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  • il y a 13 minutes
Ce mercredi 11 mars, la tentative d'une détente du marché obligataire, et l'effet de la guerre en Iran sur le marché du crédit, ont été abordés par Alain Krief, responsable de la gestion obligataire chez Edmond de Rothschild Asset Management, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Comme chaque mercredi à 9h30, un focus sur le marché obligataire avec ce matin en plateau Alain Kriève.
00:06Bonjour Alain, merci d'être avec nous ce matin.
00:08Vous êtes responsable de la gestion obligataire chez Edmond Rothschild Asset Management.
00:13C'est vrai que depuis une dizaine de jours maintenant, il y a beaucoup de volatilité sur les marchés actions,
00:17on en parle tous les jours dans cette émission, mais aussi sur le marché obligataire.
00:20Les taux longs qui s'étaient bien détendus en Europe, mais aussi aux Etats-Unis en février,
00:25avec les anticipations de baisse de taux.
00:26Et puis là, depuis le début du mois, on a quand même une remontée qui a été assez forte.
00:31Même très forte, et même très forte plus en Europe qu'aux Etats-Unis, étonnamment on va dire.
00:37Tout à fait, et ça veut dire quoi pour nous l'interprétation ?
00:40Et avant tout un message, une peur de l'inflation, plutôt qu'une peur de la récession.
00:46Parce qu'a priori, les taux souverains devraient protéger si jamais l'économie venait à aller un peu plus mal,
00:53notamment en termes de croissance.
00:54Là aujourd'hui, le principal problème, bien sûr, c'est l'inflation, et on le comprend avec les prix de
00:59l'énergie.
01:00Et c'était notamment le cas lundi, quand le baril de pétrole était au-delà des 100 dollars.
01:04Ensuite, il est redescendu d'une façon impressionnante.
01:06On a perdu 30% lundi entre les plus hauts et les plus bas niveaux de la séance.
01:10Donc le marché obligataire s'est à nouveau détendu.
01:13Ce qui est assez frappant, c'est qu'on a une réaction qui est très forte,
01:17que ce soit sur les taux longs, mais également sur les taux courts.
01:19Ça montre bien cette préoccupation de l'inflation.
01:22Tout à fait. C'est surtout d'ailleurs sur les taux courts.
01:24D'ailleurs, puisqu'on a un aplatissement, on va dire, de la courbe des taux.
01:27Donc les taux courts, par rapport aux anticipations, notamment de baisse des taux côté américain,
01:34sont revus, voire reportés en tout cas.
01:38Et côté Europe, où on n'attendait plus rien,
01:41le marché a commencé à pricer, à anticiper une à deux remontées des taux.
01:47Et aujourd'hui, on a eu quelques déclarations en disant que c'était important de lutter contre l'inflation, etc.
01:53Donc on a des messages encore qui font un peu peur pour l'inflation.
01:56Et donc on voit encore une fois ce matin, à l'ouverture, les taux courts européens remonter.
02:03Notamment Joachim Négel, qui est membre de la BCE,
02:05qui a estimé que la BCE devrait faire ce qu'il faut si demain il y a de l'inflation.
02:09On a un 10 ans français qui revient sur les 3,5%.
02:12L'écart de taux sur le 10 ans entre la France et l'Allemagne
02:15est toujours au-delà des 60 points de base.
02:17Assez impressionnant de voir que le marché obligataire, dans ce contexte,
02:20n'a pas joué son rôle de valeur refuge.
02:22Habituellement, c'est le cas quand il y a un petit peu de stress.
02:24On vend les actions, on retourne sur le marché obligataire.
02:27Là, au vu du contexte, ça n'a pas été le cas.
02:28Exactement. Dès qu'il y a de l'inflation, en fait, comme on l'a connu en 2022,
02:32c'est un vrai problème, ça ne fait pas du tout valeur refuge.
02:36J'allais dire, finalement, aujourd'hui, la valeur refuge, c'est plutôt sur le crédit.
02:40Quand on regarde les primes de risque crédit, elles sont relativement stables.
02:45On a eu quand même deux jours véritablement d'agitation sur les primes de risque crédit,
02:49qui sont vendredi et plutôt lundi.
02:51Et aujourd'hui, ça reste très calme, ça reste sur des niveaux tout à fait acceptables.
02:55Et on voit encore, lors des émissions, je crois que vous en avez parlé,
02:58l'émission Stellantis, qui s'est déroulée hier,
03:00avec un appétit très fort des investisseurs,
03:03pour aller chercher de la prime de risque crédit,
03:06plus que d'aller, j'allais dire, se mettre en face des taux européens.
03:11Donc, pour faire simple, une fois de plus,
03:13les investisseurs préfèrent prêter de l'argent à des entreprises qu'à des États.
03:17C'est un petit peu la tendance qui se confirme, là, sur cette dernière séance.
03:21Exactement. Alors, ça ne veut pas dire qu'on n'a pas d'agitation,
03:23ça ne veut pas dire qu'on n'a pas d'impact dans divers secteurs,
03:26forcément liés au pétrole, notamment la chimie,
03:29ou notamment les airlines, le transport aérien.
03:34Mais ça reste très, très ordonné, ça reste très calme,
03:38et d'autres secteurs sont quasiment inchangés.
03:42Comment réagit le HILD ?
03:43Le secteur à haut rendement, ce sont les entreprises
03:46qui n'ont pas les meilleurs bilans.
03:48On descend un petit peu en notation.
03:50C'est vrai qu'il y avait beaucoup d'appétit sur le HILD,
03:52parce que comme les taux ont été un petit peu comprimés,
03:54c'est une classe d'actifs sur laquelle il y a toujours du rendement.
03:57Et c'est aussi une classe d'actifs qui est plus sensible
04:00à une éventuelle remontée des taux, mais aussi à l'inflation.
04:03Alors, à l'inflation, surtout à la baisse de la croissance.
04:06Et c'est un peu ce qui est anticipé.
04:08Alors, comment ils réagissent ?
04:09Pour l'instant, on a une sorte de décompression.
04:11C'est-à-dire que plus vous descendez dans l'échelle de rating,
04:13plus vous allez bas en échelle de rating,
04:16plus les primes de risque de crédit augmentent.
04:18À titre d'exemple, on a aujourd'hui sur la partie investissement,
04:22ce qu'on appelle investment grade, des rendements de l'ordre de 3,5.
04:26Quand vous descendez d'un cran sur du WB, vous avez plutôt 4,5%.
04:31Et quand vous descendez encore d'un cran aujourd'hui,
04:33vous avez plus pratiquement du 6,8%.
04:35Sur quelle échéance, pour donner un peu un ordre d'idée ?
04:37En général, c'est du 5-7 ans.
04:39Donc, il ne faut pas aller chercher très loin.
04:41Donc, vous voyez que vous avez quand même une augmentation des rendements totaux,
04:45notamment grâce aux primes de risque de crédit,
04:47mais aussi grâce à la remontée des taux d'État,
04:49qui vous donne beaucoup de rendement, en fait, à court terme, court-moyen terme.
04:54Les marchés étaient dans l'incertitude la semaine dernière et ils le sont toujours.
04:58Néanmoins, vous avez souligné Stellantis.
04:59Il y a également HSBC qui a à nouveau émis de la dette.
05:03Ça reprend un petit peu.
05:05L'appétit est là.
05:06C'est vrai que sur Stellantis, il y avait presque quatre fois la demande.
05:10Est-ce qu'aujourd'hui, au vu du contexte, il y a des opportunités ?
05:13Est-ce qu'il y a des fenêtres de tir sur ce marché du crédit ?
05:16Alors, justement, sur les baréttings, on n'attend pas beaucoup de...
05:19En fait, étant donné que la croissance reste, pour l'instant, en tout cas, anticipée à des bons niveaux,
05:25on n'attend pas beaucoup de défauts.
05:26À partir de là, il nous semble particulièrement intéressant d'aller chercher, justement,
05:30cette opportunité d'acheter du high yield, vous en avez parlé, du haut rendement,
05:34sur des rendements de 6-7 %,
05:38alors que, finalement, quand on regarde le taux de distress,
05:41c'est-à-dire que le taux de compagnie en détresse, éventuellement,
05:46qui ferait l'objet éventuel d'un défaut, ça reste très très faible.
05:50On est en dessous des 4,8 %, donc bien dans...
05:53Pour l'instant, j'ai envie de vous le dire.
05:55Pour l'instant, bien sûr.
05:56Donc, ça veut dire que vous êtes quand même assez confiant sur le scénario macroéconomique,
06:00à moyen, à long terme.
06:01Tout à fait.
06:01Ça va dépendre, bien entendu, et je crois que vous l'avez souligné,
06:04de la durée, j'allais dire, du détroit d'Hormuz qui reste bloqué,
06:10donc de l'approvisionnement en pétrole,
06:12parce que c'est le principal impact économique pour l'instant.
06:15Donc, après, ça a beaucoup d'autres impacts,
06:18c'est-à-dire sur le secteur de la chimie, comme on l'a dit,
06:21sur les échanges de façon générale, sur plein de matières premières aussi,
06:24mais de façon générale, pour l'instant, on n'a que des anticipations.
06:28Si ça ne devait pas durer,
06:31on reviendrait très rapidement à la normale,
06:34et donc, en effet, il faut peut-être profiter de ces opportunités d'investissement
06:37sur des entreprises qui, quand même, génèrent des cash flows récurrents,
06:44donc, dans un marché, certes, plus volatile,
06:48mais avec une prévisibilité qui, quand même, reste très bonne.
06:51Et on oublie une chose aujourd'hui,
06:52puisqu'il y a une semaine, c'était plutôt un problème sur les softwares,
06:57le marché s'est complètement défocalisé, j'allais dire, du problème de l'IA aujourd'hui,
07:03pour ne parler plus que d'inflation et du problème de pétrole.
07:06Néanmoins, le problème est toujours là.
07:07Mais le problème est toujours là.
07:08Il est relégué au second plan, mais il y a toujours des interrogations.
07:11Et d'ailleurs, il faudra suivre demain la publication de Adobe,
07:14qui est perçue par la bourse aujourd'hui comme l'un des perdants de l'IA.
07:17Merci beaucoup Alain Kreev de nous avoir accompagnés ce matin.
07:19Je rappelle que vous êtes responsable de la gestion obligataire
07:21chez Edmond Rothschild Asset Management.
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