00:00Vous êtes inquiet ce soir, Général Jean-Paul Paloméros ?
00:03On commande ce conflit ensemble depuis le tout premier jour.
00:08Et comment justement qualifieriez-vous la situation, la séquence dans laquelle nous sommes ce soir ?
00:17Est-ce que vous considérez, vous, qu'on peut déployer autant de moyens comme le font les Américains ce soir
00:22dans la région pour ne pas faire la guerre ?
00:25Alors si on voulait faire une référence historique, on pourrait appeler ça la trôle de guerre, au sens d'une
00:32guerre qui n'est pas atypique, qui est atypique.
00:36Donc personne n'a de boule de cristal, on n'en a pas découvert en tout cas.
00:40Donc bien sûr que si les États-Unis et Israël veulent reprendre une campagne qui ait du sens,
00:52il faut effectivement les moyens qu'ils sont en train de se donner pour apporter encore plus de force, de
01:00violence, j'allais même dire,
01:02au combat, de manière cette fois-ci à frapper profondément, je dirais, le pouvoir iranien, mais ça va être difficile.
01:13On a vu la première partie de cette guerre, parce que je pense qu'il y en aura d'autres,
01:19à montrer que ce pouvoir iranien, il s'était préparé, on l'a dit, on l'a redit, mais c
01:25'est quand même une grande marque de ce conflit.
01:27C'est l'état de préparation, l'état de résilience de ce pays, le fait qu'il ait monté cette
01:35industrie sous terre,
01:38c'est quelque chose d'assez extraordinaire. C'est une sorte de rupture qui va donner, à mon avis, des
01:47avis à d'autres.
01:48Et qu'il y aura des conséquences, c'est ce que vous dites.
01:50Il va y avoir d'autres phases de cette guerre, mais malgré tout, ce soir, vous ne pourriez pas affirmer
01:55qu'il y aura forcément de nouveau des affrontements trop compliqués.
02:02On va prendre les choses différemment. Lorsqu'on parle d'afflux de ravitailleurs à Ben-Gurion,
02:06lorsqu'on parle de déploiement de trois porte-avions dans la même région, jamais vu depuis 2003,
02:12lorsqu'on parle d'ultimatum répété, quel est, selon vous, le signal militaire le plus important, le plus significatif ?
02:20– Le plus significatif, c'est la cohérence du dispositif qui est déployé.
02:25Ça, ça saute aux yeux.
02:29On pourrait se dire que dans un monde normalement constitué,
02:33il y aurait 99% de chances que la guerre reparte, reprenne.
02:39C'est vraisemblablement ce qui va se passer.
02:41Maintenant, la persistance qu'a Donald Trump à donner des chances au pouvoir iranien
02:48laisse évidemment planer ces incertitudes.
02:51Donc, ce qui est certain, c'est que la coalition devra redéfinir sa stratégie
02:59dans cette deuxième partie de la guerre.
03:01Elle a appris qu'elle maîtrisait effectivement l'espace aérien.
03:09Ça, ça reste vrai.
03:10Il faut que ça soit vrai pour mener une campagne qui ait du sens et qui soit efficace.
03:17Deuxièmement, elle a appris que c'était, par exemple,
03:21les missiles balistiques, c'était l'arme de dissuasion conventionnelle de l'Iran.
03:26Et elle l'a payé, si j'inclus dans la coalition, les pays du Golfe,
03:31qui sont inclus par la force.
03:33Ce n'est pas eux qui l'ont souhaité.
03:36Donc, ça fait beaucoup d'éléments beaucoup plus clairs qu'au départ
03:41pour ceux qui ont planifié l'opération.
03:46En tout cas, ceux qui l'ont redonné.
03:48Peut-être que les militaires qui ont planifié ces opérations,
03:51comme nous-mêmes, se doutaient que le détroit d'Ormousse,
03:54ce n'était quand même pas du gâteau, si vous excusez l'expression,
03:57que c'était un centre de gravité,
03:59que les pays arabes, malheureusement, n'avaient pas une couverture suffisante,
04:02une défense aérienne pour se défendre,
04:05et qu'ils avaient de fortes vulnérabilités.
04:08Et que, vraisemblablement, l'arsenal des missiles balistiques plus les drones
04:13constituait effectivement le cœur de la résilience.
04:16Des drones de toute nature, aériens, maritimes, comme on le voit au quotidien,
04:20constituaient la véritable ossature du pouvoir,
04:23et que ça, ce n'était pas facile à combattre.
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