- il y a 2 jours
Ce vendredi 13 février, les annonces à retenir lors du sommet européen et l’inflation américaine ont été abordées par Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, dans l’émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01Séance importante en ce vendredi avec aujourd'hui la publication des chiffres d'inflation en début d'après-midi,
00:0614h30 heure française, inflation américaine bien sûr, nous parlerons cela dans un instant avec Stéphane Koliak,
00:12mais juste avant un mot du sommet européen. Bonjour Stéphane, merci d'être avec nous, vous êtes économiste chez BNP
00:18Paribas.
00:19En effet, hier les 27 se sont réunis à Anvers afin de faire un petit point un petit peu sur
00:25l'union des marchés de capitaux,
00:26sur comment aujourd'hui permettre aux entreprises d'agrandir leur présence en Europe.
00:32Qu'est-ce que vous retenez vous de ce sommet qui a pu se tenir hier en Belgique ?
00:36C'était une boîte à idées et ça avait été précédé de l'envoi d'une lettre par la centrale
00:42européenne sur les priorités à mettre en avant.
00:45Et il y avait aussi eu la veille une réunion des grands patrons pour un peu les mêmes motifs.
00:51Donc c'était une étape préalable à une discussion qui va se poursuivre.
00:55Notamment le 19 mars, au moment du Conseil européen, où des choses sont formellement proposées.
01:02Ce qu'on peut retenir, c'est ces différents aspects, notamment l'un d'entre eux, c'est achever l
01:11'unification du marché européen,
01:13que ça devienne vraiment un marché intégré.
01:15Donc les initiatives sur le 28e régime qui permettraient de créer des sociétés véritablement européennes en 48 heures,
01:24c'est quelque chose qui serait très utile.
01:28La fin de la surtransposition des directives, ce qui fait que les pays transposant différemment, ça n'aide pas à
01:36l'unification du marché,
01:37au fait qu'il soit le même partout.
01:41Et puis les problématiques du nom des marchés de capitaux, du nom de l'épargne et de l'investissement qui
01:45sont aussi très importantes.
01:48Donc pas mal d'éléments, pas mal de boîtes à outils, mais maintenant, évidemment, il faut passer à la matérialisation.
01:55Et donc on attend les prochaines étapes, les prochains sommets pour voir ce qui la ressortira.
02:00A noter que pour l'instant, les pays voisins de la France sont toujours opposés à l'idée d'Emmanuel
02:05Macron de mettre en place des euro-bonds,
02:07à voir comment la situation évolue dans les prochaines semaines.
02:10En tout cas, à court terme, ce qui occupe les marchés actions, Stéphane Koliak, en dehors des résultats d'entreprise,
02:15c'est la situation aux États-Unis, la situation au niveau de l'emploi, on l'a vu mercredi hier,
02:19et puis également la situation au niveau de l'inflation.
02:21Ça tombe bien puisqu'on devrait en savoir plus aujourd'hui à 14h30.
02:24L'inflation américaine au mois de janvier devrait quand même s'éloigner des 3%.
02:30Oui, oui. Nous attendons ça aussi, effectivement.
02:34Donc c'est vrai que quand on se parlait il y a quelques semaines,
02:38on anticipait un pic d'inflation plutôt au printemps 2026, avec un pacte d'État riche douanier.
02:43On l'attendait à 3,5 à peu près.
02:45Bon, maintenant, ce qu'on comprend, c'est qu'on n'ira probablement pas à ce niveau-là,
02:50que le pic d'inflation, c'était probablement septembre dernier à 3% aux États-Unis.
02:55Là, on est à 2,7 en décembre, on attend 2,4 en janvier.
03:00Et même sur le sous-jacent, on anticipe une légère baisse,
03:04parce que janvier, c'est toujours un mois où on a des hausses de début d'année.
03:08Sur le sous-jacent, on attend plus 0,3 par exemple.
03:11Mais il faut se rappeler que c'était plus 0,45 en janvier 2025.
03:15Donc, on est vraiment sur cette perspective de désinflation, y compris aux États-Unis.
03:20Et je pense qu'un élément important pour comprendre pourquoi on a la désinflation un peu partout,
03:26c'est la déflation exportée de la Chine, notamment, qui prévaut un peu partout dans le monde,
03:34mais aussi le caractère désinflationniste de l'innovation.
03:40On n'est pas certain de l'impact de l'IA, par exemple, sur l'inflation à terme.
03:45Certains disent que ça pourrait créer plus d'inflation,
03:48parce que ça soutiendrait la demande au travers, notamment, de l'effet richesse.
03:52On sait qu'aux États-Unis, la consommation est tirée par l'effet richesse.
03:56Donc, quand les marchés boursiers augmentent, on peut avoir une sur-demande.
04:00Et donc, si on est sur une sur-demande, on peut avoir une sur-inflation.
04:03En utilisant beaucoup de l'électricité aux États-Unis pour développer des centres de données,
04:08ça fait de l'inflation sur les prix de l'électricité.
04:10Donc, ça, d'accord.
04:12Mais l'innovation en face de ça, on a souvent observé dans l'histoire qu'elle était désinflationniste,
04:17parce qu'elle fait baisser les prix des anciens biens.
04:22Les nouveaux baissent également.
04:24Je me rappelle d'une recherche qui avait été faite par notre prix Nobel, Gabriel Laguion,
04:28et qui avait réutilisé, enfin, recalculé les séries historiques sur plusieurs décennies en France et aux États-Unis,
04:35et qui avait montré que, quand on avait des innovations,
04:38on sous-estimait souvent l'impact des inflationnistes que ça pouvait avoir.
04:43Et donc, ça veut dire qu'on sous-estimait aussi la croissance de l'économie,
04:47la croissance de la productivité qui était en face de ça.
04:51Donc, une croissance non-inflationniste, c'est ce à quoi on se dirige probablement.
04:54Le consensus, pour l'instant, table sur deux baisses de taux aux États-Unis.
04:58Juin plus septembre, c'est votre scénario également chez BNP Paribas ?
05:01Non, il n'y a pas longtemps, on avait une baisse en mars.
05:06Maintenant, on n'a plus aucune baisse.
05:07Parce qu'on constate que l'inflation est certes plus basse que ce qu'on pouvait penser précédemment.
05:13Donc, ça pourrait augmenter ça.
05:15Mais ça reste une inflation un peu au-delà de la cible quand même.
05:18Et puis, il y a quelques incertitudes sur l'impact effectif de l'IA.
05:23Et là, certains gouverneurs sont plus pour le White NC.
05:28Ils sont, pas des gouverneurs, mais des membres du FOMC, sont plus pour le White NC.
05:33Ils sont plutôt en majorité.
05:35Et en parallèle, on a vu l'évolution des non-farm payrolls, l'évolution du taux de chômage.
05:40Il est à 4,3% ce taux de chômage.
05:42Il est dans la fourchette qui définit le plein emploi aux États-Unis.
05:48Donc, il est plutôt urgent d'attendre avant de voir les prochaines évolutions.
05:52Il nous reste une minute pour parler de la situation française.
05:54La Banque de France estime que, finalement, la croissance devrait être positive au premier trimestre.
06:00Il prévaut entre 0,2 et 0,3%, avec notamment le chef économiste de la Banque de France
06:05qui estime que l'économie française est imperturbable.
06:07Vous êtes d'accord avec cela ?
06:10Alors, imperturbable, moi, je le qualifierais un peu différemment.
06:13Je pense que la France est bien positionnée pour profiter de plusieurs trends
06:18qui sont en train de se renforcer en Europe.
06:22Le réarmement européen, nous sommes les deuxièmes exportateurs mondiaux d'armement.
06:27Alors, ça ne se joue pas beaucoup avec le troisième, probablement,
06:30mais on est quand même en deuxième position.
06:31Donc, ça veut dire qu'on a des entreprises qui sont sur pas mal de secteurs
06:35et en témoignent le contrat qui est en train de se signer avec l'Inde sur les ventes de rafales.
06:41Donc, ce n'est pas qu'en Europe, ça veut dire, mais c'est aussi à l'intérieur de l
06:44'Europe.
06:45On est bien dans l'aéronautique civile, vous en parliez juste avant.
06:50Et donc, ça, c'est important dans le contexte actuel.
06:53Et puis, on est pas mal aussi dans les équipements électriques,
06:56les équipements technologiques, notamment ceux qui sont liés à l'IA.
06:59On a une électricité décarbonée pas trop chère.
07:02En ce moment, on en produit peut-être un peu trop, vu la demande.
07:06Et donc, si on a des centres de données qui viennent et qui en utilisent davantage,
07:09ça veut dire qu'il y a une capacité pour absorber ça.
07:12Et on a aussi une capacité à l'exportation dans ces domaines-là.
07:14Donc, si les autres pays font plus de centres de données,
07:18demandent plus d'équipements électriques, ça nous profitera.
07:20Et pour finir, le dernier argument, c'est l'Allemagne.
07:24Donc, on a vu le rebond très net des nouvelles commandes à l'industrie
07:28vendredi dernier, la donnée qui est sortie vendredi dernier,
07:31enfin jeudi dernier, la semaine précédente.
07:33Une hausse de 30% en deux mois sur les nouvelles commandes
07:38des biens d'équipement.
07:39Et on sait qu'il y a pas mal d'intrants français,
07:41notamment dans ce type de production.
07:43Donc, c'est un bon positionnement dans le contexte actuel, je dirais.
07:47Merci Stéphane Koliak, économiste chez BNP Paribas,
07:49pour revenir à chaud sur le sommet européen qui s'est tenu hier.
07:52L'inflation américaine qui sera à suivre cet après-midi à 14h30
07:55et donc sur la Banque de France qui prévoit entre 0,2 et 0,3% de croissance en France
08:00au premier trimestre.
08:01Le CAC 40 n'est pas sur un record, contrairement à hier,
08:03on cède 0,4%.
Commentaires