00:00Au grand homme, le cinéma français reconnaissant, on peut découvrir cette semaine la première partie d'un ambition diptyque consacré
00:06au général de Gaulle et qui s'appelle la bataille de Gaulle, premier titre, l'âge de fer.
00:34C'est pas un biopic très classique en ce sens qu'il se focalise vraiment, il a choisi un angle
00:37très précis, une période très précise,
00:39c'est uniquement la seconde guerre mondiale, c'est-à-dire comment un obscur général va devenir un des plus
00:47grands hommes d'état français, juste en quelques années, grâce à la fondation de la France libre.
00:54Ce qui est intéressant, c'est que dans cette première partie, il y a un portrait assez contrasté du général
00:59de Gaulle, on voit quelqu'un qui est très raide, ça on le savait, mais là le film insiste beaucoup
01:04là-dessus,
01:05et puis quelqu'un qui est très très seul au début et qui est vraiment pris pour un clown par
01:08tout le monde, à commencer par les Anglais.
01:09Il y a un seul Anglais qui, quand même, lui prête un minimum d'attention, parce qu'il a reconnu
01:14peut-être la trempe du grand homme d'état à venir, c'est Winston Churchill, le premier ministre britannique.
01:18Il va y avoir des scènes vraiment très réussies entre les deux hommes et les deux acteurs, qui sont Simon
01:23Abkarian qui fait De Gaulle et Simon Rosenbill qui fait Churchill,
01:27où il y a de l'humour, il y a vraiment des conversations très précises sur de la géopolitique ou
01:31sur la vie tout court.
01:33Et le film est très réussi dans ses séquences intimistes.
01:35Alors à l'heure où toute la droite française se réclame du général, y compris l'extrême droite, on croit
01:41rêver,
01:42c'est assez salutaire finalement, une petite leçon d'histoire de temps en temps,
01:46et c'est vrai que ce blockbuster à la française offre quelque chose d'assez original finalement dans ce portrait
01:55de De Gaulle.
01:57Le film est assez changeant dans ses tonalités.
02:02Alors il y a deux choses, il y a un, le blockbuster gros budget, etc., on parle de 5 heures
02:07de film,
02:08en gros pour la moitié du budget d'un seul film de Christopher Nolan.
02:13À l'image, ça se voit, voilà, toutes les VFX, toutes les reconstitutions de Londres, etc.,
02:19ne sont pas du niveau d'un blockbuster hollywoodien par exemple.
02:24Ça marche mieux effectivement dans les scènes un peu studio, dans les scènes où c'est des gars qui discutent
02:29dans une pièce, etc.
02:30Mais il va y avoir des batailles, et des batailles bien fichues, bien menées.
02:34Et donc dans les tonalités aussi du film, c'est assez étonnant parce qu'il y a le portrait du
02:41grand homme.
02:42Sans aller trop chercher la psychologie de De Gaulle, etc., il reste un peu cet escogriffe mystérieux,
02:49un peu sanguin aussi, mais il y a un côté un peu bédé parfois, c'est-à-dire qu'on
02:56est toujours à la lisière entre la stature et le ridicule,
03:01entre l'emphase et qu'est-ce que c'est que cet olibrius.
03:05Le film ramasse 40-42 sur 2h30.
03:11C'est vrai que chaque épisode décrit pourrait donner lieu à un épisode de série.
03:15Moi j'ai presque une frustration en réalité, d'abord de ne pas avoir vu les deux épisodes ensemble,
03:21pour voir ce que ça dessinait in fine.
03:24Après le film semble toujours un petit peu partager sur la marche à suivre.
03:28Alors Marie l'a dit, il y a des passages, effectivement ça fait penser à Tintin.
03:31C'est vrai que le film a un côté BD par moments, parce que Antonin Baudry a donc écrit une
03:35BD formidable il y a quelques années,
03:37mais il y a cette dimension-là, limite cartoonesque aussi, dans la posture que peut avoir Simon Abkarian dans De
03:42Gaulle.
03:43Lui aussi il a un peu tiraillé entre jouer vraiment le grand homme et puis jouer le type un peu
03:47ridicule,
03:48malgré tout un peu engoncé dans son corps.
03:51Il y a un casting quand même qui est assez impressionnant, dans des seconds rôles parfois il y a vraiment
03:56une bonne partie du cinéma français
03:59qui défile dans le film, parfois pour quelques minutes seulement.
04:01Alors Koenig, c'est Benoît Magimel qui est vraiment bien dans le rôle.
04:05Il y a Nils Schneider qui fait le futur maréchal Leclerc qui va en Afrique.
04:10Et puis il y a quelques personnages imaginaires, dont un personnage féminin, il n'y en a pas beaucoup dans
04:16le film,
04:17mais il y en a quand même un, c'est une personne de jeune résistante qu'on voit au début
04:21du film,
04:21lors de la manifestation du 11 novembre.
04:24Et voilà, donc elle est jouée par Anna Maria Bartolomei.
04:27Alors j'espère que dans la deuxième partie on la verra un petit peu plus, parce que là moi j
04:29'étais un petit peu frustré.
04:31J'ai un peu peur sur la deuxième partie, que donc nous n'avons pas pu voir, et c'est
04:34bien dommage,
04:35que là on arrive plutôt à une dimension peut-être un peu trop agiographique,
04:39parce que là, évidemment, plus on se rapproche de la libération de Paris, de la libération de la France,
04:43plus De Gaulle prend en ampleur, il devient incontournable.
04:46Voilà, j'espère que dans la deuxième partie, Antonin Baudry, ses scénaristes, ses acteurs,
04:50sauront garder cette espèce de légère distance avec la stature du commandeur.
04:57En attendant de voir la deuxième partie, je dis oui à l'homme qui a dit non, c'est pas
05:02mal.
05:02Alors la bataille de Gaulle, première partie, l'âge de fer, et bien contre toute attente, c'est plutôt bien.
05:07Une seule bataille décidera de tout, et je vous la confie.
05:11À partir de mon ordre de feu, celui qui n'attaquera pas l'ennemi, à chaque fois qu'il le
05:15peut,
05:15il faudra relever ton commandement.
05:17Je n'ai pas d'autre option.
05:18Feu !
05:21Je veux que le monde sache que nous sommes un vaincu.
05:23Une des Français.
Commentaires