00:00Nous recevons Clémence de Rothiacob, Richelieu, gestion.
00:02Bonjour.
00:03Bonjour Antoine.
00:04Alors, on va peut-être commencer par cette histoire.
00:08Ce n'est pas souvent qu'on a des histoires à la bourse.
00:10On a des résultats, on a des opinions d'analystes,
00:13on a des opérations financières.
00:15Là, on a Gatling.
00:17Le titre termine sur une belle hausse.
00:19Plus 3,18 à 18,51 euros.
00:21Ça faisait des années qu'on n'avait pas parlé de Gatling.
00:23Qu'est-ce qui se passe ?
00:25Alors déjà, il y a, et on en reparlera peut-être un petit peu après,
00:28ses opportunités à saisir du côté des grands spécialistes des infrastructures.
00:32Parce que c'est à la fois des dynamiques qui sont très regardées,
00:35surtout en ce moment à l'échelon européen.
00:37C'est des gros fournisseurs de rendement.
00:38Et ça, c'est important pour un investisseur boursier.
00:40Mais en même temps, Gatling a une histoire particulière.
00:43Avec deux gros actionnaires, effage d'un côté,
00:45la famille Benetton de l'autre,
00:49qui grimpe chacun à leur tour,
00:51qui grappille du capital
00:53et jusqu'à la quasi limite de la prise de contrôle.
00:57Alors, on était avec les spécialistes de Kepler tout à l'heure
01:00qui nous disaient,
01:00oh, c'est peut-être pas une bataille.
01:02Peut-être qu'ils essaient de prendre le contrôle de concert de la société.
01:06Vous, vous êtes un peu dans cette optique-là aussi ?
01:09Effectivement, c'est assez intéressant de voir.
01:11Donc, on a d'abord FH,
01:12qui est le premier actionnaire aujourd'hui de Gatling,
01:14qui a un peu moins de 30% du capital.
01:16Évidemment, il n'a pas plus de 30%,
01:17sinon il aurait une obligation légale de lancer une opéra.
01:19C'est une offre, oui.
01:20Effage est rentré il y a très longtemps.
01:22Il a investi 2,5 milliards quand même
01:24pour ses investissements au capital de Gatling.
01:28Il a deux sièges au bord.
01:31Mundi, qui est l'ancien nom d'Atlanta,
01:32a également deux sièges au bord.
01:34Annonce se renforcer au capital,
01:36mais ne veut pas prendre le contrôle
01:37ni de sièges additionnels au bord.
01:40Ce qui est intéressant,
01:41c'est que déjà le groupe italien se renforce.
01:43Pour eux, ça fait une diversification.
01:44Ils ont déjà des actifs en France d'infrastructures.
01:48Ils ont SANEF,
01:49ils ont également le groupe d'aéroports Niscote d'Azur.
01:52Pour eux, c'est une diversification intéressante
01:54sur le marché français.
01:56Effage, le gros dilemme d'Effage,
01:58c'est l'arrivée à terme des concessions dans 10 ans.
02:01AP2R, ARIA,
02:03on sait que les concessions autoroutières
02:05arrivent à leur fin 2035 et 2036.
02:08Pour eux, c'est important d'avoir une exposition
02:12à une infrastructure à longue durée,
02:14ce qui est le cas de Gatling,
02:15puisque la concession s'arrêtera en 2089.
02:19C'est quelque chose de très long terme.
02:21Très long terme.
02:22C'est intéressant.
02:23Après, pour Effage, c'est très gros.
02:25Si Effage y va seul,
02:26potentiellement, c'est une valeur d'entreprise
02:28à 11 milliards.
02:29Quand Effage capitalise, 13 milliards, je crois.
02:32Ça a l'air compliqué d'y aller seul.
02:35Souvenons-nous qu'en 2006,
02:37Effage était associé à Macquarie, l'Australien.
02:39Ils sont allés les chercher pour pouvoir faire l'offre
02:44sur AP2R, les autoroutes qu'ils détiennent actuellement.
02:48Donc, pourquoi pas, imaginons une action,
02:51un partenariat qui ferait du sens,
02:54puisque opérationnellement, ce sont des groupes industriels
02:56qui connaissent bien les infrastructures.
02:58Aujourd'hui, la stratégie des Effage reste floue.
03:02On sait qu'ils ont acheté un bloc de 7% à un actionnaire
03:09et s'ils font de nouveaux achats ou une OPA,
03:13ils se doivent de rembourser aussi l'écart entre le cours.
03:16Donc, ils n'ont pas d'intérêt Effage
03:18à ce que le cours de bourse monte.
03:19Et pendant 18 mois, si le cours de bourse monte trop,
03:23ils devront quand même rembourser cette partie-là.
03:25Bon, après, ça se monétise, ça se calcule.
03:28Mais c'est vrai qu'il n'y a peut-être pas d'urgence
03:31à ce qu'il y ait une issue finale,
03:34un changement d'actionnaire auprès de Gatling.
03:35Mais c'est intéressant de voir vraiment
03:37qu'il y a deux groupes en embuscade
03:38et qu'à moyen long terme, ça ne restera pas comme ça,
03:41c'est certain.
03:41Ça sera dans le giron d'un des deux
03:43et ça ferait du sens, en tout cas pour les acquéreurs.
03:47Et puis, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu
03:49de petites histoires comme ça à la bourse
03:52qui fassent causer.
03:53Plus 3,5 pour Gatling, qui est à 18,57 euros.
03:56Et on a FH qui termine parmi les hausses du jour
04:00sur le CAC 40, plus 1,8 pour 5,131,15 euros.
04:03Clémence, de manière un petit peu plus générale,
04:06les utilities, les valeurs d'infrastructure,
04:09ça reste dynamique, ça reste du rendement,
04:11ça reste un des secteurs privilégiés du moment en bourse.
04:14Oui, bien sûr.
04:15Alors après, il y a une partie infrastructure.
04:18Il faut regarder aussi l'équivalent.
04:20C'est des titres qui sont de facto endettés,
04:23donc avec des taux qui peuvent monter.
04:25C'est vrai que le marché peut se poser la question.
04:26Il y a des cash flows en face.
04:29On va plutôt privilégier les groupes d'infrastructure
04:31qui ne sont pas exposés pour l'instant aux aéroports,
04:34puisqu'on voit la situation géopolitique qui est difficile.
04:37Il y a des beaux groupes en Europe,
04:39je pense notamment à SACIR, le groupe espagnol,
04:41qui est exposé aux concessions autoroutières,
04:43qui est en train d'être dans les appels d'offres importants
04:45aux États-Unis pour ces autoroutes,
04:46où vous avez, il s'appelle le Manage Lane,
04:48c'est des autoroutes où vous avez un pH qui change.
04:52En fait, vous pouvez payer pour pouvoir rouler plus vite,
04:56en fonction, et c'est un tarif qui va...
04:57C'est fou ça, je ne le disais pas.
04:59C'est assez intéressant.
05:00Toutes les personnes qui vont au travail,
05:01qui veulent aller très vite,
05:03ne pas être bloquées dans les embouteillages,
05:04passent par le Manage Lane, c'est une ligne au milieu,
05:07et l'entreprise paye un tarif qui est plus élevé,
05:10donc c'est très rentable.
05:11C'est des actifs intéressants.
05:12Ferrovia, l'espagnol, est déjà très exposé
05:15sur le Manage Lane,
05:16et Sassir, Bid, est dans deux appels d'offres,
05:20donc on attend ça.
05:21Et surtout, ils sont en train de vendre
05:22une partie de leurs actifs autoroutiers,
05:24faire une session d'une partie de leur participation.
05:28Donc il y a des catalyseurs intéressants,
05:30c'est très bien géré.
05:32Voilà, donc ça nous paraît être un groupe intéressant.
05:34Et après, Utility, c'est autre chose,
05:35mais évidemment, on est aussi très positif
05:37sur les services d'entreprise,
05:39les RWE et EON en Allemagne,
05:41toute la thématique d'électrification,
05:43en dehors complètement des risques géopolitiques.
05:47Pour nous, c'est de la visibilité,
05:49et c'est des titres qui sont très intéressants
05:51avec de la croissance embarquée,
05:52qui va arriver avec cette demande
05:54d'infrastructures électriques croissantes.
05:57C'est clair qu'on fera le compte
06:00à la fin du trimestre,
06:03mais c'est vrai que l'infrastructure
06:04est revenue vraiment au premier plan
06:05en ce début d'année,
06:06et ça a été une thématique très porteuse,
06:09ça continue à l'être.
06:09Bon, on va se replonger dans les titres réactifs
06:13à la géopolitique, bien sûr, Total.
06:15Total, on améliore encore le score d'hier,
06:18on avait signé de nouveaux plus hauts historiques,
06:20on termine encore en hausse aujourd'hui
06:22avec une progression de 0,92%
06:24à 80,91€.
06:27De la dynamique,
06:28des bénéfices de trading totalement délirants,
06:31on l'a vu d'ailleurs.
06:31Oui, ce n'est pas confirmé,
06:32mais effectivement,
06:33le groupe ne commande jamais son négociation.
06:37Non, jamais.
06:37Sur le négociation.
06:38Les choses sont très précises.
06:39En tout cas, l'article du Financial Times
06:41est assez précis sur les mouvements
06:43à la fois sur des options
06:44et sur de l'achat physique de barils
06:47dans la région Omane et Arabie Saoudite
06:49avant le conflit,
06:50qui a pu être vendu de façon très lucrative.
06:55Mais ce n'est pas que ça, Total,
06:56c'est aussi du rendement,
06:57c'est aussi structurellement une entreprise
06:59qui s'intègre totalement dans le paysage aujourd'hui
07:01et vraiment qui bénéficie de tout un tas de relais.
07:04Clairement.
07:05Et puis, la partie production
07:06où le marché a pu craindre
07:08lors du début du conflit,
07:10effectivement,
07:10ils ont une exposition de production au Moyen-Orient,
07:12mais c'est largement compensé
07:14par la hausse des prix du baril.
07:16En plus, c'est une exposition
07:17qui est...
07:18La fiscalité est beaucoup plus lourde
07:20dans les pays du Moyen-Orient.
07:21Donc finalement, en fait,
07:22ce qu'on voit en facial est 15%,
07:24ça ne fait que 10% de volume
07:25de la partie production,
07:26largement compensé par la hausse du prix du baril.
07:28Le groupe bénéficie fortement
07:30des marges de raffinage en Europe
07:31qui sont structurellement en croissance
07:34et à notre sens,
07:35et ce n'est pas seulement conjoncturel.
07:37Donc ça, c'est un point important,
07:38très exposé au gaz naturel liquéfié
07:41qui est en forte croissance.
07:43C'est un groupe qui est très bien géré,
07:44qui a encore une décote
07:45par rapport, notamment,
07:46si on regarde les comparables
07:48sur le marché américain.
07:48Le groupe est coté aux États-Unis
07:51depuis décembre dernier.
07:53et le différentiel de valorisation
07:56n'a pas du tout été retrécié.
07:59Donc ça reste intéressant.
08:01Après, ce n'est pas le plus grand gagnant
08:03à court terme.
08:04On l'a vu,
08:05même si effectivement,
08:06la partie trading pourrait changer la donne,
08:08mais un Equinor ou un Repsol
08:10sont davantage peut-être gagnants
08:13puisque zéro exposition au Moyen-Orient.
08:14Mais pour nous, justement,
08:16Total Energy,
08:17ça reste un incontournable
08:19dans le secteur
08:20et au-delà du contexte géopolitique.
08:23André Ationi, Saxo Bank,
08:25comment se configure le titre Total maintenant ?
08:27Alors j'imagine,
08:28c'est toujours compliqué
08:29de faire des projections
08:30une fois qu'un titre a atteint
08:32un plus haut historique.
08:33Maintenant, est-ce que la dynamique
08:35est claire sur les tendances
08:36autour de Total ?
08:39La dynamique, elle est claire
08:41dans le sens où
08:41quand on regarde les indicateurs techniques,
08:43on a un titre qui évolue
08:44au-dessus des moyennes mobiles
08:46court-moyen-long terme,
08:47c'est évident,
08:47on bat des niveaux records.
08:48On a un RSI au-dessus de 60,
08:50donc on a quand même
08:51une force de mouvement
08:51qui est assez importante.
08:54Alors après, maintenant,
08:54si on doit se projeter,
08:56on peut le faire,
08:56on peut se projeter sur des niveaux
08:57et le premier niveau de projection
09:00qu'on a,
09:00il se situe autour des 87-20,
09:0287-30.
09:03Donc ça, c'est un objectif
09:04qu'on peut se fixer
09:05en cas de poursuite
09:06de la progression sur le titre.
09:07Après, il faut regarder,
09:08on est à ces niveaux-là,
09:10on est au-dessus
09:10de quasiment toutes les prévisions
09:13qui ont été faites
09:13par les analystes
09:14en début d'année.
09:15Les projections qui avaient été faites
09:17sur Total ont été dépassées
09:18aujourd'hui.
09:19On a un premier niveau d'alerte
09:21autour des 70.
09:23Voilà, en dessous de ce niveau,
09:24c'est une première alerte.
09:25Ce n'est pas du tout
09:25une remise en question
09:26de la tendance,
09:27mais c'est en tout cas
09:27une première alerte
09:28sur cette vague de hausse
09:29qu'on a connue récemment.
09:30On a quand même globalement
09:32aussi un flux aujourd'hui
09:33qui est un peu plus porté
09:34quand on regarde les options
09:34sur de la protection.
09:35C'est assez logique
09:36vu le niveau du titre.
09:37Ça ne veut pas forcément dire
09:38que les investisseurs
09:39cherchent à se désengager,
09:40mais en tout cas cherchent
09:40à se protéger sur ces niveaux-là.
09:42On a quand même pas mal
09:43de recherches
09:44sur des options de vente
09:45pour se protéger
09:47sur une éventuelle baisse du titre.
09:49Mais c'est vrai que voilà,
09:50globalement,
09:50le mouvement est fort.
09:51On n'a pas de flux
09:52de sorties importants
09:53côté institutionnel aussi.
09:54Donc, on a potentiellement
09:56une poursuite
09:57qui peut se faire
09:58en tout cas sur le court terme
09:58tant qu'il y a cette prime
09:59géopolitique qui s'ajoute.
10:01Merci André Atuéni,
10:03Saxo Bank,
10:04Clémence de Rotiacob.
10:05On termine juste
10:06par un petit mot de Yeva.
10:08Ça s'est mal passé
10:09ce premier jour de bourse.
10:10Le titre a ouvert
10:10en plongeant au moins 20%.
10:12Ça termine à moins de 9,3%.
10:16Est-ce que le meilleur moyen
10:18de provoquer ça,
10:19ce n'est pas de faire
10:20toute sa campagne
10:21d'introduction en bourse
10:22en disant
10:22« Mais moi,
10:23je n'ai pas besoin de la bourse ».
10:24Bon, voilà,
10:25la bourse répond.
10:26Pourtant,
10:26j'ai regardé de loin les comptes,
10:27mais il y a l'air
10:28d'avoir plutôt besoin
10:29de lever d'argent.
10:29C'est un groupe qui perd
10:30qui n'est pas rentable,
10:31qui perd encore d'argent,
10:32qui brûle du cash
10:33encore de façon opérationnelle.
10:35Après, la question,
10:36c'est pourquoi
10:36s'introduire en bourse maintenant
10:38dans un contexte comme ça
10:39aussi difficile.
10:40Il y a eu beaucoup
10:41d'annulations,
10:42d'écalages
10:42d'introductions en bourse.
10:44Les seules introductions
10:45en bourse en Europe
10:46que nous avons vues
10:46depuis le début de l'année
10:47sont des groupes
10:48de la défense,
10:50des groupes
10:51de République tchèque
10:51et des groupes
10:53qui sont introduits
10:53également à Francfort.
10:54Et encore,
10:57la performance boursière
10:58depuis l'introduction en bourse
10:59est plutôt négative
11:01alors qu'on est dans
11:01un secteur dynamique
11:03de la croissance.
11:03Bien sûr.
11:04Ce n'est pas le meilleur
11:05timing de marché,
11:07surtout pour...
11:07C'était sous-souscrit.
11:09On savait que les investisseurs
11:10institutionnels
11:11ne s'étaient pas intéressés
11:12au dossier.
11:14Le secteur
11:14n'est pas le meilleur secteur
11:18pour la configuration
11:20de marché actuel.
11:21Et puis,
11:21c'est un groupe encore
11:24qui a un modèle économique
11:26non stabilisé.
11:27Voilà.
11:27Voilà.
11:27Voilà.
Commentaires