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  • il y a 10 heures
Ce lundi 30 mars, Sébastien Korchia, directeur général et directeur des investissements de Cogefi Gestion, et Jean-Louis Nakamura, responsable de la gestion Global Equities Vontobel AM, ont débattu sur la flambée des prix du pétrole, sur la perte de plus de 10 % du Dow Jones par rapport à sa clôture record du 10 février, ainsi que sur la remontée fulgurante des taux longs, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Tout de suite, c'est l'heure du face-à-face avec nos deux invités.
00:03En plateau, Sébastien Corchia, le directeur général adjoint
00:06et directeur des investissements de Cogéfi Gestion.
00:09Bonjour Sébastien.
00:10Bonjour Étienne.
00:10Merci d'être avec nous ce matin avec Jean-Louis Nakamura,
00:13le responsable de la gestion globale equities de Votobel Asset Management.
00:17Bonjour Jean-Louis Nakamura.
00:18Bonjour Étienne.
00:19Quand vous avez vu ce pétrole à 116 dollars ce matin,
00:22Jean-Louis Nakamura, vous vous êtes dit
00:24« Bon, on est toujours sur des plus hauts de 10 jours, plus hauts de 2022.
00:27Ça sera la dernière séance du mois de mars demain.
00:29On est quand même sur une hausse de 50% du baril de pétrole depuis le début du mois.
00:34Et surtout, un conflit qui rentre dans sa cinquième semaine.
00:37C'est-à-dire que le scénario court est désormais écarté,
00:40même si Donald Trump, encore vendredi, disait « ça va durer 4 à 6 semaines,
00:43donc encore peut-être deux semaines. »
00:45Néanmoins, on voit quand même des investisseurs qui sont beaucoup plus prudents.
00:50Alors, ça c'est un effet marquant de ce début de conflit, on va dire.
00:53C'est cette espèce de déconnexion qu'on a eue ces quatre dernières semaines.
00:57Peut-être jusqu'au milieu de la semaine dernière.
00:58Les choses se sont un petit peu accélérées en fin de semaine dernière.
01:01Entre un marché des matières premières énergétiques qui, très vite,
01:04a prassé les disruptions, le fait qu'elles étaient importantes,
01:08et qu'elles n'allaient sans doute pas être faciles à renverser,
01:11même si demain, les bombardements s'arrêtaient.
01:14Donc ça, c'était très clair, avec cette hausse du prix du pétrole
01:17que vous avez mentionné, qui est intervenue très vite.
01:20On a touché les 120 très vite.
01:21Après, c'est redescendu avec les propos de M. Trump.
01:24Et puis là, c'est en train de remonter.
01:25Et puis, un marché actions qui, lui, est resté pendant très longtemps, finalement.
01:29Alors, beaucoup ont dit complaisant, on pourra y revenir.
01:31Mais en tout cas, qui est resté sur cette idée, effectivement, d'un conflit très court,
01:36avec l'idée qu'il y aurait des seuils, de toute façon, à tester,
01:39et qui provoquerait probablement un revirement de l'administration américaine,
01:44et sans doute, ce que beaucoup appellent le fameux taco-trade.
01:49Et donc, la question qu'il fallait se poser, c'est,
01:51est-ce que ce taco-trade est toujours d'actualité ?
01:53Si oui, quels sont les seuils qui pourraient le déclencher ?
01:57Beaucoup parlaient, jusqu'à la semaine dernière,
01:59d'une baisse de 10% sur les actions américaines,
02:02et de taux à 10 ans, là aussi, je pense qu'on va y revenir,
02:06autour de 4,5% sur les trésuries américaines.
02:09Ce sont deux seuils desquels on se rapproche.
02:12En tout cas, sur le marché de l'action, finalement,
02:13on s'en est beaucoup rapproché en fin de semaine dernière.
02:15Donc, on n'est plus très loin.
02:16On va voir si ça suffit.
02:17Mais en même temps, on a ce bruit,
02:19on a ce bruit qui continue à devenir sur la concentration
02:21d'une possible intervention au sol,
02:23qui, évidemment, déclencherait une deuxième vague dans ce conflit.
02:27Donc, aujourd'hui, pour répondre à notre question,
02:30on n'est plus du tout dans l'hypothèse d'un conflit ultra court.
02:33Mais néanmoins, rien ne nous dit qu'à tout moment,
02:36et c'est bien d'ailleurs la deuxième grande leçon de ce conflit,
02:42c'est qu'on sait désormais, comme l'a très bien formalisé Marc Carnet,
02:46le Premier ministre canadien à Davos en début d'année,
02:48qu'on vit dans un monde sans règles.
02:50Dans un monde sans règles, la rationalité économique
02:52ne dirige plus forcément le politique,
02:54il ne contrôle plus le géopolitique.
02:56Donc, essayer de rationaliser des choses qui le sont de moins en moins,
02:59ça devient très compliqué.
03:00Et à partir de là, on sait,
03:03et des déclarations comme elles l'ont été encore faites
03:05en début de matinée par M. Trump sur le fait qu'il considérait
03:08qu'un changement de régime avait eu lieu en Iran,
03:11ouvrent de toute façon les portes à toutes les solutions possibles,
03:14à tous les horizons possibles.
03:16Quand on est investisseur, aujourd'hui,
03:18on ne peut pas totalement se mettre en dehors du marché,
03:20parce que s'il y a un rebond, c'est compliqué.
03:23Et en même temps, j'imagine qu'en tant qu'allocataire,
03:26Jean-Louis Nakamura, vous regardez un peu votre portefeuille,
03:29et quelles sont les valeurs qui seront les plus impactées
03:32par cet os du pétrole, et vice-versa.
03:34Alors, évidemment, c'est un travail que tout le monde a fait dès le début,
03:37ce qui est assez frappant,
03:38et ça explique peut-être pourquoi on a cette forme de résilience,
03:40au moins au début du marché actions,
03:41c'est que, alors que les gérants de hedge funds
03:44se sont très vite couverts dans des proportions très importantes,
03:47il y a un dérisking très important de tout ce qu'on appelle
03:49le monde de la hot money sur les marchés,
03:51les gérants long-only dont nous faisons partie,
03:53eux, sont restés relativement inchangés, investis,
03:57n'ont pas beaucoup rebalancé leur portefeuille.
04:00Dans notre cas, par exemple, nous étions,
04:02on a eu la chance de rentrer sous ce conflit
04:03avec pas mal de valeurs énergétiques d'Amérique latine,
04:06qui ont plutôt aidé les portefeuilles à tenir.
04:08Sur les valeurs industrielles, évidemment,
04:09ça s'est moins bien passé,
04:11encore que certains segments,
04:12on pense par exemple aux batteries électriques en Chine,
04:14ont plutôt très bien fait.
04:16Ça aussi, c'est peut-être un signe pour l'avenir.
04:19Et donc, nous, notre tendance à dire,
04:21c'est que, vous l'avez dit vous-même,
04:22on ne peut pas se permettre d'investir,
04:23parce que si le conflit s'arrête demain,
04:25et qu'il y a un rebond,
04:26qui ne sera pas forcément très marqué,
04:27compte tenu du fait qu'on n'a pas beaucoup corrigé,
04:29on ne veut pas faire les portes de saloon, comme on dit.
04:32En revanche, il ne faut pas que ce conflit
04:36nous amène à délaisser les quelques thèmes,
04:39et j'espère qu'on aura peut-être l'occasion d'y revenir,
04:41pour lesquels on a encore un tout petit peu de visibilité.
04:44Dans un monde où on a de moins en moins de visibilité,
04:46s'il y a quelques thèmes sur lesquels
04:47on a un peu de visibilité à 6-9 mois,
04:49je pense que ce serait une erreur de les délaisser trop vite.
04:52On en parlera dans un instant.
04:53Sébastien Corchia, comment vous regardez ce mois de mars,
04:56pour l'instant, sur les indices ?
04:57L'ASDAQ, Dow Jones en zone de correction,
04:59les indices européens qui cèdent entre 7 et 11 %.
05:03Comme un marché qui remet au milieu du jeu
05:06ses anticipations pour l'année,
05:08qui était top 1 émergent,
05:10top 2 Europe, top 3 États-Unis,
05:13je fais l'inverse, en fait,
05:15pour rééquilibrer,
05:16c'est un peu au gré de la sensibilité
05:18de chacune de ces zones
05:19au coût de l'énergie et au coût du pétrole.
05:22Donc ça, c'est un peu la réallocation
05:24que le marché a fait.
05:25Il n'a pas forcément fait, à mon sens,
05:27beaucoup de cash,
05:28mais il a remis dans l'ordre de priorité,
05:32finalement,
05:33et rapidement,
05:35son tiercé.
05:37L'autre chose,
05:38c'est effectivement l'impossibilité,
05:39je rejoins ce qui a été dit,
05:41l'impossibilité de, finalement,
05:43faire de ce qu'on appelle,
05:44dans notre métier,
05:45du directionnel.
05:46C'est-à-dire que souvent,
05:47on entend les clients,
05:48notamment les clients particuliers,
05:49qui disent,
05:49mais il faut jouer,
05:50c'est dangereux,
05:51il faut jouer la guerre,
05:53et donc la hausse du pétrole,
05:54etc.,
05:55ou au contraire,
05:55c'est peut-être le moment d'y aller,
05:56etc.
05:57Dans nos métiers,
05:57on ne peut pas faire ça.
05:58C'est-à-dire que,
05:59surtout aujourd'hui,
05:59quand tout tient à une déclaration
06:02qui peut être changée
06:04une heure,
06:04deux heures après.
06:06Et finalement,
06:06vous êtes obligés de faire
06:08un portefeuille
06:09qui ne soit ni KO,
06:11le KO mondial,
06:13ni TACO,
06:14parce que vous pouvez,
06:16ce ne sont plus les mêmes valeurs,
06:17ce n'est plus rien,
06:18et vous avez le temps de réaction,
06:19il est impossible à mettre en œuvre.
06:21On l'a vu la semaine dernière
06:22quand tout d'un coup,
06:22le S&P passe de moins 2 à plus 2.
06:24Donc, finalement,
06:25vous êtes obligés de garder
06:26vos convictions de départ,
06:28peu ou prou,
06:29quand même,
06:30en vous disant que,
06:31de toute façon,
06:31elles peuvent revenir
06:32en haut de l'affiche
06:33en quelques secondes,
06:34quasiment,
06:35sauf que vous allez diminuer,
06:37et ça,
06:38souvent,
06:38les particuliers ont du mal
06:39à comprendre
06:39que les institutionnels
06:41réagissent comme ça,
06:42vous allez diminuer
06:42votre enveloppe de risque,
06:44c'est-à-dire que le même portefeuille,
06:45vous allez le faire un peu
06:45un mini-portefeuille,
06:47et c'est pour ça
06:48que les gens ont peut-être
06:50du mal à comprendre
06:51pourquoi les valeurs
06:52de défense diminuent.
06:53Par exemple,
06:54je prends cet exemple
06:54parce qu'il est assez marquant,
06:57diminuent parce qu'en fait,
06:59il y en avait trop,
07:01et si demain,
07:02c'est à cause,
07:03ça rebaisse,
07:04vous aviez à l'inverse
07:05plus de valeur de tech,
07:07mais bon,
07:08avec tout ce qu'on peut dire
07:09sur la tech,
07:10mais obligé d'en remettre
07:11un petit peu
07:11parce que c'est moins cher,
07:12donc les gens se remettent
07:13dans une grande neutralité
07:16sans directionnel.
07:17Et finalement,
07:18le tampon,
07:19c'est-à-dire ce que vous récupérez
07:20un peu,
07:21comme tous les actifs
07:23sont corrélés entre eux,
07:24vous le voyez,
07:25les obligues,
07:26vous ne pouvez pas
07:26vous en servir comme coussin,
07:28l'or,
07:28vous ne pouvez pas
07:29vous en servir comme coussin,
07:30les crypto,
07:31vous ne pouvez pas
07:31vous en servir comme coussin,
07:33les matières premières non plus,
07:34et le private equity
07:35qui était souvent aussi
07:36le coussin
07:37de ces allocations diversifiées,
07:38vous ne pouvez pas
07:39vous en servir.
07:39Donc le seul tampon
07:41que vous avez,
07:41c'est le cash,
07:43c'est le monétaire dollar
07:44ou monétaire euro,
07:45et finalement,
07:46aujourd'hui,
07:46vous avez des investisseurs
07:47qui, finalement,
07:48ça rejoint votre mot lassitude,
07:51ils ne sont pas
07:51dans une lassitude,
07:52ils sont dans
07:53une énorme incertitude,
07:54ils ne veulent pas
07:55le prendre de pari,
07:56ils veulent être prêts
07:57à se dire,
07:58ok, demain,
07:58à un moment,
07:59il y aura un choix
08:00beaucoup plus clair
08:01et mon tampon de cash,
08:03je pourrais le remettre
08:04sur différentes choses.
08:05En attendant,
08:05il n'y a aucun scénario
08:07qui domine un autre,
08:08c'est KO ou TACO.
08:09D'autant plus
08:10que les résultats d'entreprise
08:11vont commencer
08:12à prendre les devants,
08:13c'est bien,
08:13on va commencer
08:14à parler des entreprises
08:15et pas que de l'Iran
08:16et que,
08:16comme chaque fois,
08:17il y aura de la volatilité
08:18à l'occasion de ces résultats.
08:19Oui,
08:19même si je ne suis pas sûr
08:21que sur cette publication
08:22de mars,
08:23mais probablement
08:23plus tôt
08:25sur juin et septembre,
08:27je ne suis pas sûr
08:28qu'au jour d'aujourd'hui,
08:29une entreprise
08:30qui n'a pas plus d'informations
08:31que vous et moi
08:32et qui vient de se faire
08:34percuter
08:35par ce choc d'offres
08:36soit en capacité
08:38de vous faire
08:39un business plan revu
08:41ou une projection revue,
08:42ce qu'on appelle
08:43les guidance,
08:44qui soit fiable.
08:45Par contre,
08:47on va voir un peu
08:48comment elle diminue
08:49les choses
08:49et ça,
08:50ça va impacter
08:51la partie BNPA
08:53dans votre PER,
08:54cours sur BNPA
08:55et donc,
08:56peut-être que quand on dit
08:58bénéfice par action,
08:59et quand,
09:00par exemple,
09:00vous avez ceux
09:01qui sont plutôt
09:01les adeptes
09:02du buy the dip,
09:03je vais acheter
09:03parce que le marché
09:04est moins cher,
09:05bah oui,
09:05sauf que vous allez peut-être
09:06vous apercevoir
09:07qu'en fait,
09:07il est toujours aussi cher
09:08qu'il y a 15 jours
09:08parce que les perspectives
09:10de BNPA,
09:10de bénéfice par action
09:11ont baissé.
09:12Mais je n'attends pas
09:13grand-chose
09:13de cette première vague
09:15d'entreprise,
09:15elles vont toutes dire
09:16je ne sais pas
09:17et ça sera peut-être
09:18un problème.
09:18Jean-Louis Nakamura,
09:19pour rebondir sur ce qui
09:20vient d'être dit,
09:21notamment sur les refuges
09:22et à la réaction
09:22des différents actifs.
09:24Alors oui,
09:24c'est intéressant
09:24parce que quand on regarde
09:25l'évolution des différents
09:26segments du marché
09:27depuis le début du conflit,
09:28fin février,
09:28début mars,
09:29on a le sentiment
09:30effectivement d'une hiérarchie
09:31assez logique
09:32avec ce qu'on perçoit
09:33de la dépendance
09:34de chacune des grandes régions
09:35du monde
09:35et de chacune des grandes industries
09:37à l'énergie importée
09:39du Moyen-Orient.
09:40Donc pour faire simple,
09:41jusqu'à la semaine dernière,
09:43les élections américaines
09:43avaient très peu décroché,
09:44de l'ordre de 3-4%,
09:46l'Europe c'était 7-8%
09:47et puis les émergences
09:48c'était 10%
09:48ou un peu plus
09:52ma lecture est un peu différente.
09:54C'est-à-dire que
09:54quand on regarde
09:54le profil infrapériode
09:57au cours du temps,
09:58au cours de ces 4 dernières semaines,
09:59c'est essentiellement
10:00sur les 48 premières heures,
10:02les 2 premiers jours de bourse
10:03suite au conflit
10:04qu'on a une correction
10:05plus marquée
10:06sur les émergents
10:06et un peu sur l'Europe
10:07et quasiment rien de changé
10:10aux Etats-Unis.
10:11Après les choses
10:11évoluent de concert
10:12et ces derniers jours,
10:13en fin de semaine dernière,
10:14c'était plutôt les actions américaines
10:15qui corrigeaient davantage.
10:16Moi j'ai le sentiment
10:17que dans les premiers jours,
10:19comme ça a été très bien expliqué,
10:21il y a eu une prise de profit
10:23généralisée
10:23à un dégrossissement
10:24des portefeuilles
10:25qui fait qu'on a vendu,
10:26mais forcément
10:27on a vendu en priorité
10:28ce qui avait le mieux performé
10:29au cours des mois qui y viennent.
10:31Donc c'est pas seulement
10:31l'Asie émergente,
10:32c'est le Japon.
10:34Évidemment au sein de l'Asie,
10:35il y avait la Corée du Sud
10:36qui était le marché
10:37qui avait le mieux performé
10:38en 2025,
10:38qui a le plus corrigé
10:39au tout début.
10:40On a eu,
10:41au sein des secteurs,
10:42on a eu une remontée temporaire
10:44des softwares
10:45versus de l'hardware.
10:46Pareil,
10:46ça correspond à ce qu'on appelle
10:48la clôture d'un trade
10:49qui était long hardware,
10:50short software.
10:52Faire surperformer les softwares.
10:54Et c'est la même chose aussi
10:55sur l'or évidemment
10:56où il y a beaucoup de particuliers
10:58qui ont vendu leur position
10:58dans des ETF sur l'or
10:59et contribué à sa baisse.
11:01Donc il ne faut pas aller trop vite
11:03aujourd'hui en se disant
11:04cette performance différenciée
11:05entre région et secteur,
11:07c'est le reflet
11:08d'une appréhension
11:08de ce que va être
11:09la sensibilité économique
11:10de ces différentes régions
11:11à ce qui se passe
11:12au Moyen-Orient.
11:13C'est à ce stade d'abord
11:14le reflet d'une prise de profit
11:16sur les segments
11:18qui avaient le mieux performé.
11:18Et comment vous regardez
11:19la baisse du Nasdaq
11:20de 4,5 jeudi
11:21et vendredi ?
11:22Parce que ça,
11:22c'est nouveau pour le coup.
11:23C'est-à-dire que les investisseurs,
11:24dans un premier temps,
11:25ils n'ont pas voulu vendre
11:26leur alphabet et compagnie.
11:28Et là, maintenant,
11:29quand vous regardez Microsoft,
11:29on est à moins 35 depuis octobre.
11:31Alphabet, on est à moins 20
11:32depuis février.
11:33Meta a perdu 10-15% en deux jours.
11:35Enfin, c'est une baisse importante
11:36tout de même.
11:37Effectivement, cette baisse-là,
11:38elle n'a pas commencé
11:38avec la guerre.
11:39Oui.
11:39Elle a commencé à l'automne dernier.
11:41C'était une des tendances
11:42que j'évoquais tout à l'heure
11:43qui a commencé à l'automne dernier
11:45et qui ne s'est pas, elle,
11:46vraiment inversée
11:47ou en tout cas,
11:48il y avait une forme de pause
11:49et puis ces derniers jours,
11:50ça a repris de plus belle
11:51sur les hyperscalers américains.
11:53Pour moi,
11:53on est sur un sujet différent là.
11:55Je ne pense pas
11:56à un seul instant que...
11:57Bon, évidemment,
11:58encore une fois,
11:59tout ce qu'on dit
12:00est soumis aux aléas
12:01de l'échelle...
12:03Toutes choses égales, pareil.
12:04Voilà, le conflit
12:05va escalader.
12:06Mais à ce stade,
12:07je ne crois pas
12:07qu'il n'y ait aucune raison
12:08pour que les hyperscalers
12:09remettent en cause
12:10les plans d'investissement
12:11qu'ils avaient
12:11sur 2026 et 2027.
12:14En revanche,
12:16la capacité qu'ils auront
12:18à vendre des solutions
12:19et donc à profitabiliser,
12:21monétiser encore plus vite
12:22ou aussi vite
12:23qu'ils auraient dû le souhaiter
12:26et que les investisseurs
12:26l'attendaient assez rapidement
12:29va être peut-être contrainte
12:30dans un contexte
12:31où les entreprises
12:32freineraient leur demande
12:33de leur réorganisation interne
12:35et leur demande
12:35elles-mêmes
12:37d'équipements en AI.
12:38Ça, c'est une possibilité.
12:40Il y a derrière aussi
12:42une vraie question,
12:43une vraie tendance
12:44et là aussi,
12:44ça fait partie
12:45de ces temps structurels
12:45qu'il ne faudrait pas
12:46perdre de vue
12:46parce qu'on est tous
12:47accaparés par ce qui se passe
12:48au Moyen-Orient.
12:49C'est ce que j'appelle
12:50l'érosion
12:50des piliers institutionnels
12:53américains.
12:55Le week-end
12:56où Donald Trump
12:57a déclenché
12:58les frappes sur les rangs,
12:59il a aussi
13:01qualifié anthropique
13:02de menace
13:02à la sécurité nationale.
13:03Je ne sais pas
13:04si on se rend compte
13:04de ce que ça implique
13:05et de ce que ça veut dire.
13:06C'est quelque chose
13:07qu'on attendait
13:08du gouvernement américain
13:08à propos d'entités chinoises.
13:10C'est quelque chose
13:11qu'on attendait
13:11du gouvernement chinois
13:12à propos d'entités chinoises.
13:13Ce n'est pas quelque chose
13:14qu'on attendait
13:15du gouvernement américain
13:16à propos d'entités américaines.
13:17Donc,
13:18quand vous rentrez
13:18dans ces eaux-là,
13:19beaucoup de questions
13:20commencent à être ouvertes
13:21et il n'est pas illégitime
13:22de se poser la question
13:23de savoir
13:24si l'environnement réglementaire
13:26ne va pas venir
13:27fixer une sorte
13:28de plafond de verre
13:29à ces entreprises
13:30qui les empêcherait
13:30de profitabiliser aussi vite
13:32le modèle qu'elles avaient en tête,
13:33la course aux données
13:34dans laquelle
13:34elles se sont engagées.
13:35Sans compter,
13:36bien sûr,
13:36les questions sur les gagnants,
13:38les perdants
13:39de l'intelligence artificielle,
13:40Tchad GPT, etc.
13:42Votre lecture sur la tech...
13:43Alors,
13:43je voudrais reprendre
13:44par le dernier mot
13:46qui a été dit,
13:46la lecture réglementaire.
13:48Il y a par exemple
13:49l'effet méta
13:50qui est arrivé
13:51et qui donne justement
13:52aussi un cadre
13:54qui va être peut-être
13:55un petit peu
13:55plus compliqué.
13:57Ce que je pense
13:58c'est que je reviens
13:58sur mon article,
14:00mon idée
14:00de déleverager
14:02un peu les portefeuilles,
14:03c'est-à-dire
14:03on diminue
14:05l'enveloppe,
14:05le risque,
14:06tout le monde était
14:06trop au même endroit.
14:08On parlait de la défense
14:09mais on parlait...
14:09Mais là,
14:10ça s'est vraiment fait
14:10à la fin du mois de mars.
14:11Oui, ça s'est fait
14:12parce que ça s'est accéléré
14:13parce qu'il y a des gens
14:14quand même
14:14qui n'y croyaient pas à ça.
14:15En se disant
14:15les Max 7 restent
14:16et les Max 7 resteront
14:17les Max 7.
14:19Elles ont une prime
14:20qui est complètement justifiée
14:21et à côté,
14:22il n'y a rien d'autre.
14:22Il a fallu quand même
14:23un certain temps
14:24pour que le chemin se fasse.
14:27Et puis souvent
14:27dans les grandes maisons
14:28et à un moment,
14:28c'est plus vous
14:29qui décidez,
14:29le gérant,
14:30c'est le contrôle des risques.
14:31Il vient vous voir
14:32et qui dit
14:32il faut diminuer le risque.
14:34Donc, vous n'avez pas le choix,
14:35il faut le faire.
14:36Autre chose,
14:37plus proche de nous,
14:38il y a la hausse des taux longs
14:39et on sait qu'il y a
14:39cette sensibilité
14:40à la hausse des taux longs.
14:41La troisième chose
14:42et ça, j'y crois beaucoup
14:43et je le mettrai presque
14:44en premier,
14:45c'est qu'on oublie
14:46que beaucoup de ces valeurs,
14:47notamment les Max 7,
14:48ont beaucoup progressé
14:50avec un truc
14:51qui s'appelle
14:51le rachat d'actions,
14:52le share buyback
14:53et que quand vous mettez
14:54beaucoup d'argent
14:57pour faire du capex,
14:58c'est-à-dire investir,
14:59cet argent,
15:00quand vous avez un dollar,
15:01vous n'avez qu'un dollar.
15:03Et donc,
15:04les marchés
15:04prennent aussi en compte
15:06que beaucoup de ces valeurs-là
15:07vont avoir
15:08un énorme moteur
15:09qui va s'arrêter.
15:10Je pense à des valeurs
15:11comme Apple
15:12ou d'autres
15:12mais qui avaient
15:13des chiffres gigantesques
15:14chaque année
15:15de rachat d'actions.
15:16Ça, c'est un énorme moteur
15:18qui va s'arrêter.
15:20Puis, il y avait
15:20dernière chose,
15:21peut-être les IPO
15:23qui arrivent,
15:25l'introduction en bourse
15:26qui arrivent.
15:27De SpaceX, notamment.
15:28De SpaceX ou d'autres.
15:29Et pourquoi je parle
15:30de ces IPO ?
15:31Parce que je pense
15:32qu'un, il y a des gens
15:32qui mettent un petit peu
15:34d'argent de côté
15:34en disant
15:35je veux faire plutôt ça,
15:36ça m'intéresse.
15:37Deux,
15:37plutôt mon argument,
15:38c'est de dire
15:39qu'il y a beaucoup
15:40de pré-marketing
15:41qui a été fait là-dessus
15:42et je trouve
15:43qu'il y a concomitance
15:44entre de multiples annonces
15:46ces dernières semaines
15:47de disruption de ceci,
15:48de disruption de cela
15:49pour faire montrer
15:50que ce qui arrive en bourse,
15:51par contre,
15:52ça, c'est génial
15:53et on connaît l'histoire.
15:54Une fois que c'est en bourse,
15:55bizarrement,
15:55il n'y a plus de disruption.
15:57Le temps passe très vite.
15:57Il nous reste à peine 5 minutes.
15:59Vos thèmes,
16:00vous avez parlé
16:00des thèmes visibles tout à l'heure,
16:02Jean-Louis Nakamura.
16:02Quels sont pour vous
16:03aujourd'hui les thèmes
16:04qui sont un petit peu immunisés ?
16:05Alors moi,
16:05je continue à penser
16:06qu'il n'y aura pas
16:07de remise en cause
16:07au moins dans les 9 à 12 mois prochains
16:09des dépenses d'investissement
16:11en infrastructures
16:12liées à l'IA
16:12de la part des grands
16:13hyper-scalaires américains.
16:15Donc,
16:15plutôt que de jouer
16:16les Max 7,
16:17jouons toute la chaîne
16:18en amont,
16:19les équipementiers,
16:20équipementiers de réseau.
16:21On a des valeurs
16:22d'ailleurs aujourd'hui,
16:23notamment à Taïwan,
16:24autres que TSMC,
16:25évidemment,
16:26qui ont plutôt très bien fait,
16:28y compris depuis
16:28le déclenchement
16:32du conflit.
16:34Le deuxième thème,
16:35aujourd'hui,
16:37il n'en profite pas vraiment
16:38parce que par construction,
16:39il n'est pas exposé
16:39à l'énergie fossile,
16:40c'est la transition,
16:42j'ai même envie de dire
16:42la souveraineté énergétique.
16:44C'est quelque chose
16:45qui était déjà
16:46sur la table
16:47avant le conflit.
16:48Évidemment,
16:50ça va revenir
16:50avec encore plus de force.
16:51Ça veut dire quoi ?
16:52Ça veut dire
16:53non seulement
16:54aller plus vite
16:55dans l'indépendance énergétique,
16:57mais sécuriser les réseaux.
16:58Là encore,
16:59il y a des chaînes
17:00de valeurs industrielles
17:01qui travaillent à ça.
17:02Il y a des vrais spécialistes.
17:03En Asie,
17:04beaucoup encore une fois.
17:05Il faut voir qu'aujourd'hui,
17:06la Chine n'a qu'à par 40%
17:07des capacités
17:08d'énergie renouvelable
17:09dans le monde,
17:10mais aussi quelques opérateurs,
17:12par exemple,
17:12en Europe.
17:13Et puis,
17:14j'évoquais tout à l'heure
17:15l'érosion
17:16des piliens sociaux américains
17:17avec tout ce que ça implique
17:18en termes de besoins
17:20quand même récurrents
17:21de se diversifier
17:22en dehors des États-Unis,
17:23en dehors des Max-7,
17:26avec des risques
17:27de temps en temps
17:27dans des réglementations,
17:29soit initiées par le juge,
17:30soit initiées finalement
17:31par les partis politiques
17:32dans un contexte de mid-terme
17:33où il faut venir
17:34en aide à une population
17:35qui souffre
17:36de ce qu'on appelle
17:37la crise de la affordability
17:38aux États-Unis,
17:39vont peut-être venir
17:41remettre le balancier
17:41un peu plus en faveur
17:42des small et mid-cap,
17:43pour autant évidemment
17:44qu'on n'ait pas une récession
17:45aux États-Unis,
17:46mais on en est encore loin.
17:47Avec bien sûr une question
17:48sur les small et mid-cap de taux,
17:49tout dépendra bien sûr
17:50de l'évolution du marché obligataire.
17:523,8% ce matin
17:53pour le 10 ans français,
17:54Sébastien Corchia,
17:54plus haut de 2009,
17:55le Bund au-delà des 3,1,
17:56le 10 ans italien
17:57au-delà des 4%.
17:58Comment vous l'expliquez
17:59en un mot ?
18:00Et puis après,
18:00on parlera de la conséquence
18:01pour les portefeuilles mixtes.
18:03Le marché joue
18:04la stagflation,
18:05c'est-à-dire qu'il n'y a
18:07pas de croissance
18:08et puis il y a,
18:09comment dire,
18:10l'inflation
18:11qu'il estime durer
18:12un certain temps
18:13parce que,
18:14comme vous l'avez dit
18:14en préambule,
18:15on ne va pas pouvoir
18:16remettre toute la chaîne
18:17logistique du pétrole
18:19et des matières premières
18:20en route comme ça.
18:21Donc il joue ça.
18:22Est-ce que les économistes
18:22vous disent
18:23et ce que le marché
18:24obligataire dit ?
18:25C'est quand même
18:25des messages
18:25qui sont un peu différents.
18:27C'est-à-dire que le marché
18:28obligataire anticipe
18:292 à 3 hausses de taux
18:29de la BCE
18:30alors que les économistes
18:31dans leur ensemble
18:31sont quand même
18:32plus prudents.
18:33Parce qu'en fait,
18:34ce marché,
18:35il sort,
18:36vous savez,
18:36ce qu'on appelle,
18:37c'est le gros mot
18:38à la mode actuellement,
18:39c'est les playbooks.
18:39C'est-à-dire qu'il sort
18:40un peu la feuille de route
18:41d'une histoire passée.
18:43Et la playbook actuelle
18:44de ce marché obligataire,
18:45de notice, pardon,
18:46c'est 2022.
18:48C'est la guerre en Ukraine.
18:50Et donc il se dit
18:50tiens, même chose,
18:52choc d'offre
18:53sur les matières premières.
18:54Je sors ça.
18:54Qu'est-ce qui s'est passé
18:55à cette époque ?
18:56Oh là là,
18:56très forte hausse
18:57des taux longs,
18:59inflation,
18:59qui est allée
18:59beaucoup plus haut.
19:00Et les banques centrales
19:01ont réagi en montant
19:02leurs taux courts.
19:03On oublie juste
19:03que l'histoire
19:05ne se répète pas,
19:06elle bégaye,
19:07mais elle ne se répète pas
19:07et qu'on avait
19:08à ce moment-là
19:09des taux courts
19:09qui étaient à moins 0,5
19:11et il y avait de la marge
19:12pour les remonter.
19:13Ce n'est plus du tout
19:14le même cas.
19:15Les consommateurs,
19:16ils pouvaient s'accommoder
19:17de pétrole cher
19:18parce qu'ils sortaient
19:19du Covid,
19:20ils avaient envie de consommer,
19:21ils avaient plein d'épargne,
19:21etc.
19:23Donc le marché obligataire,
19:24il réagit comme ça.
19:25C'est très compliqué
19:26pour les gens
19:26qui gèrent des portefeuilles
19:28diversifiés
19:28parce qu'ils perdent
19:29sur les actions actuellement
19:30et ils perdent sur les taux.
19:32Attention aux gens
19:33qui ont des portefeuilles
19:34sécurité,
19:37équilibre,
19:38parce qu'en 2022,
19:39c'était des perfs
19:40très modèles.
19:40Il ne faut pas que ça dure
19:41cette histoire-là.
19:42Par contre,
19:43si on va dans la récession,
19:44les taux longs,
19:44à mon avis,
19:45redescendront.
19:45À court terme,
19:46ça c'est le problème
19:47et donc quand on a
19:48une poche taux
19:49dans son portefeuille,
19:50il faut être très très court.
19:51C'est monétaire,
19:52voire comme il y en a
19:53qui anticipent
19:54des hausses des taux courts déjà,
19:55ces anticipations
19:56se retrouvent dans des obligations
19:58à 1-2 ans.
19:59Je prends l'exemple de l'OAT,
20:00c'est le français.
20:01À 2-2 ans,
20:02vous avez déjà 2,7% de rendement.
20:04C'est mieux que le monétaire.
20:052,87 ce matin.
20:062,87.
20:07Donc vous voyez,
20:08c'est mieux que du monétaire
20:09parce qu'en fait,
20:09il anticipe ça
20:10qui ne viendra à mon avis pas.
20:11Je vois mal la BCE
20:13remonter 3 fois ces taux.
20:14La hausse des taux
20:15n'a jamais fait baisser
20:15les cours du pétrole.
20:17Et puis sur les actions,
20:19je vous ai dit,
20:20gardez,
20:20et je suis d'accord
20:21avec ce qui a été dit
20:21et qu'on a dit ici,
20:22gardons le même portefeuille
20:24pour l'instant,
20:25jouons-le en version
20:26un petit peu miniature
20:27et puis en se disant
20:28par contre,
20:28est-ce qu'il y a vraiment
20:29des grands perdants
20:30ou des grands gagnants ?
20:32En tout cas,
20:32il y a des perdants
20:33ou qu'on peut penser perdants
20:34qui ne sont pas.
20:35Quand on parlait de l'émergent,
20:36l'émergent Amérique latine,
20:38par exemple,
20:39le Brésil,
20:39je prends le Brésil,
20:40il est exportateur
20:41de matières premières
20:43pétrolières,
20:43exportateur de matières
20:44premières agricoles,
20:45lui,
20:45il est super gagnant
20:46dans l'histoire.
20:46Donc il y a des choses
20:47à faire quand même.
20:48Un mot,
20:48vraiment très court Jean-Louis
20:49Nakamura.
20:50Très court,
20:50je souscris tout à fait
20:51à ce qui a été dit.
20:52Je pense que plus
20:53qu'une crise inflationniste,
20:54on aura d'abord
20:55peut-être un choc,
20:56un bruit sur l'inflation
20:57pendant quelques mois
20:59suivi,
20:59si ça devait se prolonger,
21:00s'intensifier
21:01sur une crise
21:02plutôt pas récessionniste,
21:04mais en tout cas,
21:04un ralentissement
21:05qui serait plutôt
21:06désinflationniste.
21:06Mais je ne crois pas
21:07du tout à un scénario
21:08où les banques centrales
21:09aient à monter
21:10autant les taux.
21:11Merci à tous les deux
21:12de nous avoir accompagnés.
21:13Jean-Louis Nakamura,
21:14responsable de la gestion
21:15Global Equity
21:15chez Votobel Asset Management
21:16et Sébastien Corchia,
21:17directeur général adjoint
21:18et directeur des investissements
21:19de Cogefi Gestion.
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