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Mardi 27 janvier 2026, retrouvez Gabriel Karaboulad (Directeur adjoint des investissements, Neuflize OBC), Nathalie Benatia (Macroéconomiste, BNP Paribas Asset Management) et Léa Dauphas (Chef économiste, TAC Economics) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:10Trois invités avec nous chaque soir
00:11pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Gabriel Caraboulade est à nos côtés, le directeur adjoint
00:16des investissements de Neuflis OBC.
00:17Bonsoir Gabriel. Bonsoir Gégoire. Nathalie Benatia
00:20nous accompagne, macroéconomiste chez
00:21BNP Paribas, asset management. Bonsoir Nathalie.
00:24Bonsoir Gégoire. Et Léa Dauface est
00:25également à nos côtés, chef économiste de TAC
00:27Economics. Bonsoir Léa. Bonsoir Gégoire.
00:29Léa, que dire de ce
00:31début d'année et est-ce que
00:33l'idée de la résilience macro reste
00:35une idée directrice pour
00:372026 ? On a le sentiment
00:39quand même que face au degré
00:41d'incertitude géopolitique,
00:44institutionnelle, commerciale
00:45qu'un Donald Trump peut injecter
00:47dans le système monde,
00:49face à cela il y a quand même des éléments qui compensent
00:51et notamment peut-être une croissance qui
00:53change de nature, guidée par
00:55les investissements. Est-ce que c'est ça qui explique
00:57la résilience macro et la résilience
00:59des marchés aussi derrière ?
01:01Je pense qu'en fait les idées de 2026
01:03c'est qu'est-ce qu'on tire des leçons de l'année
01:05passée ? Et en réalité ce qu'on se rend compte
01:07dans les anticipations de l'année passée, on a eu
01:09vraiment ce gros creux en avril où tout le monde a
01:11revu à la baisse, mais quand on se positionne fin 2025
01:13par rapport à début 2025, le scénario
01:15est inchangé malgré toutes les péripéties
01:17qu'on a connues autour de cette année.
01:19Péripéties, je limite mes termes.
01:21Et donc l'idée c'est de se dire, en gros il y a deux voies dans le scénario
01:27et c'est un peu ce qu'on voit aujourd'hui dans le consensus, c'est soit on n'a pas
01:29vu les effets de 2025 et ils arrivent sur le scénario de 2026, ou celui de se dire
01:34maintenant en réalité c'est une new normal.
01:36Moi je suis plutôt dans cette séquence-là, de dire en réalité c'est à la fois de la
01:40coercition, du rapport de force qui fonctionne, c'est doublé effectivement avec cet effet
01:46investissement, IA, productivité, on a une inertie budgétaire qui est latente et même
01:51des expansions budgétaires dans la plupart des économies, et en réalité tout ça
01:55malgré les éléments de conjoncture, malgré le cycle, c'est un peu des éléments
01:57d'ancrage, et donc dans certaines incertitudes, résilions avec de l'ancrage, raisonnons
02:01avec de l'ancrage, donc c'est une inertie budgétaire, c'est des contraintes effectivement
02:07de croissance, mais en réalité la productivité va compenser les effets négatifs, alors c'est
02:11effectivement plus vrai aux Etats-Unis que ça peut ne l'être en Europe, on a des
02:15banques centrales qui sont quasiment au plancher, et donc en gros tout ça se maintient,
02:19et c'est-à-dire que malgré de la volatilité, malgré des événements qui vont continuer à
02:23se matérialiser, c'est bien ce que nous a montré Trump en ce début d'année, en réalité
02:27tout ça fait qu'on est dans une sorte de scénario « new normal » dans lequel même
02:30ces éléments de crainte en réalité sont un peu compensés par des facteurs non cycliques
02:36qui permettent d'entretenir une croissance et d'avoir une croissance au final très bonne
02:39cette année malgré cet environnement d'instabilité.
02:41C'est quoi la stabilité de cet équilibre en l'occurrence, à terme ?
02:45Alors en fait la vraie question c'est jusqu'à quand ça fonctionne, et donc il faut réfléchir
02:49en canaux de transmission, et on voit bien qu'aujourd'hui les canaux de transmission
02:52c'est les questions de confiance, c'est nécessairement cette question de bulia et d'investissement
02:56et de productivité, et puis c'est cette question, au final cette question de crédibilité,
03:02crise institutionnelle ou autre, ça c'est typiquement les questions de prime de terme,
03:05de marché obligataire.
03:06Le changement de régime c'est un changement macro, c'est plutôt les contraintes cycliques
03:12qui vont relever le scénario, mais en réalité des facteurs de fond qui sont là pour rester,
03:16mais dans ces points d'ancrage, il y a aussi ces questions crédibilité institutionnelle,
03:20inertie budgétaire, c'est des primes de terme qui augmentent, c'est un coût du capital
03:24qui est structurellement plus élevé, et c'est aussi un régime de taux longs qui change.
03:28Et c'est un peu ça pour nous les prochains trimestres, voire même les prochaines années
03:31en réalité, si je m'étends, c'est des croissances au-dessus du potentiel pour la plupart des économies
03:36en zone euro, on aurait 1,4% cette année, les Etats-Unis 2,5%, mais c'est quand même
03:41des croissances au-dessus du potentiel pour la zone euro.
03:44Une inflation qui est stabilisée, alors avec un risque, elle devient haussière,
03:47et puis les taux d'intérêt qui aussi changent de régime, et c'est un peu les points d'ancrage
03:51et cette instabilité en réalité, si on se positionne tous par rapport à où on était
03:56en début d'année dernière, en réalité on l'a acté maintenant.
03:59On sait que ça devient en réalité plus, l'instabilité devient visible, ça devient
04:04un élément clé du scénario et on fait avec.
04:06Mais ça veut dire qu'on arrive quand même au bout du processus de découverte du prix
04:11de ce new normal, comme vous dites, on a voulu pricer la rupture à Liberation Day,
04:16et en fait on s'est aperçu, comme vous le dites très bien Léa, que c'était pas une rupture
04:20qui nous attendait, mais que c'était un changement, une transition vers un autre régime,
04:26alors on appelle ça le new order, le nouvel ordre mondial, etc.
04:29Bref, chacun met la terminologie qui veut là-dessus, mais que c'était plus un processus
04:33continu en fait de transition vers un nouveau schéma, un nouvel environnement.
04:39En fait c'est effectivement le new order géopolitique, on met de ton côté pour le discuter.
04:44Vous parlez des marchés macro, des marchés obligataires, on a réussi à mettre le bon prix
04:48sur ce nouvel environnement, ou on est encore en découverte de ça ?
04:51Non, je pense qu'aujourd'hui les marchés n'ont pas encore, et on le voit bien,
04:54le point clé c'est le pricing de la Fed aujourd'hui.
04:56Le marché a un pricing de Fed, une baisse en juin, une baisse en décembre.
05:00La baisse de juin c'est dire, on laisse passer le changement de Powell,
05:03on voit ce qui se passe, on actualise les taux, on va chercher un taux neutre en fin d'année.
05:09En réalité si on ne se trompe pas sur le scénario et si on a un boost de croissance,
05:12la Fed devrait monter les taux.
05:14Et on voit bien qu'aujourd'hui on est dans cette position...
05:15Difficile de dire qu'elle est restrictive encore aujourd'hui.
05:18En tout cas avec un scénario de reprise de la productivité,
05:21oui la Fed aurait limite intérêt à aller chercher un scénario aussi en fin d'année.
05:25Et donc on voit bien que ce marché en tout cas a du mal encore à pricer ce changement de régime,
05:29qu'on n'y est pas encore.
05:31Mais petit à petit c'est des choses qui te font,
05:33mais encore une fois c'est les points d'ancrage,
05:34les primes de termes plus élevées, les taux d'intérêt qui augmentent.
05:38Malheureusement je suis économiste, on va dire le cycle à Macron s'en fiche.
05:41En réalité cette productivité drive le cycle aujourd'hui.
05:44et absorbe ces chocs.
05:46Gabriel, qu'est-ce que ça implique là d'un point d'une marché ?
05:48Vous achetez l'idée d'un new normal, d'un nouveau régime de marché,
05:51et dans ce nouveau régime, qu'est-ce qui change concrètement ?
05:55Léa nous dit que les points d'ancrage ne sont plus les mêmes.
05:58Je crois qu'on l'a vu encore avec ce début d'année.
06:01La semaine dernière a vu beaucoup de volatilité sur des devises clés,
06:05comme le Yen, comme les taux longs également,
06:08qu'ils soient japonais ou autres d'ailleurs.
06:10On achète cette nouvelle normale avec deux bémols sur lesquels on va être très attentif.
06:16D'une part c'est le consommateur américain qui montre certains signes de faiblesse.
06:20Et qui reste important quand même dans ce nouvel environnement,
06:23ce nouvel ordre qu'on essaye de décrire.
06:25C'est très important, et quand on voit, alors Scott Besen disait que c'était un spillover
06:30de ce qui s'est passé au Japon sur les taux longs américains.
06:34C'est la journée du 20 janvier, c'est ça ?
06:35En pratique, on ne peut pas uniquement mettre cette hausse des taux longs américains
06:40sur le dos des Japonais, c'est également une défiance vis-à-vis de ce qui peut se passer
06:44du côté de la réserve fédérale, donc attention sur ce point-là.
06:48Du côté de l'Europe, je rejoins ce qu'a dit Léa sur cette nouvelle normalité
06:55et sur le fait qu'on n'aurait pas forcément un clash par rapport à tout ce qui s'est passé
07:00notamment sur le Groenland.
07:02La limite, ça va être, je vais reprendre les mots du ministre de l'économie belge
07:06qui disait qu'il y a une différence entre la vassalité heureuse,
07:10ce qui était précédemment le cas, et la soumission humiliante.
07:13Et donc, on voit que tant qu'on reste du domaine de la vassalité heureuse,
07:19les choses se passent plutôt bien, et c'est plutôt notre projection,
07:21c'est qu'on reste dans ce domaine-là, et à l'inverse, si Trump va dans les excès,
07:27à l'image de ce qui s'est passé sur le Groenland, là on peut avoir une escalade
07:32et un clash, puisque ça a plutôt bien réussi aux Européens sur la séquence
07:36de ces dernières semaines et de Davos, donc attention aussi de ce côté-là.
07:40Ça veut dire quand même, oui, en un an, le logiciel européen a quand même sacrément changé.
07:45Moi, je me souviens des discours portés, y compris par Christine Lagarde elle-même,
07:49au moment de l'offensive tarifaire de Donald Trump l'an dernier.
07:54Le discours officiel était de dire, attention, les Européens n'ont aucun intérêt
07:59à s'engager dans une surenchère, le tit for tat, l'escalade permanente,
08:03sur le plan des tarifs, et encore une fois, même Christine Lagarde,
08:06sortant peut-être un petit peu d'ailleurs de son rôle, avait tenu ses propos
08:11en pleine page du Financial Times.
08:14L'ambiance a quand même changé, donc du coup, vous dites, Gabriel.
08:16L'ambiance a changé, on a des gardiens du Temple, on pense à Ruth,
08:20l'ancien Premier ministre néerlandais qui est aujourd'hui directeur de l'OTAN,
08:24et donc qui continue dans cette tendance d'appeler Donald Trump « daddy »
08:29ou de rester extrêmement atlantiste dans son approche.
08:33C'est quelque chose que les Européens centraux et l'Europe de l'Est a plutôt envie de suivre.
08:38Ils ne le suivront pas jusqu'à l'humiliation.
08:40Donc si les Américains, et c'est plutôt notre anticipation,
08:43arrivent à garder un point d'équilibre, les choses peuvent rester comme elles sont,
08:47avec plutôt de bonnes surprises d'un point de vue économique,
08:49et pas d'escalade d'un point de vue géopolitique.
08:50Donc plutôt positif, c'est notre prévision au moins pour 2026.
08:55À plus long terme, il faudra voir également qui sera nominé à la tête de la Fed,
09:00et si justement la politique monétaire américaine restera du domaine du raisonnable,
09:04ou pourra aller dans des excès et créer des bulles.
09:06Et ça, effectivement, je reviens à votre premier point,
09:09on ne peut pas mettre tout sur la hausse des taux japonais la semaine dernière.
09:13Le risque américain, ou l'incertitude américaine, y a contribué également à travers,
09:18alors vous parliez de la réserve fédérale américaine,
09:21oui, l'inconnu du nom du futur président,
09:26oui, oui, d'accord, mais ça veut dire qu'il y a une gamme de scénarios ouvertes
09:30en fonction du nom qui sortira, entre guillemets, du chapeau de Trump ?
09:35Sur le nom...
09:37Puisque c'est Rick Rieder, maintenant, qui semble faire la course en tête.
09:41Je ne m'avancerai pas trop, je pense que notre scénario central,
09:46en tout cas avec la réserve fédérale américaine, garde,
09:48une politique plutôt modérée et respectueuse des anticipations de croissance.
09:55Cohérente avec la réalité économique telle qu'on la vit aujourd'hui.
09:59Exactement, mais un nom comme Kevin...
10:03Assett ?
10:04Assett en particulier, pas forcément l'autre Kevin qui est plus raisonnable,
10:08mais Kevin Assett, lui, pourrait amener plus d'incertitudes de ce côté-là,
10:12avec un côté Trump...
10:13Intéressant de voir que, visiblement, il a été écarté,
10:15ou lui-même, en tout cas, décrète qu'il est sans doute un peu hors-jeu.
10:18Mais Tata.
10:20Tata, alors oui, non, il faut que j'explique, mais j'ai expliqué depuis deux, trois jours,
10:23c'est un économiste américain, Ethan Harris, qui a suggéré cet acronyme face au TACO,
10:29c'est le TATA, c'est Trump Always Tries Again.
10:32C'est-à-dire que derrière le TACO, il y a quand même toujours l'idée que Trump revient à la charge en permanence
10:37dès que la moindre faiblesse ou la moindre faille peut apparaître ou réapparaître.
10:42Vos commentaires, bien sûr, Nathalie, et puis encore une fois, comment on intègre cette variable Trump ?
10:49Je mets beaucoup sur Trump, mais il n'y a pas que ça.
10:52Les efforts de relance au Japon, visiblement, bousculent aussi une certaine orthodoxie des marchés.
11:00Il y a plein de phénomènes qui se conjuguent.
11:03Comment on intègre ces variables dans un jeu de prévision économique aujourd'hui ?
11:06Bien que macroéconomiste tendance intégriste, moi je pense qu'il faut de plus en plus s'intéresser à ce que font les entreprises.
11:14Typiquement, quelque chose qu'on a raté l'année dernière, quand on a fait tous baisser nos prévisions de croissance,
11:20c'était la réaction des entreprises.
11:22Et cette réaction des entreprises a eu lieu, d'abord dans l'urgence,
11:25parce qu'il fallait agir, exporter ou importer avant l'entrée en vigueur des droits de douane.
11:33Et puis, tout au long, il y a des recompositions, on déroute le commerce, on va chercher de nouveaux débouchés.
11:39C'est le cas de la Chine, etc.
11:40Donc ça, je pense que c'est vraiment un élément qui a été sous-estimé.
11:44Et un autre élément...
11:45J'ai l'impression qu'on sous-estime chroniquement cette capacité d'adaptation, de résilience des entreprises.
11:53Ce que vous dites de l'an dernier, on pouvait le dire aussi de la crise ukrainienne,
11:58on pouvait le dire encore plus de la crise Covid.
12:00Oui, mais là, on a vraiment eu le nez dedans très rapidement, si j'ose dire.
12:06Et de la même façon, quelque chose qui relève aussi les décisions des entreprises,
12:10c'est l'investissement autour de l'intelligence artificielle.
12:13Et ça aussi, ça a été sous-estimé, ça a beaucoup soutenu la croissance.
12:18Et il n'y a pas de raison d'imaginer que ça ne devrait pas continuer cette année.
12:22Donc il y a vraiment ce point microéconomique, finalement, qui est important à surveiller.
12:28Parce que sur le géopolitique ou sur les décisions de la Maison-Blanche,
12:31c'est difficile d'établir des scénarios, vu que ça change toutes les deux heures à peu près.
12:37Mais quand on parle du changement de nature de la croissance,
12:41on passe d'un monde où la consommation était centrale à un monde où on veut remettre de la production et de l'investissement,
12:46oui, vous dites, là, le rôle macro des entreprises va être clé.
12:50Bien sûr, bien sûr.
12:52Et sur l'IA, puisque c'est le sujet, enfin, les investissements massifs,
12:57on n'est pas encore à imaginer des vulnérabilités ou des fragilités
13:03qui, je ne sais pas, qui obligerait à peut-être réviser le scénario macroéconomique ?
13:09Alors, des fragilités sur l'IA, on a eu des...
13:12C'est en septembre dernier, là, cette étude d'une branche de Harvard
13:16qui a sans doute été un peu mal comprise,
13:18qui disait, en gros, on investit dans l'IA et puis on n'a pas de retour.
13:22Personne n'y gagne.
13:23On investit dans l'IA depuis deux ans, hein, en étant généreux.
13:27Donc, c'est normal qu'il faille un peu de temps.
13:30L'autre question, c'est sur l'emploi.
13:33De la même façon, on n'a pas encore les réponses que disent les entreprises
13:36dans le cadre du Facebook, là, ces informations qualitatives que remontent les feds régionales.
13:42C'est, on investit dans l'IA pour voir.
13:44Là, en ce moment, on n'a pas trop envie d'embaucher parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes.
13:50Donc, on investit dans l'IA et on va voir ce que ça donne.
13:53Donc, on est vraiment dans une phase de découverte, là aussi, exploratoire, absolument.
13:58Tu l'as réservé derrière l'américaine, puisque ça va être quand même le sujet de la semaine.
14:01Pas de décision attendue.
14:04Qu'est-ce qu'il a à nous dire, Jérôme Powell ?
14:07Alors, Jérôme Powell, il va sûrement avoir énormément de questions sur le thème
14:11« Est-ce que vous restez après ? »
14:13D'ailleurs, ça, c'est assez amusant.
14:16Alors, moi, j'ai essayé de...
14:17Est-ce qu'il restera en tant que gouverneur jusqu'en 2020 ?
14:19Voilà, c'est ça.
14:19C'est la vraie question pour Powell.
14:21Alors, moi, j'ai essayé de baptiser ça un petit peu une sorte d'effet strézande,
14:26cette histoire d'enquête criminelle qui a été diligentée contre sa personne.
14:33Pourquoi effet strézande ?
14:34Parce que ça s'est passé sur Internet.
14:36Donc, ce n'est pas tout à fait un effet strézande.
14:38Mais dès le dimanche, il a dit « Voilà, je suis potentiellement sous le coup d'une accusation criminelle. »
14:44Et donc, l'effet, ça a été que tout le monde s'est mis à le soutenir, y compris des élus républicains,
14:49y compris ce sénateur qui siège à la commission bancaire et qui a dit « Moi, tant qu'il y a cette histoire, je ne validerai aucun autre nom. »
15:01Donc, pour l'administration Trump au sens large, parce qu'il paraît que même cette initiative ne viendrait pas directement de l'administration Trump,
15:09on saura peut-être, c'est vraiment très contre-productif.
15:13Et donc, il y a cette question, effectivement, est-ce que Powell va continuer à siéger au board tant que son mandat de membre du board va...
15:21Généralement, ils s'en vont. Dans l'histoire, ils sont tous partis une fois que le mandat de président a été acheté.
15:27Il y a eu une exception. Honnêtement, je serais lui, je ne resterais pas.
15:34Alors, il y a une nouvelle théorie, c'est que...
15:37Oui, je serais lui, je ne resterais pas, j'en sais rien, s'il considère qu'il y a une mission et qu'il y a un service.
15:43C'était d'ailleurs le sujet de sa vidéo de 2 minutes.
15:49Alors, il y a même une nouvelle étape qui a été franchie, c'est que les membres du board pourraient le renommer directeur du FOMC.
15:57Là aussi, impossible. Il ne va pas le dire demain soir.
16:02Ça fait quand même pas mal de temps que...
16:04Parce que c'est ça, on peut avoir un président du FOMC qui soit différent du président de la Fed.
16:08Voilà, oui.
16:10Traditionnellement, le président de la Fed est également président du FOMC.
16:13Ça rendrait quand même le jeu et la lisibilité de la Fed un peu compliqués, quand même, pour dire les choses.
16:18Même si on a l'air sur ça, j'avoue qu'au bout d'un moment...
16:22C'est-à-dire que FedWatcher va redevenir un vrai métier.
16:24Pour le moment, on lit les communiqués et on écoute la conférence de presse.
16:27C'est à peu près ça.
16:29Apparemment, on parlait de FedWatcher parce que c'était des techniques sur le marché monétaire,
16:33donc il fallait vraiment comprendre ce qu'il voulait faire.
16:35Mais fermons cette parenthèse.
16:37Une autre possibilité, s'il décide de rester, c'est qu'il soit une sorte de shadow FedWatcher.
16:45Honnêtement, moi, je ne suis pas du tout dans sa tête.
16:50Je pense que ce serait une position quand même compliquée à tenir.
16:53Après, faisons l'hypothèse qu'il s'en va, comme la plupart des présidents avant lui,
17:02les décisions du FOMC, ça reste des décisions du comité.
17:06Il n'y a pas de voie prépondérante.
17:08Traditionnellement, comme dans toutes les banques centrales...
17:10C'est un consensus.
17:11C'est un consensus.
17:12Le président essaye de trouver un consensus.
17:15La Fed, ça a marché très longtemps.
17:16Mais si on pense à la Banque d'Angleterre, les votes 4-5, 5-4, ça arrive tout le temps.
17:21Et on s'y est à peu près habitué.
17:23Alors, ce n'est pas la même importance d'économie.
17:27Mais on peut imaginer qu'on serait dans cette situation,
17:32avec toujours cette dichotomie, enfin, pas toujours, mais cette dichotomie récente,
17:35entre les présidents de banques régionales, qui sont très préoccupés par l'inflation,
17:40et le comité, le reste du comité, qui est doviche à neutre.
17:44Doviche étant, Myran essentiellement, et vraisemblablement le nouvel arrivant.
17:49Comment est-ce que tout ça va se traduire ?
17:54C'est-à-dire, d'un côté, alors, il y a les pressions politiques.
17:57On décrit beaucoup celles que subit la Fed aujourd'hui.
18:00Mais je crois que les pressions politiques sur les banques centrales,
18:02elles sont quand même partout aujourd'hui.
18:04On pourra peut-être parler du Japon,
18:06mais même la BCE n'y échappe pas, d'une certaine manière.
18:10Entre les pressions politiques et la réalité économique,
18:12comment les arbitrages monétaires vont se faire ?
18:15Sachant qu'on a, d'un côté de l'hémisphère, au Japon,
18:19une banque centrale qui est toujours sur une voie de normalisation graduelle à la hausse.
18:24Côté américain, une Fed qui, légitimement,
18:27pourrait rester sur une voie de normalisation à la baisse.
18:31Et puis, au milieu de ça, une banque centrale européenne
18:34qui, pour l'instant, se sont très à l'aise dans un statu quo
18:36qu'elle pourrait prolonger pendant encore plusieurs mois.
18:40Je ne dis pas que c'est désynchronisé,
18:42mais ce n'est quand même pas tout à fait les mêmes schémas,
18:44ici et là, dans de grandes économies en l'occurrence.
18:46Je pense que c'est le bon terme,
18:47parce qu'en réalité, même si les banques centrales sont proches du combat,
18:51alors Japon mise à part,
18:52en réalité, les mouvements sont très différents.
18:54La Fed, alors est-ce que c'est zéro, une ou deux ?
18:56On a encore deux baisses de taux de la Fed,
18:58mais on voit bien que les pressions peuvent être à la fois orientées à la baisse
19:01ou à la hausse sur le scénario.
19:02À la baisse, effectivement, on a une Fed qui...
19:05Moi, personnellement, je n'y crois pas.
19:06Je pense que, un, les réponses de la Cour suprême au procès de Lisa Cook,
19:10cette posture de Powell,
19:12le fait qu'ils ont quand même validé les membres régionaux,
19:15qui sont des membres tournants, qui sont revenus.
19:17Et encore une fois, si on commence,
19:19il y a un papier très intéressant qui est sorti
19:20sur qu'est-ce qui se passe quand on attaque l'indépendance de la Fed.
19:23Et en réalité, ce qu'on observe,
19:25c'est des mouvements dans lesquels
19:26les anticipations d'inflation décrochent durablement,
19:29dans lesquels les taux courts et les taux longs ne répondent plus,
19:32c'est-à-dire que vous avez beau baisser vos taux courts,
19:33vos taux longs ne répondent plus,
19:35vos taux longs augmentent,
19:36et surtout dans lesquels il n'y a pas d'impulsion économique.
19:38Donc toute cette logique de Trump de se dire
19:40« je vais faire baisser les... »
19:42Ça ne fonctionnera pas.
19:43À l'entend des objectifs qui poursuit.
19:45Et ça augmentera en plus ces questions de Thomas Orbegage,
19:47on en revient aux questions de Fordability.
19:48Donc je pense que la Fed va être plutôt dans cette posture attentiste
19:51de comment on fait,
19:52mais avec le biais,
19:54est-ce que l'inflation revient,
19:55est-ce que la croissance revient très vite ?
19:57En réalité, fin d'année, début d'année prochaine,
19:58ça pourrait être la question,
19:59est-ce que la Fed retend ?
20:00Et donc on a une Fed pivot,
20:01mais qui peut être séparée entre les deux voies.
20:03On a une BCE qui est en attente.
20:06Moi, j'ai plutôt le sentiment que la BCE attend.
20:08La croissance européenne est au potentiel.
20:10L'inflation va atteindre autour de 1,5, 1,6 cette année.
20:14Mais en réalité, l'année prochaine, on revient à la cible.
20:16Donc la BCE est plutôt en attente.
20:18Il y a la question de changement du board aussi qui va arriver.
20:21La Bosch qui va normaliser,
20:23mais alors très graduellement.
20:25Et donc c'est là où c'est assez paradoxal.
20:26C'est qu'on n'a plus ces questions de politique monétaire
20:28qui vont nous driver comme on les a eues dans les dernières années.
20:30Tout le monde est au point bas.
20:31Mais en réalité, on va avoir du mal à aller chercher les scénarios
20:35à la hausse ou à la baisse.
20:36Et du coup, c'est cette question sur le taux long.
20:38Quand on perd cet ancrage d'anticipation des taux courts sur les taux longs,
20:41qu'est-ce qui se passe sur la partie longue de la courbe ?
20:43Et je pense que c'est plutôt ce point-là.
20:45C'est cette question de visibilité politique qui va être le vrai sujet.
20:48On m'explique que beaucoup d'investisseurs raccourcissent évidemment la duration.
20:52Enfin, il faut rester sans doute assez court en duration.
20:55Mais on le voit même dans les émissions des différents trésors,
20:58américains mais en Europe.
20:59On émet sur du moins en moins long.
21:01On cherche à raccourcir ces échéances.
21:04Ça laisse les parties longues de courbe
21:06beaucoup plus sujettes à la volatilité,
21:09à une volatilité structurelle, Gabriel ?
21:12Tout à fait, avec un aspect...
21:15Il y aura moins d'acheteurs naturels, c'est ça, sur ces parties-là.
21:18Et ce sera davantage un pari d'aller le prendre
21:22en pariant sur un reflux macroéconomique,
21:25sur certains scénarios géopolitiques négatifs
21:28et à l'inverse, sur un scénario standard
21:31avec une duration bien sûr beaucoup plus courte.
21:34Et la problématique de ça, c'est que ça va pousser
21:37la prise de risque de crédit plus important dans les portefeuilles
21:42dans un contexte où on sait que les choses
21:45peuvent se retourner assez rapidement,
21:47je pense en particulier au high yield américain.
21:50Donc voilà, on reste prudent sur cette partie taux.
21:54Ça explique aussi que pas mal d'investisseurs
21:56reviennent positifs sur les actions
21:57et chargent davantage dans les portefeuilles.
22:02Mais effectivement, sur les taux longs,
22:04ce qu'on a vu récemment au Japon,
22:05n'y est pas du tout à l'abri du côté US en particulier.
22:10Moins sur les taux européens.
22:13Quand on voit la dynamique globalement aussi bien
22:15de croissance, d'inflation et les messages
22:18qui sont passés par la BCE,
22:20je pense que le risque est bien moindre,
22:22en tout cas du côté Union européenne.
22:24Sur le Japon, sur la séance du 20 janvier,
22:26on voit du 30 ans, 40 ans qui s'envolent de 30 points de base.
22:29Effectivement, et j'ai vu le chiffre après,
22:31on me l'a bien rappelé, pour mettre les choses en perspective,
22:33il y a quelques centaines de millions de dollars
22:35qui se sont échangés sur ces parties super longues de courbe.
22:38C'est un marché qui est encore assez...
22:40qui se rouvre à peine, pour dire les choses.
22:43Mais continuez sur le Japon.
22:44Comment vous regardez le cas d'investissement japonais
22:46avec ce fameux Takahishi Trade ?
22:48Gabriel, est-ce que les actions japonaises
22:51méritent encore plus de place dans les portefeuilles ?
22:54Ou est-ce qu'on est déjà presque aux limites
22:57de ce Takahishi Trade ?
22:58Donc, la baisse continue du Yen,
23:01qui semble s'être arrêtée depuis 24 ou 48 heures,
23:04l'envolée des taux longs,
23:05mais la contrepartie positive,
23:07c'est une belle hausse des actions.
23:09Je vais prendre une position facile et répondre non.
23:13Non, parce que...
23:14C'est pas la fin.
23:14Sur les valorisations actuelles,
23:16alors, non, c'est la fin.
23:17Non, c'est la fin, d'accord.
23:18On ne se positionne pas davantage
23:22sur les actions japonaises
23:23qui ont déjà eu un comportement
23:25assez historique en 2025,
23:28qui s'est poursuivi sur le début d'année
23:31et avec un Yen qui est historiquement bas.
23:35De plus en plus d'économistes,
23:36de plus en plus d'intervenants de marché
23:37considèrent que le Takahishi Trade,
23:39aujourd'hui, a ses limites
23:41et a une probabilité de se réaliser,
23:43c'est-à-dire la possibilité de financer
23:45toutes les mesures qui sont proposées par Takahishi
23:47en cas de majorité plus marquée
23:50de sa coalition.
23:52Donc, une probabilité qui est assez basse,
23:55c'est notre avis également.
23:56Et dans un contexte
23:59où on s'expose à beaucoup de surprises géopolitiques,
24:03le Yen reste un edge,
24:05reste une devise, surtout sur les niveaux actuels,
24:08qui est assez intéressante.
24:09Et si, à l'inverse, on parie sur un rebond du Yen,
24:12ça veut dire un effet qui peut être très significatif
24:15sur les actions japonaises.
24:15Donc, voilà, on a plutôt envie aujourd'hui
24:18d'acheter la devise que les actions.
24:20Une devise qui monte, c'est forcément négatif
24:22pour le marché actions, Gabriel ?
24:24Dans le cas japonais, en l'occurrence.
24:25Dans le cas japonais, oui.
24:26Ça ne peut pas être le...
24:28Vous n'imaginez pas,
24:29c'est le scénario, l'autre scénario
24:31de sortie par le haut du Japon,
24:33l'idée de la reflation.
24:35C'est-à-dire,
24:37la devise se renchérit,
24:39on retrouve un peu de productivité,
24:40de l'investissement.
24:41C'est un scénario qui est, selon nous,
24:44peu probable dans une économie
24:46qui est extrêmement, bien sûr,
24:48exposée aux exportations.
24:49C'est vrai.
24:49Et une économie aussi exportatrice
24:52que l'économie japonaise souffre tout de suite
24:54dès que le Yen se renchérit.
24:56Généralement,
24:57je ne parle pas sous votre contrôle
24:58au genre de marché,
24:59mais quand le Yen devient
25:02un one-way trade
25:03et qu'il se retourne,
25:04ce n'est pas pour un ou deux pips.
25:05Ça peut vite faire quelques figures
25:08et donc faire assez mal.
25:10Tout à fait.
25:13Historiquement, c'est le cas.
25:13Il suffit de regarder
25:14le comportement du Yen sur 30 ans
25:16et en particulier
25:17juste avant les grandes crises.
25:18Je pense à l'éclatement
25:18de la bulle Internet.
25:19Je pense évidemment au subprime.
25:21C'est vrai également plus récemment
25:22avec le Covid.
25:24On voit une phase de réappréciation du Yen,
25:25vous voulez dire,
25:26juste avant ce moment-là.
25:26Qui est très violente,
25:28qui impacte encore plus
25:30les actions japonaises
25:31puisque leurs fondamentaux
25:32s'érodent également
25:33dans ces phases de crise.
25:36Et on peut considérer
25:37sur les niveaux actuels,
25:38en tout cas,
25:39c'est mon opinion,
25:40le Yen comme un cat-bonde.
25:43C'est-à-dire qu'on est aujourd'hui
25:44sur une devise historique.
25:45Donc, les obligations de catastrophe
25:46émises par les réassureurs,
25:48c'est vraiment le hedge ultime.
25:50Qui a coûté à pas mal de monde
25:52tant que la catastrophe
25:53ne s'est pas produite.
25:54Mais qui reste un hedge
25:58très important
25:59en cas de surprise financière
26:00ou géopolitique.
26:01Très bien.
26:02La question étant toujours
26:02de comment se diversifier
26:04quand les encres bougent.
26:06Bon, une encre peut-être
26:08qui est en train de revenir,
26:09là, c'est celle du Yen
26:10aujourd'hui.
26:11Sur la macro-japonaise,
26:12alors, il y a l'inconnu
26:13des résultats électoraux
26:15du 8 février prochain.
26:17Mais ce scénario de reflation,
26:19il est installé
26:19pour se développer encore
26:21ou il y a un risque
26:21que ça fasse cheat
26:22à un moment ?
26:23Alors, cheat, je ne sais pas,
26:24mais ce scénario de reflation
26:25et en particulier
26:26le comportement
26:27des taux longs japonais
26:29est quand même
26:29assez surprenant
26:30parce qu'il y a quelques années,
26:32ça commence à remonter,
26:33on parlait de japonisation
26:35pour nous expliquer
26:35que c'était normal
26:36que les taux longs japonais
26:37soient si bas
26:38et on disait
26:39que ça prendrait en Europe
26:41parce qu'on devient vieux,
26:43on devient comme les japonais.
26:45Et donc, brusquement,
26:46d'avoir ces taux qui remontent,
26:47alors, 30-40 ans,
26:49oui, mais également le 10 ans
26:50qui a...
26:52De 30.
26:52Voilà, oui.
26:54C'est quand même
26:55un peu troublant
26:56que ce soit tout
26:58un taïkashi trade.
27:00Oui, parce que la démographie japonaise
27:02n'a pas changé entre-temps,
27:03on est bien d'accord.
27:04Donc, voilà,
27:04il y a quand même
27:05cette question
27:06et d'autant plus
27:07que la dette japonaise
27:07est toujours détenue
27:08par les japonais
27:10via la poste.
27:12Donc, ça,
27:13ça n'a pas changé
27:13et pourtant,
27:14on a eu ce mouvement
27:15très très violent
27:16accompagné de cette baisse du yen
27:18qui fait...
27:19qui fait bruiser
27:21les marchés
27:22d'éventuelles interventions
27:24sur le marché d'échange.
27:26Alors là, honnêtement,
27:27je ne sais pas
27:27si ça va avoir lieu.
27:29C'est toujours
27:29des opérations
27:30très compliquées
27:31à réussir
27:31pour les...
27:32J'allais dire
27:33pour les banques centrales,
27:34pour les ministères
27:36des Finances.
27:38Mais malgré tout...
27:39Le point notable
27:40de ces rumeurs,
27:41c'est même un peu plus
27:41que des rues,
27:42c'est qu'il y a l'idée
27:42d'une coordination
27:43avec le trésor américain.
27:44Et là, on dit...
27:45Ah oui !
27:46C'est encore plus difficile
27:47de se coordonner.
27:47Et puis, on sait
27:50que les mouvements...
27:51Ça a été rappelé,
27:51les mouvements brusques
27:52d'appréciation du yen,
27:53ça a pu avoir
27:53des conséquences
27:54pas très très agréables
27:55pour les marchés financiers.
27:59Donc, c'est évidemment
28:00quelque chose
28:00à surveiller
28:01qui me paraît
28:02malgré tout...
28:03Enfin, en tout cas,
28:04l'ampleur des mouvements
28:05me paraît malgré tout
28:06décorrélée
28:06de la macro-japonaise
28:08qui souffre toujours
28:10d'une consommation intérieure
28:12un petit peu...
28:13un petit peu palote,
28:15dirons-nous.
28:16Et sur le...
28:17Ben, Takeshi promet
28:18d'améliorer la situation.
28:20On va baisser la fiscalité
28:21sur les produits
28:21de première nécessité,
28:23les produits alimentaires,
28:24etc.
28:24Les produits alimentaires,
28:25d'ailleurs,
28:25c'est lié...
28:26Alors, hormis le riz
28:28et encore,
28:28c'est beaucoup lié
28:29au niveau du yen
28:30puisqu'il y a beaucoup
28:30de produits alimentaires
28:31qui sont importés
28:32au Japon.
28:33Donc, c'est une situation
28:35compliquée.
28:36Après, qui ne présage pas
28:38de ce que peut faire
28:39la bourse,
28:40les actions japonaises
28:41par ailleurs,
28:41puisque là aussi,
28:42on a des valeurs
28:43technologiques, etc.
28:44Mais la situation
28:45macro-économique
28:46reste finalement
28:47assez peu lisible.
28:48OK, on est sorti
28:49de la déflation,
28:50mais de quelle façon ?
28:51Peut-être pas
28:52de la meilleure des façons
28:53et pour combien de temps ?
28:55Ça non plus,
28:55c'est pas certain.
28:57Je reviens sur le champ
28:57des devises, Gabriel.
28:59Est-ce que ce que vous
28:59décrivez sur le yen,
29:01est-ce que c'est aussi
29:01une possibilité
29:03pour d'autres devises asiatiques ?
29:04C'est-à-dire que
29:04dans la phase de baisse
29:05du dollar 2025,
29:07là, sur les six premiers
29:07mois de 2025,
29:09oui, on voit le dollar
29:09baisser contre
29:10toutes devises,
29:11mais quand on regarde
29:12avec un peu de finesse,
29:13c'est l'euro surtout
29:15qui...
29:15Enfin, le dollar
29:16a surtout baissé
29:16contre une monnaie majeure
29:18comme l'euro,
29:19par exemple,
29:20moins contre d'autres
29:22devises asiatiques.
29:22Est-ce que là,
29:23effectivement,
29:232026,
29:25c'est l'heure
29:25de la réappréciation
29:26de ces devises asiatiques
29:27contre dollars,
29:29plus que sur la parité
29:30euro-dollar en tant que telle ?
29:32Là-dessus,
29:33sur ce raisonnement,
29:35je dirais qu'il y a un problème,
29:36c'est le poids
29:36des investisseurs
29:37dans chaque devise.
29:40Le poids des investisseurs
29:41japonais
29:42et des investisseurs
29:44en Yen
29:44est toujours
29:45très important.
29:47Vous me direz,
29:47la Chine
29:48a eu largement
29:49le temps d'émerger
29:50sur les 20 dernières années,
29:52c'est aussi le cas.
29:53La différence,
29:55et je mettrais vraiment
29:56trois situations différentes,
29:58c'est-à-dire
29:58celle des investisseurs
29:59japonais et du Yen,
30:00celle de la Chine
30:01et celle du reste
30:01des autres pays
30:02de l'ASEAN,
30:03enfin,
30:04pays asiatiques,
30:05c'est du point de vue
30:06des investisseurs japonais.
30:08Là-dessus,
30:09je pense qu'on est
30:10dans un scénario
30:10qui est très particulier
30:12compte tenu
30:12du niveau actuel
30:13du Yen,
30:14compte tenu
30:14du programme économique
30:15des politiques japonais
30:18et qui est très différent
30:20du reste
30:20des pays asiatiques.
30:23Sur la Chine,
30:24la volonté
30:25de rester
30:25une économie
30:28d'export
30:28fort
30:29malgré
30:30ce qu'on a pu
30:31espérer
30:31du côté
30:32du consommateur
30:33chinois,
30:34en tout cas,
30:35ce n'est pas demain
30:35la veille
30:36et sur les prochaines
30:37années,
30:37on va rester
30:38sur une volonté
30:39de corréler très fort
30:40le WON
30:40avec le dollar
30:41pour ne pas pénaliser
30:42les exportateurs
30:44chinois.
30:45Du côté
30:45du reste
30:46des pays asiatiques,
30:47leur poids
30:48en tant qu'investisseurs
30:49est à mon sens
30:50trop faible
30:50pour qu'on ait une corrélation
30:52avec ce qui se passe
30:52au Japon.
30:53Et à l'inverse,
30:54je pense que
30:54si le dollar
30:55part à la cave
30:57et donc
30:57ce qui peut
30:58renchérir
30:58les actions
30:59japonaises,
30:59on aura un mouvement
31:00similaire,
31:01potentiellement
31:01avec plus de volatilité
31:02du côté
31:03des autres pays asiatiques.
31:04D'accord.
31:05Avec derrière
31:06des très belles performances
31:07pour ces actions
31:08asiatiques
31:09à travers
31:102025.
31:12Parlons un peu
31:13de l'Europe
31:13peut-être
31:14Léa.
31:17Là aussi,
31:17il y a quand même
31:18des perspectives
31:19plus positives
31:20désormais
31:21pour l'Europe
31:22avec le plan allemand
31:24notamment.
31:26La question étant
31:27est-ce que
31:28ce sursaut,
31:30ce réveil européen
31:31qu'on commente,
31:32qu'on décrit
31:33à travers
31:35l'idée
31:35d'une souveraineté
31:37élargie,
31:38pas simplement
31:39sur le champ
31:39de la défense
31:40mais sur d'autres
31:40domaines industriels
31:42ou d'autonomie stratégique,
31:44est-ce que là aussi
31:44est-ce que c'est
31:46une réalité tangible
31:47à la fin
31:48de l'histoire
31:49ou est-ce qu'on est
31:49encore dans
31:50un espèce
31:50de fantasme
31:52ou de mythe
31:53d'une autonomie
31:54stratégique
31:54retrouvée
31:55pour l'Europe ?
31:56Il y a deux questions.
31:57Il y a la question
31:58plutôt potentielle croissance
31:59et puis les questions
32:00maternelles.
32:00Potentielle croissance,
32:01il faut rappeler
32:02que cette année
32:02avec une projection
32:03de croissance
32:04à 1,4 pour la zone euro,
32:06la zone euro
32:06est au potentiel.
32:08L'inflation est à la cible,
32:09la BCE a normalisé,
32:11on veut sans publicité.
32:12Job is done.
32:13Le point qui est important
32:15c'est que quand on essaye
32:16de poser un peu
32:16les éléments clés
32:17des scénarios,
32:18on voit bien qu'aux Etats-Unis
32:19on a les FAIA productivité,
32:21côté Chine on a effectivement
32:22le côté stratégique
32:23d'exportation.
32:24En Europe,
32:25c'est là où c'est assez paradoxal,
32:26c'est quand vous regardez
32:26aujourd'hui,
32:27les indicateurs sont à peu près
32:29tous au beau fixe.
32:30Ça fait deux mois
32:31que les indicateurs
32:31de confiance se reprennent.
32:33Nous c'était nos seuils
32:34de bascule pour savoir
32:34si la croissance s'accélèrait
32:36ou pas.
32:36On a passé ces capes-là,
32:37que ce soit les enquêtes
32:38nationales,
32:38les enquêtes européennes.
32:40L'inflation,
32:40alors même si elle est différente
32:42entre les pays,
32:43mais l'inflation revient
32:44une cible,
32:44permet une reprise
32:45du revenu réel,
32:46il va y avoir
32:47la transmission BCE,
32:48le crédit reprend.
32:48Donc quand on combine
32:50tout ça ensemble,
32:51on a envie de dire
32:51ok ça y est,
32:52tout ce qu'on attendait
32:52l'année dernière
32:53au final se positionne.
32:55Les planètes sont alignées.
32:56Exactement.
32:57Et puis face à ça,
32:57en gros vous avez
32:58des pavés de contraintes
32:59structurelles.
33:00Les contraintes structurelles
33:01de productivité faible,
33:03d'inertie,
33:04toute la séquence
33:05de Macron à Davos,
33:07toutes les contraintes extérieures,
33:08que ce soit la politique américaine,
33:10le stop sur le Groenland,
33:12effectivement il va revenir
33:13d'un côté ou d'un autre.
33:14Moi ce qui m'étonne,
33:15c'est que cette question
33:15sur la Corée du Sud,
33:16on ne l'ait pas eu en Europe.
33:19Pourquoi pas ?
33:20On a eu droit
33:21à notre menace tarifaire aussi,
33:24passagère.
33:25Mais c'est un peu ce sentiment-là,
33:26c'est-à-dire que les planètes
33:28s'alignent sur notre dynamique
33:29et notre cycle conjoncturel.
33:31On est effectivement
33:31dans une situation
33:32qu'on n'avait pas connue
33:33depuis longtemps.
33:34Mais par contre,
33:34le bloc de contraintes extérieures
33:35qui peut freiner ça
33:36est extrêmement important.
33:38Et donc c'est un peu ça
33:39la séance cyclique de 2026,
33:40c'est-à-dire que ça va bien
33:42si tout le reste
33:43est à peu près...
33:45Ne change pas.
33:45Ne bouge pas trop.
33:46Mais par contre,
33:47effectivement,
33:47à moyen terme,
33:48il y a une vraie capacité
33:51pour l'Europe à augmenter.
33:53Alors, est-ce qu'on va aller
33:53sur une croissance potentielle
33:54au-delà de 2, 2,5 ?
33:56Peut-être pas,
33:56mais on voit bien
33:57que toute cette séquence
33:58et cette géopolitique
33:59qui rentre maintenant
34:00dans notre macro,
34:02c'est effectivement
34:03la défense est un sujet,
34:04les investissements sont un sujet.
34:06Alors on parle beaucoup
34:06du plan allemand.
34:07En réalité,
34:08c'est le restant
34:08des plans NGU.
34:09Je le rappelle,
34:10si on prend tous les plans NGU
34:11qui doivent normalement
34:13arrêter cette année,
34:14il y a à minima
34:15150 milliards qui arrivent.
34:17Donc toute cette question,
34:18l'Italie, l'Espagne,
34:19on continue encore
34:20pendant quelques trimestres.
34:22Et donc on a une impulsion.
34:24Même s'il y a des contraintes
34:25budgétaires pays,
34:25on a l'impulsion
34:26de l'investissement public.
34:27Des taux qui sont bas,
34:28une transmission
34:29de politique monétaire
34:30qui arrive,
34:31des investissements de long terme
34:32qui sont engagés
34:32et qui sont là pour durer.
34:33Et donc en réalité,
34:35c'est plutôt
34:35est-ce que les contraintes
34:36externes nous freinent ?
34:38Mais il y a un mouvement
34:39de temps long sur l'Europe
34:40qui est en train de se faire.
34:42Est-ce que ce sera très positif ?
34:43J'en sais rien.
34:44Mais en tout cas,
34:44les planètes commencent
34:45à s'aligner pour l'instant.
34:46Vous évoquiez tout à l'heure
34:47les fonds autour de la souveraineté.
34:49Nathalie, effectivement,
34:50c'est des stratégies
34:51qu'on voit fleurir sur le marché.
34:53Les gérants,
34:54les investisseurs,
34:56ils croient,
34:56en tout cas,
34:56voient qu'il y a là
34:57une opportunité quand même
34:59pour investir.
35:01Sur le plan macro,
35:02ça revêt quand même
35:03une forme de réalité
35:03pour vous aussi, Nathalie ?
35:05Oui, ça commence.
35:06Là aussi,
35:06ça a commencé par la microéconomie,
35:09mais ça commence à se voir
35:10sur le plan macro.
35:11Un graphique très simple
35:12qu'on peut faire,
35:13c'est regarder les niveaux
35:14des PMI manufacturiers
35:15dans la zone euro
35:16et le niveau
35:16de la production industrielle.
35:18Cette production industrielle,
35:19à la fin de l'année,
35:19on n'a pas encore
35:20le chiffre de décembre,
35:21elle était supérieure
35:22à ce que je permettais
35:23d'imaginer le niveau
35:25des PMI.
35:26Donc, effectivement...
35:27Donc, c'est lié
35:27à de la réindustrialisation,
35:29des chaînes de valeur
35:31qu'on a remontées en Europe ?
35:33Absolument.
35:34En plus,
35:34ce sont des plans
35:35sur plusieurs années,
35:37presque une décennie.
35:38Donc, ça donne
35:38de la visibilité
35:39précisément aux entreprises.
35:41Et c'est vrai
35:41que le climat autour,
35:43avec des taux de la BCE
35:44relativement bas,
35:45qui ne vont pas monter,
35:47en tout cas,
35:48c'est vraisemblablement
35:49pas baissé,
35:50mais pas monté
35:50tout de suite.
35:51Et c'est important.
35:52Et c'est important
35:52que la BCE
35:53fasse d'ailleurs
35:54passer ce message,
35:55parce que ça,
35:56c'est aussi important
35:58pour les entreprises,
35:59pour prendre leurs décisions.
36:01C'est d'ailleurs
36:01vraisemblablement,
36:03peut-être,
36:04à cause des discours,
36:07enfin des propos
36:08d'Isabelle Schnabel
36:08en décembre,
36:09que l'indice
36:10est encore un petit peu
36:11faiblard.
36:12Donc, le climat
36:12des affaires en Allemagne.
36:13Voilà, le climat
36:13des affaires en Allemagne.
36:14On sent un certain
36:15scepticisme
36:16des chefs d'entreprise,
36:18alors qu'il y a,
36:18malgré tout,
36:19des bonnes nouvelles
36:21qui arrivent.
36:21On peut imaginer
36:22un cercle vertueux,
36:24finalement,
36:24autour de ce thème
36:25de la souveraineté,
36:26qui recoupe la défense,
36:28mais aussi d'autres thèmes,
36:29qui sont finalement
36:30ceux que listait
36:31Draghi
36:31dans son rapport
36:32et avant lui,
36:33Henri Coletta
36:34et tant d'autres.
36:37Oui, tant d'autres,
36:37les cinq présidents,
36:39les rapports,
36:40ça, je trouve.
36:41Mais finalement,
36:41on y est peut-être.
36:43Plutôt que d'avoir fait
36:43un grand emprunt national
36:44pour la défense,
36:46finalement,
36:46ces fonds de souveraineté
36:48vont peut-être
36:48détenir la clé
36:50d'un nouveau,
36:51d'une nouvelle étape
36:52pour l'Europe.
36:53Oui, pour la construction européenne.
36:55Sur le plan des marchés,
36:55qu'est-ce que ça veut dire
36:56pour 2026, Gabriel ?
36:58Sachant que, quand même,
36:59j'ai l'impression
37:00que la partie cyclique
37:01des marchés actions
37:02a déjà bien progressé.
37:05Le rapport entre
37:06cycliques et défensives
37:07est quand même
37:07très à la faveur
37:09des cycliques.
37:10Est-ce qu'on a déjà
37:11tout anticipé
37:12de cette histoire européenne
37:13ou est-ce qu'il faut
37:14rester avec un tilt cyclique
37:16dans les portefeuilles
37:17d'actions européennes ?
37:18On a vu un début
37:19de rattrapage
37:20sur le début d'année
37:21avec des États-Unis
37:22qui ont plutôt progressé
37:22sur la value,
37:23d'ailleurs,
37:24mais une Europe
37:24qui, à l'inverse de 2025,
37:26a progressé plutôt
37:27sur la croissance.
37:28Et une value
37:29qui a plutôt
37:30et donc des cycliques
37:31qui ont légèrement
37:32sous-performé,
37:33donc avec une petite exception
37:34sur le secteur financier.
37:37Pour nous,
37:38sur la partie financière,
37:40en tout cas,
37:40on pense que le mouvement
37:41va plutôt continuer
37:42à la faveur
37:42de l'implémentation
37:44de deux choses.
37:45C'est l'union des marchés
37:45de capitaux,
37:46en l'occurrence,
37:47et les avancées
37:47qu'on peut avoir
37:48sur l'union bancaire.
37:49On peut avoir
37:50de bonnes surprises
37:51de ce côté-là.
37:53Sur le reste
37:53du côté européen,
37:54on va quand même
37:54être assez prudent.
37:56On reste investi
37:57sur la santé,
37:58sur l'industrie européenne,
38:00parce qu'on a
38:02encore pas mal
38:03de dry powder
38:04sur l'investissement
38:05et les aides publiques
38:07justement
38:07à l'investissement
38:08en Europe.
38:09Mais on reste,
38:10compte tenu
38:11de ce qui se passe,
38:11de l'environnement général
38:13et du poids
38:13des États-Unis
38:14dans les décisions
38:15géopolitiques,
38:16dans les négociations
38:17sur les tarifs.
38:19On reste quand même
38:20surpondéré plutôt
38:21du côté américain.
38:24Mais avec une vision
38:25différente du marché
38:25peut-être,
38:26américain.
38:27Tout à fait,
38:27très lié à l'IA,
38:28évidemment,
38:29puisque la discussion
38:30qu'on avait
38:31il y a un mois
38:31sur le fait,
38:32va-t-on voir
38:34après les annonces
38:35les investissements
38:36sur la partie
38:37intelligence artificielle
38:38et en pratique
38:39c'est plutôt le cas.
38:41Ça délivre
38:42de ce côté-là
38:43et on attend ensuite
38:44les gains de productivité
38:45et là c'est
38:45multisectoriel.
38:46Ce n'est pas uniquement
38:47du côté des acteurs de l'IA.
38:48Les winners
38:48et les losers
38:49seront partout
38:50dans tous les secteurs.
38:51Bon,
38:52on a les rendez-vous
38:53de la tech américaine
38:54juste devant nous
38:55effectivement
38:56pour y voir
38:57un peu plus clair.
38:58On a déjà eu
38:58des communications
38:59d'un TSMC
39:00sur des plans de CAPEX
39:01qui sont confirmés
39:02à 56 milliards
39:03de dollars
39:04quasiment sur l'année
39:05à déployer
39:05en investissement
39:07en capital
39:07pour un groupe
39:08taïwanais
39:09en l'occurrence
39:10comme TSMC.
39:11Merci à vous trois.
39:11On s'arrêtera là
39:12pour ce soir.
39:12Gabriel Caravoulade,
39:14Neufliz,
39:14OBC,
39:15Nathalie Benatia,
39:16BNP Paribas Asset Management
39:17et Léa Dauphaz,
39:19TAC Economics.
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