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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 19 mars, Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, et Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, ont débattu de la hausse des prix du pétrole sur les marchés, des nouvelles prévisions de la Fed concernant ses taux directeurs, ainsi que des autres indicateurs à surveiller face au conflit au Moyen-Orient, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:01De face à face, comme chaque jour, deux intervenants de marché avec en plateau Alexandre Baradez,
00:05chef analyste d'IG. Bonjour Alexandre, merci de nous accompagner en compagnie de Raphaël Thuin,
00:10qui est directeur des stratégies de marché de capitaux chez Tikeo Capital. Bonjour Raphaël.
00:14Merci à tous les deux d'être là. Les cours du pétrole repartent donc de l'avant,
00:17on est sur des plus hauts dix jours. Les cours du gaz frôlent désormais les 70 euros en Europe,
00:22avec donc hier une installation gazière qui a été touchée par l'Iran au Qatar. On parle là de
00:28l'une des plus grandes installations pétrolières. Quand encore ce matin, du côté du Koweït,
00:32il y a à nouveau des drones qui ont touché des installations pétrolières. Bref, ça Raphaël,
00:37cet envolé des matières premières plus des banquiers centraux qui sont prudents sur l'inflation,
00:42ça inquiète un petit peu à court terme. Oui, on a un mix pas très agréable pour les
00:46investisseurs. Effectivement ce scénario d'escalade en Iran, c'était quelque chose qui était craint,
00:51pas nécessairement complètement anticipé. On semblait bien que le marché espérait une forme
00:55de désescalade assez prochaine et il y avait une forme de ligne rouge qui avait été tracée,
01:01en particulier par les autorités iraniennes, qui consistait à dire que les infrastructures
01:06énergétiques devaient être hors champ. Or, hier effectivement surprise, elles ont été touchées,
01:12assez significativement semble-t-il, avec une représailles des Iraniens au Qatar juste derrière.
01:18Donc effectivement, c'est ce que le marché espérait ne pas voir et donc ça crée effectivement
01:22beaucoup d'inquiétudes. Alors pendant la nuit, le président Trump a réagi, manifestement il n'était
01:28pas totalement au courant, en tout cas pas totalement d'accord avec cette décision israélienne
01:33d'aller frapper des infrastructures énergétiques. Ça fait penser que effectivement on n'est pas
01:39nécessairement dans un scénario d'une escalade décisive et permanente, on va voir. Ça fait aussi
01:46penser que finalement les Israéliens jouent aussi leurs propres cartes, elles ne sont pas exactement au son et
01:52à la baguette de ce que le président Trump dira. Donc effectivement une escalade qui est très
01:56dérangeante pour les marchés et qui se couple aux annonces de la Fed qui eux aussi ont un petit peu
02:00inquiété.
02:01A noter que la Banque Nationale Suisse laissait taux inchangés comme attendu. On avait ce matin la Banque du
02:07Japon qui a également laissé ses taux inchangés mais qui s'est montré un petit peu inquiète de cette
02:11remontée de l'inflation, d'autant plus qu'en plus au Japon il y a l'effet devise qui est
02:14défavorable
02:15avec un yen qui continue de reculer face au dollar. Oui c'est vrai que c'est la semaine des
02:19banques centrales,
02:20donc c'est la Fed qui a ouvert le bal hier et on a très vite compris, enfin très vite
02:24compris sur l'ensemble
02:24en tout cas de la conférence de presse de Jérôme Powell, déjà de la nouvelle projection de la Fed
02:28une fois par trimestre. Donc la Fed a bien fait comprendre qu'elle a un peu relevé ses anticipations
02:32d'inflation pour l'ensemble de l'année. Donc on est à 2,5, on passe à 2,7 donc
02:35c'est pas catastrophique
02:36mais on est plutôt sur des visions haussières de l'anticipation d'inflation. Et puis on voit que les
02:40anticipations de baisse de taux du côté de la Fed n'ont pas changé. Les membres de la Fed pensent
02:44qu'il y a toujours
02:44la place pour peut-être une baisse de taux cette année supplémentaire et c'est tout. Et c'était ce
02:49qui était
02:49un peu attendu parce que quand vous regardiez avant même ces questions d'Iran, quand vous voyez les
02:53derniers chiffres de prix à la production aux Etats-Unis ou d'inflation notamment PCE, ces mesures
02:59qui ont été faites avant le déclenchement de l'intervention militaire en Iran étaient déjà sur des niveaux
03:02de réaccélération. Prix à la production et inflation PCE, on est corps PCE, c'est-à-dire la mesure principale
03:08pour la Fed, on est au-delà de 3%. Donc ça a laissé penser que Jérôme Paule allait être assez
03:13prudent
03:13sur ces questions de baisse de taux et hier, ce qui m'a marqué dans la conférence de presse, c
03:17'est qu'il
03:18est vraiment très souvent revenu sur la question des anticipations d'inflation. Ça, on peut le voir
03:21dans le marché, il y a des mesures, des swaps d'inflation qui permettent de voir ce que pense le
03:25marché, où sera l'inflation sur des horizons de moyen terme et Jérôme Paule dit ça, on le regarde
03:29parce qu'il ne faut pas qu'on se désancre en fait de la zone des 2% et donc
03:35il a aussi eu hier une phrase
03:36Jérôme Paule assez marquante qui est nouvelle, il dit au mois de mars cette fois, donc à cette réunion
03:41nous avons discuté d'une guidance éventuelle pour des questions de hausse de taux. Jusqu'à présent on parlait
03:46que de scénario de taux stable ou baisse de taux et il dit on a commencé, ça ne veut pas
03:49dire qu'ils vont
03:50monter les taux mais ça veut dire que la question d'une espèce de symétrie, on peut les baisser mais
03:53on peut
03:54aussi les relever s'il y a besoin, cette question-là a été abordée hier au sein de la Fed.
03:57Donc c'est vrai que ça ne donne
03:59pas ce matin aux investisseurs l'envie de prendre du risque sur les marchés, vous avez une boucle qui est
04:04la même
04:05depuis des jours, c'est dès que les valeurs énergétiques montent, vous avez les taux Europe-US qui se tendent,
04:11vous avez le dollar qui grimpe, valeur refuge, devise refuge et du coup les actifs à risque, actions et autres
04:16perdent du terrain. Donc cette boucle est toujours en place et on voit que l'or aussi du coup perd
04:20part de la valeur
04:21parce que...
04:21Sous les 4 80000 désormais, ça va très vite, cette 11 d'or qui était encore en début d'année
04:25au-delà des 5500 dollars.
04:27Le problème Alexandre Baradet c'est que Diron-Paul a encore dit hier, il est un peu dans le flou
04:31dans le sens où tout dépend bien sûr
04:32de la durée de ce conflit. Aujourd'hui la Fed se mouille à faire des prévisions sur la fin de
04:37l'année, sur 2027,
04:39mais tout dépend bien sûr de ce baril de pétrole, combien de temps va-t-il rester à 100 dollars
04:44?
04:45Personne n'a la réponse à court.
04:46Non, c'est ce que Diron-Paul a expliqué hier, il dit que c'est effectivement, ce qui est logique,
04:52si l'intervention dure peut-être un mois ou deux, effectivement les effets seront quand même relativement limités,
04:56une petite bosse d'inflation et puis c'est gérable, on ne va pas relever les taux pour ça.
04:59Mais il a quand même eu des propos quand il dit qu'aujourd'hui les risques pour l'emploi
05:03ne sont pas plus élevés que les risques pour l'inflation, alors qu'on rappelle quand la Fed avait repris
05:07ses baisses de taux il y a quelques mois, c'était par rapport à ces questions d'emploi.
05:10Donc on voit que Diron-Paul il remet le curseur beaucoup plus au centre, il est un peu moins,
05:13il est toujours vigilant à l'emploi, mais la Fed est beaucoup plus vigilant à l'inflation
05:16et c'est effectivement pour des marchés qui attendaient des baisses de taux, notamment en juin,
05:20on n'a pas de certitude aujourd'hui qu'on aurait une baisse de taux à la fin du premier
05:23semestre.
05:23Au point même que désormais FedWatch qui anticipe un petit peu, qui prend le pouls de ces anticipations
05:29de baisses de taux, on est plutôt maintenant sur septembre voire octobre, une baisse de taux
05:35nous dit hier Diron-Paul pour cette année, une autre en 2027, c'est vrai qu'on a totalement
05:40changé de contexte Raphaël Thuin, en début d'année, on parlait même de baisses de taux
05:44pour la BCE, aujourd'hui on parle de les relevés.
05:47Oui, c'est un des gros changements de cette crise iranienne, c'est que la photo sur l'inflation
05:51a complètement changé, des potentiels hausses de taux à venir en Europe aussi, et dans
05:56ces conditions effectivement, Jérôme Powell qui est dans une situation très compliquée
05:59aujourd'hui, évidemment un manque de visibilité absolue, et c'est pas le seul, on est tous
06:03dans ce cas d'une part, et puis une photo économique, une équation monétaire qui est compliquée,
06:09on a effectivement un marché de l'emploi aux Etats-Unis qui crée très peu d'emplois,
06:13qui ralentit, et ça c'est un signe d'inquiétude, une problématique d'inquiétude
06:18pour la Fed, évidemment, c'est dans son mandat explicite, d'une part, et ça, ça inciterait
06:23à baisser les taux.
06:24D'un autre côté, évidemment, l'inflation, l'inflation elle est maintenant depuis très
06:28longtemps au-dessus des objectifs de la Banque Centrale de 2%, sur l'inflation sous-jacente,
06:33on est proche de 3%, ça, ça incite à augmenter les taux, et cette inflation elle est due à
06:38des facteurs qui sont hors de contrôle de la Fed.
06:41Une partie, peut-être 50-75 points de base de ce surcroît d'inflation comparé à 2%
06:47vient des droits de douane.
06:50Deuxième partie, qui est une grande inconnue aujourd'hui, c'est potentiellement l'impact
06:54de l'énergie dans les mois à venir sur les prix à la consommation.
06:58Donc tout ça fait qu'effectivement la visibilité est nulle, la Banque Centrale ne peut pas
07:02se projeter, et d'ailleurs pour revenir sur votre commentaire, certains des membres
07:06de la Banque Centrale américaine n'avaient pas souhaité mettre à jour leurs projections,
07:11c'est un exercice très traditionnellement obligé, et cette fois-ci ils avaient demandé
07:14à ne pas les mettre à jour, alors finalement ils l'ont fait, mais on se rend bien compte
07:18que la valeur faciale de ces projections est proche de nulle, dans la mesure où l'incertitude
07:23est trop grande.
07:24Donc effectivement on est sur des problématiques très complexes en termes de politique monétaire,
07:28et le marché d'ailleurs ne s'y trompe pas, on reprice nos attentes à la hausse
07:33avec des taux d'intérêt qui sont fortement montés hier.
07:36À suivre cet après-midi, la BCE, on aura également la Banque d'Angleterre, ce matin
07:42il y avait donc la Banque Nationale suisse, la Banque du Japon, au global, que peuvent
07:46faire les banques centrales face à ce choc énergétique, Raphaël Thuin ? Pas grand-chose
07:51quand même ?
07:51Pas grand-chose, et d'ailleurs on s'attend au même type de discours de la BCE qu'on a
07:55eu de la fête hier et de la Banque d'Angleterre, à savoir on va attendre de voir les effets
08:00de ce conflit iranien, la durée de ce conflit. La BCE risque d'être encore plus défensive
08:07peut-être, dans la mesure où on sait que le choc énergétique en Europe risque d'être
08:11encore plus durement senti. Les prix du gaz en Europe se sont envolés, c'est une vraie
08:16problématique pour l'économie européenne, on l'a vu pendant la crise ukrainienne, et
08:21même si l'inflation était davantage revenue de ce point de vue-là, on peut s'attendre
08:25à ce que Madame Lagarde ait un mot extrêmement conservateur sur cette idée que l'inflation
08:31est au cœur du sujet aujourd'hui, que la BCE saura réagir et que finalement on n'aura
08:35pas potentiellement de répétition du couac de 2022, où on croyait être face à une inflation
08:42transitoire alors qu'elle s'était avérée beaucoup plus structurelle. Donc on va écouter
08:47très attentivement ce discours, même si aujourd'hui pour l'ensemble de ces banquiers
08:50centraux, il est trop tôt pour agir, il est urgent d'attendre et qu'on n'est pas
08:56encore très certain, non seulement de la durée du conflit, mais dans quelle mesure
09:00ces hausses des prix d'énergie pourraient avoir des effets de second tour, comme on
09:04dit, qui relancerait le potentiel d'inflation.
09:07Dans un instant, nous parlerons de Wall Street qui surperforme l'Europe depuis le début
09:10du conflit. Juste un mot pour finir sur ce sujet des banques centrales, Alexandre.
09:14Oui, il y a eu un petit avertissement ou une mise en garde, enfin je ne sais pas si on
09:18peut
09:18le dire comme ça, mais de la Banque des Règlements Internationaux, donc un peu la banque centrale
09:23des banques centrales on va dire, qui a avant tout ce set de réunions de banques centrales,
09:27a bien mis en garde, et c'est ce que Raphaël disait, et je pense effectivement ça va être
09:30la position des banques centrales, c'est de dire attention à ne pas surréagir à des
09:33phénomènes de chocs liés sur l'énergie, mais qui potentiellement sont transitoires.
09:36Et c'est vrai que la situation, on le voit tous, n'est pas la même que post-Covid.
09:40On rappelle bien qu'à l'époque, les banques centrales avaient doublé la taille de leur
09:42bilan, la stimulation économique était absolument massive, il y avait une consommation
09:45revanchard de post-confinement, il y avait des matières premières qui accompagnaient
09:49effectivement tout ceci, mais l'ensemble des matières premières, les métaux, le cuir,
09:52tout partait à la hausse, et puis les salaires progressistes aussi, donc il y avait des boucles
09:55qui s'étaient mises en place, c'est pas du tout ce que nous avons actuellement, donc
09:58effectivement ce que disait Raphaël, il est urgent d'attendre, mais je pense effectivement
10:01les banquiers centraux, c'est un peu leur job de mettre en garde sur la vigilance, mais
10:04ce serait surprenant de les voir surréagir, même au bout de deux ou trois mois, je pense
10:08qu'il faut vraiment attendre, je pense, la fin du premier semestre pour commencer à
10:12éventuellement avoir bougé, si on voit que la chose s'installe, et moi je ne suis pas
10:15non plus convaincu que la situation au Proche-Orient dure six mois, voilà, j'ai plutôt l'impression
10:18que c'est quand même un phénomène qui va être assez court, comparé à ce qu'on a
10:21connu post-Covid.
10:22En tout cas, à court terme, des stimulus budgétaires reviennent, on a notamment l'Italie qui a
10:26annoncé une ristourne de 25 ou 30 centimes sur les prix à la pompe, via notamment
10:30des baisses de taxes.
10:329h47, on continue nos échanges dans un instant, juste avant un petit coup d'œil sur la séance
10:35du jour, avec un CAC 40 qui accélère à la baisse, moins 1,8% désormais,
10:407 830 points, le DAX à Francfort, c'est 2,3%, moins 2% de baisse également pour l'Eurostox
10:4650, Accor, c'est désormais 8,5%, avec des informations de presse qui évoquent que vous
10:52avez notamment un fonds qui s'est positionné à short, donc sur des positions vendeuses,
10:58notamment le fonds Grizzly Richards, on est désormais sous les 39 euros sur ce titre
11:02Accor.
11:03Les valeurs à suivre ce matin, Beneteau qui a publié ses résultats hier soir, année
11:072025 dans le rouge, moins 5%, à l'inverse, Deezer pour la première fois est dans le vert,
11:12pour la première fois depuis sa création, plus 9% pour ce titre Deezer à 1,20€, et
11:17puis du côté de Londres, vous avez HSBC qui fait l'actualité aujourd'hui, le titre
11:22cède un peu plus de 2%, alors c'est sûrement pas lié à cette nouvelle, mais vous avez
11:25Bloomberg qui évoque que le groupe envisage de supprimer 10% de ses effectifs, il s'agit
11:30quand même de plus de 20 000 personnes sur des fonctions support avec l'intelligence
11:34artificielle qui va peu à peu révolutionner un petit peu le métier de la banque.
11:39Le métier de la banque, oui, qui sera peut-être révolutionné avec l'intelligence artificielle,
11:43l'intelligence artificielle qui se tient bien en bourse, Raphaël Thuin, depuis le début
11:47du mois, alors certes hier le Nasdaq Composite a perdu un peu plus de 1,4%, mais depuis le début
11:53du conflit, depuis le début du mois, on perd 2% sur l'indice Nasdaq Composite, quand
11:58en Europe, on perd 7-8%, parce que Nvidia, finalement, on n'est pas dépendant des matières
12:02premières, on a des messages positifs encore hier soir de Micron, bref, est-ce que la
12:07tech n'est pas un petit peu immunisée à cette guerre ?
12:09Oui, c'est un des marqueurs de cette crise iranienne aussi, c'est qu'effectivement,
12:14on peut avoir deux facteurs explicatifs vis-à-vis de cette surperformance de la tech, première
12:19chose, les fondamentaux et les annonces récentes ont été très positives, on continue
12:24de voir, en termes de résultats, en termes de grandes annonces, beaucoup de nouvelles
12:28positives de ce point de vue-là, hier on a eu Micron, vous savez, qui est ce producteur
12:33de mémoire, en particulier pour l'intelligence artificielle, qui a eu des résultats extraordinaires,
12:38on est au-dessus des attentes, par une marge très significative, et tout ça confirme
12:42que cette tendance IA et ces dépenses IA continuent de ruisseler dans cette industrie
12:47tech et de favoriser ces entreprises, donc ça, c'est un facteur positif.
12:51Deuxième facteur positif, il est plus dû au contexte actuel, effectivement, à un
12:56moment où le marché est pris d'inquiétude sur l'économie réelle, le potentiel ralentissement
13:01du cycle, l'impact des prix de l'énergie sur l'économie, effectivement, il y a des
13:06secteurs qui sont globalement plus immunisés, en tout cas à l'ordre 1, vis-à-vis de la
13:12hausse de ces prix de l'énergie et ces tensions géopolitiques, c'est effectivement
13:14les secteurs de la tech, donc ça, ça a expliqué une forme de dérotation, pourquoi
13:19je dis dérotation, c'est qu'en fait, on voit une forme de retour, de débouclage
13:26finalement, d'un positionnement qui avait été très populaire jusqu'à présent, sur
13:31la fin 2025, tout début 2026, on voyait beaucoup d'investisseurs qui se repositionnaient sur
13:36les industriels, les cycliques, la value, l'Europe, les small caps, avec cette idée
13:43que le cycle était porteur, qu'il y avait de la croissance, il y avait du stimulus,
13:46et on avait vu ces secteurs beaucoup surperformer.
13:50Ces gagnants d'hier sont les perdants d'aujourd'hui. Dans la crise iranienne, on voit un débouclage
13:55assez important de ces valeurs-là, et on peut argumenter d'ailleurs que, quand on regarde
14:00les indices mondiaux, il y a des baisses significatives sur l'Iran, mais globalement,
14:04ça reste relativement contenu. Sectoriellement, certains de ces secteurs sont très lourdement
14:09punis. Les industriels en Europe, c'est plus de moins 10% de sous-performance, les banques
14:14c'est moins 10%, on va parler de l'immobilier. Donc ces secteurs qui étaient les gagnants d'hier
14:19dans cette rotation, en sont aujourd'hui les perdants, et donc par effet miroir, la tech
14:24elle en bénéficie.
14:26Vous avez envie d'accompagner ce mouvement sur la tech ? Le software se reprend, notamment
14:30depuis les inquiétudes sur cloud, sur notamment le remplacement de certains logiciels, c'était
14:37l'un des sujets au mois de février par l'intelligence artificielle. Point bas ou pas, on ne sait pas,
14:41mais en tout cas, ça s'est bien repris l'indice software aux Etats-Unis.
14:45L'indice software s'est repris effectivement d'un point très bas. Effectivement, cette tech
14:50est multiforme. Nous, on est très preneurs, très acheteurs de cette idée de l'accélération
14:55de l'IA, de l'accélération de l'adoption de l'IA, et de l'accélération des preuves
15:00concrète, des retours sur investissement de ces dépenses d'investissement. Donc ce
15:05scénario-là, c'est quoi ? C'est aller potentiellement se positionner sur les gagnants
15:09de l'IA, et ces gagnants de l'IA, très souvent, aujourd'hui, en tout cas pour certains d'entre
15:13eux, ils ne sont pas nécessairement très chers. On va parler d'NVIDIA, qui sous-performe
15:18maintenant depuis un certain temps, malgré des résultats extraordinaires, qui traite
15:21un multiple en ligne avec celui du S&P en termes de valorisation, à peu près
15:2521 fois les profits. On est revenu à un multiple de valorisation 2019, à un monde
15:33pré-ChatGPT qui nous semble être une éternité. Vous prenez la plupart des grosses tech américaines,
15:39les Amazon, les Microsoft, les Alphabet, beaucoup d'entre elles traitent à des multiples parmi
15:46les plus bas de leur histoire, en tout cas de leur histoire récente. Et encore une fois,
15:49on ne paye pas tellement plus cher que ce qu'on paierait le S&P. Donc si vous êtes acheteur
15:53de cette idée que oui, l'IA va accélérer, que l'IA est partie pour rester et pour impacter
15:58de manière très importante l'économie et la productivité, alors peut-être que certaines
16:04de ces valeurs constituent des points d'entrée.
16:06Alexandre Baradez, comment vous regardez ces GAFAM, ces sept magnifiques qui tiennent
16:10plutôt bien ?
16:11Ils tiennent plutôt bien, mais c'est vrai qu'il y a quand même une grosse divergence de
16:14trajectoire entre la plupart d'entre eux. C'est-à-dire qu'on a vu des Microsoft,
16:16on comprend pourquoi, la partie logicielle, risque de disruption ou autre, donc à des moins
16:1930% depuis le sommet, ce qui était effectivement sur des valeurs comme Microsoft assez incroyables
16:25de voir. Et puis face à ça, vous avez des alphabètes, vous avez des valeurs dans Apple
16:28qui sont un peu plus résilientes. Alors bon, mon sentiment, effectivement, je partage
16:31l'avis de Raphaël sur l'aspect un peu moyen terme, toujours disruptif de l'IA.
16:36Sur l'aspect court terme, je pense qu'on n'a pas encore eu ce phénomène qu'on appelle
16:38la capitulation. C'est-à-dire qu'on voit que le Nasdaq, depuis octobre, n'a pas marqué
16:43de nouveaux records. On a une phase qui était très très latérale. Et là, avec l'accélération
16:48d'un peu du risk-off qu'on a vu ces dernières 24-48 heures, on voit que le Nasdaq
16:52commence à retoucher un peu ces zones, là c'est technique, mais les zones support
16:55des derniers mois. Et la structure à la fois du SP500 et du Nasdaq, on a des structures
17:00dans le jargon, on appelle ça un peu des rounding tops, c'est-à-dire des sommets
17:03comme ça qui se forment sur une période plutôt longue, de plusieurs mois. Donc il n'y a
17:06pas de cassure violente. Et ça peut ressembler à un peu de distribution, c'est-à-dire
17:10des phases où on hésite, on hésite. À un moment donné, il faut que ça purge, peut-être
17:13des effets de levier qui doivent être sortis, des positions, des bails de dip qui ont peut-être été
17:17un peu trop agressifs régulièrement, avec des effets de levier qui se font un peu sortir.
17:20Et pour moi, on doit d'abord avoir cette phase un peu capitulante, un peu de purge, qui
17:24peut être d'une valeur de 10% par rapport au niveau actuel. Je pense que le Nasdaq, des
17:27points d'entrée qui commenceront selon moi à devenir plus appétissants, se trouvent
17:3010% sur le niveau actuel. Déjà actuellement, à long terme, on peut faire des positions,
17:34mais je pense qu'il prend quelques soldes un petit peu dans les jours et les semaines
17:37qui viennent, notamment par rapport à ce qui se passe sur les taux qui se retendent, le dollar
17:39qui se retend un petit peu, toujours lié à ce phénomène lié au Moyen-Orient.
17:44Donc pour moi, la volatilité n'a pas encore atteint un peu son paroxysme. Je ne pense
17:48pas qu'on peut avoir encore du 30% de baisse, mais je pense qu'on peut avoir facilement
17:515 à 10% de correction sur les US dans les jours et les semaines.
17:54Et en attendant cette éventuelle baisse, que faire ? Rester sur du monétaire, du cash
18:00ou plutôt privilégier d'autres indices ?
18:02Non, moi je trouve que par exemple, Raphaël a cité effectivement des corrections qui
18:05étaient un peu les bienvenus aussi sur l'Europe. Il y a des secteurs qui étaient un peu
18:07tendus comme les banques. On a eu deux années absolument stratosphériques en termes de performance
18:11boursière, j'entends. Donc quand vous avez 10-15% de baisse sur des beaux titres, je
18:14trouve que revenir très progressivement sur des indices européens qui ont un peu
18:18corrigé, du MIB italien, du DAX allemand ou autre, ça fait sens. Même si effectivement,
18:22vous vous rappelez, il y a quand même de la rotation d'abord, donc il faut tout de suite
18:25revenir sur les valeurs. Mais c'est vrai que l'Europe a plus corrigé que les US, donc
18:27j'ai tendance à dire que certains secteurs ont déjà pas mal purgé. Donc je serais
18:31assez d'avis, même s'il y a toujours du risque de volatilité à court terme. Mais revenir un peu
18:35sur l'Europe, sur les dips actuels sur l'Europe, ça me paraît de manière progressive, pas mettre
18:39tout son cash maintenant. Mais je serais un peu plus enclin à acheter un peu plus d'Europe
18:42maintenant et attendre que les US aient sort un peu plus avant de repartir.
18:46Le mot de la fin, Raphaël Thuin, l'Europe, vous continuez d'accompagner le mouvement ou
18:50comme vous l'avez souligné tout à l'heure, après la petite purge qu'on a eue depuis le
18:54début du mois, vous êtes prudent ?
18:56Alors globalement, on est prudent. C'est très difficile aujourd'hui de justifier, de réinvestir
19:00massivement dans le marché. Il y a trop d'incertitudes et le scénario du pire peut-être
19:05très mauvais pour le marché. Donc on ne se précipite pas. Les valos sont encore assez
19:09exigeants. Donc on ne peut même pas faire l'argument qu'à ces niveaux de valos, on
19:13peut fermer les yeux et penser à autre chose et investir. Donc on va être prudent et patient.
19:17En revanche, effectivement, il y a des choses à faire. Il y a des dislocations. Il y a des
19:21grands gagnants et des grands perdants. Vous parlez de la tech. Plus globalement, les US se
19:25tiennent. En revanche, oui, les surperformeurs d'hier sous-performent beaucoup aujourd'hui.
19:31Et peut-être que certains de ces mouvements sont un petit peu excessifs. On aime bien
19:34l'Europe. On pense que ce qui justifiait de se repositionner sur l'Europe reste d'actualité
19:40aujourd'hui. Et aujourd'hui, on peut le faire à en gros 10% plus bas. Et au sein de
19:44l'Europe,
19:44effectivement, certaines de ces valeurs cycliques, de ces secteurs plus industriels, ont beaucoup
19:50décoté. Même dans la défense, de manière assez contre-intuitive, on a vu certaines
19:55valeurs comme dry metal, qui était en baisse de 7% récemment, qui ont aussi beaucoup décoté.
20:00On a vu une forme de dégonflement du positionnement qui crée des opportunités. Je reviens aussi
20:07sur les banques. On en a remis dans les portefeuilles plus récemment. Donc, il y a des choses à
20:11faire, même si en termes de niveau de risque, on va être globalement très prudent et très
20:15patient.
20:16Merci à tous les deux. Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marché de capitaux chez Tiki
20:20et au capital, et Alexandre Baradet, chef d'analyste d'IG. 9h57.
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