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  • il y a 10 heures
Ce mercredi 15 avril, le marché du crédit qui reste prudent et la forte volatilité sur le marché obligataire, ont été abordés par Edouard Faure, responsable du Crédit chez Swiss Life AM France, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:009h32, focus donc sur le marché obligataire comme chaque mercredi, avec ce matin en plateau Edouard Faure, responsable du crédit
00:06chez Swiss Life Asset Management France.
00:09Bonjour Edouard Faure, merci de nous accompagner ce matin.
00:13Le marché du crédit retrouve quelques couleurs depuis le début du mois d'avril, mais contrairement au marché actions, il
00:19n'a pas récupéré le mois de mars.
00:21Non, il n'a pas encore récupéré le mois de mars, enfin en tout cas quand on regarde les primes
00:25de risque, sur la partie investment grade, donc la partie la plus sécurisée du marché du crédit, là les primes
00:31de risque ont retrouvé leur niveau de fin février.
00:34Quand on passe côté Aïlde, la partie la plus risquée, le marché Aïlde a fait à peu près la moitié
00:39du chemin, c'est resserré de la moitié de son écartement du mois de mars.
00:44En revanche, la deuxième dynamique qui est importante dans le marché du crédit, c'est aussi la partie taux, évidemment,
00:48il y a les deux effets, effets primes de risque et taux.
00:50Et sur les effets taux, pour le coup, on reste sur des niveaux particulièrement élevés, ce qui fait que les
00:54rendements globalement sur le marché du crédit restent attractifs aujourd'hui.
00:58Et pourquoi on en parle tous les jours sur cette émission ? On est un petit peu dans le brouillard,
01:02que ce soit sur les prévisions d'inflation, les prévisions de croissance,
01:06est-ce que la BCE va remonter ses taux ou pas, sachant qu'en début d'année, le marché pensait
01:11que la BCE allait probablement baisser ses taux, notamment en fin d'année.
01:15Bref, il y a encore beaucoup de questions sans réponse, et au final, le marché obligatoire doit naviguer autour de
01:19tout cela.
01:20Oui, effectivement. Alors, on voit deux dynamiques. Ce qui se traduisait dans ce que je disais juste précédemment, c'est
01:25que le marché du crédit,
01:27donc le marché des prêts aux entreprises, lui, est relativement positif.
01:31On s'attend à ce que, en tout cas, le marché s'attend à ce que les fondamentaux des entreprises
01:35restent solides, les taux de défauts restent contenus.
01:38On le voit dans les primes de risque sur la partie la plus sécurisée, qui ont complètement effacé le mois
01:41de mars,
01:42et qui ont effaussé la moitié de l'écartement, comme je le disais, sur la partie à yield.
01:46En revanche, sur la partie taux, donc vraiment la partie plus liée à l'inflation,
01:50les dynamiques d'inflation et les dynamiques liées aux banques centrales,
01:53là, on est dans l'incertitude totale, parce que finalement, les taux n'ont pas du tout, ou très peu,
01:58retracé leur mouvement du mois de mars.
02:00Donc, effectivement, il y a deux messages assez contradictoires au sein de ce marché.
02:04Le taux de référence sur le marché obligataire, c'est souvent le disant allemand, le Bund,
02:10qui est donc ce matin à 3%, un taux qui s'est un petit peu détendu par rapport à ces
02:15niveaux du mois de mars.
02:16Qu'est-ce qu'aujourd'hui, le marché obligataire anticipe, que ce soit sur les hausses de taux de la
02:22BCE, sur les taux de crédit ?
02:24Comment, aujourd'hui, toutes ces nouvelles sont anticipées ?
02:27Alors, aujourd'hui, le marché des taux anticipe deux hausses de taux d'ici la fin de l'année de
02:33la part de la BCE.
02:34On était à 3% au mois de mars, donc on voit qu'il y a eu quand même une
02:37petite détente,
02:39toujours dans l'esprit d'un prix du pétrole élevé, du coup, d'une inflation qui devrait augmenter,
02:44et du coup, les banques centrales, en tout cas la BCE, devraient augmenter ces taux selon le marché dans cette
02:50optique-là.
02:51À l'inverse, sur la partie taux de défaut, donc vraiment sur la partie entreprise pure,
02:56là, les taux de défaut sont relativement stables, on est au niveau des moyennes historiques,
03:00et on ne s'attend pas à ce que ces taux de défaut augmentent dans un scénario central, évidemment,
03:05sauf si la guerre dure encore 6 mois, 8 mois, on sera sûrement dans une situation différente.
03:09Mais voilà, les taux de défaut devraient rester stables, voire baisser légèrement au fur et à mesure de l'année,
03:14surtout avec les dernières nouvelles de ces derniers jours.
03:16Si on arrive à un accord de paix entre l'Iran et les États-Unis,
03:21logiquement, on devrait retrouver des taux de défaut en baisse d'ici la fin de l'année.
03:24Comment vous avez traversé ces premières semaines de conflits chez Swiss Life Asset Management France ?
03:31Est-ce que dans vos portefeuilles, vous vous êtes délaissé de certaines obligations cycliques, par exemple ?
03:36Est-ce que vous vous êtes renforcé plutôt sur d'autres aspects plus défensifs ?
03:40Quels sont les arbitrages que vous avez pu faire ?
03:43Pour un gérant, la volatilité, c'est des moments qui sont à la fois un peu désagréables,
03:48parce qu'il se passe beaucoup de choses, et en même temps, source d'opportunités importantes.
03:52Donc effectivement, c'est plutôt des périodes dont on a tendance à être assez actifs dans les portefeuilles.
03:56On a joué sur la partie duration de nos portefeuilles,
04:01c'est-à-dire sur l'aspect sensibilité auto, avec les forts mouvements,
04:04notamment sur la partie courte de la courbe des taux.
04:06On s'est dit qu'à un moment donné, c'était exagéré les trois hausses de taux anticipées par le
04:11marché.
04:11Du coup, on a plutôt eu tendance à augmenter cette sensibilité auto.
04:14A l'inverse, effectivement, vous le disiez, on a aussi agi sur la partie sélection et sectorielle.
04:21On a notamment réduit quelques secteurs cycliques, tels que la chimie.
04:24La chimie étant un secteur qui est compliqué en ce moment,
04:27qui était déjà compliqué avant la guerre, qui l'est encore plus,
04:29parce qu'ils utilisent beaucoup de matières premières comme input de leurs produits.
04:33Du coup, c'est un secteur qui est en grande difficulté aujourd'hui,
04:35et qui risque de subir, ou qui pourrait subir, quelques défauts dans les mois à venir.
04:39Avec une prime de risque qui se renforce, et donc aujourd'hui, opportunité, pas opportunité sur cette partie cyclique ?
04:46Sur certains secteurs, il y a des opportunités.
04:48En fait, c'est même plutôt à l'intérieur de ces secteurs, c'est plutôt certains nombres, en fait.
04:51Quand on regarde, il y a vraiment de la dispersion entre un émetteur et un autre émetteur.
04:55Et c'est là où c'est intéressant, c'est là où il fallait faire la sélection,
04:57parce qu'il y a vraiment des choses intéressantes à faire.
05:00Comme nous l'avons dit en préambule,
05:02le marché, sur les premières semaines du mois d'avril, n'a pas réussi à rattraper les baisses du marché
05:09obligataire sur le mois de mars.
05:12Les baisses en termes de performance, je parle bien sûr de performance des différents fonds, en absolu des fonds crédits.
05:19Est-ce qu'aujourd'hui, vous anticipez un petit peu un scénario 2022 ?
05:23Alors, c'est vrai qu'on était dans un tout autre contexte.
05:25Les prix du gaz n'étaient pas à 60 euros le mégawatt-heure comme aujourd'hui.
05:28Mais en attendant, les banques centrales avaient dû relever leur taux.
05:30Et puis, c'était une année difficile pour le crédit.
05:32Est-ce qu'aujourd'hui, vous vous préparez à cela ou non pas du tout ?
05:37Non, on pense que 2022, on était quand même dans un autre monde, comme vous le disiez, pour plusieurs raisons.
05:41La première, c'est qu'on sortait d'une période de Covid où les économies étaient à l'arrêt.
05:45Il y avait une disruption totale des chaînes d'approvisionnement qui a généré de l'inflation.
05:51Deuxièmement, il y a eu le choc énergétique à cause de la guerre en Ukraine.
05:59Donc là, on est plutôt dans une situation assez semblable sur ce point de vue énergétique.
06:02Et enfin, on était sur des niveaux de taux qui étaient complètement différents.
06:06Entre 2022, on était sur des taux qui étaient à zéro et donc du coup des remontées importantes.
06:10Et aujourd'hui, on est déjà sur des taux élevés.
06:12Donc, on ne pense pas qu'on est dans un scénario 2022.
06:14On pense qu'on est dans un scénario d'inflation plus transitoire.
06:17Et on ne s'attend pas à avoir autant de hausses de taux qu'on a eues à cette époque
06:21-là.
06:22Donc, la performance du marché du crédit, toutes choses égales par ailleurs et à partir de vos scénarios,
06:27devrait plutôt se rattraper dans les prochaines semaines.
06:30Oui, on s'attend plutôt à ce que la performance du marché du crédit se rattrape, effectivement.
06:35Et il y a deux segments que chez Swiss Life Asset Managers nous aimons particulièrement.
06:39La partie courte de la courbe sur l'investment grade,
06:42liée au fait que les taux courts ont particulièrement augmenté ces dernières semaines
06:49en retraçant très peu leur écartement.
06:52Et de l'autre côté, la partie A-Yield et notamment la partie un peu plus spéculative du A-Yield,
06:57le simple B, via des fonds de portage, notamment les fonds à échéance,
07:00qui font beaucoup de sens aujourd'hui avec des rendements attractifs
07:02et une volatilité qui est toujours présente.
07:05Merci beaucoup, Edouard Fort, nous accompagner ce matin.
07:07Responsable du crédit chez Swiss Life Asset Management France pour ce focus,
07:11comme nous le faisons très régulièrement sur la partie obligataire.
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