d'affiche
14:27issue de la droite
14:28qui soit à la hauteur
14:30de l'enjeu pour eux.
14:31Même le nombre
14:32de Nicolas Sarkozy
14:33a circulé pour certains
14:34mais tout ça
14:35était davantage des fantasmes
14:36et Rachida Dati
14:37se retrouvait un peu
14:38seul ténor en liste.
14:41Fin mai,
14:42on apprend
14:43que Rachida Dati
14:44est mis en cause
14:45dans l'affaire Carlos Ghosn.
14:46Oui,
14:46c'est une affaire
14:47un peu en marge
14:48effectivement
14:48du scandale
14:49Carlos Ghosn
14:50et Renault-Nissan.
14:51Rachida Dati
14:52et Alain Bauer
14:53éclaboussés par l'affaire
14:54Carlos Ghosn,
14:55l'ancienne garde des Sceaux
14:56et le criminologue
14:57sont soupçonnés
14:57d'avoir touché
14:58des fonds suspects
14:59de la part de Renault
15:01et de son ancien
15:01PDG via la filiale
15:03néerlandaise du constructeur.
15:04Le parquet national financier
15:06a ouvert une enquête
15:06préliminaire
15:07après la plainte
15:08déposée mi-avril
15:09par une actionnaire.
15:10Au cours de l'enquête,
15:11le parquet national financier
15:12découvre
15:12qu'une somme
15:14d'argent conséquente
15:15était à la disposition
15:16du PDG
15:16de Renault-Nissan
15:18et que dans cette enveloppe,
15:20Rachida Dati
15:21aurait bénéficié
15:22de 900 000 euros
15:23pour des conseils
15:24en tant qu'avocate
15:25sans que l'on sache
15:26réellement exactement
15:27à quel travail
15:28cela correspond,
15:29ce qui lui vaut
15:30aujourd'hui
15:30l'ouverture d'une enquête
15:32préliminaire
15:32qui a donné lieu
15:33à des auditions
15:34et même
15:35à des perquisitions
15:36à son bureau
15:36et à son domicile.
15:37Et qu'est-ce qu'elle dit
15:38là-dessus ?
15:38Rachida Dati
15:39dément formellement
15:40qu'il y ait toute infraction,
15:41qu'il y ait tout problème.
15:42Ce n'est pas une plainte
15:43de Renault
15:44à l'encontre
15:44de Rachida Dati
15:45ils ont été contents
15:46des services
15:47et des prestations
15:48en ma qualité
15:48d'avocat.
15:49Là, subitement,
15:50il y a un avocat
15:51pour des raisons
15:52très personnelles
15:52et très obscures
15:53à souhaiter déposer
15:55plainte contre moi
15:56en utilisant sa femme
15:57qui a acheté
15:58des actions Renault
15:59avant une assemblée générale
16:01pour après pouvoir
16:02déposer plainte contre moi.
16:03Sa défense
16:04c'est qu'elle apportera
16:04à la justice
16:05tous les documents nécessaires
16:06pour établir son innocence.
16:08Marianne Guérault
16:08le mercredi 6 novembre
16:10Rachida Dati
16:11est investie
16:11candidate pour
16:12la mairie de Paris
16:13par Les Républicains.
16:14Comment ça s'est passé ?
16:15Il y a eu une audition
16:16les deux candidates
16:17sont passées
16:18devant les membres
16:19de la commission nationale
16:20d'investiture.
16:21Rachida Dati
16:21est arrivée
16:22très préparée
16:23très punchy
16:24comme est ses lettres
16:25et en l'occurrence
16:26son exercice
16:27a été salué
16:28par son ami
16:28Jean-François Copé
16:29qui a dit que vraiment
16:30elle avait tous les talents
16:31pour être candidate à Paris.
16:32Marie-Claire Carragé
16:33n'a eu que trois voix
16:34sur une vingtaine
16:35de membres
16:35de la commission nationale
16:36d'investiture
16:37qui était présente ce jour-là
16:38donc on peut dire
16:39que Rachida Dati
16:39l'a remportée
16:41haut la main.
16:46Le jeudi 7 novembre
16:47elle réunit
16:48dans un café à Paris
16:49ses premiers sympathisants.
16:50Vous étiez sur place
16:51comment ça s'est passé ?
16:52Alors c'était dans
16:52le 20e arrondissement
16:53c'est une façon de montrer
16:55que Rachida Dati
16:56candidate de droite
16:57va repartir
16:59à la conquête
16:59de l'Est parisien
17:00des arrondissements
17:01où la droite
17:02est quand même absente
17:02depuis un paquet d'années.
17:04Donc c'est au café
17:05L'Ami Justin
17:0528 boulevard de Ménine
17:07Monton
17:07qu'elle a réuni
17:08son comité de soutien.
17:09Honnêtement
17:09quand on est arrivés
17:10au début
17:10avec nos confrères journalistes
17:12on était un peu inquiets
17:14parce que la moyenne d'âge
17:15était assez élevée
17:16et puis bon
17:17dans le courant
17:18de la soirée
17:18quelques jeunes militants
17:20ont rejoint les rangs
17:21il y avait une centaine
17:22de personnes
17:22elle est arrivée
17:24sur le coup de 20 heures
17:25elle a fait un petit discours.
17:27C'est une aventure
17:28d'une grande gravité
17:31et dès ce soir
17:33avec vous
17:35ensemble
17:36nous prenons rendez-vous
17:37avec les parisiennes
17:39et les parisiens
17:39et nous prenons rendez-vous
17:41avec Paris.
17:41Il y avait quelques conseillers
17:43de Paris autour d'elle
17:44pour montrer
17:44qu'elle n'est pas isolée
17:45bien que la grande majorité
17:47des maires d'arrondissement
17:48ne soient pas derrière elle
17:50et puis voilà
17:51elle a remercié
17:52beaucoup
17:52et puis elle a aussi
17:53comme à son habitude
17:55envoyé des petits pics
17:56en disant qu'elle ne pouvait plus
17:58laisser Paris
17:58entre les mains
17:59de quelques médiocres
18:01puis elle a donné
18:01des petits gages
18:02à ses futurs colistiers
18:04en disant
18:04qu'elle allait
18:06évidemment gagner Paris.
18:07Et quelle était
18:08l'ambiance dans ce café ?
18:09Les gens l'ont applaudi
18:11ont crié son nom
18:13mais bon
18:13ça a été réglé
18:14en très peu de temps
18:15elle était attendue
18:16pour 19h30
18:17elle est arrivée
18:17à 19h56
18:18son discours s'est achevé
18:20à 20h05
18:21ils ont bu quelques verres
18:22et puis voilà
18:23après c'était vite terminé.
18:24C'était pas une grande ambiance ?
18:26C'était une ambiance
18:27de début de campagne.
18:28Le mardi 12 novembre
18:29sur France Inter
18:30la présidente de la région
18:31Île-de-France
18:31Valérie Pécresse
18:32s'est dit prête
18:33à faire alliance
18:34avec Rachida Dati
18:35elle a une chance
18:36dans cette élection ?
18:37Pour l'instant
18:37d'après les sondages
18:39non.
18:39Elle est à 14%
18:40derrière les deux candidats
18:41LREM déclarés
18:43à savoir
18:43Benjamin Griveaux
18:44qui est à 19%
18:45et Cédric Villani
18:47qui lui est à 15%.
18:50Olivier Vaumont
18:51pourquoi est-ce qu'elle se lance
18:52dans cette aventure aujourd'hui ?
18:53Tout simplement
18:54parce qu'elle n'a absolument
18:55rien à perdre
18:56et que malgré tout
18:57même si elle est à 14%
18:58dans les sondages aujourd'hui
18:59ce sont les sondages
18:59qui l'ont testé
19:00quand elle n'est pas encore
19:00officiellement candidate.
19:02La droite parisienne
19:03aujourd'hui
19:04elle est éparpillée
19:04façon puzzle
19:05on voit bien
19:05qu'il y a des candidatures dissidentes
19:07il y a des électeurs de droite
19:07qui vont aujourd'hui
19:08chez Benjamin Griveaux
19:09et chez Cédric Villani
19:10mais Rachida Dati
19:11elle n'a rien à perdre aujourd'hui
19:13dans cette droite
19:14qui est sinistrée
19:15c'est une des dernières stars
19:16quand même de la droite
19:17depuis la défaite de 2017
19:18et il n'y a qu'à voir
19:19dans les conseils nationaux
19:20des républicains
19:21dans les meetings
19:22la seule qui arrive encore
19:24en étant applaudie
19:25par tous les militants
19:26c'est Rachida Dati
19:27et c'est aussi la singularité
19:28la particularité
19:29de ce personnage
19:30qu'on peut aimer
19:31qu'on peut détester
19:32mais c'est une personnalité
19:34iconoclaste
19:35dans le paysage politique français
19:36aujourd'hui
19:36c'est quelqu'un
19:38qui casse les codes
19:39qui dans ce milieu
19:40où parfois
19:41la communication est aseptisée
19:42Rachida Dati
19:43elle a cette valeur ajoutée
19:44qu'elle est un peu cash
19:45c'est une bonne cliente
19:46dans ce milieu
19:47qui est parfois
19:48un peu terne
19:48il faut bien le dire
19:49merci à Marianne Guéraud
19:52Olivier Beaumont
19:52et Alexandre Sulzer
19:54épisode conçu et préparé
19:55par Stéphane Geneste
19:59Codesource est le podcast
20:01quotidien d'actualité du Parisien
20:02production
20:03Clara Garnier-Amourou
20:05réalisation
20:05Alexandre Ferreira
20:07et Benoît Gilon
20:08si vous aimez Codesource
20:09n'hésitez pas à en parler
20:10à vos proches
20:11nous sommes disponibles
20:12chaque soir à 18h
20:13sur leparisien.fr
20:15toutes les applis de podcast
20:17mais aussi Deezer
20:17et Spotify
20:18et vous pouvez nous écrire
20:20codesource
20:20at leparisien.fr
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