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  • il y a 11 heures
Ce mercredi 18 mars, les effets de la hausse du prix du pétrole aux États-Unis et en Europe ont été comparés par Julien Marcilly, chef économiste de Global Sovereign Advisory, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Pour parler de la situation macroéconomique, c'est Julien Marsili qui nous accompagne ce matin,
00:06chef économiste de Global Southwain Alvizowi.
00:08Bonjour Julien Marsili, merci d'être avec nous ce matin pour nous aider à comprendre un petit peu les mécanismes
00:13de marché,
00:14puisque depuis le début de ce conflit, on entend de ça et là, notamment sur ce plateau,
00:18mais pas que, que les États-Unis résistent mieux à l'envolée des cours du pétrole que par exemple l
00:26'Asie ou par exemple l'Europe.
00:28Néanmoins, quand vous regardez ce matin le WTI, nous sommes à 93 dollars,
00:32donc on est quand même sur une hausse de plus de 50% depuis le début de l'année.
00:35On a des prix à la pompe aux États-Unis qui, dans certains États, frôlent les 4 dollars le galon.
00:39On est sur des plus hauts quand même de 2023.
00:42Tout cela n'est pas neutre quand même pour les États-Unis, Julien Marsili ?
00:46Oui, bonjour Étienne. Tout à fait, c'est une excellente question.
00:50C'est vrai qu'à première vue, on peut penser un peu de manière simpliste que le choc est plus
00:57fort pour l'Europe.
00:58puisque, comme tout le monde sait désormais, l'Europe s'approvisionne davantage que les États-Unis au Moyen-Orient,
01:05notamment en matière énergétique.
01:08Or, quand on regarde les variations un peu d'anticipation de taux directeurs des banques centrales,
01:16finalement, entre la Fed et la BCE, depuis le début du conflit, ça a à peu près varié dans les
01:23mêmes proportions.
01:23C'est-à-dire que, pour la Fed, il était anticipé, avant le début du conflit, entre deux et trois
01:29baisses de taux d'ici un an.
01:32Désormais, une seule, comme vous le disiez il y a quelques instants.
01:36Et puis, pour la BCE, auparavant, il était anticipé un statu quo.
01:42Et désormais, il y a même une hausse de taux qui est anticipée.
01:46Alors, ces variations qui sont à peu près de même ampleur, en fait, ce n'est pas si surprenant que
01:52ça.
01:54Comme vous le disiez, en effet, certes, les États-Unis s'approvisionnent moins au Moyen-Orient en énergie,
02:00mais le marché pétrolier reste un marché qui est très mondialisé.
02:03C'est la raison pour laquelle le prix du Brent et le prix du WTI pour le pétrole
02:09ont varié à peu près dans les mêmes proportions depuis le début du conflit.
02:13Vous ajoutez à ça le fait que les structures économiques sont assez semblables.
02:17Donc, ça veut dire aussi que le poids, par exemple, de l'énergie dans l'indice des prix à la
02:21consommation,
02:22donc dans le budget des ménages aux États-Unis, est à peu près le même qu'en zone euro.
02:27Alors, il y a quelques petites différences.
02:30C'est autour de 6% aux États-Unis, quand c'est plus entre 7 et 8% en Allemagne
02:35et en France.
02:36Mais ça reste comparable.
02:38Et puis, même chose côté entreprise.
02:41Finalement, les secteurs d'activité qui sont les plus touchés par cette hausse des coûts de l'énergie
02:46sont à peu près les mêmes de part et d'autre de l'Atlantique.
02:49La métallurgie, le plastique, la chimie, l'agroalimentaire sont à chaque fois les entreprises
02:56qui sont très consommatrices d'énergie.
02:58Donc, ça se ressemble en fait à la fois aux États-Unis et en zone euro.
03:02Au point même que la Fed, qui était très attendue en début d'année sur des baisses de taux,
03:08aujourd'hui, le marché, notamment le baromètre FedWatch, qui calcule un petit peu les anticipations de baisse de taux,
03:13ne voit plus qu'une baisse de taux d'ici le mois d'octobre.
03:17Donc, on a quand même un marché qui n'est pas dupe, qui voit très bien que l'inflation va
03:21galoper aux États-Unis dans les prochaines semaines.
03:23On voit même certaines anticipations qui montrent 3% d'inflation.
03:27Alors, tout dépend bien sûr de la durée de ce conflit aux États-Unis.
03:30Donc, forcément, ce n'est pas neutre.
03:33Oui, en effet, c'est pour ça qu'on est un peu dans une situation d'entre deux.
03:37D'un côté, les pressions inflationnistes étaient déjà assez présentes aux États-Unis avant le début du conflit.
03:45L'inflation n'était pas retombée au même niveau, par exemple, qu'en zone euro.
03:51Et il ne faut pas négliger le fait, effectivement, que la composante énergie va pousser ses prix à la hausse.
03:58Mais de l'autre, il n'y a pas non plus de raison d'être très pessimiste,
04:03puisqu'il faut quand même garder à l'esprit que le marché du travail est aujourd'hui moins tendu aux
04:09États-Unis
04:10qu'il ne l'était, par exemple, en 2021-2022.
04:13On sort quand même d'une période au cours de laquelle le taux de chômage a augmenté progressivement.
04:20C'est plus un point de pourcentage depuis un an.
04:23Donc, ça aussi, ça offre quand même certaines marges de manœuvre pour la Fed.
04:28Et ce qui lui permettra sans doute d'avoir une communication assez équilibrée
04:32entre, d'un côté, certes, des pressions inflationnistes temporaires,
04:37mais de l'autre, une situation sur le marché de l'emploi qui est moins tendue
04:42qu'elle ne l'ait été il y a encore deux ou trois ans.
04:45Et donc, ça veut dire moins de risques de pression salariale plus forte dans les mois à venir.
04:50102 dollars pour le baril de Brent, 93 dollars pour le WTI,
04:54assure donc ce soir la réunion de la fête de la Banque Centrale Américaine.
04:58Avant la BCE, demain, nous parlerons d'ailleurs de ce contexte monétaire
05:02dans une demi-heure avec Florian Roger de BNP Paribas CLB et Vincent Juvins de ING.
05:06J'ai juste avant un mot des pays émergents, car là aussi, ils sont en première ligne,
05:11que ce soit à travers la remontée des cours des matières premières,
05:16mais aussi et surtout des engrais, des matières agricoles.
05:18On a l'ONU, notamment hier, qui a tiré la sonnette d'alarme sur l'insécurité alimentaire.
05:24C'est vrai que ce sont des pays qui sont en première ligne.
05:27Tout à fait. C'est sûr que le premier réflexe en ce moment, pour nous,
05:30c'est de parler du choc lié au prix énergétique.
05:33Il ne faut pas le sous-estimer.
05:35Et d'ailleurs, il est à peu près du même ordre pour les pays émergents et en développement,
05:38parce qu'en moyenne, l'énergie contribue à peu près à la même proportion
05:43de l'indice des prix à la consommation, que ce soit dans les pays en développement
05:47ou dans les économies matures.
05:49En revanche, ce qui change, ce sont sans doute les effets retardés qu'on observera
05:55à partir de la rentrée en ce qui concerne les prix de l'alimentation.
05:59Pourquoi ? Parce qu'il y a une forte partie du commerce mondial d'engrais
06:06qui transite par le détroit d'Hormuz, puisque beaucoup de pays du Moyen-Orient
06:10sont devenus ces dernières années producteurs d'engrais.
06:14Et donc ça, ça veut dire des effets de second tour très importants,
06:17notamment pour des pays asiatiques qui produisent des denrées agricoles.
06:22On pense notamment à l'Inde, mais pas que.
06:24La Thaïlande, le Pakistan, qui sont de grands producteurs de riz
06:27et qui ont déjà alerté sur les risques quant à la production de la prochaine saison
06:32qui sera commercialisée à la rentrée.
06:35Or, on sait que c'est la première denrée consommée dans beaucoup de pays en développement,
06:39notamment en Asie et en Afrique.
06:42Or, vous prenez en moyenne, c'est très variable,
06:45mais l'alimentaire, dans l'indice des prix à la consommation totale,
06:49c'est entre 20 à plus de 50 %.
06:51Donc c'est quelque chose de colossal dans le budget,
06:55dans le panier des consommateurs moyens de ces pays-là.
06:59Donc c'est très clairement le principal risque à surveiller.
07:02Ça devrait intervenir à partir de la rentrée,
07:05mais il faut se souvenir de ce qui s'était passé en 2022-2023.
07:09La majeure partie des pressions inflationnistes dans les pays émergents
07:13résultait non pas des pressions à la hausse sur les prix de l'énergie,
07:17mais plutôt de celles sur les prix alimentaires.
07:19Merci beaucoup, Julien Mercier, nous a accompagnés ce matin.
07:21Je rappelle que vous êtes chef économiste de Global Southwind Advisory,
07:24à suivre donc la Fed et la BCE, et également la Banque du Japon.
07:28J'avais oublié la Banque du Japon qui va se réunir demain.
07:31Sanaï Takachi qui sera également du côté des États-Unis.
07:35Rencontre avec le président Trump à la Maison-Blanche ce jeudi.
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