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  • il y a 7 semaines
Ce lundi 22 décembre, le 10 ans français qui se stabilise à 3,61, mais qui reste sur des plus hauts de 2011, et le marché obligataire qui grimpe, ont été abordés par Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Florian Yelpo, macroéconomiste en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM qui nous accompagne ce matin.
00:06Bonjour Florian, merci de nous accompagner. Dans un instant nous allons parler de la situation aux Etats-Unis
00:12avec certes une trêve de Noël mais pas totalement puisque vous aurez quelques statistiques à suivre cette semaine du côté des Etats-Unis,
00:20notamment demain. Juste avant quand même, Florian, un mot de la situation en France.
00:24Un disant français qui se stabilise ce matin à 3,61, 3,62. Néanmoins on reste quand même sur des plus hauts de 2011.
00:31Avec, je le disais en préambule, un marché obligataire qui grimpe parce qu'il y aura beaucoup de déficit à financer l'an prochain.
00:38Tout à fait, bonjour Etienne, bonjour à tous.
00:40Oui, alors il y a deux éléments qui peuvent expliquer cette remontée des taux qui s'est accélérée depuis vendredi.
00:47Le premier de ces éléments, vous le mentionniez, c'est effectivement la situation fiscale
00:51où on va pouvoir avoir des divergences entre pays européens.
00:54Mais la deuxième explication, c'est que c'est une remontée des taux qui est plutôt globale dans les pays du G10,
01:00d'un ordre de magnitude évidemment qui dépend des pays, mais surtout c'est également une remontée plus prononcée en Europe.
01:07Elle est prononcée en Allemagne comme elle est prononcée en France.
01:10L'élément qui est important à garder en tête, c'est qu'est-ce qui soutient, qu'est-ce qui sous-tend cette remontée globale ?
01:15On peut décomposer, vous savez, les progressions de taux en fonction de, est-ce que c'est la prime d'inflation qui est révisée ?
01:20Est-ce que les investisseurs obligataires demandent une compensation pour une inflation future ?
01:24Ce n'est pas le cas, ce n'est même pas du tout le cas, on a très peu de variations sur la prime d'inflation,
01:28ce sont les taux réels qui remontent.
01:30Les taux réels c'est quoi ?
01:31Les taux réels c'est la prise de conscience que dans l'ensemble, les baisses de taux banque centrale qu'on a pu espérer,
01:37il y a quelques mois encore, risquent peu d'arriver, notamment en Europe,
01:41et qu'on serait plutôt sur une forme de statu quo, voire avec quelques petites tensions à long terme.
01:46Donc vous le voyez, dans l'ensemble, c'est une progression des taux réels,
01:49qui signifie que la normalisation des taux est probablement pour l'instant derrière nous,
01:54et qu'on rentre dans cette grande parenthèse du statu quo des banques centrales.
01:57Quand on se focalise sur le 10 ans, uniquement sur le 10 ans,
02:00la France va probablement être le pays qui se financera à un taux le plus élevé dans la zone euro.
02:07On est désormais au coude à coude avec la Lituanie, qui se finance à 3,68 sur le marché secondaire.
02:12Cette année, on a doublé l'Italie, qui est à 3,54 ce matin, on a doublé la Grèce, qui est à 3,48.
02:18Il faut s'en inquiéter ou pas, aujourd'hui, Florian Elpo ?
02:21C'est un message évident des marchés financiers à l'attention des dirigeants français.
02:26Il faut reprendre la main sur les comptes globaux de la France,
02:32surtout quand d'autres pays semblent en tout cas y parvenir.
02:35Ils ont donné des signes de volonté d'aller dans cette direction-là.
02:39Maintenant, le spread, c'est-à-dire les écarts de taux entre la France et l'Allemagne,
02:44restent relativement limités.
02:45On parle d'environ 70 points de base.
02:49Ce n'est pas la fin du monde.
02:50On est très loin d'une punition à la grecque, d'une punition à l'époque de 2011,
02:55où on avait des véritables tensions sur le financement.
02:58C'est un appel du coude.
03:00Il faut savoir entendre cet appel du coude et réagir.
03:03Ça fera partie des grandes incertitudes de 2026.
03:06La trajectoire fiscale française, c'est un élément qui inquiète les marchés à juste titre.
03:12Voyons en 2026 comment les spreads vont s'ajuster.
03:15Un spread ce matin entre la France et l'Allemagne qui se stabilise à 70 points.
03:20Il faut revenir au mois d'août dernier pour voir un écart de taux de 70 points
03:24entre la France et l'Allemagne.
03:25Nous évoquerons ces niveaux techniques également dans un instant
03:28avec Alexandre Baradez.
03:30Florian Yelpo du côté des États-Unis.
03:32Il faudra suivre la croissance du troisième trimestre cette semaine.
03:36Une fois de plus, il faudra surveiller la croissance tirée par l'intelligence artificielle
03:40et puis le reste.
03:42Oui, absolument.
03:43C'est la deuxième estimation des chiffres de croissance américaine.
03:48En première estimation, on avait un chiffre très fort, 3,8%.
03:51Là, les économistes attendent à une révision à la baisse de 3,2%.
03:56Cette révision ne viendrait pas, en tout cas, de la consommation qui, elle, reste robuste aux États-Unis
04:01mais plutôt d'une prise en compte, justement, de ce fameux cycle de l'investissement
04:05et de ses conséquences en termes d'IA.
04:09C'est un chiffre, encore une fois, qui est plutôt un chiffre de rétroviseur.
04:14On est plutôt en train de contempler ce qui vient de se passer.
04:18Vous le rappelez, les marchés sont plutôt forward-looking.
04:21Ils ont plutôt tendance à regarder vers le futur.
04:23Donc, ce sera un point d'étape, ce sera un passage au stand
04:26pour bien vérifier que le narratif qui soutient la progression des actions
04:30depuis quelques jours reste bien en place,
04:33c'est-à-dire une situation de croissance modérée mais solide
04:36et une désinflation qui est en train de prendre forme.
04:41C'est ce qu'on appelle un scénario boucle d'or.
04:43Les marchés adorent ce genre de scénario.
04:45Le fameux scénario Goldilocks où, au final, tout serait sous contrôle
04:49où la situation serait idéale.
04:51C'est ça, aujourd'hui, le scénario qui est anticipé pour 2026 ?
04:56Oui, très clairement.
04:57On est passé de marchés qui avaient leurs yeux rivés sur le risque récession
05:02vers des marchés qui, maintenant, doivent avoir les yeux rivés sur le risque déception.
05:06C'est-à-dire qu'aujourd'hui, un consensus net est en train de se former.
05:11La grande leçon de 2025, c'est non, on n'a pas eu de choc inflationniste
05:16en venant des droits de douane, en dépit de ce que les cassandres de l'inflation ont pu mentionner.
05:23On n'a pas non plus eu de récession.
05:25On se retrouve dans une situation de croissance un peu ralentie, ici ou là,
05:29mais surtout d'une absence claire de choc d'inflation.
05:33Donc, croissance modérée, inflation qui se normalise et taux qui sont plus bas qu'il n'était il y a deux ou trois ans,
05:40c'est un bon environnement pour investir.
05:43Évidemment, le seul risque qui reste, le principal risque, c'est le risque de la valorisation.
05:47C'est-à-dire, est-ce qu'aujourd'hui, justement, le fait que le retrait de la prime récession
05:50n'a pas amené un gonflement des valorisations trop important ?
05:55C'est la grande question à laquelle les porteurs d'action, aujourd'hui, doivent répondre pour se préparer pour 2026.
06:01Et les banques centrales, au milieu de tout ça, il ne faut pas les oublier,
06:03avec notamment 2026 qui sera marqué par le changement du président de la Fed.
06:10Donc, pour l'instant, le nom reste toujours inconnu.
06:12Est-ce que ça s'est vraiment pris en compte sur le marché obligataire ?
06:15Quand vous voyez les taux longs, quand vous regardez notamment le disant américain
06:18qui n'arrive pas à redescendre en dessous des 4%, Florian ?
06:22Le nom est inconnu, mais peut-être que le prénom ne l'est pas.
06:24A priori, mais en revanche, il faut bien comprendre que ces 10 ans, ces taux de 10 ans,
06:30ce sont des anticipations du futur.
06:32Aujourd'hui, nos banques centrales communiquent de plus en plus dans un mode statu quo,
06:37c'est-à-dire, on a ajusté les taux et on est passé d'un mode prudence à un mode pilotage fin,
06:43ajustement fin de la politique monétaire.
06:45Et ça, ça retire comme support aux grands taux de la planète le principal soutien à la baisse des taux,
06:55c'est-à-dire les baisses de taux anticipées de la banque centrale.
06:59Si la Fed nous dit « je vais stabiliser à 3,25 », si la BCE nous dit « je stabilise à 2 »,
07:04c'est difficile de voir les taux longs pour poursuivre leur baisse.
07:08On a besoin de banques centrales plus accommodantes pour voir les taux à la baisse.
07:12C'est l'une des interrogations de l'an prochain.
07:14Pour l'instant, en tout cas, notre consensus à nous,
07:16c'est quelques baisses du côté américain, mais pas de baisses du côté Europe.
07:19Merci beaucoup Florian. Florian Rielpot nous a raccompagné ce matin en charge de la macroéconomie
07:24chez Lombard-Rodier IEM pour faire un point sur la situation aux Etats-Unis,
07:28mais aussi en Europe, avec un 10 ans français qui culmine ce matin au-delà des 3,6%.
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