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  • il y a 4 jours
Ce vendredi 27 février, Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro IS, et Sébastien Korchia, directeur général adjoint et directeur des investissements de Cogefi Gestion, ont débattu de l'enthousiasme récent des marchés boursiers, propulsé par les valeurs cycliques, comme les métaux et les minerais, qui voient leurs cours progresser avec la stabilisation de l'inflation, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:01Avec ce matin Christophe Boucher qui est directeur des investissements chez ABN Amro IES.
00:05Bonjour Christophe, merci d'être avec nous ce matin et le champion du portefeuille de C'est Votre
00:10Argent, à voir ce soir à 20h chez Marc Fiorentino, ça sera toujours le cas, Sébastien Corchia,
00:15directeur général adjoint, directeur des investissements de Cogefi Gestion. Bonjour
00:18Sébastien, merci à tous les deux d'être là avec un mois de février qui se passe bien pour les
00:23marchés notamment européens. Le CAC 40 gagne 6% sur l'ensemble du mois. Du côté de la Bourse de
00:29Londres on gagne quasiment 9% là depuis le 1er janvier. On en parlait en préambule grâce notamment aux valeurs
00:35cycliques, la vieille économie, l'industrie, les métaux, les minerais, enfin tout ça aujourd'hui ça
00:41cartonne en Bourse Christophe. Alors ça cartonne parce que ça avait été aussi peut-être un peu
00:45massacré en amont et ce qui fait que ça fonctionne maintenant. Alors il y a eu aussi un premier départ
00:51quand même l'année dernière et puis quand même des cycliques qui avaient fonctionné en 2025. C'est
00:55quand même cette accélération cyclique en Europe qu'on n'ait pas vu depuis un moment. Malgré tout,
01:01tout ceci est quand même bien bien joué maintenant, bien intégré je trouve dans les cours. Donc la
01:06question qui se pose c'est plutôt maintenant le relais sur les actions européennes. Mais
01:10effectivement ce qui fait que tout ceci est très favorable c'est quand même la baisse du prix
01:14d'énergie qui est drastique et qui redonne du souffle à l'industrie et puis il y a un certain
01:19nombre
01:19de secteurs. Et puis il y a ce policy mix, cette combinaison de politique monétaire et budgétaire
01:25fiscale hyper favorable à l'accélération cyclique. Donc on a comme ça, certains diraient un alignement
01:32des planètes, en tout cas plusieurs phénomènes qui se cumulent, qui se télescopent et qui poussent
01:36à une accélération cyclique en Europe. Malgré tout, j'aime rappeler que quand l'Europe accélère,
01:41elle accélère de 0,8 à 1,5% de croissance. Quand l'économie américaine ralentit, elle ralentit de 4
01:46à 3%
01:47de croissance. Voilà, c'est juste pour resituer aussi un peu les choses. Donc on voit quelque
01:51chose effectivement bouger et qui a déjà commencé à bien bouger. Malgré tout, le relais maintenant
01:57nous semble peut-être s'épuiser.
02:00S'épuiser, c'est-à-dire que le plus gros effet notamment sur certaines valeurs au vu des résultats
02:05d'entreprise ?
02:06Oui, alors bien sûr il faut suivre la conjoncture et puis on a vu qu'on avait des bons chiffres
02:11sur
02:13les enquêtes de conjoncture allemande des directeurs d'achat, etc.
02:17Donc la question c'est jusqu'où va se poursuivre cette accélération cyclique ? Malgré tout, on sait qu'une
02:21accélération cyclique finit par s'épuiser d'elle-même. Il faut surveiller aussi un peu ce que va faire
02:26la BCE ou en tout cas ce qu'elle déclare, puisque ça pourrait être la première à remonter des taux
02:31et peser
02:32sur cette accélération cyclique. Et puis, même si en Allemagne il y a du déficit qui alimente cette croissance,
02:38je ne suis pas sûr que dans tous les pays, on a encore beaucoup de marge de manœuvre pour accélérer
02:42la politique
02:43budgétaire et fiscale. Donc oui, on voit quand même les choses. Si certains cherchent un point d'entrée,
02:49je pense que c'est plutôt passé.
02:52Concrètement, Engie gagne 30% depuis le début de l'année, Arcelleur plus 40% x2 en l'espace d
02:56'un an,
02:57quand Michelin, Legrand, Vinci et Fage ou encore Bouygues gagnent de l'ordre de 20% depuis le début de
03:01l'année.
03:01Ça va très vite, Sébastien Corchiard.
03:02Oui, vous pouvez même rajouter d'autres valeurs que les investisseurs regardent moins depuis quelques temps,
03:08type Getlink ou autres qui sont au plus haut. Alors moi, j'essaye d'en lire un message.
03:14Donc je suis d'accord avec tout ce qui a été dit. Ça va sûrement un petit peu trop vite.
03:18C'est sûrement avec un potentiel épuisé. Mais j'essaye de comprendre en fait et de dézoomer par rapport
03:24juste au débat qui est les « high winners » et « high losers », entre guillemets,
03:28où ça, c'est facile en fait de séparer l'écosystème et qui a d'ailleurs fait un peu imploser
03:34cette notion de Max7.
03:37On en parle, mais pour moi, elle n'existe déjà plus en fait.
03:40Donc elle n'existe plus depuis à peu près le mois d'octobre dernier où ça avait commencé à se
03:45diviser en deux.
03:46Mais bon, les investisseurs restent un petit peu là-dessus.
03:49Simplement, je regarde quand même que pour beaucoup, ils ont arbitré depuis cette période-là,
03:55cette période à peu près du mois d'octobre, parce que les hausses des oranges,
03:59je parle de valeurs françaises, mais les hausses des oranges, les hausses des get links,
04:05les hausses de toutes les valeurs que vous avez pu citer derrière Salor, etc.,
04:09elles ne datent pas ni du 1er janvier, ni des 15 derniers jours.
04:14Il y a eu un relais sur les 15 derniers jours sur de nouveaux secteurs type l'immobilier, par exemple,
04:19parce qu'on commence à chercher, et c'est un signe d'épuisement, je partage sur le thème,
04:23parce que, par exemple, les utilisistes en Europe, dont tout le monde parle,
04:27commencent à être quand même assez chères.
04:29Vous parliez d'ENGIE, on peut parler d'RWE, etc.
04:32Il faut commencer à se creuser la tête pour trouver des potentiels, même si...
04:37Donc, je reviens juste à cette dichotomie AI loser, AI gagnant.
04:42Vous avez quand même l'idée que les gens, pour moi, commencent à se protéger.
04:48Et ils se protègent, ils l'ont fait, par exemple, par l'or, un peu.
04:53Ils l'ont fait par les métaux, même si les métaux, c'est quand même l'idée d'un super
04:56cycle,
04:58et c'est encore autre chose.
04:59Et ils l'ont fait par cette diversification qui n'était pas un des dangers,
05:03c'est d'être mono-concentré, en fait, mono-thématique.
05:06Tout le monde l'a été, et finalement, il fallait surtout l'être l'année dernière.
05:10Et beaucoup de gérants, j'en fais partie, n'ont pas été monomaniaques,
05:15parce que c'est difficile dans notre métier.
05:17On gère avant tout du risque, plutôt que d'être banco sur un thème.
05:21Mais là, ça devient, pour les gérants, je trouve, depuis plusieurs mois,
05:26et pas seulement maintenant, presque une urgence d'avoir un portefeuille diversifié.
05:31Et diversifié, ça fait monter très vite la partie qui n'était pas intéressante,
05:38qui était un peu tristounette, les métaux, pas les métaux, mais les constructeurs,
05:44la distribution, on prenait Carrefour, Ahold.
05:46D'autant plus que ce sont des petites capitalisations boursières.
05:49Quand on a des flux massifs qui arrivent des États-Unis,
05:51sur des capis qui font 20-30 milliards, très vite, ça monte.
05:54Exactement. Et en plus, ce sont des petites capitalisations boursières
05:57à l'échelle des mastodontes, et c'est des petits poids dans les indices.
06:01C'est-à-dire que si vous prenez le MSCI World, par exemple,
06:04finalement, vous aviez 75% de valeur américaine,
06:07et dans ces 75%, vous aviez les Max 7.
06:09Donc, quand vous réarbitrez un peu sur quelques pays,
06:12on parlera des émergents, mais finalement,
06:14je ne peux déjà même pas en parler,
06:16mais de dire que cette diversification,
06:19cette sortie depuis les Max 7,
06:20c'est une sortie qui est sectorielle.
06:23Vous le voyez dans le S&P équipondéré,
06:25vous le voyez dans le Russell 2000,
06:27vous le voyez en Europe dans les indices type CAC 40,
06:30qui ne sont pas très tech.
06:32Et puis, vous le voyez dans les small caps,
06:35en Europe également aussi.
06:37Mais finalement, quand vous prenez à l'intérieur du S&P,
06:41il y avait tellement de Max 7,
06:43on en a parlé des tonnes de fois,
06:45quand vous réallouez sur les 493 restantes,
06:49elles sont toutes petites,
06:50et tout de suite, ça fait exploser.
06:51Alors, tout de suite, on arrive,
06:52comme il a été dit, à la valo un peu objective.
06:57Mais ça peut un peu continuer, finalement,
06:59parce que s'il y a encore des flux qui rentrent,
07:01on va commencer à payer, surpayer ces valeurs-là.
07:04C'est ça, la bourse en permanence,
07:05et on surpaye, ce paraît pas.
07:07Donc, pour résumer, diversification,
07:09à partir d'une zone de risque
07:11où tout le monde se sent mal à l'aise
07:12parce que trop concentré,
07:13donc regardez Nvidia,
07:14on ne cherche pas à savoir si c'est bon
07:16ou si ce n'est pas bon.
07:17Finalement, il faut en sortir,
07:18et ça tombe bien quand c'est bon.
07:19Il peut y avoir des flux acheteurs,
07:20c'est l'occasion de dégager
07:21pour aller faire un petit peu autre chose.
07:24Moins 5, hier.
07:24Voilà.
07:25Et la dernière chose, c'est la baisse des taux longs.
07:27C'est un peu un fly to quality supplémentaire
07:29qui, moi, me fait dire
07:31qu'en fait, les investisseurs institutionnels,
07:33ils se planquent, là, en ce moment.
07:35On parlera des taux dans un instant,
07:36en réaction sur ce qui se passe,
07:37la rotation sectorielle géographique
07:39sur la partie action.
07:40Oui, alors, effectivement,
07:41nous, on voit le point de bascule
07:43quand même de la rotation thématique IA,
07:45très tech.
07:46En 2025, on la voit un peu plus tôt,
07:48déjà, avec DeepSync.
07:49Et la thématique, le narratif de la disruption.
07:53Alors, avec DeepSync,
07:54on pensait qu'elle viendrait des émergents.
07:55Et puis là, on voit que ça se cannibalise
07:57même à l'intérieur de la tech.
08:01Donc, c'est-à-dire qu'il peut y avoir
08:03de la disruption qui remet en cause
08:04les softwares, typiquement,
08:06et puis pas mal de solutions
08:07pour entreprises technologiques.
08:10Alors, on est un peu plus prudent
08:12sur le fait que c'est l'amorce
08:14d'une nouvelle tendance.
08:16Et on essaye de faire des comparaisons historiques,
08:18même si c'est toujours assez périlleux.
08:20Mais on se dit qu'on est peut-être
08:21plutôt en 95 qu'en 99 ou 2000.
08:24au sens où l'histoire était relativement simple jusqu'ici.
08:28On avait des gagnants
08:29qui étaient relativement bien identifiés
08:32jusqu'à l'année dernière,
08:34qui étaient très rentables,
08:35des monopoles mondiaux.
08:36Et tout ceci était relativement serein
08:38avec une place dans les indices gigantesques,
08:40vous l'avez évoqué.
08:42Néanmoins, on pense que ce n'est pas fini
08:44et que c'est plutôt de la volatilité qui arrive.
08:46Et donc, NVIDIA qui baisse de 5%,
08:48enfin, je suis désolé, mais on revient,
08:50c'est une correction de 5%
08:52pour une autre valeur, c'est important.
08:53Mais pour NVIDIA, on revient au cours
08:55d'il y a quelques jours ou quelques semaines.
08:57Ce qui fait que pour nous,
08:58c'est plus de la volatilité
08:59que quelque chose comme une correction
09:02ou un mini-crack ou de la thématique.
09:06Donc, on reste quand même
09:07avec une vue relativement tech mondiale,
09:10effectivement, il va falloir discriminer
09:12parmi les gagnants et les perdants.
09:14Néanmoins, et pour débattre,
09:16on est un peu moins sûr
09:18que le marché est capable de discriminer
09:20entre les gagnants et les perdants,
09:22notamment sur les logiciels.
09:23Nous, notre perception, en tout cas,
09:25c'était que tout était parti un peu à la cave
09:28de manière un peu à discriminer
09:30et que probablement,
09:31c'est de la surréaction aussi.
09:33Donc, pour apporter un peu de nuances,
09:38et puis, on n'a pas tout à fait
09:39les mêmes vues sur ces thématiques-là.
09:41Nous, on pense que c'est plutôt
09:42des points d'entrée,
09:43mais attention à savoir
09:45qui sera le gagnant et le perdant.
09:47Et pour faire la...
09:48Et je termine là-dessus,
09:50sur la dialogie A95,
09:51on pense qu'on rentre dans ce régime
09:53de marché,
09:55potentiellement qui va rentrer en bulle,
09:56de suraccumulation,
09:57trop de capitaux,
09:58avec une rationalité individuelle
10:00qui est que,
10:01comme c'est une course
10:02où le gagnant remporte tout,
10:03chacun veut investir beaucoup
10:05et veut se positionner,
10:07mais finalement,
10:07il y a peut-être trop d'argent
10:08qui arrive,
10:09et puis à la fin,
10:09il y aura le juge de paix
10:10quand il y aura un gagnant
10:12de tout ceci
10:12qui va émerger.
10:15Mais pour nous,
10:16on est pour le moment
10:17dans cette phase-là
10:19de prédisruption
10:20et de chacun qui veut
10:22plus investir que l'autre
10:23pour être le gagnant.
10:24Preuve de cette prudence,
10:25en tout cas,
10:25sur l'intelligence artificielle,
10:27le 10 ans américain
10:27est à 3,99.
10:28Alors, est-ce que c'est une promo
10:29ou pas,
10:30Sébastien Corchia ?
10:31En tout cas,
10:31ça montre bien
10:32qu'il y a des investisseurs
10:33qui reviennent massivement
10:35sur le marché obligataire.
10:37On était à 4,30 quand même
10:38au début du mois de février.
10:39Vous pouvez le dire aussi
10:40en Europe,
10:41avec les taux sur le CAC,
10:43enfin sur le CAC,
10:44sur la France,
10:4510 ans français,
10:46allemand et autres.
10:48Ça veut quand même bien dire
10:49que pour moi,
10:50il y a un sujet
10:52quelque part de hedging
10:53du marché,
10:54de couverture du marché
10:55des investisseurs
10:57qui,
10:58je ne crois pas
10:59qu'ils soient dans le débat,
11:00pour moi,
11:00c'est un débat
11:03peut-être journalistique
11:04et grand public
11:05de dire
11:05il y a effectivement
11:07gagnant,
11:08perdant.
11:08C'est vrai,
11:09mais je crois que le marché,
11:10il est déjà passé
11:11dans un portefeuille,
11:12je recherche
11:13de la diversification
11:15et de la sécurité.
11:17Et donc,
11:18je vais y rajouter,
11:19il pourrait rajouter
11:20de l'or ?
11:21Non,
11:21il a choisi de rajouter
11:22des taux à court terme.
11:23Alors,
11:24c'est un choix
11:25qui peut s'expliquer,
11:27qui peut être aussi
11:28un petit peu dangereux
11:29dans une émission
11:31de dettes à venir
11:32un petit peu partout
11:33et en France en particulier.
11:35Mais on voit quand même,
11:36moi,
11:36je trouve
11:37que ce marché
11:38est hyper défensif.
11:40Il est dans un débat
11:41perpétuel,
11:42vous citiez
11:43Nvidia,
11:44effectivement,
11:45moins 5,
11:45plus 5.
11:46Mais enfin,
11:46si je dézoome un peu,
11:47ça fait six mois
11:48que c'est au même cours.
11:49Donc,
11:49ça fait six mois
11:49qu'on n'en veut plus,
11:51quelque part.
11:51Et si ça ne fait pas
11:52six mois qu'on n'en veut plus,
11:53ça fait six mois
11:54qu'on a une indigestion
11:55de ce genre de truc.
11:57En même temps,
11:57tout le monde en a.
11:59Parce que quand vous en avez tous,
12:01les ETF en sont bourrés.
12:03C'est une indigestion.
12:04C'est une indigestion.
12:05Tout le monde en a.
12:06Et à partir du moment
12:07où tout le monde en a,
12:08je ne vois pas comment
12:09tout le monde peut en avoir plus.
12:11Donc,
12:12forcément,
12:12vous réallouez à un moment
12:14quand vous voyez
12:14que c'est compliqué
12:15et que la lecture,
12:15elle n'est pas simple
12:17et vous réallouez
12:18sur les autres thématiques
12:19que personne n'a
12:21et qui sont
12:22des petits portes d'entrée.
12:24L'immobilier,
12:25la distribution.
12:26Regardez les parcours.
12:27Je me mets plutôt
12:28sur la France
12:28pour les auditeurs.
12:29Mais regardez les parcours
12:30de valeurs mal aimées
12:31type,
12:33je dis Carrefour,
12:35je peux dire Ahold
12:36qui tout d'un coup s'envole.
12:37Je peux dire
12:39Lindt,
12:40le chocolat.
12:41Est-ce que vous avez envie
12:41d'acheter des valeurs
12:42de chocolat ?
12:43Elle a gagné 15%
12:44quasiment 15 jours,
12:453 semaines.
12:46Je peux parler
12:46de la lessive.
12:48Enkel,
12:49mais Procter & Gamble
12:50aux Etats-Unis.
12:52Franchement,
12:52quand vous en êtes
12:53à acheter de la lessive
12:54en bourse
12:55versus arbitrage
12:56de l'IA,
12:56c'est que vous avez
12:57un peu la trouille
12:58des marchés.
12:58C'est ma lecture.
13:00Et je dis,
13:02c'est logique
13:03que vous ayez
13:04la trouille des marchés
13:05parce qu'à côté de nous,
13:06il y a quand même
13:07plein de choses
13:08qui se mettent en place.
13:09Il y a effectivement
13:13cet environnement
13:15international
13:15et je pense
13:16à l'Iran
13:18qui fait peur
13:18à personne
13:19parce que la dernière fois,
13:20ça a duré 12 jours
13:21et puis il ne s'est
13:22rien passé.
13:23Il y a eu
13:23d'autres épisodes
13:24sur la géopolitique,
13:25le Venezuela
13:26plus proche de nous,
13:26mais plein d'autres.
13:27Donc,
13:27le marché n'en a pas peur.
13:29Simplement,
13:29pour moi,
13:30ce sont des risques
13:30qui sont asymétriques.
13:32C'est-à-dire qu'effectivement,
13:33il ne peut rien se passer.
13:34Par contre,
13:34s'il se passe un truc,
13:35ça peut être magistral
13:38et à mon goût,
13:39j'aime bien les questions
13:40géopolitiques et militaires,
13:42on ne déplace pas
13:43deux groupes aéronavales
13:45juste pour se faire plaisir,
13:46surtout quand le deuxième,
13:47c'est le plus gros
13:47porte-avions du monde
13:48et que ce plus gros
13:49porte-avions du monde,
13:50il devait rentrer à la base
13:51parce que les gens
13:52qui sont dans le porte-avions,
13:53ils sont déjà depuis
13:546-7 mois,
13:55ils sont épuisés
13:55et on leur a dit
13:57ça va durer 2-3 mois de plus,
13:59ce qui n'est jamais bon
13:59pour un équipage.
14:00Et donc,
14:01en fait,
14:02ça coûte très très cher
14:03au budget américain
14:04et ça serait quand même
14:05un sacré camouflet
14:07de ne rien faire,
14:08j'espère pour le monde
14:09qu'il ne se passera rien,
14:10mais ça serait
14:11un sacré camouflet
14:12de ne rien faire.
14:13Il peut y avoir aussi
14:14une tentation
14:14de ce qu'on appelle
14:16le ralliement au drapeau,
14:18c'est-à-dire que
14:18quand vous êtes,
14:19c'est une posture en fait,
14:23je dirais,
14:24de population,
14:25de masse,
14:26c'est-à-dire que
14:27quand vos élections,
14:28vous êtes perdant
14:29dans les élections,
14:30vous avez tendance
14:31éventuellement
14:32à appeler les gens
14:34ralliement au drapeau
14:35ou derrière le drapeau,
14:36c'est-à-dire aller sur
14:37une opération
14:38qui peut être militaire.
14:39On a pu voir ça
14:40en 1991 par exemple,
14:41Gare du Golfe,
14:42etc.
14:43Donc,
14:43je n'aime pas
14:43ces risques
14:44qui sont asymétriques.
14:47Et puis,
14:47il y a des risques,
14:48on a situé,
14:49on parle souvent
14:50des faucons
14:50et des colombes
14:51de la Fed.
14:53On est en train
14:54de parler d'une chouette
14:55et on n'en parle
14:56pas beaucoup,
14:57la chouette
14:57de Blue Hall
14:59qui pour moi
15:00est un canari
15:02dans la mine
15:02parmi d'autres,
15:03donc un avertissement
15:04sérieux.
15:05Et puis,
15:06in fine,
15:07c'est peut-être aussi
15:07pour ça dans la diversification
15:08que les gens vont
15:09vers les émergents
15:10qui peuvent paraître
15:11plus safe en fait.
15:12Il nous reste 5 minutes
15:14pour parler un petit peu
15:14de la location.
15:15Une fois qu'on a fait
15:16cette longue liste
15:17de tous les points
15:17négatifs à avoir en tête,
15:18c'est vrai que malheureusement...
15:19Des points de prudence.
15:20Prudence.
15:21Des points de vigilance.
15:22Comment aujourd'hui
15:23on arbitre les portefeuilles
15:25Christophe Boucher ?
15:26À l'instant,
15:26Cédatien parlait
15:27des émergents.
15:28C'est vrai que comme l'Europe,
15:29très bon début d'année
15:30sur les émergents.
15:31Oui,
15:33alors globalement,
15:34même si on s'inquiète aussi
15:36et puis qu'on est toujours
15:37à la recherche
15:38du prochain canari,
15:41des risques potentiellement
15:43sous-estimés, etc.
15:44On peut faire une longue liste,
15:45mais malgré tout,
15:46ce sont des risques
15:46qui paraissent relativement
15:48mesurés jusqu'ici.
15:51Ce qui fait que globalement,
15:53quand même,
15:53ce cycle,
15:53il est soutenu par des marges.
15:55On a des marges
15:56historiquement extrêmement élevées.
15:57Alors c'est difficile
15:58de les voir progresser davantage,
15:59mais déjà,
16:00maintenir les marges
16:01à ce niveau-là,
16:01ça alimente un marché haussier
16:03et un cycle financier
16:05extrêmement robuste.
16:07Donc effectivement,
16:10peut-être le stress
16:11ou l'angoisse
16:12ou les raisons de s'inquiéter
16:14entraînent plutôt
16:14de la rotation
16:15au sein des actions,
16:17mais quand même,
16:17le cycle financier
16:18est extrêmement porteur.
16:19Donc nous,
16:19on est sur pondérés actions
16:20pour d'abord répondre à cela.
16:23Et ensuite,
16:23effectivement,
16:23on préfère les actions émergentes
16:25puisque beaucoup
16:26de mauvaises nouvelles
16:27sont déjà passées.
16:27Les valorisations
16:29relativement aux pays développés
16:30sont au tapis.
16:31Et sur les thématiques
16:33porteuses des prochaines années,
16:35la robotique,
16:36l'IA,
16:37on a des pays émergents
16:38extrêmement bien placés,
16:39notamment dans la tech émergente.
16:41Donc clairement,
16:42c'est notre zone favorite,
16:43y compris sur le marché obligataire
16:45avec les dettes émergentes.
16:47Et puis pour le reste,
16:48quand même,
16:49même si on est très inquiet,
16:50même si quelqu'un
16:50voulait beaucoup s'inquiéter,
16:52les autres classes actives
16:53sont relativement chères.
16:54Le moins cher,
16:55c'est peut-être
16:55les actions
16:56de type value
16:57aux États-Unis
16:58ou le reste de la code
16:59des Max 7
17:00ou des plus grosses capis.
17:02mais le reste,
17:04prenons le haïd,
17:05la dette corporelle,
17:06tout ceci est quand même
17:07sur des niveaux de spread
17:08et des niveaux de rendement
17:10d'abord intéressants
17:11mais de spread extrêmement faibles.
17:13Donc c'est difficile
17:13de trouver une classe d'actifs
17:15où on se dit,
17:16mis à part peut-être
17:16des actions plus défensives
17:18ou en tout cas
17:20moins croissance,
17:22c'est difficile de trouver
17:23des poches
17:23où on se dit
17:24tiens,
17:24je vais réallouer mon portefeuille,
17:26je ne joue plus les Max 7,
17:27je joue ça.
17:28Ce qui fait qu'il faut
17:29rester à investir actions
17:31et je serai un peu
17:32plus prudent quand même
17:32sur les taux longs.
17:34Alors effectivement,
17:35ça a baissé en février
17:36mais nous,
17:37on les voit plutôt quand même
17:38ces taux longs
17:38dans un trading range
17:40depuis 2-3 ans
17:41et puis bon là,
17:42ça a un peu baissé
17:43mais finalement,
17:44on est plutôt au milieu bas
17:46de ce trading range.
17:47Il n'y a pas de raison fondamentale
17:49pour que les taux
17:49aient forcément baissé
17:51donc c'est plus
17:51des facteurs techniques
17:52et c'est presque
17:54pour nous
17:55la caractéristique
17:56de ce nouveau cycle,
17:57c'est que
17:58quelle que soit
17:59la politique monétaire
18:00à court terme,
18:01les taux longs
18:02aux Etats-Unis
18:03comme en Europe
18:04restent relativement
18:05dans ce trading range
18:06donc des taux longs
18:07aux Etats-Unis
18:07autour de 5%
18:08quelle que soit la conjoncture
18:10ben voilà,
18:10ça bouge un peu
18:11mais ça reste facilement.
18:11Et comment vous l'expliquez ça ?
18:12C'est-à-dire que là,
18:13la volte-face de la Cour suprême
18:14sur les droits de douane,
18:15Donald Trump qui annonce
18:16des droits de douane,
18:17on a quand même
18:18des déficits,
18:19des milliards de déficits
18:20à financer partout dans le monde
18:21et ça aujourd'hui,
18:22ça ne se voit pas
18:22sur le marché obligataire ?
18:23Non, pas tellement.
18:24Le jour où ça se verra
18:25aux Etats-Unis,
18:26ça pourra faire très très mal
18:27mais on n'en est pas encore là.
18:28Malgré tout,
18:29il y a quelque chose
18:30qui fait que
18:31sur la dette américaine,
18:32ça tient.
18:33Alors,
18:34on peut s'inquiéter
18:35sur les projections
18:35à 10-15 ans
18:36avec le vieillissement
18:37de la population effectivement,
18:38les projections du CBO
18:39qui regardent
18:42comment peuvent évoluer
18:43avec des scénarios
18:44de dette aux Etats-Unis.
18:46On peut s'en inquiéter
18:47à l'horizon de 5-10-15 ans
18:48mais quand même
18:49à court terme,
18:50on est sur des 3%
18:51de croissance
18:52aux Etats-Unis
18:52en réel
18:53ce qui fait
18:54vous rajouter
18:552,5 grossièrement
18:56d'inflation,
18:57on est sur
18:58une croissance nominale
18:59qui est au-dessus
18:59des taux longs.
19:01Et ça,
19:01malgré tout,
19:02ça rend
19:03le ratio d'aide sur PIB
19:06relativement
19:08sécurisé
19:09au sens où
19:09on n'a pas une explosion
19:10de ce ratio d'aide sur PIB
19:11puisque le PIB
19:12va plus vite
19:13que les taux d'intérêt.
19:14Célastien Corchia,
19:15c'est un marché obligataire.
19:16Beaucoup de choses.
19:18Effectivement,
19:193% de croissance
19:20de 3% de croissance
19:21aux Etats-Unis
19:22c'est super
19:23sauf que ça se fait
19:24avec 7%
19:25de déficit budgétaire
19:26donc moi je veux bien.
19:28La deuxième chose,
19:29c'est que c'est quand même
19:30une croissance,
19:31on le voit,
19:31sans emploi.
19:34185 000 créations
19:36d'emploi en 2025
19:37sur 160 millions
19:38de jobs,
19:39c'est sans emploi.
19:41sur l'histoire de la Cour suprême,
19:47quand vous regardez bien,
19:48pour l'instant
19:48ils ne vont pas rembourser,
19:49il va falloir aller chercher
19:50un ticket pour aller
19:51se faire rembourser,
19:52ça va coûter une fortune.
19:54S'il remboursait
19:54les 150 milliards
19:55qu'il a encaissés,
19:57c'est 0,5 points de PIB.
19:59Ce n'est pas le cas d'accord.
20:01Mais il ne va pas
20:01les rembourser tout de suite.
20:02Et le fait
20:03d'avoir mis des droits
20:04à 10% tout de suite
20:06qui déduit,
20:08qui fait baisser
20:09le taux moyen
20:10de 13 à 10,
20:11c'est 0,15 points de PIB.
20:13Il n'y a pas de quoi
20:13exciter les taux longs
20:14à ce stade-là.
20:15Après on verra,
20:16et one shot les 0,5
20:17si je dois tout rembourser.
20:19Après on verra
20:20si je remets,
20:22comment dire,
20:23si je ne peux plus
20:23en mettre du tout
20:24et auquel cas
20:25ça sera ce 0,75 points de PIB
20:27sur tout le budget
20:28et ça sera embêtant.
20:31Sur les émergents,
20:33alors sur les émergents,
20:34moi j'aime bien quand même
20:34ce point de départ
20:36qui est le S&P Nasdaq
20:37qui fait plus 1,
20:39moins 2,
20:39grosso modo.
20:40Et vous voyez...
20:41Depuis le début de l'année.
20:42Depuis le début de l'année.
20:42Et vous voyez
20:43cet arbitrage
20:44versus S&P
20:46équipondéré
20:47qui fait plus 6.
20:48Donc on voit bien
20:49que c'est les 493
20:50qui attirent les capitaux.
20:52Vous avez
20:52l'Eurosold 2000
20:54qui lui
20:54va vous faire
20:55un plus 7.
20:56Et puis vous avez
20:57le MSI
21:01qui fait plus 14.
21:03Et dans ce
21:05émerging market,
21:05vous avez des situations
21:06très disparates.
21:07Vous avez effectivement
21:08les tech asiatiques,
21:10en fait,
21:11la Corée et Taïwan.
21:12La Corée et Taïwan
21:13qui explose littéralement.
21:15J'y mets quand même
21:16un petit bémol
21:16quand vous prenez
21:17la Corée
21:18dont les chiffres de PIB
21:19ne sont pas bons.
21:20C'est deux valeurs
21:21qui représentent
21:2140% de l'indice
21:22sur 840 valeurs.
21:24Donc en termes
21:25de concentration,
21:26quand vous sortez
21:27du Nasdaq
21:27pour aller sur du Cospi,
21:29vous faites la même erreur.
21:30C'est-à-dire
21:31de la concentration
21:32et vous payez
21:32deux valeurs très chères.
21:33Vous arbitrez de la tech
21:34pour une autre tech.
21:36Donc il faut quand même
21:36le voir.
21:37Donc en une minute,
21:37vous faites quoi ?
21:38Demain, un client
21:38vient vous voir.
21:39Je lui dis
21:41Europe
21:42et il y a des poches,
21:43notamment les small caps
21:44parce qu'en fait,
21:45elles ne sont pas très
21:47intelligence artificielle
21:48et elles sont très
21:49de plan de relance allemande
21:50et elles sont très décotées.
21:51Je lui dis
21:52émerging market,
21:53mais attention
21:54aux faux amis
21:54parce qu'arbitrer
21:56du Nasdaq
21:56pour aller sur
21:57la Corée du Sud,
21:58c'est le bras droit
22:00pour le bras droit.
22:01En fait,
22:01c'est la même chose
22:02et donc je préfère
22:03m'éclater
22:04et aller pourquoi pas
22:05sur l'Amérique latine.
22:06Le Brésil,
22:07c'est plus 16-18
22:09depuis le début de l'année.
22:11C'est beaucoup plus
22:12agriculture,
22:13industrie,
22:13etc.
22:14Donc j'ai éclatement
22:14et c'est très de l'art.
22:16Donc bonne nouvelle.
22:18Et puis,
22:19je réduis l'exposition
22:20parce que pour moi,
22:21ce marché a un risque
22:22et je n'aime pas du tout
22:23l'histoire de la chouette
22:25Blue Oil
22:26qui pour moi,
22:27je pense,
22:28c'est le canarier dans la mine.
22:29On est au bout.
22:30Merci à tous les deux
22:30de nous avoir accompagnés
22:31ce matin Sébastien Corchia,
22:32donc directeur général adjoint
22:33et directeur des investissements
22:34de Cogé Figes Gestion
22:35et Christophe Boucher,
22:37directeur des investissements
22:38de ABN Amro.
22:39Merci à tous les deux.
22:39Merci à tous les deux.
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