Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 23 minutes
Ce mercredi 25 mars, Benoît Begoc, stratégiste quantitatif chez ABN AMRO Investment Solutions, et Laurent Chaudeurge, membre du comité d'investissement de BDL Capital Management, décryptent les effets du conflit en Iran sur les marchés, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Deux acteurs de marché avec ce matin Benoît Bejoch, stratégiste quantitatif chez ABN Amro IS.
00:05Bonjour Benoît Bejoch, merci de nous accompagner ce matin en compagnie de Laurent Chauderge,
00:09membre du comité d'investissement de BDL Capital Management.
00:12Bonjour Etienne.
00:13Bonjour Laurent, merci également de nous accompagner ce matin alors que le marché action rebondit violellement.
00:19Marché action qui continue de se faire baloter, Laurent Chauderge, au gré des annonces de Donald Trump.
00:24Alors là, Donald Trump laisse sous-entendre qu'un accord de paix est proche, un petit peu comme lundi avec
00:29son tweet.
00:30Le problème c'est que Téhéran dit non, non, pas du tout.
00:32Mais le marché reste quand même résolument optimiste, comme depuis le début de ce conflit d'ailleurs.
00:37Je pense que le marché continue à anticiper que le conflit ne peut pas durer très longtemps,
00:43notamment parce que je pense qu'il anticipe que l'Iran est un peu à bout de souffle,
00:48avec la dépréciation massive de sa devise, l'inflation qui est en hausse de 60% dans le pays.
00:55Donc il pense que c'est assez limité et aussi parce que, on disait avant de prendre l'antenne,
00:59mais ce conflit géopolitique, ce qu'il a de différent par rapport à d'autres conflits historiques,
01:03c'est qu'en général, ça reste circonscrit à la zone de frappe.
01:07Et là, à cause du blocus du détroit d'Hormuz, ça devient un conflit, ou en tout cas ça a
01:12des impacts mondiaux.
01:13Je vous donne un exemple, on était hier avec des experts, notamment qui sont basés en Asie,
01:19et qui nous disent que ça commence à gripper toute l'économie, toutes les chaînes d'approvisionnement,
01:24notamment parce que c'est de plus en plus difficile de livrer des marchandises d'Europe en Asie,
01:30à cause de toutes les lignes aériennes qui commencent à être bloquées.
01:32Donc il y a moins de trafic.
01:34Et surtout, ce qui est intéressant, et les experts apparenter ça un peu au Covid,
01:39c'est qu'en Asie, qui est très importateur de pétrole, il y a des restrictions désormais sur les voyages.
01:45Donc de plus en plus de gens sont incités à rester chez eux en télétravail, à moins voyager.
01:50Et donc on voit bien que si ça dure, ça aura un impact sur l'économie mondiale.
01:54Et les premiers PMI qui ont été publiés hier en zone euro, mais aussi aux États-Unis,
01:58ont commencé à montrer des signes de fragilité, que ce soit sur la hausse des prix des intrants,
02:02sur les délais de livraison dans la chaîne logistique, ça commence à se voir néanmoins.
02:07Je pense que c'est inéluctable.
02:09Chaque jour qui passe augmente la probabilité d'un, au moins d'un ramentissement économique, voire d'une récession.
02:15Donc nous, on a un peu acté ce scénario depuis quelques semaines.
02:18Et ce qu'on a fait, c'est plutôt réduire l'exposition au marché action,
02:23et réduire aussi l'exposition au secteur bancaire.
02:25Le baril de pétrole est ce matin à 98 dollars pour le Brent, 87 dollars pour le WTI.
02:32Pour rappel, on était à 60-70 en début d'année.
02:35Donc c'est vrai qu'on est passé de 120 à 98.
02:38Benoît Bejoque, on est toujours sur des prix qui sont élevés par rapport au mois de février,
02:43avec un impact pour les entreprises qui sera sûrement pas neutre là aussi.
02:47C'est vrai, c'est clair.
02:49Alors après, ce qu'on a vu dans le marché au sens général pour le moment,
02:52c'est qu'il y a eu une réaction plutôt rationnelle.
02:55Alors c'est vrai, complètement globalisé, ce que vous disiez,
02:57mais plutôt rationnelle dans le sens où celles qui sont le plus dépendantes,
03:01les régions qui sont le plus dépendantes de ces hausses du prix du baril,
03:03de ces hausses du prix du gaz, sont celles qui ont le plus souffert.
03:06On a vu quelque chose d'assez efficient à ce moment-là.
03:07Donc Asie et Europe ont le plus souffert, tandis que les États-Unis ont été le plus résilients.
03:12Ce qui se passe au niveau des entreprises, c'est que pour le moment,
03:15on constate qu'il n'y a pas eu de, comme on dit, de re-rating,
03:18c'est-à-dire de correction à la baisse sur les marges.
03:21Et quand on regarde les BPA forward, donc les BPA anticipés, les bénéfices par action,
03:26il y a toujours un momentum qui est plutôt positif.
03:28Et on est toujours dans cette logique de marché qui est de dire
03:30le conflit ne va pas forcément durer.
03:33Tout ceci est encore gérable.
03:34Et au niveau des marges, ça va rester gérable,
03:36malgré la hausse des prix de l'énergie.
03:39Notamment pour les entreprises américaines.
03:41Encore ce matin, les cours du gaz sont sur des plus bas de trois semaines,
03:44ce qui n'est pas le cas en Europe,
03:45puisque avant le conflit, on était aux alentours des 30 euros et le mégawatt-heure.
03:48Certes, ce matin, on est sur une baisse de 8%,
03:50mais on est toujours au-delà des 50 euros.
03:52Donc les États-Unis, le fait de produire du pétrole et du gaz
03:55devrait limiter la casse pour les entreprises américaines.
03:58C'est ça le message ?
03:59Forcément, la dépendance est moindre aux États-Unis.
04:02Et c'est d'ailleurs pour cela qu'on pense aussi
04:04qu'au niveau de la croissance américaine,
04:05ça va forcément être beaucoup plus résilient.
04:07Mais aussi parce qu'aux États-Unis, il y a des facteurs assez importants
04:10qui étaient là avant le conflit,
04:12notamment la productivité,
04:13la capacité des entreprises américaines
04:15à pouvoir maintenir leur marge
04:17même quand les prix augmentent.
04:19Donc on est dans des situations inflationnistes.
04:21Et c'est ce que le marché voit encore pour le moment.
04:24C'est-à-dire qu'à ce stade,
04:26les entreprises américaines peuvent encore se permettre
04:28éventuellement de renier un peu leur marge.
04:30Elles les ont tellement maintenues,
04:31elles ont tellement joué sur le pricing power auparavant
04:33que même en cas d'un rebond de l'inflation,
04:36ça ne devrait pas être dramatique.
04:37Et c'est d'ailleurs ce qu'on voit notamment,
04:38comme je le disais, sur les anticipations de earnings.
04:41On est quand même sur un changement majeur en début d'année.
04:43Les investisseurs, c'est une certaine forme de consensus.
04:47Bien sûr, il faut voir un petit peu tout cela au sens large.
04:51Miser sur l'Europe, sur les marchés émergents.
04:54Et là, depuis le début de ce conflit,
04:56c'est l'Europe et les émergents qui reculent le plus.
04:58Et à l'inverse, Wall Street qui résiste le mieux.
05:00Oui, et c'est pour les raisons également qu'on vient d'évoquer,
05:03c'est-à-dire que par la nature de l'économie américaine,
05:05mais aussi le fait que les marchés américains
05:07sont aussi plus concentrés en tech,
05:09donc forcément des valeurs qui sont moins sensibles
05:11à un choc énergétique directement,
05:14donc jouent en faveur des US.
05:15Donc c'est qu'on a effectivement vu des flux
05:16de l'Europe et des émergents vers les États-Unis.
05:19Mais c'est même plus général que ça,
05:20quand on regarde un petit peu ce qui avait bien marché
05:22jusqu'au conflit,
05:23on a vu une rotation et une sorte de dérisking,
05:27comme on dit, de dérisking, c'est-à-dire que les investisseurs
05:28se sont séparés de ces valeurs-là
05:31pour aller vers des valeurs qui avaient un petit peu moins marché
05:33depuis le début de l'année.
05:34Et notamment sur les régions,
05:35ça implique des flux vers les États-Unis.
05:36Avec des doutes qui sont quand même toujours là,
05:38sur l'intelligence artificielle,
05:40on aura peut-être l'occasion d'en reparler
05:41à la fin de nos échanges.
05:43Laurent Chauder, est-ce que chez vous,
05:45vous remettez un petit peu en cause aujourd'hui
05:47ce thème européen ?
05:49C'est vrai qu'en début d'année,
05:50il y avait un focus très fort sur l'Europe,
05:52sur le plan de relance allemand.
05:54On en parlait précédemment,
05:55la remontée du Bund à 3%
05:57ou encore du 10 ans français à 3,7% change la donne ?
06:00Non, ça change la donne sur la reprise économique européenne attendue.
06:04Je pense que ça va être moins fort que prévu.
06:05Le plan allemand est toujours là quand même,
06:07mais ça va être moins fort que prévu.
06:08On voit que les économistes commencent à dégrader
06:10un petit peu les croissances de PIB.
06:12Mais il y a deux choses intéressantes quand même.
06:14Premièrement, on parlait des flux.
06:16Et en fait, si on regarde en détail
06:17les flux sur les actions européennes,
06:18ce qui s'est passé depuis le conflit,
06:20c'est que les fonds domestiques,
06:24c'est-à-dire les fonds basés en Europe,
06:25ont plutôt été vendeurs d'actions européennes,
06:27mais les fonds étrangers, plutôt acheteurs.
06:29Donc cette tendance structurelle de dire
06:31« ces grands fonds de pension, etc. étrangers,
06:33sont surexposés aux États-Unis
06:34et doivent progressivement réduire un petit peu »,
06:37on voit que là,
06:38ils profitent de la baisse de l'Europe
06:40pour continuer à légèrement réduire
06:43l'exposition américaine,
06:44donc cette tendance structurelle.
06:45Et deuxième chose à ne pas oublier,
06:47c'est que,
06:47quand on en a parlé un petit peu sur les bénéfices
06:49par action du marché européen,
06:51quand on regarde ce qui s'est passé en 2022,
06:53quand les prix du gaz étaient bien plus élevés
06:55que ce qu'ils sont actuellement,
06:57finalement, 2022,
06:58les bénéfices étaient en croissance,
07:00en fait, par rapport à 2021,
07:01et 2023 étaient stables.
07:03Parce que notamment dans les indices européens,
07:05n'oubliez pas qu'il y a des BP,
07:06des Shell, des Total, d'énergie,
07:08qui eux, vont faire beaucoup plus de profits,
07:10qui ont un poids dans ces indices
07:11beaucoup plus grand que dans l'économie européenne,
07:13et donc ça maintient les bénéfices par action
07:16du marché européen à des niveaux corrects.
07:18Donc ça veut dire que le risque à la baisse fort
07:20des bénéfices,
07:21sauf s'il y en a une récession mondiale,
07:23est moins important que ce qu'on peut imaginer au départ.
07:25À partir de ce constat,
07:27quels sont aujourd'hui les secteurs
07:28que vous privilégiez en Europe,
07:29Laurent Chauderge ?
07:30Donc nous, on a plutôt eu tendance
07:31à augmenter le poids des secteurs
07:35qui sont un peu plus défensifs,
07:36donc on avait déjà du médical,
07:37on a augmenté le médical,
07:39on avait de la consommation courante
07:40qu'on a gardée,
07:41on a racheté sur des baisses
07:44des dossiers dans l'infrastructure
07:45comme Vinci,
07:46comme Saint-Gobain par exemple,
07:47et en revanche,
07:48ce qu'on a continué à réduire,
07:50on n'en a plus du tout,
07:51c'est les banques.
07:53Et ça, on ne revient pas pour l'instant,
07:54parce que chaque jour
07:55que le conflit dure,
07:57la récession commissée augmente,
07:59potentielle,
07:59et les banques sont très cycliques,
08:01et donc si jamais ça venait à durer,
08:03elles devraient souffrir en premier.
08:04Et c'était le secteur phare
08:05en plus de l'année 2025 ?
08:07C'était le secteur phare,
08:08tout le monde voulait acheter ces secteurs,
08:10n'oublions pas aussi que chaque jour
08:11qui passe,
08:12il y a des mauvaises nouvelles
08:13sur tout ce qui est crédit privé,
08:14notamment aux Etats-Unis,
08:15les fonds sont obligés
08:16de bloquer les retraits.
08:18Alors, notre analyse là-dessus,
08:19c'est que l'essentiel du problème
08:20est aux Etats-Unis,
08:2185% du problème du crédit privé
08:23est aux Etats-Unis,
08:24mais on ne sait pas exactement
08:26ce qu'il y aura aussi en Europe,
08:27on ne sait pas où sont logés
08:28les problèmes.
08:29On a vu Deutsche Bank
08:30dans son rapport annuel
08:30il y a deux semaines,
08:31annoncer quand même 30 milliards
08:32d'expositions au private credit,
08:34donc il y aura quand même
08:35des sujets en Europe,
08:36et donc ça laisse un peu
08:37une chape de plomb
08:37quand même sur le secteur aussi.
08:38Un marché estimé
08:39à 2 000 milliards de dollars,
08:41ce marché du crédit privé,
08:42Benoît Bejoch,
08:43largement aux Etats-Unis,
08:46cette part des 2 000 milliards,
08:47elle est largement aujourd'hui
08:49exposée au marché américain.
08:52Apollo et Ares,
08:54deux géants du crédit privé,
08:55ont à leur tour bloqué,
08:56en tout cas limité,
08:57les retraits sur leurs fonds
08:59de crédit privé,
08:59comme Blackstone,
09:00comme BlackRock,
09:01ces derniers jours.
09:02La grande crainte,
09:03là aussi,
09:04comme vous l'avez souligné,
09:05Laurent Chauder,
09:05c'est de voir si les banques
09:07sont impliquées,
09:08les assureurs également.
09:10Oui, en fait,
09:10ce qui est très délicat
09:11avec la dette privée,
09:13c'est que c'est très opaque,
09:15et du coup,
09:15on a du mal à cerner
09:16et à voir les interconnexions
09:17qui peuvent exister
09:18entre les banques plus classiques,
09:20les institutions plus classiques,
09:22et ce marché-là.
09:24Néanmoins,
09:24quand on regarde
09:25le marché au global,
09:26c'est vrai qu'il est
09:26beaucoup plus concentré
09:28sur les Etats-Unis,
09:29et le risque
09:31n'est quand même pas systémique,
09:32on n'est quand même pas sur des...
09:33On ne parle pas
09:34de marchés aussi importants
09:35que ça aurait pu être le cas
09:36au moment de la globale
09:37crise financière en 2008,
09:40et on peut même
09:41se poser les questions
09:41sur les fondamentaux
09:42de ces retraits
09:43assez importants,
09:44c'est-à-dire que tout ça
09:45part quand même
09:46de cette disruption,
09:47on en avait parlé la dernière fois,
09:48de cette disruption
09:49d'intelligence artificielle,
09:50du fait que cette dette privée
09:51concerne beaucoup
09:51les boîtes de software,
09:53et donc potentiellement,
09:54il peut y avoir
09:54des problèmes de financement
09:55à ce niveau-là.
09:57Ce n'est pas dit forcément,
09:59c'est quand même
09:59de la spéculation,
10:00et il y a eu
10:00des retraits massifs.
10:02Le risque pour nous reste
10:03pour le moment
10:03assez limité
10:04sur ce marché-là.
10:05L'intelligence artificielle
10:07avec, c'est vrai,
10:08depuis le début de l'année,
10:09des craintes
10:10sur le secteur
10:10des softwares,
10:11alors là,
10:12ce sera bientôt
10:12les résultats trimestriels
10:13d'ici 15 jours,
10:143 semaines,
10:15ce sera là aussi
10:15un grand moment
10:16pour tous ces acteurs
10:17technologiques
10:18qui souffrent en bourse,
10:19même les plus gros acteurs.
10:20Quand vous regardez
10:21Microsoft,
10:21on est sur une baisse
10:22de quasiment 30%
10:24depuis le mois
10:24d'octobre-novement,
10:2520% depuis le début
10:26de l'année,
10:26avec des craintes
10:27sur Open AI,
10:28sur les capacités
10:28d'investissement.
10:29On en parle beaucoup moins
10:30avec la guerre en Iran,
10:31mais ces craintes persistent.
10:34Forcément,
10:34et ça risque d'être
10:35le thème d'ailleurs
10:36tout au long de 2026,
10:39c'est-à-dire qu'en fait,
10:40il y a presque deux camps,
10:41c'est presque binaire,
10:42il y a ceux qui croient
10:43à des gains de productivité
10:44assez fous
10:44liés à l'intelligence artificielle
10:46qui du coup impliqueraient
10:47que toutes ces dépenses
10:48d'investissement
10:49qui ont augmenté
10:50vont trouver preneur
10:51et vont avoir au final
10:52une demande,
10:53vont rencontrer
10:53une demande derrière
10:54et donc ça va être bénéfique
10:55pour ces entreprises-là.
10:57Et dans ce même camp,
10:58il y a en fait
10:58de ce côté-là
10:59de se dire
10:59est-ce que certaines entreprises
11:02vont être disruptées
11:03par cette intelligence artificielle
11:05mais il y aura forcément
11:05des gagnants.
11:06Et c'est pour ça
11:06que nous on pense
11:07que là c'est très important
11:08d'être du côté actif
11:10sur les acteurs majeurs
11:12notamment Microsoft
11:13et les Magnificent Seven
11:14au sens large
11:15qui sont plutôt bien placés,
11:17on ne voit pas trop de risques
11:18et sur tout ce qu'est
11:19l'industrie du software,
11:20effectivement il y a déjà
11:22des acteurs
11:22qui sont plutôt bien positionnés
11:24et il faut être sélectif
11:26là-dessus
11:26sur ce secteur-là.
11:27Avec pour l'instant,
11:28une surperformance
11:29des acteurs
11:30des semi-conducteurs,
11:31c'est vrai que Nvidia
11:32tient très bien,
11:33c'est le cas également
11:33de TSMC
11:34ou d'autres acteurs
11:35à court terme,
11:36vous continuez de privilégier
11:37ce segment
11:38des semi-conducteurs
11:39plutôt que les utilisateurs
11:41de l'IA
11:41ou les vendeurs
11:42d'intelligence artificielle
11:43de solutions software ?
11:45Pour le moment,
11:46c'est le cas effectivement
11:47parce qu'en fait,
11:47c'est des acteurs
11:48qui sont positionnés
11:49en amont
11:49dans la chaîne de valeur
11:50de l'IA
11:50qui vont être très difficiles
11:52à rattraper
11:52parce qu'on parle vraiment
11:53de hardware.
11:54Là où tous ceux
11:54qui sont sur le software
11:55directement,
11:56ça peut forcément
11:58se faire disrupter
11:58de façon plus rapide
12:00et quand on regarde
12:01effectivement
12:02les gros acteurs
12:02qui marchent plutôt bien,
12:04ASML,
12:05TSMC,
12:06Inix,
12:06Samsung,
12:07ce genre d'entreprises
12:07qui sont quand même
12:08très bien positionnées
12:09et il faudra énormément
12:10de temps
12:11avant de voir
12:12de nouveaux acteurs
12:13venir les concurrencer.
12:14Donc effectivement,
12:15on privilégie ces valeurs-là.
12:16Il faudra également suivre
12:17cet été
12:17la probable introduction
12:18de la société
12:20d'Elon Musk
12:21puisqu'il prévoit
12:22de mettre en bourse
12:23SpaceX
12:23mais également XEI
12:24ou encore Starlink.
12:26Les informations de presse
12:26évoquent aujourd'hui
12:27tout cela
12:28pourrait être valorisé
12:29pour élever 75 milliards de dollars
12:33et une valorisation
12:33qui pourrait frôler
12:34les 1000 milliards de dollars.
12:36L'intelligence artificielle
12:37Laurent Chauder
12:38chez BDL,
12:39c'est vrai qu'on ne peut pas
12:39passer à côté de cette thématique
12:40qui a quand même été
12:41une thématique très importante
12:43pour le S&P,
12:43pour le Nasdaq
12:44l'an passé.
12:45On n'est pas surpris
12:46de la baisse.
12:47On en a parlé ensemble
12:48sur ce plateau
12:48dès le mois de septembre-octobre
12:50l'année dernière.
12:51On disait qu'on n'avait pas
12:52d'exposition à l'intelligence artificielle.
12:54On disait qu'il y avait
12:55des signaux d'alerte
12:56sur les mécaniques de financement,
12:58notamment donner l'exemple
12:59du financement
13:00de l'énorme data center
13:01de Meta
13:02sur l'île de Manhattan
13:05et ont montré
13:06à quel point
13:06il y avait de la dette cachée,
13:08etc.
13:08Donc pour nous,
13:09ce n'est pas une surprise.
13:11Ce qui a été intéressant
13:12et l'opportunité
13:13qu'on y a vue
13:13très temporaire,
13:14c'est ce qu'on parlait
13:15des logiciels notamment.
13:16Le marché est devenu
13:17très manichéen.
13:19Soit on meurt,
13:20soit on vit.
13:21Et donc,
13:21il y a des dossiers
13:22qui ont perdu 40-50%
13:23en l'espace de quelques mois.
13:25Et nous,
13:25le travail qu'on a fait,
13:26c'est de regarder
13:26sur une grille d'analyse.
13:28Il y a des fonctionnalités
13:29d'un logiciel
13:30qui sont très disruptées,
13:31comme on disait,
13:31et d'autres beaucoup moins.
13:32Donc par exemple,
13:33si le logiciel,
13:34l'essentiel de sa valeur,
13:35c'est de faire des beaux graphiques,
13:37effectivement,
13:37on a vu que Claude
13:38pouvait le faire
13:39beaucoup plus rapidement,
13:39beaucoup moins cher
13:40et beaucoup mieux.
13:41Par contre,
13:41il y a d'autres types
13:42de fonctionnalités,
13:44quand vous avez
13:44des données propriétaires
13:45ou exclusives,
13:46quand vous avez
13:46un tel ancrage chez le client
13:48qu'il ne peut pas vous sortir
13:49du jour au lendemain,
13:51où là,
13:51vous n'êtes pas disrupté
13:52et là,
13:52votre cours de bourse
13:53a perdu 40-50%
13:54et là,
13:55il y a probablement un excès.
13:56Donc on a rentré
13:57certains dossiers,
13:58certaines entreprises
13:59sur cette thématique
14:00dans les derniers mois.
14:02Il y a une performance
14:03également qui a été
14:04non négligeable
14:04pour les fonds
14:05qui avaient des options,
14:07c'est notamment le cas
14:08chez BDL,
14:09vous avez une stratégie
14:10où vous êtes à la fois long
14:11et à la fois short
14:12sur certaines positions.
14:14C'est des stratégies
14:15qui fonctionnent bien
14:16lors de mouvements
14:17comme en ce moment,
14:18d'incertitude,
14:18de volatilité.
14:20Est-ce que sur une stratégie
14:21à un peu plus long terme,
14:22c'est la stratégie gagnante ?
14:25Alors,
14:25ça peut aussi marcher
14:26dans des phases de hausse.
14:27L'année dernière,
14:28cette stratégie-là
14:28a monté
14:29d'à peu près 18%.
14:31Donc je pense que
14:32sur la longue période,
14:33le gros avantage
14:33de cette stratégie,
14:34c'est que quand vous avez
14:35des gros cracks,
14:36ça amortit vraiment.
14:37C'est-à-dire que
14:37si vous prenez cette stratégie
14:38sur 20 ans,
14:39parce qu'elle a 20 ans
14:39chez nous,
14:40il y a eu six grands cracks
14:41boursiers
14:42où la bourse a perdu 30%.
14:44Sur ces six grands cracks,
14:46en moyenne,
14:46cette stratégie perd 10%.
14:47Donc vous amortissez beaucoup
14:49et comme vous êtes quand même
14:49exposé au marché actions,
14:50vous rebondissez aussi.
14:51Donc en fait,
14:52vous récupérez votre mise
14:53plus rapidement
14:54qu'avec un ETF classique,
14:55je veux dire.
14:56Du côté de ABN Amro,
14:58IS, Benoît Bejoque,
15:00quels sont les grands sujets
15:01que vous allez suivre ?
15:02Le mot de la fin
15:02dans les prochains jours,
15:03les prochaines semaines.
15:04En dehors, bien sûr,
15:05comme on le voit
15:06depuis plusieurs jours maintenant,
15:08les cours du pétrole
15:09qui sont vraiment
15:10le driver de tous les marchés,
15:11que ce soit obligataire,
15:12devise ou encore action.
15:15Pour nous,
15:15jusqu'à présent,
15:16on a réorienté régionalement
15:18vers les Etats-Unis
15:19qui ont été un peu plus résilients
15:21et le tout va s'agir désormais
15:22de trouver des nouveaux points d'entrée.
15:24On est quand même
15:25dans un scénario
15:25où le conflit,
15:27notre scénario principal,
15:27c'est que le conflit
15:28viendrait à ne pas s'éterniser
15:30et qu'on va déboucher
15:31sur des solutions
15:32assez rapidement
15:33et donc on va chercher
15:34des points d'entrée
15:34notamment sur ce qui est
15:36des émergents
15:37qui pour nous ont toujours
15:38des fondamentaux,
15:40des facteurs structurels
15:41toujours importants
15:42et on pense qu'il peut y avoir
15:44à des moments,
15:44comme c'est une zone géographique
15:46qui a été très vendue
15:47depuis le début du conflit,
15:49il peut y avoir,
15:50si on voit une stabilisation
15:51du prix du baril,
15:52si on voit des taux
15:52qui se normalisent légèrement,
15:54on pourra revenir
15:55sur les émergents
15:56que ce soit du côté action
15:57mais également
15:57sur le côté
15:58de la dette émergente
15:59qu'on avait légèrement coupée
16:00avant le conflit
16:00et on pourrait revenir
16:02sur cette zone-là.
16:03Merci à tous les deux
16:04pour cet éclairage.
16:05Benoît Bejog,
16:06stratégiste quantitatif
16:07chez ABN Amro,
16:07IS et Laurent Chauder,
16:08je suis membre
16:09du comité d'investissement
16:09de BDL Capital Management.
Commentaires

Recommandations