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  • il y a 11 minutes
Ce jeudi 2 avril, les indicateurs publiés hier aux Etats-Unis, notamment sur la consommation et l'industrie, ont été abordés par Michel Martinez, chef économiste Europe chez Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Juste avant, un petit focus sur la macro, avec ce matin Michel Martinez, le chef économiste Europe de Société Générale
00:06CIB.
00:07Bonjour Michel Martinez, merci de nous accorder quelques minutes ce matin.
00:11Dans un instant, nous allons parler de vos scénarios chez Société Générale CIB en ce qui concerne la BCE,
00:17puisqu'on voit depuis quelques semaines maintenant que le marché est un petit peu perdu en ce qui concerne les
00:23anticipations de hausse de taux.
00:25Juste avant, un petit mot quand même sur les États-Unis.
00:27Quelle est la leçon des derniers indicateurs qui ont été publiés hier, que ce soit sur la consommation,
00:32mais également sur la partie industrielle avec la publication de l'ISM ?
00:37Oui, et puis on a le marché du travail également.
00:40Alors, je pense qu'en ce qui concerne la demande interne, la consommation, on a la confirmation qu'elle se
00:47tient très bien au premier trimestre,
00:50qu'elle est sur le rythme de fin d'année.
00:53Donc on va avoir une bonne croissance de la consommation.
00:57Il y a plusieurs raisons à ça.
00:58En particulier, l'effet de la politique budgétaire.
01:04Il y a le contre-coup de la fermeture du gouvernement au quatrième trimestre,
01:10donc la réouverture au premier trimestre, et ça fait un peu plus d'argent pour les fonctionnaires.
01:14Et puis surtout, la big body food bill, on estime que les chèques envoyés aux ménages sont,
01:19qu'elles rentrent à 50% supérieurs à l'habitude.
01:21Donc ça, ça soutient la consommation.
01:23Ça, c'est le premier point.
01:24En ce qui concerne le secteur manufacturier, l'indice ISM était finalement assez correct.
01:36Il y a même un sentiment que la demande est en train de s'améliorer.
01:42Je pense que c'est assez pareil, conforme à ce que je viens de dire sur les éléments de soutien
01:46à l'activité en ce début d'année.
01:50Ce qu'on observe aussi, et ça c'est intéressant, c'est le début du mois, c'est le mois
01:55de mars.
01:55Donc c'est les premiers effets du choc pétrolier.
01:58C'est qu'il y a des pressions sur les prix qui commencent.
02:03On a les niveaux de prix anticipés ou d'inflation anticipée qui sont les plus élevés en mars 2026 depuis
02:102022.
02:12Et puis on a les premiers signes de contraintes sur le goulot d'étranglement.
02:20Et alors ça, c'est vraiment des signaux que les banques centrales vont garder avec beaucoup d'attention.
02:26On a observé à peu près la même chose aussi en Europe la semaine dernière et cette semaine.
02:32Dans les surveys, les premières pressions sur les prix, les premières contraintes sur l'approvisionnement.
02:38Donc attention, c'est plutôt des signaux haussiers du côté des banques centrales.
02:44Et puis dernier point sur le marché du travail.
02:47Le marché du travail se porte à l'air de réaccélérer.
02:52Alors ce n'est pas des chiffres de croissance d'emploi stratosphériques.
02:55Mais on va avoir demain les chiffres de nom de femme parole report.
03:03Nous, on s'attend à 75 000 créations d'emplois.
03:06Par rapport à il y a 2-3 ans, c'est beaucoup moins.
03:09Mais probablement que c'est suffisant maintenant, compte tenu de la démographie,
03:14pour faire baisser le tout ce qu'on a.
03:15Les enquêtes régionales n'ont jamais été aussi bonnes sur l'emploi, depuis le milieu 2024,
03:24donc des fêtes régionales.
03:27L'enquête ADP a confirmé ça, donc plutôt une amélioration du marché du travail.
03:33Encore une fois, des signaux qui ne sont pas de nature à ce que la fête,
03:37baissent les taux plutôt en continuant les pauses.
03:40Et puis les marchés peuvent vraiment commencer à anticiper des hausses de taux.
03:47Et pourtant, dans l'enquête ISM publiée hier, la partie emploi était sous les 50.
03:51Elle était en contraction.
03:52Ça montre quand même que dans l'industrie, il y a soit des suppressions de pauses,
03:55soit des gels d'embauche.
03:56Une situation qui est quand même en demi-teinte sur le front de l'emploi, Michel Martinez.
04:02Oui, mais il n'y a pas que le secteur manufacturier, il y a l'ensemble de l'économie.
04:08Et quand on regarde l'ensemble de l'économie, quand vous agrégez l'ensemble des enquêtes régionales,
04:17vous savez, il y a plein plein d'enquêtes régionales, la situation, l'emploi s'améliore.
04:25On verra demain, vous verrez demain, mais ça s'améliore.
04:28À confirmer donc demain avec les chiffres du ministère du Travail,
04:33des chiffres qui seront publiés demain comme chaque premier vendredi du mois,
04:36malgré donc l'absence de séance du côté de Wall Street.
04:40Du côté de la zone euro, quels sont vos scénarios chez Société Générale CIB en ce qui concerne la BCE
04:45?
04:45Parce qu'on voit désormais qu'avec cette guerre en Iran, il y aura sûrement plus d'inflation et moins
04:50de croissance.
04:51Oui, alors ça c'est vraiment le message, je pense, principal à avoir.
04:55C'est qu'à moins d'envisager des scénarios vraiment, vraiment extrêmes,
05:01la plupart des experts du marché du pétrole estiment qu'ils sont extrêmement peu probables,
05:07où les prix du pétrole restent du règlement très élevé,
05:11par exemple au-dessus de 130-150 dollars le baril pendant de très nombreux mois,
05:17à moins d'envisager ce type de scénario-là.
05:21Donc si on envisage une réouverture du détroit d'embout dans les prochaines semaines, les prochains mois,
05:27le message principal pour l'Europe, c'est qu'il y aura un impact sur l'inflation
05:32qui va être 2,5 à 3 fois supérieur sur la croissance.
05:37Pour faire simple, si la croissance du PIB,
05:42elle est révisée à la baisse de, en cumulé sur deux ans, de 0,5 points,
05:49c'est un petit choc en rien, qui n'empêchera pas l'Europe de continuer à croître,
05:54l'inflation elle est révisée de 1,5 voire plus de points.
05:59Donc pour la Banque centrale, ce choc-là, il est beaucoup plus inflationniste que récessionniste.
06:04Donc c'est un biais clairement haussier.
06:09Je crois qu'il faut vraiment ne pas craindre un scénario de stagflation,
06:14un scénario encore moins de récession pour la zone euro.
06:19Et dans ce contexte, que peut faire la BCE ?
06:21Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, le marché, notamment sur la partie taux,
06:26anticipe 2 à 3 hausses de taux.
06:28Donc c'est quand même un scénario qui est assez violent
06:31pour notamment les taux directeurs de la BCE.
06:35Comment vous vous placez, vous, aujourd'hui, Michel Martinez ?
06:38Alors nous, on a deux hausses des taux.
06:42Vous dites violent, le taux d'intérêt, il est à 2% aujourd'hui.
06:46C'est dans le sens où il y a un mois et demi, on parlait de baisse de taux,
06:49et aujourd'hui, le marché se met à penser qu'il y aura trois hausses de taux.
06:52Donc on passe de moins 1 à moins 2 à plus 3.
06:54C'est assez violent quand même.
06:55Ah oui, le marché, il bouge beaucoup.
06:58Les anticipations de marché, on parlait de...
07:00Il y a eu un moment, effectivement, il y avait eu un peu moins d'une baisse des taux
07:05qui était pricée, mais là, il y a un changement quand même.
07:08Il y a un choc pétrolier.
07:11L'idée, c'est qu'aujourd'hui, on est proche de ce qu'on appelle le taux neutre,
07:14une politique monétaire qui est neutre, en tout cas avant le choc.
07:18Et les estimations, il y a un peu d'incertitude de ce que c'est
07:22qu'une neutralité de la politique monétaire.
07:24Mais on peut estimer que tant qu'on est en dessous de taux d'intérêt de 2,5,
07:30la politique monétaire n'est pas très restrictive.
07:33Et puis, là, avec l'inflation, les taux d'intérêt réels qui va venir,
07:38les taux d'intérêt réels, vont baisser.
07:42Donc il y a matière à la BCE de remonter les taux au moins de 50 points de base.
07:52Et la raison pour ça, encore une fois, c'est ce que je dis,
07:54c'est que le choc, il est beaucoup plus inflationniste que stagfationniste.
07:58Et donc, si on veut contrôler les effets de second tour potentiels,
08:03il faut remonter les taux.
08:06Merci beaucoup, Michel Martin.
08:09Chef économiste, Europe de Société Générale, CIB,
08:12pour décrypter à chaud les derniers indicateurs aux États-Unis
08:15et vos scénarios en ce qui concerne la BCE et la zone euro.
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