- il y a 11 heures
Jeudi 12 mars 2026, retrouvez Nathalie Benatia (Macroéconomiste, BNP Paribas Asset Management), Nicolas Forest (Directeur des investissements, Candriam), Michaël Israël (Cofondateur, IVO Capital Partners) et Nicolas Brault (Directeur Associé, Hottinguer banque privée) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:08Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur BeSmart for Change pour rester à l'écoute des marchés chaque jour.
00:14Vous nous suivez en direct à 17h à la télévision via vos box et vous nous retrouvez chaque soir en
00:18rattrapage,
00:19soit en replay sur BeSmart.fr, soit en podcast sur l'ensemble de vos plateformes d'écoute préférées.
00:24Au sommaire de cette édition ce soir, les marchés qui continuent de suivre les développements géopolitiques avec une guerre d
00:32'Iran
00:32et un scénario toujours fragile, celui d'une guerre courte qui jusqu'à présent a été mise en avant comme
00:39étant le scénario central.
00:40Mais c'est un scénario fragile, d'autant que l'Iran promet une guerre d'usure désormais avec un détroit
00:47d'Hormuz qui reste impraticable à ce stade.
00:50La République d'Iran a-t-elle les moyens de mener cette guerre d'usure ?
00:54Beaucoup de questions encore à ce stade et assez peu de réponses.
00:58Donald Trump en a remis une couche aujourd'hui indiquant que la volatilité et l'envolée des prix du pétrole
01:04étaient secondaires par rapport à l'objectif de stopper l'Iran dans sa volonté d'accéder à du nucléaire militaire.
01:12Côté iranien, le nouveau guide suprême, le fils Ramenei, Moshtaba Ramenei,
01:17s'est exprimé non pas directement mais à travers un message lu à la télévision publique
01:21pour proclamer que le détroit d'Hormuz devait et allait rester fermé à ce stade.
01:29Voilà où nous en sommes, les prix du pétrole continuent de réagir et continuent d'être la variable clé
01:33bien sûr de la tension géopolitique du moment avec un baril de Brent de la mer du Nord
01:38qui a renoué avec le seuil de 100 dollars.
01:41Faut-il se préparer à un pétrole higher for longer ?
01:43Quelles seront les conséquences macroéconomiques déjà imputables à cette crise ?
01:48Et les conséquences de marché, nous en discuterons bien sûr largement avec nos invités dans un instant.
01:53N'oublions pas non plus les publications d'entreprises qui se poursuivent à un rythme beaucoup plus léger
01:59mais on sera attentif ce soir à la publication d'une société comme Adobe dans le secteur des logiciels bien
02:05sûr.
02:05Oracle dans la partie infrastructure a pu rassurer avec sa dernière publication
02:10mais Adobe fait là aussi partie des sociétés dites fragiles face au développement de l'intelligence artificielle
02:17avec un cours de bourse qui a largement dévissé au cours des derniers trimestres.
02:21Adobe publiera donc ce soir après la clôture des marchés américains.
02:25Et puis dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse, nous nous focaliserons sur la dette émergente,
02:30le crédit émergent, comment est-ce que cette place d'actifs réagit justement à la crise iranienne
02:35et quelles peuvent être les perspectives pour cette dette émergente ?
02:40Ce sont les spécialistes d'Ivo Capital Partners qui seront avec nous
02:42et le co-fondateur Michael Israël sera notre invité dans ce dernier quart d'heure de Smart Bourse.
02:58Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, Pauline Grattel est avec nous
03:01et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
03:03Bonsoir Pauline.
03:04Bonsoir.
03:04La guerre qui continue évidemment d'imposer son rythme au marché.
03:07Oui, jour 13, les marchés s'adaptent depuis bientôt deux semaines au rythme de la guerre
03:11et à ses répercussions, notamment sur le prix du pétrole.
03:14Cette nuit, deux nouvelles attaques contre des pétroliers en Irak ont fait un mort parmi l'équipage
03:19et provoqué un rebond immédiat des cours.
03:22Le prix du baril de Brent a renoué avec la barre symbolique de 100 dollars
03:26pour se stabiliser autour de ce niveau affichant une hausse de 8% sur la séance.
03:32Donald Trump affirme en parallèle qu'empêcher l'Iran d'accéder à l'arme nucléaire
03:37est beaucoup plus important que les prix du pétrole.
03:39Côté iranien, le nouveau guide suprême Moujtabar Amenei
03:43dans un message lu à la télévision proclame que le détroit d'Ormouz doit rester fermé.
03:48Dans ce contexte, les indices actions sont aujourd'hui à nouveau en repli.
03:52Oui, les actions étaient déjà en repli ce matin, mais ont creusé leurs pertes.
03:57Après tout cela, en Europe, le stock 600 recule de 1%.
04:00En France, le CAC 40 cède du terrain, plus de 1% et repasse clairement sous les 8000 points.
04:07Les banques telles que Société Générale, Crédit Agricole ou encore BNP Paribas
04:12cèdent tout environ 4%, tandis que le secteur de la défense
04:15permet à l'indice parisien de limiter ses pertes.
04:18Aux Etats-Unis, les indices ont ouvert tous en baisse de plus de 1%.
04:21Enfin, l'indice fixe de la volatilité rebondit de plus de 7% et dépasse 25%.
04:27Quels sont les secteurs d'ailleurs, aux Etats-Unis notamment,
04:30qu'ils sont à suivre à l'ouverture des marchés ?
04:32Les secteurs du tourisme et du voyage restent sous surveillance évidemment,
04:36car ils sont très pénalisés par le conflit.
04:38American et Delta Airlines sont en repli de 2,5%.
04:41En France d'ailleurs, Accor et Air France sont à nouveau en repli de 2%.
04:45Et puis les marchés obligataires, bien sûr, qui sont également un peu bousculés par cette guerre d'Iran.
04:53Quels sont les équilibres qu'on observe aujourd'hui, Pauline ?
04:55Les rendements poursuivent leur hausse aujourd'hui avec un 10 ans américain sur le seuil de 4,25%.
05:01En Europe, notons que le rendement allemand de même échéance s'envole de 10 points de base
05:06et est au plus haut depuis octobre 2023 et a même flirté avec les 3%
05:11avant de se stabiliser autour de 2,95%.
05:14Sur le marché d'échange, le dollar se raffermit encore aujourd'hui
05:18face à un panier de grandes devises ramenant l'euro-dollar autour de 1,15%.
05:22Bon, et puis il y a quand même encore des fondamentaux d'entreprise à analyser
05:26et une réaction très positive après la publication d'un JC Decaux par exemple.
05:30Puis le titre bondit de plus de 10%.
05:32Le numéro 1 de l'affichage fait état de résultats en hausse pour l'exercice passé.
05:37Le groupe fait état d'une bonne dynamique sur les premiers mois de 2026
05:40et annonce ainsi viser une croissance organique du chiffre d'affaires de 5% au premier trimestre.
05:45Et puis notre Biotech Star fait également la une à nouveau aujourd'hui.
05:49On parle bien sûr d'Abivax.
05:50Oui, le titre s'envole également de plus de 10%
05:53en réaction à des informations de presse indiquant que la Biotech
05:56aurait accordé au laboratoire AstraZeneca un accès exclusif
06:00à des données confidentielles dans le cadre d'une éventuelle offre.
06:03Quel sera le programme à l'agenda des marchés demain, Pauline ?
06:06Les investisseurs arbitreront demain donc les résultats d'Adobe publiés ce soir.
06:10Côté macro, on attend surtout un rendez-vous.
06:12La publication de l'indice Core-PCE privilégiée par la Fed
06:16et à une semaine de sa décision militaire.
06:19Pour le mois de février, il est attendu en hausse de 3,1% sur un an.
06:23Toujours aux Etats-Unis, on regardera la deuxième estimation de la croissance du quatrième trimestre.
06:29Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
06:32Pauline Grattel est avec nous et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
06:453 invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
06:49Nathalie Benatia est à nos côtés, macroéconomiste chez BNP Paribas Asset Management.
06:53Bonsoir Nathalie.
06:54Bonsoir Grégoire.
06:55Nicolas Forest nous accompagne, le directeur des investissements de Candriam.
06:58Bonsoir Nicolas.
06:59Bonsoir Grégoire.
06:59Et Nicolas Brault est également avec nous.
07:01Bonsoir Nicolas.
07:02Bonjour Grégoire.
07:03Vous êtes directeur associé chez Ottingre Banque Privée.
07:06Nathalie, je me tourne vers l'économiste que vous êtes
07:09et j'imagine que cette actualité amène à réfléchir à la possibilité de changer les scénarios macro de 2026.
07:16Est-ce qu'on en est déjà là Nathalie ?
07:18C'est exactement ça, on réfléchit beaucoup, on fait tourner les modèles et on attend de savoir si oui ou
07:24non
07:24on va vraiment bouleverser le scénario économique pour cette année
07:28qui était jusqu'à présent relativement positif, même très positif
07:31et qui était étayé d'ailleurs par des indicateurs économiques plus que satisfaisants depuis le début de l'année.
07:37Bouleverser, qu'est-ce que ça veut dire ?
07:38On a compris que la durée du conflit était la variable clé à ce stade.
07:44S'il ne s'agit pas de juste ajuster à la marge, qu'est-ce qui peut se matérialiser ?
07:51Alors, pour le moment, on n'a pas l'impression qu'on va basculer vers un scénario de récession.
07:58Pour diverses raisons, évidemment on a un choc pétrolier ou ce qui ressemble à un choc pétrolier
08:03et on le voit du point de vue des marchés, c'est surtout pour le moment un choc d'information.
08:07C'est qu'est-ce qu'on fait de cette nouvelle information ?
08:09Et c'est comme ça que les marchés fonctionnent, on les a vus.
08:12Pour le moment, leur point d'attention, c'est l'inflation.
08:17C'est-à-dire que c'est le plus facile.
08:18Quand on prévoit l'inflation à partir du prix des matières premières,
08:22normalement ça marche assez bien.
08:24Et nous, ce qu'on imagine, c'est que l'inflation dans la zone euro,
08:27si on reste à ces niveaux, pourrait assez rapidement repasser au-dessus de 2%,
08:31voire flirter avec 2,3%, 2,4% vers la fin du printemps, dirons-nous.
08:37Oui, dès les prochains mois, d'une certaine manière.
08:39Voilà, dès les prochains mois, absolument.
08:39Très bien.
08:40Sur la croissance, c'est plus compliqué, parce que ça dépend de beaucoup de phénomènes,
08:45ça dépend de la confiance, c'est un mot qu'on a prononcé beaucoup ces dernières années,
08:50encore tout au long de l'année dernière,
08:52avec la question qui n'intéresse plus personne des droits de douane d'ailleurs.
08:57La confiance va compter pour les consommateurs.
09:00Pour les consommateurs, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe,
09:04cette confiance, elle va passer d'abord par le prix à la pompe.
09:07Ça marche très très bien, malheureusement, aux Etats-Unis.
09:11Les consommateurs, ils sont très sensibles.
09:13C'est d'ailleurs étonnant que Donald Trump ait déclaré
09:16que les variations du prix du pétrole, ce n'est pas très important,
09:20parce que l'inflation, c'est ce qui a fait perdre l'élection présidentielle à Joe Biden
09:26et c'est ce qui risque de faire perdre l'élection au parti républicain.
09:31Donc, il y a l'histoire de la confiance.
09:33Qui dit baisse de la confiance, inflation dit normalement ralentissement de la consommation.
09:40Et du côté de l'investissement, ça devient plus compliqué, surtout aux Etats-Unis,
09:44parce qu'à des niveaux de pétrole, disons de sang,
09:47ça devient beaucoup plus rentable d'aller chercher du pétrole de schiste,
09:52d'augmenter la production, d'augmenter les investissements
09:54et donc de soutenir, de ce fait, la croissance.
09:58Donc, c'est pour ça qu'on a, face à la situation tellement mouvante à l'heure actuelle,
10:01vraiment, ce n'est même pas au jour le jour, c'est d'une heure sur l'autre,
10:05on hésite encore à bouleverser nos scénarios.
10:08Mais il y a l'idée qu'un choc d'offre pétrolier, à un moment,
10:12peut aussi se transformer en choc de demande,
10:13on peut aussi, à un moment, abîmer la demande finale.
10:18Oui, alors, il y a cette idée, sachant qu'on a encore tous
10:21de vieux réflexes des grands chocs pétroliers,
10:24et la structure des économies développées est quand même très différente
10:28de ce qu'elle était il y a maintenant, mon Dieu...
10:3240, 50, 50, 50 ans !
10:35Ce qu'elle était il y a 50 ans, la dépendance à l'énergie a bien sûr baissé,
10:39les Etats-Unis sont exportateurs nets de pétrole,
10:43même la dépendance de la zone euro a baissé, et...
10:47On comprend quand même que beaucoup d'intrants sont concernés,
10:49ce n'est pas juste le pétrole et les produits distillés à la pompe,
10:52c'est des intrants qui irriguent, j'allais dire,
10:54l'ensemble de nos économies aujourd'hui aussi, quand même.
10:57C'est tout simplement le plastique, par exemple,
10:59ça c'est un lien qui fonctionne encore.
11:01Les fertilisants, la chimie, etc.
11:03Le grand exemple de 2022, effectivement, les engrais.
11:08Et si on pense à l'Europe, on pense aussi au gaz naturel.
11:12Donc là, en regardant rapidement
11:15qu'est-ce qui a été fait par rapport à 2022,
11:17où le choc a été de 40% de l'offre
11:19qui a été arrêtée du jour au lendemain,
11:22et ce n'était pas très compliqué de se dire à l'époque
11:25que ça allait durer.
11:26On ne parlait pas d'un choc temporaire.
11:28Donc là, maintenant, c'est le gaz qui transite
11:31par le détroit d'Hormuz,
11:34donc le gaz produit au Qatar,
11:37le gaz naturel liquéfié notamment.
11:39Mais pour l'Europe, c'est 7% des importations européennes.
11:44C'est assez faible.
11:45Mais l'importance du gaz aussi dans la formation
11:46des prix de l'électricité.
11:48Absolument.
11:48Et puis tout simplement,
11:50si ce gaz naturel ne peut pas aller
11:52vers ses premiers clients qui sont en Asie,
11:53ses premiers clients vont se reporter
11:55sur le marché international et faire monter les prix.
11:57Donc on a vraiment une situation très, très, très, très compliquée.
12:01Je reprends juste le point sur l'économie américaine.
12:04Depuis que la révolution du shale
12:06et le fait que les États-Unis soient devenus exportateurs nets
12:09de produits pétroliers,
12:12le baril à 100 dollars,
12:13Donald Trump nous dit qu'on fait beaucoup d'argent.
12:16Net-net, quand on intègre...
12:18Oui, non, c'est quand même une question.
12:20Net-net, est-ce que ça reste une économie
12:22avant tout consommatrice
12:24ou est-ce que ça reste une économie productrice de pétrole ?
12:28Alors, net-net, c'est une économie productrice.
12:31D'accord.
12:31Oui, oui, ça, c'est vrai.
12:32D'accord.
12:32Mais on fait beaucoup d'argent,
12:33surtout au Texas et ailleurs.
12:35On ne fait pas beaucoup d'argent,
12:36beaucoup d'argent partout.
12:38Non, non, et puis la dépendance énergétique des États-Unis,
12:40c'était vraiment 8 à 9 % dans les années 80.
12:44C'est tombé à 1,5 %.
12:45Et avec un baril à 100,
12:471,5 % du pied,
12:48et avec un baril à 100,
12:49ça remonte vers 2 %.
12:50Donc, il y a encore énormément de...
12:52Donc, c'est normalement la zone économique
12:54qui devrait le moins souffrir de ce choc ?
12:57Normalement, au bémol près,
13:00très important de la confiance des consommateurs.
13:03Qui était déjà dans les enquêtes...
13:05Absolument.
13:05...assez basse,
13:06même s'il y a toujours une différence
13:07entre les enquêtes
13:08et la réalité de la consommation américaine.
13:10Oui, mais là, j'ai l'impression
13:11qu'on risquait d'arriver,
13:13même sans ce choc,
13:14un petit peu à la fin de cette histoire,
13:16surtout si on imagine
13:17que l'emploi s'achemine vers un ralentissement
13:21dont une partie a peut-être déjà eu lieu.
13:24Nicolas Forrest et puis Nicolas Brault,
13:26quels sont les messages renvoyés par les marchés
13:28depuis le déclenchement de cette guerre d'Iran ?
13:32Il y a bientôt deux semaines, maintenant.
13:34Alors, je dirais qu'il y a, aujourd'hui,
13:37deux risques qui sont importants,
13:39selon moi, dans les marchés.
13:41Le premier, évidemment,
13:42c'est le risque géopolitique
13:43qui est revenu avec l'évolution
13:44du péril du pétrole,
13:45c'est assez clair,
13:45ça crée de l'incertitude,
13:47ça crée quand même
13:49des rotations sectorielles,
13:51ça crée pas mal de volatilité
13:53et une grande incertitude
13:54sur ce qui se passe.
13:55Le deuxième,
13:56c'est quand même un choc
13:58lié au taux d'intérêt.
14:00Et ça, c'est sans doute
14:01le choc le plus intéressant à suivre.
14:04Il est évidemment lié
14:05aux perspectives d'une inflation plus élevée.
14:07La Banque Centrale Européenne
14:08ne semble pas attendre
14:11le même nombre de semaines,
14:12pour l'instant,
14:14que ce que vous faites
14:14pour déclarer
14:16ou faire des déclarations
14:17sur un possible risque inflationniste.
14:19Et le grand bouleversement,
14:20c'est qu'on est passé
14:21de risque de baisse de taux
14:22à des risques de hausse de taux en Europe.
14:25Et donc, pour moi,
14:25ce sont deux risques
14:26qui sont à suivre.
14:30Le risque géopolitique,
14:32il dépend évidemment
14:33de ce qui se passe
14:34sur la durée du conflit.
14:35Mais plus le temps passe,
14:37plus il y a de la pression
14:38sur l'inflation
14:39et plus on a
14:40ces taux d'intérêt qui montent.
14:41Donc, qu'est-ce que le marché...
14:43Qu'est-ce qui peut être
14:44le plus surprenant peut-être
14:45sur le marché ?
14:46Évidemment, la baisse de la bourse,
14:47la remontée de la volatilité,
14:48ça, on l'a tous vu.
14:50Ce qui est quand même
14:50plutôt intéressant pour moi,
14:51c'est la remontée significative
14:53des taux d'intérêt,
14:55notamment en Europe.
14:56Et ça, c'est un vrai changement.
14:57Parce qu'on sort de plusieurs mois,
15:01trimestres,
15:01de baisse de taux continue
15:03et une claire visibilité.
15:05Donc, on passe d'une situation
15:06où la Banque centrale
15:07est dans une bonne place
15:08à une situation
15:09où la place n'est plus très bonne.
15:11Ni pour la Banque centrale européenne,
15:12ni même pour la Fed
15:13ou la Banque d'Angleterre.
15:15Et donc, si on est maintenant
15:16face à des remontées
15:17de taux d'intérêt,
15:19ça change beaucoup de choses
15:20dans l'équation
15:21d'une allocation d'actifs.
15:22Ça change beaucoup de choses
15:23pour l'investisseur obligataire,
15:25pour l'investisseur action.
15:26Et puis, ça change aussi
15:27beaucoup de choses
15:27sur le relatif.
15:28Parce que quelle Banque centrale
15:30peut le plus monter les taux
15:31dans ce contexte ?
15:33Oui.
15:34Et la réponse,
15:35elle est assez claire.
15:36C'est la Banque centrale européenne.
15:38Le marché a déjà pressé
15:39jusqu'à deux hausses de taux.
15:41Le marché, le price.
15:42Le marché, le price.
15:43Mais néanmoins,
15:44si vraiment on a
15:45une Banque centrale européenne...
15:46Ce serait pour vous
15:47une décision évidente
15:48de voir une BCE
15:50réagir aussi rapidement
15:51que certains ou certaines
15:54le signalent
15:55au sein du Conseil des gouverneurs
15:56à un choc d'offres pétroliers
15:59lié à la fermeture
16:01d'un passage stratégique,
16:02en l'occurrence
16:03le détroit d'Hormuz.
16:05On a l'impression
16:06qu'on revient un peu
16:06dans la conversation de 2022
16:08que peut faire une Banque centrale
16:10avec ses taux d'intérêt
16:11pour gérer un problème d'offres
16:13sur lequel elle n'a finalement
16:14pas beaucoup de grippe.
16:15Revenons-nous en 2022 ?
16:16Revenons-nous en 2007 ?
16:17Ça, c'est la question.
16:18Mais quelque part, oui,
16:21par rapport à cette question,
16:22c'est certainement pas facile.
16:24Mais quand on regarde
16:24la Banque centrale,
16:25il faut toujours distinguer
16:26deux choses.
16:27La première, c'est
16:29regarder ce qu'on aimerait
16:29qu'elle fasse,
16:30ce qui nous semble juste,
16:31mais ça, tout le monde s'en fout.
16:33La question,
16:33qu'est-ce qu'elle va faire ?
16:35Alors, on peut toujours dire
16:36que ça n'a aucun sens,
16:37mais la question,
16:37c'est qu'est-ce qu'elle va faire ?
16:39Et la Banque centrale européenne,
16:40comme mandat,
16:41elle a le principal mandat
16:42de vie à la stabilité
16:43des prix,
16:44de l'inflation.
16:44Donc, c'est un no-brainer.
16:45Et des anticipations d'inflation.
16:47Pour moi,
16:48je serais extrêmement surpris
16:51qu'elle monte les taux
16:52tout de suite.
16:52Et ça me semblerait
16:53un danger important.
16:54Mais il n'empêche
16:56que c'est le risque
16:57qui est sur la table aujourd'hui.
16:59Et les anticipations.
16:59C'est la manière
17:00dont est calibrée
17:01la Banque centrale européenne.
17:02Exactement.
17:02Et il y a plein de raisons
17:03pour l'expliquer.
17:04Regardez que juste
17:05dans certaines régions du monde
17:08et certains pays,
17:09ou en France,
17:09au Royaume-Uni,
17:10on parle déjà
17:11de mettre en place
17:11des chèques potentiellement
17:12pour aider les ménages
17:15et les consommateurs
17:16de métro.
17:18Si ça, ça se passe,
17:20ça alimente une pyrale
17:21potentiellement
17:21légèrement inflationniste.
17:23Et quand vous avez
17:23une Banque centrale européenne
17:25qui a fini son cycle
17:26de baisse de taux,
17:27ce n'est pas le cas
17:28des autres,
17:30elle a potentiellement
17:30les cartouches de le faire.
17:31Je ne dis pas
17:32qu'elle va le faire,
17:32mais je dis qu'aujourd'hui
17:33par rapport aux risques...
17:34Le débat existait
17:34avant même
17:36le déclenchement
17:36de la guerre d'Iran.
17:37Et puis,
17:38on a aussi un vide
17:39qui est laissé sans doute
17:40par la démission
17:41de Ville-Roi de Gallo.
17:42Et on a quand même
17:43beaucoup plus,
17:43on entend beaucoup plus
17:44les hauts qu'aujourd'hui
17:45et les faucons
17:46que les colombes
17:47dans la Banque centrale européenne.
17:48Donc, c'est clair
17:49qu'ils en débattent.
17:50C'est clair qu'il y a
17:51une discussion.
17:52Et le risque politique,
17:55géopolitique,
17:55qui est important,
17:56mais qui pour l'instant
17:56n'est pas non plus...
17:58Ce n'est pas une crise
17:59aujourd'hui.
18:00C'est juste un peu de vol.
18:02Ça peut aller
18:02beaucoup plus mal.
18:03Et les risques
18:04de remonter de taux,
18:05ce sont deux éléments
18:06qu'on regarde
18:07et qui peuvent faire dérailler
18:09certaines zones
18:10et certains segments
18:11de marché
18:11aujourd'hui fragiles.
18:12Nicolas Brault,
18:13comment vous regardez
18:14la situation ?
18:15Là aussi,
18:15du point de vue des marchés,
18:16on peut parler
18:17des marchés actions,
18:18évidemment.
18:19Est-ce qu'il y a vraiment
18:20un risque
18:21de changement
18:22de tendance ?
18:23C'est vrai que là,
18:24sur ces quelques jours,
18:25on a l'idée
18:26quand même
18:26d'un contre-pied
18:27un peu général.
18:28Nicolas parlait
18:29des taux,
18:30tout le monde était
18:31plutôt positionné
18:32pour des pontifications
18:33de courbes.
18:33Là, c'est quand même
18:34plutôt un phénomène
18:34d'aplatissement
18:35qu'on a vu,
18:36modeste.
18:37Pareil pour le dollar,
18:38beaucoup étaient positionnés
18:39encore avec l'idée
18:40que le dollar pouvait
18:41poursuivre sa baisse.
18:43Petit contre-pied,
18:44le dollar ne s'est pas
18:44envolé de 10% non plus,
18:45mais quand même,
18:46ça crée un petit contre-pied.
18:48Et puis sur les actions,
18:49là aussi,
18:50on a vu des thématiques
18:53value,
18:54hard assets
18:55qui commençaient
18:56à être privilégiées
18:56par les investisseurs.
18:58Là aussi,
18:58ils se retrouvaient
18:59un peu en première ligne
19:00dans un événement
19:01qui crée
19:02un choc pré-troyer
19:03ou un risque
19:04de crise énergétique.
19:07Je vais essayer
19:08d'attaquer
19:09sur d'autres sujets
19:10que ceux
19:11que vous avez
19:11tous les deux
19:12bien exposés.
19:16Mon impression
19:17est surtout
19:18que ça contre-cart
19:20la façon
19:21que nous avions
19:22de nous projeter
19:22il y a un mois,
19:24deux mois,
19:24six mois
19:25sur l'année 2026
19:27avec un certain nombre
19:29de facteurs
19:30qui étaient plutôt
19:30des éléments favorables.
19:35Mais ça n'est pas
19:36un élément
19:36de rupture
19:37à mon avis,
19:40modestement.
19:42Sur les politiques
19:43de taux d'intérêt,
19:44vous disiez à l'instant
19:45que le narratif
19:47ou les questions
19:48existaient déjà avant.
19:50Enfin,
19:50il y avait autant de gens
19:51qui disaient
19:51que les taux
19:52allaient baisser
19:53aux Etats-Unis.
19:53Oui, mais non.
19:54Oui, mais non.
19:55Oui, mais non.
19:55Là, c'est sûr
19:56que ça complique
19:57la feuille de route
19:58pour la passation
19:59de pouvoir
20:01à la Fed.
20:03Et franchement,
20:04le souvenir
20:05de M. Trichet,
20:06même si on lui doit respect,
20:08il serait tout à fait
20:09surprenant
20:10pour dire le moins,
20:11pour ne pas utiliser
20:12d'autres termes,
20:13que la Banque centrale
20:14décide de,
20:15pour couper court,
20:17à une pression
20:18exogène
20:19liée au pétrole
20:20comme on le connaît
20:21depuis 40 ans,
20:2340 fois
20:23ou 20 fois,
20:25ça ne sert,
20:26ça ne marche pas.
20:27Ça ne marche pas.
20:29et le pétrole,
20:30mais je suis dans ce camp-là
20:31et évidemment,
20:32c'est discutable,
20:35à chaque crise,
20:36chaque remontée
20:37violente
20:37du prix du pétrole
20:38a toujours fini
20:40par avoir un effet
20:41déflationniste
20:42après l'effet
20:42inflationniste immédiat.
20:45Deuxième vague,
20:46il n'y a pas besoin
20:46de la Banque centrale
20:47pour mettre la pression
20:49sur la propension
20:51à consommer,
20:51acheter,
20:52investir.
20:54Donc,
20:55ce que je retiens,
20:56c'est un terme
20:56que je crois,
20:57Nathalie,
20:58c'est ça,
20:58vous avez évoqué
20:59tout à l'heure,
20:59c'est celui de la confiance,
21:01la confiance des agents
21:02économiques,
21:04la confiance des chefs
21:04d'entreprise
21:05qui ont des objectifs
21:07et des ambitions
21:09de développement,
21:10d'investissement,
21:11la confiance du consommateur
21:12qui est mise à mal
21:13depuis plus longtemps,
21:15il n'y a pas besoin de ça.
21:16Marquez nous,
21:17en tant qu'investisseurs,
21:17nous non plus,
21:18on n'avait pas besoin
21:19de ce nouvel épisode
21:21géopolitique,
21:22surtout que ce n'est pas
21:22le premier de l'année
21:25et espérons qu'il n'y ait
21:26pas un autre derrière.
21:27Et qu'on est seulement
21:28du mars.
21:28Espérons qu'il n'y ait pas
21:29de Taïwan derrière
21:29parce que là,
21:31en relatif,
21:32on changerait radicalement
21:35de méthode de pensée.
21:37Donc,
21:38peut-être à tort
21:40la façon
21:40d'appréhender
21:43ce conflit
21:44localisé,
21:46on a des réflexes anciens,
21:47ils sont peut-être sages
21:48ou alors on est
21:49à côté de la plaque.
21:50Moi,
21:50je serais plutôt
21:51dans le côté
21:53il n'y a pas d'embrasement.
21:54Il y a une volonté
21:55de faire embraser,
21:56mais il n'y a pas
21:57d'embrasement.
21:58Je n'ai pas vu
21:58les Irakiens
21:59aller au secours
22:00des Iraniens.
22:02Mais on a un président
22:03des États-Unis
22:03qui mène des conflits
22:06sur des coups
22:08peut-être d'impulsion.
22:09En tout cas,
22:10on ne connaît pas
22:11tous ces motifs.
22:12Il y a le sujet nucléaire.
22:14C'est très bien
22:15de balancer
22:16des missiles
22:16toute la journée
22:17ou essayer de le faire
22:18sur les Émirats
22:19Arabes Unis
22:20et sur Qatar
22:21et Kuwait,
22:23Baháin,
22:23Arabie Saoudite.
22:24On sait bien
22:25que le vrai sujet
22:26dans le conflit,
22:27c'est Israël,
22:28Netanyahou.
22:29Ce n'est pas
22:29l'avis de Ben Salman
22:31ou du chèque
22:34responsable
22:34des Émirats Arabes Unis.
22:36Donc,
22:37c'est compliqué
22:37puisqu'on ne connaît pas
22:38vraiment les raisons.
22:39Est-ce qu'il y a
22:40un autre agenda
22:41que l'uranium ?
22:44Changement de régime,
22:45ce n'est pas avec des bombes
22:46qu'on fait changer
22:47un régime
22:47qui a pris
22:48un contrôle
22:50très, très puissant
22:51depuis 45 ans.
22:52Profond, bien sûr.
22:53Ça, c'est un sujet
22:54interne
22:55qui est propre
22:56aux Iraniens
22:56et on peut le croire
22:59depuis 25 ans.
23:00Il y a la moitié
23:01de la société iranienne
23:02qui a envie de modernité
23:04et en tout cas
23:05de se sentir
23:06c'est un grand peuple,
23:08c'est un grand pays.
23:09L'Amérique
23:10ne peut rien y faire
23:10là-dedans.
23:11On n'a qu'à perdre.
23:12Donc,
23:13sur le plan des marchés,
23:15on a un choc,
23:16ça vient contrecarrer
23:18la tendance.
23:18Et vous ne voyez pas
23:18comme une rupture
23:19encore aujourd'hui ?
23:20Non,
23:22mais ça préfigure
23:24d'une possible rupture
23:24si d'autres éléments
23:26se mettaient en place.
23:27Et là,
23:28les sujets
23:29qui me viennent
23:30à l'esprit,
23:31c'est les tensions
23:32qu'on voit
23:34plutôt s'amplifier
23:35sur le sujet
23:36du crédit
23:37aux Etats-Unis,
23:39le crédit,
23:40la dette privée,
23:41sur les taux de défaut
23:43et les hedge funds
23:45qui sont pris
23:46à contre-pied.
23:47Alors là,
23:47très violemment,
23:48mais il y a une bonne façon
23:51de lire cette histoire-là.
23:52Peut-être,
23:53peut-être,
23:54puisque on cherche
23:55notre boussole.
23:58les segments
23:59qui souffrent le plus
24:01sont ceux
24:02qui souvent
24:03avaient le mieux
24:03performé.
24:04Oui.
24:05Et en janvier,
24:06excusez-moi,
24:06il y avait eu
24:07un emballement
24:09littéral
24:10de tout ce qui était
24:11base metal,
24:13semi-conducteur,
24:14la Corée
24:15qui prend 40%.
24:16Tout ça,
24:17que tout ça baisse.
24:18Il y avait un peu
24:18trop de hot money
24:19peut-être aussi.
24:20En fait,
24:20il y a tout le temps
24:21plein de hot money.
24:22Il y a énormément
24:23de hot money,
24:24il y a énormément
24:24de spéculation.
24:26et des stratégies
24:27qui se décroisent.
24:27C'est une forme d'écume
24:28qui a disparu.
24:29Non, non, non.
24:30Je fais des constats.
24:31Oui, oui, oui.
24:32Maintenant,
24:33en prospectif,
24:34court terme,
24:36court terme,
24:37si dans
24:39le reste du mois
24:41de mars,
24:43il y a un côté
24:44temporel ou pas,
24:45avant la visite
24:46de Trump
24:47chez Xi Jinping,
24:50si on continue
24:51à voir
24:52ce qui avait
24:53le mieux performé
24:54dans les trois mois
24:55précédents,
24:56consolidé,
24:57comme c'est le cas.
24:57Comme c'est le cas.
24:58Les banques,
24:59voilà.
25:01Et à l'inverse,
25:02ce qui s'est fait
25:04très abîmer,
25:06software,
25:08se reconstruire,
25:09ça,
25:09c'est déjà
25:10à l'œuvre.
25:10Oui.
25:11On a déjà des...
25:12C'est ce qu'on constate
25:13sur dix jours.
25:14En relatif,
25:14sur dix jours,
25:15un espèce
25:16de rééquilibrage.
25:18C'est un bon message,
25:19ça ?
25:20Alors,
25:21quand c'est un choc
25:22exogène
25:23de marché,
25:25exogène,
25:27les corrections
25:28se terminent.
25:29Souvent,
25:31quand ce qui avait
25:32été le plus acheté
25:33corrige,
25:34ce qui avait été
25:35délaissé,
25:36jeté parfois,
25:37parce qu'on était
25:38en mode panique quand même.
25:39Résiste mieux.
25:40Le software va être détruit.
25:41Résiste mieux,
25:42c'est clair.
25:43Et il manque une chose,
25:44probablement,
25:45et là on revient
25:45à des éléments
25:46plus macro-marchés,
25:48que le baril de pétrole
25:50et le dollar
25:50nous donnent un signe
25:51que c'est risque
25:52off,
25:55que le stress
25:56se détend.
25:57Si on a ces éléments-là,
25:59on aura un rebond.
26:00Et la vraie question
26:01qui se posera derrière,
26:02c'est,
26:03si ce rebond intervient,
26:05est-ce qu'on reste
26:06avec nos mêmes stratégies
26:08précédentes
26:09qui sont constructives
26:10pour le reste de l'année
26:11ou alors on attaque
26:13sur autre chose ?
26:14Sur l'aspect crédit privé,
26:16qui fait toujours
26:17autant de bruit,
26:18ça reste quand même
26:19très anglo-saxon,
26:20mais on voit
26:21des banques européennes
26:22qui sont en train
26:22de communiquer,
26:23de passer en revue
26:24des portefeuilles,
26:24donc c'était Deutsche aujourd'hui
26:25qui nous donne
26:26son exposition,
26:27etc.
26:27Enfin,
26:29les choses restent à nouveau,
26:31c'est toujours la même question,
26:32Nicolas,
26:32mais est-ce que les choses
26:33restent suffisamment
26:34circonscrites
26:35à un marché
26:36de la dette privée,
26:37enfin du private crédit
26:38qui a atteint
26:39peut-être les 2 milliards
26:40de dollars,
26:412 trilliards de dollars
26:42aujourd'hui ?
26:43Ça n'en fait pas non plus
26:44le plus gros marché du monde,
26:45mais c'est un marché
26:46qui a connu beaucoup
26:47de croissance.
26:48Où est-ce qu'on en est ?
26:49Je ne sais pas la dernière fois
26:49qu'on s'est vus,
26:50mais où est-ce qu'on en est
26:50aujourd'hui
26:51au moment où on se parle ?
26:52La dernière fois qu'on s'est vus,
26:52on parlait de ça,
26:53on disait que c'était
26:53un sujet d'inquiétude,
26:54c'est quelque chose
26:54que nous on suit depuis...
26:56Et ça l'est toujours.
26:56C'est un sujet toujours.
26:58Alors,
26:58est-ce que nous pensons
26:59que c'est systémique ?
27:00Non.
27:01C'est deux triards,
27:01c'est significatif.
27:03Je crois que pour donner
27:03un ordre d'idée,
27:04c'est la moitié
27:05du subprime américain.
27:06Plus ou moins.
27:08En revanche,
27:09contrairement au subprime américain,
27:11on n'a pas...
27:12Le subprime a amené
27:12à une bulle sur l'immobilier.
27:14Ici, le pride credit
27:16reste, nous semble-t-il,
27:17pas systémique.
27:18Est-ce que c'est un problème
27:19aux Etats-Unis ?
27:20Oui.
27:21Et est-ce qu'on a tout vu ?
27:22Certainement pas.
27:23Pourquoi c'est un problème ?
27:24C'est un problème
27:24parce qu'une grande partie
27:25des assureurs
27:26ont mis des sommes
27:28très importantes
27:29dans l'allocation
27:29dans du crédit privé.
27:32Entre 20 et 40 %.
27:3540 %.
27:35Et pour des raisons historiques.
27:37Parce que certains
27:37private credit asset managers
27:38ont acheté des assureurs
27:40après la crise de 2007.
27:42Et que le business model
27:43était de dire
27:44on va vous mettre
27:4430-40 %
27:45de dividend yield
27:48ou de yield
27:49d'entre 8 et 10 %.
27:50Le problème,
27:51c'est que 40 %
27:52du secteur du crédit
27:53américain
27:54est exposé aux softwares.
27:55Alors même si moi,
27:56je partage que vous dites
27:57qu'il y a des raisons
27:59que c'était sans doute exagéré.
28:00Mais essayons juste
28:02de réfléchir deux minutes.
28:03C'est des grandes sociétés
28:04de softwares.
28:05ont perdu
28:0630-40 %
28:07de leur valeur
28:08et ont été secoués.
28:09Ils sont face
28:10à des inquiétudes importantes.
28:12Que pensez-vous
28:13des petits
28:14et moyennes capitalisations
28:15qui ont des EBITDA
28:16de 100 millions
28:18qui sont représentés
28:20en majorité
28:21dans du crédit privé ?
28:22Qu'est-ce que vous pensez
28:22de la qualité de crédit ?
28:25Ces émetteurs,
28:26forcément,
28:27le taux de défaut
28:28va progresser.
28:29Forcément.
28:30Il y aura forcément
28:31des pertes.
28:32Il y a forcément
28:33un sujet de liquidité.
28:34Et donc la question,
28:35ce n'est pas
28:36est-ce qu'il y a un problème
28:36sur le crédit américain
28:37ou pas,
28:37parce que ça,
28:38tout le monde le sait.
28:39Ce n'est pas la question
28:40du nombre de cafards.
28:41C'est quelle est
28:42la potentielle contagion
28:43entre le crédit
28:46private américain
28:46et le crédit
28:49européen
28:49ou le crédit
28:50public américain.
28:52Et donc là,
28:52il y a plusieurs questions.
28:54Est-ce que les sociétés
28:55qui ne peuvent plus
28:56se financer,
28:57parce qu'aujourd'hui,
28:58il y a quand même
28:59du crédit,
28:59du prêt de crédit
29:00qui reste ouvert aux Etats-Unis,
29:01mais il y a quand même
29:01des sociétés
29:02qui ne peuvent plus
29:02se financer
29:03avec du prêt de crédit.
29:04Est-ce qu'elles viennent
29:04sur le marché du haïl ou pas ?
29:06Point d'interrogation.
29:07Ce n'est pas si facile
29:08d'aller sur le marché public
29:10parce qu'il faut être traité,
29:11parce qu'il y a des conditions.
29:13Donc si elles ne viennent pas,
29:14elles ont un problème
29:14de financement.
29:15Si elles viennent,
29:16donc plus de supply.
29:18Donc ça,
29:18c'est quand même un petit stress.
29:20Augmentation du taux de défaut,
29:21donc peut-être
29:22un petit peu stress.
29:23Donc nous, c'est vrai,
29:24dans ce monde-là,
29:25on est plus prudent
29:26sur le marché du crédit
29:27à haut rendement américain.
29:30On peut s'attendre
29:31à davantage de supply,
29:32on s'attend à davantage
29:33de taux de défaut.
29:35Et il nous semble
29:35que pour l'instant,
29:36ce n'est pas une histoire européenne,
29:37c'est une histoire américaine.
29:40Principalement.
29:40Oui.
29:41Par contre,
29:41c'est là où je reviens
29:42sur mes trois risques,
29:43sur mes deux risques.
29:43J'ai géopolitique
29:44et on peut en débattre.
29:45Moi, je ne vais pas donner
29:46mon point de vue,
29:47mais je le constate,
29:49risque de taux
29:49et risque du privé.
29:50Et je reviens
29:51sur mon risque de taux.
29:52Pourquoi ?
29:53Parce que si les taux
29:54restent à ce niveau,
29:54ça va.
29:55Mais si les taux longs dérapent
29:56ou les taux 5 ans dérapent,
29:58eh bien,
29:59c'est toutes les conditions
30:00de financement
30:00de ces entreprises
30:01qui posent un petit problème.
30:02Sachant en plus
30:03que la beauté
30:03de tout ce prêt de crédit,
30:05notamment à travers
30:05les business development
30:06de compagnie,
30:07c'est qu'ils ont acheté
30:09deux expositions
30:10au prêt de crédit
30:11et eux-mêmes
30:11ont émis de la dette.
30:12Ah ben bien sûr,
30:13tout ça et le vrai jet, oui.
30:14Et le vrai jet
30:15qui est racheté par d'autres.
30:16Oui, oui.
30:16Donc ça,
30:17c'est la beauté du système
30:17qui est finalement,
30:19fondamentalement,
30:20les symptômes
30:22d'un système
30:23qui a été dérégulé,
30:25non régulé.
30:26Où beaucoup de choses
30:27ont été faites
30:27avec très peu de transparence
30:29et avec une illusion
30:30de liquidité.
30:30Oui, oui.
30:31Et voilà,
30:32dans ce que vous dites,
30:33c'est aussi l'idée
30:34qu'on a des nouveaux
30:36acheteurs de crédit privé
30:37qui sont des clients privés
30:39eux-mêmes,
30:40et plus uniquement
30:41des institutionnels.
30:42Et la crise peut venir aussi
30:44de mains plus fragiles
30:46que les mains
30:47et les poches profondes
30:48des institutionnels.
30:49Je ne vais pas citer
30:49le nom de quelqu'un,
30:50mais une société
30:51qui a un nom
30:52de mission spatiale,
30:54qui, voilà,
30:56ils ont acheté en 2007
30:58des expositions
30:59sur des assureurs
31:00et ils en ont mis 40%.
31:01C'est comme si moi
31:02j'en mettais 40%
31:03dans votre contrat d'assurance.
31:06Même société a communiqué hier
31:08en disant qu'ils allaient
31:09être capables,
31:09avec l'ingénierie possible,
31:12de proposer des liquidités
31:13ou des valeurs liquidatives
31:16au moins sur une base mensuelle
31:17pour ces portefeuilles.
31:18Voilà, on verra.
31:19Mais pour nous,
31:19je crois, voilà,
31:20pour nous,
31:20c'est américain,
31:21c'est pas européen.
31:22OK.
31:22Et la question,
31:23c'est qu'est-ce qui se passe
31:23sur le public ?
31:24Bon, donc il y a l'Atlantique
31:25entre les deux, quoi,
31:26pour l'instant.
31:27Nathalie,
31:28sur le sujet des taux,
31:29justement,
31:30alors la semaine prochaine,
31:31toutes les banques centrales
31:31G7 communiquent.
31:33Donc ça va du Japon
31:34à la Suisse,
31:35en passant par l'Australie,
31:36la FED, bien sûr,
31:37la Banque Centrale Européenne,
31:38la Banque d'Angleterre.
31:39Qu'est-ce qu'elles vont nous dire ?
31:40Qu'est-ce qu'elles vont nous dire ?
31:43Dites-nous.
31:44Mais moi,
31:45ce qui me frappe
31:46sur les réactions de marché
31:47depuis lundi dernier,
31:49c'est que certes,
31:50les taux longs nominaux
31:51ont monté.
31:52Du côté des obligations
31:53indexées sur inflation,
31:54il ne se passe pas grand-chose.
31:55Si on regarde
31:58les anticipations
31:59que nous fournissent
32:00ces marchés à 5 ans,
32:01ben non,
32:01ça n'a pas du tout suivi
32:03la hausse des cours du pétrole,
32:04alors que normal,
32:05enfin, c'est ce qui se passe
32:06habituellement.
32:07Donc le marché anticipe
32:08quand même une fin à un instant ?
32:09Pas une spirale ?
32:10Pas une spirale,
32:11une fin assez rapide.
32:13Ça reste,
32:14c'était très clairement
32:16le consensus
32:17dans les jours
32:18qui ont suivi les frappes,
32:20le consensus qui s'est un peu étiolé
32:21puisque le temps passe,
32:22mais ça reste en tout cas
32:24le message
32:24de cette partie
32:25du marché obligataire.
32:28Donc ça,
32:28je trouve ça étonnant.
32:29Ça compte points de base quand même,
32:31sur un 5 ans français.
32:33Je pense aux Américains.
32:34Non, mais on parle des US.
32:36Oui, oui.
32:37Vous regardiez l'inflation 5 ans ?
32:39L'inflation, oui, c'est ça, absolument.
32:40Oui, oui, c'est ça.
32:41Je ne parle pas du...
32:41Les minorats d'inflation anticipée
32:43n'ont pas dérapé là aujourd'hui.
32:46Alors qu'elles l'ont fait
32:48la dernière fois
32:49que le pétrole a monté comme ça.
32:51Donc ça, c'est assez étonnant.
32:52Et moi, j'avoue que la rafale
32:55de commentaires très, très au quiche
32:58de membres de la BCE,
33:00je la trouve un petit peu étonnante,
33:02comme je trouve étonnant
33:03la rapidité du repricing
33:06par les marchés, là encore.
33:07Ben moi, je vous l'explique, Nathalie.
33:09Ben allez-y.
33:10Non, mais une question.
33:13Non, mais on a tellement critiqué
33:15la BCE en 2022,
33:17et parmi les critiques,
33:18celles étant de dire
33:19vous n'avez pas monté les taux
33:21assez vite et assez tôt
33:23dans cette affaire ukrainienne,
33:25qu'aujourd'hui,
33:27certains, j'imagine,
33:28ont en tête ces critiques-là
33:29et n'ont pas envie de se retrouver
33:31à nouveau critiqués de la même manière.
33:32Vous voulez dire que le premier membre
33:35du conseil des gouverneurs
33:38qui prononce le mot temporaire
33:39paye le pot à peu fort ?
33:41C'est pas possible.
33:42Non, il y a très certainement
33:44un traumatisme autour de ça,
33:46mais de là...
33:47Quand je dis traumatisme,
33:48c'est la responsabilité engagée
33:50vis-à-vis des populations
33:51qu'on est censé servir
33:52quand on est banquier.
33:53Absolument.
33:54Alors, un autre...
33:55Effectivement,
33:56c'est peut-être le début
33:58d'une stratégie visant
33:59à communiquer, à parler.
34:02On est là, on fera,
34:03sans avoir à agir.
34:05C'est possible aussi,
34:07mais il va falloir
34:07que ça se déboucle
34:09parce que ça paraît
34:09quand même compliqué
34:10d'imaginer la BCE,
34:13encore une fois,
34:13en l'état actuel,
34:14sous l'hypothèse
34:15que la situation
34:17ne s'enlise pas,
34:19remonter cette hausse.
34:20On verra ce que dit Christine Lagarde,
34:21mais c'est sûr qu'on lui posera
34:22la question sur le pricing de marché.
34:24Est-ce que vous êtes à l'aise,
34:25confortable avec ce pricing de marché ?
34:26Intéressant de voir la réponse.
34:28Christine Lagarde,
34:29elle-même,
34:29s'est exprimée dans les médias français
34:30en disant
34:31« On ne laissera pas
34:32un scénario tel que celui de 2022
34:34se développer à nouveau ».
34:35C'est le premier message
34:37porté aujourd'hui
34:38par la Banque Centrale Européenne.
34:39Sur la Fed,
34:40vous entendez beaucoup moins,
34:41le marché a dépricé
34:42l'idée d'une baisse de taux pleine
34:45en 2026.
34:46On en attendait peut-être deux.
34:47Là, il n'y en a même plus une seule.
34:48Sur la Fed,
34:49ce qui est étonnant,
34:50c'est que ce pauvre Kevin Warch,
34:52on ne sait même pas
34:52quand est-ce qu'il va être auditionné
34:53par le Sénat,
34:54sauf si ça a été décidé
34:55tout récemment,
34:57mais je n'ai pas l'impression.
34:58Donc oui, sur la Fed,
34:59c'est encore plus compliqué.
35:01Donc on a vraiment,
35:01mais ça c'est vrai
35:02depuis plusieurs mois,
35:04quasiment tous les présidents
35:05des banques régionales
35:07qui sont très inquiets
35:08de l'inflation
35:08et qui le font savoir
35:09depuis plusieurs mois,
35:11encore une fois.
35:12Le dernier print qu'on a eu,
35:13alors avant le déclenchement
35:14qui ne tient pas compte
35:15de la guerre d'Iran,
35:16il n'est pas si rassurant que ça ?
35:18Si, mais je ne suis pas persuadé
35:20que ça leur suffise en fait.
35:22C'est d'autant plus
35:24que malgré tout,
35:26le shutdown,
35:27enfin pas celui de deux jours,
35:29le shutdown d'octobre dernier,
35:31laisse des traces vraisemblablement
35:33dans les données.
35:38L'attitude des entreprises,
35:41c'est de dire,
35:43nous si on peut monter les prix,
35:45on va le faire,
35:46pour résumer ce qui arrive
35:47des Beige Book et compagnie.
35:50Et la politique de Donald Trump
35:52est inflationniste.
35:54Et en plus,
35:54une fois de plus,
35:56Donald Trump se retrouve
35:57dans une situation
36:00où s'il exige des baisses de taux,
36:02on va lui répondre,
36:03ça va faire monter les prix.
36:05Donc c'est une situation
36:06qui est un petit peu délicate.
36:08Donc là aussi,
36:09la communication va être
36:11très importante
36:12de la part de Powell,
36:14qui d'ailleurs n'a pas
36:17sa traditionnelle audition
36:19semestrielle devant le Congrès
36:20n'a pas eu lieu.
36:21Les membres du Congrès
36:22ont dit,
36:22ben non,
36:22il a cette histoire judiciaire.
36:25On ne l'écoute pas,
36:26on ne l'entend pas.
36:26Donc on ne va pas l'entendre
36:27pour ne pas en rajouter,
36:29semble-t-il.
36:30Mais donc voilà,
36:31en termes de communication
36:32de la Fed,
36:32ça va devenir
36:33de plus en plus compliqué
36:34parce que
36:36le mandat de Jérôme Powell
36:38s'arrête le 23 mai,
36:41on ne va plus savoir
36:42qui écoute.
36:44Qui est en charge.
36:45Qui est en charge.
36:46Qui pilote.
36:47Ni l'un ni l'autre,
36:48je crois.
36:49Ni Kevin Walsh,
36:49ni Jérôme Powell
36:50ne se sont exprimés
36:51là au cours
36:52des derniers jours.
36:53Je n'ai pas vu passer
36:53de messages.
36:54Je n'ai pas l'impression
36:55et on va voir,
36:56ça pourrait être intéressant
36:57de voir comment
36:57Christopher Waller,
36:58qui était très doviche,
37:02va ou non
37:03adapter son message.
37:05Bon,
37:05dans ces moments-là,
37:06et vous avez cité
37:07la géopolitique,
37:08mais évidemment
37:08la question des marchés privés,
37:11la question de la disruption
37:13technologique apportée
37:14par l'intelligence artificielle,
37:15quand on a tous ces chocs
37:16qui se cumulent,
37:18qu'est-ce qui se passe
37:19en matière de gestion,
37:20Nicolas ?
37:21On passe en revue
37:22un peu toutes les positions,
37:23on essaye de se concentrer
37:24sur les convictions
37:27avec lesquelles
37:27on a le plus de certitudes,
37:29si je puis dire,
37:30ou en tout cas
37:30avec lesquelles
37:31on est le plus à l'aise.
37:32Qu'est-ce qui reste
37:33quand on fait ce travail là ?
37:35On ne fait pas forcément
37:36grand-chose.
37:39Ce qui est une première attitude
37:40de gestion.
37:41Disons qu'il faut avoir
37:42du sang-froid
37:43parce qu'on a changé
37:45de configuration
37:46à peu près
37:48trois fois en trois mois.
37:51À date,
37:52en fait,
37:52la performance
37:53s'est faite en janvier.
37:54Le marché était
37:57en ébullition.
37:59C'était arrêté
38:00d'ailleurs le 1er février.
38:02Et puis le 1er mars,
38:04enfin le 28,
38:05février,
38:06on a un sujet géopolitique.
38:09Donc,
38:10au-delà de ce commentaire
38:11temporel,
38:13il est indéniable
38:14que c'est un point
38:15supplémentaire
38:16de stress,
38:18d'interrogation
38:20qui est susceptible
38:20de mettre à mal
38:21la position constructive
38:23que chacun de nous
38:24pouvions avoir
38:26il y a encore peu de temps.
38:27On est dans un monde
38:28qui est fragile.
38:30Ce que je note,
38:31c'est que l'Europe,
38:33comme d'habitude,
38:35est assez mal positionnée
38:37pour ce type
38:38de problématiques.
38:40Néanmoins,
38:41avec le pétrole,
38:43l'Asie
38:44est en première ligne.
38:46Et donc,
38:47comme les émergents
38:49dans la diversification
38:50sont une zone
38:51qui ont très bien
38:52performé l'année dernière,
38:54avec laquelle on est
38:56plutôt à l'aise,
38:56nous,
38:56sur les émergents,
39:00l'essentiel.
39:02Et il nous manque
39:03vraiment de regarder
39:04le monde
39:04à partir d'Asie,
39:06à partir de Chine,
39:07à partir d'Inde,
39:07et pas toujours
39:08à partir des États-Unis
39:09ou d'Europe.
39:11Et l'Inde
39:12est extrêmement sensible
39:13au sujet pétrolier,
39:15extrêmement sensible.
39:18Pour l'instant,
39:19il me semble que
39:19beaucoup de stratégies
39:20d'investissement,
39:21actions,
39:22sur les emerging markets
39:24favorisaient
39:26l'Asie hors Chine,
39:28qui n'a d'émergents
39:30d'ailleurs que le nom,
39:30parce que la Corée
39:31et Taïwan,
39:32c'est quand même
39:32du grand n'importe quoi
39:33de qualifier ça
39:34comme des émergents.
39:36En tout cas,
39:36si on le compare
39:37à notre vieille Europe.
39:39Et en fait,
39:40je trouve que
39:41de plus en plus
39:42en termes
39:44de balance,
39:47la Chine présente
39:49un profil
39:50qui est
39:52moins exposé
39:53à beaucoup
39:54de problématiques,
39:55alors que
39:56dans le même temps,
39:58décidément,
39:59l'histoire américaine
40:00qui est passionnante
40:02et qui a
40:03beaucoup d'atouts
40:04d'être meilleure
40:05qu'ailleurs,
40:06mais elle se dégrade.
40:07La gouvernance
40:07se dégrade,
40:08la prévisibilité
40:09se dégrade
40:10sur la politique monétaire,
40:11sur la géopolitique,
40:12sur la politique interne,
40:14sur les décisions
40:14qui sont prises,
40:15qui sont contraires
40:16à l'intérêt des Américains,
40:18contraires à la classe moyenne,
40:19contraires, évidemment.
40:20Donc en relatif,
40:21on n'est finalement
40:22pas si mal à l'aise
40:23que ça,
40:23avec un pays
40:24comme la Chine
40:25par rapport
40:25à un pays
40:26comme les Etats-Unis.
40:26Le point,
40:28je m'emballe,
40:29mais c'est juste
40:29pour dire
40:30qu'on a des méga-cycles,
40:33l'Amérique a gagné,
40:34mais à plate couture
40:36depuis 20-30 ans
40:38et puis depuis
40:38que les marchés existent,
40:39pour être honnête,
40:40mais là,
40:41l'histoire
40:42de rebalancement
40:43géographique,
40:44ne serait-ce que
40:45dans un souci
40:46de plus grand équilibre,
40:48alors que le poids
40:49de l'Amérique,
40:49alors que le poids
40:50de la technologie...
40:51Ça, c'est la conviction.
40:52Quand on nettoie
40:53tout ce qu'il y a autour
40:53pour se concentrer
40:55sur les convictions fortes,
40:56ça, ça en fait partie.
40:57Disons que ça nourrit
40:59cette réflexion
41:00avec une implication positive.
41:03Se diversifier,
41:04diversifier ses risques,
41:05peut-être, oui,
41:06un enseignement
41:07de cette étape géopolitique
41:09qui passera
41:10comme les autres.
41:12Nicolas,
41:12sur le plan
41:13des arbitrages
41:14de marché,
41:15qu'est-ce qui semble
41:16approprié de faire
41:17aujourd'hui ?
41:18Puisqu'on parlait
41:19des taux avec vous,
41:21je ne sais pas,
41:214,25 sur le 10 ans américain,
41:22enfin,
41:23si on a encore,
41:24je ne sais pas,
41:25si on revient
41:26sur des niveaux
41:264,25,
41:274,50,
41:28est-ce que ça représente
41:30des points...
41:314,90,
41:32j'ai vu sur le 30 ans américain,
41:33on sait qu'à 5%,
41:34il y a quand même
41:34un seuil un peu critique,
41:36psychologique,
41:37en tout cas,
41:37qui fait bouger les choses.
41:39Est-ce qu'on a envie
41:40de justement reprendre
41:41un peu de longueur,
41:43de maturité
41:44sur la courbe ?
41:44Alors, moi,
41:45évidemment,
41:45je souscris ce qui a été dit,
41:46il faut garder son sang-froid,
41:47néanmoins,
41:48nous,
41:49on a réagi,
41:50quand même,
41:50on a réagi,
41:51on a réagi,
41:52en fait,
41:52on avait déjà un peu réagi
41:54un peu avant le début
41:55de la crise du Moyen-Orient,
41:56on a continué,
41:57et on a fait un peu
41:58ce que vous avez dit,
41:59à savoir,
41:59mais,
42:00sauf qu'on n'arrive pas
42:00au moins au point d'arrivée,
42:01on était assez positifs
42:02sur les émergents,
42:03et donc,
42:03nous,
42:03on a pris profit.
42:04D'accord.
42:05Voilà.
42:06Moi,
42:06je trouve quand même
42:06que c'est un environnement
42:07qui est assez incertain.
42:09Il y a l'histoire
42:10du prix du pétrole,
42:11avec les économies
42:12que vous avez mentionnées
42:12qui sont dépendantes
42:13du prix du pétrole,
42:14bien sûr,
42:14mais il y a aussi
42:15les risques de hausse de taux
42:16et le risque d'un dollar
42:18un peu plus fort.
42:18C'est un environnement
42:19dans lequel il n'est plus
42:20quand même compliqué
42:21d'avoir des paris forts,
42:22surtout ces performances
42:24qui étaient gigantesques.
42:25Donc,
42:25nous,
42:25on avait réduit un peu
42:26Taïwan,
42:26Corée,
42:27on a pris profit,
42:28c'est grosso modo,
42:30quand même,
42:30pour l'instant,
42:30une respiration,
42:31et on attend.
42:33Je crois que,
42:33voilà,
42:34ça,
42:34c'est la sagesse
42:34sur les émergents,
42:41producteurs,
42:41là,
42:41en l'occurrence.
42:42Voilà,
42:42donc,
42:43prudents sur les émergents.
42:45Par rapport à la location régionale,
42:47je regrette,
42:48mais en effet,
42:49c'est une situation
42:50dans laquelle
42:51on est moins à l'aise
42:52sur l'Europe,
42:52en relatif.
42:54Voilà,
42:55donc,
42:55là,
42:56sur le plan régional,
42:58on est plutôt prudents
43:00sur l'Europe.
43:01Et sur le plan obligataire,
43:03on était,
43:04là,
43:04pour le coup,
43:05on a été quand même surpris
43:06par cette remontée de taux,
43:08donc je rejoins
43:08ce que vous dites,
43:09ça paraît farfelu,
43:10mais bon,
43:11la Banque Centrale Européenne,
43:12elle peut tout faire,
43:13elle nous l'a montré.
43:14Donc,
43:15on a été,
43:15là,
43:16un peu surpris,
43:17donc à ces niveaux-là,
43:18oui,
43:19on essaye un petit peu
43:19de regarder.
43:20Peut-être ce qui est important,
43:21c'est de regarder
43:21le niveau de taux absolu.
43:22Et le niveau de taux absolu,
43:24si je regarde
43:24Investment Grade
43:26plus taux,
43:27on a,
43:28je crois,
43:28du 4-5 ans,
43:30on prend une société
43:31de bonne qualité,
43:33on a du 3-40,
43:343-35-3-40.
43:36C'est pas assez.
43:36Non,
43:37c'est pas délirant.
43:37C'est pas délirant.
43:39Les assureurs,
43:39ils sont prêts à venir,
43:40mais il faut,
43:41allez,
43:41au moins du 3-5,
43:42entre 3-5 et 4.
43:44Donc,
43:44on n'est pas sur des niveaux
43:45qui sont rock'n'roll encore,
43:46qui nous disent,
43:47allez,
43:47on y va.
43:48C'est pas le screaming buy,
43:49là encore.
43:49Donc,
43:49en fait,
43:50c'est ça.
43:50C'est-à-dire qu'en effet,
43:52il y a eu un nettoyage
43:52de ce qui avait super bien performé,
43:54et donc,
43:55voilà,
43:55on peut faire,
43:57on peut ajuster,
43:58et on doit faire plutôt
43:59des mesures de risk management.
44:01Par contre,
44:01il n'y a pas des choses
44:02qui se sont dégommées
44:03et dont la valorisation
44:04est super attractive.
44:06Et on se dit,
44:06il faut y aller à fond.
44:07C'est pas 2020,
44:09le Covid,
44:10où là,
44:10il y a un moment,
44:11des valos
44:11qui appellent quand même
44:13des actions
44:13et des réactions.
44:14Pas du tout.
44:15Et par contre,
44:15le point surtout
44:16qui est important
44:16dans cette construction
44:17de portefeuille,
44:18c'est qu'on voit
44:19qu'il n'y a pas beaucoup
44:20de bon wedge.
44:21Et ça,
44:21c'est quand même un problème.
44:23Donc,
44:23à part le pétrole,
44:24même l'or n'a pas beaucoup agi,
44:26même elle a baissé
44:26dans un premier temps.
44:28Nathalie,
44:29que disent les stratégistes
44:30chez vous ?
44:30Alors,
44:31les stratégistes,
44:32prise de bénéfice également,
44:35puisqu'on était assez
44:35surexposés actions
44:36en début d'année,
44:37enfin,
44:38bonne partie de 2025
44:39et en début d'année.
44:41Donc,
44:41prise de profit tactique.
44:43L'idée,
44:43c'est que,
44:45encore une fois,
44:46s'il n'y a pas
44:46de bouleversement,
44:47alors ils ne vont pas écouter
44:48juste les économistes,
44:49je vous rassure,
44:50ils vont prendre en compte
44:50d'autres facteurs.
44:52S'il n'y a pas de bouleversement,
44:53l'idée,
44:53c'est de pouvoir revenir
44:54exploser sur les marchés.
44:57Bon,
44:57on suivra ça évidemment
44:59avec attention
45:00et dans cette émission,
45:01chaque jour,
45:02avec vous et les autres intervenants.
45:04Merci à vous trois
45:04d'avoir été invités
45:05de Planète Marché ce soir.
45:06Nathalie Benatia,
45:07BNP Paribas Asset Management,
45:09Nicolas Brault,
45:10Autingre,
45:10Banque privée
45:11et Nicolas Forrest,
45:12Candriam.
45:23Le dernier quart d'heure
45:24de Smart Bourse,
45:25comme chaque soir,
45:25c'est le quart d'heure thématique.
45:26Le thème ce soir,
45:27c'est celui de la dette émergente.
45:29Nous parlons de cette classe d'actifs
45:31avec les spécialistes
45:31d'Ivo Capital Partners
45:33et son co-fondateur,
45:34Michael Israël,
45:35qui est à mes côtés en plateau.
45:36Michael,
45:36bonsoir.
45:37Bonsoir.
45:37C'est spécialiste
45:38de la dette émergente
45:40en devise dure,
45:41comme on dit,
45:42Michael.
45:43Première question,
45:44comment se comporte
45:44cette classe d'actifs,
45:45alors qu'il fait partie
45:46quand même des univers
45:47d'actifs risqués
45:48dans le grand océan
45:51des marchés
45:52et des classes d'actifs.
45:53Comment se comporte
45:53cette classe d'actifs
45:54depuis le 28 février dernier
45:56et le déclenchement
45:57de la guerre d'Iran ?
45:58Alors d'abord,
45:59plutôt bien.
45:59Et en plus,
46:00je dirais que ça fait partie,
46:01en plus,
46:02on a dans notre univers
46:03d'investissement
46:04le middle list.
46:05Donc, on est vraiment
46:05dans le cœur du sujet.
46:06Totalement.
46:07Ça représente à peu près
46:0810% de l'indice.
46:09Donc, c'est pas rien du tout.
46:10Mais il se trouve
46:11que les marchés résistent bien.
46:13Je pense que, bon,
46:13de manière générale,
46:14ils résistent bien.
46:15Et particulièrement,
46:17le high yield émergent,
46:18corporate,
46:19résiste vraiment très bien.
46:21Il y a une baisse de 0,8 seulement
46:22sur l'indice.
46:22C'est vraiment pas grand-chose.
46:24Même pas...
46:25C'est vraiment négligeable.
46:26Et je crois que,
46:27tout simplement aussi,
46:28parce que jusqu'à maintenant,
46:29et aussi la manière
46:30dont on est rentré
46:31dans cette crise,
46:31c'est avec une configuration
46:32assez défensive.
46:34Pas que nous,
46:35je dirais l'indice même,
46:36il n'y a pas beaucoup de durations
46:37dans cet indice.
46:39Il y a un niveau de carré
46:40qui est assez élevé.
46:41Donc, ça absorbe assez bien
46:42et assez facilement
46:43les chocs de volatilité.
46:45Et après, pour le moment,
46:46il y a eu des choses
46:46un peu localisées.
46:48Mais rien,
46:49c'est pas un choc
46:50de crédit global.
46:51Et ce qu'il y a,
46:52comme toujours dans les émergents,
46:53et pas...
46:53En revanche,
46:54ça, c'est plutôt
46:54le point intéressant.
46:56C'est qu'il y a toujours
46:57des gagnants et des perdants.
46:58Et comme c'est un bloc
46:58hétérojède,
46:59on peut s'amuser
47:00à commencer à...
47:02Il y a un peu de dispersion
47:06en plus,
47:07quand le pétrole
47:07est au cœur du jeu,
47:09il y a toujours
47:10l'histoire du transfert
47:12de richesse
47:12entre les pays producteurs
47:14ou les pays consommateurs,
47:15en l'occurrence,
47:16vers des pays producteurs
47:17aujourd'hui.
47:18Des pays producteurs,
47:19on en trouve au Moyen-Orient,
47:20mais ils ont du mal
47:21à vendre leur pétrole
47:22dans le contexte actuel.
47:24On en trouve aussi
47:25en Amérique latine,
47:26c'est ça, Michael ?
47:27Exactement, oui.
47:28En Afrique.
47:28En Afrique.
47:29Il y en a en Asie,
47:30mais c'est moins
47:30un terrain de jeu pour nous.
47:31C'est vrai qu'entre
47:32l'Amérique latine et l'Asie...
47:34Et il y a une différence
47:34qui s'est créée justement
47:35avec cette ligne de fractures
47:37consommateurs, producteurs ?
47:38Oui, alors d'abord,
47:39il y a une différence
47:39sur les pays
47:40qui sont importateurs de pétrole.
47:41On a vu clairement...
47:43Là, ça fait partie
47:43des pays où il y a
47:44une petite baisse.
47:45Ce qu'il y a,
47:45c'est qu'il n'y a pas
47:45encore des grandes baisses.
47:46Mais si on prend par exemple
47:47l'exemple de la Turquie,
47:48qui est un pays
47:49qui a une vraie sensibilité
47:50au prix du baril,
47:51on a vu quand même
47:52une baisse des prix
47:53sur les actifs,
47:55enfin sur les obliques
47:55d'entreprises turques.
47:57Si je prends l'exemple
47:58aussi de l'Europe émergente,
47:59c'est intéressant.
47:59C'est aussi une zone
48:00qui dépend pas mal
48:02du prix du gaz.
48:02Donc, on a eu aussi
48:04une baisse des prix.
48:06Alors après,
48:06il n'y a pas que les baisses
48:07de prix pour se rendre compte
48:08qu'il y a une opportunité
48:09ou pas.
48:09Parce que parfois,
48:10si on prend l'exemple
48:11d'un secteur pétrolier
48:12en Amérique latine,
48:14eux, ça devrait être
48:15les grands gagnants.
48:17Puisque justement,
48:18eux, ils peuvent exporter
48:20et ils profitent
48:21d'un prix du baril
48:22qui est plus élevé.
48:22Et ils vont aussi profiter
48:24d'une demande en volume
48:25parce que n'oublions pas
48:26qu'avant cette crise,
48:27on était dans un marché
48:28qui était excédentaire.
48:30Donc là,
48:31on se retrouve
48:32dans une situation inversée.
48:33Donc, il va falloir aussi
48:35augmenter les volumes
48:35pour ceux qui peuvent opérer.
48:38Et donc là,
48:38il y a des vrais grands gagnants.
48:39Alors, on n'a pas forcément eu...
48:41Augmenter les volumes,
48:42ça veut dire aussi
48:42pouvoir stocker, par exemple.
48:44Avoir encore des capacités
48:45de stockage
48:46pour stocker les volumes supplémentaires.
48:47Mais là où c'est intéressant,
48:48c'est qu'il y a parfois
48:49des opportunités qui sont...
48:52Elles n'apparaissent pas
48:53très claires comme ça.
48:54C'est-à-dire qu'on voit
48:54les prix qui ne sont pas appréciés.
48:56Mais on a quand même
48:57le profil de crédit
48:58de la boîte
48:58qui a considérablement changé.
49:00Parce que là,
49:00elle évolue d'un coup
49:01dans un environnement
49:02avec un prix très élevé.
49:03Pas de problème
49:04de restriction sur ses volumes.
49:05Et donc,
49:06elle va pouvoir avoir
49:07une génération de free cash flow
49:08qui va être bien meilleure.
49:09Donc, un prix qui ne bouge pas,
49:10mais une situation
49:11qui s'améliore,
49:12c'est une opportunité aussi.
49:14Oui, j'entends.
49:14Sur l'Amérique latine,
49:15qui est votre zone
49:16de prédilection,
49:17alors parmi les grands pays producteurs,
49:18on pense bien sûr au Brésil,
49:20pays central majeur.
49:22Vous avez travaillé
49:24chez IVEO
49:25sur ce qu'on appelle
49:26la doctrine d'Honro aujourd'hui,
49:28ou la version trumpienne
49:29de la doctrine Monroe.
49:31L'idée que les États-Unis,
49:33alors en l'occurrence,
49:34l'actualité montre
49:36qu'il n'y a pas que les Amériques
49:37qui intéressent Donald Trump,
49:38il y a aussi ce qui se passe
49:39encore ailleurs dans le monde.
49:41Mais c'est quand même
49:41l'idée de se recentrer
49:43en matière de politique étrangère
49:45sur les Amériques,
49:46alors du Groenland peut-être
49:47jusqu'au sud
49:49de l'Amérique latine.
49:51Qu'est-ce que vous comprenez
49:52de cette approche américaine
49:55et quelle implication ça a
49:58pour des investisseurs
49:59comme vous spécialisés
50:00dans la dette émergente,
50:02le crédit émergente
50:03de ces entreprises
50:03appartenant à cette zone ?
50:05Alors, moi j'aime bien
50:06d'ailleurs le mot
50:07la doctrine d'Honro
50:08parce qu'en fait,
50:09il y a un autre mot
50:10qui passe vachement,
50:11pardon pour dire vachement,
50:12mais beaucoup mieux
50:14et dont on parle
50:15depuis quelques années
50:15qui s'appelle la souveraineté.
50:16C'est un joli thème.
50:18Mais à la fin,
50:19l'addenro,
50:20c'est un peu la même chose
50:20en extension,
50:21mais comme c'est autour de Trump,
50:23etc.,
50:25c'est interprété
50:26un peu différemment.
50:27À la fin de l'histoire,
50:28qu'est-ce que c'est le sujet ?
50:29Le sujet,
50:30c'est que l'économie mondiale
50:32et les participants
50:33à l'économie mondiale
50:33ont compris
50:34qu'il fallait avoir
50:35une certaine souveraineté,
50:36un certain contrôle
50:38sur ces approvisionnements,
50:40qu'ils soient en matière première
50:42ou sur d'autres sujets stratégiques.
50:44Donc effectivement,
50:46Trump,
50:48lui,
50:48on sait très bien
50:49qu'il ne se cache pas,
50:50il est allé pleinement
50:52dans ce sujet de souveraineté
50:53en essayant
50:54de reprendre du contrôle
50:56et reprendre du levier
50:58sur les sujets
51:00qui peuvent menacer
51:00les États-Unis
51:01à moyen, long terme,
51:03que ce soit
51:04sur la monnaie de réserve
51:06qu'est le dollar
51:07et que ce soit
51:08sur l'accès
51:10aux matières premières
51:11pour les États-Unis,
51:12mais aussi
51:13pour avoir
51:13un certain contrôle
51:14pour l'accès
51:15des matières premières
51:16d'autres pays
51:16et vous savez
51:17qui cible
51:18sur ce sujet
51:19pour avoir toujours
51:20ce levier.
51:21Donc,
51:22c'est un sujet
51:23qui est intéressant
51:24dans un sens
51:25parce que ça remet
51:26les matières premières
51:26au centre
51:27du jeu.
51:28Les ressources.
51:29Exactement.
51:29Avec une dimension stratégique
51:31et on sait très bien
51:31que les émergents
51:32sont la région du monde
51:35où on va retrouver
51:35le plus de matières premières.
51:37Donc, je dirais
51:37que pour nous,
51:37quand même,
51:38c'est loin d'être
51:39une dimension négative.
51:41Ensuite,
51:42pour l'Amérique...
51:43ça amène
51:44de la visibilité
51:44et de la sécurité
51:45dans des pays
51:47qui pouvaient en manquer.
51:48Pour l'investisseur,
51:49j'entends.
51:49Exactement.
51:50C'est-à-dire que
51:50la dimension stratégique,
51:53la valeur stratégique
51:55des ressources naturelles
51:56a repris le dessus
51:57très clairement
52:00depuis l'arrivée de Trump.
52:02On a vu
52:03qu'il a essayé
52:03avec les droits de douane
52:05et il a compris
52:06que ce n'était pas suffisant
52:07d'avoir des droits de douane,
52:08d'avoir la plus grande économie
52:09de consommateurs au monde.
52:10Ce n'est pas suffisant
52:12pour avoir un levier
52:13sur les autres
52:14si fort que ça.
52:16Donc,
52:17et il a compris aussi
52:18que l'accès aux matières premières,
52:20on lui a répondu avec ça.
52:23Donc,
52:23tout ça est assez clair.
52:25Donc,
52:25pour les économies
52:27des pays émergents
52:27et pour nos investissements,
52:29c'est quand même intéressant
52:30de savoir
52:30qu'il y a une clarté,
52:32comme vous dites aujourd'hui,
52:33sur l'importance
52:34et la valeur
52:34de ces matières premières.
52:36Et en plus de ça,
52:38pour l'Amérique latine,
52:39c'est vraiment un continent
52:39sur lequel,
52:40là pour le coup,
52:41on a des richesses
52:42très très importantes.
52:44Et il y a cet historique,
52:45tout simplement,
52:46entre les États-Unis
52:46et l'Amérique latine.
52:48Et ce qui va se passer,
52:49ce n'est pas quelque chose
52:49d'uniforme,
52:50mais ce qui est en train
52:51de se passer
52:52ou ce qui va se passer,
52:53c'est tout simplement
52:54qu'avec l'appui
52:57des États-Unis,
52:58certains pays
52:58vont avoir probablement,
53:00comme on l'a vu
53:00pour l'Argentine,
53:03être amis des États-Unis
53:04à Servi.
53:06c'est un petit peu
53:07ce jeu qui va se mettre
53:08en place.
53:08Donc,
53:08ce n'est pas venir
53:09contrôler les actifs
53:11de ces pays-là,
53:12mais c'est avoir
53:13une influence
53:14sur ces actifs-là
53:15et ce n'est pas négatif
53:16pour nous
53:16en tant qu'investisseurs.
53:18On a vu,
53:19le secrétaire au Trésor
53:20américain,
53:21Scott Besant,
53:23a soutenu
53:24le régime de Milley
53:26à travers des pare-feux
53:28financiers,
53:29effectivement,
53:30pour protéger l'Argentine
53:31de la spéculation éventuelle
53:33contre sa devise.
53:34Exactement.
53:36Alors,
53:36comment on gère
53:38tactiquement
53:39ou stratégiquement
53:40le moment actuel ?
53:43Mickaël,
53:44sachant qu'on parle
53:44avec vous des émergents,
53:46mais ce qui reste,
53:47le juge de paix
53:48ou en tout cas
53:48le taux de référence mondial,
53:50c'est le 10 ans américain,
53:51ou en tout cas,
53:52c'est la courbe en dollars,
53:53comme vous dites,
53:53vous opérez en devise dure
53:54sur cette dette
53:56des entreprises émergentes,
53:57Mickaël.
53:58Comment vous regardez
53:58les mouvements de la courbe ?
54:00Alors,
54:01petit phénomène
54:01d'aplatissement
54:02avec en absolu
54:04quand même
54:04des taux qui remontent
54:06un peu
54:06tout au long de la courbe,
54:07avec un 10 ans
54:08à 4,25
54:09peut-être au moment
54:10où on se parle.
54:11Est-ce que c'est
54:12des niveaux appropriés
54:13qui reflètent
54:14les tensions du moment ?
54:15Est-ce qu'il y a matière
54:17et voire des opportunités
54:18par translation
54:19évidemment
54:19pour des marchés émergents ?
54:22Alors,
54:22d'abord,
54:22quand les taux remontent,
54:23donc on a eu,
54:24nous,
54:24on est plutôt sur la zone,
54:25on va dire,
54:25sur les durations
54:26sur lesquelles on travaille,
54:27c'est plutôt le 5 ans américain
54:28qui va nous intéresser.
54:29D'accord.
54:29On a eu quoi
54:30comme repricing ?
54:31À peu près 30 BP,
54:33mais c'est vrai
54:33que c'est 30 BP
54:34qui venaient
54:35après un fort rallye
54:36du début d'année.
54:38Chaque fois qu'il y a
54:39une remontée des taux
54:40comme ça sur les Etats-Unis,
54:41pour nous,
54:42il y a deux aspects.
54:42Il y a d'abord,
54:43est-ce qu'on est impacté
54:44au niveau des prix ?
54:45Pas tellement
54:45parce qu'on a cette chance
54:46que je précisais
54:47au début de la conversation,
54:48on n'a pas beaucoup
54:49de durations,
54:49donc on n'a pas
54:50une très forte sensibilité
54:51aux taux.
54:52En revanche,
54:52ça nous donne
54:53des opportunités
54:53d'améliorer
54:54notre niveau de carry
54:55du portefeuille.
54:57Donc là,
54:57on a eu
54:58un petit écartement
54:59des spreads
55:00plus un petit repricing
55:02des taux.
55:02L'addition des deux
55:03nous permet d'avoir
55:04un carry qui est
55:04un petit peu meilleur
55:05et qui s'améliore.
55:06Donc nous,
55:07évidemment,
55:07à chaque fois,
55:08graduellement,
55:08pas du tout
55:09de manière dogmatique,
55:10on va essayer
55:11d'aller profiter
55:11de chacun de ces moments
55:13où on peut saisir
55:14des opportunités
55:15sur des risques
55:18volatilité et rendement
55:20qui nous paraissent
55:21intéressants.
55:22Donc on va augmenter
55:23sur certains dossiers
55:24un petit peu la duration.
55:25Je vous ai dit tout à l'heure,
55:26l'avantage des émergents,
55:27c'est que c'est très hétérogène
55:29et il y a de tout.
55:30Et donc l'avantage,
55:31c'est qu'il va y avoir
55:31des choses qui ont été
55:32un peu impactées,
55:34d'autres beaucoup plus
55:35et d'autres pas du tout.
55:37Et là, déjà,
55:38on a commencé
55:38à avoir des opportunités.
55:40On a le secteur
55:41de l'aérien,
55:44on a vu
55:45quelques baisses de prix
55:46et donc un rendement
55:47un peu plus important
55:48sur certains noms
55:51du secteur pétrolier.
55:52Donc on va pouvoir
55:53faire notre picking
55:54et je dirais
55:55que la grande différence,
55:57c'est marrant
55:57parce qu'hier,
55:58j'étais à une conférence
55:59et on a parlé de ça,
56:00il y avait le sujet
56:01des souverains
56:01et le sujet des corporates.
56:04Et ce qui est vraiment intéressant
56:06quand il y a des petites crises,
56:07on verra si celle-ci,
56:08elle va plus loin,
56:10mais quand il y a des crises,
56:11en fait,
56:12on peut vraiment,
56:12par la granularité
56:13du corporate,
56:15on peut vraiment aller chercher
56:16le bénéficiaire
56:17sans prendre le problème.
56:18Je vous explique.
56:19si je fais une analogie
56:20avec un pays
56:21sur le souverain,
56:22ça reste un souverain.
56:23Imaginez que ce soit
56:24un pays producteur de pétrole,
56:26on va dire que c'est un gagnant.
56:27Mais c'est un gagnant,
56:28on peut l'acheter,
56:29mais vous achetez aussi
56:31les problèmes du pays.
56:32Il y en a d'autres,
56:32il n'a pas que le pétrole.
56:34Alors que là,
56:34on peut vraiment se focaliser,
56:36aller chercher une société
56:37qui est dans le segment
56:38dont on sait
56:39qu'il va y avoir un bénéfice
56:41et très finement,
56:42aller se positionner.
56:43On n'est pas obligé
56:44de prendre quelque chose
56:44qui est une globalité.
56:45Tout avec.
56:46Exactement.
56:47Et donc là,
56:47c'est vraiment le moment
56:48dans lequel on est.
56:49C'est qu'on peut vraiment
56:50aller faire de manière
56:51assez fine notre marché
56:52sur les noms qui nous intéressent,
56:54qui ont bougé,
56:55de manière justifiée,
56:57moins justifiée, etc.
56:58Bon, un moment de sélection,
57:00effectivement,
57:00d'opportunité dans cet univers
57:02de la dette émergente
57:03en devise dure.
57:04Merci beaucoup, Mickaël.
57:05Merci d'être venu nous éclairer
57:06sur la classe d'actifs
57:07dans ce moment de crise
57:09et de crise iranienne.
57:11En l'occurrence,
57:12Mickaël Israël,
57:13cofondateur d'Ivio Capital Partners,
57:14était l'invité de ce dernier
57:15quart d'heure de Smart Bourse
57:16ce soir.
57:22Sous-titrage Société Radio-Canada
57:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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