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  • il y a 10 heures
Ce mardi 10 mars, l'inflation, qui inquiète de nouveau les marchés, a été abordée par Christophe Barraud, directeur de la Gestion Discrétionnaire et de la recherche chez Lior Global Partners, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Dans ce contexte très volatil, c'est Christophe Barraud qui va nous éclairer ce matin,
00:04directeur de la gestion discrétionnaire et de la recherche chez Lure Capital Partners
00:07et membre du comité de Carleton Sélection.
00:09Bonjour Christophe Barraud, merci d'être avec nous ce matin.
00:12Encore cette année, vous avez été classé comme meilleur économiste par Bloomberg au niveau mondial.
00:18Félicitations.
00:19Comment vous regardez un petit peu cette année 2026 avec toute la volatilité qu'il peut y avoir
00:24sur le pétrole, sur les taux, sur les marchés américains ?
00:27J'imagine qu'en termes de lecture, il faut s'accrocher.
00:31Bonjour à tous.
00:33J'ai envie de dire que les années se suivent et se ressemblent,
00:37puisque même en 2025, on avait une année relativement agitée,
00:42plutôt avec le volet droite douane.
00:45Là, ça passe, j'irais, un gros au-dessus avec le volet géopolitique.
00:49Mais on reste dans un contexte très mouvementé,
00:53où les choses vont très vite dans un sens comme dans un autre.
00:56Donc, j'ai envie de dire que ça ne change pas tellement le quotidien.
01:02Néanmoins, vous ne pouvez pas ignorer un baril de pétrole à 100 dollars dans vos prévisions.
01:06Enfin bon, ce matin, on est à 90 dollars, ça bouge très vite.
01:09Comment garder un petit peu les grandes lignes, les grands axes macroéconomiques
01:13dans une telle volatilité ?
01:15Des discours politiques également, des déclarations de ça et là.
01:20Quelles sont vos prévisions ?
01:21Est-ce que face à la remontée des cours, des matières premières depuis une dizaine de jours,
01:26vous avez revu un petit peu vos prévisions pour cette année ?
01:29Alors oui, forcément, on est mécaniquement obligé de les revoir.
01:33Parce qu'au-delà du fait qu'on a un choc en instantané,
01:37il y a quand même ce phénomène qui est qu'on sera sur des niveaux
01:42qui sont durablement un peu plus élevés, voire moyennement plus élevés qu'attendus.
01:48Parce que le conflit et, je dirais, ses conséquences vont à minima durer.
01:55On voit très bien avec tout ce qui se passe dans les pays du Middle East,
01:58que ce soit sur leur production de pétrole, leur livraison,
02:02le temps que ça va mettre pour remettre en route la machine, etc.
02:05Donc mécaniquement, on est obligé de prendre des hypothèses de prix des matières premières plus élevées,
02:11ce qui a un impact sur l'inflation avec une hausse de l'inflation essentiellement pour les pays.
02:17Beaucoup, les pays consommateurs de pétrole et dépendants du pétrole.
02:23Et à l'inverse, le choc, je dirais, d'incertitude va mécaniquement aussi peser
02:29sur les prévisions de croissance en touchant les secteurs les plus vulnérables.
02:33Donc ce sera la consommation, ou plutôt la consommation discrétionnaire.
02:38Ce sera également l'immobilier, via le canal des taux d'intérêt.
02:42Donc mécaniquement, des révisions à la baisse qui se font sentir beaucoup plus sur les pays
02:48dépendants du pétrole, mais globalement à peu près tous les pays développés.
02:53Les taux, en effet, qui ont bien remonté ces derniers jours,
02:56que ce soit sur les taux longs et également sur les taux courts,
02:59avec cette crainte d'un retour de l'inflation.
03:02En ce qui concerne les banques centrales, est-ce que vous estimez
03:05que oui, la Fed peut baisser ses taux, comme attendu, à la fin du premier semestre ?
03:12Pour la Fed, baisser ses taux sur 2026, ça reste encore faisable,
03:18dans le sens où le canal de l'énergie est une chose,
03:22ça peut avoir des implications sur le prix de l'essence et autres.
03:26Il y a le canal aussi des prix de l'alimentation,
03:28parce qu'il ne faut pas oublier que tout ce qui va être lié au prix des fertilisants remonte,
03:34et ça aura un impact.
03:35Néanmoins, il y a quand même une dynamique sous-jacente qui est fondamentale,
03:40qui est celle d'une inflation qui se normalise pour tout un tas de phénomènes,
03:44et notamment, on peut citer l'intelligence artificielle,
03:49qui crée un choc, entre guillemets, désinflationniste.
03:52Et aussi, aux États-Unis, il ne faut pas l'oublier,
03:55c'est qu'on a une dynamique sur les loyers,
03:57la composante loyer qui représente à peu près 35% du CPI,
04:02qui se normalise, et si on regarde un petit peu les indicateurs avancés dans le secteur,
04:07donc ce qu'on appelle les market rents,
04:09ils pointent sur une normalisation jusqu'à minima la fin de 2026.
04:15Donc, il peut y avoir cette fenêtre de tir encore pour les États-Unis,
04:20d'autant que le mandat de la Fed est en double.
04:24On voit bien que le marché de l'emploi,
04:25et on l'a vu à travers les derniers chiffres qui ont été publiés la semaine dernière,
04:29c'est un marché de l'emploi qui reste vulnérable à un choc exogène.
04:33Et là, on a eu ce choc exogène.
04:36Donc, à un moment ou à un autre,
04:38ils seront dans une situation où ils pourront potentiellement à nouveau rebaisser les taux.
04:44Il faut bien comprendre qu'il y a les phénomènes long terme, moyen terme,
04:49qui sont vers une faiblesse de l'emploi,
04:51et un phénomène, entre guillemets, court terme,
04:53qui est une hausse de l'inflation.
04:56Maintenant, la question, c'est plus,
04:58qu'est-ce qu'on appelle court terme sur l'inflation,
05:01et est-ce qu'on va avoir une normalisation plutôt lente,
05:04ou éventuellement rapide,
05:06qui permettra à la Fed de baisser ses taux le plus vite possible ?
05:09Tout dépend, bien sûr, de la durée de ce conflit,
05:12et donc de la durée des matières premières sur des niveaux soutenus.
05:16En tout cas, vous avez hier la directrice générale du FMI,
05:20Kristalina Georgieva,
05:21qui a mis en garde contre les risques inflationnistes.
05:24Néanmoins, il est important de rappeler aujourd'hui,
05:26Christophe Baouk,
05:26nous ne sommes plus du tout dans la même situation qu'en 2022,
05:29c'est-à-dire qu'un baril à 100 dollars aujourd'hui,
05:31il y a un baril à 100 dollars en 2022,
05:33ce n'est pas du tout la même chose.
05:34Les pressions inflationnistes ne sont pas les mêmes,
05:37il y a beaucoup moins de craintes d'une boucle prix-salaire.
05:42Oui, alors il y a deux paramètres.
05:45C'est plus déjà, on avance dans le temps,
05:47et plus en fait la part de l'inflation qui est liée directement au pétrole
05:52a tendance à diminuer,
05:54donc ça, ça limite le choc.
05:56Et si on compare par rapport à 2022,
05:59c'est une situation complètement différente,
06:01où on a eu littéralement un contre-choc,
06:04qu'on était sur des marchés de l'emploi qui étaient en bien meilleure santé,
06:10des ratios, par exemple,
06:12nombre d'offres disponibles sur nombre de chômeurs aux États-Unis,
06:16qui étaient à 2.
06:17Là, aujourd'hui, on est en dessous de 1.
06:20Donc la boucle de second tour sur le moyen terme,
06:25encore aujourd'hui,
06:26la probabilité est relativement faible.
06:29Donc je dirais que les situations ne sont pas du tout les mêmes.
06:34Maintenant, tout dépendra, effectivement,
06:37est-ce qu'on est, on a vu le pic du conflit avec les États-Unis,
06:43et notamment Donald Trump,
06:44qui a bien compris qu'il fallait qu'il sorte de cette guerre,
06:47et donc vers une normalisation,
06:49ou est-ce qu'à un moment ou à un autre,
06:51on peut avoir quelque chose qui se renforce,
06:55et là, ça nous amènera à revoir une nouvelle fois toutes les prévisions.
07:00Christophe Barraud, vous êtes chef économie,
07:02vous êtes également conseil auprès de l'Urc Global Cap Partners,
07:05auprès de Carlton Selection,
07:07dans un environnement volatil,
07:09que ce soit sur les matières premières,
07:11mais également sur le marché de l'action,
07:12on en parlera dans un instant,
07:13le CAC 40 reprend 1,7%,
07:15l'Eurostox plus de 2%.
07:16Quelle est votre stratégie d'investissement ?
07:19Comment vous naviguez un petit peu à vue au milieu de tout cela ?
07:22Là, aujourd'hui, il y a différentes manières.
07:24Soit vous pouvez le voir en mode trading,
07:27soit en mode moyen terme,
07:29qui est plutôt mon cas dans le cadre de ces deux fonctions.
07:33Nous, on va chercher à rester concentrés
07:36sur les thématiques de long terme,
07:39tout ce qui peut être lié aux utilities, etc.
07:43Et puis, si on vise un repositionnement,
07:46ce qui commence avec notre carte,
07:48je pense que la meilleure manière de le jouer
07:51sans pour autant se repositionner à 100% sur un portefeuille,
07:57c'est plus d'aller sur cette console discrétionnaire
08:02qui a été matraquée,
08:03et plus précisément sur des actions qui ont perdu 20-25%,
08:08et qui peuvent permettre de se réexposer,
08:11d'une part en visant une normalisation du conflit,
08:14et aussi potentiellement de jouer les annonces
08:17en provenance de la Chine
08:19sur le volet consommation
08:21qui vont petit à petit se renforcer
08:23au cours des semaines à venir.
08:25Merci beaucoup Christophe Barraud
08:26de nous accompagner ce matin.
08:27Je rappelle que vous êtes directeur
08:29de la gestion discrétionnaire et de la recherche
08:30chez Lior Global Partners
08:31et membre du comité de Carlton Selection.
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