00:01Séance importante en ce vendredi avec aujourd'hui la publication des chiffres d'inflation en début d'après-midi,
00:0614h30 heure française, inflation américaine bien sûr, nous parlerons cela dans un instant avec Stéphane Koliak,
00:12mais juste avant un mot du sommet européen. Bonjour Stéphane, merci d'être avec nous, vous êtes économiste chez BNP
00:18Paribas.
00:19En effet, hier les 27 se sont réunis à Anvers afin de faire un petit point un petit peu sur
00:25l'union des marchés de capitaux,
00:26sur comment aujourd'hui permettre aux entreprises d'agrandir leur présence en Europe.
00:32Qu'est-ce que vous retenez vous de ce sommet qui a pu se tenir hier en Belgique ?
00:36C'était une boîte à idées et ça avait été précédé de l'envoi d'une lettre par la centrale
00:42européenne sur les priorités à mettre en avant.
00:45Et il y avait aussi eu la veille une réunion des grands patrons pour un peu les mêmes motifs.
00:51Donc c'était une étape préalable à une discussion qui va se poursuivre.
00:55Notamment le 19 mars, au moment du Conseil européen, où des choses sont formellement proposées.
01:02Ce qu'on peut retenir, c'est ces différents aspects, notamment l'un d'entre eux, c'est achever l
01:11'unification du marché européen,
01:13que ça devienne vraiment un marché intégré.
01:15Donc les initiatives sur le 28e régime qui permettraient de créer des sociétés véritablement européennes en 48 heures,
01:24c'est quelque chose qui serait très utile.
01:28La fin de la surtransposition des directives, ce qui fait que les pays transposant différemment, ça n'aide pas à
01:36l'unification du marché,
01:37au fait qu'il soit le même partout.
01:41Et puis les problématiques du nom des marchés de capitaux, du nom de l'épargne et de l'investissement qui
01:45sont aussi très importantes.
01:48Donc pas mal d'éléments, pas mal de boîtes à outils, mais maintenant, évidemment, il faut passer à la matérialisation.
01:55Et donc on attend les prochaines étapes, les prochains sommets pour voir ce qui la ressortira.
02:00A noter que pour l'instant, les pays voisins de la France sont toujours opposés à l'idée d'Emmanuel
02:05Macron de mettre en place des euro-bonds,
02:07à voir comment la situation évolue dans les prochaines semaines.
02:10En tout cas, à court terme, ce qui occupe les marchés actions, Stéphane Koliak, en dehors des résultats d'entreprise,
02:15c'est la situation aux États-Unis, la situation au niveau de l'emploi, on l'a vu mercredi hier,
02:19et puis également la situation au niveau de l'inflation.
02:21Ça tombe bien puisqu'on devrait en savoir plus aujourd'hui à 14h30.
02:24L'inflation américaine au mois de janvier devrait quand même s'éloigner des 3%.
02:30Oui, oui. Nous attendons ça aussi, effectivement.
02:34Donc c'est vrai que quand on se parlait il y a quelques semaines,
02:38on anticipait un pic d'inflation plutôt au printemps 2026, avec un pacte d'État riche douanier.
02:43On l'attendait à 3,5 à peu près.
02:45Bon, maintenant, ce qu'on comprend, c'est qu'on n'ira probablement pas à ce niveau-là,
02:50que le pic d'inflation, c'était probablement septembre dernier à 3% aux États-Unis.
02:55Là, on est à 2,7 en décembre, on attend 2,4 en janvier.
03:00Et même sur le sous-jacent, on anticipe une légère baisse,
03:04parce que janvier, c'est toujours un mois où on a des hausses de début d'année.
03:08Sur le sous-jacent, on attend plus 0,3 par exemple.
03:11Mais il faut se rappeler que c'était plus 0,45 en janvier 2025.
03:15Donc, on est vraiment sur cette perspective de désinflation, y compris aux États-Unis.
03:20Et je pense qu'un élément important pour comprendre pourquoi on a la désinflation un peu partout,
03:26c'est la déflation exportée de la Chine, notamment, qui prévaut un peu partout dans le monde,
03:34mais aussi le caractère désinflationniste de l'innovation.
03:40On n'est pas certain de l'impact de l'IA, par exemple, sur l'inflation à terme.
03:45Certains disent que ça pourrait créer plus d'inflation,
03:48parce que ça soutiendrait la demande au travers, notamment, de l'effet richesse.
03:52On sait qu'aux États-Unis, la consommation est tirée par l'effet richesse.
03:56Donc, quand les marchés boursiers augmentent, on peut avoir une sur-demande.
04:00Et donc, si on est sur une sur-demande, on peut avoir une sur-inflation.
04:03En utilisant beaucoup de l'électricité aux États-Unis pour développer des centres de données,
04:08ça fait de l'inflation sur les prix de l'électricité.
04:10Donc, ça, d'accord.
04:12Mais l'innovation en face de ça, on a souvent observé dans l'histoire qu'elle était désinflationniste,
04:17parce qu'elle fait baisser les prix des anciens biens.
04:22Les nouveaux baissent également.
04:24Je me rappelle d'une recherche qui avait été faite par notre prix Nobel, Gabriel Laguion,
04:28et qui avait réutilisé, enfin, recalculé les séries historiques sur plusieurs décennies en France et aux États-Unis,
04:35et qui avait montré que, quand on avait des innovations,
04:38on sous-estimait souvent l'impact des inflationnistes que ça pouvait avoir.
04:43Et donc, ça veut dire qu'on sous-estimait aussi la croissance de l'économie,
04:47la croissance de la productivité qui était en face de ça.
04:51Donc, une croissance non-inflationniste, c'est ce à quoi on se dirige probablement.
04:54Le consensus, pour l'instant, table sur deux baisses de taux aux États-Unis.
04:58Juin plus septembre, c'est votre scénario également chez BNP Paribas ?
05:01Non, il n'y a pas longtemps, on avait une baisse en mars.
05:06Maintenant, on n'a plus aucune baisse.
05:07Parce qu'on constate que l'inflation est certes plus basse que ce qu'on pouvait penser précédemment.
05:13Donc, ça pourrait augmenter ça.
05:15Mais ça reste une inflation un peu au-delà de la cible quand même.
05:18Et puis, il y a quelques incertitudes sur l'impact effectif de l'IA.
05:23Et là, certains gouverneurs sont plus pour le White NC.
05:28Ils sont, pas des gouverneurs, mais des membres du FOMC, sont plus pour le White NC.
05:33Ils sont plutôt en majorité.
05:35Et en parallèle, on a vu l'évolution des non-farm payrolls, l'évolution du taux de chômage.
05:40Il est à 4,3% ce taux de chômage.
05:42Il est dans la fourchette qui définit le plein emploi aux États-Unis.
05:48Donc, il est plutôt urgent d'attendre avant de voir les prochaines évolutions.
05:52Il nous reste une minute pour parler de la situation française.
05:54La Banque de France estime que, finalement, la croissance devrait être positive au premier trimestre.
06:00Il prévaut entre 0,2 et 0,3%, avec notamment le chef économiste de la Banque de France
06:05qui estime que l'économie française est imperturbable.
06:07Vous êtes d'accord avec cela ?
06:10Alors, imperturbable, moi, je le qualifierais un peu différemment.
06:13Je pense que la France est bien positionnée pour profiter de plusieurs trends
06:18qui sont en train de se renforcer en Europe.
06:22Le réarmement européen, nous sommes les deuxièmes exportateurs mondiaux d'armement.
06:27Alors, ça ne se joue pas beaucoup avec le troisième, probablement,
06:30mais on est quand même en deuxième position.
06:31Donc, ça veut dire qu'on a des entreprises qui sont sur pas mal de secteurs
06:35et en témoignent le contrat qui est en train de se signer avec l'Inde sur les ventes de rafales.
06:41Donc, ce n'est pas qu'en Europe, ça veut dire, mais c'est aussi à l'intérieur de l
06:44'Europe.
06:45On est bien dans l'aéronautique civile, vous en parliez juste avant.
06:50Et donc, ça, c'est important dans le contexte actuel.
06:53Et puis, on est pas mal aussi dans les équipements électriques,
06:56les équipements technologiques, notamment ceux qui sont liés à l'IA.
06:59On a une électricité décarbonée pas trop chère.
07:02En ce moment, on en produit peut-être un peu trop, vu la demande.
07:06Et donc, si on a des centres de données qui viennent et qui en utilisent davantage,
07:09ça veut dire qu'il y a une capacité pour absorber ça.
07:12Et on a aussi une capacité à l'exportation dans ces domaines-là.
07:14Donc, si les autres pays font plus de centres de données,
07:18demandent plus d'équipements électriques, ça nous profitera.
07:20Et pour finir, le dernier argument, c'est l'Allemagne.
07:24Donc, on a vu le rebond très net des nouvelles commandes à l'industrie
07:28vendredi dernier, la donnée qui est sortie vendredi dernier,
07:31enfin jeudi dernier, la semaine précédente.
07:33Une hausse de 30% en deux mois sur les nouvelles commandes
07:38des biens d'équipement.
07:39Et on sait qu'il y a pas mal d'intrants français,
07:41notamment dans ce type de production.
07:43Donc, c'est un bon positionnement dans le contexte actuel, je dirais.
07:47Merci Stéphane Koliak, économiste chez BNP Paribas,
07:49pour revenir à chaud sur le sommet européen qui s'est tenu hier.
07:52L'inflation américaine qui sera à suivre cet après-midi à 14h30
07:55et donc sur la Banque de France qui prévoit entre 0,2 et 0,3% de croissance en France
08:00au premier trimestre.
08:01Le CAC 40 n'est pas sur un record, contrairement à hier,
08:03on cède 0,4%.
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