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  • il y a 9 heures
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Municipales à Paris. Pour sa première campagne électorale, Agnès Buzyn, l’ancienne ministre de la Santé affronte des poids lourds comme Rachida Dati et Anne Hidalgo. Code source raconte comment elle est devenue une femme politique. Portrait.

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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:10Elle était en première ligne dans la gestion de l'épidémie de Covid-19.
00:15Elle est désormais la candidate de La République En Marche à Paris.
00:18Médecin de formation, Agnès Buzyn n'a jamais été élue.
00:22Pour sa première campagne, elle affronte des politiques aguerries comme Anne Hidalgo et Rachida Dati.
00:28Récit de Julien Duffet, reporter à l'édition de Paris du Parisien.
00:42Mesdames et Messieurs, c'est avec une grande émotion que je quitte le ministère de la Solidarité de la Santé.
00:51Le lundi 17 février, au ministère de la Santé à Paris, Agnès Buzyn font en larmes
00:56pendant la passation de pouvoir avec son successeur Olivier Véran.
00:59Oui, ce sont des larmes qui vont être beaucoup commentées.
01:02Certains disent qu'elle s'est sacrifiée pour la cause, c'est pour ça qu'elle pleure.
01:05C'est un peu mission impossible de se lancer dans cette campagne municipale à un mois du premier tour.
01:09Elle, elle va nous répondre que non, ce sont des larmes d'émotion.
01:12Elle quitte son ministère sans avoir eu le temps de dire au revoir à ses collaborateurs.
01:16Elle est émue, elle met aussi fin à une carrière assez longue dans le domaine de la santé.
01:20Mon émotion traduit ma gratitude et l'admiration que j'ai pour vous tous.
01:26Elle traduit aussi mon espérance pour l'avenir de Paris, qui me tient tant à cœur.
01:32Je vous remercie.
01:36Agnès Buzyn est médecin de formation. Comment est née sa vocation ?
01:40C'est une vocation qui naît dans sa famille, puisque sa mère est psychologue pour enfants.
01:44C'est une disciple de Françoise Dolto.
01:46Son père est chirurgien orthopédique et il va lui transmettre cette passion,
01:50puisque dès 14 ans, il va l'emmener au bloc opératoire sur ses opérations.
01:54Elle va devenir un peu son assistante occasionnelle, en lui passant le bistouri,
01:58et ça va évidemment nourrir sa passion.
02:02Julien Duffet, on va raconter ensemble la vie d'Agnès Buzyn.
02:06Elle naît en 1962 à Paris et elle y grandit.
02:10Quelle éducation est-ce qu'elle reçoit ?
02:11Elle nous l'a dit, elle a reçu une éducation très douce, très préservée, ce sont ses mots.
02:16D'abord dans l'est de Paris, près de Nation, puis assez vite ses parents vont déménager dans le 5e
02:21arrondissement.
02:21C'est un quartier un peu intello, chic.
02:24C'est une enfance très préservée.
02:25Elle va multiplier les activités, elle va faire du piano, de la peinture, du violon, du patin à glace.
02:31Elle est surinvestie.
02:33Puis elle va se passionner pour les sciences dures.
02:34Elle va rentrer à l'école asacienne, un établissement privé assez sélect,
02:38où elle va passer le bac avec deux ans d'avance.
02:41Son passé familial est lourd.
02:44Ses deux parents, d'origine juive polonaise, sont des rescapés de la Shoah.
02:48Ses grands-parents maternels arrivent à Paris en 1929.
02:51Sa mère, pendant la guerre, va être cachée par des justes dans l'Ain.
02:55Et son père a une histoire encore plus tragique,
02:56puisqu'il est déporté à Auschwitz avec ses parents.
03:01Il est alors dans le ghetto juif de Lodz, en Pologne.
03:04Il sera le seul à en réchapper.
03:06Et encore aujourd'hui, il a 91, c'est un des derniers survivants de la Shoah.
03:09Et pendant des décennies, il n'en parlera pas dans sa famille ?
03:12Oui, pendant 50 ans, il ne va pas en parler.
03:14Alors Agnès Buzyn, la jeune Agnès Buzyn, va l'apprendre quand même.
03:18Mais elle n'en parlera jamais avec son père dans ses premières années.
03:21Et il y a un épisode assez marquant pour elle.
03:23C'est qu'à 8 ans, elle va découvrir le pyjama rayé de déporté de son père
03:26dans un placard de l'appartement familial.
03:28En 1984, quand elle a 22 ans, Agnès Buzyn se marie une première fois.
03:32Elle épouse l'un des fils d'une autre rescapée de la Shoah, Simone Veil.
03:37Elle se marie avec Pierre-François, le plus jeune fils de Simone Veil.
03:41Ils vont avoir deux enfants ensemble et leur union va durer 10 ans.
03:45En parallèle, Agnès Buzyn poursuit à l'époque de brillantes études de médecine
03:49et se spécialise dans l'hématologie, l'étude du sang et de ses maladies.
03:54En 1992, à l'âge de 30 ans, elle prend la tête de l'unité de soins intensifs
03:58du service d'hématologie du prestigieux hôpital Necker à Paris.
04:02Elle va y passer 19 ans.
04:04Elle va décrire un métier passionnant, mais aussi très exigeant,
04:07humainement douloureux, puisqu'elle est au contact de leucémique,
04:11qui sont souvent condamnés.
04:14Elle va décrire des moments très douloureux,
04:15notamment lorsqu'elle reçoit des mères qui viennent d'accoucher,
04:19qui sont condamnées, qui donnent leur dernier biberon dans son bureau.
04:22C'est une anecdote qu'elle raconte souvent.
04:23Et à l'hôpital Necker, elle va aussi subir du harcèlement moral.
04:27C'est dans les dernières années.
04:28Elle devient professeure après des travaux de recherche à 42 ans.
04:33Et elle veut devenir chef du service hématologie.
04:36Et elle va en être empêchée.
04:38Elle va dire qu'à ce moment-là, elle va être mise au placard.
04:41Elle décrit du harcèlement moral, de la misogynie.
04:44C'est un épisode très douloureux.
04:46Elle dit que d'autres se seraient suicidés à sa place,
04:49que elle, ça l'a renforcée.
04:50Ça nourrit une certaine forme de revanche aussi.
04:52Et que ça explique peut-être pourquoi elle s'est engagée en politique.
04:57En 2008, le président Nicolas Sarkozy lui propose de diriger
05:01l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, l'IRSN, ce qu'elle accepte.
05:06Quel est son rapport avec la politique à ce moment-là ?
05:09Elle est de gauche, elle le dit, elle a toujours voté à gauche jusqu'en 2017.
05:13Elle est plutôt tendance rocardienne.
05:15Puis, elle va toujours voter.
05:18C'est un de ses leitmotivs.
05:19Elle dit même que si ses enfants ne votent pas, ils ne rentrent pas à la maison.
05:30Trois ans plus tard, le 11 mars 2011, c'est la catastrophe de Fukushima.
05:35C'est l'une des conséquences du violent séisme et des répliques qui ont touché le pays.
05:39Deux centrales nucléaires ont connu des incidents graves,
05:42avec notamment une explosion à Fukushima, je vous le disais.
05:45Dans cette région, la population a dû être évacuée dans un rayon de 10 puis de 20 km.
05:49Un nuage radioactif se propage en Asie et d'infimes particules radioactives vont même survoler la France.
05:56Agnès Buzyn, en tant que directrice de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, est très présente dans les
06:01médias.
06:01Honnêtement, il faut se mettre à la place des Français.
06:03On leur avait dit que le nuage de Tchernobyl n'était pas dangereux, ce qui était complètement faux.
06:07Alors là, est-ce qu'il y a ou non des raisons de s'inquiéter ?
06:09Bien entendu, non.
06:10Donc, on assiste à une dispersion.
06:13Elle va faire son premier 20 heures à TF1.
06:15Il n'y a aucun risque, ni pour la santé, ni pour l'environnement.
06:19Et comme on dit, elle va prendre la lumière, on va la remarquer, notamment au plus haut sommet de l
06:22'État.
06:23Donc, surtout, le message est clair.
06:24Il n'y a pas de danger, il n'y a pas de précaution à prendre.
06:28Nous vous informons en toute transparence.
06:30Nous restons vigilants à l'IRSN, mais la transparence est totale.
06:34Merci beaucoup, docteur Agnès Buzyn.
06:36La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, la nomme quelques mois plus tard à la tête de l'Institut national
06:40du cancer, l'Inca.
06:42Puis, en 2016, elle accède à la tête de la Haute Autorité de Santé.
06:47Comment est-ce qu'elle fait pour accéder à ces postes si prestigieux ?
06:50Alors, elle dit qu'elle n'a jamais demandé un poste, que ça lui est arrivé au fil de son
06:55parcours.
06:56Mais bon, tout ça ne tombe pas par hasard.
06:58Elle a des réseaux assez puissants de gens qui ont un pied dans le monde médical, un pied dans la
07:02politique.
07:02On pense notamment à Olivier Lyon-Camp, qui est un grand médecin et qui a été conseiller de François Hollande
07:08à la présidence de la République.
07:10Et puis, elle a un mari qui est très politique, donc Yves Lévy, qui a été conseiller ministériel sous François
07:16Hollande
07:17et qui prend en 2014 la tête de l'Institut national de recherche et de santé médicale.
07:23Bonjour mesdames, bonjour messieurs.
07:25Le 17 mai 2017, le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Collaire, dévoile la composition du gouvernement sur le perron
07:32de l'Elysée.
07:33Madame Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé.
07:38Comment se passent ces premiers pas de ministre de la Santé ?
07:40Elle va multiplier les chantiers, par exemple le passage à 11 vaccins obligatoires pour les enfants,
07:45le déremboursement de l'homéopathie, le passage du prix du paquet de cigarettes à 10 euros,
07:50la fin du numerus clausus, le plan santé.
07:52Pendant deux ans et demi, elle va avoir des chantiers multiples.
07:55Le 26 septembre 2017, elle recadre sèchement le député communiste Sébastien Jumel
08:00qui l'invite à se rendre dans les hôpitaux normands en crise.
08:03Monsieur le député Jumel, contrairement à vous, je n'ai pas besoin d'aller visiter les hôpitaux,
08:07j'y ai passé 25 ans de ma vie.
08:10Elle n'hésite pas à dire ce qu'elle pense, sans prendre de gants.
08:13Par exemple, en janvier 2018, elle répond au ministre de l'Agriculture
08:16pour qui le vin n'est pas un alcool comme les autres.
08:19Elle se pose dans la rationalité.
08:21Elle dit qu'une molécule d'alcool n'est pas différente qu'elle soit présente dans le vin
08:27ou dans les autres alcools et qu'elle est aussi dangereuse, entre guillemets.
08:30Et elle va être un peu désavouée par le président de la République quelques semaines plus tard
08:34qui va dire que lui boit du vin midi et soir.
08:37Il n'est pas question de renforcer la loi et vin.
08:39Il faut arrêter d'emmerder les Français.
08:41Il reprend un terme de Georges Pompidou.
08:46Le 4 juillet 2018, elle commet une bourde à propos du plan pauvreté
08:50que doit mettre en place son ministère.
08:52Oui, on est le 4 juillet, on est en pleine coupe du monde
08:54et on lui pose une question sur un plateau télé
08:56sur la date de présentation de ce plan pauvreté.
08:59Et là, elle va dire que ce sera peut-être la semaine prochaine.
09:01Ça dépendra des résultats de l'équipe de France la demi-finale
09:04et ça passe assez mal.
09:06C'est une polémique qui va durer plusieurs jours.
09:08Le gouvernement va devoir déminer.
09:09Ça va apparemment mettre en colère Emmanuel Macron.
09:11Et à ce moment-là, il a aussi plusieurs dossiers chauds à gérer.
09:14Il y a d'abord l'ouverture de la PMA aux femmes célibataires.
09:17Il y a la réforme des retraites qui est sous la tutelle de son ministère.
09:20Et puis, assez vite, il va y avoir aussi la crise de l'hôpital public
09:24avec des grèves, des démissions collectives de chefs de service.
09:27Elle va être confrontée à cette crise qui n'est pas réglée quand elle part.
09:32Début 2019, son nom circule avec insistance
09:35pour être tête de liste en marche aux élections européennes.
09:38On pense à elle pour prendre la tête de liste de ces élections.
09:41Non, elle refuse.
09:41Elle dit qu'elle a trop de dossiers en cours, qu'elle veut boucler.
09:45À l'automne 2019, certains parlent déjà d'elle pour les municipales à Paris.
09:49C'est François Bayrou qui évoque un plan B, un plan B comme Buzyn.
09:54À cette époque, il songe déjà à débrancher le candidat Benjamin Griveaux
09:58pour le remplacer par la ministre de la Santé.
10:02Et en janvier de cette année, elle est approchée pour rejoindre les listes du candidat de la République en marche,
10:07Benjamin Griveaux.
10:08La campagne du candidat LREM patine toujours et il y a des ministres qui vont lui apporter son aide.
10:15Il y a Marlène Schiappa, il y a aussi le patron d'En Marche qui va venir sur ses listes.
10:19On annonce l'arrivée d'Agnès Buzyn, notamment dans le 15e arrondissement
10:22qui est un gros arrondissement, donc assez stratégique pour la conquête de Paris.
10:34Le vendredi 14 février dernier, Benjamin Griveaux annonce qu'il abandonne les municipales à Paris
10:40après la publication de vidéos intimes.
10:42Quelques minutes avant cette annonce sur France Inter, Agnès Buzyn affirme qu'elle ne sera pas candidate au municipal.
10:49Bonjour Agnès Buzyn.
10:50Bonjour Alibadou.
10:51Dans la matinale de France Inter, elle est interrogée sur sa participation à la campagne municipale de Paris.
10:57Vous serez candidate au municipal ?
10:59Je l'ai dit, je ne pourrais pas être candidate au municipal.
11:04À ce moment-là, Benjamin Griveaux ne s'est pas formellement retiré, ça va se produire quelques minutes plus tard
11:08dans une vidéo.
11:09Et elle, donc, elle expliquera plus tard qu'elle répondait sur le fait de s'engager avec lui dans le
11:1315e arrondissement sur une liste.
11:15À ce moment-là, elle a été trop prise par ses dossiers et notamment le coronavirus pour s'engager.
11:20Cette crise du coronavirus qui aujourd'hui m'occupe énormément.
11:25Benjamin Griveaux hors course, que se passe-t-il à ce moment-là dans les heures qui suivent au sein
11:30de La République En Marche ?
11:31C'est bon le bas de combat parce qu'il faut trouver en 24 heures une candidate ou un candidat
11:35pour remplacer au pied levé Benjamin Griveaux et ça va être assez difficile.
11:38Il y a des candidats. Il y a le député Mounir Majoubi qui était déjà candidat à l'investiture à
11:41l'REM.
11:42Certains pensent à faire revenir Cédric Villani, le dissident En Marche.
11:46On parle de Marlène Chappat qui va refuser.
11:48Et finalement, il y a consensus autour du nom d'Agnès Buzyn puisqu'elle coche pas mal de cases.
11:53Elle est ministre, c'est un poids lourd du gouvernement.
11:55Elle est parisienne, elle a envie, c'est ce qu'elle va dire.
11:57Et puis, c'est une femme, ce qui n'est pas négligeable puisqu'en face d'elle, il y a
12:01Rachida Dati et Annie Dago.
12:03Et pendant le week-end, elle accepte finalement de se lancer dans cette bataille.
12:07On sait comment elle a été convaincue par Emmanuel Macron ?
12:10Elle dit, elle, qu'elle n'a pas été contactée le samedi par Emmanuel Macron, mais qu'elle a été
12:15évidemment approchée par l'Elysée, mais aussi par beaucoup de marcheurs.
12:18Elle raconte en revanche qu'elle a été ensuite appelée le dimanche, une fois qu'elle a pris sa décision.
12:23Elle a pris sa décision en 24 heures par Emmanuel Macron qui lui donne simplement un conseil, soyez vous-même.
12:28Elle a aussi au téléphone Édouard Philippe qui l'encourage, mais qui lui dit attention, ça va cogner très fort.
12:37Le dimanche soir, elle rassemble ses soutiens dans une brasserie à Paris, près de l'Opéra Garnier.
12:42Dans les rédactions, on reçoit vers 18h20 une invitation, un rendez-vous une heure plus tard dans le quartier de
12:47l'Opéra, dans une brasserie.
12:49Et elle arrive à 19h30-20h sous une pluie battante.
12:52Il y a évidemment tous les soutiens et les colistiers de La République En Marche qui chantent On Va Gagner,
12:57qui reprennent le chant italien Bella Ciao.
13:00J'ai décidé aujourd'hui de présenter ma candidature pour cette élection à la mairie de Paris.
13:06Il y a une forme d'euphorie. En 48 heures, ils sont passés finalement du désespoir total à une forme
13:12d'espoir de nouveau.
13:13J'y vais pour gagner.
13:16Et à ce moment-là, les militants de La République En Marche pensent qu'elle a beaucoup plus de chance
13:20que Benjamin Griveaux de remporter cette élection ?
13:22Oui, il y avait clairement quand même un problème avec Benjamin Griveaux.
13:26Certains doutaient de sa capacité à faire gagner En Marche à Paris. Sa campagne s'est tuolée, il était bas
13:30dans les sondages.
13:31Et là, ils pensent qu'ils ont une vraie chance, même si on est à un mois du premier tour.
13:37Le lendemain, le lundi 17 février, c'est donc la passation de pouvoir au ministère. On en a parlé au
13:42tout début. Qu'est-ce qu'elle fait cette journée-là ?
13:44C'est tôt sortie du ministère, elle va dans son QG, enfin dans le QG du candidat En Marche à
13:50Montparnasse.
13:51Elle va s'enfermer avec ses équipes. Elle doit reprendre à zéro une campagne qui était déjà engagée, avec un
13:57programme qui avait déjà été présenté, ficelé, des équipes déjà en place.
14:01C'est difficile. Elle a 24 heures pour le faire et pour organiser la suite.
14:04Et dès cet instant, elle est pressée de ramener à elle le candidat dissident, Cédric Villani.
14:09Elle va lui envoyer un SMS dès dimanche soir. Elle va le rappeler lundi à midi pour lui demander de
14:16la rejoindre, pour créer une dynamique.
14:18Et c'est très attendu par beaucoup de marcheurs parisiens.
14:20Il va sortir un communiqué dans la presse où il va poser des conditions, conditions programmatiques sur l'écologie, mais
14:26aussi politiques sur une coalition climat avec les écologistes.
14:30Et ça, Agnès Buzyn va assez mal le prendre.
14:33Dès le lendemain, dans une interview aux Parisiens, avec vous, je viens du fait, Alexandre Sulzer.
14:38Agnès Buzyn ferme la porte à une alliance avec Villani.
14:41Elle lui répond assez sèchement qu'elle ne travaille pas dans le rapport de force et que Cédric Villani est
14:48dans le rapport de force.
14:49À ce moment-là, elle ferme la porte. On est à quelques jours de la clôture du dépôt des listes
14:53et du coup, ça ne se fera jamais.
14:55C'est clairement un mauvais point pour elle dans cette campagne ?
14:58Oui, parce que ça aurait créé une dynamique. On est très peu de temps avant l'échéance et ça aurait
15:02permis de rassembler la famille d'En Marche à Paris.
15:13Le 24 février, l'ancienne professeure des hôpitaux attaque frontalement Anne Hidalgo sur sa gestion de la crise du coronavirus
15:20à Paris.
15:20Elle lui reproche une forme d'impréparation de la mairie de Paris. Elle dit qu'il n'y a pas
15:24eu de contact entre Anne Hidalgo et le ministère lorsqu'elle était ministre.
15:28Ce qui va être démenti par Anne Hidalgo qui va brandir des courriers où ses échanges ont bien eu lieu.
15:33Et ça va être assez mal perçu, ça va en fait assez mal passer.
15:36C'est une forme de bourde de communication puisque ça la ramène à son statut d'ex-ministre qui a
15:40quitté le ministère au moment de la crise du coronavirus.
15:43À ce moment-là, son début de campagne est critiqué.
15:46En quelques jours, on est passé de l'euphorie au doute.
15:48Il y a eu un effet buzin dans les premiers jours dans les sondages mais elle plafonne assez vite autour
15:53de 19-20%.
15:54Elle reste troisième derrière Rachida Dati et Anne Hidalgo.
15:58Certains vont clairement exprimer des doutes.
16:02Il y a même un député marcheur qui va dire
16:04« Quand t'es dans le Titanic, t'as beau changer de capitaine, ça reste le Titanic. »
16:08Le mercredi 4 mars, un débat entre les candidats à la mairie de Paris est organisé par LCI.
16:14Elle se montre offensive.
16:15Elle critique le bilan d'Anne Hidalgo, sa méthode.
16:19Elle parle de méthode violente.
16:21Il y a différentes méthodes pour y arriver.
16:23Les vôtres sont idéologiques, elles ne sont pas pragmatiques.
16:26Madame Hidalgo prévoit de faire dans les six prochaines années tout ce qu'elle n'a pas fait dans les
16:30six dernières années.
16:31Elle dit avec Anne Hidalgo qu'on ne doit pas vivre dans la même ville.
16:34Elle l'assit parce qu'elle veut apparaître comme sa principale adversaire.
16:38Et elle-même aussi est très attaquée.
16:40Elle est attaquée sur l'hôpital public par la candidate insoumise.
16:43Là encore, sur le fait qu'elle soit partie sans avoir réglé ce problème,
16:46elle est attaquée par Anne Hidalgo sur le coronavirus.
16:48Pourquoi n'êtes-vous pas restée au ministère de la Santé ?
16:51Parce que je veux être maire en fait.
16:53Parce que je veux être maire.
16:54Et c'est pour ça que j'ai quitté le ministère.
16:56C'est pour faire campagne pour reprendre.
16:58Ça fait longtemps que je pense à ce mandat.
17:00Et je me disais que le plus beau mandat est celui de maire.
17:02Ah vous aviez ça en tête ?
17:04Et le plus beau mandat c'est celui de maire de Paris.
17:06Parce que c'est la plus belle ville du monde.
17:08Après les circonstances on en décidait autrement.
17:10Il y avait un candidat investi par la République en marche.
17:13Les circonstances ont évolué.
17:15Et donc c'est la rencontre entre une envie, un projet et une ambition pour cette ville.
17:21Dans l'ensemble, est-ce qu'elle a réussi son examen de passage ?
17:24Elle était très attendue.
17:26C'était son premier débat politique.
17:27C'est sa première élection.
17:28Elle n'a pas fait de faux pas.
17:29Elle n'a pas été prise en défaut sur des sujets parisiens, sujets de la ville de Paris.
17:34Donc c'est plutôt une entrée en matière réussie.
17:37Il faut voir comment elle confirme dans les prochains débats.
17:40Julien Duffet, vous avez rencontré Agnès Buzyn à plusieurs reprises depuis qu'elle est en campagne.
17:45C'est donc sa première campagne électorale.
17:47Elle est devenue une vraie femme politique selon vous ?
17:50Elle commence à en avoir les codes.
17:52Mais il va falloir qu'elle force un peu son tempérament.
17:55Elle apparaît peut-être un peu lisse, un peu scolaire.
17:58Et du coup elle va devoir apprendre.
18:00Et elle va devoir apprendre en un temps record dans une élection municipale qui est très scrutée.
18:04Qui est une sorte de mini-présidentielle.
18:06Donc c'est un grand défi.
18:12Merci à Julien Duffet.
18:14Épisode conçu et préparé par Thibault Lambert et Marion Bottorel.
18:18Production Clara Garnier-Amourou.
18:20Réalisation Alexandre Ferreira.
18:26Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
18:30Disponible chaque soir du lundi au vendredi.
18:32Si vous aimez Code Source, n'oubliez pas de vous abonner sur votre application de podcast.
18:37Comme Apple Podcast ou Podcast Addict.
18:40Vous pouvez aussi nous mettre des petites étoiles.
18:42Et puis n'hésitez pas à nous envoyer vos suggestions.
18:45Code Source
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