00:01Florian Yelpo en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IEM.
00:04Bonjour Florian, merci de nous accorder quelques minutes ce matin pour revenir à chaud sur ces différentes variations,
00:10avec donc le marché qui repasse en risk-off, qui s'allège un petit peu sur la partie action.
00:16A l'inverse, on a une once d'or qui gagne un peu plus de 3%.
00:19Et puis le marché des taux également qui est recherché, notamment sur les souverains.
00:23Mine de rien, vous avez un 10 ans américain qui est à 3,96.
00:26C'est quand même un plus bas de 17 mois quand le 10 ans français est à 3,23.
00:32Bonjour à tous, bonjour Etienne, merci de me recevoir.
00:36Effectivement, il faut garder en tête qu'on sort d'une période relativement bénéfique pour un grand nombre d'investisseurs.
00:44On a vu un rallye notamment des actions européennes, des actions émergentes assez soutenues, notamment au cours du mois de
00:51février.
00:52Donc on arrive dans cette espèce d'environnement où on est préparé pour le meilleur.
00:56Et soudainement, le pire arrive.
00:58Alors, au-delà de la situation humaine sur place qui est catastrophique, il faut bien garder en tête quelles sont
01:04les conséquences de marché.
01:06Ces conséquences de marché doivent se lire dans la progression des prix du pétrole.
01:11S'il y a un élément à retenir en termes de conséquences de marché de cette situation, c'est jusqu
01:16'où va aller le prix du baril.
01:18Alors, pourquoi c'est important ? Parce que quand le prix du baril progresse très fortement, ça a deux conséquences
01:24principales.
01:24La première, c'est que ça détruit de la demande.
01:26Vous allez avoir un impact sur les conditions de vie, sur la cherté des conditions de vie, la cherté des
01:31prix à la production.
01:33Et d'un autre côté, ça va également détruire de la demande parce qu'évidemment, à salaire inchangé, lorsque le
01:38coût de la vie progresse, vous consommez moins.
01:41C'est ce qu'on appelle un stock de stagflation et ce mélange des deux est difficile à manipuler d
01:47'un point de vue investissement.
01:49Pourquoi ? Parce que les matières premières, vous l'avez dit, font très bien dans ce genre d'environnement, mais
01:53ça peut peser à court terme et peut-être même à moyen terme sur la trajectoire de profit des entreprises
01:58et du coup sur les marchés actions.
02:00Il faut juste, pour terminer, garder bien en tête qu'une progression des prix du baril de 10% n
02:06'a rien à voir en termes de conséquences avec la progression des prix du baril de 50%.
02:11C'est-à-dire, si on arrivait à 100$ le baril sur le WTI, donc sur la partie la
02:15plus suite de la production de pétrole, on aurait des conséquences qui seraient disproportionnées, si vous voulez, en termes de
02:23destruction de demandes et en termes de contribution à l'inflation.
02:25Selon nos calculs, moins 2% de croissance aux Etats-Unis si on arrive à 100$ le baril et
02:31quelque part à peu près plus 1,5% à plus 2% d'inflation aux Etats-Unis en même
02:36temps.
02:37C'est un choc difficile à manœuvrer et pour les banquiers centraux et pour nous, les gérants de portefeuille.
02:42Quand vous voyez des indices européens qui cèdent de l'ordre de 2% ce matin à l'ouverture, le
02:46baril de pétrole qui prend 9% sur le niveau de panique, de stress, où est-ce que pour l
02:51'instant vous évaluez le marché ?
02:53Pour l'instant, la panique est relativement limitée. Une baisse de 2%, il faut voir jusqu'où ça peut aller
02:58dans la journée, est-ce qu'on n'aura pas des forces de rachat d'ici la fin de la
03:01journée.
03:02S'il y a une chose qu'on a appris des droits de douane, c'est la suivante, c'est
03:05-à-dire que si le choc n'est pas suffisamment fort pour générer une récession,
03:10globalement vous allez trouver des investisseurs qui vont venir racheter chacune des baisses.
03:14Et ça c'est un élément qui doit être structurant pour notre pensée de l'allocation d'actifs.
03:18Donc pour le moment, encore une fois, on rentre dans ce choc relativement mal préparé, pas nous, nous, mais les
03:24marchés,
03:25c'est-à-dire que le VIX était à peu près à 17 quand on y est rentré, les portefeuilles
03:30sont plutôt sur point des réactions globalement,
03:32les gens encouragent cette grande rotation. Aujourd'hui on le voit, quels sont les indices qui souffrent le plus ?
03:37C'est plutôt l'Europe justement, c'est plutôt les top performers de ce début d'année,
03:40plutôt que les actions US et ce qui a déjà beaucoup souffert, c'est-à-dire la technologie.
03:46Miraculeusement, ce matin, on ne parle plus de rotation.
03:49On ne parle plus de rotation et un sujet en cache un autre, on ne parle plus non plus de
03:52Apollo qui a perdu 9% vendredi soir à la clôture,
03:55des craintes sur l'intelligence artificielle, sur les craintes sur la partie du crédit.
03:59C'est vrai qu'à court terme, ces sujets-là sont gommés mais seront toujours existentiels.
04:05Absolument. La géopolitique, c'est quelque chose qui est devenu prépondérant depuis 2025, c'est très clair.
04:10Quand on regarde les corrélations entre les performances des marchés et ces indices, vous savez,
04:14de risque géopolitique dont on dispose désormais, qui analyse le news flow des médias,
04:20on voit très clairement la prépondérance du risque géopolitique, on le lit dans le prix de l'or tout simplement.
04:25Simplement, il ne faut pas s'arrêter à cette progression du risque géopolitique.
04:29Pour le moment, une progression contenue du prix du pétrole ne change pas le narratif global des marchés en 2026.
04:37Pour le moment, simplement, c'est un choc d'une ampleur qui reste relativement incertaine.
04:43Et l'ampleur du choc est l'élément le plus important, justement, en termes de politique d'investissement
04:48pour les portefeuilles des grands investisseurs dans ces prochaines semaines.
04:52Quels sont les éléments que vous allez suivre cette semaine sur les marchés ?
04:55Florian-Yelpo, comme chaque premier vendredi du mois, nous aurons en fin de semaine
04:59les chiffres de l'emploi aux États-Unis, l'actualité en Chine également, avec les deux sessions.
05:04Et puis, on aura également pas mal d'indicateurs européens.
05:06Bref, en dehors de ce dossier iranien, il y aura également du pain sur la planche.
05:12Il y a du pain sur la planche.
05:13Et puis, c'est la première semaine du mois, celle au cours de laquelle on a les publications
05:18des grands chiffres économiques du mois, notamment ce qu'on appelle les ISM.
05:22Vous savez, ces indicateurs avancés de la croissance à la fois du côté manufacturier aujourd'hui
05:27et du côté service mercredi, si je ne me trompe pas.
05:30Il y aura également les créations d'emplois vendredi aux États-Unis.
05:33Donc, tout ça, ce sont des marqueurs importants, surtout pour préparer l'arrivée de Walsh
05:37à la tête de la réserve fédérale américaine.
05:40Et le dernier point, on aura également l'inflation européenne demain.
05:43Un point important en termes de politique monétaire pour la BCE et pour l'héritage,
05:49le grand héritage de Christine Lagarde.
05:51Donc, une semaine riche en événements, mais du côté macro et du côté géopolitique.
05:56Avec, à rappeler ce matin, un marché obligataire qui continue de se détendre.
06:00Peut-être un dernier mot là-dessus, Florian Elpo, avec donc un 10 ans américain
06:04qui revient ce matin très largement sous les 4%, à 3,95.
06:08Un 10 ans français qui est à 3,2%.
06:10C'est vrai que là, le marché met totalement de côté les baisses de taux.
06:14Là, on est typiquement sur une réaction risk-off.
06:17Oui, absolument.
06:18C'est un élément particulièrement important à regarder.
06:20Pourquoi ? Parce que le niveau des taux est à la confluence de deux facteurs.
06:25Premier facteur, je vais être très rapide.
06:26Le premier facteur, c'est, encore une fois, on est face à une potentielle destruction de demande.
06:31Ça, c'est plutôt périche, c'est-à-dire que c'est plutôt bon pour faire baisser le niveau des
06:36taux
06:36et donc bon pour la performance des obligations.
06:38Et de l'autre côté, on est face à potentiellement un nouveau choc d'inflation,
06:42alors d'une ampleur bien moindre que ce qu'on a vu en 2021.
06:45Mais néanmoins, on pourrait aussi avoir cette prime inflation revisitée à la hausse.
06:50Donc, observer les taux permet de savoir vers de quel côté penche la balance dans le cœur des investisseurs,
06:56soit du côté inflation, soit du côté croissance.
06:58De quoi devrait-on s'inquiéter ?
07:00Ce sont les taux, notamment les taux américains à 10 ans, qui en seront le juge probablement.
07:04Comment arbitrer son portefeuille dans ce contexte ?
07:06Vous serez avec nous dans une demi-heure et avec Pierre Pléanchet de Amundi
07:11afin de revenir sur cette actualité qui change un petit peu la donne,
07:15en tout cas à court terme sur les marchés,
07:17avec un CAC 40 qui cède 2% moins 2,5% pour l'Eurostock 50.
07:21Merci beaucoup Florian Lielpau, en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier-IEM.
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