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  • il y a 33 minutes
Les informés du mercredi 03 juin 2026

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Transcription
00:0520h, 21h, France Info, les informés, Victor Matel.
00:10Bonsoir et bienvenue sur France Info à la Une.
00:13Ce soir, quand manger est un danger, l'Assemblée examine en ce moment un texte pour réduire le taux de
00:18cadmium dans nos aliments,
00:19un métal lourd, cancérogène, pourquoi les Français y sont particulièrement exposés.
00:24Plus largement, nous parlerons de tous ces polluants dits invisibles et du débat qui s'installe dans notre société.
00:30Au menu également, des drones ukrainiens chez Poutine, du moins dans sa ville natale de Saint-Pétersbourg,
00:35alors que s'ouvre le traditionnel forum économique mondial.
00:38Quel message Kiev envoie à Moscou ? Dans quel état se trouve réellement l'économie russe ?
00:42On vous explique tout dans les informés.
00:45Et puis une tapisserie qui prend l'Eurostar et pas n'importe laquelle,
00:47la tapisserie de Bayeux s'apprête à partir cet été en préalondre au British Museum,
00:52acte politique, culturel, où les deux de nombreuses voix dénoncent ce transfert
00:57en raison de la fragilité du chef-d'oeuvre.
01:00Il piaffe d'impatience de nous raconter dans le détail l'avis de Guillaume Le Conquérant.
01:04C'est François Reinhardt.
01:05Bonsoir, François, journaliste, chroniqueur en Nouvelle Homme.
01:08Messieurs, ça commence jusqu'à aujourd'hui, ça commence au deuxième siècle.
01:12Voilà, exactement, 1066, on y reviendra.
01:14Bonsoir Elisabeth Pinault.
01:16Bonsoir Victor.
01:16Vous avez l'impression, grand reporter de l'agence Reuters,
01:19correspondante pour Matignon et l'Elysée.
01:21Guillaume Fariol est avec nous.
01:22Bonsoir Guillaume.
01:23Bonsoir.
01:23Spécialiste des questions d'environnement ici à France Info.
01:26Bonsoir Sébren Luchon.
01:27Bonsoir Victor.
01:28Directeur adjoint de la rédaction de La Croix.
01:30Et bonsoir Richard Verly.
01:31Bonsoir Victor.
01:32Et bienvenue correspondante France et Europe pour le Média Suisse Blic.
01:36Les députés se penchent donc en ce moment même
01:39sur cette proposition de loi des écologistes
01:42pour tenter de réduire notre exposition au cadmium,
01:45jugé très nocif pour la santé.
01:47Guillaume Fariol, c'est quoi exactement ?
01:49Commençons par là le cadmium.
01:51Alors le cadmium, c'est un métal qui est présent naturellement dans la nature,
01:54dans les sols.
01:55Mais si on en parle aujourd'hui,
01:56c'est parce qu'il est aussi présent dans les engrais,
01:59dans des engrais qu'on appelle des engrais phosphatés.
02:01C'est comme ça.
02:01Ils contiennent ce métal.
02:03Le problème, c'est que ce métal, il est cancérogène.
02:05Il peut créer des problèmes aussi pour les os, pour le foie.
02:08Et donc en fait, quand les engrais sont épandus dans les cultures,
02:12évidemment, le cadmium passe dans la culture,
02:16puis dans l'alimentation, donc ça finit dans nos assiettes,
02:19notamment dans le blé.
02:20C'est beaucoup utilisé pour fertiliser le blé.
02:22Et donc ce cadmium, on le retrouve dans le pain,
02:25dans les céréales du petit-déjeuner,
02:27dans les biscuits, dans énormément de choses,
02:31dans certains légumes, dans les pâtes.
02:33Ce qui fait que nous sommes exposés, nous Français,
02:36c'est beaucoup à ce cadmium.
02:38Selon l'ANSES, l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire,
02:40plus de la moitié de la population française
02:42a une imprégnation, dit comme ça,
02:44une imprégnation au cadmium,
02:46qui est au-dessus des valeurs sanitaires réglementaires.
02:48Le cadmium qui est partout,
02:50pourquoi est-ce que nous, Françaises et Français,
02:52sommes particulièrement exposés ?
02:53Alors, on en a plus à cause des engrais phosphatés
02:57que nous utilisons.
02:58Les engrais phosphatés, on n'en produit pas en France,
03:00on les importe.
03:01Et on en importe beaucoup du Maroc.
03:03Et il se trouve qu'au Maroc,
03:05les engrais phosphatés ont plus de cadmium
03:07que dans d'autres pays.
03:09C'est dû, en fait, à la géologie du Maroc.
03:10La façon dont le cadmium et les engrais sont fabriqués là-bas,
03:14il y a plus de cadmium.
03:15Et comme on importe beaucoup de cadmium du Maroc,
03:17il y a beaucoup de cadmium dans nos engrais phosphatés.
03:20Donc, il y a beaucoup de cadmium dans nos cultures
03:21et donc dans nos assiettes.
03:22Il y a des questions pratiques aussi.
03:24Est-ce que l'alimentation bio, Guillaume,
03:25est moins contaminée ?
03:27Alors là, vous ouvrez un débat qui n'est pas si simple.
03:29L'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire,
03:30il y a quelques semaines,
03:31quand elle a fait son rapport sur l'exposition
03:33de la population française au cadmium,
03:36elle a dit que ça ne change pas grand-chose.
03:38Bon, alors immédiatement,
03:39notamment les deux députés qui ont co-signé ce texte
03:42et qui est examiné en ce moment à l'Assemblée,
03:43les deux députés écologistes,
03:45Guillaume Vito et Clémentine Autain,
03:46ils ont dit, attendez, ce n'est pas si simple.
03:48Il y a quand même des études scientifiques
03:49qui montent l'inverse.
03:50Donc, c'est difficile de répondre à cette question-là comme ça.
03:53En tout cas, l'ANSES a dit,
03:55on est peut-être allé un peu vite
03:56et on va se pencher davantage sur la question.
03:59Mais en effet, il existe des méta-études,
04:01des méta-analyses,
04:02ça veut dire des compilations
04:02de différentes études scientifiques
04:04qui montrent que si on consomme du bio,
04:06on est moins exposé au cadmium,
04:07mais c'est des études qui sont parfois
04:09certaines anciennes
04:10qui n'ont pas été menées en France,
04:12ce qui fait que je ne peux pas répondre
04:13à cette question aussi simplement.
04:15Voilà.
04:15François-Réna.
04:16Oui, il y a quelque chose qui...
04:17Merci beaucoup, cette exposition qui est très claire,
04:18on a tout compris.
04:20C'était très bien.
04:21Quelque chose qui m'étonne,
04:22c'est qu'il y a un débat politique aujourd'hui là-dessus.
04:24Il n'y a pas de débat à avoir.
04:26L'alerte a été sonnée il y a un an,
04:28en juin dernier,
04:29par une association,
04:30un groupement de médecins.
04:32C'est des médecins qui disent
04:33faites attention.
04:34Là, on s'aperçoit d'une chose...
04:35On parlait d'une bombe sanitaire.
04:36Une bombe sanitaire, voilà.
04:37Avec un danger particulier
04:39qui est le cancer du pancréas,
04:40qui est un danger terrible.
04:41Il y a sans doute des gens qui nous écoutent,
04:44dont les gens autour d'eux
04:45ont été victimes de ça,
04:46ou des gens qui sont malades
04:47de cette maladie terrible.
04:48Eh bien, cette maladie,
04:49elle est probablement due en partie
04:51à cette augmentation du camion.
04:52Donc, quand des médecins disent ça,
04:53enfin, souvenons-nous du Covid.
04:55Le Covid, voilà,
04:56il y avait un péril de mort,
04:57on a arrêté l'économie, etc.
04:58Donc là, il y a un débat
05:00aujourd'hui à l'Assemblée
05:01avec des gens qui disent
05:01oui, mais économiquement,
05:02pour les agriculteurs,
05:03c'est compliqué, etc.
05:04Enfin, moi, j'ai tout l'amour du monde
05:06pour l'agriculture française.
05:07Mais là, on parle de péril de mort.
05:08Donc, je ne comprends pas
05:10qu'il y ait un débat
05:10et ce n'est pas un lubis d'écologiste.
05:12On aurait pu imaginer,
05:13Elisabeth Pinault, effectivement,
05:14que sur une question aussi sensible
05:16de santé publique,
05:16qu'il y ait un consensus
05:18au sein des députés,
05:19au sein de la classe politique.
05:20Mais non, effectivement.
05:21Et non, pas du tout.
05:22On voit d'ailleurs que
05:24pensent voter contre
05:24ou ont voté contre, déjà,
05:26leur Assemblement national
05:27et le groupe d'hier.
05:29Ce sont abstenus les centristes,
05:31Horizon, le Modem, Renaissance.
05:33Et les seuls qui ont voté pour,
05:34c'est la gauche.
05:35Donc, en effet, pas d'unanimité,
05:37mais évidemment, l'éléphant...
05:38Il y en a un gros qui sont contre
05:39et d'autres qui, on va dire,
05:40en piscine, quoi.
05:41En piscine.
05:42Et il y a une présidentielle
05:43dans moins d'un an.
05:44Et les agriculteurs,
05:45c'est évidemment un électorat
05:47très important,
05:49soutenu toujours par l'opinion
05:50en grande majorité.
05:52On sait la force, par exemple,
05:54du Rassemblement national
05:54dans les zones rurales.
05:55On sait qu'ils veulent supprimer
05:57toutes les normes.
05:57Et ça, s'ils gagnent,
05:59on peut s'attendre
06:00à l'ouverture des vannes
06:02pour l'agriculture.
06:04Donc, il y a évidemment
06:06de quoi s'inquiéter.
06:07Mais, vous voyez,
06:08même le centre,
06:11malgré l'évidence,
06:12et en plus, un texte
06:13qui, si je comprends bien,
06:16va de façon progressive.
06:17On veut baisser
06:18à 20 mg par kilo
06:21en 2003.
06:23Oui, parce qu'on ne l'a pas dit,
06:23on va peut-être le dire.
06:2540 mg en 2027
06:26et 20 mg en 2030.
06:28Le but de ce texte,
06:29c'est d'essayer
06:29de réduire ce seuil
06:31de cadmium présent
06:32dans les engrais phosphatés.
06:34Voilà, absolument.
06:34Aujourd'hui,
06:35la norme en France,
06:35c'est 90 mg maximum
06:37de cadmium par kilo.
06:39Ce que propose ce texte,
06:41cette proposition de loi,
06:42c'est de passer l'an prochain
06:43à 40 mg
06:44et en 2030
06:45à 20 mg maximum.
06:47En fait,
06:47c'est de durcir les normes
06:48pour, évidemment,
06:49si on met moins de cadmium,
06:50après, on est moins exposé.
06:52Alors, les centristes,
06:52notamment,
06:53ce qu'ils proposent,
06:53c'est OK pour 40 et 20,
06:55mais pas aussi rapidement
06:56pour laisser le temps
06:57aux agriculteurs
06:57de s'adapter.
06:58C'est vrai,
06:59si je m'en compris,
07:00la décanionisation,
07:01je n'arriverai pas à le dire,
07:02elle n'est pas chère,
07:03en plus.
07:03D'après ce que dit
07:04l'homme qui porte
07:06cette proposition de loi,
07:07on peut faire ça
07:08de manière pas très chère,
07:09d'enlever le cadmium
07:10ou redire le cadmium
07:11dans les engrais.
07:12Alors, ce que dit,
07:12notamment, aussi,
07:14la principale entreprise
07:15marocaine
07:16qui importe,
07:17dont la France importe
07:19ses engrais phosphatés,
07:20c'est qu'elle a déjà commencé
07:21à réduire
07:23cette teneur en cadmium,
07:24donc,
07:25ce serait possible
07:26de réussir
07:29à faire,
07:30en faisant quelques petits efforts,
07:31en tout cas,
07:32quelques efforts,
07:33de limiter cette exposition
07:34au cadmium absolument.
07:35Deux euros par hectare
07:37de blé fertilisé,
07:38c'est ce que dit l'INRAE,
07:39ça coûterait 2 euros
07:40par hectare de blé fertilisé
07:41de décannation,
07:44je crois que c'est comme ça
07:44qu'on dit,
07:46de l'engrais.
07:47Donc, effectivement,
07:48il y a des solutions techniques
07:48qui existent,
07:49il y a aussi des solutions
07:50d'approvisionnement
07:52alternatives au Maroc.
07:53Je crois qu'on a trouvé
07:55des...
07:55Alors, il y a la Russie,
07:57qui pose des questions.
07:58Mais il y a la Norvège,
07:59il y a la Finlande,
08:00il y a le Brésil,
08:01l'Afrique du Sud aussi.
08:02Il y a l'Afrique du Sud.
08:03Donc, il y aurait les moyens,
08:04parce qu'on ne l'a pas dit,
08:05mais le principal argument
08:06de ceux qui ne sont pas
08:07pour ce texte,
08:08c'est de dire
08:08qu'on va mettre en danger
08:09l'agriculture française
08:10parce qu'on n'aura plus
08:11de sources d'approvisionnement.
08:12En fait, il y a d'autres pays
08:13auxquels on peut s'approvisionner.
08:15Richard Verly,
08:15effectivement,
08:16on peut se demander
08:16en quoi réduire ces taux
08:18se leur met en compte
08:19la compétitivité
08:20de l'agriculture française.
08:22Là, en l'occurrence,
08:23dans le moment que nous vivons,
08:24je ne suis pas sûr
08:25que ce soit une question
08:25de compétitivité.
08:26C'est juste qu'on manque d'engrais.
08:27On manque d'engrais.
08:28Aujourd'hui,
08:29il y a un moment
08:30lié au Moyen-Orient.
08:32On manque d'engrais
08:32et on sait pourquoi.
08:34Parce qu'un certain nombre
08:35de cargaisons d'engrais
08:36arrivaient du Golfe Persique
08:37parce que c'est lié au pétrole,
08:39notamment à l'industrie pétrolière.
08:41Et donc,
08:41la grande crainte
08:42aujourd'hui de l'agriculture,
08:43c'est de manquer d'engrais.
08:43Donc, il y a un mouvement,
08:44peut-être pas de panique,
08:46mais en tout cas de peur
08:47dans les lobbies agricoles
08:48que ça vienne se rajouter
08:49à cette pénurie d'engrais
08:50si en plus,
08:50on prohibe les engrais
08:52en provenance du Maroc,
08:53pays grand producteur de phosphate.
08:55Après, je crois que la bonne solution,
08:57c'est évidemment de travailler d'urgence
08:58sur les moyens de remplacer
09:00ce cadmium
09:01ou de l'enlever des engrais.
09:03Visiblement, c'est possible.
09:04Là aussi,
09:05il faudrait que ce soit
09:06quelque chose partagé
09:06au niveau européen
09:07pour que la demande
09:08à ce moment-là
09:09soit suffisamment importante
09:11afin que les producteurs de phosphate
09:12puissent véritablement
09:13faire les efforts nécessaires.
09:15Alors, dans le cas de la Suisse,
09:16j'en dis un mot,
09:17on est un pays qui souvent
09:19sur ce type de législation
09:20est en retard
09:21sur l'Union Européenne,
09:22notamment parce qu'on a
09:23des grandes industries
09:24pharmaceutiques et chimiques.
09:25Donc, il ne vous a pas échappé
09:27quelquefois.
09:28Ces industries sont aussi
09:29de grands lobbies.
09:30Mais je crois que ça,
09:31c'est typiquement
09:32une cause européenne
09:33que tout le monde
09:33est à même de comprendre
09:34parce que,
09:35comme l'a très bien dit François,
09:36la maladie qui peut en résulter
09:38est une des maladies
09:38que je sache
09:39les plus redoutables qui soient.
09:41Et pour en revenir à la Suisse,
09:42pas d'études poussées jusque-là
09:44en Suisse
09:45sur les effets du cadmium
09:46sur la santé ?
09:47Vous savez,
09:48pas faire d'études.
09:49C'est la meilleure manière
09:50de ne pas avoir le problème.
09:51Donc, s'il n'y a pas d'études,
09:52c'est qu'il y a peut-être
09:53des raisons.
09:54et le passif
09:55en la matière helvétique
09:56est malheureusement
09:57assez grand.
09:58Très souvent,
09:59on s'est aperçu
09:59que les lobbies,
10:00les lobbies de,
10:01je le disais,
10:02de la chimie,
10:03j'élargis,
10:04sont suffisamment puissants
10:05et évitent que les autorités
10:06regardent de trop près
10:07des choses qui,
10:08peut-être,
10:10à l'aune européenne
10:11ne passeraient pas.
10:11C'est d'ailleurs
10:12une des raisons
10:13pour lesquelles
10:14toute une partie
10:14de l'opinion suisse
10:15et notamment
10:15les milieux agricoles
10:17disent qu'il ne faut absolument pas
10:18qu'on soit trop lié
10:19à l'Union européenne
10:20parce qu'on serait obligé
10:21de reprendre
10:21les fameuses normes,
10:22des normes globalement
10:23plus contraignantes
10:24dans l'UE
10:25qu'elles ne le sont
10:26en Suisse.
10:26Guillaume ?
10:27Oui, sur la question
10:28de la compétitivité,
10:29il y avait cet après-midi
10:30un représentant
10:30de la FNSEA,
10:31premier syndicat agricole
10:32sur France Info
10:33qui disait
10:34si cette proposition de loi
10:35en l'état,
10:36elle est adoptée,
10:37c'est-à-dire que
10:37si l'an prochain
10:38on passe des engrais
10:40à 40 mg
10:41de cadmium
10:42par kilo d'engrais,
10:43ce serait plus restrictif
10:45que chez nos voisins européens.
10:47Et donc,
10:48c'est là que la question
10:48de la compétitivité
10:50se poserait.
10:50Donc, c'est toujours
10:51la même question
10:51de toute façon.
10:52Avec l'idée,
10:52effectivement,
10:53de trouver
10:53un terrain d'entente
10:54pour qu'il y ait...
10:55L'idée,
10:56ça serait de passer...
10:57Peut-être qu'un compromis,
10:59en tout cas,
10:59c'est ce que prenait
11:00ce représentant
11:01de la FNSEA,
11:01il disait
11:02passons à 60 mg
11:03par kilo d'engrais,
11:04comme ça,
11:05on est comme le reste
11:06en Europe.
11:07Et puis,
11:07il n'y a pas de distorsion
11:08de concurrence,
11:08c'est toujours le même débat
11:09sur ces choses-là.
11:10On se remarque.
11:11Ce qui me paraît
11:11complètement fou,
11:12j'entends bien
11:12qu'il y a des impératifs
11:13économiques,
11:14mais impératifs économiques
11:15contre cancer,
11:16ça me paraît
11:16complètement dingue.
11:17C'est les bateaux
11:18qui arrivaient
11:19avec des tapis
11:20remplis de poux
11:20qui ont amené
11:21la peste à Marseille
11:22et ils sont rentrés
11:23parce que les gens
11:24voulaient...
11:25Il y avait l'économie
11:25qui était importante,
11:26etc.
11:26Il y a une histoire
11:27qui est très comparable
11:28qui est l'histoire
11:28de la chlordécone aux Antilles.
11:30La chlordécone aux Antilles,
11:31je crois que c'est
11:31un insecticide
11:32ou en tout cas
11:33un produit
11:33qui est utilisé
11:33dans les bananeraies.
11:34À partir des années 80,
11:36les Etats-Unis
11:37et d'autres pays
11:37dans le monde
11:38l'interdisent.
11:38C'est dangereux,
11:39ça donne le cancer,
11:39etc.
11:40La Martinique,
11:41la Guadeloupe,
11:42le lobby des planteurs
11:42dit non,
11:43on ne peut pas
11:44sinon la banane
11:44va s'effondrer,
11:45etc.
11:45Eh bien,
11:46il y a eu un taux
11:47de prévalence
11:48extraordinairement fort
11:49aux Antilles.
11:49Tous les Antillais,
11:50les malheureux,
11:51ils ont tous des cancers
11:52de la prostate
11:52à cause de cette chose-là.
11:53Il y a des gens
11:54qui en meurent
11:54parce que c'est maltraité.
11:56Et hier,
11:57ou avant-hier,
11:58l'Assemblée nationale
11:59a voté à l'unanimité
12:01une loi
12:02pour reconnaître
12:02la responsabilité
12:03de l'État
12:04dans la Chlordécone.
12:05Ils reconnaissent
12:05la responsabilité
12:06de quelque chose
12:06qui s'est passé
12:07il y a 30 ans.
12:08Et là,
12:08il y a quelque chose
12:08qui est en train
12:08de se passer,
12:09ils ne font rien.
12:10Mais on délire.
12:11C'est vrai,
12:11ils ne font rien.
12:13Oui, c'est sûr,
12:13mais le problème
12:17est plus vaste que ça.
12:18C'est-à-dire que
12:18si on lève un peu
12:20les yeux
12:21au-delà du cadmium,
12:22il y a la question
12:23des pifaces,
12:24il y a la question
12:24des polluances éternelles.
12:27Il y a une proposition
12:28sans loi en ce moment
12:28qui est transpartisane,
12:31je pense,
12:31qui est poussée
12:32par 8 groupes parlementaires
12:34pour imposer
12:35le Nutri-Score.
12:36Le Nutri-Score,
12:36il a été créé
12:37en 2017,
12:39si je ne me trompe pas.
12:39Il est toujours facultatif.
12:41Ça veut dire
12:42qu'une entreprise
12:43agroalimentaire
12:44qui ne souhaite pas
12:44mettre le Nutri-Score,
12:45vous vous souvenez,
12:46c'est ces lettres
12:46de A à E
12:47qui classent les produits
12:49selon à la fois
12:50leur qualité nutritionnelle
12:51mais aussi
12:52leur qualité sanitaire.
12:56Un groupe industriel
12:57qui ne souhaite pas
12:58mettre le Nutri-Score
12:59sur son packaging
13:00ne le fait pas.
13:01Donc on a des outils
13:03à notre disposition.
13:04On sait qu'il y a
13:06des études
13:07et en général,
13:08malheureusement,
13:09on ne va pas,
13:10c'est ce que tu dis François,
13:12on ne va pas au bout
13:14des solutions
13:15qui sont pourtant existantes.
13:16Et on voit en même temps
13:17Elisabeth Pinault
13:17les débats qui montent
13:18dans la société.
13:19On reviendra
13:19à Guillaume Fariol
13:20sur ces polluants invisibles.
13:22On peut penser
13:22à la loi Duplomb
13:23l'an dernier,
13:24une pétition
13:24avec 2 millions
13:25de signatures.
13:26Les politiques obligées
13:27de suivre en quelque sorte
13:28avec un débat
13:29à l'Assemblée,
13:30ça bouge
13:30d'une certaine manière
13:31quand même ?
13:32Ça bouge
13:32de temps en temps.
13:34Après,
13:34il ne faut pas sous-estimer
13:35je pense que la prise
13:36de conscience des Français,
13:37l'inquiétude
13:38et les efforts
13:39qui sont faits
13:39au niveau local
13:40pour essayer
13:41de contenir tout ça.
13:43Mais quand même,
13:44quand on voit
13:45le début de débat
13:46pour la présidentielle,
13:47ce n'est pas
13:48en tête de chapitre.
13:49Le Rassemblement National,
13:50l'immigration,
13:51la sécurité,
13:52c'est bien avant
13:53ce genre de questions
13:53par exemple.
13:55Et on voit bien
13:56que pour l'instant,
13:57alors que ça devrait être
13:58la santé,
13:59il n'y a rien
14:00de plus important.
14:00Et puis,
14:01on a des exemples,
14:02François l'a très bien dit,
14:03autour de nous.
14:04Et puis,
14:06des preuves
14:07que l'élevage intensif
14:08a conduit aux algues vertes
14:09en Bretagne.
14:10Enfin,
14:10on pourrait multiplier
14:11les exemples,
14:12les problèmes de thyroïde
14:14qui sont très fréquents
14:15chez les Françaises
14:17et les Français,
14:17par exemple.
14:19Et d'un côté,
14:21on essaye d'améliorer
14:22la recherche
14:23contre le cancer,
14:24la prévention,
14:26avec tout ce que ça coûte
14:27si on parle seulement
14:27de l'économie.
14:28Et là,
14:29on a un bon exemple
14:30de quelque chose
14:31qui ne coûte pas si cher
14:322 euros par hectare.
14:33On peut quand même
14:34penser que ce n'est pas
14:35des sommes exubérantes.
14:37Mais ça ne passe encore pas.
14:41Oui,
14:42on en parle,
14:42vous l'avez dit,
14:42la loi du plomb,
14:44les insecticides
14:45de tueurs d'abeilles,
14:46ça fait débat,
14:47mais ce n'est pas
14:47tête de chapitre.
14:48On parlait tout à l'heure
14:49de ces fameux
14:50polluants invisibles,
14:51Guillaume Farriol.
14:52Oui,
14:52vous parlez d'une prise
14:53de conscience,
14:54peut-être pas suivie
14:55par des actes politiquement
14:56et vous avez sans doute raison.
14:59Moi,
15:00la prise de conscience
15:00dans mon quotidien,
15:01c'est-à-dire dans mon travail
15:02ici à France Info,
15:03qui spécialise des questions
15:05d'environnement,
15:05je suis ces sujets-là,
15:07je la sens et je vois
15:08que ce sont des sujets
15:09qui montent auprès
15:10de l'opinion publique.
15:11Et en effet,
15:11je pense que le marqueur
15:13le plus fort
15:14de cette prise de conscience-là,
15:16ça reste cette pétition
15:172 millions de signatures
15:18sur le site
15:19de l'Assemblée nationale
15:20contre la loi Duplomb
15:21qui prévoyait
15:22de réintroduire
15:23un néonicotinoïde,
15:24un pesticide
15:25dit tueur d'abeilles
15:27et qui peut aussi
15:27potentiellement avoir
15:28des effets sur la santé.
15:30Et ces 2 millions
15:31de signatures,
15:31c'est vrai que le débat
15:33a pris une proportion
15:35très forte
15:36parce qu'on disait
15:372 millions de signatures,
15:38ce n'est pas juste
15:382 millions de personnes,
15:39c'est en fait
15:40un mouvement de société
15:41et c'est ça qui a été dit.
15:42Et ça marche aussi
15:43pour les inquiétudes,
15:44pour les polluances éternelles
15:45qu'il y a dans notre eau,
15:47pour la qualité de l'air
15:47dont on parle aussi
15:48de plus en plus souvent
15:49qui fait 40 000 morts
15:52par an en France.
15:53C'est toutes ces pollutions
15:54qui sont extrêmement diffuses,
15:55les pesticides,
15:56les polluances éternelles,
15:56la qualité de l'air,
15:57ce qu'il y a dans notre eau,
15:58ce qu'il y a dans notre nourriture.
15:59Tout ça,
15:59c'est une chose
16:00dont l'opinion publique,
16:01en tout cas,
16:02me semble-t-il,
16:04c'est ce que je pense voir
16:05en tout cas
16:06dans mon travail,
16:08est en train
16:08de monter fortement.
16:09de là à avoir des réponses
16:11politiques à la hauteur,
16:12c'est une autre question.
16:14Richard Verli,
16:15vous qu'il y avait un regard
16:16sur tout ce qui se passe
16:17en Europe,
16:18est-ce que cette montée,
16:19cette préoccupation,
16:20elle est franco-française
16:21aujourd'hui
16:21ou est-ce qu'on la retrouve
16:22chez nos voisins ?
16:23Je crois qu'il y a
16:23une préoccupation européenne,
16:25on le voit bien,
16:26sur tout ce qui est,
16:28je dirais,
16:28la qualité de l'alimentation,
16:30tout ce qui est
16:31le produit chimique,
16:31il y a eu des directives,
16:34notamment la directive REACH,
16:35vous vous souvenez,
16:36on en avait beaucoup parlé.
16:37La difficulté,
16:38c'est qu'effectivement,
16:39tous les pays
16:40de l'Union Européenne
16:41n'ont pas la même pratique
16:42des régulations.
16:43Il y a des pays
16:44où le lobby agricole
16:45est plus ou moins fort,
16:46il y a des pays
16:46qui ont plus ou moins
16:47besoin d'engrais,
16:48ça dépend des productions,
16:50d'où la nécessité
16:51à un moment donné
16:51sur ces sujets,
16:52on en a souvent parlé
16:53ici,
16:53l'agriculture,
16:55la spécificité
16:56de l'agriculture française,
16:57c'est que la France
16:58réunit en quelque sorte
16:58toutes les sortes
16:59d'agricultures,
17:00dont certaines ont besoin
17:02de beaucoup d'engrais,
17:03certaines moins,
17:04et par conséquent,
17:05il lui est souvent difficile
17:07de se faire entendre
17:08au niveau européen
17:08parce que ses partenaires
17:10européens,
17:10eux,
17:11ne se préoccupent
17:11que d'un segment
17:13agricole donné.
17:14Mais il est évident,
17:15on est en train
17:15de renégocier
17:16la politique agricole commune
17:17au niveau européen,
17:18de mon point de vue,
17:19compte tenu des enjeux budgétaires,
17:21ça devrait s'accompagner
17:22d'exigences
17:23en matière sanitaire.
17:24Ça veut dire quoi,
17:25ces vernis ?
17:25Ils sont changés de modèle,
17:26justement,
17:27question économique aussi,
17:28on l'évoquait,
17:28à l'heure où le budget,
17:29on en parle aussi beaucoup
17:30en France,
17:31est limité.
17:32Changer de modèle,
17:33oui.
17:33Après,
17:34on voit que
17:36la consommation
17:37d'aliments
17:37ultra transformés
17:40ne baisse pas,
17:41ou en tout cas,
17:43je n'ai pas l'impression
17:44que massivement
17:45les Français
17:45changent la manière
17:47qu'ils ont de s'alimenter.
17:49Sur le cadmium,
17:50peut-être que Guillaume Fariol
17:51peut nous éclairer,
17:52mais il y a aussi
17:53une chose qui m'étonne,
17:54c'est qu'il y a un point
17:55dont on n'a pas parlé,
17:56qui est qu'à partir
17:57de mi-juin,
17:59le test urinaire
18:03ou de prise de sang
18:04pour se tester,
18:06pour tester le taux,
18:07je ne sais pas comment on dit,
18:07le taux de cadmium.
18:08Les personnes pourront aller
18:09en laboratoire,
18:10les personnes qui sont
18:11les plus fragiles
18:12pourront aller faire un test
18:13pour savoir
18:14combien j'ai de cadmium
18:15dans mon corps.
18:15Et après,
18:16une fois qu'on sait par exemple
18:17qu'on est au-delà des seuils,
18:20qu'est-ce qu'on fait ?
18:20Qu'est-ce que fait le médecin
18:23qui voit
18:24qu'on dépasse le seuil ?
18:26Sachant qu'avoir du cadmium
18:28dans le corps,
18:28ce n'est pas signe
18:29d'une maladie.
18:30Mais c'est ce qui est
18:31très compliqué
18:31dans ces sujets-là.
18:32C'est un métal
18:33qui se retrouve naturellement
18:34dans le corps à la base.
18:35Après,
18:36on sait que
18:37quand on a,
18:38mais que ce soit du cadmium
18:40ou une autre substance
18:40chimique dangereuse
18:41plus présente
18:42qu'elle ne devrait...
18:43la cigarette aussi
18:44qui est un fort pourvoyeur.
18:45Oui, absolument.
18:47La cigarette aussi
18:48contamine au cadmium.
18:49Mais quand on a
18:50une analyse
18:51qui peut être inquiétante,
18:52ça marche aussi
18:53pour les polluances éternelles.
18:54Ça doit amener
18:56à une vigilance
18:57plus particulière
18:57d'un sujet médical
18:59qui devrait être
19:00plus poussé
19:00de l'admettre en place.
19:01Je ne sais pas.
19:02Mais en fait,
19:02c'est une question
19:03qui est très intéressante
19:03et c'est la difficulté
19:05avec toutes ces pollutions.
19:06Parce que
19:06ce n'est pas parce que
19:07j'ai plus de cadmium
19:09dans mon sang
19:10et que j'ai un cancer
19:11que c'est ce cadmium
19:12qui m'a causé ce cancer.
19:14Parce qu'en fait,
19:14c'est peut-être
19:15ce que j'ai mangé
19:15toute ma vie.
19:16C'est peut-être
19:16autre chose
19:17et tout mon mode de vie
19:18qui a causé ce cancer.
19:19Et c'est ça
19:20qui est très difficile.
19:22C'est extrêmement compliqué
19:24de mettre
19:25une maladie
19:26chez quelqu'un
19:27en particulier
19:28face à
19:30une pollution
19:30en particulier.
19:32Puisque,
19:32par définition,
19:33notre vie,
19:34il y a énormément
19:35de facteurs
19:35qui nous entourent
19:36et énormément de choses
19:37qui peuvent dégrader
19:38notre santé.
19:38François ?
19:39Oui,
19:39sur cette chose-là,
19:40effectivement,
19:40scientifiquement,
19:41c'est difficile à prouver
19:41puisqu'il faudrait faire
19:43un test avec deux catégories
19:44de population.
19:45Il y a une moitié
19:45de la population
19:46à qui on enlève
19:47le cadmium
19:47pendant cinq ans,
19:48une autre à qui on donne
19:49du cadmium
19:49et on voit qu'il y a
19:50des cancers à la fin.
19:51C'est délirant.
19:51Mais en tout cas,
19:52à partir du moment
19:53où cette histoire,
19:53elle a commencé
19:54avec des médecins
19:55qui parlaient de bombes sanitaires,
19:56on est clair
19:56qui a une bombe sanitaire
19:57et je trouve que
19:58cette histoire-là
19:59de cadmium,
19:59elle devrait faire
20:00une prise de conscience.
20:01Les crises alimentaires,
20:02il y en a beaucoup
20:03depuis que je suis gamin,
20:04on a vu ça tout le temps,
20:06la vache folle
20:07dans les années 90,
20:08les grippes aviaires,
20:09il y avait les raviolis,
20:10je ne sais plus quoi,
20:10il y avait tout le temps
20:11mais surtout sur un produit
20:12et là,
20:12ce qui est très symptomatique,
20:14c'est les produits
20:15que mange tout le monde.
20:16Je vois cette histoire
20:17de cadmium
20:17comme tout le monde
20:18et on se dit
20:18je vais arrêter de manger ça
20:20si je ne veux pas m'empoisonner
20:21et c'est quoi ?
20:21Les pommes de terre,
20:23les céréales,
20:23les pâtes,
20:24mais franchement
20:24qui peut se priver de ça ?
20:25Et après,
20:26on nous rajoute
20:26que dans l'eau,
20:27il y a des microplastiques
20:28et des phases,
20:29etc.
20:30C'est-à-dire que là,
20:30on est plombé,
20:31si j'ose dire,
20:32pour votre cadmium
20:33de partout.
20:34Donc c'est le moment
20:34où il faut avoir
20:35une espèce de réaction populaire
20:38en disant
20:38arrêtez,
20:39il faut arrêter ça,
20:39ce n'est pas possible.
20:40Est-ce que j'allais vous poser
20:41comme dernière question,
20:42Guillaume,
20:42avant de clore le débat,
20:44qu'est-ce qu'on peut encore manger,
20:45qu'est-ce qu'on peut encore boire
20:46aujourd'hui ?
20:46Alors si je voulais
20:47être mauvais esprit,
20:48je vous dirais que
20:49vous ne pouvez même plus
20:49respirer l'air
20:50quand vous sortez
20:51de la maison de la radio
20:52à Paris
20:52parce que les seuils
20:53de pollution
20:53en Ile-de-France
20:54sont au-dessus
20:55des seuils
20:55de l'Organisation Mondiale
20:56de la Santé.
20:58Donc évidemment,
21:00on ne peut pas
21:00s'arrêter de manger
21:01et de boire,
21:02mais la question,
21:04c'est aussi qu'on cherche
21:05de plus en plus de choses,
21:06on trouve de plus en plus
21:07de choses,
21:08et moi,
21:08sur votre question,
21:09qu'est-ce qu'on peut encore manger,
21:09je ne sais pas quoi vous répondre.
21:12Ce sera le mot de la fin.
21:14Merci Guillaume Pariol
21:15d'être venu ce soir
21:17dans les informés spécialistes
21:18des questions d'environnement
21:20ici à France Info
21:21et on rappelle donc
21:22ce débat qui a lieu
21:23en ce moment même
21:23à l'Assemblée,
21:24les députés qui se penchent
21:25sur cette proposition de loi
21:27pour réduire justement
21:28les taux de cadmium.
21:30Venons-en maintenant
21:31à ces drones ukrainiens
21:32qui ont visé ce matin
21:33la ville de Saint-Pétersbourg
21:36en Russie.
21:36Des sites énergétiques
21:37et militaires ont été touchés
21:39alors que la ville
21:39ouvrait son traditionnel
21:40forum économique
21:41qui rassemble 20 000 invités
21:43de 130 pays différents.
21:45Bonsoir Christophe Gascard.
21:46Bonsoir.
21:47Merci de nous avoir rejoints
21:48dans le studio de France Info,
21:49spécialiste des questions internationales,
21:50journaliste à France Info Télé.
21:52Vous avez été correspondant
21:54à Moscou justement.
21:56C'est un message direct
21:56à Vladimir Poutine,
21:58cet envoi de drones
21:59de Saint-Pétersbourg.
22:00Il faut le rappeler,
22:00c'est la ville de naissance
22:01du président russe.
22:02Oui, effectivement,
22:03Leningrad à l'époque
22:05lorsque Vladimir Poutine
22:08était né
22:09et donc à Saint-Pétersbourg,
22:11ça intervient cette attaque
22:12à un moment très important
22:13parce que c'est surtout,
22:14on le rappelle,
22:15mais vous l'avez dit,
22:15le forum économique international
22:17de Saint-Pétersbourg,
22:18c'est un peu
22:19le Davos russe
22:21où il y a 20 000 chefs d'entreprise,
22:24des États du monde entier
22:26qui viennent à cet endroit-là.
22:28Et si l'Ukraine a frappé,
22:30effectivement,
22:31c'est d'une part pour montrer
22:33que la Russie reste vulnérable
22:34dans un endroit extrêmement symbolique,
22:36Saint-Pétersbourg,
22:37qui est quand même
22:38à 1 000 km de la frontière ukrainienne.
22:40Cela démontre également
22:41que Kiev...
22:42Après avoir déjà ciblé Moscou.
22:44Oui, et puis c'est surtout
22:46une réponse,
22:47c'est la loi du talion.
22:48L'Ukraine a subi
22:50ces dernières 48 heures
22:52des attaques massives
22:53avec près de 23 morts,
22:55de nombreux blessés
22:56et ça a été vraiment très intense
22:58pour la population ukrainienne.
23:00Et pour l'ouverture de ce forum,
23:02Kiev fait le réponse
23:05du berger à la bergère,
23:06renvoie des drones
23:08et cible des terminaux pétroliers
23:11de Saint-Pétersbourg,
23:12des installations militaires.
23:13Bref, fait comprendre à la Russie
23:15qu'elle est aussi vulnérable
23:17sur son terrain
23:17à 1 000 km de Kiev.
23:19On va revenir sur ces messages,
23:20ce forum économique,
23:22il faut le dire,
23:23Elzabeth Pinault,
23:23c'était un endroit
23:25on va dire assez respecté.
23:26Emmanuel Macron lui-même,
23:27il venait ces dernières années avant
23:28bien sûr la guerre en Ukraine.
23:30Oui, en effet.
23:31Donc là, c'est d'autant plus symbolique
23:33pour l'Ukraine
23:34d'avoir attaqué
23:37Saint-Pétersbourg.
23:37Et puis ça rappelle évidemment
23:39la parade du 9 mai
23:40qui a été minimale
23:42cette année
23:42parce que Vladimir Poutine
23:44avait peur
23:46qu'il y ait des drones
23:47ukrainiens
23:48qui attaquent Moscou
23:49et ça aurait
23:50évidemment symboliquement
23:51un jour
23:52de fête nationale
23:55fait beaucoup
23:56de dégâts
23:57sur son image.
23:58On sent une certaine paranoïa
23:59chez Vladimir Poutine.
24:01Et puis parallèlement,
24:03il y a quand même
24:04les Ukrainiens
24:05qui tiennent toujours
24:06le coup.
24:08L'Europe vient de voter
24:10cette fois
24:10ce paquet d'aides
24:11de 90 milliards d'euros
24:13qui va pouvoir
24:14les aider
24:15ainsi qu'un nouveau train
24:16de sanctions
24:17va pouvoir les aider
24:17à tenir davantage.
24:19Grâce au changement
24:20de gouvernement en Hongrie
24:20on le rappelle.
24:21Exactement.
24:22Et Peter Magyar
24:23était ce jour même
24:24à l'Elysée
24:25et l'Ukraine était
24:27au menu
24:28et ils en ont parlé
24:29Emmanuel Macron
24:30et lui-même
24:30lors d'une déclaration
24:31tout à l'heure
24:32j'y étais.
24:33Et donc c'est une nouvelle ère
24:34qui s'ouvre
24:34grâce à ce changement
24:36en Hongrie
24:36et c'est une bonne chose
24:38pour l'Ukraine.
24:39Donc il y a des signes
24:40positifs pour l'Ukraine
24:41ces temps-ci
24:43mais la guerre continue
24:44néanmoins.
24:45Redire un mot aussi
24:45Richard Verley
24:46de ce forum
24:47dont on a parlé
24:48Emmanuel Macron
24:49Angela Merkel
24:49il venait
24:50ces dernières années
24:52aujourd'hui
24:53à quoi il ressemble
24:54ce forum
24:55on parle de
24:55de l'extrême droite
24:56allemande
24:57qui y vient
24:57par exemple
24:58d'autres personnages
24:59comme ça.
25:00Oui ce qui est sûr
25:01c'est que l'économie russe
25:02va mal.
25:03Tous les indicateurs
25:04de l'économie russe
25:05que ce soit
25:06l'inflation
25:06le déficit budgétaire
25:08la valeur du rouble
25:09tout ça va mal
25:10parce que l'économie russe
25:11n'attire tout simplement
25:12plus d'investissements
25:13normaux.
25:14Par exemple
25:15quelque chose
25:16qui m'a été expliqué
25:16récemment
25:17par un responsable
25:18européen
25:18des sanctions
25:19vous savez
25:19qu'on va bientôt
25:20avoir le 21ème
25:22train de sanctions
25:23économiques
25:24contre la Russie
25:24et bien ce que
25:25m'expliquait cette personne
25:26c'est que
25:27les banques russes
25:27ont été forcées
25:28à prêter
25:29aux entreprises
25:30d'armement
25:31mais ces entreprises
25:32d'armement
25:32qui produisent
25:33parce qu'on est
25:33en économie de guerre
25:34ne vont pas rembourser.
25:35Donc il y a des vrais doutes
25:36sur la viabilité
25:38de cette économie de guerre
25:39à long terme
25:39même si on sait
25:40que grâce à la Chine
25:41grâce au soutien de la Chine
25:42la Russie peut tenir.
25:44Donc ce forum
25:44aujourd'hui il est devenu quoi ?
25:45Il est devenu
25:46la vitrine du poutinisme
25:47en réalité
25:48puisque qu'est-ce que
25:48Vladimir Poutine a à offrir ?
25:50Alors certes
25:51des pays comme la Turquie
25:52la Russie
25:52la Chine
25:53pardon
25:54tous ceux qui n'appliquent pas
25:55les sanctions
25:55peuvent venir investir
25:57mais en fait
25:58même ces pays-là
25:59n'investissent pas beaucoup
26:00je rappelle que la Chine
26:01le fameux projet
26:02de Léoduc
26:03vous savez
26:03et bien la Chine
26:04est réticente à le faire.
26:05Et on va continuer
26:06à en parler bien sûr
26:07dans la seconde partie
26:08des informés
26:09restez bien avec nous
26:11la suite des informés
26:12uniquement en radio
26:13ce soir
26:14c'est dans un instant
26:15il est 20h30.
26:2220h30 sur France Info
26:23Emmanuel Langlois
26:24nous faisons les frais
26:26de décennie
26:27d'économie dans la justice
26:28dénonce ce soir
26:29le maire de Florence
26:30dans le Gers
26:31après la disparition
26:32de Liana
26:33qui reste ce soir
26:34introuvable
26:34les recherches
26:35se poursuivent
26:36la procureure d'Osch
26:38elle a pris la parole
26:38devant la presse
26:39tout à l'heure
26:40elle révèle ce soir
26:41que de nouvelles plaintes
26:42visant l'homme
26:43soupçonné d'avoir enlevé
26:44la collégienne de 11 ans
26:45dont une déposée
26:46ce matin même
26:47et une autre
26:48classée sans suite
26:49en 2024
26:49et qui va être réexaminée
26:51nouvelle plainte
26:52dont fait l'objet
26:53ce suspect
26:54la magistrate
26:55annonce par ailleurs
26:56que les enquêtes judiciaires
26:57concernant ce père de famille
26:58âgé de 41 ans
27:00vont faire l'objet
27:01d'un regroupement
27:02la consommation
27:04de carburant
27:04en France
27:05sans surprise
27:06elle a encore enregistré
27:07une forte baisse
27:07le mois dernier
27:08elle atteint
27:09cette baisse
27:1012% sur un an
27:11selon les chiffres
27:12du ministère de l'économie
27:14confirmant une évolution
27:15des comportements
27:15face à la flambée
27:16des prix à la pompe
27:17le prix de l'essence
27:19SP95E10
27:19la plus consommée
27:20dans l'Hexagone
27:21a ainsi augmenté
27:22de plus de 15%
27:23depuis le début
27:24de la guerre
27:25au Moyen-Orient
27:26il y a un peu plus
27:26de trois mois
27:27signe que la tension
27:28ne retombe pas sur place
27:29l'Iran affirme ce soir
27:31qu'il ripostera
27:32toute attaque
27:32venant des Etats-Unis
27:33ou d'Israël
27:34le chef de l'ONU
27:35se dit ce soir
27:36inquiet
27:37et appelle
27:37à la retenue
27:39après l'annulation
27:40des concerts
27:41de Patrick Bruel
27:41à Québec
27:42ce sont désormais
27:43ces trois récitals
27:44dans la ville de Montréal
27:45qui ont été retirés
27:47de la programmation
27:48confirmant l'annulation
27:49de l'ensemble
27:49donc de la tournée
27:50canadienne du chanteur
27:51visée par plusieurs plaintes
27:53pour viol et agression
27:54sexuelle en France
27:55mais aussi en Belgique
27:56toutes les procédures
27:58judiciaires en Algérie
27:59dans l'affaire
27:59Christophe Gleize
28:00elles sont closes
28:01annoncent ses avocats
28:02ce mercredi
28:03ils estiment que la voie
28:04est libre désormais
28:05pour que le président
28:06algérien Tebbou
28:07n'accorde sa grâce
28:08aux journalistes
28:08sportifs français
28:09il purge une peine
28:11de 7 ans de prison
28:12en Algérie
28:12pour apologie
28:13du terrorisme
28:14et puis les cas tombent
28:15des favoris
28:16continuent à Roland-Garros
28:17Sarina Sabalenka
28:18finaliste de la dernière édition
28:20éliminée tout à l'heure
28:21dès l'écart de finale
28:23la numéro 1 mondiale
28:23a été renversée
28:24par la Russe
28:25Diana Schneider
28:26en 3-7
28:27quant à l'italien
28:28Flavio Koboli
28:29et bien lui
28:29il s'est qualifié
28:30pour les demi-finales
28:32de Roland-Garros
28:41Merci d'être avec nous
28:43sur France Info
28:44à la radio
28:45dans le studio
28:45ce soir
28:46François Rénard
28:47journaliste
28:48chroniqueur
28:48au Nouvelle-Obs
28:49spécialiste d'histoire
28:51Elisabeth Pinault
28:52grand reporter
28:53de l'agence Reuters
28:54correspondante
28:54pour Matignon
28:56et l'Elysée
28:56Séverin Husson
28:57directeur adjoint
28:58de la rédaction
28:59de La Croix
29:00Richard Verly
29:01correspondant France
29:02et Europe
29:02pour le média suisse
29:04Blick
29:04et Christophe Gascard
29:05spécialiste des questions
29:06internationales
29:07à France Info
29:08télé
29:09ancien
29:09correspondant
29:10à Moscou
29:11continuons notre débat
29:12après ces drones
29:14qui ont visé ce matin
29:15drones ukrainiens
29:15qui ont visé
29:16la ville de Saint-Pétersbourg
29:17en Russie
29:18alors que s'ouvrait
29:19ce forum économique
29:20cher à Vladimir Poutine
29:22qui comptait y afficher
29:23on le disait
29:23la bonne santé
29:24selon lui
29:25de l'économie russe
29:26qu'en est-il
29:27réellement
29:27de cette économie
29:29écoutez Cécile Vessier
29:30elle est professeure
29:31en études russes et soviétiques
29:32à l'université
29:33Rennes 2
29:34pour Poutine
29:35le politique
29:36et le visage
29:38qu'il donne
29:38à l'international
29:39est toujours plus important
29:41que l'économie
29:41c'est quoi ?
29:43l'économie au bout du compte
29:44c'est pas des chiffres
29:46je dirais
29:46sur du papier
29:47c'est la vie des gens
29:47c'est comment ils vivent
29:49lui
29:49ça c'est quelque chose
29:50dont il n'a rien à faire
29:51je pense que l'économie russe
29:53n'a jamais été très forte
29:54actuellement
29:55je dirais
29:56c'est de pire en pire
29:58parce que les sanctions
29:59parce que les émigrations massives
30:01et parce que
30:02oui elle essaie de compenser
30:04les contrats qu'elle avait
30:05avec l'Occident
30:06mais elle les compense
30:07en passant par la Géorgie
30:09en passant par
30:10d'anciennes ex-républiques
30:12et c'est beaucoup moins
30:13avantageux pour elle
30:14voilà la professeure en études russe
30:16Cécile Vessier
30:16sur France Info
30:18François Reynard
30:18c'est moins important
30:20comme on l'entendait
30:21pour Vladimir Poutine
30:21l'économique
30:22l'image de son pays
30:23finalement à l'international
30:24oui mais sauf que là
30:25dans ce que fait l'Ukraine
30:26il me semble qu'elle a réussi
30:27à toucher les deux
30:27parce que comme vous le disiez
30:29très justement
30:29il y a une histoire
30:30de loi du talion
30:30l'Ukraine se prend des bombes
30:31sur la gueule
30:32elle ne voit pas
30:32pourquoi elle n'en verrait pas
30:33pendant longtemps
30:34elle ne l'a pas fait
30:34j'étais très frappé
30:35au début de la guerre
30:36que l'Ukraine ne dépasse
30:37jamais la frontière
30:38se battait dans le Donbass
30:39mais pas après
30:40et là maintenant
30:40ils sont joués de stratégie
30:41je pense qu'il y a quelque chose
30:42d'assez juste là-dedans
30:43qui est l'idée
30:44de montrer aux Russes
30:45qu'il y a une guerre
30:46qui se passe
30:46parce que Poutine
30:47il jouait sur le côté
30:48cette guerre
30:49c'est une petite opération spéciale
30:50on va dénazifier l'Ukraine
30:51comme ils prétendaient
30:52et pour les Russes
30:53ça ne change rien
30:54on est un grand pays
30:55on est merveilleux etc
30:55et là les Russes
30:56ils commencent à voir
30:57que premièrement
30:58l'économie décroche
30:59et ça devient dur
30:59pour eux dans la vie quotidienne
31:00et deuxièmement
31:01que la guerre
31:02elle est sur leur sol
31:03alors là j'imagine
31:04que les images
31:05qu'on voit nous
31:05en ce moment
31:06des drones
31:07qui arrivent à Saint-Pétersbourg
31:08ils ne les verront pas
31:09à la télé russe
31:11j'allais dire soviétique
31:12enfin voilà
31:12ou stalinienne
31:14crypto-stalinienne
31:14on va dire russe aujourd'hui
31:17mais en tout cas
31:18il est certain
31:19qu'ils le verront
31:19par d'autres biais
31:20sur internet etc
31:21et ça c'est très important
31:22c'est très important
31:23de montrer
31:23que c'est un pays en guerre
31:24et que les gens
31:26sous cette guerre
31:26ils vont la faire arrêter
31:27un moment
31:27c'est une guerre
31:28qui a fait entre
31:30500 000 et 600 000 morts
31:32c'est vertigineux
31:33c'est à côté russe
31:35la plupart côté russe
31:36je crois que c'est ce chiffre
31:37ah non non
31:37c'est 500 000 russes
31:38500 000 russes
31:39et il y a des ukrainiens en plus
31:40oui ça fait 600 000 en tout
31:41c'est ce que j'ai dit
31:43c'est 100 000 en tout
31:43pardon
31:44je crois
31:44enfin c'est dire
31:46là on n'est pas dans l'économie
31:47on est dans l'humain
31:48dans tout ce qu'il a de
31:49c'est absolument tragique
31:51et je parle souvent de contrôle
31:52mais je crois comprendre
31:53qu'en Russie
31:54on se rend bien compte
31:55que des soldats meurent
31:57que des mères perdent leurs enfants
31:58mais il n'y a pas
31:59de mouvement national
32:01il y a évidemment
32:02énormément de désinformation
32:03et il n'y a aucun soulèvement
32:05évidemment
32:09ces attaques
32:10à Saint-Pétersbourg
32:11pourraient réveiller
32:12quand même la population
32:13qui est tellement désinformée
32:14qui est habituée évidemment
32:16depuis des décennies
32:17à de grands malheurs
32:18mais là quand même
32:19500 000 morts russes
32:21c'est quand même
32:21un chiffre incroyable
32:22c'est vrai
32:23mais François disait tout à l'heure
32:25que les ukrainiens
32:26avaient changé de stratégie
32:27c'est-à-dire qu'aujourd'hui
32:27allaient porter la guerre
32:28en territoire russe
32:29et qu'ils ne le faisaient pas avant
32:31pourquoi ils ne le faisaient pas avant
32:32c'est qu'ils n'en avaient pas
32:33les capacités
32:33ils n'en avaient pas
32:35les compétences technologiques
32:37et les occidentaux
32:40ne permettaient pas
32:41aux ukrainiens
32:41de le faire
32:42avec des armes occidentales
32:43aujourd'hui
32:43s'ils le font
32:44c'est que les ukrainiens
32:46ont acquis ce savoir-faire
32:47il y a des usines
32:48de drones
32:49qui sont extrêmement performantes
32:51qui fabriquent par milliers
32:51quotidiennement
32:52qui fabriquent par milliers
32:53quotidiennement
32:53et ils sont capables
32:54d'envoyer aujourd'hui
32:55des drones chargés
32:56de tonnes d'explosifs
32:58jusqu'à 2000 km
32:59en territoire russe
33:01ce qu'ils ne savaient pas faire
33:02jusqu'à présent
33:03qui coûtent 2500 dollars
33:04l'unité
33:04contre 3 millions
33:05pour les missiles
33:06nous il y a une dizaine de jours
33:07on a fait un reportage
33:08dans une entreprise
33:09qui s'appelle Firepoint
33:10qui est une entreprise
33:11de pointe ukrainienne
33:13alors c'est un peu du low cost
33:15c'est-à-dire qu'ils arrivent
33:16à sortir 200 drones par jour
33:17cette entreprise
33:18avec des réservoirs
33:20d'essence en plastique
33:21avec une coque de drone
33:23en contreplaqué
33:24mais ils le chargent
33:25d'explosifs
33:26ça coûte assez peu d'argent
33:28et ils sont capables
33:29de faire voler
33:29un engin de la sorte
33:32sur des milliers de kilomètres
33:33et donc c'est comme ça
33:34effectivement qu'ils arrivent
33:35aujourd'hui à frapper
33:36Moscou et Saint-Pétersbourg
33:37donc évidemment
33:37pour la population russe
33:40j'imagine que c'est
33:41c'est extrêmement frappant
33:43et ils essayent
33:45de rendre un peu
33:46la monnaie de la pièce
33:47de renverser la vapeur
33:50Moscou essaye
33:51de terroriser
33:52la population ukrainienne
33:53et en fait
33:53effectivement
33:54la stratégie ukrainienne
33:56c'est aussi
33:57de terroriser
33:57la population russe
33:58deux déclarations
33:59auxquelles je vais vous faire réagir
34:00Christophe Gascar
34:01aujourd'hui
34:02le secrétaire général
34:02de l'OTAN
34:03Marc Routteux
34:03qui s'est rendu à Kiev
34:05estimant que la Russie
34:06était de plus en plus
34:07désespérée face à l'Ukraine
34:09et puis la chef de la diplomatie
34:10de l'Union Européenne
34:11Kayakalas
34:11qui elle
34:12je cite
34:13dit que la Russie
34:14panique face à ces attaques
34:15de neurones ukrainiens
34:16oui et c'est important
34:17de le signaler
34:18finalement que
34:19la diplomatie au début
34:21utilisait des messages
34:22on va dire
34:23assez neutres
34:25ou feutrés
34:25pour ne pas trop gêner
34:27en tout cas
34:28pour ne pas
34:29froisser
34:31l'ogre russe
34:33et on voit bien
34:34qu'il se lâche
34:35un peu plus
34:36la Russie panique
34:37c'est effectivement
34:38les mots sont assez forts
34:40la chef de la diplomatie
34:42de l'Union Européenne
34:42ajoute que
34:43les récentes coupures
34:44de l'Internet en Russie
34:45c'est justement fait
34:46pour que la population
34:48ne comprenne pas
34:49ce qui se passe
34:49car cela soulèverait
34:50justement des questions
34:51très sérieuses
34:52pour Vladimir Poutine
34:53et son régime
34:54on voit bien
34:55effectivement que
34:56sans l'appui européen
34:59sans l'appui de l'OTAN
35:00l'Ukraine
35:01malheureusement
35:02n'aurait pas pu résister
35:03puisque
35:04en l'occurrence
35:06les Etats-Unis
35:07ont un peu
35:07vraiment lâché
35:08ce dossier là
35:09et que c'est important
35:11de continuer
35:12face
35:12on le rappelle aussi
35:13à cette résilience
35:14du peuple russe
35:15ça fait quand même
35:154 ans
35:16qu'il subisse
35:17ces attaques
35:18quasiment
35:18du peuple ukrainien
35:20pardon
35:20qu'il subisse
35:21ces attaques
35:22en permanence
35:23les morts sont quand même
35:24extrêmement importants
35:26et on voit bien surtout
35:27que 4 ans après
35:27les objectifs
35:28de Vladimir Poutine
35:29n'ont toujours pas été atteints
35:31c'est toujours
35:31une opération spéciale
35:32il souhaitait
35:33que le gouvernement
35:34renversait le gouvernement
35:35de Volodymyr Zelensky
35:36et bien il est toujours en place
35:37il souhaitait que
35:38l'état ukrainien
35:39ne soit plus là
35:40et bien l'état ukrainien
35:41existe toujours
35:42malgré les bombes
35:43bref il y a quand même
35:44une résilience
35:45extrêmement impressionnante
35:46à la fois du peuple ukrainien
35:48mais également du pouvoir ukrainien
35:49Richard Verli
35:50l'élément nouveau quand même
35:52c'est la volonté des ukrainiens
35:54de s'attaquer à des symboles
35:56et des symboles importants
35:57pour Vladimir Poutine
35:58parce qu'il y a
35:59deux types d'attaques
36:00il y a les attaques
36:01contre les raffineries
36:02vous vous souvenez
36:03il y en a eu beaucoup
36:04les attaques
36:04contre les infrastructures russes
36:06ça ça a du sens militaire
36:08il y a eu quelques attaques
36:09contre les objectifs civils
36:11on voit bien
36:12la raison
36:12il y a les deux
36:13on peut dire aujourd'hui
36:14parce qu'il y a des sites énergétiques
36:15militaires
36:15et c'est à Saint-Péter
36:16mais là il y a un élément nouveau
36:17quand les drones ukrainiens
36:19s'approchent
36:20ou font suffisamment d'activité
36:22pour que Vladimir Poutine
36:23annule sa parade militaire
36:26du 9 mai
36:27pour que
36:28quand les drones ukrainiens
36:29s'en prennent
36:30au forum de Saint-Pétersbourg
36:31au moment du forum
36:32de Saint-Pétersbourg
36:32là l'objectif
36:34il est délibérément politique
36:35c'est faire comprendre
36:36à Vladimir Poutine
36:37qu'il n'a plus la main
36:38sur certains événements
36:40et comme c'est un
36:41j'allais dire un monarque
36:43vous voyez
36:43comme c'est un président
36:44très soucieux de sa grandeur
36:45et qui a toujours dit
36:46à ses partenaires
36:47rien n'a changé
36:48la Russie n'a pas changé
36:49ça il tape
36:51au talon d'Achille
36:52de Vladimir Poutine
36:53mais n'oublions pas
36:54qu'il y a
36:55j'irais une riposte
36:57russe à chaque fois
36:58c'est la riposte
36:59des attaques massives
37:00et donc à un moment donné
37:01et j'imagine que
37:02le gouvernement ukrainien
37:02se pose la question
37:03est-ce que
37:04quelques drones
37:05sur Saint-Pétersbourg
37:06ça vaut le coup
37:06quand on retour
37:07on prend un missile
37:08au Rechnik
37:09c'était un missile balistique
37:10potentiellement porteur
37:11de tête nucléaire
37:12sur Kiev
37:13là il y a un moment donné
37:14où la balance
37:15est obligatoirement
37:16dans la tête
37:17des dirigeants ukrainiens
37:18et on parlait
37:18de Vladimir Poutine
37:20qui craint aussi
37:20on le sait beaucoup
37:21pour sa sécurité
37:22sa santé aussi
37:22on l'avait vu
37:23au moment du Covid
37:24François Reinhardt
37:24la semaine dernière
37:25il était à Astana
37:26au Kazakhstan
37:27et je crois
37:27qu'il est dans son convoi
37:28qu'il l'amenait
37:29il y avait une tourelle
37:29avec une tourelle
37:30à mitrailleuse
37:31il va quelque part
37:32que c'est chère d'assaut
37:33c'est hallucinant
37:34il y a un autre talent d'Achille
37:35me semble-t-il
37:36c'est le problème
37:36du recrutement
37:37pour Vladimir Poutine
37:39des armées
37:40dans le Nouvel Obs
37:41il y a un papier
37:42de mon ami Timothée Villard
37:43qui fait le point là-dessus
37:44et les prisons
37:45ils ont beaucoup recruté
37:46dans les prisons
37:46en 2022
37:47elles sont vidées de moitié
37:48c'est vertigineux
37:49pour régler le problème
37:49des prisons
37:50c'est sûr
37:50vous les envoyez
37:51se faire tuer à la guerre
37:52il y a le problème des prisons
37:52et l'autre chose
37:54il y a eu beaucoup
37:55de recrutements
37:56en Asie, en Afrique
37:57avec des gens
37:58qu'on a trompés
37:59dans les pays en Afrique
38:00on va dire
38:00vous avez un grand salaire
38:02vous serez ingénieur en Russie
38:02et les gars
38:03ils se retrouvent sur le front
38:04massacrés par des cinglés
38:06et là ça crée
38:10pour sortir de ce problème démographique
38:12ce problème de troupes
38:13de recrutement
38:14il y a deux solutions
38:15il y a soit
38:16de décréter la mobilisation générale
38:17c'est-à-dire de basculer
38:18dans autre chose
38:18alors là tout le monde
38:19doit y aller
38:20c'est la guerre de 1941
38:22la grande guerre patriotique
38:23comme on disait
38:24mais ça
38:24ce serait évidemment
38:25une catastrophe terrible
38:26et l'autre chose
38:27c'est qu'il arrête la guerre
38:28pour se refaire la plume
38:30et repartir dans une autre
38:31un petit peu plus tard
38:32en attaquant un autre pays
38:33probablement un pays balte
38:35la difficulté pour nous
38:36je trouve observateur
38:37dans la perte
38:38dans laquelle on est
38:39c'est qu'effectivement
38:40on sent
38:41on voit des signaux faibles
38:42qui nous laissent penser
38:44qu'il pourrait se passer
38:46quelque chose
38:46en Russie
38:47c'est-à-dire on dit
38:48effectivement
38:48l'économie va moins bien
38:49il y a beaucoup de morts
38:52difficultés militaires
38:53difficultés militaires
38:54ils progressent plus
38:54sur le front
38:55il y a des drones ukrainiens
38:56qui touchent
38:57Saint-Pétersbourg
38:58ou Moscou
38:59voilà
39:00donc
39:00on
39:01on pourrait tenter
39:03de se dire
39:04il est en train
39:04de se passer quelque chose
39:05en réalité
39:06les ukrainiens disent
39:08sur le front
39:09les russes ne faiblissent pas
39:11et pour autant
39:13qu'on puisse le savoir
39:14parce que malheureusement
39:14il n'y a pas beaucoup
39:15de journalistes en Russie
39:16mais pour autant
39:17qu'on puisse le savoir
39:18le pouvoir russe
39:20ne faiblit pas non plus
39:21alors il y aura des élections
39:22législatives en Russie
39:24en septembre
39:25bon
39:27on peut imaginer
39:28sans surprise
39:29que le parti de Vladimir Poutine
39:30gagnera
39:31mais il faudra quand même
39:32regarder la participation
39:33il faudra essayer
39:34de voir
39:35s'il y a un effritement
39:36du pouvoir
39:37mais aujourd'hui
39:38au-delà de ces signaux faibles là
39:40en conclure
39:41que le pouvoir
39:41est en train de se déliter
39:42me semble quand même
39:43prématuré
39:44Christophe Gascard
39:44sur la solidité
39:45justement du régime russe
39:47et puis on évoquait aussi
39:47tout à l'heure
39:48je crois que c'était
39:48Elisabeth Pinault
39:49un éventuel soulèvement
39:50un jour de la population russe
39:52ou la réaction
39:52en tout cas face à tout cela
39:54malheureusement
39:55ça risque de mettre
39:55peut-être un peu de temps
39:57parce qu'on le voit bien
39:58la population russe
40:01moi pour y avoir vécu
40:02pendant trois ans
40:03si vous contestez
40:05le régime en place
40:06et si vous osez
40:09émettre des avis négatifs
40:12vous êtes rapidement
40:14emprisonné
40:16on a vu de toute façon
40:17le sort
40:18qui ont été réservés
40:19en l'occurrence
40:21aux plus grands opposants
40:23de Vladimir Poutine
40:24Alexei Navalny
40:25bien évidemment
40:26mais des journalistes aussi
40:29et donc
40:30c'est en général
40:31au mieux
40:32c'est une balle dans la tête
40:34pour les plus grands opposants
40:35et puis parfois
40:36c'est de tomber
40:37du troisième étage
40:38lorsque vous regardez
40:39le ciel
40:40par votre balcon
40:41donc en fait
40:42la vraie difficulté aussi
40:43pour ce peuple russe
40:44de se soulever
40:45c'est que
40:46s'ils descendent dans la rue
40:47c'est quasiment impossible
40:49donc ils l'ont fait d'ailleurs
40:51on se souvient
40:52au début de la guerre
40:52mais il faut rappeler
40:53quand même qu'au début
40:54de cette guerre
40:54il y a quand même
40:55une grande population
40:56une grande partie
40:57de la population
40:57qui a fui
40:58qui a fui notamment
40:58en Europe
40:59et qui a donc décidé
41:01de ne pas s'engager
41:02moi j'ai encore
41:03quelques amis
41:04que je connaissais à l'époque
41:05qui ont effectivement
41:06qui ne vivent plus
41:06dans ce pays là
41:07et qui ont fui le pays
41:08parce qu'ils le contestaient
41:10et finalement
41:10le meilleur moyen de contester
41:12c'était de quitter
41:12la Russie
41:13combien de temps
41:14ça peut durer
41:15malheureusement
41:15on ne le sait pas
41:17parce qu'il y a quand même
41:18une grande résistance
41:20de Vladimir Poutine
41:21face à cette guerre
41:22et il joue surtout
41:23on n'en a pas parlé
41:24mais de ce qui se passe
41:25aussi au Moyen-Orient
41:27il sait très bien
41:28que le président américain
41:30s'est totalement désintéressé
41:31de ce qui se passe
41:32il a suffisamment à régler
41:33avec l'Iran
41:34et le Liban
41:35et il profite
41:36finalement
41:37de cette temporalité
41:38pour continuer
41:39à mettre la pression
41:40est-ce qu'on peut pas dire
41:41à l'inverse
41:42que Poutine espérait
41:43que Trump allait l'aider
41:44parce qu'il pouvait espérer
41:45ça aussi
41:45il avait tellement fait
41:47pour qu'il soit élu
41:47mais quelque part
41:48il l'a aidé
41:49il l'a aidé
41:49en laissant les choses
41:51lorsqu'on parlait tout à l'heure
41:52du 9 mai
41:53lorsqu'il a souhaité
41:54qu'à la parade du 9 mai
41:55il n'y ait rien
41:56c'est parce qu'à un moment
41:58Washington a appelé
42:00en l'occurrence
42:01Volodymyr Zelensky
42:02pour lui dire
42:02on fait une pause
42:03et si on fait une pause
42:05on fait un échange
42:06de prisonniers
42:06vous vous souvenez
42:07dans la temporalité
42:08le 9 mai
42:09il n'y a pas eu effectivement
42:12de drones
42:13qui se sont abattus
42:14sur la place rouge
42:15mais néanmoins
42:16quelques heures après
42:16il y avait un échange
42:17de prisonniers
42:18de part et d'autre
42:18et pourquoi ?
42:19c'est parce que Washington
42:20a dit clairement
42:21à Volodymyr Zelensky
42:22on fait une petite pause
42:23pendant quelques temps
42:24mais en même temps
42:24ils n'ont pas le choix
42:25parce qu'il y a
42:27une autre temporalité
42:28si vous me le permettez
42:29c'est au mois de juillet
42:30on a appris aujourd'hui
42:31que le président américain
42:32Donald Trump
42:33va participer au sommet de l'OTAN
42:34là il faudra bien évidemment
42:35regarder ce qui va se passer
42:36il y a les 32 pays membres
42:38qui seront donc
42:40en Turquie en juillet
42:41et cette aide
42:42justement de l'OTAN
42:43va être extrêmement importante
42:44qu'est-ce que va dire
42:45le président américain
42:47Donald Trump
42:47va-t-il encore une fois
42:49faire la leçon
42:50aux autres pays
42:51on ne le sait pas
42:51mais ce sera regardé
42:52avec vraiment attention
42:53Richard Verli
42:54on évoquait tout à l'heure
42:55les relations avec la Chine
42:57les relations économiques
42:58à ce niveau-là
43:00Moscou est perdant aujourd'hui ?
43:02Moscou n'est pas tout à fait perdant
43:03parce que Moscou
43:04a des choses à vendre
43:05dont la Chine a besoin
43:05et cette chose
43:06c'est notamment le pétrole
43:07mais il y a aussi des terres rares
43:09il y a aussi des minerais
43:10il y a bien évidemment du gaz
43:11donc ce que la Chine
43:13apporte à la Russie
43:15lui est indispensable
43:16par ailleurs
43:17c'est notamment
43:18tous ces biens de consommation
43:20et ces équipements
43:21dont la valeur des fois
43:22peut être vous savez
43:23dual
43:23notamment des puces électroniques
43:25qui officiellement
43:25sont des choses
43:26on va dire
43:27d'électroménagers
43:28et qui se retrouvent
43:29sur des missiles
43:30mais on ne peut pas dire
43:30que la Russie est perdante
43:31là où la Russie est perdante
43:33c'est que malgré le chiffre d'affaires
43:36qu'elle réalise avec la Chine
43:37elle est clairement
43:38dans une position de vassal
43:40par rapport à Pékin
43:41et je citais tout à l'heure
43:42le projet d'un nouvel oléoduc
43:44qui aurait dû relier
43:45et qui sur le papier
43:46devrait un jour relier
43:48la Russie à la Chine
43:49la Chine est très prudente
43:50parce que
43:50qu'est-ce que veut la Chine ?
43:51Elle veut au maximum
43:53diminuer ses dépendances
43:54elle n'y arrive pas
43:55dans tous les domaines
43:56dans le domaine de l'énergie
43:57vous savez quelle est sa politique
43:58c'est de parier sur l'électricité
44:00et donc elle ne veut pas
44:01être dépendante
44:02de l'approvisionnement
44:03d'un pays de la Russie
44:03dont elle ne maîtrise pas
44:05complètement l'avenir
44:06donc on peut dire que
44:07Vladimir Poutine
44:08est adossé
44:09en quelque sorte
44:10à la Chine
44:11et que ce dossier
44:12ne va pas tomber
44:13il restera adossé
44:14c'est même un mur
44:15contre lequel il est adossé
44:17mais par contre
44:18ce n'est pas un tremplin
44:18les Chinois ne lui feront
44:20pas de cadeau
44:21lorsque le moment venu
44:22éventuel
44:22sera d'avoir
44:23quelques explications
44:24et ça viendra
44:25inévitablement
44:26l'état de l'économie russe
44:27après ces drones
44:29qui ont visé
44:29Saint-Pétersbourg
44:30ces drones ukrainiens
44:32qui ont visé
44:32Saint-Pétersbourg
44:33en Russie
44:34au premier jour
44:34de l'ouverture
44:36donc de ce forum
44:37économique
44:38merci Christophe Gascard
44:39d'être venu ce soir
44:40dans le studio
44:40de France Info
44:41pour ses informés
44:42je rappelle
44:42spécialiste des questions
44:43internationales
44:44à France Info
44:45télé ancien correspondant
44:46à Moscou
44:47terminons
44:47ses informés
44:48si vous le voulez bien
44:49avec l'un des transferts
44:50les plus suivis
44:51de ces prochaines semaines
44:52on ne parle pas de football
44:53mais d'un trésor national
44:54la tapisserie de Bayeux
44:56oeuvre du 11ème siècle
44:58qui raconte l'épopée
44:59de Guillaume le Conquérant
45:00sera prêtée prochainement
45:01au British Museum
45:02à Londres
45:03ce sera à partir
45:03du 10 septembre
45:04et jusqu'au 11 juillet
45:062027
45:07une conférence de presse
45:08a eu lieu ce soir à Paris
45:09en présence de l'ambassadeur
45:10de Grande-Bretagne
45:11en France
45:11du président de la région
45:12Normandie
45:12et de la ministre de la Culture
45:14Catherine Pégard
45:16il y a quelque chose
45:17de profondément juste
45:18dans cette décision
45:19quelque chose
45:20qui va
45:20disons-le
45:21dans le sens de l'histoire
45:22un acte symbolique
45:24enfin
45:24parce que la tapisserie
45:26qui revient pendant quelques mois
45:27dans ce pays
45:28dont elle raconte
45:29l'origine politique
45:30c'est la France
45:31qui dit à la Grande-Bretagne
45:32que leurs histoires sont liées
45:34et qu'elles l'ont toujours été
45:35voilà l'acte symbolique
45:37qui n'empêche pas
45:37la polémique
45:38François Reynard
45:39la fragilité de l'oeuvre
45:40est au coeur des débats
45:41aujourd'hui
45:42oui mais je pense que là
45:43il y a toujours des polémiques
45:44à chaque fois qu'on
45:45ça touche les oeuvres d'art
45:46vous vous souvenez
45:46des histoires
45:47des bijoux du Louvre
45:48etc
45:48il y a beaucoup d'experts
45:49qui disent
45:50qu'il ne faudrait pas
45:51normalement la transporter
45:52je suppose que les conservateurs
45:53savent ce qu'ils font
45:53quand même
45:54c'est des gens responsables
45:55enfin là
45:56si c'est des experts
45:57qui contègent je veux bien
45:58mais nous
45:59nous grand public
46:01je ne vois pas en quoi
46:01on dirait
46:02c'est trop dangereux
46:03etc
46:03alors c'est vrai que
46:03c'est vrai que c'est une oeuvre
46:04c'est ce que disent les experts
46:06mais il y a aussi les conservateurs
46:07qui sont d'accord pour le faire
46:08en tout cas
46:09c'est sûr que symboliquement
46:10pour résumer simplement
46:11et dire
46:11l'association Cite et Monument
46:13a saisi le conseil d'état
46:14afin de faire annuler
46:15justement ce prêt
46:15en raison de la fragilité
46:17mais il y a d'autres experts
46:18qui acceptent ça
46:19puisque le ministère de la culture
46:21se porte garante etc
46:22je suppose que tout ça
46:23va bien se passer
46:24et il y a
46:25quand la Joconde
46:26à l'époque de Kennedy
46:28elle était à New York
46:28il y a aussi des gens
46:29qui disaient jamais
46:29si elle sort
46:30elle ne reviendra pas etc
46:31bon elle est revenue
46:31là c'est plus compliqué
46:32parce que ça fait
46:33ça fait 70 mètres de long
46:37donc effectivement
46:38c'est compliqué
46:38et puis c'est du lin
46:39qui a été brodé
46:40on dit la tapisserie de Bayeux
46:41mais c'est une broderie
46:42c'est des brodeuses
46:43qui ont mis des couleurs
46:45et des dessins là-dedans
46:45ça fait 70 mètres de long
46:47et c'est du 11e siècle
46:48donc évidemment
46:48c'est un peu fragile
46:49mais je pense que
46:50je sais que les conservateurs
46:52savent ce qu'ils font
46:53et que le British Museum
46:53c'est ce qu'il fait
46:54voilà en précisant aussi
46:56qu'elle sera exposée à plat
46:57et non pas sur le mur
46:59je voulais faire les signes
47:01Elisabeth Pinault
47:02comme ça en montrant
47:03que c'était bien par terre
47:03effectivement
47:04oui oui
47:05moi j'ai eu la chance
47:05comme beaucoup de monde
47:06d'avoir vu la tapisserie de Bayeux
47:08et puis j'étais
47:08lors à la visite d'Etat
47:11cet été
47:11où tout cela était décidé
47:12début juillet
47:13enfin Emmanuel Macron
47:14l'avait déjà promis
47:15en 2018
47:17après le Brexit
47:17mais il ne l'avait pas fait
47:18à ce moment-là
47:19on est en plein Brexit
47:19et cet été
47:20donc avec cette visite d'Etat
47:22c'était au lendemain
47:23du dîner d'Etat
47:24donc c'était Rachida Dati
47:25ministre de la Culture
47:26qui avait guiné
47:26à droite de Charles III
47:28la veille
47:29qui était là
47:30au British Museum
47:31où il y avait
47:31en très grand
47:32derrière le directeur
47:34ou la directrice
47:34je ne me souviens plus
47:35un extrait
47:37de la tapisserie de Bayeux
47:37elle est très très attendue
47:39c'est vraiment un trésor
47:40Guillaume Le Conquérant
47:41c'est vraiment
47:43une figure immense
47:44pour les Anglais
47:45qui attendent
47:46de pied ferme
47:46cette tapisserie
47:48et puis il y a un échange
47:51on prête la tapisserie
47:52c'est un trésor français
47:53mais il prête
47:55un trésor
47:56au musée
47:57de Caen
47:57et de Rouen
47:58et nous sommes allés le voir
48:00moi j'étais de poule
48:01c'est-à-dire
48:01j'étais la seule journaliste
48:02avec Brigitte
48:03et Emmanuel Macron
48:04Starmer
48:05et son épouse
48:06et Rachida Dati
48:08et nous sommes allés voir
48:09le trésor
48:11de Sutton Hoo
48:12c'est le Toutankhamon du Nord
48:15c'est un bateau
48:16rempli de merveilles
48:17qui a été découvert
48:19et où on trouve
48:20notamment
48:21un casque de bronze
48:22très impressionnant
48:23c'est viking ?
48:24c'est quoi ?
48:24c'est du
48:25alors je regarde mon papier
48:27c'est du 7ème siècle
48:28est-ce que c'est viking ?
48:29sans doute
48:29en tout cas
48:30c'est vous le socialiste
48:31de l'histoire
48:32je ne connaissais pas
48:33cette merveille
48:33je vais aller voir
48:34c'est magnifique
48:35et puis il y a aussi
48:37un jeu d'échecs
48:38fait en os de baleine
48:40qui a été retrouvé
48:41en Écosse
48:42dans les Hébrides
48:42enfin en tout cas
48:43c'est des merveilles britanniques
48:45qui sont à voir
48:46au musée de Rouen et Caen
48:47donc c'est un échange
48:48un trésor d'un côté
48:50un trésor de l'autre
48:51échange culturel
48:52c'est vraiment du son
48:52mais échange politique aussi
48:53absolument
48:54je crois qu'on a tout à fait raison
48:55de pratiquer ces échanges-là
48:57d'abord pour le plaisir des yeux
48:59et pour la culture
49:00de part et d'autre de la Manche
49:02et puis effectivement
49:02pour célébrer l'amitié
49:04franco-britannique
49:05la France a raison
49:06de toute façon
49:07de jouer de la diplomatie
49:09culturelle
49:09on en a l'habitude
49:11François parlait de
49:12rappeler le voyage
49:13de la Joconde
49:14aux Etats-Unis
49:15au début des années 60
49:17mais on a construit
49:18un Louvre à Abu Dhabi
49:19on va construire
49:20un centre Pompidou
49:21à Shanghai
49:22voilà
49:22c'est du soft power
49:23et la France
49:25qui est une grande puissance
49:26très grande puissance culturelle
49:28a raison
49:29d'en jouer
49:30c'est du savoir
49:32les personnes sont là-tôt
49:33pour s'inquiéter
49:33de la fragilité
49:35de la tapisserie
49:35fin de l'émission
49:36place au débat
49:37et bien moi
49:38je ne suis pas tout à fait d'accord
49:39je ne suis pas tout à fait d'accord
49:40parce que
49:42c'est quand même très simple
49:43pour les britanniques
49:43de venir voir cette tapisserie
49:44de Bayeux à Bayeux
49:45ce n'est pas comme si
49:46je comprends
49:47qu'on a proposé
49:49la Joconde aux américains
49:50parce qu'il faut traverser
49:51l'Atlantique
49:51et que beaucoup d'américains
49:52n'avaient peut-être pas
49:53à l'époque
49:54les moyens de traverser l'Atlantique
49:55mais là
49:57franchement
49:57c'est facile d'aller à Bayeux
49:58ça pourrait même être un atout
49:59on aurait pu proposer
50:01autre chose
50:01c'est-à-dire
50:02je ne sais pas
50:02des tours organisées
50:04des billets gratuits
50:04pour les britanniques
50:05donc je ne suis pas d'accord
50:06que le transfert
50:07le déplacement de ces oeuvres
50:09le déménagement
50:10oui d'accord
50:11mais est-ce que franchement
50:13on a besoin de ça
50:14pour exercer le software
50:15moi je ne mettrais pas du tout ça
50:16dans la même catégorie
50:18que construire le Louvre
50:19à Abu Dhabi
50:20ou construire
50:21le Bourg à Shanghai
50:22c'est deux choses
50:23complètement différentes
50:24là franchement
50:25ça tient un peu
50:27du caprice
50:28présidentiel
50:29on veut avoir
50:29un geste culturel
50:31qui marque le mandat
50:31vis-à-vis du Royaume-Uni
50:33la tapisserie de Bayeux
50:34tous les britanniques
50:35qui veulent l'avoir
50:36peuvent en moins
50:37d'une après-midi
50:38partir de chez eux
50:39et être à Bayeux
50:40François Réna
50:41il faut juste faire
50:41un tout petit point d'histoire
50:42pour rappeler
50:43pourquoi c'est si important
50:43pour les britanniques
50:45là au 11ème siècle
50:46donc il y a
50:47depuis le 9ème siècle
50:48il y a des normands
50:50c'est-à-dire des vikings
50:50qui sont installés en Normandie
50:51c'est pour ça qu'on appelle
50:52la Normandie
50:52la région des hommes du nord
50:54et puis il y a d'autres normands
50:55d'autres vikings
50:55des danois
50:56qui sont installés en Angleterre
50:57et tout ça
50:58ça fait qu'il y a des liens
50:59entre tout ça
51:00et c'est pour ça
51:01qu'il y a un duc de Normandie
51:02en 1066
51:03qui décide d'aller
51:05il ne va pas envahir l'Angleterre
51:06il va récupérer
51:07ce qu'il estime
51:07de son trône
51:08et donc il y a cette jonction
51:10et il devient
51:11le premier roi d'Angleterre
51:12qui unit le pays
51:13aujourd'hui
51:14c'est le premier
51:15le 25 décembre 1066
51:17qui est couronné
51:18à l'abbaye de Westminster
51:19Charles III
51:20il était couronné
51:21à l'abbaye de Westminster
51:21il y a une continuité directe
51:23il n'est pas
51:23le descendant direct
51:24mais il est lié quand même
51:26je crois que c'est
51:26le 25ème descendant
51:27ou un truc comme ça
51:28de Guillaume le Conquérant
51:29donc je veux dire
51:30pour les rois d'Angleterre
51:32jusqu'au début du 19ème siècle
51:33les rois d'Angleterre
51:35se disaient
51:35rois de France et de Normandie
51:37rois d'Angleterre
51:37de France et de Normandie
51:38c'est-à-dire que
51:39c'est le symbole même
51:40la guerre de Cent Ans
51:41elle s'est faite là-dessus
51:41la Normandie
51:43les deux pays
51:43donc je trouve que
51:44symboliquement
51:45politiquement
51:45ça recrée une espèce
51:47d'union
51:47voilà
51:50je cherche le nom
51:51mais est-ce que
51:51comme Richard Verley le disait
51:53les Anglais
51:53les Britanniques
51:54n'auront pas pu se déplacer
51:55en France
51:55bien sûr
51:56mais ils viennent déjà
51:58je pense que
51:59à Bayeux
52:00c'est surtout les Britanniques
52:01qui y viennent
52:01moi je n'habite pas très loin
52:02c'est surtout les Anglais
52:04qui viennent voir
52:04la tapisserie de Bayeux
52:06beaucoup plus que les Français
52:07parce que ça les intéresse
52:07mais symboliquement
52:08le fait de mettre
52:09au British Museum
52:11c'est autre chose
52:11il y a quelque chose
52:12le roi va y aller
52:13etc.
52:14mais effectivement
52:15peut-être qu'il y a un danger
52:16j'espère qu'elle ne va pas revenir
52:17avec un accro
52:17la tapisserie
52:18cette polémique
52:19elle ressemble
52:20au lien
52:21entre la France
52:22et la Grande-Bretagne
52:22c'est toujours un petit peu
52:23comme ça
52:24à fleur et mouchetée
52:25on s'envoie des pics
52:26voilà donc là
52:27ils vont nous abîmer
52:29notre tapisserie
52:30on voit bien
52:31que c'est dans la tradition
52:33des joutes
52:34de la perfide d'Albion
52:35contre les mangeurs
52:36de grenouilles
52:38en tant que cordial
52:39c'est ça
52:41mais je veux dire
52:41l'idée
52:42qu'elle va s'abîmer
52:44en retournant
52:45en Angleterre
52:46c'est quand même
52:47une pic
52:48qui ressemble
52:49au rapport
52:49entre les deux pays
52:50autre leg
52:50la langue française
52:51la moitié des mots anglais
52:52c'est le mot français
52:52ça vient de là
52:54une petite pic
52:55quand même
52:56puisque les anglais
52:58sont si heureux
52:59qu'on leur confie
53:00et je suis sûr
53:01qu'ils en prendront
53:02grand soin
53:02la tapisserie de Bayeux
53:03moi à titre personnel
53:04j'aimerais bien
53:05qu'ils rendent
53:05les marbres du Parthélé
53:09écoutez
53:10on l'a évoqué
53:12avec ma rédactrice
53:12en chef
53:13en préparant
53:15l'émission
53:15tout à l'heure
53:16effectivement
53:17c'est vrai
53:17non mais la tapisserie
53:18de Bayeux
53:19effectivement
53:20je suis d'accord
53:21je pense qu'elle est
53:22beaucoup plus visitée
53:23par des britanniques
53:23à Bayeux
53:24que par des français
53:25c'est un symbole
53:26extrêmement fort
53:27vous vous souvenez
53:28que Nigel Farage
53:28pendant la campagne
53:29du Brexit
53:30avait régulièrement
53:31des cravates
53:32montrant la tapisserie
53:33de Bayeux
53:34avec des motifs
53:35inspirés de la tapisserie
53:36de Bayeux
53:36pour rappeler
53:37la dernière fois
53:38que l'Angleterre
53:39disait-il
53:39avait été envahie
53:41et ce sera le mot
53:42de la fin
53:42on pourrait continuer
53:43des heures
53:43sur la tapisserie
53:44de Bayeux
53:45on va s'arrêter là
53:46pour ce soir
53:46merci à tous les quatre
53:47d'être venus
53:48c'est vraiment
53:48est-ce que vous avez
53:49la une de la croix
53:50pour demain
53:50oui candidat
53:51cherche programme
53:52on a fait une enquête
53:53sur la façon
53:53dont les candidats
53:54à la présidentielle
53:55travaillent leur programme
53:56avec des think tanks
53:57des conventions citoyennes
53:58et autres
53:59à lire donc
53:59dans la croix
54:00la une de nouvelles
54:01tout le monde parle
54:01de l'intelligence artificielle
54:02et bien là
54:03on parle des faux prophètes
54:04de l'intelligence artificielle
54:05tous les gens
54:05Musk etc
54:06Altman etc
54:07tous les gens
54:08pourquoi ils l'ont conçu
54:08comment ils l'ont conçu
54:09et en quoi ils sont dangereux
54:10à lire donc
54:11à la une de l'Obs
54:12cette semaine
54:13merci Elisabeth Pinault
54:14d'être venue
54:14merci Richard Verli
54:16le média suisse
54:17pardon
54:18Blic
54:19merci à tous
54:20les informés
54:20reviennent
54:21demain matin
54:22à 9h
54:22sur France Info
54:23très bonne soirée
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