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  • il y a 2 jours
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de Benjamin Fontaine et Renaud Dély.

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00:07Bienvenue dans Les Informés, nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 pour décrypter l'actualité du jour en votre compagnie.
00:13Renaud Delis, bonjour.
00:14Bonjour Benjamin.
00:14Avec nous également Roselyne Fèvre, chef du service politique de France 24, bonjour.
00:19Bonjour Benjamin.
00:19Et François-Xavier Bourmeau, journaliste politique à Lompignon, bonjour à vous.
00:22Bonjour Benjamin.
00:23Premier sujet qui nous intéresse ce matin, évidemment les suites de l'affaire Liana.
00:27Les suites et les antécédents, Renaud, du principal suspect qui pose question, la justice est sur le banc des accusés
00:33car il y a clairement eu plusieurs défaillances autour du parcours judiciaire de ce présumé suspect.
00:39Défaillance donc qui apparaissent à l'occasion de ce drame puisque un corps a donc été retrouvé hier dans le
00:45Gers, 6 jours après la disparition de la petite Liana, cet enfant âgé de 11 ans.
00:51Des vérifications sont encore en cours mais d'ores et déjà on sait que l'enfant retrouvé portait visiblement des
00:55vêtements semblables à ceux de Liana.
00:57Il est donc très très probable qu'il s'agisse malheureusement de cette petite fille et effectivement le passé judiciaire
01:03du suspect fait polémique car on a appris d'une part que plusieurs plaintes qui avaient été classées sans suite,
01:08plusieurs plaintes pour viol avaient existées par le passé mais aussi qu'une plainte déposée en août 2025 n'avait
01:16jusqu'à présent toujours pas donné lieu à l'audition de ce suspect.
01:20Les deux ministres de l'Intérieur et de la Justice, Laurent Nunez et Gérald Darmanin ont d'ores et déjà
01:26annoncé qu'une enquête administrative était en cours sur les dysfonctionnements justement de la justice quant au parcours judiciaire de
01:34ce suspect.
01:35Gérald Darmanin a par ailleurs annoncé hier qu'il prendrait toutes ses responsabilités dit-il en rendant public les conclusions
01:41de ce rapport d'inspection.
01:42Et puis Sébastien Lecornu réunit en particulier Gérald Darmanin et Laurent Nunez aujourd'hui à 10h30.
01:50Alors comment expliquer justement les défaillances, les hypothèses de dysfonctionnement de cette chaîne judiciaire et peut-être d'autres institutions
01:59aussi ?
01:59Voici ce qu'on disait ce matin sur l'antenne de France Info, Sacha Stropkan qui est le porte-parole
02:04du ministère de la Justice.
02:06Il y a un constat d'échec. Probablement qu'il y a des manquements au niveau de l'institution judiciaire
02:11de façon systémique.
02:12Par exemple on se transmet encore au XXIe siècle des dossiers de façon papier entre des gendarmeries ou des tribunaux
02:17alors qu'on pourrait se les transférer de façon numérisée, beaucoup plus rapide et beaucoup plus sécurisée.
02:22Il y a également probablement des manquements au niveau aussi des forces de l'ordre, des gendarmes et éventuellement effectivement
02:27au niveau même de l'éducation nationale.
02:29Et ensuite vous avez un deuxième sujet qui est l'éventualité de responsabilité individuelle, c'est-à-dire est-ce
02:34que certains magistrats éventuellement ont commis des fautes ?
02:38Et c'est ce qu'a dit hier le ministre de façon très claire, cette enquête administrative pourra donner lieu
02:41éventuellement à des poursuites disciplinaires.
02:44Roselyne Fèvre, il y a assez peu de débats quand on entend le porte-parole du ministre de la Justice,
02:48il y a eu des défaillances au sein de la Justice.
02:50Oui, toute une chaîne d'ailleurs. Alors on apprend que le mail ça n'existe pas et ils en sont
02:55encore aux pigeons voyageurs.
02:57Au courrier en tout cas.
02:59Mais ce que j'ai envie de dire c'est que nous l'opinion publique, les journalistes, on est condamnés
03:05depuis des années dans le fond à être des spectateurs impuissants
03:10et condamnés à poser ce même constat. Dans le fond, rien ne bouge.
03:15Et là plus que jamais, l'affaire Liana est un concentré de cette chaîne défaillante entre le parquet de Toulouse
03:25et de Hauche
03:26qui se sont refilées la patate chaude parce que le parquet de Toulouse dit qu'il est incompétent.
03:36Mais le parquet de Hauche n'a jamais visiblement été saisi de quoi que ce soit, Renaud le disait.
03:44Quatre plaintes, dont une pour viol d'une enfant de 7 ans et la mère qui appelle les gendarmes.
03:51Et on lui répond, madame, arrêtez de nous harceler.
03:54Sinon on va porter plainte pour harcèlement.
03:56On en est là.
03:56Donc, on va en parler dans quelques instants, j'imagine, de toutes les raisons.
04:03Les excuses, il n'y en a aucune.
04:05Les explications rationnelles, sans doute.
04:08C'est vrai que ce qui choque François-Xavier Bourmeau, c'est effectivement cette longueur des procédures,
04:12cette plainte pour viol qui est déposée en août 2025.
04:15Et Jérôme Barrella qui n'est pas entendu par la police, par les gendarmes en tout cas,
04:19qui n'est même pas placé en garde à vue.
04:21Oui, c'est vrai que ce drame a tout pour prendre les atours d'une sorte de scandale d'État.
04:27Il intervient à un moment où le regard des Français, du pays, est braqué sur tous les aspects de cette
04:34affaire.
04:35D'abord, en arrière-plan, il y a le scandale des agressions sexuelles dans le périscolaire à Paris,
04:42qui montre que dans ce pays, il y a un vrai problème avec les agressions contre les enfants.
04:50Avec pour le coup des procès qui ont démarré.
04:52Oui, qui ont démarré. Mais ça crée une toile de fond.
04:56Autre élément de la toile de fond, il y a un doute sur le fonctionnement de la justice
05:03qui s'exprime de façon récurrente sur le fonctionnement de la justice.
05:07On connaît ses lenteurs, on ne comprend pas son fonctionnement.
05:09Et ce doute-là, il s'exprime de façon récurrente dans le pays.
05:13Ça a été le cas notamment avec la...
05:16Alors c'est totalement différent, ça n'a rien à voir, mais sur l'incompréhension des décisions,
05:20ça s'est exprimé au moment de l'emprisonnement de Nicolas Sarkozy, par exemple,
05:25ou de la condamnation de Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité.
05:28La justice rend des décisions qui ne sont pas comprises et donc qui ne sont pas acceptées.
05:33Et puis, dernier élément, alors là on est encore beaucoup plus en arrière-plan,
05:38ça touche aussi dans le pays une question qui monte, c'est le consentement à l'impôt,
05:43qui est à quoi bon payer si c'est pour avoir une justice qui ne fonctionne pas.
05:48Tous ces éléments, toutes ces toiles de fond créent une craise de résonance
05:52qui contribue à donner à ce drame les aspects d'un scandale d'État.
05:57Renaud ?
05:59Je reprends la volonté à cette expression et je pense que François-Xébaud m'aura raison.
06:02Pourquoi ? Parce que tout s'additionne pour en faire effectivement une affaire ou un scandale d'État.
06:06Le fait que la parole des enfants dans ces affaires de pédocriminalité est assez peu entendue,
06:13assez peu jugée crédible en tout cas, y compris par des institutions.
06:17Vous évoquiez les scandales du périscolaire à Paris, c'est la même chose quant à l'affaire Notre-Dame de
06:23Bétarame,
06:23c'est-à-dire quels que soient les milieux, quels que soient les institutions qui sont concernées par des scandales
06:27de pédocriminalité,
06:28on voit qu'on a tendance à, pendant un certain temps, mettre sous le tapis, on va dire, ces accusations,
06:34ces faits, etc.
06:35Et là, il y a visiblement le même comportement.
06:38On voit qu'il y a, évidemment, on le sait, dans la justice, un problème de moyens, un problème de
06:43personnel,
06:43au regard des moyens attribués à la justice en France par rapport à un certain nombre de pays voisins,
06:46mais je pense que cette explication qui est réelle est insuffisante.
06:49Il y a aussi, je pense, un problème de culture qui dépasse encore une fois...
06:52De volonté aussi, peut-être ?
06:53Une forme de déshumanisation par rapport à ces plaintes, par rapport à ce sujet,
06:58qui ne concerne pas, encore une fois, que l'institution judiciaire.
07:00Je pense que ça existe dans d'autres institutions.
07:02Ça explique que ces scandales apparaissent aujourd'hui, mais souvent avec des années et des années de retard.
07:07Donc, probablement que, dans cette procédure extrêmement longue et totalement incompréhensible,
07:12il y a une forme, oui, de déshumanisation, de désensibilisation d'un certain nombre d'acteurs.
07:17Or, là, on est évidemment dans un cas, à la pédocriminalité,
07:20où on sait que, dès lors qu'il y a une accusation, une plainte lourde,
07:25qui, en l'occurrence, je parle de celle d'août 2025,
07:28a été jugée crédible un mois après, par les médecins qui ont examiné la victime,
07:32par les policiers et les éléments qu'ils avaient.
07:33Donc, il y avait vraiment matière à aller plus loin.
07:36Et évidemment, d'abord, à entendre l'accusé.
07:38Il ne s'est rien passé.
07:39Donc, il y a cette dimension-là.
07:40Et juste un dernier point, je pense que...
07:42C'est pour ça que je reprends volontiers cette expression d'affaires d'État ou de scandales d'État.
07:46C'est que je pense que ça pose un vrai problème politique et même civique,
07:50parce que la démocratie, c'est un contrat de confiance entre les citoyens et ceux auxquels ils délèguent leur pouvoir.
07:55Et là, ce genre de dysfonctionnement, et même bien plus de scandale,
07:59ça nourrit une profonde défiance à l'endroit de ce que doit être ce contrat démocratique.
08:04Donc, il n'est pas étonnant qu'évidemment, ça va avoir des conséquences politiques lourdes.
08:07Et tous les responsables politiques s'en emparent aujourd'hui.
08:10Heureusement que le gouvernement prend visiblement la mesure de l'importance de ce sujet
08:15en se mobilisant dès aujourd'hui à travers ces réunions, etc.
08:17Juste un dernier point, quand on entend d'ailleurs Gérald Darmanin dire
08:19qu'il prendra toutes ses responsabilités en publiant le rapport, etc.
08:22On peut se demander si d'ailleurs prendre toutes ses responsabilités,
08:24ça ne serait pas de la part des Sceaux de songer à terme à démissionner.
08:27– On parle justement de moyens, on parle peut-être aussi de volonté, Roselyne Fèvre, vous l'avez dit.
08:32On assiste impuissant à ces affaires qui reviennent avec des politiques qui prennent la parole.
08:37Mais lorsqu'il s'agit de voter des textes à l'Assemblée nationale, ils ne sont pas toujours présents.
08:41Les associations féministes ont rappelé qu'il y avait une loi cadre
08:44qui est déposée à l'Assemblée nationale depuis la fin d'année dernière
08:47qui n'est toujours pas à l'agenda à l'Assemblée nationale.
08:50Pourtant, cette loi, elle peut aider la justice, la police, les gendarmes à collaborer.
08:53– Absolument, et en fait, les Français en ont marre des déclarations,
08:58ils veulent dans le fond à la fois des actions et surtout des résultats.
09:03C'est ça le sujet.
09:04Il y a quelques années, je me souviens, Manuel Valls avait dit
09:07« la parole politique est devenue une langue morte ».
09:11Mais je crains qu'il n'ait raison.
09:13– Mais quand il s'agit du narcotrafic, on voit bien que ça va très vite.
09:15On voit les opérations de communication, le déploiement de moyens.
09:18– Sur le terrorisme aussi, également lorsqu'il faut mettre en examen des politiques,
09:26lorsqu'il faut bloquer les uns et les autres, qui sont le…
09:30Fuyon, par exemple, ça a été fait lors de la campagne en 2012,
09:35son histoire de costume, je veux dire, la justice s'est mise à grande vitesse.
09:41Donc on aimerait, si vous voulez, moi, je finis, il y a juste trois points qu'il faut…
09:46Alors on va dire la lenteur légendaire, structurelle de la justice,
09:50pas de greffier, pas de magistrat, etc., pas assez, ok.
09:55L'information qui ne circule pas quand même, c'est pas compliqué.
09:58Une information qui ne circule pas entre la police, les autorités, la justice
10:03et la gendarmerie, c'est pas compliqué de se parler.
10:06C'est un problème d'organisation, vous n'allez pas me dire que ça, c'est pas réformable.
10:11Et moi, à mes yeux, le plus grave, c'est ce que dit effectivement Renaud,
10:17c'est que les plaintes à caractère sexuel, notamment sur les enfants, ne soient pas prises…
10:23– C'est systémique, c'est ce que dit Marie-Thondelier.
10:25– Pas tellement prises au sérieux, oui, très clairement.
10:27– Prises au sérieux.
10:27– Il y a des individus qui…
10:28– Oui, absolument.
10:29– François-Xavier Bourbeau, comment on a parlé de confiance ?
10:31Comment on la restaure, cette confiance ?
10:32Quelles peuvent être les clés, aujourd'hui ?
10:33– Il y a une campagne électorale qui va démarrer pour l'élection présidentielle de 2027.
10:38Aucun des candidats pourra faire l'économie d'un propos sur la justice, sur ce sujet-là.
10:44Et vraisemblablement, il faudra sortir du cadre habituel,
10:48parce que là, on voit bien que le blocage est tel qu'il va falloir secouer,
10:53ou en tout cas, vraiment faire bouger en profondeur ce monde de la justice.
10:57– Et ce n'est pas qu'une question de moyens, c'est vrai que je pense que c'est
11:00aussi une question de culture
11:00et d'humanisation à ce temps de mode de fonctionnement.
11:03C'était un peu la même chose aussi avec cette révolution qu'a émis tout depuis maintenant de nombreuses années,
11:08où c'est vrai que la parole des femmes a été très largement ignorée,
11:13passée sous silence pendant des décennies,
11:16et qu'aujourd'hui, il y a une plus grande sensibilité, une plus grande lucidité
11:19au regard en tout cas de toutes les plaintes pour viols, agressions sexuelles et autres
11:22qui surgissent ou qui ressurgissent d'ailleurs des années après.
11:24– Et les parents de la justice parlent peut-être d'un MeToo enfant aujourd'hui.
11:27– En tout cas, il faut qu'il y ait une vraie prise de conscience,
11:30et je pense qu'il y a encore une fois, au-delà des procédures, du manque de moyens,
11:32de la lenteur pour transmettre un dossier quand même du parquet de Toulouse au parquet d'Auche,
11:37ce n'est pas extrêmement loin d'un point de vue géographique,
11:40je pense qu'il y a aussi des comportements de toute évidence dans cette chaîne,
11:44il y a des individus qui ont considéré que cette plainte pour viol n'était pas un dossier urgent
11:47et que ça pouvait attendre, qu'ils n'ont pas mis en haut de la pile.
11:50Et ça c'est quand même, et il y a aussi évidemment une responsabilité politique à tirer de tout cela.
11:54C'est pour ça que quand j'entends le garde des Sceaux dire qu'il prendra toutes ses responsabilités,
11:57est-ce que prendre toutes ses responsabilités, c'est seulement rendre publiques les conclusions de l'enquête qui est en
12:02cours ?
12:03Heureusement, c'est le minimum, c'est le minimum.
12:04Je me demande s'il n'y en a pas d'autres responsabilités.
12:06– Cette réunion ce matin avec Sébastien Lecornu, Gérald Darmanin, Laurent Nunez, c'est de la com' François-Xavier Bourmeau
12:12?
12:12– Oui, alors parce que Gérald Darmanin avait un déplacement prévu dans une prison,
12:16donc effectivement ce n'était pas le bon moment.
12:20Le gouvernement ne peut rien faire d'autre que de se mobiliser et donner l'impression qu'il agit.
12:25En réalité, il ne peut rien faire, on va pas revenir sur les conditions politiques du moment,
12:29mais il faut en tout cas ne pas apparaître en retrait sur cette affaire qui saisit le pays.
12:34– C'est une façon de dire à l'opinion publique, nous sommes là, nous sommes présents sur ce dossier.
12:37– Pardon, mais juste l'information qui ne circule pas entre gendarmes et policiers,
12:43je pense que ça, on peut faire quelque chose quand même.
12:46Alors qu'il y ait moins de magistrats, que moins de greffiers, etc., c'est une question de budget, bon,
12:50et encore.
12:51Mais que l'info ne circule pas, effectivement, entre les parquets, c'est inadmissible.
12:57– En tout cas, des enquêtes sont justement lancées à la fois par le ministère de la Justice et de
13:00l'Intérieur
13:01pour essayer de faire la lumière sur ces dysfonctionnements.
13:04La suite des informés, c'est dans quelques instants, avec vous Roselyne Fèvre et François-Xavier Bourmeau, Renaud Dely.
13:09Bien évidemment, ce sera après le rappel de l'actu à 9h19 avec Marie-Marty Rossio.
13:13– Il y a un constat d'échec collectif de l'appareil judiciaire, estime ce matin sur France Info le
13:18porte-parole du ministère de la Justice
13:20après la découverte d'un corps identifié comme étant probablement celui de Liana dans le Gers collégienne disparue depuis une
13:26semaine.
13:27Une autopsie est en cours.
13:29Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit réunir ce matin les ministres de la Justice et de l'Intérieur.
13:34À Nantes, c'est le quatrième mort en quelques semaines sur fond de narcotrafic.
13:38Un jeune homme de 18 ans tué par balle hier visé par des tirs en rafale provenant d'individus encagoulés.
13:43Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour stopper ces règlements de compte, estime la maire de Nantes, Johanna
13:48Roland.
13:49De nouvelles frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait sept morts malgré le cessez-le-feu supposément en
13:54cours entre Israël et le Liban.
13:56L'armée israélienne annonce ce matin qu'elle va mener une attaque dans deux localités au nord du fleuve Litanie.
14:02Et puis à Roland-Garros, place au demi-finale messieurs cet après-midi sur le cours central.
14:06La première opposera le numéro 3 mondial Alexander Zverev au Tchèque, Jakub Menzik.
14:10La deuxième demi-finale sera 100% italienne.
14:13Flavio Koboli face à Matteo Arnaldi.
14:26La suite des informés sur France Info, toujours avec Roselyne Fèvre, chef du service politique de France 24 et François
14:32-Xavier Bourmeau, journaliste politique à l'opinion.
14:34On en vient à un sujet qui nous concerne ou nous concernera toutes et tous.
14:38Renaud, les retraites, ce sera l'un des sujets, j'espère, l'un des sujets de la prochaine présidentielle notamment.
14:44Même si pour le moment les candidats restent assez flous.
14:47Ce sera forcément un sujet puisque rappelons-nous que le gouvernement actuel a suspendu la fameuse réforme Borne jusqu'à
14:532027, jusqu'au lendemain de la présidentielle.
14:55La réforme Borne, donc, qui devait porter progressivement l'âge de départ en retraite de 62 à 64 ans.
15:01Elle a été gelée, si je ne m'abuse, donc en être aujourd'hui à peu près à 62,9
15:05mois, me semble-t-il.
15:06En tout cas, voilà, tout ça devra reprendre.
15:08Et les candidats, vous le disiez, sont particulièrement flous à l'approche de cette campagne qui ne fait que des
15:13marins.
15:13Edouard Philippe avait évoqué, il y a quelques années, le recul de l'âge de départ jusqu'à 67 ans.
15:18Il n'en parle plus trop.
15:19Gabriel Attal, lui, envisage de supprimer la notion d'âge légal pour se concentrer sur la durée de cotisation.
15:25Raphaël Guzman est encore extrêmement flou sur le sujet, on l'a entendu hier sur l'antenne de France Info.
15:30Quant au Rassemblement National, il semble qu'il y ait carrément deux lignes entre Marine Le Pen, qui préconise le
15:35retour à 62 ans,
15:36et Jordan Bardella, qui a visiblement d'autres vérités.
15:39Deux lignes au Rassemblement National ?
15:40Non, non, non, non, pas du tout, pas du tout, c'est une méprise, nous explique Julien Audoux, le député
15:45RN de Lyon,
15:46porte-parole du Rassemblement National, qui était votre invité il y a quelques minutes.
15:50Il n'y a pas de discours différent, il y a un discours à la fois qui est responsable,
15:55et il y a un discours surtout qui est juste.
15:57Je pense que c'est très clair pour tous les Français, plus vous commencez à travailler tard,
16:01plus vous partez tard à la retraite, plus vous commencez à travailler tôt, plus vous partez tôt.
16:07Alors Julien Audoux, les porte-parole du parti, ce qui explique ce propos, évidemment, il remplit sa mission,
16:11parce qu'il y a bien deux lignes, en tout cas deux propos qui ont été tenus ces derniers jours,
16:15et d'ailleurs ça a semé le trouble au sein du Rennes.
16:16Marine Le Pen qui a rappelé que depuis 2022, le projet c'est le retour à 60 ans
16:21pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, c'est-à-dire avant 20 ans,
16:24et puis à 62 ans l'âge légal, mais sous réserve d'avoir quand même 42 ans de cotisation,
16:31donc tout ça fait qu'on peut partir au-delà de 62 ans si on a commencé à travailler tard,
16:35et Jordan Bardella, lui, qui a évoqué l'hypothèse de réfléchir à repousser l'âge légal du départ en retraite,
16:40si jamais lui était candidat.
16:42Est-ce que ça veut dire d'ailleurs que si, selon l'identité du candidat du RN,
16:46il y aurait deux réformes de retraite différentes qui seraient proposées aux Français,
16:49et puis au-delà du cas du RN, pourquoi l'ensemble des candidats semble-t-il aujourd'hui aussi flou,
16:54avec un sujet qui ressemble quand même un peu à une bombe politique ?
16:57Je vois vos sourires en coin, Roselyne Fèvre et François-Xavier Bourgmeau.
17:01François-Xavier, pourquoi les candidats sont-ils aussi flous aujourd'hui sur ce sujet ?
17:05Ce qui me faisait sourire, c'est que je discutais avec un haut cadre du RN cette semaine
17:09qui me disait « je plains le premier d'entre nous qui va se retrouver sur un plateau de télé
17:12et qui va expliquer notre position ».
17:13C'était Julien Audoul ce matin.
17:14On liait avec Julien Audoul.
17:17Parce qu'en réalité, au RN, ils sont coincés, ils ne peuvent rien trancher,
17:20rien arbitrer avant le 7 juillet, et savoir qui est leur candidat.
17:24Parce qu'on saura à ce moment-là si Marine Le Pen est de nouveau condamnée ou pas,
17:27dans l'affaire des assistants euro...
17:29Et avec effectivement deux lignes différentes.
17:31Marine Le Pen qui veut tenir sur son programme de retraite à 62-60 ans,
17:36qui lui a attiré des électeurs,
17:38et Jordan Bardella qui commence à rencontrer beaucoup de grands patrons,
17:41qui lui explique que tout ça est totalement intenable
17:43et que l'économie va s'effondrer si l'âge de la retraite est porté à...
17:48enfin, oui, descendu à 62-60 ans.
17:51En réalité, le débat il est clair, ça a toujours été le même.
17:54Pour réformer les retraites, il n'y a que trois paramètres.
17:57La durée de cotisation, l'âge de départ et le montant des pensions.
18:01On peut tourner autour du pot,
18:02sauf à révolutionner le système, à introduire une part de capitalisation.
18:06On reste dans ce cadre-là.
18:08On voit là, ce matin, ce qu'explique le porte-parole du RN,
18:11s'il veut jouer sur la durée de cotisation,
18:13donc il est plus à expliquer qu'il est sur la ligne de Jordan Bardella.
18:19L'âge de départ, c'est plus Marine Le Pen.
18:22Derrière, cette question-là, c'est important,
18:24parce qu'il y a un débat stratégique sur quels alliés on va chercher à droite.
18:28Parce que ça peut aussi permettre, on l'imagine,
18:30d'aller chercher des patrons qui seront plus sensibles à cet argument
18:34de la capitalisation, de la suppression peut-être de l'âge légal aussi.
18:38C'est ce que cherche le RN.
18:40D'aller chercher des patrons et des alliés à droite
18:43pour pouvoir franchir le dernier palier
18:46pour le deuxième tour de l'élection présidentielle.
18:48En revanche, je pense qu'une fèvre, ça peut déchirer le RN,
18:50ça peut aussi les couper d'une partie de leur électorat.
18:53Oui, parce qu'il y a une partie de l'électorat
18:56qui est coincée entre les classes populaires
18:59qui veulent la retraite à 60 ou 62 ans,
19:03et puis les électeurs plus âgés, plus conservateurs,
19:05qui, eux, sont regardants sur l'équilibre budgétaire.
19:08Mais moi, j'ai une autre analyse, peut-être que je me trompe,
19:12mais je pense que Jordan Bardala est en train d'essayer
19:15de se sauver du mensonge.
19:16Je m'explique, c'est qu'il a compris que
19:20la proposition de Marine Le Pen est inapplicable,
19:23que son programme est inapplicable.
19:25Parce que dans le fond, sur les retraites, on a menti aux Français,
19:28parce que c'est un drame national à chaque fois
19:31que les politiques ont parlé des retraites depuis Michel Recard.
19:36Donc, ils sont coincés, tous les politiques sont coincés
19:39entre l'opposition des syndicats, l'opposition de la gauche,
19:42et maintenant l'opposition de l'extrême droite,
19:44qui représente 40% des Français, en tout cas dans les intentions de vote,
19:49si on fait le calcul avec l'autre extrême droite de Zemmour, etc.
19:54Bref, je pense que Bardala est en train de comprendre
20:02qu'il peut, comme tous les partis traditionnels,
20:07de sortir de la posture de l'opposition
20:09pour entrer dans la préparation de l'exercice du pouvoir.
20:12– Renaud, il nous reste une minute pour faire un petit point
20:14sur les autres candidats rapidement,
20:16et on a quand même Édouard Philippe qui propose, lui, le départ à 67 ans.
20:20Est-ce qu'il peut le ressortir ?
20:21– Je n'en parle plus, il y a quelques années,
20:22c'était le report de l'âge légal jusqu'à 67 ans.
20:25Gabriel Attal ouvre une autre piste,
20:27qui est celle de jouer sur la durée de cotisation
20:29en allant jusqu'à supprimer l'âge légal, d'ailleurs.
20:32C'est une éventualité qui est ouverte par Gabriel Attal.
20:35Bruno Rotaillot, lui, est plus clair, d'ailleurs,
20:36il est pour le report de l'âge légal à 65 ans,
20:39alors qu'il faut rappeler que les députés LR à l'Assemblée nationale
20:42se sont opposés à la réforme Borne,
20:44qui, elles, voulaient limiter ce report à 64 ans.
20:46Donc voilà, le monde est complexe,
20:47et la politique est souvent pleine de contradictions.
20:50Donc on voit qu'il y a plusieurs pistes.
20:52Il faut bien comprendre qu'il y a d'un côté l'âge légal,
20:55qui est aussi un emblème, un étendard
20:57que tel ou tel candidat veut fixer à tel ou tel âge.
20:59Et puis, il y a d'autres types de réformes.
21:01Souvenez-vous, la première réforme envisagée,
21:03d'ailleurs, au début du premier quinquennat Macron,
21:06non, non, c'était la réforme dite par points,
21:08portée en particulier par la CFDT,
21:11qui est une réforme qui vise à tenir davantage compte
21:15de l'individualisation des parcours,
21:17des parcours professionnels, de la nature, évidemment,
21:19des professions, etc.
21:21Je pense que cette idée peut ressurgir aussi
21:24dans les mois et les années qui viennent,
21:25parce qu'elle colle probablement davantage
21:28à l'évolution du marché du travail,
21:30à sa disparité aujourd'hui,
21:32aux carrières différentes, aux parcours différents,
21:34au-delà simplement de l'âge légal.
21:36Il y a un constat, de toute façon,
21:37c'est qu'il va falloir, si on veut,
21:39sauver le système par répartition,
21:40et ne pas basculer du côté de la capitalisation.
21:42Ça, c'est la proposition d'un autre candidat,
21:44d'ailleurs, au passage, David Lissnard,
21:45le maire de Cannes et président de l'AMF,
21:47c'est la capitalisation.
21:48Il va falloir trouver d'autres modes de financement,
21:49et donc, il va falloir sûrement,
21:51d'une façon ou d'une autre,
21:52travailler plus longtemps.
21:53Face à cela, il y a une réalité,
21:54c'est le budget aussi,
21:55dont il faudra...
21:56Le budget et la démographie.
21:57Voilà, on va parler très rapidement.
21:58Merci beaucoup, Roselyne Fèvre,
21:59chef du service politique de France 24,
22:01François-Xavier Bourmeau,
22:02journaliste politique à l'opinion,
22:04d'avoir été avec nous.
22:04Merci beaucoup, Bruno.
22:06Cette émission est à retrouver en podcast
22:07et en vidéo sur franceinfo.fr.
22:09Les informés reviennent ce soir à 20h
22:11avec Antoine Comte.
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