- il y a 1 heure
Ce mardi 24 février, Philippe Ferreira, responsable adjoint de la Stratégie de Kepler Cheuvreux et Gilles Santacreu, trader algorithmique et administrateur du site Boursikoter.com ont débriefé la séance du jour, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, on refait la séance.
00:04Philippe Ferreira de Kepler qui nous rejoint en plateau, on était ensemble tout à l'heure déjà pour commenter les
00:09valeurs du jour.
00:09Bon, dites Philippe, on a quand même une jolie séance pour le secteur auto.
00:14Alors c'est vrai que si on regarde sur les dernières semaines, on revient de très très très loin.
00:18Mais Stellantis, bonne nouvelle, on a regardé les chiffres des immatriculations européennes ce matin.
00:23Il y a du mieux pour Stellantis, plus 1,9%, 6,60€, c'est notamment Fiat qui va mieux.
00:28Et ça, ça reste une petite surprise.
00:31Renault dans le sillage gagne 1,8% à 32,59€.
00:34Et puis la clôture à Francfort pour Mercedes qui fait partie d'un des rares qui a ses immatriculations en
00:39hausse sur le mois de janvier.
00:40Mercedes gagne 0,89%.
00:42Mais c'est plus sur les dernières semaines qu'il se passe un truc autour de Mercedes.
00:46Vous voyez, le titre gagne quand même 8,5% en 6 mois pour un titre qui était passé à
00:50la casse
00:51et qui stigmatisait un petit peu toutes les inquiétudes autour du secteur auto.
00:55On a Forvia aussi, il y a du mieux et le titre termine sur une belle hausse.
00:58Forvia sur le SBF 120, on gagnait un petit peu plus de 5% tout à l'heure.
01:04Bref, on a une accumulation, un petit storytelling positif autour du secteur auto.
01:08Ça vous fait changer votre sentiment, Philippe Ferrer ?
01:11Alors, ça ne nous fait pas vraiment changer le sentiment parce qu'on a un secteur qui est devenu très
01:16spéculatif,
01:17très volatile, qui connaît des séances très agitées.
01:20Le moindre sursaut d'optimisme fait rebondir, mais ce n'est pas non plus une remontade extraordinaire aujourd'hui.
01:25Bon, voilà, c'est un secteur qui est devenu spéculatif.
01:28Il y a des doutes sur la demande, sur le pouvoir d'achat des ménages, la capacité à acheter des
01:33véhicules neufs.
01:34Cette histoire aussi de l'Union Européenne avec le Made in Europe.
01:37Est-ce que ça va être éligible aux subventions ou autres soutiens des politiques publiques ?
01:44Les doutes restent importants.
01:47Donc, ça a un secteur qui est attractif en valorisation, ça il n'y a pas de doute.
01:52Si on se projette sur 18-24 mois, c'est quand même des points d'entrée intéressants.
01:58Après, il faut être prêt à subir une volatilité sur les 3-6 prochains mois encore.
02:03Bon, on va être prudent donc.
02:06Gilles Santacreux, boursicoté.com.
02:08Je vois que vous chaussez vos lunettes pour regarder un petit peu les courbes autour du secteur auto.
02:13C'est vrai que s'il y avait un petit match à faire entre Stellantis et Mercedes, par exemple, qui
02:17constituait nos bonnes nouvelles du jour, vous choisiriez qui ?
02:23Sans hésitation, Mercedes, qui semble beaucoup plus solide en termes de configuration technique.
02:28Voilà.
02:29Bon, après, là, on parle juste d'analyse technique parce qu'il y a beaucoup de choses à dire en
02:34ce moment sur le secteur automobile.
02:35Mais grossièrement, par rapport aux turbulences actuelles qu'a traversée le secteur, c'est vraiment Mercedes qui semble mieux armé.
02:42Les phases de consolidation sont beaucoup plus faibles par rapport à d'autres marques du secteur.
02:48Donc, globalement, c'est plutôt grand gagnant Mercedes, en tout cas par rapport à Stellantis.
02:53Il n'y a pas photo.
02:54Stellantis qui reste sur, malgré le rebond récent, sur une dynamique globale assez fortement baissière.
03:00Oui, on a vraiment signé des points techniques de faiblesse sur Stellantis.
03:07Vous n'êtes pas le premier analyse technique à nous le dire, mais c'est vrai qu'on revient quand
03:11même de plus bas historique.
03:14Autre secteur qui n'est quand même pas très, très bien en ce moment, Philippe Ferreira, les ESN.
03:19Tout ce qui est services informatiques, que ce soit Capgemini, que ce soit Dassault Systèmes.
03:23On connaît des séances particulièrement difficiles.
03:25Alors, c'est vrai qu'il y a tout ce phénomène de disruption, IA, etc.
03:30J'ai l'impression que tout part, en fait, de l'impossibilité de Dassault Systèmes, lors de la publication de
03:37ses résultats,
03:39à dire, oui, l'IA, ça ne va pas s'intégrer en un jour, mais on y travaille.
03:43On est bien, de toute manière, on va bosser avec l'IA, ça va nous aider, etc.
03:48Il y a un problème de communication avec les marchés qui voulaient absolument entendre,
03:52ouais, on va faire plus 20% de bénéfices par action grâce à l'IA.
03:55En gros, je grossis le trait.
03:57Est-ce que vous pensez que les ESN, à Paris, mais un petit peu partout dans le monde,
04:03que ce soit SAP, que ce soit Workday, que ce soit toutes ces entreprises-là, les Salesforce, etc.,
04:10font face à des marchés que ça n'intéresse plus.
04:12Même avec un storytelling intéressant, ils n'y arrivent plus.
04:17Alors, ces valeurs font face à des vents contraires assez sévères.
04:21Le marché envoie un signal.
04:23Quelle est la valeur de ces entreprises dans 3-5 ans ?
04:25Donc là, c'est la valeur actualisée nette du business model.
04:29Si leurs clients commencent à internaliser leur software,
04:34s'ils arrivent à les développer eux-mêmes à moindre coût, c'est déflationniste.
04:38Donc, ça pose une question de licenciement massif dans l'industrie
04:43et puis valeurs résiduelles d'une entreprise.
04:47Alors, nos analystes, quand ils regardent aujourd'hui, les résultats,
04:49aujourd'hui, les entreprises telles qu'elles fonctionnent aujourd'hui,
04:53ils trouvent que le marché est trop sévère.
04:55Mais le marché, il envoie quand même un signal.
04:57Ce business model, à horizon 3-5 ans, il est susceptible d'être disrupté.
05:01Dans le doute, on vend.
05:03Donc, voilà, il faut être prudent.
05:05Nous, on préconise des approches plus diversifiées.
05:09Rien n'empêche, voilà, il y a des valeurs qui ont été matraquées,
05:12MSCI, SNP Global, qui ont des données propriétaires.
05:15Donc, il y a quand même de la valeur.
05:17Donc, voilà, il y a quand même un marché qui s'aborde de tout.
05:21Mais prudence reste aussi de mise parce que le marché n'a pas dit son dernier mot.
05:26Alors, il y a aussi autre chose que disaient nos experts en cours d'émission
05:30qui disaient qu'il y a peut-être de la rédemption à venir du côté des plus petites sociétés
05:35parce qu'elles sont plus flexibles,
05:37parce qu'il y a moins d'enjeux en termes de grosse redistribution de cash aux actionnaires, par exemple, etc.
05:44On n'est plus sur des petites structures qui sont à même d'épouser cette révolution sans trop de problèmes.
05:49Et est-ce que vous êtes un peu de cet avis ?
05:51Alors, oui, tout à fait.
05:52En l'occurrence, on le voit, nous, dans notre quotidien.
05:56On cherche à remplacer des services payants, les internaliser.
06:01Donc, bon, ce n'est pas vraiment une mince affaire.
06:05Et les doutes sont là, les doutes sont présents.
06:07Ils vont persister pendant un moment parce que chaque jour, quand même,
06:11anthropique, open eye, délivrent des nouvelles avancées
06:15et qui, à chaque fois, soulèvent un doute.
06:17Donc, ce doute va persister.
06:19Il y a des acteurs qui peuvent être plus flexibles que d'autres,
06:22mais ça reste quand même sous pression et ça devrait rester pendant un certain temps.
06:26D'accord.
06:26Bon, mais on va rester là-dessus.
06:29Il faut qu'on parle d'Edenred.
06:31Ça, ça reste, allez, une jolie histoire,
06:33parce que c'est vrai que le titre a connu des mois épouvantables de bourse.
06:38Plus personne n'en voulait.
06:39Ils ont été chassés du CAC 40.
06:43De secteur chéri de la bourse, par son côté conservateur,
06:46il y a encore quelques années, les titres de paiement, etc.
06:49C'est devenu le mystigri.
06:50Plus personne n'en voulait parce que,
06:51ah oui, mais la régulation, elle est en train de changer dans tel pays.
06:54Elle est en train de changer chez nous aussi.
06:58Bref, le chéri d'avant, c'est retrouvé le pouilleux du jeu de cartes.
07:03Il y a quand même des fondamentaux qui sont intéressants chez Edenred.
07:07C'est un secteur qui crée de la valeur.
07:08Là, pour le coup, l'émission de titre, est-ce que c'est une valeur qui vous intéresse ?
07:11Oui, c'est une valeur qui nous intéresse,
07:13qui a subi un parcours mouvementé,
07:15qui aussi affiche des niveaux de valorisation intéressantes.
07:17C'est une valeur qui doit aussi apprendre à rebondir,
07:21à trouver des nouveaux axes de croissance.
07:24L'histoire un petit peu autour des moyens de paiement,
07:26un système de paiement, il est aussi sous pression,
07:28en train de se ruper.
07:29Alors, ce ne sera pas forcément demain,
07:31mais Edenred a quand même les ressources, selon nous,
07:35pour pouvoir rebondir et se positionner sur des marchés porteurs.
07:38Bon, alors ça, c'est intéressant.
07:40Et Edenred, qui signe quand même une jolie performance,
07:43vu que le titre termine sur une hausse de...
07:47Je vais vous dire ça tout de suite,
07:49parce que je ne l'ai pas directement sous les yeux.
07:52Edenred, l'éditeur notamment des tickets restaurant.
07:57Edenred, eh bien oui, à l'instant, plus 3,9% à 18,92€.
08:01Je suis désolé, il avait sauté de mon prompteur.
08:03Désolé.
08:04Donc, 18,92€ plus 3,93%.
08:07On est sur un bon accueil des performances d'Edenred.
08:10À la Bourse de Paris, Gilles Santacreux, boursicoté.com.
08:13Un petit coup d'œil sur la configuration technique d'Edenred.
08:16Ça commençait à remonter là, ces dernières semaines.
08:20Bon, évidemment, il y a le plip à la hausse qu'on voit sur la courbe de ces derniers mois.
08:25Comment vous la sentez, cette configuration technique du T-Trade-Edenred, Gilles ?
08:30Alors, depuis la forte baisse que l'on a connue et qui a abouti à un point bas
08:35à la fin du mois de novembre de l'année dernière,
08:38on avait une zone de résistance à 19,50€ qui a été cassée aujourd'hui.
08:42Aujourd'hui, on a un beau signal.
08:43C'est-à-dire qu'on ouvre sur un gap haussier, un gap qui n'est pas totalement comblé,
08:48qui vient tester justement cette zone,
08:50puisque au plus haut, on s'est approché des 20€, on est à 19,87.
08:55Alors certes, on clôture sous cette zone des 19,50€,
08:58mais c'est un niveau à surveiller, puisqu'ici, la cassure à la hausse était confirmée,
09:03eh bien, ça pourrait donner un signal technique de retournement,
09:07avec comme premier objectif un retour possible sur la zone des 24€.
09:10Donc, ce n'est pas encore fait,
09:11puisqu'on est juste venu tester cette zone,
09:14mais si le gap n'est pas comblé et si on vient casser à la hausse cette zone technique,
09:19eh bien, on pourrait avoir, je dirais, une dynamique court terme un peu plus positive
09:24et qui pourrait faire renaître un petit peu d'espoir sur ce titre,
09:28qui, on le sait, est sur des plus bas depuis neuf ans.
09:30– Oui, oui, des fondamentaux, aussi bien graphiques que fondamentaux,
09:35c'est le cas de le dire, parce que les comptes sont quand même intéressants.
09:39Gilles Santacreux, Boursicoté.com, merci d'avoir été avec nous pour commenter
09:43ces valeurs d'un point de vue technique.
09:45Philippe Ferreira, Kepler, on va terminer en parlant des...
09:50Il y a cette espèce de cyclone de l'IA qui amène des bonnes choses,
09:53qui amène des mauvaises choses, qui amène d'une certaine manière le CAC 40
09:56sur des plus hauts historiques.
09:58Il y a aussi tous les secteurs qui sont un petit peu,
10:00alors, soit à l'abri de l'agitation, soit liés de manière positive.
10:04Et c'est vrai qu'on parle beaucoup, alors, de nos spécialistes
10:08de l'intelligence électrique, que ce soit Schneider Electric et Le Grand,
10:10mais on voit des titres qui en profitent aussi.
10:13Les télécoms, l'infrastructure et l'énergie.
10:16Et ça, c'est vraiment des choses que vous gardez dans le scope
10:18avec certains cas particuliers qui vous intéressent.
10:21– Tout à fait. Alors, on trouve, par exemple, que les utilities,
10:24donc les services de collectivité, en particulier sur la partie
10:26approvisionnement en électricité, est en amont de la chaîne de valeur IA,
10:30à travers l'approvisionnement en électricité des data centers,
10:32ou la récupération de chaleur.
10:34Il y a une belle valeur comme Engie, une valeur française,
10:37côté au CAC 40, qui est bien positionnée sur les deux segments.
10:40Ces valeurs-là, elles sont plutôt défensives,
10:43elles sont plutôt préservées.
10:44C'est des industries de réseau, donc on ne peut pas remplacer
10:46les réseaux physiques.
10:47– C'est ça.
10:48– Les télécoms, alors Orange a connu un parcours extraordinaire
10:52ces derniers mois.
10:53Orange, ce n'est pas juste l'entreprise télécom qu'on connaît,
10:55nous particuliers, c'est aussi…
10:57– Avec du gros coupon, c'est le storytelling chez les gérants.
11:00– Exactement, les utilities aussi, c'est du gros coupon,
11:02du dividende, pas beaucoup de volatilité.
11:04Donc, dans ces temps un peu fébriles, où le marché attaque
11:07ce qui est un peu vulnérable, on est plutôt rassuré
11:09par ces business models-là.
11:11Et puis, les télécoms, Orange, il y a aussi l'histoire du cloud,
11:14la souveraineté européenne, c'est des valeurs qui devraient
11:16bénéficier de toutes ces initiatives.
11:19L'implémentation du plan de régui par la Commission européenne,
11:21SES aussi dans les satellites.
11:23Donc, voilà, on trouve que ces valeurs-là font du sens,
11:26particulièrement aujourd'hui, dans ce contexte de marché un peu fébrile,
11:29elles sont plutôt à l'abri, elles versent du dividende,
11:31elles ne sont pas très volatiles, c'est plutôt territoire serein
11:35pour naviguer en ce moment.
11:36– Et donc, de manière un petit peu plus générale,
11:39si on regarde le CAC 40, son positionnement,
11:41sa répartition sectorielle et sa place au sein de l'Europe boursière,
11:47on n'est quand même pas si mal, il y a beaucoup de French bashing,
11:50moi je ne trouve peut-être pas si mal en ce moment.
11:52– Alors, ce qu'il faut retenir, c'est qu'il y a des gagnants et des perdants,
11:54on voit le CAC 40 quand même qui touche des records,
11:57votre jolie casquette, mais donc il y a des gagnants et des perdants.
12:01L'approche diversifiée pour un investisseur est la clé,
12:04parce que si on va se leverager ou prendre un pari très agressif
12:09sur certaines valeurs attaquées, c'est quand même très risqué.
12:13Là, le CAC 40, il performe, il monte.
12:16Alors, il y a cette sensibilité un petit peu luxe, LVMH, Hermès,
12:19bon, ce n'est pas encore très serein.
12:22– Oui, mais avec peut-être un taille inintéressant dans les prochains mois.
12:25– Voilà, tout à fait, ce sont des valeurs de qualité
12:26qui ont les ressorts pour rebondir,
12:28aussi bien parce qu'elles ont un positionnement global,
12:30donc pas seulement le consommateur européen,
12:32mais aussi américain et asiatique.
12:33On voit quand même une amélioration sur la demande en Chine,
12:36dans les récents résultats.
12:38Donc voilà, le CAC 40 est plutôt bien positionné
12:40au sein des marchés européens.
12:42L'Allemagne est un peu plus en difficulté avec SAP
12:44qui représente un gros poids,
12:45mais il y a des très belles valeurs industrielles et matériaux
12:47qui marchent très bien, positionnés sur le plan de relance aussi.
12:51– Voilà quelques idées pour naviguer dans ces temps un peu plus compliqués,
12:54mais c'est normal, le marché a des doutes.
12:56De temps en temps, il faut bien qu'ils doutent quand même.
12:58– Ben oui.
12:59– Non, ce serait trop facile.
13:00– Ben oui, qu'ils doutent, qu'ils prennent des profits,
13:02effectivement, qu'ils créent des opportunités de lui-même.
13:05Schumpeter en action, c'est tous les jours sur les mains.
13:07– Tous les jours.
13:07– La destruction créatrice.
13:09Merci Philippe Ferreira de Kepler,
13:10merci d'avoir été avec nous pour refaire cette séance.
13:12Gilles Santacreux qui était avec nous à boursicoté.com.
13:15On se retrouve demain pour une prochaine édition,
13:18encore une fois passionnante de BFM Bourse.
13:20Il s'est passé tellement de trucs.
13:23Dans quelques minutes, vous retrouvez le 18-19 de Guillaume Paul.
13:27A bientôt sur BFM Business, merci.
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