00:03Et on commence tout de suite avec patrimoine thématique pour un focus sur les derniers enjeux en matière de crypto
00:08actifs en France mais aussi en Europe.
00:10Pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir sur le plateau de Smart Patrimoine Laurent Envion. Bonjour Laurent.
00:14Bonjour Nicolas.
00:15Merci d'être avec nous, directeur innovation et directeur du développement de DLPK mais aussi vice-président de l'ADAN.
00:22Deux sujets qui nous animent en ce mois de mai, en cette fin du mois de mai dans Smart Patrimoine.
00:27Déjà, peut-être pour commencer, c'est la dernière ligne droite pour la mise en conformité des plateformes, des acteurs
00:35crypto en lien avec le règlement MICA pour devenir PSCA, prestataire de services en crypto actifs.
00:41Exactement. Dernière ligne droite pour les quelques 120 PSAN qui avaient donc eu l'enregistrement ou l'agrément qui était
00:48franco-français sous la PAC 2019.
00:51Et donc, ils ont jusqu'au 30 juin pour demander et obtenir l'agrément MICA auprès de l'AMF et
00:58de la CPR.
00:59Alors, on dit jusqu'au 30 juin. Il y a un dernier collège de l'AMF qui est prévu le
01:032 juillet.
01:03D'accord.
01:04On imagine que l'AMF laissera une petite journée, enfin 24-48 heures supplémentaires aux derniers acteurs qui passeront début
01:10juillet.
01:11Ce qui ne change pas fondamentalement les choses. On est quand même dans la dernière ligne droite.
01:13C'est une vraie, vraie ligne droite. Ce qui est important, alors on sait depuis que MICA a été annoncé
01:19que beaucoup d'acteurs ne pourraient pas franchir la marche réglementaire
01:23parce que ça demande des investissements qui sont quand même assez conséquents et important encore une fois pour une homogénéisation
01:30du secteur au niveau européen
01:31et puis pour donner des clés de lecture à la finance traditionnelle sur ces acteurs-là, effectivement, avec une réglementation
01:37qui est quand même très proche de celle des banques et des PSI.
01:40Donc, ça rassure l'ensemble des acteurs. Et donc, pour nos amis conseillers en gestion de patrimoine, de bien s
01:46'interroger sur leurs partenaires historiques.
01:48Est-ce qu'ils vont franchir la marche ?
01:50D'accord. Est-ce qu'il y en a qui ne la franchiront pas ?
01:51Non, il y en a un certain nombre, mais il y en a déjà qui sont déjà PSCA aujourd'hui.
01:56Ils sont déjà PSCA. On peut citer Conhouse avec lesquels on travaille. On peut citer Goyne, De Bloch. Un certain
02:04nombre d'acteurs ont déjà obtenu l'agrément.
02:06Et d'autres sont... Il y a encore trois collèges d'ici au 2 juillet. Donc, il y a encore
02:10un certain nombre.
02:11Mais on sait d'ores et déjà que pour certains, ce sera peut-être un petit peu plus compliqué que
02:15d'autres.
02:16Et là, le coup près est assez dur parce que si le 2 juillet, il n'y a pas d
02:19'agrément, c'est l'obligation d'arrêter et de présenter un plan de cessation d'activité à l'AMF
02:27et de s'assurer de la bonne continuité de service pour l'ensemble des clients.
02:30D'accord.
02:31Donc, on croise les doigts pour tout le monde, évidemment. Je ne souhaite de mal à personne.
02:35Mais pour les partenaires CGP qui ont des encours, qui ont des partenaires historiques, bien s'assurer de cette continuité
02:41de service.
02:42Alors, soit au travers de l'agrément, ça c'est l'idéal, soit en cas de transfert de portefeuille vers
02:48d'autres acteurs.
02:49Quand on est PSCA, quand on l'est déjà ou quand on va le devenir, ça veut dire aussi qu
02:53'on a un marché plus grand qui s'ouvre à soi
02:55puisqu'on peut maintenant adresser toute l'Union Européenne.
02:59Exactement. C'est le pendant de l'agrément et de cette marche un peu haute.
03:02C'est qu'une fois que vous avez l'agrément dans un des pays de l'Union Européenne, vous pouvez
03:05demander votre passeport
03:07dans l'ensemble des pays ou ceux qui vous intéressent européens, dans des procédures qui sont beaucoup plus rapides.
03:12Et donc, ça permet aux acteurs français, enfin, d'aller sur le marché allemand, sur le marché italien, espagnol,
03:19polonais, etc., etc., et d'aller beaucoup plus vite dans le développement de leurs activités.
03:22Dans les échanges que vous avez avec les membres de l'ADAN, c'est compliqué quand même d'obtenir le
03:25PSCA ?
03:26C'est strict, vis-à-vis ?
03:28Oui, c'est compliqué. C'est compliqué. La marche est haute, c'est compliqué.
03:32Tant mieux ! Pour la protection des investisseurs.
03:34Pour la protection des investisseurs et aussi pour la suite, parce qu'un marché resserré, c'est aussi important.
03:42Et surtout, j'insiste beaucoup là-dessus vis-à-vis des membres de l'ADAN et des acteurs traditionnels,
03:48ça donne une clé de lecture beaucoup plus juste et beaucoup plus fine.
03:51C'est-à-dire qu'aujourd'hui, s'asseoir à la même table une banque et un PSCA,
03:56vous allez avoir des règles qui sont communes, en tout cas des dispositifs qui sont communs.
04:01On parlera le même langage.
04:02On parlera le même langage et surtout, ça rassure énormément les acteurs,
04:05notamment par rapport aux fonds propres, par rapport aux règles de cybersécurité,
04:09par rapport aux règles de cloisonnement, de ségrégation des fonds,
04:12de mise en sécurité des fonds des clients, etc.
04:14Donc, c'est une très bonne chose.
04:15Maintenant, oui, la marche est très haute et sur les 125 ans,
04:19bon, il y en a un certain nombre qui, malheureusement, pourront pas franchir la marche.
04:22Mais c'est la loi du marché.
04:24Comment est-ce que vous savez, au sein de l'ADAN,
04:26comment la France est positionnée par rapport à ses concurrents européens,
04:30si je peux le dire ainsi, en termes de quantité d'acteurs ou en termes de taille d'acteurs ?
04:37En nombre de licences, on est un petit peu en retard par rapport à l'Allemagne, par exemple.
04:40Ah oui, donc il y a beaucoup de concurrents quand même.
04:42Il y a beaucoup de concurrents.
04:43Après, les marchés n'étaient pas du tout les mêmes.
04:44C'est-à-dire qu'en Allemagne, le marché est beaucoup plus éclaté.
04:47Déjà, le marché bancaire est beaucoup plus éclaté en Allemagne.
04:49Donc, il y avait beaucoup plus d'acteurs sur la ligne de départ
04:52et des acteurs qui, forcément, rayonnaient déjà un petit peu plus en Europe
04:57que nos acteurs franco-français.
04:59Donc, il y en a un petit peu plus.
05:00Ça ne veut pas dire qu'ils sont mieux armés.
05:02Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas du tout rougir de la concurrence.
05:04Mais c'est vrai qu'on constate que le rythme de l'AMF à délivrer des agréments,
05:11il n'y a pas eu d'accélération, il n'y a pas eu de phénomène de boule de neige
05:15sur le sujet.
05:17Donc, le mois de juin va être assez chargé pour tout le monde.
05:21Et puis, rendez-vous le 2 juillet pour voir quels sont les acteurs désormais
05:24sur la nouvelle ligne de départ des actifs numériques en Europe.
05:29Autre sujet qui concerne le secteur crypto,
05:33c'est cette réponse, entre guillemets, de la BCE,
05:38ou en tout cas, cette prise de parole de la BCE
05:41face à un think tank européen qui demandait de faciliter la création de stablecoin.
05:45La BCE est plutôt de ceux qui disent
05:48qu'on ne n'assouplira pas les règles de création de stablecoin.
05:52On va qualifier ça de fin de non recevoir.
05:54Voilà, disons-le clairement.
05:55Pour faire ça, là-dessus, quelques données pour bien comprendre.
06:00Donc, le marché européen représente 38% des échanges des stablecoins mondiaux.
06:06C'est-à-dire que sur l'ensemble des échanges en stablecoin,
06:09c'est 38% qui se passe en Europe.
06:12L'autre chiffre à mettre en perspective,
06:14c'est que le poids des stablecoins euro au niveau mondial,
06:19c'est 0,3%.
06:21D'accord.
06:23Ce qui était déjà une inquiétude il y a quelques années,
06:25quand on a vu les premiers stablecoins dollar.
06:27Exactement.
06:28Ce qui est assez étonnant, c'est que c'est une inquiétude pour les banques commerciales,
06:31c'est une inquiétude pour le gouverneur de la Banque de France,
06:32c'est une inquiétude pour la direction générale du Trésor,
06:35c'est une inquiétude pour beaucoup de députés européens
06:38à l'origine de la réglementation MICA
06:41et qui avaient demandé au travers de ce rapport Bruegel
06:42de dire quelles seraient les pistes d'amélioration
06:45de ce qui a été pensé et imaginé.
06:47Et pour le coup, on peut reconnaître une chose à Christine Lagarde et à la BCE,
06:51c'est une certaine constance vis-à-vis des actifs numériques et de la banque de France,
06:54c'est non.
06:56Vous pouvez poser à peu près toutes les questions que vous voulez,
06:58c'est non, pas en gros, jamais sous ma responsabilité, etc.
07:04Et un des arguments qui, à mon avis, est le plus fallacieux de tous,
07:06qui est de dire, mais oui, mais un stablecoin euro,
07:09c'est-à-dire qu'on prend des euros du système bancaire traditionnel,
07:12on les met on-chain, donc ils disparaissent, entre guillemets,
07:15ils sortent des bilans des banques,
07:18donc ça veut dire moins de bilans,
07:19ça veut dire plus de difficultés à financer, etc.
07:22Et donc on fragilise l'économie ?
07:23Oui, alors, bon, il faut vraiment tirer le trait très très loin
07:26pour se dire que les stablecoins vont fragiliser l'économie,
07:29notamment l'économie du crédit en Europe,
07:31mais à la limite, pourquoi pas ?
07:32Sauf que dans la réalité, qu'est-ce qui se passe ?
07:34Sur base des chiffres que je viens de vous donner,
07:36c'est que les euros, ils sortent du système bancaire,
07:38ils vont on-chain et ils vont en stablecoin dollar.
07:41Et donc, vous avez un double effet,
07:43c'est-à-dire qu'en admettant que ça fragilise l'économie européenne,
07:46vous fragilisez l'économie européenne
07:48et vous renforcez le dollar américain
07:50en refusant de donner aux stablecoins euros
07:52des règles qui soient plus souples, plus faciles
07:55dans le financement, dans le développement,
07:57dans le yielding, etc.
07:58Donc pour l'instant, c'est non.
08:00Ça fait grincer les dents à Bruxelles,
08:01beaucoup de dents, et pas qu'à Bruxelles,
08:03à Paris également.
08:05A priori, le mandat de Christine Lagarde
08:07se termine bientôt.
08:09On souhaite et on espère que son ou sa successeur
08:12sera un petit peu plus ouvert à ces questions-là
08:14et qu'on puisse prendre là aussi
08:16un nouveau départ sur les stablecoins
08:17dans les années qui viennent.
08:18Est-ce que le développement d'un euro numérique
08:20peut expliquer la frilosité sur les stablecoins euros
08:24ou au contraire, pourrait demain,
08:26le jour où l'euro numérique verrait le jour,
08:28faciliter le développement de stablecoins euros ?
08:30Ça pourrait l'expliquer s'il existait.
08:34Ça doit faire, je ne sais pas,
08:365, 6, 7 ans que la BCE nous promet
08:38un euro numérique dans les 3 ans.
08:41Et d'ailleurs, ça a été redit,
08:42puisqu'il a été promis pour 2029,
08:44on est en 2026.
08:46Et de toute façon, l'euro numérique
08:47ne répondra pas aux problématiques de stablecoins.
08:50C'est encore autre chose.
08:51Bien sûr.
08:51Et donc, opposer les deux,
08:52c'est déjà un non-sens,
08:54c'est une incompréhension du sujet.
08:56Donc, quand bien même la volonté serait
08:59de défendre un euro numérique,
09:00en attendant qu'il arrive,
09:01parce que c'est la BCE elle-même
09:02qui nous dit que ce n'est pas avant 3 ans,
09:04pendant 3 ans,
09:05on va continuer d'affaiblir l'euro,
09:07de renforcer le dollar
09:08et de favoriser l'émergence de stablecoins dollars,
09:13ce qui est un petit peu dommage.
09:14Merci beaucoup Laurent Ouvion.
09:15Je rappelle que vous êtes directeur innovation
09:16et directeur du développement de DLPK,
09:18mais aussi vice-président de l'ADAN.
09:19Et quant à nous, on se retrouve tout de suite
09:20dans Enjeu patrimoine.
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