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Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

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00:06Bienvenue dans les informés, c'est parti pour une demi-heure de décryptage de l'actualité.
00:11Bonjour Renaud Delis.
00:11Bonjour Agathe.
00:12A la une ce matin, les bénéfices exceptionnels de Total dans le viseur de la classe politique.
00:17Total est-il un profiteur de guerre ? Faut-il le taxer ? Quelles conséquences cela aurait ?
00:23Et puis c'est le printemps et les candidatures se multiplient à gauche.
00:27Comment les départager ? La gauche réformiste peut-elle peser face à LFI ?
00:33Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Myriam Ancawa, présentatrice de l'émission Tout est politique,
00:38les vendredis, samedis, dimanches de 18h à 20h sur France Info TV.
00:41Bonjour Myriam.
00:42Bonjour Agathe, bonjour à tous.
00:43Et Elia Bergel, journaliste au service politique de France Info. Bonjour Elie.
00:47Bonjour.
00:47On commence donc Renaud avec cette question.
00:50Pourquoi le Premier ministre de la classe politique cible Total en ce moment ?
00:54Et oui Agathe, alors le baril de pétrole est au plus haut, plus de 125 dollars le baril.
00:59Donald Trump envisage un blocus durable du détroit d'Ormus.
01:02Les prix des carburants sont eux aussi toujours au sommet.
01:05Et dans ce contexte, le groupe Total justement a annoncé hier un bénéfice net trimestriel de 5,8 milliards de
01:11dollars,
01:12soit en hausse de 50% sur un an.
01:15Et voilà pourquoi donc Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a invité, appelé hier Total Énergie à redistribuer d'une manière
01:22ou d'une autre,
01:22dit-il, ses profits exceptionnels.
01:24D'une manière ou d'une autre, précisément le Part socialiste lui a trouvé une manière en tout cas de
01:29taxer Total.
01:31C'est une proposition de loi déposée par le groupe socialiste à l'Assemblée nationale justement pour taxer les bénéfices
01:36exceptionnels du groupe Total.
01:38Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau.
01:40Celui qui était votre invité, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud.
01:44La proposition qui est formulée par les socialistes, qui consiste à taxer les surprofits que nous calculons
01:51comme un excédent de 20% sur la moyenne des résultats des trois dernières années.
01:57Et donc ensuite nous avons des paliers, une progressivité entre 20 et 40% de ce surprofit qui est taxé.
02:03Et l'ensemble de ces grandes compagnies énergétiques, taxées de cette manière-là compte tenu de ce que sont ces
02:08résultats,
02:09devraient rapporter à peu près 2 milliards.
02:11Alors est-ce qu'une taxation de ces surprofits réalisés par Total en particulier, c'est une mesure qui serait
02:16légitime d'une part ?
02:18Ensuite est-ce qu'elle serait efficace ? Est-ce qu'elle rapporterait jusqu'à 2 milliards d'euros comme
02:22le dit Boris Vallaud ?
02:23Et puis enfin, qu'est-ce que ça changerait d'ailleurs pour l'évolution des prix à la pompe qui
02:26sont la première préoccupation des automobilistes aujourd'hui ?
02:29Est-ce que ça rend un impact ou pas ?
02:31L'argent que cherche désespérément le gouvernement, la classe politique, il est là ? Il est dans les bénéfices de
02:36Total, Miriam Mankawa ?
02:37Oui, il y a de l'argent. Ça c'est une évidence. 5,8 milliards de dollars de surprofit, c
02:43'est de l'argent et c'est beaucoup d'argent.
02:45Il n'est pas seul à faire des surprofits. On voit bien que toutes les grandes compagnies pétrolières font des
02:51surprofits.
02:51Mais Total en fait particulièrement. C'est intéressant parce qu'il fait plus d'hydrocarbures et de fossiles que ses
02:57concurrents, par exemple comme BP qui a un peu plus fait de transition énergétique.
03:02Tout ça aussi doit être regardé de très près. Vous avez aimé l'attaque Zuckmann. Vous allez découvrir et sans
03:09doute aimer l'attaque sur les super profits de Total.
03:11Pourquoi ? Pourquoi vous faites le lien ?
03:12Parce que c'est extrêmement politique et ça va parler aux gens. Parce que quand on est en ce moment
03:17dans ce qui ressemble de plus en plus à un choc pétrolier à la pompe,
03:20on a l'impression, tout le monde le ressent d'ailleurs, évidemment quand on est plus modeste encore plus, qu
03:26'on donne directement à Total quand on fait un plein.
03:28C'est évidemment un peu plus compliqué que ça. Mais effectivement on va entrer dans une phase de vraie bataille
03:33politique autour de cette taxe.
03:35Et le Premier ministre va devoir être très clair, tout comme les socialistes.
03:40Ce matin, Boris Vallaud a dit qu'il y avait une taxe sur les bénéfices mondiaux.
03:43A ma connaissance, en matière de fiscalité, on taxe sur le territoire. Donc c'est les bénéfices français.
03:50Là il veut taxer les bénéfices mondiaux de Total.
03:52Oui mais alors ça c'est au niveau forcément européen ou au niveau au CDE. Je ne vois pas comment,
03:55mais ça peut-être que les socialistes donneront des détails.
03:57Ils peuvent réussir en France, au Parlement français, à taxer les bénéfices mondiaux d'une multinationale.
04:02Donc il y a cette question assez technique à résoudre.
04:04S'ils taxent sur les bénéfices français, eh bien c'est plus compliqué. Il y a une activité de raffinage.
04:10Alors normalement ils ne sont pas très bénéficiaires. Mais là, ils en ont fait des profits.
04:15Donc il y a quand même, en matière de raffinage, puisque Total a toute la chaîne de l'exploitation à
04:19la commercialisation.
04:20Cette année, ces derniers trois mois, possibilité de taxer.
04:23La question c'est la concurrence. Il y a des fonds de pension américains. 70% des actionnaires, c'est
04:30des fonds de pension, comme BlackRock, financier.
04:32Donc est-ce qu'une multinationale peut se permettre ça dans la concurrence mondiale ?
04:37Et la question du coût du plafonnement. Ça coûte combien à Total, vraiment, d'avoir plafonné ?
04:43Rien du tout par rapport aux super profits, honnêtement.
04:45Donc tout ça doit être éclairci. Et les Français vont regarder ça.
04:48Je ne vois pas comment le gouvernement peut échapper, au moins à exiger un geste, au-delà de ce qui
04:54est fait aujourd'hui, à la pompe par Total.
04:56D'ailleurs, le gouvernement n'exclut pas, il y a Bergel, de taxer Total.
05:00Elle a des chances d'aboutir, cette proposition de loi socialiste ?
05:03Elle a des chances d'aboutir. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a une pression politique de
05:06l'opposition qui est en train d'être exercée au Parlement.
05:09Le PS a déposé cette proposition de loi. Le RN est sur la même longueur.
05:14En tout cas, une partie du RN, notamment Marine Le Pen, parce que hier, lui, Jordan Bardella disait, dans une
05:19interview à la télévision,
05:20qu'il n'était pas nécessairement en faveur d'une nouvelle taxe. Il disait, dans un pays où on a
05:24déjà le plus fort taux de...
05:25On a entendu tous les sons de cloche hier au RN. D'ailleurs, c'était assez intéressant.
05:28Marine Le Pen qui a dit tout de suite, oui, on taxe. Jordan Bardella qui a dit, pourquoi pas, mais
05:33ce n'est pas très pertinent.
05:34Et en même temps, Jean-Philippe Tanguy qui disait, hors de question. Et finalement, il a fini par dire, oui.
05:40Jean-Philippe Tanguy disait, en fait, le PS, ils ont piqué notre idée avec cette proposition de loi.
05:44Il y a quand même un mouvement de fond au Parlement qui incite le gouvernement à réagir.
05:50Hier, Maude Bréjean, la porte-parole du gouvernement, à la sortie du Conseil des ministres,
05:53elle a dit, personne ne doit profiter de cette crise. Aucun super-profit ne doit être réalisé en France.
05:59C'est une manière de mettre la pression sur Total Energy.
06:01Et dans la foulée, Total Energy a répondu par un communiqué de presse en disant que, eh bien, oui, on
06:06se positionne,
06:07alors peut-être pas sur la redistribution qu'espère l'opposition, notamment l'opposition de gauche,
06:12mais en poursuivant le plafonnement des prix du carburant.
06:15Je le rappelle, c'est 1,99€ pour l'essence et 2,25€ le litre pour le diesel.
06:20On se rappelle, Renaud, que le gouvernement avait déjà voulu taxer les raffineurs après le début de la guerre en
06:25Ukraine.
06:26Et cette taxe, qui portait notamment sur Total, avait rapporté 69 millions d'euros,
06:33alors que des économistes avaient chiffré les gains à 3 milliards, finalement.
06:3669 millions, c'était une déception pour tout le monde.
06:39Et là, Boris Vallaud nous dit, nous, on va avoir 2 milliards d'euros.
06:42Est-ce que c'est crédible ?
06:43C'est toujours très compliqué d'estimer précisément ce que va rapporter une taxe exceptionnelle
06:50sur des bénéfices qui sont tout aussi exceptionnels.
06:52Donc on voit bien que très souvent, les estimations sont beaucoup plus ambitieuses, optimistes,
06:58si je veux dire, quant aux produits, pour des raisons, là aussi, éminemment politiques.
07:01On est sur un débat très politique, très symbolique, et c'est important aussi, d'ailleurs,
07:05les symboles en politique, bien sûr. Donc 2 milliards d'euros à ce stade,
07:08je ne reprendrai pas cette estimation, mais j'imagine que si Boris Vallaud le dit,
07:13c'est qu'il a des éléments pour le faire, mais il faudra attendre de voir,
07:15d'ailleurs, y compris la fin de la crise, et si jamais cette taxe est mise en place,
07:18pour voir effectivement ce qu'elle peut rapporter.
07:21Mais ce qui est très intéressant avec ce débat, qui était en fait attendu,
07:24chaque crise énergétique, vous le disiez, ça ressurgit, ça avait été le cas en 2022,
07:29au début de la guerre en Ukraine, et Total Energy, du fait de l'excellente situation
07:35florissante de ce groupe, et de ses profits annoncés, on pouvait s'attendre
07:40à ce que Total Energy se retrouve de nouveau ciblée par une bonne partie
07:44du monde politique, en tout cas. Ce qui est très intéressant,
07:46c'est qu'il y a d'abord l'efficacité ou pas de cette taxe,
07:49là-dessus, il y a donc l'estimation de ce qu'elle pourrait rapporter,
07:54le dispositif lui-même, la question de comment taxer les bénéfices mondiaux
07:58qu'évoquait Merya Mankawa. Donc tout ça, entre les proclamations et la mise en œuvre,
08:02il y a en général une marge assez nette qu'il faudra observer.
08:07Il y a l'impact, y compris vis-à-vis de la concurrence, et c'est vrai qu'en même
08:13temps,
08:13le gouvernement français est très content d'avoir une entreprise comme Total
08:15qui contrôle toute la chaîne, justement, de l'exploitation jusqu'à la distribution,
08:19c'est aussi un atout pour l'économie française, très clairement,
08:22mais il y a surtout un paradoxe, c'est que personne n'en parle d'ailleurs depuis hier,
08:27c'est de savoir taxer les super-profits de Total, pourquoi pas,
08:30mais qu'est-ce que ça changerait pour les automobilistes à la pompe dans les jours qui viennent ?
08:34C'est d'où la réponse d'ailleurs de Total Énergie qui dit
08:36« mais nous on plafonne déjà le prix des carburants, on fait déjà un effort ».
08:38Et c'est une façon de redistribuer.
08:40De fait, ce qui en tout cas là concerne directement les automobilistes.
08:43Qui a intérêt à taxer Total Énergie ?
08:45L'État, on le comprend, bien sûr, parce qu'on connaît la situation des finances publiques,
08:48que si ça rapporte, si ça permet de compenser un peu la situation calamiteuse des finances publiques
08:53au regard des bénéfices exceptionnels de Total Énergie,
08:56ça peut être une mesure tout à fait justifiée.
08:59Mais qu'est-ce que ça changerait au prix à la pompe ?
09:02Pour l'instant, je ne le vois pas ça.
09:06Et donc c'est d'où la réponse de Total qui dit « mais regardez, on fait un effort ».
09:09Peut-être que Total va annoncer d'ailleurs un plafonnement à la fois prolongé,
09:13voire plus ample, qui là concernerait directement les automobilistes.
09:16Le gouvernement, est-ce qu'on sait, Elia Bergel, s'il prépare de nouvelles aides ?
09:22Alors, c'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu à la dernière réunion à Matignon,
09:26avec les ministres concernés, c'est-à-dire que si la crise devait se prolonger,
09:30il y aura de nouvelles aides, mais le gouvernement est un petit peu coincé
09:32puisque Renaud Delis le disait très bien, il y a l'impératif du point de vue du gouvernement
09:36de contrôler le dérapage des finances publiques.
09:39La guerre coûte 6 milliards d'euros à la France, ça c'est les chiffres du gouvernement encore une fois.
09:43L'exécutif qui a dit que 6 milliards d'euros de dépenses pourraient être stoppés,
09:47donc dans ces conditions, il n'y aura pas d'aide massive pour tout le monde.
09:50Sébastien Lecornu l'a bien dit, le gouvernement prépare des aides ciblées pour certains secteurs,
09:55alors les agriculteurs, les pêcheurs, les gros rouleurs, aides-soignantes, infirmiers,
09:59les transporteurs de l'ordre de entre 15, 20, 30 centimes d'euros par litre,
10:03en fonction des professions, c'est du sur-mesure et vraiment du mois après mois.
10:08C'est-à-dire qu'au jour le jour, exactement, pour essayer de gagner du temps
10:11et de voir si la crise ne va pas se résorber.
10:13C'est-à-dire que le gouvernement a intérêt à ce débat sur la taxation de Total, en fait,
10:15parce que c'est une diversion, plutôt que de l'urgence pour un certain nombre de Français
10:21et qui sont nombreux, c'est la question des aides directes
10:23et du portefeuille qui souffre et de leur pouvoir d'achat.
10:28Et donc, encore une fois, la taxation de Total Énergie, ça peut être tout à fait légitime,
10:31mais ça ne résout rien, me semble-t-il, de la situation au quotidien d'une grande partie des Français.
10:36– Mais c'est un symbole, est-ce que ce n'est pas un peu démagogique ?
10:39– Il y a de la démagogie là-dedans, c'est une évidence, parce que Total dit
10:42« Moi, je plafonne déjà mon prix 1,99 pour le sans-plomb et 2,19, je crois, pour le
10:49gazole,
10:49donc je fais le boulot et je vais continuer à le faire. »
10:52Ils vont sans doute annoncer le report du plafonnement à la pompe.
10:56Le problème, c'est que Total, avec ses super-profits, pourrait aider tous les Français,
11:00c'est-à-dire tous les automobilistes.
11:01Peut-être qu'ils n'en sont pas d'accord pour ça, mais les super-profits pourraient le permettre.
11:04Pourquoi ? Parce que ça ne suffit pas du tout de plafonner chez Total.
11:08Parce que Total, c'est sur les autoroutes.
11:11Les Français, ils ne font pas leur plein sur les autoroutes.
11:14– Oui, ils ne peuvent pas toujours aller chez Total.
11:15– La plupart des Français qui sont dans les zones rurales,
11:17il en parlait, Boris Ballot dans les Landes, ils vont dans les super-marchés.
11:22Ce n'est pas sur les stations Total qu'on va résoudre le problème.
11:26Donc il faudrait trouver de l'argent, et c'est vrai que cette taxation pourrait le permettre,
11:30elle aurait des conséquences sur les marchés,
11:32parce que c'est l'économie mondialisée capitaliste,
11:35c'est les actionnaires qui détiennent Total.
11:38Et donc cette valorisation, elle semble scandaleuse aujourd'hui,
11:40si elle n'est pas répartie, redistribuée.
11:43Vous avez deux chiffres, 50% de valorisation,
11:4640% d'augmentation de prix du baril du pétrole.
11:50Ça fait l'impression que les Français et tous les automobilistes
11:53subissent directement le profit des autres.
11:57Donc ça, il va falloir réussir à l'expliquer.
12:00C'est sûr que Total va continuer son geste commercial,
12:02mais d'un point de vue économique, ce n'est pas grand-chose par rapport à ce qu'il récupère.
12:07La question, c'est comment faire peut-être au niveau européen, très vite,
12:10parce qu'il y a plein d'autres pays, et pas des pays ultra-gauches,
12:14qu'ils souhaitent, comme l'Allemagne par exemple, taxer au niveau européen.
12:17Mais j'y reviens, la question d'abord, c'est si le gouvernement se ralliait
12:19à cette proposition de loi, d'une façon ou d'autre,
12:21si elle était amendée ou pas, ou même à la proposition de loi portée par les socialistes
12:24d'une taxation à nouveau exceptionnelle de Total Énergie,
12:26il faudrait qu'ils s'engagent aussi à ce que ce que rapporte cette taxation
12:29se soit traduit immédiatement, immédiatement,
12:33en aide directe à un certain nombre de secteurs d'activité qui souffrent,
12:38aux Français qui eux aussi souffrent de l'envol des prix des carburants, etc.
12:42Or, je ne suis pas persuadé que ce soit l'intention première de Sébastien Lecornu
12:46au regard de la façon dont il gagne du temps, semaine après semaine,
12:49sur ce chantier-là.
12:50On peut imaginer que peut-être qu'une éventuelle taxation de Total Énergie
12:54pourrait lui permettre de colmater quelques brèches dans les finances publiques
12:57sans forcément reverser ça tout de suite sous forme d'aide directe.
13:00Vous êtes sceptique, mais Sébastien Lecornu a quand même annoncé hier ou avant-hier
13:04que les surplus fiscaux issus de la crise seraient réaffectés à des aides pas énormes,
13:11170 millions d'euros à mettre en balance avec les milliards de Total.
13:155 milliards d'euros de Total.
13:17Effectivement. Les informés, dans un instant, on va parler de la gauche
13:21et des candidats qui fleurissent. Comment les départager tous ?
13:25Mais pour l'instant, il est 9h19 et c'est l'info en une minute avec Sarah Ders.
13:29La flambée du prix du pétrole, plus de 125 dollars.
13:33Le prix du baril de référence ce matin bat des records.
13:36Depuis l'annonce de Donald Trump, le président américain évoque un blocus prolongé du détroit d'Hormuz,
13:42une hausse du jamais vu depuis 2022 et la guerre en Ukraine.
13:46La réponse ce matin du Royaume-Uni à la communauté juive.
13:5028 millions d'euros supplémentaires pour plus de sécurité.
13:54Deux hommes juifs poignardés hier à Londres.
13:56Des ambulances juives visées il y a quelques semaines.
14:00Reporteurs sans frontières alertent, depuis 25 ans que l'ONG surveille la liberté de la presse,
14:05son niveau n'a jamais été aussi bas.
14:08Des journalistes exécutés, tués, exemple en Irak, au Yémen, à Gaza.
14:13Il y a aussi des entraves pour restreindre la liberté de la presse partout dans le monde.
14:18Pas de train demain en gare de Lyon et de Bercy à Paris.
14:21En raison de travaux importants, la SNCF modernise ses installations.
14:25Ce week-end prolongé du 1er mai, trafic interrompu à partir de ce soir jusqu'à dimanche midi.
14:37Les informés avec Miriam Ancawa, présentatrice de l'émission Tout est politique sur France Info TV.
14:48Elia Bergel, journaliste au service politique de France Info.
14:51Renaud, on passe à notre deuxième débat.
14:53On parle de la gauche, ce qu'il s'agit, beaucoup de candidatures.
14:57Mais tout ça, est-ce que ça fait le poids face à la France Insoumise ?
14:59Que sans fleurs s'épanouissent, disait Mao Tse-Tung.
15:02Eh bien, c'est le cas.
15:02C'est le cas au sein de la gauche, hors LFI, sans candidature, presque, s'épanouissent en ce printemps.
15:09Ça fleurit de toutes parts.
15:10Dernier candidat en date, Bernard Cazeneuve, qui annonce qu'il est prêt.
15:12François Hollande se prépare.
15:13Raphaël Glucksmann se lance.
15:15Jérôme Gage lui est déjà lancé.
15:17Olivier Faure s'échauffe.
15:18Et puis, j'en oublie d'autres.
15:19Marine Pondelier, Fabien Roussel, François Ruffin, Clémentine Notin, plein d'autres.
15:23Que tous ceux que j'ai oubliés, surtout ne se froissent pas, qu'ils m'excusent par avance.
15:29Alors, pourquoi autant de candidats ?
15:31Et puis, tous ont en commun la volonté de vouloir devancer au premier tour Jean-Luc Mélenchon
15:34pour éviter que Jean-Luc Mélenchon se retrouve face à face au second, face au Rassemblement national.
15:39Mais dans ces cas-là, comment procéder une sélection ?
15:42L'idée d'une primaire a plutôt du plomb dans l'aile.
15:45Voici ce qu'on disait il y a quelques jours.
15:46Bah tiens, l'un de ces candidats, la semaine dernière sur ce plateau, Jérôme Gage, député PS de l'Essonne,
15:52qui n'est pas du tout favorable, lui, à la procédure des primaires.
15:56L'Union pour l'Union ne fait pas un projet et ne rend pas les choses audibles pour nos concitoyens.
16:01La primaire, dans la période, c'est assez secondaire.
16:03Moi, je suis candidat pour porter ce que je pense utile pour le pays, c'est la voix d'une
16:07gauche républicaine,
16:09c'est-à-dire qui est authentiquement attachée à la question sociale au sujet de pouvoir d'achat,
16:14de financement des services publics.
16:16La primaire, donc, c'est secondaire.
16:18La candidature, c'est plus important.
16:20Celle de Jérôme Gage comme celle des autres.
16:22Encore une fois, ils sont très nombreux.
16:23Alors, pourquoi est-ce que tous ces prétendants au sein de cette gauche or LFI
16:27veulent éviter que Jean-Luc Mélenchon porte le leadership à gauche
16:30et en même temps, par leur division, servent le dessin du leader insoumis
16:33qui est sur le point de se lancer pour la quatrième fois consécutive dans la course à l'Elysée ?
16:38Il y a Bergel, vous les connaissez bien, toutes ces personnes,
16:41puisque vous les suivez au quotidien pour le service politique de France Info.
16:45Pourquoi ils sont tous candidats ? Qu'est-ce qui leur arrive ?
16:47Ils pensent vraiment qu'ils ont des chances ?
16:49Écoutez, je pense qu'il faut lire ça.
16:52D'abord, en observant que le Parti Socialiste,
16:54qui avant, à gauche, donnait le la au reste de ses partenaires,
16:58n'est plus en capacité de le faire.
16:59Donc, en fait, forcément, les uns et les autres se disent,
17:01mais si, parce qu'on met de côté la France Insoumise,
17:04on a compris que ce n'était pas vraiment le même espace,
17:05mais si, les Verts, par exemple, d'autres candidats sociodémocrates,
17:09se disent, mais en fait, si le PS, avec son candidat,
17:13qui avant écrasait la concurrence, n'est plus en capacité de le faire,
17:15pourquoi pas moi ? C'est ce que pense Marine Tondé.
17:17Il y a une place à prendre.
17:18Il y a une place à prendre.
17:19Chacun se dit, mais oui, mais ça peut être mon heure, il y a une place à prendre.
17:21Et puis, il y a le précédent Emmanuel Macron, en 2017,
17:23alors qu'il s'était lancé, certes, avec des réseaux et du financement
17:27un peu plus important que peut-être celui de Marine Tondélie aujourd'hui,
17:31mais il s'était lancé seul, sans parti.
17:32Donc, les gens se disent, mais pourquoi pas moi, en fait ?
17:35Ça a été fait en 2017 par quelqu'un qui a fait une aventure solitaire.
17:38Peut-être que mon heure est venue.
17:40Et donc, ça explique que les uns et les autres se disent,
17:41oui, oui, Jérôme Gage, au Parti Socialiste,
17:44qui se dit, oui, moi, je me verrais bien président,
17:46Marine Tondélie, François Ruffin, Clémentine Autain,
17:49et tant d'autres, parce qu'il n'y a pas de,
17:50dans cet espace hors Jean-Luc Mélenchon,
17:52il n'y a pas de leader, il n'y a pas de leader incontestable
17:54qui est en mesure de dire aux autres, non, non,
17:56regardez les sondages, c'est moi qui ai 10 points d'avance sur vous,
17:58donc ça va être derrière moi qu'on va se rassembler.
17:59Et comme il n'y a pas ce phénomène,
18:00les uns et les autres se disent, pourquoi pas moi ?
18:02Comme ils sont tous un peu faibles,
18:04ils se disent, on peut y arriver parce qu'il n'y a pas de leader.
18:08Comment ça va se terminer tout ça, Mère Mankawa ?
18:10Est-ce que ça va mal finir ?
18:11Ou est-ce qu'ils vont terminer par se mettre d'accord ?
18:15Ils vont terminer par se mettre d'accord,
18:17forcément, parce que l'enjeu est trop important,
18:19et qu'on peut, ce matin, à un an de la présidentielle,
18:22estimer que les Français ont le droit de parier sur leurs responsabilités.
18:26Mais ça n'est pas un pari qui n'est pas sans risque,
18:30mais on peut l'espérer, au moins.
18:32En fait, ce qui se passe, c'est que d'abord,
18:34il y a une énorme faiblesse sur le leadership,
18:36même à droite, Bruno Retailleau y arrive difficilement,
18:40mais à s'imposer.
18:41Donc c'est dire que personne ne s'impose naturellement
18:45parce que le parti est faible,
18:46parce que son président, son premier secrétaire, Olivier Faure,
18:49est très faible.
18:50Il n'a même pas à peine 50% de soutien
18:52dans un parti qui n'a presque plus d'adhérents.
18:54Donc c'est dire la faiblesse.
18:55Il y a une faiblesse sur les idées,
18:57même si ça se réveille avec un premier projet.
19:00Il y a une faiblesse aussi sur la stratégie.
19:02Est-ce qu'il faut se positionner au centre
19:04ou est-ce qu'il faut positionner davantage vers Mélenchon ?
19:08Et là, on voit qu'il y a des grosses fractures.
19:11Faure va plus vers la séduction des électeurs de gauche mélenchonistes.
19:16Mais donc comment ça se termine, alors ?
19:17Ça se termine.
19:18Alors je pense que François Hollande a essayé
19:20d'expliquer selon lui ce qui va se passer.
19:23Je crois qu'il a assez raison.
19:25C'est l'idée qu'un vote utile dès le premier tour va s'imposer.
19:30C'était dans le podcast France Info.
19:32C'est-à-dire qu'en fait, les Français vont se dire
19:35qui a le plus de chances de battre Marine Le Pen dès le premier tour
19:39ou Jordan Bardella.
19:41Pardonnez-moi.
19:41Et là, ça peut être utile dès le premier tour, effectivement.
19:44Et il n'a pas complètement tort.
19:46Quand on voit la volatilité des sondages,
19:48tout le monde se dit, regardez Édouard Philippe,
19:51il est attrapé par Gabriel Attal.
19:53Il n'a pas complètement tort, vous dites.
19:54Non.
19:55Et donc, c'est celui qui sera mieux le placé.
19:57Il n'a pas complètement tort.
19:57Il s'appuie sur 1981, beaucoup de candidatures de gauche.
19:59Et François Mitterrand...
20:00Non, mais il n'a pas complètement tort.
20:01Sauf que ça, ça peut finir par faire le jeu d'Édouard Philippe, précisément.
20:04C'est que ce n'est pas forcément un socialiste ou un candidat issu de la gauche
20:08hors LFI, de la gauche réformiste,
20:10qui sera le mieux placé pour battre Jordan Bardella ou Marine Le Pen au second tour.
20:13Ça peut apparaître, effectivement, comme étant Édouard Philippe,
20:17Gabriel Attal, Xavier Bertrand ou n'importe qui d'autre.
20:19Donc, le problème, c'est que même si cette gauche-là,
20:21au vu des trois crises qu'a décrites à l'instant Miriam Mankawa,
20:24sa crise de leadership, sa crise idéologique, sa crise stratégique,
20:27finissait par se mettre d'accord pour présenter un seul candidat,
20:33ce candidat peut être réduit au rang de spectateur.
20:35Ce fut le cas en 2022.
20:37On se souvient de la performance d'Anne Hidalgo.
20:39C'est-à-dire que le risque, c'est que tant que ces trois crises-là ne sont pas résolues,
20:42la gauche hors LFI demeure spectatrice d'une joute qui se joue sans elle.
20:48Elie Abergel, de tous ces candidats, ceux qui se détachent dans les sondages,
20:53enfin, celui qui se détache dans les sondages, c'est Raphaël Buxman,
20:55celui qui se détache par son passé d'ancien président, c'est François Hollande.
20:58De ces deux-là, lequel est le plus déterminé, selon vous ?
21:02Raphaël Buxman a très envie d'y aller, il organise un meeting en juin,
21:05il sort un livre au mois de mai, donc oui, il est déterminé.
21:08Après, il a une personnalité, comment dire, peut-être timorée,
21:12ou en tout cas un peu velléitaire.
21:13Ce n'est pas un fonceur, Raphaël Buxman, on l'a bien vu,
21:14que parfois, dans certains moments, il a même tendance à se cabrer.
21:17Alors, il a envie, oui, en tout cas, il a envie d'avoir envie pour l'instant,
21:20et on verra ce que ça va donner dans les faits.
21:23François Hollande, lui, il attend qu'on vienne le chercher,
21:25parce qu'il est dans cette posture d'ancien chef de l'État.
21:26Il a envie aussi, non ?
21:27Il a très envie, mais il sait qu'il est, au moment où il sort du bois
21:31en disant officiellement à la télé ou à la radio, dans le 830 de France Info,
21:34je suis candidat, par exemple, tout le monde va lui tomber dessus.
21:37Tout le monde va dire, mais regardez, c'est la loi de travail,
21:39c'est la vieille gauche qui a trahi, qui revient.
21:40Un des problèmes de la gauche, excusez-moi, c'est justement
21:42qu'elle n'a jamais fait le droit d'inventaire des années Hollande, en fait, du quinquennat.
21:46C'est-à-dire qu'il y a un réquisitoire...
21:46Et ça colle à la peau des sociodémocrates, ça ?
21:48D'autant que de retirer ce qui a réussi, de distinguer ce qui a été des réussites
21:53et ce qui a été des échecs, il y a un réquisitoire global du part socialiste
21:56à l'endroit de la dernière participation de la gauche au pouvoir.
21:58Et en fait, en faisant ça, tous les régions socialistes empêchent les socialistes
22:01de revenir au pouvoir, tellement ça a été à leurs yeux une catastrophe la dernière fois.
22:04On termine sur le droit d'inventaire, et c'est quelques notes de musique,
22:06l'envie d'avoir envie.
22:07Merci les informés, merci Miriam Mankawa.
22:10Je rappelle votre émission, Tout est politique, vendredi, samedi, dimanche,
22:1218h-20h sur France Info TV.
22:14Merci Elia Bergel du service politique de France Info.
22:17Merci Renaud.
22:18Merci Agathe.
22:19Et les informés reviennent ce soir à 20h avec Renaud Blanc.
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