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  • il y a 6 jours
Ce mercredi 18 mars, Florian Roger, responsable de la stratégie d'investissement BNP Paribas CIB, et Vincent Juvyns, responsable de la stratégie d'investissement de ING, ont échangé leur point de vue sur l’évolution du prix du pétrole, qui influence le marché des taux, ainsi que de la résilience de Wall Street malgré les tensions géopolitiques, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Deux acteurs de marché avec en plateau Vincent Juvincent Plateau, heureux de vous accueillir en
00:05plateau Vincent. Vous êtes de passage à Paris, vous êtes responsable de la stratégie d'investissement
00:10de ING et Florian Roger, responsable de la stratégie d'investissement de BNP Paribas CIB.
00:15Merci d'être là également Florian. Pour rebondir un petit peu sur ce qui vient d'être dit sur la
00:20partie taux, c'est vrai que ce matin on a une petite détente avec des coureurs du pétrole qui
00:24essayent de se tasser. C'est vrai qu'en fait depuis le début du compli c'est vraiment Florian le
00:29baril
00:29de pétrole qui fluctue à la hausse ou à la baisse ce marché des taux.
00:35Entièrement c'est lui qui va faire l'ampleur du choc inflationniste et l'ampleur du choc de croissance
00:40et donc c'est lui qui dicte un peu ce qui va se passer en fait sur les taux d
00:44'intérêt. Après
00:45tout ça est très fragile aujourd'hui. Si on essaye un peu de raisonner en termes de scénario
00:51macroéconomique, quand on regarde les prix du pétrole, si on regarde la courbe des futurs,
00:55les deux premières séances on est autour de 100 dollars et après on vient autour de 80 dollars.
00:58Quand vous êtes autour de 80 dollars par rapport à l'avant-conflit ça fait 20 dollars en plus,
01:03ça fait un choc sur la croissance en gros de 0,3-0,4. Donc la zone euro ça nous
01:08ramène pas trop loin de 1,
01:09autour de 1,2. Les Etats-Unis ça nous ramène aussi proche de la croissance potentielle.
01:14Voilà l'ajustement du marché correspond en gros à l'évolution des prêts du pétrole.
01:17Donc il y a une forme de logique en fait qui s'est créée aujourd'hui.
01:21Et tout dépend bien sûr de la durée de ce conflit. Quels sont un petit peu les scénarios que vous
01:26tirez
01:26chez ING Vincent Juvins, sachant que le baril de pétrole est à 100 dollars. Pour rappel en début d'année
01:32on était à 60.
01:34Le besquet c'est déjà plus un scénario potentiel. Le conflit qui dure relativement peu de temps,
01:414 semaines c'est quelque chose qu'on peut oublier. On est déjà dans cette troisième semaine et la semaine
01:45prochaine dans la quatrième.
01:46On sent bien que les Iraniens vont évidemment, sont en capacité de faire durer ce conflit malgré je dirais
01:52leur relative faiblesse sur le plan militaire. Donc on est dans ce second scénario où a priori on est parti
01:57encore pour de nombreuses semaines tant qu'il n'y a pas d'accord de paix, tant qu'il n
02:01'y a pas de cesser le feu.
02:02Donc ça veut dire que pour le prix du pétrole la prime de risque qu'on a actuellement va vraisemblablement
02:05perdurer
02:06encore un temps. Donc ça veut dire que sur le deuxième trimestre on peut s'attendre à un impact significatif
02:10sur l'inflation et évidemment un impact significatif sur la croissance. Est-ce que ça durera au-delà de cela
02:15?
02:15Là je suis bien en panne de vous le dire. Mais enfin si on devait avoir un blocage total du
02:20détroit d'Hormuz
02:21de manière durable, on pourrait imaginer les prix pétroliers augmenter bien plus qu'ils ne le sont que les niveaux
02:26actuels.
02:27Je pense que les dirigeants iraniens ont évoqué eux-mêmes les prix de 200 dollars et leur ambition de faire
02:32feu de tout bois
02:33pour bloquer ce détroit d'Hormuz. Ça n'a jamais été fait de manière durable. Donc évidemment ce serait pénalisant
02:38pour l'économie mondiale.
02:39Alors maintenant il y a quand même des exceptions potentielles qui peuvent être faites pour les navires à direction de
02:43l'Inde, de la Chine.
02:44Et on sait que ce détroit d'Hormuz est évidemment central pour le flux gazier et pétrolier vers ces pays.
02:50Ça pourrait peut-être réduire un petit peu les tensions sur les marchés pétroliers.
02:55Mais enfin c'est certainement pas le best case aujourd'hui.
02:58C'est un scénario où il faut chez nous en termes d'allocations revoir un petit peu notre playbook stagflation.
03:04Et on l'avait et revoir un peu ce qui avait fonctionné et pas en 2022.
03:08Et puis revoir un petit peu ce qui avait fonctionné et pas dans les années 70.
03:11Mais on est clairement dans ce contexte. S'il y a bien une chose qui monte dans un environnement stagflationné,
03:16c'est les prix du pétrole et les corrélations cross-assets.
03:18Et là on est en plein dedans depuis le début de l'année. La corrélation stock-bonds est repassée largement
03:23en territoire positif.
03:24Et ça évidemment c'est inconfortable quand on gère des portefeuilles diversifiés.
03:28Vous l'avez souligné Florian Roger. Le marché du pétrole ne pense pas que ce conflit va s'éterniser.
03:33En tout cas que des solutions seront trouvées. Dans le sens où le pétrole qui est à 100 dollars aujourd
03:37'hui pour une livraison en fin d'année est plutôt aux alentours des 80 dollars.
03:40Les banques centrales, que peuvent-elles faire aujourd'hui dans ce contexte ?
03:44C'est vrai que là elles vont devoir réagir à chaud. Elles n'ont pas le choix. Le conflit est
03:48en place depuis à peine trois semaines.
03:50Oui, je pense qu'il est urgent d'attendre pour les banques centrales.
03:54Toutes, elles sont comme nous, confrontées à beaucoup d'incertitudes.
03:56Donc on est sur ce démarrage de conflit. Donc les banques centrales risquent d'attendre.
04:02Nous on n'attend pas de décision en fait, de mouvement monétaire en fait sur la semaine.
04:07Il y a un challenge, c'est ancrer les anticipations d'inflation.
04:10Après Etienne, vous êtes un très bon témoin pour le marché parce que vous voyez tous les intervenants venir.
04:13Et je pense que tous les intervenants sont en train de vous dire, c'est un choc d'offres.
04:17Ça n'est pas un choc de demandes. C'est différent de 2022.
04:19En 2022, on sortait du confinement. Donc là, il y avait un taux d'épargne élevé.
04:23Il y avait un soutien budgétaire qui était fort.
04:24Donc il fallait dorsir la politique monétaire. Là, c'est juste un choc d'offres.
04:27Il ne faut pas faire grand-chose.
04:28Tout le monde raconte un peu la même chose.
04:30Moi, ce qui m'inquiète un peu plus, je pense qu'elles seront rationnelles.
04:33Vu que le jugement, ça va être effectivement d'attendre.
04:36C'est plutôt l'après-conflit.
04:37Parce qu'en fait, si on raisonne un peu, ce conflit, il est quand même cher pour les Etats-Unis.
04:41On parle entre 2 et 3 milliards par jour.
04:43On a eu la décision de la Cour suprême.
04:45Il manque 150-200 milliards en fait sur la partie tarifs.
04:48Si j'ajoute tout ça, ça veut dire plus d'un pour cent de déficit en plus.
04:52On a des banques centrales qui vont attendre, parce que c'est raisonnable d'attendre aujourd'hui,
04:55je pense à la Banque centrale du Japon, mais qui, dans un deuxième temps, peut devoir accélérer.
04:59Et finalement, sur les marchés obligataires, on peut avoir un contre-choc qui arrive après le conflit
05:04et qui ramène un peu plus de volatilité.
05:06Donc là, on a un premier choc avec le conflit.
05:08Bien évidemment, c'est le détroit d'Hormuz qui est la clé.
05:10Et de savoir s'il est débloqué rapidement ou pas pour l'impact macroéconomique.
05:14Mais même si on a un déblocage rapide, attention dans un deuxième temps
05:17à un contre-choc en fait sur la partie obligataire.
05:20La BCE, en tout cas, désormais, le marché n'anticipe plus de baisse de taux.
05:24Il anticipe des hausses de taux.
05:25Alors, on est peut-être sur des réactions épidermiques,
05:28où le marché réagit en fonction du prix du baril de pétrole au jour même.
05:32Mais en attendant, quand vous regardez le marché monétaire,
05:34c'est une hausse d'ici cet été et une probable deuxième hausse à la fin de l'année.
05:39Ce n'est pas neutre quand même.
05:40En début d'année, le marché s'attendait à un statico, voire même à des baisses de taux.
05:45Les taux sont neutres en Europe, en gros, sont à la neutralité.
05:48Et si on a un prix du baril qui est autour de 80,
05:52c'est-à-dire que l'inflation européenne va être autour de 3.
05:55Donc, on peut se dire qu'on est au-delà du mandat de la BCE.
05:58D'où ces anticipations de marché.
05:59Après, je reviendrai à ce que disent beaucoup d'intervenants, je pense.
06:02C'est un choc d'offres.
06:03Là, ça n'a pas d'effet de second tour, d'après nous, à venir en Europe,
06:07parce qu'il n'y a pas de tension sur les marchés du travail.
06:09Donc, notre scénario central, c'est-à-dire la BCE ne bougera pas assez tôt sur l'année 2026.
06:14Et du coup, sur la partie courbe de la courbe européenne, vous avez plutôt de la valeur,
06:18parce qu'effectivement, vous avez des anticipations de hausse de taux.
06:20Donc, votre opinion est inchangée par rapport au début d'année.
06:23Vous pensez que c'est une année blanche, entre guillemets, pour la BCE.
06:27Du côté de la Fed, qu'attendez-vous, Vincent Juvin, ce soir de Jerome Powell ?
06:30Et surtout sur ce rythme de baisse de taux qui, là aussi, est un petit peu mis à mal.
06:35FedWatch voit une baisse de taux maintenant en octobre au mieux.
06:39Oui, de l'attentisme. Je pense que la Fed est d'autant plus démunie, évidemment,
06:43qu'elle fait face à quand même un ralentissement de l'économie américaine.
06:46On l'a vu sur les chiffres du T4, on le voit encore sur le marché du travail.
06:49Donc, il y a finalement ce mandat dual de la Fed, qui est à la fois de maintenir l'inflation
06:54et de gérer le marché du travail.
06:55Elle est dans l'inconnu, comme nous, évidemment.
06:57On s'attendait à deux baisses de taux.
06:59C'était le scénario du marché de la Fed cette année.
07:01Alors, elles ont été repoussées dans le temps.
07:03C'était avant l'été pour la première, on était désormais après l'été.
07:06Et puis, on se demande si on aura réellement dans le contexte actuel.
07:09Encore une fois, tout cela dépendra, évidemment, de la durée du conflit.
07:12Donc, la Fed est plus que jamais dans une position inconfortable.
07:15Maintenant, évidemment, à nous qui sommes démunis face à la certitude du contexte actuel,
07:19c'est vrai qu'un éclairage sur leur perception de cet environnement
07:23et sur un peu de forward guidance sur quelle pourrait être leur réaction dans les prochains mois
07:28face à ce choc qui, aujourd'hui, dure déjà objectivement plus longtemps
07:31que ce que d'aucuns avaient espéré.
07:34Donc, statu quo ce soir, mais il est certain que, en tout cas,
07:37sur certains pans de l'économie américaine, des baisses de taux s'imposent.
07:41Et puis, voilà, elle rahentit, c'est indéniable.
07:43Et puis, n'oublions pas qu'il y a un choc économique potentiel derrière.
07:46On le voit en Europe, on le verra sans doute aux États-Unis.
07:49Les prix pétroliers qui augmentent, c'est finalement une taxe sur la consommation,
07:53une de plus consommateur qui était déjà à la peine aux États-Unis
07:56et qui l'étaient déjà en Europe.
07:58Et derrière, évidemment, les anticipations de croissance qui repartent en Europe,
08:03il y avait beaucoup d'espoir sur la demande domestique.
08:05On voit ici que les ventes aux États sont plutôt à la peine
08:07et que les intentions d'épargner en Europe sont au plus haut historique.
08:11Donc, les consommateurs européens et américains se demandent un petit peu,
08:16évidemment, où se dirigent les prix de l'énergie
08:18et quel sera l'impact sur leur pouvoir d'achat.
08:20Le galon aux États-Unis, en moyenne, est désormais à 3,75 dollars.
08:24Et on sait évidemment que c'est un point de référence particulièrement important.
08:28Donald Trump avait d'ailleurs mentionné ce même prix du galon
08:31comme un objectif quasi de campagne ou de politique, en tout cas.
08:34Et on voit là, évidemment, que ça devient problématique.
08:36Alors, ça fait 1 dollar le litre.
08:38Pour Européens que nous sommes, ça nous paraît assez peu,
08:40mais on est quand même sur une hausse de 25 % depuis le début du mois.
08:44Depuis le début du mois, le Nasdaq Composite ne perd que 0,8 %.
08:48Impressionnant quand même de voir comment Wall Street encaisse le choc
08:52d'une façon, enfin, bluffante.
08:54C'est-à-dire que le Nasdaq perd 0,8 depuis le début du mois,
08:58le S&P à peine 2 %.
08:59Alors, c'est vrai que janvier-février,
09:01Wall Street avait sous-performé par rapport à l'Europe et au marché asiatique.
09:04Comment vous expliquez que là, c'est le retour en grâce des marchés américains, Vincent ?
09:07Oui, des marchés américains.
09:08Alors, on le voit, je dirais, sur la plupart des classes d'actifs,
09:11mais spécifiquement du Nasdaq.
09:12Il faut rappeler évidemment qu'au mois de février,
09:13le Nasdaq avait été massacré, notamment avec ses inquiétudes
09:16de l'impact de l'intelligence artificielle sur le secteur des softwares,
09:19qui avait évidemment beaucoup dégusté à l'époque.
09:22On se rend compte qu'on a sans doute un peu jeté le bébé avec l'eau du bain à
09:25l'époque
09:25et que l'impact de l'intelligence artificielle sur le secteur des softwares,
09:29il faudra voir évidemment dans le temps.
09:30C'est le seul secteur qui est devenu meilleur marché depuis le début de l'année.
09:33On se demande tous, s'il ne faudrait pas,
09:35« buy the deep », mais il n'y a pas de deep.
09:36S'il y a un deep, c'est en tout cas un peu sur les US
09:39et surtout sur les softwares.
09:41Et les softwares ont quand même pas mal de vertus dans le contexte actuel.
09:44Dans un contexte, en tout cas, temporairement stagflationniste,
09:47on veut des valeurs qui ont une capacité de fixation de prix,
09:50c'est le cas,
09:51et on veut des valeurs qui font face à une demande relativement inélastique
09:54pour les biens et services qu'elles commercialisent,
09:56c'est le cas également du secteur des softwares.
09:57Et on a vu que les derniers résultats en date,
10:00Oracle la semaine dernière, Adobe, et ainsi de suite,
10:02on a eu des résultats de plutôt bonne facture.
10:04Et il faut savoir que dans les softwares,
10:05on a à peu près 70% des revenus qui sont récurrents.
10:08Des licences, que ce soit Microsoft,
10:10ce soit nos licences d'abonnement ou autres,
10:13ce sont des choses qu'on ne va pas annuler
10:15si on est face à une récession ou à une pression sur notre pouvoir d'achat.
10:18Donc, il y a une caractéristique défensive,
10:20ça peut paraître paradoxal,
10:21dans le secteur des softwares aujourd'hui.
10:23Mais il y a quand même qui changent la donne.
10:24On le voit depuis le début de l'année,
10:25il y a la crainte d'une disruption,
10:26que Cloud Cowork, d'autres logiciels,
10:29arrivent sur des logiciels métiers
10:31et tirent les prix vers le bas.
10:34Alors, je dirais que c'est un peu comme le détroit d'Hormuz.
10:35On navigue évidemment à vue plus dans le détroit d'Hormuz
10:38que dans la tech.
10:39Mais bon, alors ce n'est pas la première fois
10:41qu'on annonce la fin du secteur technologique
10:43suite à une nouvelle disruption.
10:44Rappelez-vous le lancement de ChatGPT,
10:46on avait dit, les gens ne chercheront plus sur Google.
10:48Depuis lors, Alphabet a fait des miracles en bourse,
10:50a investi 170-180 milliards de dollars en CAPEX par an.
10:54Et on cherche, vous et moi,
10:56tant et plus sur Google
10:58et via l'IA de Google Gemini,
11:00qui est aujourd'hui un des standards du marché.
11:03On a annoncé la fin des secteurs des semi-conducteurs,
11:05Nvidia et autres,
11:06lors du lancement de DeepSeek,
11:08R1, rappelez-vous, il y a un an.
11:09Depuis lors, on a vu qu'Nvidia a continué à avancer.
11:11Donc, gardons-nous de conclusions hâtives.
11:14Je pense qu'il faut, personnellement,
11:16et certainement chez ING,
11:17conserver cette exposition à la technologie.
11:19Et elle est plutôt à la porte de la résilience
11:22en portefeuille actuellement.
11:23On va l'aborder de manière diversifiée,
11:25que ce soit sur le Nasdaq,
11:27que ce soit en Chine,
11:28que ce soit, je dirais,
11:30de manière transversale,
11:31voir les secteurs qui l'utilisent,
11:33notamment au secteur des soins de santé,
11:34et de manière verticale,
11:36aller voir également sur les fournisseurs
11:38d'énergie, d'électricité,
11:39cette fois-ci, pour les data centers.
11:41Je pense que la technologie,
11:42on peut vraiment la jouer
11:43de manière assez large,
11:45et ça nous réussit plutôt bien
11:46pour l'instant dans les portefeuilles.
11:47Florian Roger,
11:48j'entends l'argument de Vincent Juvin
11:49sur la tech,
11:50qui est assez résiliente en ce moment.
11:53Ça n'empêche que le S&P 500,
11:55même le Dow Jones,
11:56tiennent très bien
11:57depuis le début du mois.
11:58Est-ce que les États-Unis
11:59sont plus immunisés
12:00que d'autres régions du monde
12:01face à ce conflit ?
12:02Oui, parce qu'il y a
12:03une moins forte dépendance énergétique.
12:05La dépendance énergétique
12:06est beaucoup plus forte
12:07en Europe et en Asie,
12:08donc c'est assez logique,
12:09en fait,
12:09qu'on ait une surperformance
12:10du dollar et des actifs américains.
12:12Après, comme je le disais
12:13en introduction,
12:13aujourd'hui, le marché,
12:15en gros,
12:15il intègre un scénario
12:16avec un prix du pétrole
12:17autour de 80 dollars,
12:19le baril.
12:20La problématique,
12:21c'est que le temps joue
12:22contre l'économie mondiale,
12:23c'est-à-dire que
12:23si le détroit d'Hormuz
12:24reste bloqué encore
12:27plusieurs semaines
12:27et voire plusieurs mois,
12:29même un petit peu
12:30plus d'un mois,
12:31en fait,
12:31on va avoir des tensions
12:32sur l'approvisionnement
12:33de pétrole.
12:34Et donc là,
12:34on va avoir des prix du pétrole
12:35qui vont aller beaucoup plus haut
12:36et là,
12:36on aura en fait
12:38une nécessité
12:39de réévaluer
12:40l'impact du choc
12:41sur l'économie mondiale.
12:42Donc, dans les portefeuilles,
12:43nous, on reste plutôt
12:44défensifs aujourd'hui
12:45en se disant
12:45il n'y a pas de buy the dips,
12:47il n'y a pas eu une correction
12:47qui était trop forte
12:48de la part du marché.
12:49Là, on a intégré
12:50un 80 dollars,
12:53pour l'économie mondiale,
12:54ce qui amène
12:55à être plutôt plus prudent
12:56et les zones les plus impactées,
12:58c'est celles qui sont
12:58le plus dépendants
12:59en termes énergétiques,
13:00c'est l'Asie et l'Europe.
13:02Et donc,
13:02en termes d'allocations,
13:03quand vous dites défensifs,
13:05ça veut dire quoi ?
13:06C'est retourné
13:07sur les secteurs déjà
13:08de l'an passé,
13:09des télécommunications,
13:11les utilities ?
13:12On a un petit peu
13:13réduit l'Europe,
13:14on a été très exposés
13:16à l'Europe en début d'année
13:17en se disant
13:18on a quand même
13:18là des efforts
13:20qui viennent sur le plan allemand,
13:21sur la France,
13:22on espérait un rattrapage
13:24de la consommation
13:25grâce au taux d'épargne
13:26qui était élevé,
13:26bon là on a un choc
13:27sur le pouvoir d'achat
13:28des ménages qui viennent,
13:29donc on a un petit peu
13:30réduit l'Europe
13:30parce qu'il y a davantage
13:31de risques là,
13:33donc voilà,
13:34d'où cette posture
13:34un peu plus défensive.
13:36Après,
13:36ce qu'on recommande aujourd'hui
13:37c'est de diversifier,
13:38c'est-à-dire que la partie
13:38obligataire,
13:39les taux ont rebaissé,
13:40mais comme je disais tout à l'heure,
13:41attention à un contre-choc
13:42sur les taux
13:43dans un deuxième temps,
13:44après le conflit,
13:45comment diversifier un portefeuille
13:47quand on a un scénario
13:47de stagflation.
13:48La plus meilleure classe d'actifs
13:49c'est le crédit,
13:50donc il faut alléger le crédit
13:51et les meilleures classes d'actifs
13:52sont les matières premières.
13:54Donc dans ces cas-là,
13:55c'est l'or,
13:56là qui a plutôt été vendu
13:57parce qu'elle avait bien performé
13:58mais qui a d'après nous
13:59encore un potentiel de hausse
14:00qui est quand même
14:01assez significatif
14:01et les autres matières premières,
14:03l'aluminium.
14:05Ça a déjà commencé,
14:06début d'année.
14:07Ça a déjà commencé
14:08mais ça va continuer,
14:09c'est-à-dire qu'on a une inflation
14:10qui va se retrouver
14:12aux Etats-Unis potentiellement
14:13autour de 3,5%,
14:153,5-4%.
14:16Quand vous êtes sur ces niveaux
14:18d'inflation,
14:19historiquement,
14:19vous avez un vrai problème
14:20de diversification des portefeuilles.
14:21C'est-à-dire que vous avez
14:22des obligations
14:23qui ont tendance à baisser
14:24en même temps que les actions.
14:25Comment vous diversifiez ?
14:26Les matières premières.
14:27Et donc ça renforce en fait cette idée.
14:29Donc il y a le conflit,
14:30il y a une nécessité
14:31d'indépendance énergétique.
14:33Là, on va avoir encore
14:34beaucoup d'investissements,
14:35ça va consommer des matières premières,
14:36ça va entraîner des tensions
14:37sur les prix des matières premières
14:38et il y a une logique
14:39de diversification
14:40de la part des banques centrales
14:41sur l'or
14:41et de diversification financière
14:44en fait sur l'ensemble
14:45des matières premières.
14:46Vous avez parlé de l'Allemagne.
14:48Depuis un an,
14:49le marché attend
14:50avec beaucoup d'impatience
14:51le plan de relance.
14:53Est-ce qu'aujourd'hui,
14:54ce plan de relance
14:54peut être mis à mal
14:55avec un Bund à 3% ?
14:57Les incertitudes que vous citez
14:58avec un consommateur
14:59qui forcément hésite
15:00et puis des entreprises aussi.
15:01C'est vrai qu'aujourd'hui,
15:02une entreprise
15:02lancer un projet d'investissement
15:04aujourd'hui,
15:04elle ne sait pas où elle va.
15:06C'est sûr que ça nuit
15:06au plan allemand
15:07qui a une intensité énergétique
15:09qui est quand même importante.
15:10Donc ça l'impacte
15:12en fait très directement.
15:13Nous, on était positifs
15:14parce qu'on trouvait
15:15qu'il y avait trop de scepticisme
15:16sur l'Allemagne.
15:17Le budget qui avait été présenté
15:18le 18 septembre
15:19nous montrait
15:2043 milliards de relance
15:22au 4ème trimestre
15:23du film Call Impulse.
15:24Donc même avec
15:25un tout petit multiplicateur,
15:26on se disait
15:27on va au moins faire
15:280,3, 0,4 sur l'Allemagne.
15:29On a la loi de simplification
15:32administrative
15:32qui est passée fin février.
15:34On n'a rien vu
15:35parce qu'il y a eu le conflit
15:36qui a monopolisé l'attention.
15:38Donc on pouvait avoir
15:39une accélération des dépenses
15:40sur le 2ème trimestre.
15:41Voilà.
15:42Il y a un véritable effort allemand.
15:44Ça va dépendre beaucoup
15:44en fait de l'évolution
15:46des prêts du pétrole
15:47là et vu l'intensité énergétique.
15:49Après sur les taux européens
15:50nous on ne les voit pas
15:51forcément monter beaucoup
15:52parce qu'on se dit
15:52la Banque Centrale Européenne
15:54ne va pas monter ses taux.
15:55Et puis la hausse des taux longs
15:56elle est déjà
15:57plutôt bien intégrée.
15:58Mais prudent en attendant quand même.
16:00Pardon ?
16:00Prudent en attendant.
16:02Plutôt prudent
16:02sur la partie crédit
16:04d'une manière générale.
16:05Effectivement on a réduit
16:06un petit peu les actions européennes.
16:08parce qu'il y a plus
16:08d'exposition énergétique aujourd'hui.
16:10Vous partagez ce point de vue
16:10sur l'Allemagne
16:11Vincent Juvins ?
16:13Je suis peut-être plus sceptique
16:14que Florian sur l'Allemagne
16:16dans la mesure où
16:17je pense que ce plan allemand
16:19a d'abord été une bonne chose.
16:20Il faut le signaler.
16:22C'est le seul État européen
16:23qui peut se permettre
16:24de le faire.
16:25Maintenant évidemment
16:26l'effet multiplicateur
16:27de ces dépenses en infrastructures
16:29est relativement limité.
16:31C'est une chose différente
16:32quand construire un nouveau pont
16:33ça va améliorer la productivité
16:35entre les deux régions
16:36qui sont reliées.
16:37en rénover un
16:38c'est évidemment
16:39fondamentalement différent.
16:40Par ailleurs
16:41les dépenses de défense
16:42on le sait fort bien
16:43à peu près 60%
16:44de chaque euro
16:45dépensé en défense
16:46en Europe
16:47file in fine aux Etats-Unis
16:49donc l'impact sur l'économie
16:50est relativement limité.
16:51Il n'en demeure pas moins
16:52que c'était une bonne impulsion
16:53et je souscris tout à fait
16:55au scénario
16:55que ça puisse soutenir
16:56la croissance allemande
16:57et que ça percole
16:58quelque peu en Europe.
16:59Par contre
17:00on se rend bien compte
17:01qu'ailleurs en Europe
17:02on n'est pas dans
17:02cette même dynamique
17:03tant et si bien
17:04que lorsque la Commission européenne
17:05et la Banque centrale européenne
17:07calculent l'impulsion budgétaire
17:09qui est déployée en Europe
17:11actuellement
17:11ça fait deux ans
17:12qu'elle est négative
17:13alors qu'on a cette idée générale
17:15lorsqu'on lit parfois
17:16les titres des journaux
17:16que l'Europe est repartie
17:18dans une nouvelle ère budgétaire.
17:19Ce n'est pas le cas.
17:20L'Allemagne peut-être
17:22ailleurs
17:22on se sert plutôt à la ceinture
17:24d'où prudence.
17:25Alors petit point de divergence
17:26sur les taux également
17:27je suis un peu plus inquiet
17:28moi sur les taux européens
17:29on avait quand même
17:30en début d'année
17:31d'autres thématiques
17:32que l'inflation
17:32mais qui étaient
17:33des questions de soutenabilité
17:34de la dette publique
17:35et puis la BCE
17:36n'oublions pas
17:37elle devrait vraiment
17:38baisser la taille de son bilan
17:39d'à peu près
17:41250 milliards
17:42cette année
17:43donc la BCE
17:44qui était un acheteur
17:45massif
17:45d'obligations européennes
17:47sur les marchés
17:48ne l'est plus
17:48à ce stade
17:49et ça vient évidemment
17:51se confronter
17:52à une offre obligataire
17:53qui est plutôt en hausse
17:54pour financer le plan allemand
17:55pour financer des déficits
17:56ailleurs
17:56donc il y a quand même
17:57pour moi
17:58toujours des tensions
17:58sur les marchés
17:59de taux longs
18:00raison pour laquelle
18:01nous depuis le début de l'année
18:02et d'ailleurs depuis
18:03à peu près 18 mois
18:03on est plutôt court
18:04en termes d'exposition
18:05taux d'intérêt
18:06rappelons aussi
18:06que dans un contexte
18:07stagflationniste
18:08les taux longs
18:09c'est évidemment
18:09une classe d'actifs
18:10qui a des difficultés
18:11historiquement
18:12On est au bout
18:12Merci à tous les deux
18:13de nous avoir accompagnés
18:14ce matin
18:14Vincent Juvinz
18:16pour ING
18:16et Florian Roger
18:17pour BMP Paribas
18:18CIB
18:19Merci à tous les deux
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