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  • il y a 1 semaine
Ce mercredi 4 février, l'écart de taux entre la France et l'Allemagne, qui est sur des plus bas de juin 2024, a été abordé par Jean-Baptiste Pethe, chef économiste chez AG2R La Mondiale, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Écart de taux entre la France et l'Allemagne qui est sur des plus bas de juin 2024.
00:04Nous sommes précisément à 56 points de base ce matin pour aborder ce sujet.
00:10C'est Jean-Baptiste Pet, chef économiste de AG2R La Mondiale qui nous accompagne.
00:13Bonjour Jean-Baptiste Pet, merci d'être avec nous.
00:16En effet, on a quand même une belle détente du 10 ans français ces dernières heures.
00:21Comment vous l'expliquez ? Est-ce l'apaisement des craintes autour du budget ?
00:26Est-ce l'inflation qui est sur des plus bas de 2020, qui participe à voir le 10 ans français ce matin se tasser sous les 3,5% ?
00:34Nous sommes à 3,46.
00:37Je crois qu'il y a plusieurs choses.
00:39La première, c'est que le marché est à la recherche de rendement, tout simplement, avec des spreads de crédit qui sont très bas.
00:46Par exemple, sur le segment entreprise, on est au plus bas historique depuis au moins 15 ans.
00:51La deuxième chose, c'est que l'écart entre l'Allemagne et les restes de l'Europe se réduit, avec une Allemagne qui se met à faire un plan de relance énorme.
01:01Dans l'endettement, on va probablement augmenter de 20 points de PIB sur 10 ans.
01:06Ça, c'est le contexte.
01:07Et après, il y a les bonnes nouvelles françaises, avec une croissance qui a mieux tenu qu'anticipé, 0,9 points de PIB en 2025.
01:14Certains conjoncturistes s'attendaient à 0 à l'issue de la dissolution de l'Assemblée en 2024.
01:22Puis, on a aussi une réduction des déficits qui a été meilleure qu'anticipée.
01:25On sera sans doute un peu plus proche de 5% en 2025 que la cible de 5,4%, et donc peut-être à 5%, voire en dessous en 2026.
01:35Et les économistes s'attendaient à un chiffre très mauvais pour 2026.
01:38On était à 5,4% encore il y a quelques mois.
01:40Donc, tout cela participe à un environnement assez favorable sur le spread obligataire français.
01:46Bien sûr, maintenant, la question, ça va être l'élection de 2027.
01:49Est-ce qu'on peut garder ce spread ?
01:51Est-ce qu'on peut se projeter sur une dynamique aussi forte ?
01:54Et ça, c'est moins sûr.
01:56Inflation, donc 0,3% sur un an en France le mois dernier, en janvier.
02:01Une inflation qui, comme toujours, à 0,3% comporte des phénomènes positifs,
02:06et puis à l'inverse, des phénomènes négatifs.
02:08Dans les éléments positifs, il y a peut-être un gain de compétitivité pour la France grâce à une inflation faible ?
02:15Oui, c'est sûr.
02:16Ça fait déjà depuis 7-8 ans que l'inflation française est en dessous de l'inflation de la zone euro.
02:23Donc là-dessus, la France est en train de regagner en compétitivité prix.
02:28Ça, c'est plutôt une bonne nouvelle.
02:30Après, c'est aussi le reflet d'une dynamique économique moins bonne, tout simplement.
02:35On a un marché de l'emploi en France qui s'est détérioré depuis 2 ans et demi,
02:40une hausse du taux de chômage de 0,6 points,
02:43alors qu'au même moment, en zone euro, le taux de chômage avait plutôt tendance à baisser.
02:48Donc les dynamiques salariales sont très différentes.
02:51Et donc la France fait, en 7-8 ans, ce que les pays périphériques avaient fait de manière extrêmement brutale
02:58au début des années 2010, c'est-à-dire une inflation plus faible et un regain de compétitivité.
03:04Il y a également l'euro qui aide la France dans ses exportations à l'international, peut-être ?
03:09Enfin, ça dépend des situations.
03:11On se retrouve à 1,18 ce matin.
03:13Là aussi, les forces, les faiblesses d'un euro-dollar à 1,18.
03:16Est-ce qu'il faut s'en inquiéter ?
03:17On va dire qu'en soi, 1,18, ce n'est pas un niveau complètement inquiétant.
03:24On est à peu près à des niveaux autour des fondamentaux pour l'euro-dollar.
03:30Après, il faut éviter que l'euro s'apprécie trop rapidement
03:33pour éviter que l'inflation soit durablement en dessous des 2 %.
03:39Je crois que le gouverneur de la Banque de France est très vigilant sur ce point.
03:43Il faut aussi regarder les effets cumulatifs sur la compétitivité
03:46et sur l'inflation, et notamment combiner la force de l'euro
03:52avec la hausse des importations en provenance de Chine,
03:56qui aussi dégratte notre situation de compétitivité
04:01et notre situation industrielle.
04:03Donc, c'est l'effet cumulatif qu'il va falloir regarder.
04:07En tout cas, ce qui est sûr, c'est que pour la Banque centrale européenne,
04:10il ne faut absolument pas mentionner la possibilité d'une hausse de taux dans ce contexte.
04:15qui enverrait l'euro sur des niveaux beaucoup plus hauts.
04:17Je crois que la gouverneure Isabelle Schnabel a fait une erreur il y a quelques semaines
04:21en disant qu'elle était d'accord avec l'idée que le prochain mouvement serait une hausse.
04:26Elle en est revenue maintenant, et la BCE est beaucoup plus prudente sur ce sujet.
04:30La BCE, bien sûr, à suivre demain, puisqu'elle va tenir demain,
04:33en début d'après-midi, sa conférence de presse comme toutes les six semaines.
04:37Un dernier mot quand même sur la situation aux États-Unis,
04:40avec Donald Trump qui a annoncé le nom de Kevin Walsh pour succéder à Jerome Powell.
04:44C'était vendredi dernier.
04:45Nous reparlerons d'ailleurs dans 20 minutes avec les équipes de Piquet Wealth Management
04:49de l'implication pour le marché obligataire,
04:53sachant que le Trésor a également dévoilé aujourd'hui son calendrier d'émission.
04:57Comment aujourd'hui Kevin Walsh peut essayer d'imprégner sa marque à la Fed,
05:03à la Banque centrale américaine, dans un contexte où il a une pression très forte,
05:07bien sûr, de Donald Trump pour baisser les taux ?
05:09Quels sont aujourd'hui les impacts de tout cela ?
05:12Il aura une voix sur 12, donc il va essayer de convaincre ses camarades
05:17pour éventuellement une baisse de taux ou deux baisses de taux supplémentaires cette année.
05:21Je pense que le choix de Donald Trump est plutôt un choix tactique sur 2026,
05:29sur l'idée que si on met un faucon à la tête de la Banque centrale,
05:33c'est toujours mieux pris par les marchés si la Banque centrale baisse les taux
05:37que si c'était quelqu'un de très colombe,
05:41dont on aurait pu suspecter qu'il écoutait les ordres de Donald Trump.
05:47Je pense que Donald Trump se dit, si on baisse les taux cette année,
05:50avec à la tête Kevin Walsh qui est plutôt un faucon,
05:53au moins les rendements obligataires pourraient être tenus.
05:56On n'aurait pas une inquiétude du marché obligataire.
05:59Après, je pense que la vraie inquiétude ou la vraie question,
06:03c'est de savoir ce qui se passe à moyen terme avec un Kevin Walsh qui est faucon,
06:07qui veut réduire le bilan de la Banque centrale,
06:11qui veut réduire les taux d'intérêt seulement si les déficits budgétaires se réduisent.
06:16Donc on pourrait avoir des conflits à moyen terme entre la Fed et le Trésor.
06:20C'est quelque chose qui est en tout cas en suspens.
06:23On verra bien comment cette relation Fed-Trésor s'établit.
06:25Mais en tout cas, c'est sujet à des potentiels risques dans les prochaines années.
06:29Nous reparlerons de tout cela avec Raphaël Galliardo,
06:31le chef économiste de Carmignac à 9h40,
06:33avec Étienne Gorjon, qui est responsable de la gestion obligataire
06:36chez Sanso Longchamp Asset Management.
06:38Merci beaucoup Jean-Baptiste Pette de nous avoir accompagné ce matin.
06:41Je rappelle que vous êtes chef économiste de AG2R La Mondiale,
06:44pour dresser le profil de Kevin Walsh,
06:46et puis également pour revenir sur l'inflation en France,
06:49qui ressort à 0,3% sur un an au mois de janvier.
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