00:00Tout pour investir, le placement à suivre.
00:03On va faire du pratico-pratique aujourd'hui, comme vous aimez bien,
00:07parce que vous êtes beaucoup de chefs d'entreprise à nous suivre.
00:09Et il y a une étape qui est cruciale quand même dans la vie d'une entreprise,
00:13c'est sa session. Et il ne faut pas l'oublier.
00:15On est avec Benjamin Prodom de Césambre Capital. Bonjour.
00:19Bonjour Antoine, merci pour votre invitation.
00:21Avec grand plaisir, parce qu'en gros, quand on veut céder son entreprise,
00:25il y a pléthore de solutions, beaucoup de solutions, beaucoup de pistes.
00:30Il y a le private equity, il y a l'apport-session.
00:34Alors ça, on en a beaucoup parlé pendant les discussions budgétaires.
00:40Justement, l'apport-session, ça consiste en quoi exactement ?
00:44On a une entreprise, on veut la céder. L'apport-session, c'est quoi ?
00:47Oui, bien sûr. L'apport-session, c'est un dispositif qui est régi par l'article 150 0BTR du Code
00:53Général des Impôts
00:54et qui permet à un chef d'entreprise qui veut céder son entreprise
00:57d'éviter une taxation immédiate sur les plus-values de sa cession d'entreprise.
01:02Donc pour réaliser cette opération, il faut être bien accompagné par un avocat fiscaliste, M&A,
01:07qui va créer une holding à l'IS et on va apporter les titres de la société cédée à la
01:13holding
01:13et la vendre via la holding.
01:15Et dans ce cadre-là, le chef d'entreprise pourra être en report d'imposition
01:22et il aura certaines obligations s'il réinvestit, s'il cède les titres de la société
01:27dans les trois ans suivant l'apport à la holding.
01:30Bon, le chef d'entreprise est le principal concerné par ce dispositif, mais pas que ?
01:34Pas que, non, tout à fait.
01:35Alors, le chef d'entreprise, c'est évidemment la première personne concernée,
01:38mais on a aussi beaucoup de salariés, de cadres dirigeants
01:41qui peuvent avoir des actions dans les sociétés dans lesquelles ils travaillent
01:45et qui peuvent être concernés par ce dispositif également.
01:47Mais le premier concerné, c'est souvent quand même le chef d'entreprise, évidemment.
01:50Bon, est-ce que concrètement, on en a déjà pas mal parlé,
01:54on avait même fait une édition spéciale dessus,
01:57est-ce que la loi de finances 2026 a changé vraiment totalement le paradigme
02:02en termes d'attractivité de ce dispositif ?
02:05Non, elle n'a pas vraiment changé l'esprit de la loi.
02:08Il y a quelques évolutions, mais qui sont vraiment légères.
02:11Déjà, il faut savoir qu'il y a la publication de la loi
02:14qui a eu lieu le 20 février 2026.
02:16Donc, toutes les sessions qui ont eu lieu pré-publication de la loi
02:19ne sont pas concernées par les nouvelles dispositions.
02:22Et concernant les nouvelles dispositions, vous en avez quelques-unes.
02:25Déjà, aujourd'hui, vous devez réinvestir 70% du produit de session
02:29via la holding dans des activités qui sont éligibles au dispositif.
02:32Auparavant, c'était 60%, donc l'augmentation est à peu près équivalente,
02:37ça n'a pas vraiment d'impact.
02:38Ce qui est très positif pour le chef d'entreprise, par contre,
02:40c'est que maintenant, il a trois ans et non plus deux ans
02:42pour réinvestir les 70% concernés.
02:44Donc, il a plus de temps pour aller sélectionner
02:46les meilleures opportunités qu'il peut avoir sur le marché.
02:49Il y a également une durée de détention des actifs
02:52concernés par les 70% qui est de cinq ans maintenant
02:54pour la totalité des investissements.
02:56Auparavant, il y en avait certains qui étaient...
02:59Vous ne pouviez les conserver que 12 mois,
03:01mais bon, c'était très limité.
03:02Donc, la grande majorité devait être conservée déjà cinq ans.
03:05Et après, vous avez aussi une évolution par rapport aux produits
03:12qui sont éligibles.
03:12Toutes les activités immobilières de promotion de marchands de biens
03:16sont sorties du dispositif,
03:17mais c'était une part totalement minoritaire dans les investissements
03:21réalisés, en tout cas par notre intermédiaire pour les investisseurs.
03:24Donc, ce n'est pas non plus très représentatif.
03:26Alors, si on peut donner un petit exemple concret
03:28sur un cas de figure bien précis, ce serait lequel ?
03:31Bien sûr, si on prend par exemple l'exemple d'un chef d'entreprise
03:34qui vend une société 5 millions d'euros,
03:36qui la vend en totalité via sa holding,
03:38sur les 5 millions d'euros qu'il va céder,
03:41il aura 70%, donc 3,5 millions,
03:43il devra réinvestir dans des activités qui seront éligibles,
03:47des produits financiers qui seront éligibles
03:48aux dispositifs d'apport cession.
03:50Et le reliquat, le 1,5 million,
03:52il aura une liberté qui sera très importante
03:56pour l'investir sur différents supports.
03:58Il faut également noter que le chef d'entreprise,
04:00il n'a pas l'obligation de céder la totalité de sa société
04:03via sa holding. Il peut en céder une partie
04:05via sa holding, et dans ce cas-là,
04:06il sera en report d'imposition,
04:09et une partie en direct, et dans ce cas-là,
04:10il n'aura payé la fiscalité
04:13que sur la partie qui cédera en direct,
04:15et ça lui permettra de faire un cash-out
04:17directement pour assurer son train de vie,
04:20réaliser des projets, aider ses enfants, etc.
04:22D'accord. Maintenant,
04:24le réinvestissement des 70%.
04:29Globalement, les principales pistes,
04:31c'est quoi ? 70% de la valeur totale.
04:34Bien sûr.
04:35Vous préconiseriez quoi exactement ?
04:37Alors, vous pouvez soit investir dans des titres de SAS
04:40qui vont avoir une activité industrielle,
04:43commerciale, agricole, etc.
04:44Il faut que ce soit des entreprises en France
04:47ou dans l'Union européenne, ça c'est très important.
04:49Donc, soit vous investissez dans des sociétés en direct,
04:51mais nous, ce qu'on préconise quand même principalement,
04:53c'est d'investir dans des fonds
04:54qui sont soit des FPCI, soit des FCPR.
04:57Et donc, nous, chez Sésame Capital,
04:58on passe une grande partie de notre temps
05:00à la sélection, à réaliser des due deals
05:02sur ces types de fonds
05:02pour ensuite pouvoir les proposer
05:04aux clients qu'on accompagne.
05:05Et sur ces fonds,
05:07l'intérêt, c'est que vous allez avoir
05:09la possibilité d'investir via un fonds
05:11sur 10, 15, 20 sociétés.
05:13Donc, vous allez diluer le risque
05:14et diversifier.
05:17Voilà, tout à fait.
05:18Si on donne des exemples concrets,
05:19par exemple, ça peut être des sociétés
05:20dans le secteur du digital.
05:22On n'est pas du tout sur l'univers
05:23des startups, obligatoirement.
05:25Ça peut être des sociétés
05:25qui font plus d'une centaine de millions d'euros
05:27de chiffre d'affaires,
05:28comme Doctolib,
05:29Mistral AI, par exemple,
05:31qui sont des sociétés
05:32qui sont dans des fonds
05:32sur lesquels on a positionné
05:34des investisseurs
05:34sur les dernières années.
05:35Ça peut être également
05:36sur le secteur de l'hôtellerie.
05:37Nous, on travaille beaucoup
05:38sur le secteur de l'hôtellerie,
05:39sur le dispositif d'apport
05:40de la session 150 0BTR.
05:42Donc, des investissements
05:43murs et fonds de commerce
05:44dans des hôtels
05:44qui peuvent être sous franchise
05:47Accor, comme des Mama Shelter,
05:48des Ibis, des Sofitel,
05:50des Mercure, etc.
05:52Ou ça peut même être,
05:54pour montrer que ça peut être
05:55très diversifié
05:55au niveau des opportunités,
05:57des actifs forestiers
05:58qui sont plutôt très défensifs
06:01sur cette classe d'actifs
06:02et qui ont en plus
06:03une forte connotation ESG
06:05d'investissements
06:05socialement responsables.
06:06Puis du rendement aussi.
06:07Bien sûr, et du rendement embarqué.
06:09On en parle régulièrement
06:10de ces investissements
06:11dans les forêts.
06:11Bon, là, on a parlé
06:12des 70 % réinvestis.
06:15Les 30 % en restant,
06:16on fait un petit peu
06:18ce qu'on veut, globalement.
06:19C'est ça, exactement.
06:20Voilà, c'est très large.
06:21Donc ça, c'est très confortable
06:22pour le client.
06:23Donc, il peut réaliser
06:24des investissements
06:26dans des actions,
06:27des ETF par exemple.
06:28Il peut investir
06:29dans de l'immobilier
06:30des SCPI.
06:31Il peut investir
06:32dans de l'or.
06:33Il peut investir même
06:34dans des crypto-monnaies
06:35s'il le souhaite.
06:35Il n'y a pas d'obligation
06:36à ce niveau-là.
06:37C'est très large pour lui.
06:38Bon.
06:39Il y a le phénomène
06:40du report d'impôts
06:41quand même sur ce dispositif.
06:44Comment on l'évacue ?
06:45Oui, on le purge.
06:45Oui, on le purge.
06:46Voilà, ça, c'est purger
06:47l'impôt définitivement.
06:48Alors, déjà, il faut savoir
06:49que quand vous faites
06:50ce type de dispositif,
06:51vous pouvez toujours sortir
06:52de l'argent à tout moment
06:53de la holding.
06:54À partir du moment
06:54où vous respectez
06:55les règles de la possession,
06:56vous allez faire une réduction
06:57de capital de la holding
06:58et vous allez pouvoir
06:58sortir de l'argent.
06:59Il n'y aura que cette code-part
07:00que vous sortez
07:01qui sera imposée
07:02à l'impôt que vous auriez
07:03dû payer historiquement.
07:05Pour purger l'impôt définitivement,
07:06il y a deux solutions.
07:07Soit il faut faire
07:08une donation de la holding
07:09et dans ce cas-là,
07:10le donateur devra conserver
07:12les titres minimum six ans
07:13et au terme des six ans,
07:15il pourra sortir de l'argent
07:16de la holding
07:16en franchise d'impôt.
07:17Donc ça, l'impôt sera
07:18définitivement purgé.
07:20Ou pour purger l'impôt,
07:21la deuxième solution,
07:22c'est au décès du gérant
07:24de la holding
07:25dans sa succession.
07:26Eh bien, la holding tombera
07:27dans sa masse successorale
07:28et ses héritiers hériteront
07:30de la holding
07:30et l'impôt sera définitivement
07:32purgé à ce moment-là.
07:32Ils pourront sortir de l'argent
07:33et l'impôt sera été purgé.
07:34Donc, c'est un très bon outil
07:35au-delà de ça,
07:37de transmission
07:38et d'optimisation successorale.
07:40Pour le chef d'entreprise,
07:42pour les salariés éventuellement.
07:43Si on se place
07:44du point de vue de l'État,
07:45quels sont les avantages
07:46justement de tout ça ?
07:47Pour l'État et les Français,
07:49c'est extrêmement vertueux également
07:51parce que, si vous voulez,
07:53c'est un dispositif
07:53qui permet de conserver
07:54les capitaux en France.
07:56On est souvent concurrencé
07:58en France
07:59par la fiscalité étrangère.
08:00Par exemple,
08:01sur les sessions d'entreprise,
08:02c'est beaucoup plus intéressant
08:03de céder sa société
08:04en Belgique qu'en France.
08:05Donc, pour éviter
08:06que les chefs d'entreprise
08:07s'expatrient
08:08et cèdent leur société
08:09dans d'autres pays,
08:11mieux vaut pour l'État français
08:12qu'ils cèdent
08:13dans l'État français
08:14et qu'ils puissent récupérer
08:16une partie de l'imposition
08:17en France.
08:18Donc ça,
08:18c'est vraiment un point
08:19très important
08:20et l'objectif
08:22pour l'État,
08:22au-delà de ça,
08:23c'est de favoriser
08:25l'industrie économique
08:26en France
08:27et surtout
08:27de favoriser l'emploi
08:28parce que c'est
08:29un dispositif
08:30qui est très favorisateur,
08:32enfin,
08:32qui favorise tout du moins,
08:33pardon,
08:33beaucoup l'emploi
08:34sur le territoire national.
08:35Benjamin Prodom
08:36de Saisombre Capital,
08:38merci infiniment.
08:38Merci Antoine,
08:39merci beaucoup.
08:39C'était clair,
08:40c'était très précis.
08:41Merci à vous.
08:42Tout retrouver,
08:42évidemment,
08:43en replay
08:43et en podcast.
08:44et en podcast.
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