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  • il y a 2 semaines
Ce lundi 13 avril, la chute des marchés financiers en ce début de semaine ainsi que l'inflation aux États-Unis ont été abordées par Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Avec un début de semaine dans le rouge, avec un CAC 40 qui perd 0,9%.
00:06On n'est néanmoins pas dans un lundi noir, loin de là.
00:09Moins 1% pour l'Eurostox 50 à 5868 points.
00:12Bonjour Alexandre Baradez, vous êtes chef analyste d'IG.
00:16Bon certes, les marchés européens font une petite pause.
00:18Après, il ne faut pas l'oublier, une très belle semaine la semaine passée
00:20où les indices européens ont gagné 3,7% par exemple à Paris,
00:24plus 4,5% pour l'Eurostox 50.
00:26Néanmoins, on n'est pas sur des mouvements de panique loin de là.
00:28Moins 1% pour un baril de Brent qui prend 6%.
00:31C'est quand même une réaction très mesurée.
00:34Oui, sur les indices, effectivement, c'est mesuré.
00:36On a eu un gap cette nuit également sur les futurs américains.
00:39C'est-à-dire les contrats à terme sur les gros indices américains.
00:41Des gaps qui sont de 1 à 1,2% sur les indices.
00:441,5% si on regarde plutôt les small caps qui sont un peu plus baissés que les autres.
00:48Mais c'est vrai que le stress de marché ce matin,
00:51quand on regarde la volatilité, on repasse un petit peu au-delà de 20.
00:53Donc ce n'est pas complètement fou, encore une fois, la volatilité.
00:56On rappelle quand le marché commence à être stressé.
00:58C'est plutôt 30 à 40 de volatilité quand vraiment il y a un mouvement de gros stress.
01:02Donc c'est vrai qu'on n'est pas très stressé sur les marchés, je le dis bien.
01:05Mais il y a quand même une grosse question qui se pose.
01:07Parce qu'effectivement, les marchés sont assez baladés d'une déclaration à l'autre,
01:10de Donald Trump, de l'évolution de la situation.
01:12Mais je pense que le gros révélateur, ça va être la saison des résultats qui arrive en fait.
01:16Ce qui compte pour les marchés, quand ils anticipent comme ça,
01:19d'un jour à l'autre, plus 1, moins 2, plus 3, etc.
01:21C'est que chacun essaie d'ajuster par rapport à ce qu'il pense de l'activité des entreprises.
01:26On rappelle que dans les gros indices boursiers, le CAC comme les autres,
01:28ce sont des très grosses entreprises qui sont cotées.
01:30Et ce qui compte pour ces entreprises, c'est leur activité,
01:34c'est leur chiffre d'affaires, c'est leur revenu, c'est leur coût, c'est leur embauche, etc.
01:39Et la saison de résultats qui commence à s'ouvrir maintenant en Europe et aux Etats-Unis
01:43va quand même être très révélatrice.
01:44C'est-à-dire qu'on va non seulement surveiller les résultats des sociétés
01:46qui ont déjà été réalisés au premier trimestre,
01:49mais sachant que le mois de mars inclut une partie de ce bruit géopolitique.
01:53Mais ce qui va être très important, c'est comment les entreprises voient le reste de l'année.
01:56Est-ce qu'elles maintiennent finalement leurs projections pour l'ensemble de l'année ?
01:59Est-ce qu'elles vont les réviser à la baisse ?
02:01Et je pense que c'est ça qui va se compter pour le marché.
02:03Pour l'instant, la géopolitique s'est mal passée ce week-end.
02:08Donc on remet une petite couche de volatilité.
02:10Mais je pense qu'il va quand même falloir une très bonne saison de résultats
02:13et qu'un accord soit rapidement trouvé entre les Iraniens et les Américains
02:17pour que les marchés repartent de l'avant.
02:19Parce que sinon, je ne vois pas où seront les catalyseurs, si vous voulez.
02:21Si les taux restent élevés, que le pétrole reste élevé,
02:23que les banques centrales restent vigilantes
02:25et que les entreprises ont une approche un peu révisée du deuxième ou du troisième trimestre,
02:30dans ce cas-là, il n'y a pas de raison que les indices repartent tout de suite à leur
02:33sommet.
02:33Donc dans une zone comme ça, un peu grise, un peu intermédiaire,
02:36où il faut attendre de voir effectivement la géopolitique,
02:37mais surtout, je pense, beaucoup les résultats des entreprises.
02:40Les résultats d'entreprises avec le secteur bancaire dès cet après-midi aux États-Unis
02:44et donc à Paris, LVMH à partir de ce soir.
02:47Le baril de pétrole est donc à 101 dollars.
02:49C'est une hausse de plus de 6% après l'échec ce week-end des premières négociations.
02:53A noter qu'hier, l'Arabie Saoudite a annoncé que son néoléodique Est-Ouest
02:58était à nouveau en état de fonctionnement.
02:59Ça, c'est quand même une bonne nouvelle pour le marché pétrolier.
03:02Quels sont les autres facteurs que vous allez suivre, Alexandre Baradez ?
03:05On a eu des données d'inflation vendredi.
03:07Elles étaient plutôt rassurantes également.
03:10Alors, effectivement, les données d'inflation, elles nous montrent deux choses.
03:13Elles nous montrent surtout une chose.
03:14Vous savez que l'inflation, on la regarde toujours soit globale,
03:16donc aux États-Unis, il y a le CPI global,
03:18et puis la partie qu'on appelle sous-vlaçante, la partie cœur.
03:22L'inflation aux États-Unis, effectivement, en mensuel,
03:24on a eu un très gros rebond de l'inflation.
03:26Par contre, un plus 0,9, c'est un rebond mensuel entre février et mars
03:30qu'on n'ait pas vu en termes de rebond mensuel depuis 2022,
03:33depuis l'été 2022, c'est-à-dire quelques mois après l'invasion de l'Ukraine.
03:36Mais si on regarde en revanche l'inflation hors alimentation et hors énergie,
03:40donc on exclut notamment les variations de l'énergie,
03:42là, en revanche, l'inflation américaine n'a progressé que de 0,2% d'un mois à l'autre.
03:47Donc, effectivement, on voit bien que c'est une thématique 100% énergie quasiment,
03:50et que normalement, effectivement, la Fed n'est pas censée,
03:53que la BCE d'ailleurs, ne sont pas censées réagir à des données
03:56qui sont purement drivées par l'énergie.
03:58Là où il y a un risque, effectivement, c'est si ce prix persiste,
04:01que les salaires commencent à progresser,
04:02vous voyez qu'il y a une espèce de boucle comme ça qui se mette en place,
04:04à ce moment-là, effectivement, les banques centrales réagiront.
04:07Mais effectivement, à ce stade, après un mois et demi de pression géopolitique,
04:11pour l'instant, on voit que l'inflation est surtout drivée,
04:13le rebond d'inflation est surtout drivée par l'énergie,
04:16donc ce ne serait pas raisonnable de répondre à cette hausse des prix par des hausses de taux.
04:21Si l'activité économique est pénalisée et que les salaires ne progressent pas plus que ça,
04:24si vous rajoutez une, deux ou trois hausses de taux là-dessus,
04:26vous allez freiner l'économie, voire provoquer même un risque de récession.
04:30Pour l'instant, effectivement, la bonne nouvelle relative,
04:32c'est que cette inflation reste surtout cantonnée au prix de l'énergie
04:35et pas au reste des items.
04:38Merci beaucoup Alexandre Baradez,
04:39vous nous a accompagné ce matin depuis IG,
04:41vous êtes chef analyste.
04:42Merci.
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