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  • il y a 2 semaines
Ce vendredi 13 mars, le scénario macroéconomique compte tenu du prix du pétrole qui se maintient à 100 dollars le baril, a été abordé par Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Juste avant, on va revenir sur ce baril de pétrole à 100 dollars, oui toujours 100 dollars comme hier, 102
00:06dollars précisément pour le Brent, 97 dollars pour le WTI.
00:10Bonjour Stéphane Koliak, vous êtes économiste chez BNP Paribas, avec vous on va regarder un petit peu les scénarios macroéconomiques
00:18face à cette hausse des matières premières.
00:20Une hausse des matières premières qui aura forcément un impact sur les données d'inflation dès le mois de mars,
00:26dans le sens où les prix à la pompe ont été répercutés d'une façon assez rapide.
00:32Oui, on a vu d'ores et déjà sur les dernières statistiques qu'on a pu observer que les prix
00:39du carburant en France avaient augmenté en moyenne de 12%,
00:43parce que le prix du gazole a augmenté davantage que le prix de l'essence, mais on sait que la
00:48majeure partie des véhicules sont diesel en France,
00:51donc ça a aussi un impact dans l'impact disons.
00:56Donc cette hausse pour l'instant elle est à ce niveau-là, mais depuis les prix du pétrole ont continué
01:01à monter sur les marchés,
01:02donc il serait logique que les prix des carburants continuent à le faire un peu aussi.
01:07Alors qu'est-ce que ça impliquera sur l'inflation ?
01:10Il faut voir déjà le poids des produits pétroliers dans l'indice des prix,
01:15et au mois de mars ce sera essentiellement ça l'impact sur l'inflation,
01:19puisqu'on pourrait anticiper une transmission sur d'autres postes, mais ça prendra quand même un tout petit peu de
01:24temps.
01:25Donc en mars ce sera principalement ça.
01:28Qu'est-ce que ça implique ? 12% de plus sur les carburants, vu qu'on a 3%
01:33de pondération dans l'indice des prix,
01:35ça veut dire 0,4 point d'inflation en plus.
01:37Donc si on prend le 0,9 de ce matin, sur l'inflation de février, on pensait qu'en mars
01:43elle augmenterait à 1%,
01:44donc si on ajoute les 0,4 ça fait 1,4%, en zone euro en février on était à 1
01:50,9%,
01:51donc si on ajoute les 0,4 ça fait 2,3%, on franchit de nouveau le seuil des 2%,
01:56et ça peut être un peu plus, dans nos estimations ça pourrait aller jusqu'à 0,6 point d'inflation
02:02supplémentaire au mois de mars,
02:03si on avait un choc qui ressemblerait dans son amplitude à ce qu'on avait eu en mars 2022,
02:11où les carburants avaient augmenté de 17% en France pour mes mois.
02:16Quels sont aujourd'hui les scénarios macroéconomiques que vous pouvez tirer Stéphane Koliak,
02:20dans le sens où bien sûr tout l'enjeu et la grande inconnue de cette équation c'est la durée
02:25du conflit,
02:26quel est l'impact notamment pour les banques centrales, pour la BCE bien sûr,
02:31quand vous regardez le marché obligataire une nouvelle fois ce matin, il continue de grimper,
02:35vous avez un 10 ans allemand qui se rapproche des 3%,
02:38le 10 ans français et sur des plus hautes 2011 à 3,65, ce n'est pas neutre ?
02:43Ce n'est pas neutre et ce que ça révèle, c'est que sur les marchés depuis quelques jours,
02:49on a l'hypothèse d'un choc à brève échéance et qui se normaliserait assez rapidement,
02:58qui est objectivement testé, donc sur les prix des matières premières aussi,
03:02on peut observer que c'est plus simplement les maturités très courtes qui sont impactées,
03:07mais que les maturités un peu plus longues le sont également,
03:10et donc par nature ce ne sont plus seulement des éléments à court terme et des éléments à long terme,
03:15et donc les taux à 10 ans sont des éléments à long terme,
03:19on commence à anticiper que l'inflation augmente de façon un peu plus durable,
03:25et donc avec cette prime d'inflation un peu plus élevée, ça fait des taux longs un peu plus élevés,
03:29puisque évidemment schématiquement c'est la somme d'un taux d'intérêt réel et d'une inflation,
03:35donc c'est ça qu'on voit ces jours-ci,
03:38et si on veut analyser tout ça, on avait schématiquement trois pistes,
03:42l'une d'entre elles était une des escalades relativement rapide,
03:46alors pas encore née maintenant, mais quand même au bout de quelques semaines,
03:49qui serait quand même assez rapide,
03:51une deuxième possibilité serait, c'est un régime iranien qui s'effondre sans s'effondrer,
03:56et ce qui perturberait la production en Iran, mais simplement en Iran,
04:00et un troisième scénario, c'est un scénario plutôt d'escalade,
04:04dans lequel on aurait un blocage du détroit d'Hormuz,
04:07et ou une destruction de capacités pétro-gazières dans les monarchies du Golfe et en Iran,
04:14et un impact sur les prix des matières premières assez durable,
04:17notamment une moyenne sur le Brent de 100 dollars par baril sur tout le deuxième trimestre,
04:23donc évidemment on n'en est pas encore là puisqu'on est en mars,
04:26mais pour l'instant la crainte c'est qu'on s'oriente là-dessus,
04:29parce qu'on constate que le pouvoir iranien a une volonté de faire monter le prix du baril,
04:36ils essaient de miner, donc on n'a pas la certitude que ça a été le cas,
04:40mais de miner les trois d'Hormuz,
04:43donc là-dessus on n'a pas la certitude,
04:45mais par contre s'il y a eu des drogues qui se sont abattues sur des pétroliers
04:48qui n'essayaient même pas de passer,
04:50ce qui montre bien, ça et les bombardements sur les monarchies du Golfe,
04:55ça montre bien qu'il y a cette intention de la part du pouvoir iranien.
05:00Donc on a compris pour l'instant, le marché anticipe une hausse des taux,
05:04comment vous vous placez par rapport à ça ?
05:06Est-ce que vous trouvez que le marché va un peu trop vite en besogne ?
05:08Ça sera une semaine importante la semaine prochaine,
05:09puisque vous avez toutes les banques centrales du G7,
05:12donc à commencer par la Fed, mais également la BCE, la Banque d'Australie,
05:15la Banque du Japon, qui vont prendre la parole la semaine prochaine.
05:19J'imagine que dans un premier temps, ils vont essayer de rester prudents,
05:22parce que pour l'instant, il est bien trop tôt pour faire des prévisions concrètes.
05:27Mais est-ce que vraiment, on peut s'attendre à des hausses de taux,
05:31dis donc, il faut changer de discours maintenant, de la part de la BCE ?
05:35Alors déjà, la semaine prochaine, la BCE est censée mettre à jour ses prévisions,
05:38ses projections macroéconomiques.
05:41Donc il est fort possible qu'on n'ait pas qu'un scénario,
05:44parce qu'on est dans une phase où on ne sait pas encore ce vers quoi on va aller.
05:49Et donc, c'est le cas typique, on pourrait avoir plusieurs scénarios.
05:54Maintenant, la prévision de croissance de la BCE avait été relevée la dernière fois.
06:01Nous pensions qu'il y avait de l'espace pour la relever de nouveau.
06:04Donc peut-être qu'on n'en est plus maintenant là,
06:06et que si on a une prévision qui, à minima, n'est pas relevée,
06:11alors avec au contraire une prévision d'inflation qui, elle, pourrait l'être,
06:16puisque quel que soit le scénario,
06:18on a quand même une idée assez claire selon laquelle l'inflation ne va augmenter,
06:23ça indiquerait un chemin futur qui s'orienterait en effet vers peut-être du ressentement monétaire.
06:30Et notamment, la BCE, quand elle a communiqué récemment,
06:35elle a plutôt dit que si on avait une accélérisation de l'inflation,
06:39elle serait peut-être moins complaisante, entre guillemets, moins attentive,
06:44attentiste qu'elle n'a pu l'être en 2022,
06:48avec l'idée d'augmenter assez tôt pour ne pas avoir augmenté très fort.
06:54Donc évidemment, c'est prématuré, mais on surveillera tout ce qui sera dit,
06:59toutes les évolutions des projections qui pourraient indiquer une direction
07:04dans un sens ou dans un autre, de façon un peu comme le lait sur le feu, pourrait-on dire.
07:10Merci beaucoup Stéphane Colliac de nous accompagner ce matin,
07:12économie chez BNP Paribas, pour revenir à chaud sur cette remontée des taux longs
07:15et donc sur l'actualisation des données de l'INSEE ce matin,
07:18en ce qui concerne l'inflation de février,
07:21qui n'est donc pas de 1% mais de 0,9%,
07:23comme nous l'avons souligné.
07:25Maintenant, tout l'enjeu, c'est de voir comment on va évoluer l'inflation
07:28dans les prochaines semaines avec cette remontée des matières premières,
07:31des matières premières qui continuent de grimper ce matin,
07:33avec donc un baril de pétrole à 102 dollars.
07:35Et ça, ça fait baisser les marchés européens.
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