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  • il y a 10 heures
Ce lundi 2 mars, les réactions des marchés actions face à la guerre en Iran,ont a été abordées par Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:01Florian Yelpo en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IEM.
00:04Bonjour Florian, merci de nous accorder quelques minutes ce matin pour revenir à chaud sur ces différentes variations,
00:10avec donc le marché qui repasse en risk-off, qui s'allège un petit peu sur la partie action.
00:16A l'inverse, on a une once d'or qui gagne un peu plus de 3%.
00:19Et puis le marché des taux également qui est recherché, notamment sur les souverains.
00:23Mine de rien, vous avez un 10 ans américain qui est à 3,96.
00:26C'est quand même un plus bas de 17 mois quand le 10 ans français est à 3,23.
00:32Bonjour à tous, bonjour Etienne, merci de me recevoir.
00:36Effectivement, il faut garder en tête qu'on sort d'une période relativement bénéfique pour un grand nombre d'investisseurs.
00:44On a vu un rallye notamment des actions européennes, des actions émergentes assez soutenues, notamment au cours du mois de
00:51février.
00:52Donc on arrive dans cette espèce d'environnement où on est préparé pour le meilleur.
00:56Et soudainement, le pire arrive.
00:58Alors, au-delà de la situation humaine sur place qui est catastrophique, il faut bien garder en tête quelles sont
01:04les conséquences de marché.
01:06Ces conséquences de marché doivent se lire dans la progression des prix du pétrole.
01:11S'il y a un élément à retenir en termes de conséquences de marché de cette situation, c'est jusqu
01:16'où va aller le prix du baril.
01:18Alors, pourquoi c'est important ? Parce que quand le prix du baril progresse très fortement, ça a deux conséquences
01:24principales.
01:24La première, c'est que ça détruit de la demande.
01:26Vous allez avoir un impact sur les conditions de vie, sur la cherté des conditions de vie, la cherté des
01:31prix à la production.
01:33Et d'un autre côté, ça va également détruire de la demande parce qu'évidemment, à salaire inchangé, lorsque le
01:38coût de la vie progresse, vous consommez moins.
01:41C'est ce qu'on appelle un stock de stagflation et ce mélange des deux est difficile à manipuler d
01:47'un point de vue investissement.
01:49Pourquoi ? Parce que les matières premières, vous l'avez dit, font très bien dans ce genre d'environnement, mais
01:53ça peut peser à court terme et peut-être même à moyen terme sur la trajectoire de profit des entreprises
01:58et du coup sur les marchés actions.
02:00Il faut juste, pour terminer, garder bien en tête qu'une progression des prix du baril de 10% n
02:06'a rien à voir en termes de conséquences avec la progression des prix du baril de 50%.
02:11C'est-à-dire, si on arrivait à 100$ le baril sur le WTI, donc sur la partie la
02:15plus suite de la production de pétrole, on aurait des conséquences qui seraient disproportionnées, si vous voulez, en termes de
02:23destruction de demandes et en termes de contribution à l'inflation.
02:25Selon nos calculs, moins 2% de croissance aux Etats-Unis si on arrive à 100$ le baril et
02:31quelque part à peu près plus 1,5% à plus 2% d'inflation aux Etats-Unis en même
02:36temps.
02:37C'est un choc difficile à manœuvrer et pour les banquiers centraux et pour nous, les gérants de portefeuille.
02:42Quand vous voyez des indices européens qui cèdent de l'ordre de 2% ce matin à l'ouverture, le
02:46baril de pétrole qui prend 9% sur le niveau de panique, de stress, où est-ce que pour l
02:51'instant vous évaluez le marché ?
02:53Pour l'instant, la panique est relativement limitée. Une baisse de 2%, il faut voir jusqu'où ça peut aller
02:58dans la journée, est-ce qu'on n'aura pas des forces de rachat d'ici la fin de la
03:01journée.
03:02S'il y a une chose qu'on a appris des droits de douane, c'est la suivante, c'est
03:05-à-dire que si le choc n'est pas suffisamment fort pour générer une récession,
03:10globalement vous allez trouver des investisseurs qui vont venir racheter chacune des baisses.
03:14Et ça c'est un élément qui doit être structurant pour notre pensée de l'allocation d'actifs.
03:18Donc pour le moment, encore une fois, on rentre dans ce choc relativement mal préparé, pas nous, nous, mais les
03:24marchés,
03:25c'est-à-dire que le VIX était à peu près à 17 quand on y est rentré, les portefeuilles
03:30sont plutôt sur point des réactions globalement,
03:32les gens encouragent cette grande rotation. Aujourd'hui on le voit, quels sont les indices qui souffrent le plus ?
03:37C'est plutôt l'Europe justement, c'est plutôt les top performers de ce début d'année,
03:40plutôt que les actions US et ce qui a déjà beaucoup souffert, c'est-à-dire la technologie.
03:46Miraculeusement, ce matin, on ne parle plus de rotation.
03:49On ne parle plus de rotation et un sujet en cache un autre, on ne parle plus non plus de
03:52Apollo qui a perdu 9% vendredi soir à la clôture,
03:55des craintes sur l'intelligence artificielle, sur les craintes sur la partie du crédit.
03:59C'est vrai qu'à court terme, ces sujets-là sont gommés mais seront toujours existentiels.
04:05Absolument. La géopolitique, c'est quelque chose qui est devenu prépondérant depuis 2025, c'est très clair.
04:10Quand on regarde les corrélations entre les performances des marchés et ces indices, vous savez,
04:14de risque géopolitique dont on dispose désormais, qui analyse le news flow des médias,
04:20on voit très clairement la prépondérance du risque géopolitique, on le lit dans le prix de l'or tout simplement.
04:25Simplement, il ne faut pas s'arrêter à cette progression du risque géopolitique.
04:29Pour le moment, une progression contenue du prix du pétrole ne change pas le narratif global des marchés en 2026.
04:37Pour le moment, simplement, c'est un choc d'une ampleur qui reste relativement incertaine.
04:43Et l'ampleur du choc est l'élément le plus important, justement, en termes de politique d'investissement
04:48pour les portefeuilles des grands investisseurs dans ces prochaines semaines.
04:52Quels sont les éléments que vous allez suivre cette semaine sur les marchés ?
04:55Florian-Yelpo, comme chaque premier vendredi du mois, nous aurons en fin de semaine
04:59les chiffres de l'emploi aux États-Unis, l'actualité en Chine également, avec les deux sessions.
05:04Et puis, on aura également pas mal d'indicateurs européens.
05:06Bref, en dehors de ce dossier iranien, il y aura également du pain sur la planche.
05:12Il y a du pain sur la planche.
05:13Et puis, c'est la première semaine du mois, celle au cours de laquelle on a les publications
05:18des grands chiffres économiques du mois, notamment ce qu'on appelle les ISM.
05:22Vous savez, ces indicateurs avancés de la croissance à la fois du côté manufacturier aujourd'hui
05:27et du côté service mercredi, si je ne me trompe pas.
05:30Il y aura également les créations d'emplois vendredi aux États-Unis.
05:33Donc, tout ça, ce sont des marqueurs importants, surtout pour préparer l'arrivée de Walsh
05:37à la tête de la réserve fédérale américaine.
05:40Et le dernier point, on aura également l'inflation européenne demain.
05:43Un point important en termes de politique monétaire pour la BCE et pour l'héritage,
05:49le grand héritage de Christine Lagarde.
05:51Donc, une semaine riche en événements, mais du côté macro et du côté géopolitique.
05:56Avec, à rappeler ce matin, un marché obligataire qui continue de se détendre.
06:00Peut-être un dernier mot là-dessus, Florian Elpo, avec donc un 10 ans américain
06:04qui revient ce matin très largement sous les 4%, à 3,95.
06:08Un 10 ans français qui est à 3,2%.
06:10C'est vrai que là, le marché met totalement de côté les baisses de taux.
06:14Là, on est typiquement sur une réaction risk-off.
06:17Oui, absolument.
06:18C'est un élément particulièrement important à regarder.
06:20Pourquoi ? Parce que le niveau des taux est à la confluence de deux facteurs.
06:25Premier facteur, je vais être très rapide.
06:26Le premier facteur, c'est, encore une fois, on est face à une potentielle destruction de demande.
06:31Ça, c'est plutôt périche, c'est-à-dire que c'est plutôt bon pour faire baisser le niveau des
06:36taux
06:36et donc bon pour la performance des obligations.
06:38Et de l'autre côté, on est face à potentiellement un nouveau choc d'inflation,
06:42alors d'une ampleur bien moindre que ce qu'on a vu en 2021.
06:45Mais néanmoins, on pourrait aussi avoir cette prime inflation revisitée à la hausse.
06:50Donc, observer les taux permet de savoir vers de quel côté penche la balance dans le cœur des investisseurs,
06:56soit du côté inflation, soit du côté croissance.
06:58De quoi devrait-on s'inquiéter ?
07:00Ce sont les taux, notamment les taux américains à 10 ans, qui en seront le juge probablement.
07:04Comment arbitrer son portefeuille dans ce contexte ?
07:06Vous serez avec nous dans une demi-heure et avec Pierre Pléanchet de Amundi
07:11afin de revenir sur cette actualité qui change un petit peu la donne,
07:15en tout cas à court terme sur les marchés,
07:17avec un CAC 40 qui cède 2% moins 2,5% pour l'Eurostock 50.
07:21Merci beaucoup Florian Lielpau, en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier-IEM.
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