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Jeudi 19 mars 2026, retrouvez Meyer Azogui (Co-Président, Groupe Cyrus) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.

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Transcription
00:04Jusqu'où ira la consolidation du secteur des CGP et surtout quelle tendance se dessine au sein de cette consolidation
00:10en cours du marché ?
00:11Voilà le sujet qui va nous animer à présent avec Meyer Azogui, le président du groupe Cirrus.
00:16Bonjour Meyer Azogui.
00:17Bonjour Nicolas.
00:17Merci d'être avec nous. On va évoquer avec vous cette consolidation à l'oeuvre depuis plusieurs années
00:22et qui continue sur le secteur des professionnels de la gestion de patrimoine.
00:26Vous constatez qu'il y a eu plusieurs tendances sur ce marché.
00:30Il y a d'abord eu des cabinets qui se sont rachetés entre eux.
00:33Ensuite, les fonds de private equity sont arrivés sur le marché.
00:37Et on voit maintenant les mutualistes arriver également sur le marché.
00:41Comment est-ce que vous analysez, vous, cette grande phase de consolidation qu'on voit depuis plusieurs années
00:47sur ce secteur de la gestion de patrimoine, groupe Cirrus, qui a lui-même réalisé un certain nombre d'acquisitions.
00:52Et on parlera dans un instant de l'évolution peut-être aussi à venir côté Cirrus.
00:57Écoutez, c'est une phase un petit peu naturelle de tout marché qui consolide.
01:02J'avoue que l'arrivée des industriels, nous l'attendions pour un temps futur, elle arrive un petit peu plus
01:08tôt.
01:08Il faut voir si c'est une tendance de fonds ou pas.
01:11Ce que l'on voit, encore une fois, c'est un marché qui a besoin d'être structuré, qui a
01:15besoin de grandir
01:17et qui voit arriver, je crois qu'il y a aujourd'hui 25 fonds d'investissement, je n'arrive plus
01:22à les compter.
01:23Donc forcément, il y en a beaucoup.
01:25Il y a eu des fonds small cap, mid cap, maintenant large cap.
01:30Nous sommes quelques-uns à avoir des fonds large cap dans le capital.
01:33Donc c'est quelque chose de naturel pour un marché qui est en phase de consolidation, concentration.
01:39Mais avec d'autres caractéristiques, il n'y a pas simplement le rapprochement, je crois qu'il y a aussi
01:43une vivacité du marché.
01:45Il y a beaucoup de nouveaux entrants, qui sont d'ailleurs souvent des appellations de multi-familier office,
01:51qui est un terme intéressant, qui va peut-être vers la tendance vers laquelle nous devrions aller.
01:56Moi, j'assimile familier office, pas simplement à facturation d'honoraires, mais à une plus grande transparence,
02:02qui de toutes les façons est là.
02:04Donc ces acteurs, aujourd'hui, sont encore un peu trop nombreux.
02:08Je pense que le marché va se durcir un petit peu, parce que les coûts d'acquisition sont élevés,
02:12les coûts de financement sont élevés, et il faut trouver un chemin commun avec des vraies synergies,
02:19des synergies de revenus.
02:21Et je pense, en tout cas, nous, le modèle que nous essayons de mettre en place chez Cirrus,
02:25c'est de faire grandir des cabinets qui nous rejoignent.
02:29On peut en citer quelques-uns qui sont là depuis 3-4 ans, qui ont doublé de taille en 3
02:33-4 ans.
02:33D'accord.
02:34Parce qu'il y a aujourd'hui beaucoup de CGP qui ont le savoir-faire technique,
02:39qui ont le savoir-être pour traiter des clients de plus en plus importants,
02:44mais qui n'ont pas encore suffisamment d'images, de sécurisation, la profondeur de l'offre.
02:50Et tout ça est en train d'arriver avec la taille, avec les limites que ça peut apporter aussi,
02:54parce que la taille ne doit pas nous amener à ressembler à ceux qui ne voulons pas ressembler.
03:00De gestion de patrimoine qui ne serait pas forcément dans l'accompagnement personnalisé de ses clients.
03:04C'est la question que peuvent se poser pas mal de monde.
03:06Absolument.
03:06C'est pour ça que chez Cirrus, nous avons l'obsession aujourd'hui d'identifier ce qu'on a appelé
03:11le génome du CGP.
03:13Qu'est-ce qui a fait que sur ce marché, il y a 30 ans, 40 ans, on n'existait
03:16pas,
03:17et qu'aujourd'hui, nous représentons un petit peu moins de 10% de parts de marché,
03:20avec une tendance qui augmente, même si la tendance n'est pas suffisamment forte ?
03:25Qu'est-ce qui a fait ? Pourquoi est-ce que les clients viennent nous voir ?
03:28Et donc il y a certaines caractéristiques, et c'est ces caractéristiques que nous ne devons absolument pas perdre.
03:33Mettre au cœur de notre dispositif l'architecture ouverte, l'ingénierie patrimoniale,
03:39la proximité, la disponibilité, la pérennité de la relation.
03:43Dans le groupe, plus d'un salarié sur deux est actionnaire.
03:45Alors, c'est notre plus grande fierté, 55% des salariés, des 550 personnes, sont actionnaires.
03:5370% des gérants privés, des gérants de fortune, ceux qui sont en relation avec les clients, sont actionnaires.
03:58Donc on voit bien qu'il y a des modèles différents qui sont en train de se constituer sur le
04:02marché,
04:02parce que l'arrivée d'un mutualiste pose forcément la question de la phase d'après.
04:06Exactement. Qu'est-ce que ça veut dire que des mutualistes arrivent sur le marché des CGP aujourd'hui ?
04:10Alors effectivement, vous l'avez dit, il y a un certain nombre de fonds qui y sont depuis plusieurs années.
04:13L'arrivée des mutualistes, comment on l'interprète ? Qu'est-ce que ça dit du marché des CGP aujourd
04:19'hui ?
04:20Les mutualistes ont du temps devant eux. Ils valident, comme beaucoup de monde, que notre marché est en croissance.
04:27Ils voient derrière. Les mutualistes, ça voit loin, ça voit très long.
04:30C'est de l'actualisation de flux futur, en disant que le marché, notamment de la retraite, arrive.
04:38Il est évident, c'est une question d'année, et ils souhaitent prendre une part sur ce marché.
04:43La question, c'est de savoir, est-ce qu'ils arrivent en tant que distributeurs qui vont intégrer des CGP,
04:48qui seront leurs forces de vente demain ?
04:50Bien évidemment qu'ils ne peuvent pas arriver avec ce langage.
04:53Bien sûr, oui.
04:54Parce qu'ils feraient fuir pas mal de monde.
04:56Mais ce n'est pas impossible que beaucoup d'acteurs industriels trouvent une source de distribution auprès des CGP.
05:03Et le groupe Cyrus, avec notamment l'activité de Well, Cyrus et Rez, a la volonté de grossir suffisamment pour
05:11être indigeste pour tout groupe qui viendrait vouloir nous intégrer.
05:16Parce qu'à vouloir nous intégrer, il nous désintégrerait.
05:19Donc on doit rester ce que nous sommes.
05:21Et pour ça, on a besoin d'être plus fort, plus grand, et pouvoir peser dans les discussions avec nos
05:30actionnaires.
05:30Quand on est valorisé plus d'un milliard, est-ce que...
05:33Alors je ne sais pas si c'est en euros ou en dollars d'ailleurs, mais quand on discute avec
05:36Payet Partners, j'imagine que c'est en dollars.
05:38C'est en euros, c'est un fonds français, j'en suis très très fier d'avoir un fonds français,
05:44un des plus beaux fonds européens, qui sait accompagner des entreprises dans la durée.
05:50Et donc quand on valorise...
05:51Quand on est valorisé plus d'un milliard d'euros, donc 1,2 milliard, est-ce qu'on commence à
05:56devenir indigeste pour des mutualistes ?
05:59Je ne pense pas que la valeur soit... Non, pour les mutualistes, ils ont de l'argent, plus ou moins,
06:04mais non.
06:04Ce qui rend indigeste, le terme est peut-être un petit peu exagéré, c'est d'être suffisamment iconoclaste pour
06:10que notre futur actionnaire, s'il est industriel, comprenne bien qu'il n'a pas intérêt à casser le modèle.
06:16Nous intégrer pour dire demain vous êtes une force de distribution, c'est de la perte de la valeur.
06:22Il faut qu'il y ait des acteurs non bancaires forts qui sont sur ces piliers dont je parlais, l
06:27'architecture ouverte, la profondeur de l'offre, l'ingénierie patrimoniale, cette empathie,
06:32non pas que les banquiers n'ont pas d'empathie, ce serait stupide de le dire, c'est la façon
06:36dont nous travaillons le temps long avec une offre plus large,
06:40et sans avoir, il faut le dire aussi, les inconvénients du statut bancaire.
06:45Nous avons beaucoup d'une réglementation qui est florissante, des millefeuilles qui viennent se rajouter, mais qui sont aussi quelque
06:53part une barrière à l'entrée.
06:56Mais nous déplorons que par moment, elles empêchent certains CGP, on les voit aujourd'hui, dire j'en peux plus,
07:03avant je passais 90% avec mes clients,
07:05aujourd'hui j'en passe moins de la moitié parce qu'il faut remplir des documents toute la journée.
07:10On espère tous que l'IA va nous aider à faciliter, mais il peut y avoir un effet pervers, il
07:16y a une volonté de protection de l'épargnement qui est nécessaire,
07:18mais parfois elle va un petit peu trop loin. Le mérite c'est qu'elle élimine aussi les canards boiteux,
07:24il n'y en a quasiment pas dans notre profession.
07:26Nous sommes dans une activité réglementée mais qui s'est énormément professionnalisée et cette taille permet de le faire.
07:33Et encore une fois, toutes les analyses stratégiques prouvent que c'est un marché qui est amené à se développer
07:38avec plusieurs modèles.
07:39Nous souhaitons garder la caractéristique des salariés associés au capital. Il y a aujourd'hui 85 nouveaux salariés.
07:47Parce qu'il y a donc ce fonds PAI Partner qui va rentrer au capital du groupe Cirrus, on parle
07:52de 60% de prise du capital.
07:54Environ 60% tout à fait.
07:56Ça veut dire qu'il en reste 40% donc aux mains du groupe Cirrus et vous avez cette volonté
08:00de partager le capital avec les salariés.
08:02Il y a 85 nouvelles personnes qui n'étaient pas actionnaires qui le deviennent.
08:06D'accord.
08:06Donc nous avons une part du capital moins grande, même si on a encore 40% ce qui est quand
08:10même significatif,
08:12mais il y a de plus en plus de monde qui participe.
08:15Et ça c'est un modèle que nous souhaitons pérenniser qui fera que nous pourrons être indigestes aussi
08:21et que notre actionnaire futur doit comprendre que c'est une valeur ajoutée énorme dans la relation avec nos clients,
08:28dans cet alignement d'intérêts qu'il peut y avoir.
08:31Et contrairement aux absurdités, pour ne pas dire imbécilités qu'on peut entendre,
08:35parce qu'il y a un fonds majoritaire, on va vendre des produits, c'est du n'importe quoi.
08:40La vraie valeur de notre entreprise, c'est la confiance de nos clients et ce n'est pas parce qu
08:44'on a un fonds majoritaire
08:45qu'on devient un voyou ou qu'on ne respecte pas nos clients qui nous ont fait et sans eux,
08:51la valeur de notre entreprise ne vaut rien du tout.
08:54Quelle stratégie pour Cirrus avec l'entrée de PAI Partners au capital à venir ?
08:58C'est une accélération avec toujours deux moteurs, la croissance organique et la croissance externe.
09:05La croissance organique est indispensable, c'est la vitalité d'une entreprise.
09:09Sans croissance organique, il ne peut pas y avoir de pérennité.
09:12Donc nous allons recruter, nous sommes en phase de recrutement.
09:15Je ne sais pas où est la caméra, amis banquiers, amis CGP, venez nous rejoindre et participer à cette magnifique
09:21aventure
09:21qui dure maintenant depuis 37 ans.
09:24En tant que collaborateur par recrutement, mais également de la croissance externe par l'arrivée,
09:30je pense qu'il va y avoir de plus en plus de convergence entre les métiers du MFO dont on
09:34parlait et de la gestion de fortune.
09:36Il y a un modèle à trouver, probablement hybride, entre le 100% honoraire qui exclut 100% des rémunérations
09:43et d'accepter des rémunérations qui sont disclosées, transparentes, avec un hall inclusif.
09:49Et donc la croissance externe, d'abord en France, ensuite en Europe, c'est un mouvement européen qui est en
09:56train de se mettre en place.
09:57Les Français sont tout petits, nous sommes quelques-uns à gérer plus de 10 milliards.
10:01Les Anglo-Saxons, même en Europe du Nord, des Soderbergh gèrent plus de 100 milliards.
10:06En Angleterre, des Evelyne ou d'autres gèrent plutôt 200 milliards.
10:12Donc eux vont arriver.
10:14D'accord.
10:15Et donc à un moment...
10:16Il faut y aller aussi.
10:17Il faut y aller. Soit on est sur un marché en consolidation, soit nous sommes un des acteurs de la
10:23consolidation,
10:23soit nous sommes une cible de la consolidation.
10:26Avec PAI, notre objectif est de faire en sorte que dans 5 ans, nous soyons un des acteurs de cette
10:31consolidation européenne,
10:34en accompagnant d'abord les clients français à l'étranger, dans les pays francophones,
10:38la Suisse, Luxembourg, Belgique,
10:40mais de plus en plus en dehors parce que les Français voyagent beaucoup, s'installent et il y a une
10:46population française qui est à l'étranger.
10:49Et une fois qu'on aura su servir cette population, on s'attaquera à une population locale.
10:55Mais vous savez, j'aime à répéter que Cyrus, en étant un des leaders en France, ne détient que 0
11:02,5% de part de marché.
11:04Donc c'est bien d'aller à l'étranger, mais nous avons encore beaucoup de choses à faire en France.
11:080,5% de part de marché sur l'ensemble du Ouest.
11:11Bien sûr.
11:11Et 1% pour les clients qui nous confient plus de 258 euros.
11:15Donc il y a de quoi faire en France par la croissance orainique, de la croissance externe, tout en gardant
11:20notre âme.
11:20C'est ce que je mets vertu à faire avec Patrick Anansia au quotidien.
11:25Rapidement, sur le temps qui nous reste, vous avez mentionné les nouveaux acteurs qui arrivent, les nouveaux CGP qui arrivent
11:30sur le marché.
11:31C'est vrai qu'on en croise beaucoup, des jeunes qui ouvrent des cabinets et qui collectent assez rapidement.
11:37Absolument.
11:37Qu'est-ce que ça nous dit des attentes des clients et du secteur aujourd'hui ?
11:41Ils répondent à une demande qui n'est pas aujourd'hui suffisamment servie par les banques.
11:47Il y a une segmentation qui se fait de plus en plus.
11:49Il ne faut pas négliger la force des banques qui ont des parcours de digitalisation très forts,
11:56qui ont du mal encore à rivaliser avec des révolutes ou d'autres acteurs,
12:03mais qui sont présents, mais qui n'arrivent pas encore.
12:07Il y a un ventre mou, l'expression n'est pas très jolie,
12:09de clients qui ne sont pas suffisamment riches pour être traités par des pure players
12:14qui en dessous de 10, 20 millions ne vous regardent pas.
12:16Et donc nous, notre objectif au sein de Cirrus, c'est d'attaquer ce marché au-delà d'un million.
12:22Allez-y, on doit prendre une prochaine entre 1 et 10 millions,
12:24qui n'est pas suffisamment servie.
12:26Et ces nouveaux entrants, CGP, family officer, répondent à une demande qui est là.
12:34Ce sont de très bons techniciens qui ont un bon réseau, un relationnel,
12:39qui fait que les clients les suivent.
12:41Ils travaillent avec des experts comptables, des avocats, des spécialistes de la fusion.
12:44Et ils sont en train d'apporter ce dynamisme qui fait que le nombre de CGP augmente malgré la concentration,
12:51malgré ceux qui partent à la retraite ou ceux qui vendent.
12:54Le nombre de cabinets, globalement, augmente de 30 à 40, ne serait-ce qu'à la scène CGP,
12:59qui est le syndicat auquel nous appartenons.
13:01Il y a 40 à 50 nouveaux cabinets par mois.
13:04D'accord.
13:05Ça prouve qu'il y a une dynamique qui est là.
13:07Et nous avons une chance énorme d'être sur ce marché qui est en développement.
13:10Il y a encore énormément de choses à faire.
13:12Merci beaucoup, Meïa Razoghi, de nous avoir accompagné dans Enjeu Patrimoine.
13:16Je rappelle que vous êtes co-président du groupe Serus.
13:18Merci beaucoup.
13:19Merci Nicolas.
13:19Et quant à nous, on se retrouve tout de suite dans L'œil de l'expert.
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