00:009h32, focus donc sur le marché obligataire comme chaque mercredi, avec ce matin en plateau Edouard Faure, responsable du crédit
00:06chez Swiss Life Asset Management France.
00:09Bonjour Edouard Faure, merci de nous accompagner ce matin.
00:13Le marché du crédit retrouve quelques couleurs depuis le début du mois d'avril, mais contrairement au marché actions, il
00:19n'a pas récupéré le mois de mars.
00:21Non, il n'a pas encore récupéré le mois de mars, enfin en tout cas quand on regarde les primes
00:25de risque, sur la partie investment grade, donc la partie la plus sécurisée du marché du crédit, là les primes
00:31de risque ont retrouvé leur niveau de fin février.
00:34Quand on passe côté Aïlde, la partie la plus risquée, le marché Aïlde a fait à peu près la moitié
00:39du chemin, c'est resserré de la moitié de son écartement du mois de mars.
00:44En revanche, la deuxième dynamique qui est importante dans le marché du crédit, c'est aussi la partie taux, évidemment,
00:48il y a les deux effets, effets primes de risque et taux.
00:50Et sur les effets taux, pour le coup, on reste sur des niveaux particulièrement élevés, ce qui fait que les
00:54rendements globalement sur le marché du crédit restent attractifs aujourd'hui.
00:58Et pourquoi on en parle tous les jours sur cette émission ? On est un petit peu dans le brouillard,
01:02que ce soit sur les prévisions d'inflation, les prévisions de croissance,
01:06est-ce que la BCE va remonter ses taux ou pas, sachant qu'en début d'année, le marché pensait
01:11que la BCE allait probablement baisser ses taux, notamment en fin d'année.
01:15Bref, il y a encore beaucoup de questions sans réponse, et au final, le marché obligatoire doit naviguer autour de
01:19tout cela.
01:20Oui, effectivement. Alors, on voit deux dynamiques. Ce qui se traduisait dans ce que je disais juste précédemment, c'est
01:25que le marché du crédit,
01:27donc le marché des prêts aux entreprises, lui, est relativement positif.
01:31On s'attend à ce que, en tout cas, le marché s'attend à ce que les fondamentaux des entreprises
01:35restent solides, les taux de défauts restent contenus.
01:38On le voit dans les primes de risque sur la partie la plus sécurisée, qui ont complètement effacé le mois
01:41de mars,
01:42et qui ont effaussé la moitié de l'écartement, comme je le disais, sur la partie à yield.
01:46En revanche, sur la partie taux, donc vraiment la partie plus liée à l'inflation,
01:50les dynamiques d'inflation et les dynamiques liées aux banques centrales,
01:53là, on est dans l'incertitude totale, parce que finalement, les taux n'ont pas du tout, ou très peu,
01:58retracé leur mouvement du mois de mars.
02:00Donc, effectivement, il y a deux messages assez contradictoires au sein de ce marché.
02:04Le taux de référence sur le marché obligataire, c'est souvent le disant allemand, le Bund,
02:10qui est donc ce matin à 3%, un taux qui s'est un petit peu détendu par rapport à ces
02:15niveaux du mois de mars.
02:16Qu'est-ce qu'aujourd'hui, le marché obligataire anticipe, que ce soit sur les hausses de taux de la
02:22BCE, sur les taux de crédit ?
02:24Comment, aujourd'hui, toutes ces nouvelles sont anticipées ?
02:27Alors, aujourd'hui, le marché des taux anticipe deux hausses de taux d'ici la fin de l'année de
02:33la part de la BCE.
02:34On était à 3% au mois de mars, donc on voit qu'il y a eu quand même une
02:37petite détente,
02:39toujours dans l'esprit d'un prix du pétrole élevé, du coup, d'une inflation qui devrait augmenter,
02:44et du coup, les banques centrales, en tout cas la BCE, devraient augmenter ces taux selon le marché dans cette
02:50optique-là.
02:51À l'inverse, sur la partie taux de défaut, donc vraiment sur la partie entreprise pure,
02:56là, les taux de défaut sont relativement stables, on est au niveau des moyennes historiques,
03:00et on ne s'attend pas à ce que ces taux de défaut augmentent dans un scénario central, évidemment,
03:05sauf si la guerre dure encore 6 mois, 8 mois, on sera sûrement dans une situation différente.
03:09Mais voilà, les taux de défaut devraient rester stables, voire baisser légèrement au fur et à mesure de l'année,
03:14surtout avec les dernières nouvelles de ces derniers jours.
03:16Si on arrive à un accord de paix entre l'Iran et les États-Unis,
03:21logiquement, on devrait retrouver des taux de défaut en baisse d'ici la fin de l'année.
03:24Comment vous avez traversé ces premières semaines de conflits chez Swiss Life Asset Management France ?
03:31Est-ce que dans vos portefeuilles, vous vous êtes délaissé de certaines obligations cycliques, par exemple ?
03:36Est-ce que vous vous êtes renforcé plutôt sur d'autres aspects plus défensifs ?
03:40Quels sont les arbitrages que vous avez pu faire ?
03:43Pour un gérant, la volatilité, c'est des moments qui sont à la fois un peu désagréables,
03:48parce qu'il se passe beaucoup de choses, et en même temps, source d'opportunités importantes.
03:52Donc effectivement, c'est plutôt des périodes dont on a tendance à être assez actifs dans les portefeuilles.
03:56On a joué sur la partie duration de nos portefeuilles,
04:01c'est-à-dire sur l'aspect sensibilité auto, avec les forts mouvements,
04:04notamment sur la partie courte de la courbe des taux.
04:06On s'est dit qu'à un moment donné, c'était exagéré les trois hausses de taux anticipées par le
04:11marché.
04:11Du coup, on a plutôt eu tendance à augmenter cette sensibilité auto.
04:14A l'inverse, effectivement, vous le disiez, on a aussi agi sur la partie sélection et sectorielle.
04:21On a notamment réduit quelques secteurs cycliques, tels que la chimie.
04:24La chimie étant un secteur qui est compliqué en ce moment,
04:27qui était déjà compliqué avant la guerre, qui l'est encore plus,
04:29parce qu'ils utilisent beaucoup de matières premières comme input de leurs produits.
04:33Du coup, c'est un secteur qui est en grande difficulté aujourd'hui,
04:35et qui risque de subir, ou qui pourrait subir, quelques défauts dans les mois à venir.
04:39Avec une prime de risque qui se renforce, et donc aujourd'hui, opportunité, pas opportunité sur cette partie cyclique ?
04:46Sur certains secteurs, il y a des opportunités.
04:48En fait, c'est même plutôt à l'intérieur de ces secteurs, c'est plutôt certains nombres, en fait.
04:51Quand on regarde, il y a vraiment de la dispersion entre un émetteur et un autre émetteur.
04:55Et c'est là où c'est intéressant, c'est là où il fallait faire la sélection,
04:57parce qu'il y a vraiment des choses intéressantes à faire.
05:00Comme nous l'avons dit en préambule,
05:02le marché, sur les premières semaines du mois d'avril, n'a pas réussi à rattraper les baisses du marché
05:09obligataire sur le mois de mars.
05:12Les baisses en termes de performance, je parle bien sûr de performance des différents fonds, en absolu des fonds crédits.
05:19Est-ce qu'aujourd'hui, vous anticipez un petit peu un scénario 2022 ?
05:23Alors, c'est vrai qu'on était dans un tout autre contexte.
05:25Les prix du gaz n'étaient pas à 60 euros le mégawatt-heure comme aujourd'hui.
05:28Mais en attendant, les banques centrales avaient dû relever leur taux.
05:30Et puis, c'était une année difficile pour le crédit.
05:32Est-ce qu'aujourd'hui, vous vous préparez à cela ou non pas du tout ?
05:37Non, on pense que 2022, on était quand même dans un autre monde, comme vous le disiez, pour plusieurs raisons.
05:41La première, c'est qu'on sortait d'une période de Covid où les économies étaient à l'arrêt.
05:45Il y avait une disruption totale des chaînes d'approvisionnement qui a généré de l'inflation.
05:51Deuxièmement, il y a eu le choc énergétique à cause de la guerre en Ukraine.
05:59Donc là, on est plutôt dans une situation assez semblable sur ce point de vue énergétique.
06:02Et enfin, on était sur des niveaux de taux qui étaient complètement différents.
06:06Entre 2022, on était sur des taux qui étaient à zéro et donc du coup des remontées importantes.
06:10Et aujourd'hui, on est déjà sur des taux élevés.
06:12Donc, on ne pense pas qu'on est dans un scénario 2022.
06:14On pense qu'on est dans un scénario d'inflation plus transitoire.
06:17Et on ne s'attend pas à avoir autant de hausses de taux qu'on a eues à cette époque
06:21-là.
06:22Donc, la performance du marché du crédit, toutes choses égales par ailleurs et à partir de vos scénarios,
06:27devrait plutôt se rattraper dans les prochaines semaines.
06:30Oui, on s'attend plutôt à ce que la performance du marché du crédit se rattrape, effectivement.
06:35Et il y a deux segments que chez Swiss Life Asset Managers nous aimons particulièrement.
06:39La partie courte de la courbe sur l'investment grade,
06:42liée au fait que les taux courts ont particulièrement augmenté ces dernières semaines
06:49en retraçant très peu leur écartement.
06:52Et de l'autre côté, la partie A-Yield et notamment la partie un peu plus spéculative du A-Yield,
06:57le simple B, via des fonds de portage, notamment les fonds à échéance,
07:00qui font beaucoup de sens aujourd'hui avec des rendements attractifs
07:02et une volatilité qui est toujours présente.
07:05Merci beaucoup, Edouard Fort, nous accompagner ce matin.
07:07Responsable du crédit chez Swiss Life Asset Management France pour ce focus,
07:11comme nous le faisons très régulièrement sur la partie obligataire.
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