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Ce mardi 31 mars, Christian Bito, professeur de finance à l'ESSEC, et Ronan Blanc, gérant obligataire chez Montpensier Arbevel, ont débattu sur la performance des différentes classes d'actifs durant ce mois de mars, ainsi que sur les effets économiques de la guerre en Iran, en soulignant l'augmentation historique du prix du baril de Brent, pour l'Europe et les États-Unis, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:01Deux acteurs de marché comme chaque jour à 7h avec en plateau ce matin Christian Biteau,
00:06professeur de finance à l'ESSEC. Bonjour Christian. Merci d'être là surtout avec
00:11Ronan Blanc, gérant obligataire chez Montpensier Arbevel. Bonjour Ronan. Bonjour.
00:15Content également de vous retrouver ce matin. Beaucoup d'actualités, un mois de mars rouge
00:20ou près sur toutes les classes d'actifs. Comment vous regardez un petit peu la performance des
00:25différentes classes d'actifs ? Aujourd'hui Christian Biteau, les indices actions ont perdu
00:28entre 8 et 12%. L'obligataire, on en reparlera dans un instant. Forcément avec la remontée des taux,
00:33c'était compliqué. L'or n'a pas fonctionné. Il y a le dollar qui a marché et un petit
00:36peu le bitcoin.
00:37Alors le dollar très légèrement depuis le début de l'année, c'est une appréciation de 3% mais ça
00:41a pris
00:41tout le monde à contre-pied. On voyait le dollar, ça allait aller tranquillement vers 1,25 voire 1,30
00:46pour les plus pessimistes, enfin les plus ceux qui pensaient qu'il avait vraiment baissé, contre-pied
00:51absolu. Le dollar joue un tout petit peu, peut-être pas le rôle de valeur refuge, mais en tout cas
00:55de repli
00:56des investissements parce que le conflit pourrait s'étendre et ça augmente l'anxiété et les craintes
01:02sur les marchés or Etats-Unis, repli donc ça a été favorable au dollar. Sur l'or, ça c'est
01:07un mouvement
01:08assez étrange tout de même, assez bizarre puisque à chaque fois que le baril de pétrole monte
01:12fortement, donc ça augmente les craintes sur l'activité, sur l'inflation, on en parlera précisément,
01:18puis l'or baisse. Normalement ça devrait servir de valeur refuge. Alors une interprétation possible
01:24consiste à dire qu'une hausse des cours du baril de pétrole entraînera une forte inflation qui
01:29entraînera une réaction à la hausse des taux d'intérêt des banques centrales. Or l'or produit
01:34zéro de rendement. C'est donc défavorable à la situation du placement en or parce que quand ça
01:38rapporte zéro et si les taux d'intérêt à court terme, les comptes à terme se mettent à rapporter
01:43beaucoup plus, ça serait défavorable. Alors ça pourrait expliquer ce mouvement un tout petit peu
01:47paradoxal de l'or qui baisse quand le pétrole monte. Les autres indices sont les giboulées de mars,
01:54c'est la période tout de même, et donc effectivement on a connu entre 7 et 8, 9, 10, 12
01:58%
01:59de baisse durant le mois de mars. Les indices qui ont été le plus touchés sont ceux qui avaient le
02:04plus
02:05d'avance, notamment la bourse japonaise, la bourse chinoise qui sont revenus à zéro, puis les autres
02:10marchés qui s'enfoncent en fait dans une baisse depuis le début de l'année. On est entre moins 4,
02:16moins 6%
02:16de baisse. Ça, c'est tout de même important de noter que c'est inférieur aux baisses que nous avons
02:20subies lors du dernier choc de 2022. C'est-à-dire lors du dernier grand conflit où la Russie est
02:26rentrée
02:26en Ukraine en février 2022, les baisses étaient tout de même de l'ordre de 10, 15, presque 18, 20
02:31%
02:32en espace à peu près d'un mois. Là, on est plutôt à moins 10%. Il n'y a pas
02:36eu de panique. Il n'y a pas
02:37eu de panique, ça se fait lentement, mais sûrement tout de même. Du côté du marché obligataire, comme l'a
02:42souligné aujourd'hui à l'instant Christian Biteau, Ronan Blanc, le fait que le pétrole
02:47soit au-delà des 100 dollars, qu'il ait gagné 80% depuis le début de l'année, a fait
02:52penser
02:52aux investisseurs que ça laisserait percuter sur l'inflation et donc que les banques centrales
02:55allaient devoir remonter leur taux. Bref, le marché obligataire a remonté. Ce qui fait
02:58qu'aujourd'hui, quelqu'un qui a acheté une obligation il y a un mois et a en moins
03:02valu l'attente. Alors ça dépend de quelles obligations, quel marché. Comment vous regardez-vous
03:06ce mois de mars sur la partie obligataire ?
03:08Ce qui est à noter, mais on l'a déjà souvent évoqué sur ce plateau, c'est qu'on
03:12considère que l'obligataire et les taux souverains sont une source de volatilité
03:17structurelle pour les marchés maintenant. Encore une fois, c'est bis repetita. Je crois
03:22que les différents indices, que ce soit le crédit ou les emprunts d'État, on doit
03:25être entre moins 2 et moins 4 en Europe sur le seul mois de mars. Donc c'est quand
03:31même une volatilité, une baisse qui est relativement significative. Il y a des réflexes
03:36post-Covid. Je pense que le vrai enseignement, c'est que les seuls aujourd'hui qui ont un
03:40petit peu la tête froide dans l'analyse, en fait, c'est les banquiers centraux, à
03:42qui on avait beaucoup reproché à la sortie de la crise Covid, d'avoir sous-estimé
03:47finalement l'impact inflationniste, les effets de second tour, etc. On est dans une
03:51configuration qui est différente. Aujourd'hui, ce qu'ils ont fait, c'est qu'ils ont
03:53laissé un petit peu les investisseurs s'emballer sur les anticipations de resserrement
03:59monétaire, en étant un petit peu vocables, en les accompagnant et en essayant de les
04:03piloter. Donc ça, c'est plutôt assez habile. Pourquoi ? Parce que ça permet finalement
04:07aux courbes de taux de ne pas se repentifier trop. Or, on sait pertinemment que nos économies
04:12sont sensibles surtout aux parties longues de courbes. C'est un petit peu moins vrai
04:16aux Etats-Unis, mais c'est quand même très vrai en zone euro. Et vu le niveau absolu
04:21des taux, on aurait pu imaginer finalement un effet un petit peu d'auto-entretien et un coup
04:26de frein plus significatif sur la croissance. C'est pas ce qu'on voit aujourd'hui. C'est-à-dire
04:29que les économies européennes, juste avant le choc, étaient plutôt en posture pour
04:35redémarrer. Donc ça veut dire que ce redémarrage, évidemment, il prend un petit coup de froid.
04:40Mais en attendant, on est en capacité à date d'encaisser ce choc-là. Et ce qui est
04:45actuellement pricé par les investisseurs, à savoir quasiment quatre hausses de taux de
04:4925 BP côté BCE d'ici la fin de l'année. Honnêtement, je pense qu'on ne les aura pas.
04:54Donc c'est une photographie à un instant T, à un moment où le baril est à des niveaux
04:59élevés. Et si je pouvais juste compléter sur l'or, parce qu'effectivement, ça surprend
05:03un petit peu tout le monde. Un truc qu'il ne faut pas oublier, c'est que les grosses
05:05banques centrales qui ont acheté de l'or ces dernières années sont souvent celles
05:09des pays qui vont avoir les dépenses militaires les plus significatives. Donc si on se dit
05:14que c'est un peu un wake-up call pour tout le monde et qu'il va falloir réarmer de
05:18manière significative certains États, la pioche naturelle quand les finances publiques
05:24sont déjà un petit peu tendues, c'est de vendre un petit peu de stock d'or.
05:263 à 4 hausses de taux pour cette année du côté de l'Europe. C'est vrai que ça
05:30paraît totalement excessif, non ?
05:32Pas sûr. En fait, tout sera un équilibre et c'est la difficile mission des banques
05:36centrales. La BCE et surtout la Fed entre l'inflation et la croissance économique.
05:41Si je reviens sur le calcul de l'inflation, si on se rappelle 2022, parce qu'on a quasiment
05:46exactement les mêmes chiffres aujourd'hui. Le cours du baril de pétrole avait augmenté
05:50de 100%. Il y avait doublé. Si je retrouve un cours au mois de février du baril de Brent,
05:54on était à 60 dollars. Hier, on était presque à 120 dollars. Donc on se retrouve avec une
05:59hausse, avec un choc sur le pétrole d'ampleur comparable. Et en 2022, ça va générer en fait
06:065% d'inflation de plus. En janvier 2022, l'inflation en zone euro était à 5%. En juin-juillet
06:132022, elle est passée à 10,1%. Mais la situation n'est pas comparable. Le calcul est
06:17très simple. Que ce soit sur le gaz, sur les salaires, sur... Si, elle est comparable
06:22parce que le poids du pétrole dans le calcul des indices de prix, c'est, j'arrondis les
06:26chiffres, c'est à peu près 5-6%. Donc 5% d'un élément qui augmente de 100%, ça fait
06:33plus 5%. Aujourd'hui, on les a. Mais on ne sait pas combien de temps ça va durer. C'est
06:37-à-dire
06:37si ce baril de pétrole va rester à 110, 115, 120 dollars pendant toute une année. En
06:42tout cas, on connaît l'estimation de la Banque centrale européenne. Elle est assez
06:48récente. Lors de sa dernière réunion, elle n'a pas dit que l'inflation va passer de
06:512 à 7%. Ses prévisions en 2026 ont été revues de 1,9% à seulement 2,6%. C'est
07:00-à-dire
07:00qu'elle considère très justement, vous l'avez dit, que la situation n'est pas comparable
07:04à 2022 parce qu'en 2022, on avait un problème de pénurie et de chaînes d'approvisionnement.
07:09La croissance en 2021 avait été exceptionnelle. 6% de croissance en France, 6,1% de croissance
07:15aux Etats-Unis. Donc il y avait un manque de tout, hausse des prix. Il y avait surtout
07:18un rattrapage à faire au niveau des salaires. Pas de hausse des salaires négociées pendant
07:22le Covid, 2020. 2021 s'est allé tellement vite que les salariés, quand on regarde avec
07:28le recul, les hausses de salaire moyenne étaient de l'ordre de 3 à 3,8%. Pas 6% de
07:33croissance.
07:34Et que peut faire la BCE face à un choc énergétique ? Ce n'est pas une hausse
07:37de taux qu'il va faire que demain ?
07:37Oui, mais je pense que la BCE va agir avec plus de sérénité, plus de calme parce
07:41qu'il n'y a pas les paramètres d'une spirale inflationniste telle qu'on pouvait les
07:45voir en 2022. C'est-à-dire que les salaires n'ont pas de retard par rapport à la croissance
07:48de l'année dernière. Il n'y a pas une forte pression salariale. Il commence à y avoir
07:52des ruptures dans les chaînes d'approvisionnement, mais donc une des grandes clés sera la durée
07:56du conflit. Quand la BCE a dit dans ses prévisions, Madame Lagarde l'a repris dans son discours,
08:00ça devrait durer au maximum 4 mois. Donc l'inflation, je la vois augmenter jusqu'à
08:042,6% et non 7% si on avait repris exactement le calcul de 2022. C'est beaucoup plus
08:09modéré.
08:10Donc pour vous, c'est plausible que la BCE remonte ses taux ?
08:13Elle remonte ses taux, mais certainement, oui, elle fera certainement un geste, mais peut-être
08:17pas 3 fois 0,25, c'est-à-dire pas 0,75 à 1% de hausse des taux courts.
08:21En tout cas,
08:22pour le moment, dans l'état actuel du conflit et en suivant ce que Trump devrait
08:26faire, c'est-à-dire se dépêcher de le résoudre avant les élections mid-term.
08:29Ronan Blanc, par rapport à ce scénario de hausse de taux, comment vous arbitrez vos
08:33portefeuilles ? Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, ces obligations, elles anticipent cette remontée
08:38des taux des banques centrales, mais aussi peut-être un risque de défaut sur certaines
08:43sociétés. Une prime de risque, c'est rajouté ?
08:45Alors, on a eu une réaction en deux étapes. Les taux souverains ont, dans un premier temps,
08:50corrigé de manière significative et les primes de risque crédit, elles, sont restées
08:53relativement stables. Il n'y a pas eu de contagion sur les premières semaines, on va dire,
08:58du conflit. Pourquoi ? Parce que les bilans sont globalement sains. Ce qu'ont fait les
09:02entreprises depuis 2-3 ans, c'est accélérer les pattes de refinancement, donc essayer de
09:06faire en sorte de rallonger le plus loin possible leur maturité moyenne de dette. Et encore
09:11une fois, nous, ce qui nous revient des discussions qu'on a avec les émetteurs, c'est que, encore
09:15une fois, depuis 2008, il y a quasiment une crise du siècle tous les 3 ans. Donc, ils
09:19s'adaptent et ils savent qu'il peut arriver un choc exogène de ce type. C'est toujours
09:23difficile à anticiper. Et donc, ils prennent les devants de plus en plus. Si on est dans
09:27un contexte, et là encore, c'est notre scénario central, on peut se tromper, mais
09:30où on a une dynamique de croissance qui faiblit, mais qui ne flanche pas, avec un peu
09:36d'inflation, mais pas trop, j'ai envie de dire, vous êtes plutôt à l'aise à investir
09:40sur du crédit, notamment sur du crédit européen. Encore une fois, c'est une prime à faire
09:43attention à la vigilance, à pas trop dépenser le vrai risque en début d'année. Souvenez-vous,
09:49on l'a peut-être un petit peu tous oublié, mais c'était un redémarrage trop significatif
09:52de l'économie américaine. À un moment, une Fed qui ne serait pas en mesure de baisser
09:56les taux, voire serait obligée d'être vocale face au trop de capex, de dépenses d'investissement
10:02liées notamment à l'IA. Aujourd'hui, on est revenu à une certaine mesure. Là, il y a eu
10:08une petite contamination sur les primes de risque crédit. Le marché des émissions nouvelles
10:13est bloqué, mais dès qu'il va se débloquer, on aura de nouveau des primes attractives
10:16et des coupons à aller chercher qui seront intéressants.
10:20– Mais pour l'instant, c'est trop tôt ?
10:21– Alors, on peut commencer. Je pense que les gens sont globalement quand même investis
10:25sur la partie crédit. Ils ont compris maintenant depuis deux ans que s'il y a une classe d'actifs
10:28sur laquelle il y a quand même de la visibilité sur les flux futurs, c'est quand même celle-là.
10:33Le poids a été augmenté de manière stratégique chez pas mal de clients, notamment chez les
10:38clients institutionnels, mais il y a encore beaucoup de cash à investir. Il y a encore
10:41beaucoup de tombés et je pense que les gens y réfléchissent à trois fois avant de redéployer
10:46sur les dettes souveraines. Il y aura, si ça continue, quand même un petit peu de concurrence.
10:50C'est-à-dire qu'il y a des flux qui sont allés se placer sur les marchés émergents.
10:54Il est évident aujourd'hui que les marchés émergents qui étaient jusqu'à présent
10:57ont relativement protégé, notamment sur la partie corporate. Il faut avoir en tête
11:00qu'un gros corporate émergent, quand il y a un risque de défaillance, c'est les
11:04agences supranationales, donc globalement l'État, qui vient un peu au secours.
11:08Si l'État commence à avoir des problématiques de refinancement, là vous avez un problème
11:11de recouvrir. Il n'y a pas du tout ça en Europe. C'est vrai que le rester à la
11:16maison
11:16aujourd'hui, c'est plutôt du bon sens qu'on soit investisseur américain ou investisseur
11:21européen. Donc je pense que les flux qui sont partis vers les émergents, dans le meilleur
11:24des cas, ça va s'arrêter. Peut-être qu'on pourrait avoir un petit peu de retour
11:29à la maison, notable de ce point de vue-là. En tout cas, c'est un petit peu notre scénario
11:34pour les prochains mois.
11:35Sur les grands indices boursiers mondiaux, Christian Biteau, on est sur des baisses,
11:38vous l'avez souligné en préambule, de 7 à 12%. Alors quand j'entends sur ce plateau,
11:42on me dit que ça n'a pas assez baissé pour revenir et en même temps c'est trop tard
11:45pour vendre. C'est quoi à vous aujourd'hui votre délai ?
11:47Il faut éviter les grands mouvements. C'était un peu la position qu'on a prise au début
11:51du marché, c'est d'essayer de faire des mouvements à la hausse ou à la baisse.
11:53Vous voyez bien par exemple le baril de pétrole, entre hier matin où il commençait
11:57à la hausse, dès le milieu de la journée il commençait, ça baisse. Ce matin il baisse
12:01encore parce que Donald Trump a dit qu'il accepterait même une fin du conflit, même
12:05sans la réouverture du détroit d'Hormuz. Ça bouge tellement que tout mouvement spéculatif
12:09ou prise de position trop marquée devient maintenant risqué. Donc il faut rester globalement
12:14investi et éviter, puisqu'on est dans le cadre d'un conflit militaire sur le terrain
12:18où les nouvelles s'enchaînent à une vitesse incroyable, éviter de bouger trop
12:21rapidement. Pour le moment, effectivement, on a un scénario où l'inflation est en train
12:25de monter. Les chiffres sont sortis ce matin par exemple pour la France. À l'évidence,
12:29bien entendu, les prix de l'énergie montent, les prix des transports grimpent, les indices
12:33d'inflation vont grimper. Mais si on regarde l'inflation allemande, qui a aussi monté
12:37en mars, on constate que l'inflation corps, c'est-à-dire hors prix de l'énergie et
12:41des matières agricoles, reste stable. Là aussi, c'est un indicateur qui nous montre
12:46qu'on n'a pas la situation de l'enclenchement d'une spirale inflationniste, en tout cas pour le
12:50moment, comme en 2022, ça devrait être un tout petit peu plus rassurant. Donc on reste
12:54calme par rapport à cette situation et on regarde de près le booking index. Ah, je vais
13:00vous apprendre un truc. Alors, nouveau petit gadget qui occupe les traders sur les marchés,
13:05le booking index. On avait souvent parlé ici du pizza index, c'est-à-dire la mesure
13:10des commandes de pizza au Pentagone, à Washington, le soir, en se disant « s'il y a beaucoup de
13:16commande toute la nuit », ça veut dire que le Pentagone est en train de préparer une
13:19intervention, ça avait fonctionné lors de l'été dernier, lors de l'intervention du
13:22mois de juin. Aujourd'hui, ce qu'on regarde, c'est assez facile, vous allez sur le site
13:26Booking, pardon, pour la publicité, puis vous regardez les réservations d'hôtels dans
13:30la petite ville charmante d'ailleurs, allemande, fin fond de l'Allemagne, qui s'appelle
13:33Rammstein. Rammstein, c'est la principale base américaine en Europe, c'est celle qui sert de
13:39transit pour les gros cargos, les gros transporteurs, l'armement et surtout les troupes
13:44militaires. Et donc, lorsqu'il y a des transferts, en fait, des États-Unis vers la zone du Moyen-Orient,
13:51il y a généralement un arrêt de ces gros porteurs à la base de Rammstein, ce qui fait
13:55que tous les hôtels tout autour se retrouvent d'un seul coup totalement surbookés, parce
14:00que ce n'est pas une région très touristique, pour un week-end, je ne vous la recommande
14:02pas trop, c'est à une centaine de kilomètres au nord du Luxembourg, mais le peu d'hôtels,
14:07la capacité hôtelière est rapidement saturée et effectivement, il y a une dizaine de jours,
14:11on avait repéré sur Booking que tous les hôtels étaient surbookés, ce qui est absolument
14:16incroyable, parce que je ne vous souhaite pas un week-end à Rammstein en ce moment, avec
14:19le temps qu'il fait, il pleut, il fait très froid, mais tous ces hôtels sont archi-complets,
14:23ce qui veut bien dire qu'ils se préparent. Et donc là, on rentre dans l'inconnu, éventuellement,
14:28une intervention terrestre des troupes américaines. Et à partir de là, grand point d'interrogation,
14:34c'est pour ça que sur ce que vous pensez sur l'investissement, est-ce qu'il faut l'aller
14:37par y aller maintenant ? Il faut rester à peu près calme, pas prendre des positions trop marquées,
14:41parce que si on rentre sur le terrain, la compétence de nous, spécialistes financiers
14:46ou d'économie, ce n'est plus ce qui peut se passer.
14:49Renan Blanc, le mot de la fin, aujourd'hui, sur cette situation, sur les allers-retours
14:53de Donald Trump, comment vous arbitrez ? Comment vous arrivez à vous placer au milieu
14:57de tout ce bruit ?
14:58Si on est vraiment pessimiste, de toute façon, il n'y a nulle part où se cacher.
15:01On l'a dit, alors, ce n'est pas véritablement valeur refuge, les taux souverains non plus,
15:04donc c'est le cash.
15:05Le monétaire, oui.
15:06Voilà, donc bon, ça ne fait pas rêver énormément de gens, surtout si on dit que les hausses
15:10de taux BCE vont vraiment être cantonnées à une voire deux grands max.
15:16Encore une fois, j'essaye de faire le tri, de voir là où j'ai un temps soit peu de
15:20visibilité.
15:22Donc, la zone européenne, parce que, mine de rien, on a démarré à l'aube de ce conflit
15:28avec une posture, on était quand même en phase un petit peu de redémarrage.
15:32Donc, même si ça va se calmer, entre guillemets, les salaires réels, pour l'instant, sont un facteur
15:38de soutien, y compris d'ailleurs aux États-Unis.
15:41Je pense qu'il y a, à travers des dépenses d'investissement qui sont là, qui ne peuvent
15:46pas s'arrêter parce qu'il n'y a rien à faire.
15:46Parce qu'à la fin, oui, ce n'est pas les États-Unis qui gagnent.
15:48On l'a encore vu hier, Jérôme Poil était une nouvelle fois très accommodant, contrairement
15:52à la BCE.
15:52Il n'est pas question de relever les taux à court terme pour la Fed.
15:55Alors, il est dans cette posture-là et honnêtement, ils font preuve d'un sang-froid qui est louable.
16:00Ils ont appris, je pense, encore une fois, de la sortie post-Covid qu'ils avaient globalement
16:04plutôt mal gérée.
16:06Personne ne parle des déficits aux États-Unis qui vont encore flamber avec cette énième
16:10intervention militaire.
16:12Je pense, encore une fois, que dans l'organisation des dépenses, aujourd'hui, l'Europe a
16:18une petite carte à jouer, clairement.
16:21Le crédit, le crédit à Yield Européen, on est autour de 6%.
16:25Vous n'êtes pas inquiets sur le défaut ?
16:27Comment ?
16:27Le risque de défaut ?
16:29Aujourd'hui, honnêtement, il est assez cantonné.
16:31Il y a beaucoup plus de dispersion de performance que l'année dernière.
16:33Ça, c'est clair.
16:34Donc, il faut plutôt privilégier les gestions actives dont on fait partie.
16:36On n'est pas les seuls, évidemment.
16:38Mais, encore une fois, les entreprises ont pris les devants.
16:43Ces incertitudes sont synonymes de prudence pour les émetteurs et les entreprises.
16:47Et prudence, c'est un mot que nous, créanciers, on aime bien.
16:50Parce que ça veut dire, encore une fois, qu'on ne va pas céder aux sirènes du M&A.
16:53Que quand vous avez un actionnaire qui vous pousse à la dépense, vous y réfléchissez
16:57à trois fois avant de le faire.
16:58Donc ça, c'est une posture assez conservatrice que nous, on aime bien.
17:01Parce que, par définition, in fine, ça veut dire que les taux de défaut vont rester bas.
17:05On est au bout.
17:06Ronan Blanc, gérant obligataire chez Montpensier Arbevel et Christian Biteau, professeur de finances à l'ESSEC.
17:10Le CAC 40 accélère.
17:11Alors qu'il était stable à l'ouverture, il gagne désormais 0,6% au-delà des 7800 points à
17:167821 points.
17:18Capgemini, Vinci et Fâche sont les trois plus fortes hausses.
17:20Alors qu'à l'inverse, Total Energy, qui a franchi un plus haut historique hier, fait une petite pause.
17:24Tout comme les cours du pétrole qui se stabilisent ce matin à 106 dollars pour le Brent et 102 dollars
17:29pour le WTI.
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