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  • il y a 11 minutes
Ce lundi 16 mars, Antoine Larigaudrie vous présente le placement à suivre dans l'émission Tout pour investir sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout pour investir, le placement à suivre.
00:04Julien Nebenzal, Dittoraux, bonjour Julien.
00:07Bonjour Antoine.
00:09Bon, là c'est la tempête parfaite.
00:13On a une guerre sur le feu, deux, deux guerres.
00:17Au milieu de tout ça, des prix de l'énergie qui s'agitent,
00:21certains biais comportementaux, j'allais dire,
00:24qui commencent à s'installer sur les marchés,
00:26enfin bref, qui mettent dans les ingrédients de la sauce
00:30une vraie nervosité structurelle.
00:32Et au milieu de tout ça, on a le paramètre des paramètres sur les marchés
00:36qui surpassent tout quasiment, c'est l'attitude des banques centrales.
00:39Et on va avoir énormément de décisions attendues cette semaine.
00:42Est-ce que vous pensez qu'on est dans la tempête parfaite,
00:44là, sur cette semaine qui s'ouvre ?
00:48En fait, il y a déjà dans la formulation de votre question, Antoine,
00:53une partie comportementale.
00:56La banque centrale, les banques centrales, la notion de banque centrale,
00:59ça évoque la notion de puissance, la notion d'autorité.
01:03Et si on regarde l'histoire récente, ça aussi évoque un peu la notion de sauveur.
01:08Donc en fait, quand on est dans une situation chaotique
01:11du point de vue de la géopolitique, avec tous les risques qu'on connaît,
01:15de savoir que les banques centrales vont s'exprimer,
01:17c'est finalement une attente qui évoque chez nous l'heuristique,
01:22celle de l'heuristique du sentiment, de l'émotion,
01:25est-ce qu'on va avoir une réponse avec ça ?
01:27D'autant que, biais de disponibilité de l'information classique,
01:31la dernière fois que les banques centrales ont fait quelque chose d'important,
01:34c'était justement dans un contexte de guerre, c'était en 2022,
01:38c'était le début de la hausse de taux qui devait contenir une inflation
01:43qui n'était plus si provisoire ou temporaire que ça.
01:47Et qu'est-ce qui s'est passé ?
01:48L'inflation a rebaissé.
01:50Donc évidemment, on fait l'équation très simple,
01:52les banques centrales sont intervenues, l'inflation a baissé,
01:55elles ont fait leur travail.
01:56Mais évidemment, la réalité a été tout à fait différente,
01:59puisque l'inflation s'est mise à baisser immédiatement au moment de la hausse de taux.
02:03Or, il ne peut pas y avoir de construction économique
02:05qui fasse que la hausse de taux implique directement une baisse de l'inflation.
02:09Il y a forcément un délai de 6 mois, 1 an au minimum.
02:12Donc en fait, l'inflation a tout simplement rebaissé avec les prix de l'énergie.
02:15Ceci étant, les banques centrales n'ont pas fait ça pour rien
02:18parce qu'elles devaient normaliser leur politique monétaire.
02:20Mais ce qu'on va retenir en nous, la partie comportementale,
02:25c'est qu'en fait, les banques centrales nous ont aidés.
02:27Et donc, leur action, peut-être, va nous permettre de nous en sortir.
02:31On a un problème avec ça.
02:33On en a deux ou trois, d'ailleurs.
02:35Le premier problème, c'est que la coordination entre banques centrales
02:39n'est pas vraiment une évidence, alors que ça l'a été pendant 30 ans.
02:44Les situations politiques, on le sait, sont à couteau tiré.
02:47Et en plus, les niveaux de croissance et d'inflation ne sont pas les mêmes,
02:51à commencer par l'Europe et les USA.
02:53Donc on n'a pas du tout une position commune face à un problème qu'on voit bien qui est
02:57global.
02:58Donc on n'aura pas cette homogénéité de décision et d'attitude.
03:01Et la deuxième chose, c'est que non seulement les endettements avec la pandémie sont devenus massifs,
03:08mais en plus, beaucoup d'États en Occident, encore une fois, il n'y a pas que la France,
03:12ont décidé, les États-Unis sont un très bon exemple, d'avoir un déficit public toujours très, très élevé.
03:19Donc en fait, les banques centrales ne peuvent pas véritablement laisser les taux longs progresser beaucoup,
03:25parce que ça bloquera totalement le financement des États.
03:29Or, nous sommes dans une situation géopolitique, qui est celle de deux guerres, comme vous l'avez dit,
03:36et donc d'investissements qui vont forcément aller dans cette direction.
03:39Donc la situation pour le banquier central, je crois que parfois on les critique les banquiers centraux,
03:45là il faudrait qu'on comprenne bien que leur boulot est très compliqué.
03:49La situation, à mon avis, est plutôt bloquée, et en conséquence de tout ça,
03:54je n'attendrai pas ni la banque centrale comme sauveur, ni la banque centrale comme acteur
04:01de la résolution de la situation actuelle.
04:04Je pense que ce qui est plus probable, c'est qu'on constate qu'ils ne disent pas grand-chose
04:09en dehors de commenter la situation et les options qu'ils s'offrent à eux,
04:13et qu'ils seront à mon avis très limités.
04:15Mais ce qu'on peut au mieux anticiper, c'est à un moment, un mouvement de baisse de taux,
04:19à un moment, mais ça, ce sera à la suite de la situation géopolitique,
04:24et pas du tout en amont, pas du tout dans le contexte actuel, à mon avis.
04:27Oui, sans doute qu'on les attend plus sur des paramètres de liquidité,
04:31de soutien au marché dans le contexte actuel.
04:35Effectivement, juste histoire d'introduire mon prochain invité,
04:38François Delassus d'Or en Cage, qui est déjà en studio avec nous.
04:40Julien, est-ce qu'il n'y a pas un autre petit biais qui n'est pas en train de
04:44se former sur les marchés ?
04:45C'est un peu la surprise du moment.
04:47C'est-à-dire qu'on aurait pu croire marché de guerre, renaissance de l'inflation,
04:51bon allez, tout de suite, je vais aller chercher de l'or.
04:53Ben, ce n'est pas si évident que ça.
04:56C'est plus le dollar, la valeur refuge du moment.
04:58Et est-ce que c'est un biais qui pourrait durer,
05:01ou est-ce que c'est peut-être finalement un phénomène de court terme ?
05:06Alors, on avait un peu évoqué ça, je crois, la semaine dernière ou la semaine avant.
05:12C'est-à-dire que la différence entre la situation actuelle
05:15et toutes les situations qu'on a depuis à peu près un siècle,
05:19parce qu'il y en a une,
05:20c'est la situation géopolitique complètement fragmentée.
05:24C'est le fait que nous sommes dans un monde multipolaire.
05:27Et donc, dans un monde multipolaire,
05:28le refuge vers le dollar n'est pas du tout une évidence.
05:30Donc, on a plutôt aujourd'hui une attitude, je dirais, un peu rationnelle,
05:35c'est-à-dire de dire quelle est la zone la plus sûre
05:37dans toutes les zones qui sont devant moi,
05:39c'est peut-être encore les USA.
05:41Sauf que la position de domination culturelle et économique des USA
05:44qu'on a eue avant n'est plus aujourd'hui.
05:47Donc, en fait, on est plutôt dans une réaction de court terme.
05:50Quand j'entends court terme, c'est quelques mois.
05:52Par rapport à une véritable dynamique d'allocation de long terme en faveur du dollar.
05:57Donc, je serais plutôt sceptique sur la capacité du dollar
05:59a beaucoup progressé d'ici un an ou deux.
06:02Maintenant, ce qu'on voit aujourd'hui, c'est relativement normal.
06:04Quant à l'or, c'est rationnel comme je le disais,
06:07quant à l'or a déjà en fait escompté beaucoup des problèmes qui sont là.
06:12C'est-à-dire que tout ce qu'on a vu sur la partie,
06:14sur la grande hausse de l'or,
06:17escompte déjà ce qu'on est en train de rencontrer.
06:19L'or, ce n'est pas quelque chose sur lequel on se réfugie au moment du problème,
06:23c'est quelque chose sur lequel on construit une protection en cas de problème.
06:26Et les premiers qui ont fait ça, ce sont les banques centrales elles-mêmes,
06:30parce qu'elles voient bien l'évolution de la masse monétaire
06:32et l'évolution de l'endettement.
06:34Et elles savent qu'à un moment ou à un autre,
06:36il est possible que le niveau d'or que chaque banque centrale aura
06:39pourra jouer un rôle dans la résolution de la problématique monétaire
06:43qui est devant nous, qui a commencé et qui est encore devant nous.
06:49Effectivement, il faut bien qu'on soit assis sur quelque chose de tangible,
06:52encore une fois.
06:54Eh bien, merci beaucoup Julien Nebenzal,
06:57Ditoro, d'avoir fait ce point sur la finance comportementale
07:01et les biais qui sont peut-être en train de s'installer sur les marchés.
07:04Merci.
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