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Ce mercredi 11 mars, Claudia Panseri, responsable de la stratégie d'investissement de la banque privée UBS France, et Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, ont parlé de la pression de l'Iran dans le détroit d'Ormuz, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Des acteurs de marché comme chaque matin à 7h dans Good Morning Market avec ce matin en plateau Claudia Panseri,
00:07responsable de la stratégie d'investissement de la banque privée d'UBS en France.
00:10Bonjour Claudia. Merci d'être avec nous ce matin avec Alexandre Baradès, le chef analyste d'IG. Bonjour Alexandre.
00:16Bon, ça bouge encore ce matin du côté de l'Iran. Les médias américains estiment qu'il y a aujourd
00:20'hui quasiment 6 000 mines en stock.
00:23Le détroit d'Harmouz est probablement miné. Tout l'enjeu maintenant, ça sera d'aller déminer tout cela.
00:28Néanmoins, les marchés restent calmes. Autant lundi paniquer parce que le baril de pétrole était au-delà des 100 dollars.
00:33Ce matin, on est à 89 dollars pour le Brent. Le CAC 40, 7,08% quand l'Eurostock perd
00:37un peu plus d'1%.
00:39Petite baisse après la très belle séance d'hier, il ne faut pas l'oublier.
00:42Oui, mais ça se fait quand même des questions sur la teneur du rebond que nous avons eue après les
00:47premières déclarations de Donald Trump indiquant que la guerre était presque terminée.
00:50On voit qu'il y a eu un engouffrement comme ça aussi des marchés. Peut-être beaucoup d'éléments techniques
00:54là-dedans aussi dans ce rallye.
00:56Mais les bases ne semblent pas très solides, à très court terme en tout cas.
01:00Vous parliez d'un baril qui effectivement n'est plus autour des 120, qui est plus autour de 85-80
01:04dollars.
01:04On rappelle qu'avant le début de cette crise, on oscillait plutôt vers les 60 dollars.
01:08Donc on a quand même un prix du baril qui est à grosso modo 50%, à peu près, entre 40
01:11-50% au-delà de ce qu'il était précédemment.
01:14Vous avez quelques déclarations qui commencent à arriver un petit peu ce matin.
01:17C'est Ville au Roi de Gallo, par la Banque de France, qui commence à parler d'un risque pour
01:20la croissance et d'un risque pour l'inflation,
01:22même s'il estime qu'en France, on est quand même plutôt préservé parce que l'inflation est restée basse.
01:26Moi, le sentiment, c'est qu'on a du mal à adhérer au propos de Trump sur la durée du
01:32conflit.
01:32Le sentiment, c'est que, d'ailleurs, c'est un peu ce qu'il avait dit au départ, 4 à
01:366 semaines.
01:36Donc on passe d'un délai qui était d'un mois, un mois et demi, à quelques jours ou quelques
01:40semaines,
01:41ce qui semble un peu exagéré malgré tout.
01:43Et puis peut-être que le marché va commencer aussi à comprendre qu'il y a un peu de communication
01:47destinée au marché uniquement.
01:50Et que si c'est perçu comme une forme de manipulation de marché, mais que le fond ne suit pas,
01:54c'est-à-dire que sur le terrain, on ne voit pas d'apaisement.
01:55Et l'actualité de ce matin montre bien que 3 bateaux ont été touchés par des projectiles dans les 3
02:00Dormous,
02:00que des débris tombent encore proches de l'aéroport de Dubaï.
02:03Et donc tous ces éléments-là, selon moi, ne peuvent pas catalyser des mouvements de hausse poursuivis sur le marché.
02:10Et je pense que la volatilité qui est retompée, on parle du VIX pour la partie américaine, autour de 25,
02:15je pense qu'on peut, dans les jours qui viennent, retrouver une volatilité entre 30 et 40
02:18qui me paraîtrait plus adaptée à la situation géopolitique que nous avons actuellement.
02:22Alors les barils de pétrole, que ce soit sur le Brent et le WTI, ne s'emballent pas également,
02:26parce qu'il y a également des informations selon lesquelles l'agence internationale de l'énergie pourrait annoncer aujourd'hui
02:32lever un petit peu des stocks concernant les réserves stratégiques.
02:37Bien sûr, ça serait un bol d'air à court terme.
02:40A court terme ?
02:41En fait, je pense qu'aujourd'hui, on oublie que les intérêts géopolitiques des États-Unis, d'Israël et de
02:47l'Iran sont très différents.
02:48On pourrait avoir les États-Unis qui disent, en fait, pour nous, cette guerre est terminée,
02:52et le conflit continuait, et le 2-3 d'Hermouz restait fermé pendant encore quelques semaines.
02:57Donc j'ai l'impression, en fait, et on le voit très bien, parce qu'on a une science à
03:01lundi avec des marchés qui baissent
03:03et puis qui remontent, que personne n'a sait exactement combien de temps ce conflit va durer.
03:08Et plus le conflit dure, et plus l'impact macroéconomique va être très important sur certaines régions.
03:14On oublie souvent que, malheureusement, les régions qui sont plus impactées, c'est l'Europe,
03:19car il n'y a pas d'indépendance énergétique.
03:22Et il y a, au contraire aux États-Unis, une capacité à pouvoir rester ou faire face à ce conflit
03:29pendant une période beaucoup plus longue.
03:31Les États-Unis, aujourd'hui, produisent plus de pétrole de ce qu'ils consomment.
03:35Donc, en plus du pétrole élevé, impacte à moins les États-Unis, qu'est l'Europe.
03:40Et de l'autre côté, en Chine, au Japon, les réserves, le montant des réserves est très, très élevé.
03:46Donc, ils peuvent faire face à un conflit qui dure pendant six mois,
03:50alors que nous avons seulement 61 jours de réserve.
03:53Et donc, à deux mois du conflit, on commencera à avoir les effets sur la croissance et l'inflation.
03:58Néanmoins, aux États-Unis, le prix à la pompe remonte.
04:01On a tutoyé les 3 dollars en début de semaine pour le galon.
04:05Certes, les États-Unis produisent de pétrole, mais le pétrole, il monte quand même.
04:08Oui, le prix du pétrole monte quand même, mais je dirais que l'impact sur la croissance est inférieur,
04:13compte tenu qu'il y a des relances budgétaires, des baisses de taux qui vont arriver.
04:16Je vous écoutais tout à l'heure.
04:18C'est comme les marchés réagissent par rapport à la hausse ou les attentes des hausses de l'inflation.
04:24Les banques centrales, on a entendu encore la BCE ce matin dire,
04:28on va revoir nos scénarios par rapport au scénario de croissance ou d'inflation.
04:33Certaines banques centrales, je ne dis pas toutes les banques centrales,
04:36mais ils feront abstraction d'une hausse temporaire de l'inflation si la croissance devait être impactée.
04:43Aux États-Unis, il y a plus de flexibilité qu'en Europe,
04:46car la BCE a un bandage qui est focalisé et sur l'inflation et sur la croissance.
04:52Donc si on arrive à voir un galon qui monte avec un consommateur qui est impacté,
04:57la BCE baissera les taux même si l'inflation est à la hausse à court terme.
05:02Donc vous êtes confiante toujours dans la capacité de la Fed à baisser ses taux,
05:04comme attendu par le marché à la fin du semestre ?
05:07Oui, seulement que le marché a effacé les baisses des taux de la BCE,
05:12donc nous sommes toujours confiants.
05:15Autant plus que la semaine dernière, on a eu les chiffres de l'emploi qui sont assez faibles,
05:19élément très important pour la BCE, alors que le marché a effacé une baisse et demie,
05:25et on voit la partie courte de l'accord des taux s'étendre un peu.
05:28Donc ce sera encore plus intéressant aujourd'hui de regarder le marché obligataire
05:32comme marché qui peut effectivement protéger en cas de conflit prolongé.
05:37Les taux ce matin remontent un petit peu, que ce soit sur les taux courts,
05:40mais également les taux longs en Europe.
05:42Le 10 ans français prend 6 points de base à 3,50,
05:44quand le 2 ans prend 7 points de base à 2,41.
05:47Parce que c'est vrai que la Fed a peut-être plus de marge de manœuvre que la BCE,
05:50c'est ça un petit peu le message d'Alexandre Baradez ?
05:52Oui, elle a plus de marge de manœuvre.
05:54C'est vrai qu'il y a aussi, dans cette résilience des marchés qu'on observe depuis le début du
05:56conflit,
05:57il y a quand même toujours cet aspect valeur-refuge des valeurs américaines,
06:00même si, comme ce fut le cas par exemple pendant la crise des Suprême,
06:03la crise émanait des États-Unis,
06:04et on se souvient qu'au plus fort de la faillite de Lehman Brothers dans les semaines qui avaient suivi,
06:09le dollar s'appréciait à ce moment-là, alors même que la crise était américaine.
06:11Donc là, ça bote les États-Unis, qui sont à l'origine du mouvement militaire,
06:15on voit que le dollar joue le rôle de valeur-refuge,
06:16et que les valeurs américaines, du coup, sont un peu moins vendues.
06:18Effectivement, vous l'avez dit, que la partie européenne,
06:20parce qu'aussi, les entreprises européennes ont des marges bénéficiaires moins fortes que la partie américaine,
06:23ont des croissances bénéficiaires moins fortes que la partie américaine,
06:26donc c'est ça que les investisseurs cherchent côté États-Unis.
06:30En revanche, pour rebondir sur ce que vous disiez,
06:31sur le potentiel de baisse de taux est là,
06:34mais la question, c'est est-ce que si les baisses de taux arrivent
06:36parce que la croissance ralentit, impactée par des prix d'énergie un peu plus élevés
06:40et des consommateurs, qui étaient déjà un peu fébrile quand même,
06:43on a des datas sur les ventes au détail qui étaient assez moyennes en décembre et en janvier,
06:46deux mois consécutifs où les ventes au détail n'ont pas progressé aux États-Unis,
06:49si la Banque centrale américaine baisse ses taux
06:51parce que le marché de l'emploi se dégrade et que le consommateur est plus fragile,
06:54est-ce que le message qu'elle enverra au marché à ce moment-là
06:57ne sera pas d'être un peu behind the curve,
06:58c'est-à-dire qu'on baisse les taux parce que oui,
07:00on voit que l'économie, finalement, performant bien que ce qu'on avait pu anticiper.
07:03Et dans ce cas-là, il est possible que les premières baisses de taux de la Fed,
07:06si elles soient annoncées comme telles,
07:08et si elles arrivent dans un contexte un peu chahuté,
07:10puissent être perçues un peu négativement par le marché.
07:12Après, je ne pense pas qu'on soit au début d'une crise majeure
07:14avec 30 ou 40% de baisse sur les indices,
07:16ce n'est pas le sentiment.
07:17Mais j'ai quand même le sentiment qu'il y a quand même de la complaisance sur les marchés américains
07:20parce qu'on a beau dire, oui, la croissance est un peu meilleure,
07:23il y a du potentiel fiscal, le refunding des impôts hauts qui va bénéficier aux consommateurs,
07:29mais quand vous avez un SP500 qui a rallié de 50% l'année dernière
07:33depuis les points bas d'avril,
07:34et qui ne corrige que de 6% depuis son sommet sur tout cet épisode de crise,
07:39alors il y avait déjà un peu de consolidation avant,
07:41mais seulement 6% de drawdown depuis le top historique,
07:46ça paraît quand même très peu, un peu complaisant.
07:48Et les valorisations du SP500 aujourd'hui, si on parle de la cherté,
07:54les sommets, je rappelle qu'on a touché sur des gros repères post-Covid,
07:57quand c'est vraiment l'euphoriste et 23 fois les bénéfices,
07:59on a revu les bénéfices anticipés,
08:01on a revu ces 23 fois les bénéfices il y a quelques mois de cela,
08:04et là on est redescendu seulement à 21 fois les bénéfices.
08:06On rappelle que les moyennes sur une dizaine d'années de valorisation du SP500,
08:10c'est plutôt 19, et sur 30 ans c'est plutôt 17.
08:12Donc pour moi, le terrain de jeu est un peu là dans les semaines qui arrivent,
08:17c'est-à-dire 21 fois les bénéfices, je trouve ça trop cher,
08:19par rapport au niveau des taux de la Fed,
08:20par rapport aux signaux qu'on voit les consommateurs américains,
08:23par rapport à l'incertitude de mid-terme également,
08:25on sait que historiquement, dans les années de mid-terme,
08:27il y a des drawdowns, c'est-à-dire des variations par rapport aux sommets
08:29qui sont plus importantes que celles qu'on a traversées depuis le début de l'année.
08:32Donc pour moi, ce marché peut lâcher facilement un 10%,
08:35on peut avoir un SP500 qui depuis le sommet lâche 10 à 15%, donc au total,
08:39et là on va dans des niveaux de valorisation,
08:41un peu en dessous de 20 fois les bénéfices,
08:42et je trouve que ça correspond un peu plus à la situation,
08:45à la fois monétaire, domestique des Etats-Unis.
08:47– Claudia Pensieri, vous êtes responsable de la stratégie d'investissement
08:50de la Banque privée d'UBS en France.
08:51Est-ce que vous êtes aujourd'hui sereine, à l'aise,
08:55avec les niveaux de valorisation que vient de soulever Alexandre Baradez
08:59sur le S&P 500 ?
09:00Après, force est de constater que là, les résultats d'entreprise
09:02étaient au rendez-vous aux Etats-Unis, une nouvelle fois.
09:05– Alors, nous ne sommes jamais sereins,
09:07parce qu'en fait, la volatilité est toujours sur le marché,
09:09et donc on a des portefeuilles qui sont, je dirais,
09:13aujourd'hui, soucisement diversifiées
09:14pour faire face à la volatilité qu'on a vue depuis maintenant nos dix jours.
09:19Alors, là où je ne suis pas d'accord,
09:20c'est sur la valorisation des marchés.
09:22Et autant les marchés sont chers,
09:24autant un marché ne corrige pas des 15% à cause de la valorisation.
09:28Donc, il faut toujours quelque chose qui arrive
09:30pour pouvoir impacter le marché,
09:33et donc, éventuellement, avoir une correction de cet ordre-là.
09:37Quand on regarde le marché,
09:38et on enlève les grosses capitalisations boursières,
09:41qui ont désormais déjà corrigé,
09:43la valorisation des marchés est à 19,3.
09:46Donc, on est légèrement en prime par rapport à la moyenne historique.
09:49Je ne regarde pas la moyenne historique sur tant de temps,
09:51parce que le marché a complètement changé,
09:53donc il n'y avait pas autant d'experts technologiques.
09:55Les valorisations sont chères, mais ne sont pas extrêmes,
09:58et sont moins chères par rapport à ce qu'on a eu le mois de janvier.
10:01Là où je suis, je pense, où je suis plus inquiète,
10:06c'est effectivement quel impact a de cette hausse du prix du pétrole,
10:11sur la croissance macroéconomique globale, en fait.
10:14On voit, nous avons fait des simulations,
10:16on voit que les États-Unis sont peu impactés.
10:19En fait, si le prix du pétrole devait rester à 120 dollars le baril
10:23pendant plus de trois mois,
10:24et le gaz emmettait des 250 %,
10:27donc on arrive sur un scénario type 2022,
10:30la croissance aux États-Unis est faiblement impactée.
10:33Autant la croissance mondiale à l'Europe, à l'Asie,
10:36certains pays, là où on emporte le prix du pétrole,
10:39est plus impactée.
10:39La chose qui est plus inquiétante, c'est l'évolution de l'inflation,
10:44parce que chaque fois qu'on a ce genre de choc,
10:47on peut avoir entre 150 et 300 points basse de hausse de l'inflation,
10:52et si le prix du pétrole augmente à 120 avec un gaz à 250,
10:56on peut avoir une inflation qui dépasse les 5%.
10:58Donc il y aurait effectivement une incapacité
11:01des certaines banques centrales d'intervenir.
11:03Le temps d'intervention des banques centrales s'est fait en deux temps.
11:08Les banques centrales voient le choc d'inflation,
11:11le marché obligataire corrige,
11:15mais puis les banques centrales voient l'impact sur la croissance,
11:18et donc abaissent les taux.
11:19Et quand l'impact sur la croissance est visible,
11:21le marché corrige.
11:22Ce n'est pas une question pour moi de valorisation,
11:25c'est une question de voir à quel moment
11:27on aura les premiers éléments qui nous indiquent
11:30qu'il n'y a un impact sur la croissance.
11:31Et là, on peut avoir une correction des marchés,
11:34je suis d'accord, c'est d'alors des 10-10%,
11:37mais ce sera en fonction du niveau auquel le prix du pétrole reste,
11:42pendant quelle période.
11:43Donc il y a beaucoup de paramètres à prendre en considération.
11:46Et le marché, en fait, aujourd'hui, ne sait pas
11:49quand le marché baisse le lundi de manière assez violente,
11:54à prendre en considération que le prix du pétrole
11:56dépasse les 100 dollars le baril,
11:58et que ce conflit va durer pendant très longtemps.
12:00Quand il est rembonnaie le jour après,
12:02c'est parce qu'on a un commentaire
12:04que cette guerre durera très peu,
12:06et le prix du baril baisse.
12:07Voilà.
12:08Il y a l'Iran, bien sûr,
12:09il y a l'intelligence artificielle,
12:11on verra Adobe demain,
12:12il y a Oracle qui a rassuré hier,
12:13et puis il y a surtout le crédit privé,
12:15avec des informations encore ce matin
12:17du FT qui évoque que JP Morgan
12:20a dû déprécier ses portefeuilles de dettes privées
12:23parce qu'ils étaient exposés au secteur des softwares.
12:26Ça, c'est un sujet quand même
12:27qu'il faut surveiller de près.
12:28Blackstone, BlackRock, Blue Oil,
12:30ces dernières semaines ont soit bloqué,
12:31soit restreint les retraits.
12:33Oui, parce que ces thèmes de liquidité,
12:34on les a retrouvés dans d'autres phases pré-crise,
12:38on va dire,
12:39où c'est le cas au subprime, par exemple,
12:42il y a un petit peu à avoir la bulle d'Internet aussi,
12:43où généralement, effectivement,
12:44quand il y a un peu de tension dans certains secteurs,
12:46vous avez une équité qui est moins bonne sur les fonds,
12:49les fonds de dettes privées notamment,
12:50on voit que c'est le sujet du marché actuellement.
12:54Et quand, je vais revenir un peu sur la valorisation,
12:56mais quand vous avez des valorisations,
12:58pour moi, au-delà de 20 fois les bénéfices,
12:59entre 20 et 23 fois les bénéfices,
13:01c'est que vous avez quand même un horizon,
13:02parce que là, on parle de la micro,
13:04mais on va se faire tendance à dire
13:06« les marchés, ce n'est pas la macro ».
13:07Moi, je t'en perds récent en disant que
13:10les marchés, ce n'est pas la macro à l'instant T,
13:12mais quand la macro se rappelle au marché,
13:16c'est parce que la micro commence à être impactée derrière.
13:18Si vous avez effectivement des consommateurs
13:20qui sont un peu plus crispés,
13:21qui avaient déjà, on le disait,
13:22un moral un peu moins bon depuis quelques mois
13:24dans les enquêtes,
13:24alors ce n'est pas le top 20% des Américains,
13:26c'est plus le bas du cas qui est impacté,
13:29mais si ça commence à toucher la consommation,
13:31qui est comme la colonne vertébrale,
13:31l'économie américaine,
13:32c'est là qu'on voit que les dépenses
13:34vont être un peu moins importantes
13:34et que du coup, les marges aussi des entreprises
13:36vont être un peu moins importantes.
13:37Pour venir à votre thématique,
13:39effectivement, Oracle a rassuré.
13:40Ça, c'est 10% d'ausses après market pour Oracle,
13:43parce que chiffre d'affaires pour l'année
13:44anticipé à 67 milliards
13:47et des dépenses du CAPEX,
13:48toujours autour de 50 milliards,
13:50mais c'est la première fois en 15 ans
13:54qu'on a 20% de hausse du chiffre d'affaires
13:56et des bénéfices par action.
13:57Ça, ça rassure un peu,
13:58mais je dirais qu'actuellement,
13:59le marché, me semble-t-il,
14:00est beaucoup plus focalisé désormais,
14:01un peu moins sur ce thème IA-CAPEX,
14:03qui était déjà un sujet que l'observait,
14:05mais comme il y a la partie Iran
14:06qui vient se greffer à tout ça,
14:08on a un sujet qui est sûrement
14:10en train de basculer sur les questions d'inflation,
14:12les questions de politique monétaire,
14:13les questions d'impact consommateur
14:15et qui peuvent du coup faire que le marché,
14:18je ne dis pas que ça intéresse moins au CAPEX,
14:20ça reste un vrai sujet,
14:21mais je pense qu'Oracle, selon moi,
14:23ne sera pas suffisant,
14:24l'intérêt d'Oracle,
14:24pour que le Nasdaq,
14:25qui a lâché un peu plus que le SP500,
14:27vous l'avez dit,
14:27des grosses CAP comme Microsoft,
14:29d'autres qui ont déjà pas mal baissé,
14:30mais d'autres ont beaucoup moins baissé aussi,
14:32c'est vrai que dans le groupe des 7 magnifiques,
14:33c'est très disparate,
14:34vous en avez Microsoft typiquement
14:36qui a énormément baissé,
14:3730% depuis le sommet,
14:38et plus il y a des entreprises comme Apple,
14:39comme Alphabet,
14:40qui restent normalement assez proches
14:41de leur sommet.
14:42Donc, ce n'est pas parce que
14:43certains ont déjà beaucoup corrigé
14:45que tout le groupe des 7 magnifiques,
14:46selon moi, a fini de consolider.
14:48Ce groupe, encore, je pense,
14:50corrigé de 5-10%,
14:51c'est pour ça que je donne sur ces ratios,
14:535-10%.
14:53Pour moi, le mouvement de correction du Nasdaq
14:56et des 7 magnifiques,
14:57malgré le fait que l'on racleure,
14:58n'est pas complètement terminée.
14:59Un dernier mot quand même
14:59sur le crédit privé,
15:00Claudia Penseyri,
15:01c'est un marché très large,
15:023 000 milliards aujourd'hui
15:03de dollars dans le monde.
15:05Forcément, dans un portefeuille
15:06de 3 000 milliards,
15:06il y a des entreprises
15:07qui font défaut,
15:08c'est le jeu,
15:08c'est comme sur toute classe d'actifs.
15:11Est-ce qu'aujourd'hui,
15:11ça vous inquiète
15:12quand vous voyez certains fonds
15:13qui sont obligés de bloquer la liquidité
15:15ou non ?
15:15Au final, c'est normal
15:16dans le sens où on est sur des actifs
15:17qui ne sont pas liquides.
15:18Nous, on a réduit notre exposition
15:20à la dette privée
15:21depuis septembre l'année dernière,
15:22donc on n'a pas des expositions
15:23qui sont très élevées.
15:24On favorise les investissements
15:27dans des actifs alternatifs,
15:28mais pas plus sur le private equity
15:31que sur la dette privée.
15:32Ce n'est pas un marché
15:33sur la dette privée,
15:34ça dépend,
15:35il y a des segments
15:35qui sont différents.
15:36La partie qui est touchée aujourd'hui
15:38n'est pas très importante,
15:40elle représente entre 350 et 500 milliards
15:42sur les 3 000 milliards
15:44que vous citiez,
15:45donc c'est vraiment
15:46une partie toute petite.
15:47Mais il faut faire attention
15:48parce qu'il y a une sorte
15:49d'effet contagion dans le sens
15:51que dès que vous avez
15:52des financements
15:53qui ne se font pas
15:54et des défauts qui arrivent,
15:55l'esprit commence à s'allergir.
15:57Donc ça,
15:58ça va impacter aussi
15:59la partie, je dirais,
16:01cotée.
16:01Donc on est plus prudent,
16:03plus prudent depuis septembre dernier
16:05sur la partie d'être privé,
16:07sur la partie Aïlde,
16:08quand l'esprit,
16:09maintenant nous,
16:09ils se sont allergés
16:10un tout petit peu,
16:11mais ils étaient très rassérés
16:12il y a seulement
16:12une dizaine de jours.
16:13Et on fait très attention,
16:15on est très, très sélectifs.
16:17Et du coup,
16:18c'est quelque chose
16:18que je suis en train
16:19d'écrire un papier
16:20sur lequel dire
16:21attention,
16:22soyez sélectifs
16:23sur les opérations
16:24que vous faites,
16:24attention aussi
16:26au segment,
16:28au secteur
16:28que vous allez acheter.
16:30Il y a cinq secteurs,
16:30on va vous parler
16:31du secteur software,
16:32on voit très bien
16:33la rentabilité,
16:34elle baisse,
16:35elle marge à son embaisse.
16:36Donc la rentabilité
16:37sur un investissement privé
16:38est en général
16:39super élevée.
16:40On va chercher du portage
16:41sur cette partie-là
16:42pour être décevante.
16:44Je parle des six
16:45à deux ans à venir.
16:46Donc il faut faire attention.
16:49Merci à tous les deux
16:49de nous accompagner ce matin.
16:50Claudia Pansieri,
16:51donc responsable
16:52de la stratégie
16:53d'investissement
16:53de la banque privée
16:54UBS en France
16:55et Alexandre Baradez,
16:56chef journaliste d'IG.
16:57Merci.
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