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  • il y a 1 heure
Ce mardi 31 mars, Clémence de Rothiacob, gérante chez Richelieu, et Andrea Tueni, sales trader chez Saxo Banque, ont débriefé la séance du jour, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Nous recevons Clémence de Rothiacob, Richelieu, gestion.
00:02Bonjour.
00:03Bonjour Antoine.
00:04Alors, on va peut-être commencer par cette histoire.
00:08Ce n'est pas souvent qu'on a des histoires à la bourse.
00:10On a des résultats, on a des opinions d'analystes,
00:13on a des opérations financières.
00:15Là, on a Gatling.
00:17Le titre termine sur une belle hausse.
00:19Plus 3,18 à 18,51 euros.
00:21Ça faisait des années qu'on n'avait pas parlé de Gatling.
00:23Qu'est-ce qui se passe ?
00:25Alors déjà, il y a, et on en reparlera peut-être un petit peu après,
00:28ses opportunités à saisir du côté des grands spécialistes des infrastructures.
00:32Parce que c'est à la fois des dynamiques qui sont très regardées,
00:35surtout en ce moment à l'échelon européen.
00:37C'est des gros fournisseurs de rendement.
00:38Et ça, c'est important pour un investisseur boursier.
00:40Mais en même temps, Gatling a une histoire particulière.
00:43Avec deux gros actionnaires, effage d'un côté,
00:45la famille Benetton de l'autre,
00:49qui grimpe chacun à leur tour,
00:51qui grappille du capital
00:53et jusqu'à la quasi limite de la prise de contrôle.
00:57Alors, on était avec les spécialistes de Kepler tout à l'heure
01:00qui nous disaient,
01:00oh, c'est peut-être pas une bataille.
01:02Peut-être qu'ils essaient de prendre le contrôle de concert de la société.
01:06Vous, vous êtes un peu dans cette optique-là aussi ?
01:09Effectivement, c'est assez intéressant de voir.
01:11Donc, on a d'abord FH,
01:12qui est le premier actionnaire aujourd'hui de Gatling,
01:14qui a un peu moins de 30% du capital.
01:16Évidemment, il n'a pas plus de 30%,
01:17sinon il aurait une obligation légale de lancer une opéra.
01:19C'est une offre, oui.
01:20Effage est rentré il y a très longtemps.
01:22Il a investi 2,5 milliards quand même
01:24pour ses investissements au capital de Gatling.
01:28Il a deux sièges au bord.
01:31Mundi, qui est l'ancien nom d'Atlanta,
01:32a également deux sièges au bord.
01:34Annonce se renforcer au capital,
01:36mais ne veut pas prendre le contrôle
01:37ni de sièges additionnels au bord.
01:40Ce qui est intéressant,
01:41c'est que déjà le groupe italien se renforce.
01:43Pour eux, ça fait une diversification.
01:44Ils ont déjà des actifs en France d'infrastructures.
01:48Ils ont SANEF,
01:49ils ont également le groupe d'aéroports Niscote d'Azur.
01:52Pour eux, c'est une diversification intéressante
01:54sur le marché français.
01:56Effage, le gros dilemme d'Effage,
01:58c'est l'arrivée à terme des concessions dans 10 ans.
02:01AP2R, ARIA,
02:03on sait que les concessions autoroutières
02:05arrivent à leur fin 2035 et 2036.
02:08Pour eux, c'est important d'avoir une exposition
02:12à une infrastructure à longue durée,
02:14ce qui est le cas de Gatling,
02:15puisque la concession s'arrêtera en 2089.
02:19C'est quelque chose de très long terme.
02:21Très long terme.
02:22C'est intéressant.
02:23Après, pour Effage, c'est très gros.
02:25Si Effage y va seul,
02:26potentiellement, c'est une valeur d'entreprise
02:28à 11 milliards.
02:29Quand Effage capitalise, 13 milliards, je crois.
02:32Ça a l'air compliqué d'y aller seul.
02:35Souvenons-nous qu'en 2006,
02:37Effage était associé à Macquarie, l'Australien.
02:39Ils sont allés les chercher pour pouvoir faire l'offre
02:44sur AP2R, les autoroutes qu'ils détiennent actuellement.
02:48Donc, pourquoi pas, imaginons une action,
02:51un partenariat qui ferait du sens,
02:54puisque opérationnellement, ce sont des groupes industriels
02:56qui connaissent bien les infrastructures.
02:58Aujourd'hui, la stratégie des Effage reste floue.
03:02On sait qu'ils ont acheté un bloc de 7% à un actionnaire
03:09et s'ils font de nouveaux achats ou une OPA,
03:13ils se doivent de rembourser aussi l'écart entre le cours.
03:16Donc, ils n'ont pas d'intérêt Effage
03:18à ce que le cours de bourse monte.
03:19Et pendant 18 mois, si le cours de bourse monte trop,
03:23ils devront quand même rembourser cette partie-là.
03:25Bon, après, ça se monétise, ça se calcule.
03:28Mais c'est vrai qu'il n'y a peut-être pas d'urgence
03:31à ce qu'il y ait une issue finale,
03:34un changement d'actionnaire auprès de Gatling.
03:35Mais c'est intéressant de voir vraiment
03:37qu'il y a deux groupes en embuscade
03:38et qu'à moyen long terme, ça ne restera pas comme ça,
03:41c'est certain.
03:41Ça sera dans le giron d'un des deux
03:43et ça ferait du sens, en tout cas pour les acquéreurs.
03:47Et puis, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu
03:49de petites histoires comme ça à la bourse
03:52qui fassent causer.
03:53Plus 3,5 pour Gatling, qui est à 18,57 euros.
03:56Et on a FH qui termine parmi les hausses du jour
04:00sur le CAC 40, plus 1,8 pour 5,131,15 euros.
04:03Clémence, de manière un petit peu plus générale,
04:06les utilities, les valeurs d'infrastructure,
04:09ça reste dynamique, ça reste du rendement,
04:11ça reste un des secteurs privilégiés du moment en bourse.
04:14Oui, bien sûr.
04:15Alors après, il y a une partie infrastructure.
04:18Il faut regarder aussi l'équivalent.
04:20C'est des titres qui sont de facto endettés,
04:23donc avec des taux qui peuvent monter.
04:25C'est vrai que le marché peut se poser la question.
04:26Il y a des cash flows en face.
04:29On va plutôt privilégier les groupes d'infrastructure
04:31qui ne sont pas exposés pour l'instant aux aéroports,
04:34puisqu'on voit la situation géopolitique qui est difficile.
04:37Il y a des beaux groupes en Europe,
04:39je pense notamment à SACIR, le groupe espagnol,
04:41qui est exposé aux concessions autoroutières,
04:43qui est en train d'être dans les appels d'offres importants
04:45aux États-Unis pour ces autoroutes,
04:46où vous avez, il s'appelle le Manage Lane,
04:48c'est des autoroutes où vous avez un pH qui change.
04:52En fait, vous pouvez payer pour pouvoir rouler plus vite,
04:56en fonction, et c'est un tarif qui va...
04:57C'est fou ça, je ne le disais pas.
04:59C'est assez intéressant.
05:00Toutes les personnes qui vont au travail,
05:01qui veulent aller très vite,
05:03ne pas être bloquées dans les embouteillages,
05:04passent par le Manage Lane, c'est une ligne au milieu,
05:07et l'entreprise paye un tarif qui est plus élevé,
05:10donc c'est très rentable.
05:11C'est des actifs intéressants.
05:12Ferrovia, l'espagnol, est déjà très exposé
05:15sur le Manage Lane,
05:16et Sassir, Bid, est dans deux appels d'offres,
05:20donc on attend ça.
05:21Et surtout, ils sont en train de vendre
05:22une partie de leurs actifs autoroutiers,
05:24faire une session d'une partie de leur participation.
05:28Donc il y a des catalyseurs intéressants,
05:30c'est très bien géré.
05:32Voilà, donc ça nous paraît être un groupe intéressant.
05:34Et après, Utility, c'est autre chose,
05:35mais évidemment, on est aussi très positif
05:37sur les services d'entreprise,
05:39les RWE et EON en Allemagne,
05:41toute la thématique d'électrification,
05:43en dehors complètement des risques géopolitiques.
05:47Pour nous, c'est de la visibilité,
05:49et c'est des titres qui sont très intéressants
05:51avec de la croissance embarquée,
05:52qui va arriver avec cette demande
05:54d'infrastructures électriques croissantes.
05:57C'est clair qu'on fera le compte
06:00à la fin du trimestre,
06:03mais c'est vrai que l'infrastructure
06:04est revenue vraiment au premier plan
06:05en ce début d'année,
06:06et ça a été une thématique très porteuse,
06:09ça continue à l'être.
06:09Bon, on va se replonger dans les titres réactifs
06:13à la géopolitique, bien sûr, Total.
06:15Total, on améliore encore le score d'hier,
06:18on avait signé de nouveaux plus hauts historiques,
06:20on termine encore en hausse aujourd'hui
06:22avec une progression de 0,92%
06:24à 80,91€.
06:27De la dynamique,
06:28des bénéfices de trading totalement délirants,
06:31on l'a vu d'ailleurs.
06:31Oui, ce n'est pas confirmé,
06:32mais effectivement,
06:33le groupe ne commande jamais son négociation.
06:37Non, jamais.
06:37Sur le négociation.
06:38Les choses sont très précises.
06:39En tout cas, l'article du Financial Times
06:41est assez précis sur les mouvements
06:43à la fois sur des options
06:44et sur de l'achat physique de barils
06:47dans la région Omane et Arabie Saoudite
06:49avant le conflit,
06:50qui a pu être vendu de façon très lucrative.
06:55Mais ce n'est pas que ça, Total,
06:56c'est aussi du rendement,
06:57c'est aussi structurellement une entreprise
06:59qui s'intègre totalement dans le paysage aujourd'hui
07:01et vraiment qui bénéficie de tout un tas de relais.
07:04Clairement.
07:05Et puis, la partie production
07:06où le marché a pu craindre
07:08lors du début du conflit,
07:10effectivement,
07:10ils ont une exposition de production au Moyen-Orient,
07:12mais c'est largement compensé
07:14par la hausse des prix du baril.
07:16En plus, c'est une exposition
07:17qui est...
07:18La fiscalité est beaucoup plus lourde
07:20dans les pays du Moyen-Orient.
07:21Donc finalement, en fait,
07:22ce qu'on voit en facial est 15%,
07:24ça ne fait que 10% de volume
07:25de la partie production,
07:26largement compensé par la hausse du prix du baril.
07:28Le groupe bénéficie fortement
07:30des marges de raffinage en Europe
07:31qui sont structurellement en croissance
07:34et à notre sens,
07:35et ce n'est pas seulement conjoncturel.
07:37Donc ça, c'est un point important,
07:38très exposé au gaz naturel liquéfié
07:41qui est en forte croissance.
07:43C'est un groupe qui est très bien géré,
07:44qui a encore une décote
07:45par rapport, notamment,
07:46si on regarde les comparables
07:48sur le marché américain.
07:48Le groupe est coté aux États-Unis
07:51depuis décembre dernier.
07:53et le différentiel de valorisation
07:56n'a pas du tout été retrécié.
07:59Donc ça reste intéressant.
08:01Après, ce n'est pas le plus grand gagnant
08:03à court terme.
08:04On l'a vu,
08:05même si effectivement,
08:06la partie trading pourrait changer la donne,
08:08mais un Equinor ou un Repsol
08:10sont davantage peut-être gagnants
08:13puisque zéro exposition au Moyen-Orient.
08:14Mais pour nous, justement,
08:16Total Energy,
08:17ça reste un incontournable
08:19dans le secteur
08:20et au-delà du contexte géopolitique.
08:23André Ationi, Saxo Bank,
08:25comment se configure le titre Total maintenant ?
08:27Alors j'imagine,
08:28c'est toujours compliqué
08:29de faire des projections
08:30une fois qu'un titre a atteint
08:32un plus haut historique.
08:33Maintenant, est-ce que la dynamique
08:35est claire sur les tendances
08:36autour de Total ?
08:39La dynamique, elle est claire
08:41dans le sens où
08:41quand on regarde les indicateurs techniques,
08:43on a un titre qui évolue
08:44au-dessus des moyennes mobiles
08:46court-moyen-long terme,
08:47c'est évident,
08:47on bat des niveaux records.
08:48On a un RSI au-dessus de 60,
08:50donc on a quand même
08:51une force de mouvement
08:51qui est assez importante.
08:54Alors après, maintenant,
08:54si on doit se projeter,
08:56on peut le faire,
08:56on peut se projeter sur des niveaux
08:57et le premier niveau de projection
09:00qu'on a,
09:00il se situe autour des 87-20,
09:0287-30.
09:03Donc ça, c'est un objectif
09:04qu'on peut se fixer
09:05en cas de poursuite
09:06de la progression sur le titre.
09:07Après, il faut regarder,
09:08on est à ces niveaux-là,
09:10on est au-dessus
09:10de quasiment toutes les prévisions
09:13qui ont été faites
09:13par les analystes
09:14en début d'année.
09:15Les projections qui avaient été faites
09:17sur Total ont été dépassées
09:18aujourd'hui.
09:19On a un premier niveau d'alerte
09:21autour des 70.
09:23Voilà, en dessous de ce niveau,
09:24c'est une première alerte.
09:25Ce n'est pas du tout
09:25une remise en question
09:26de la tendance,
09:27mais c'est en tout cas
09:27une première alerte
09:28sur cette vague de hausse
09:29qu'on a connue récemment.
09:30On a quand même globalement
09:32aussi un flux aujourd'hui
09:33qui est un peu plus porté
09:34quand on regarde les options
09:34sur de la protection.
09:35C'est assez logique
09:36vu le niveau du titre.
09:37Ça ne veut pas forcément dire
09:38que les investisseurs
09:39cherchent à se désengager,
09:40mais en tout cas cherchent
09:40à se protéger sur ces niveaux-là.
09:42On a quand même pas mal
09:43de recherches
09:44sur des options de vente
09:45pour se protéger
09:47sur une éventuelle baisse du titre.
09:49Mais c'est vrai que voilà,
09:50globalement,
09:50le mouvement est fort.
09:51On n'a pas de flux
09:52de sorties importants
09:53côté institutionnel aussi.
09:54Donc, on a potentiellement
09:56une poursuite
09:57qui peut se faire
09:58en tout cas sur le court terme
09:58tant qu'il y a cette prime
09:59géopolitique qui s'ajoute.
10:01Merci André Atuéni,
10:03Saxo Bank,
10:04Clémence de Rotiacob.
10:05On termine juste
10:06par un petit mot de Yeva.
10:08Ça s'est mal passé
10:09ce premier jour de bourse.
10:10Le titre a ouvert
10:10en plongeant au moins 20%.
10:12Ça termine à moins de 9,3%.
10:16Est-ce que le meilleur moyen
10:18de provoquer ça,
10:19ce n'est pas de faire
10:20toute sa campagne
10:21d'introduction en bourse
10:22en disant
10:22« Mais moi,
10:23je n'ai pas besoin de la bourse ».
10:24Bon, voilà,
10:25la bourse répond.
10:26Pourtant,
10:26j'ai regardé de loin les comptes,
10:27mais il y a l'air
10:28d'avoir plutôt besoin
10:29de lever d'argent.
10:29C'est un groupe qui perd
10:30qui n'est pas rentable,
10:31qui perd encore d'argent,
10:32qui brûle du cash
10:33encore de façon opérationnelle.
10:35Après, la question,
10:36c'est pourquoi
10:36s'introduire en bourse maintenant
10:38dans un contexte comme ça
10:39aussi difficile.
10:40Il y a eu beaucoup
10:41d'annulations,
10:42d'écalages
10:42d'introductions en bourse.
10:44Les seules introductions
10:45en bourse en Europe
10:46que nous avons vues
10:46depuis le début de l'année
10:47sont des groupes
10:48de la défense,
10:50des groupes
10:51de République tchèque
10:51et des groupes
10:53qui sont introduits
10:53également à Francfort.
10:54Et encore,
10:57la performance boursière
10:58depuis l'introduction en bourse
10:59est plutôt négative
11:01alors qu'on est dans
11:01un secteur dynamique
11:03de la croissance.
11:03Bien sûr.
11:04Ce n'est pas le meilleur
11:05timing de marché,
11:07surtout pour...
11:07C'était sous-souscrit.
11:09On savait que les investisseurs
11:10institutionnels
11:11ne s'étaient pas intéressés
11:12au dossier.
11:14Le secteur
11:14n'est pas le meilleur secteur
11:18pour la configuration
11:20de marché actuel.
11:21Et puis,
11:21c'est un groupe encore
11:24qui a un modèle économique
11:26non stabilisé.
11:27Voilà.
11:27Voilà.
11:27Voilà.
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