Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Bullshitomètre : "L’IA améliore la productivité".

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Face au bullshitomètre, dans cette émission, vous le savez, dans BFM Bourse, on va un peu disrupter les...
00:05Alors, c'est très intéressant parce qu'on va disrupter une disruption.
00:09Voilà, c'est la disruption carré.
00:11On parle d'IA depuis des plombes, depuis le début de l'émission, mais il y a énormément de choses
00:15à dire.
00:16Et nous accueillons Christian Biteau, professeur de finance à l'ESSEC.
00:19Bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Ravie de vous rejoindre.
00:21Ravie que vous soyez là.
00:23Et oui, l'IA améliore la productivité, vous vous dites bullshit.
00:29Bah oui.
00:31Et oui, oui, oui.
00:32Foudroyer.
00:33C'est une idée.
00:35En plus, on l'a dit en début d'émission, Amazon, ils mettent au point un logiciel qui tourne autour
00:42de sa propre IA pour s'alimenter, pour gérer la logistique et tout.
00:45Une semaine après, ils sont obligés de l'éteindre.
00:47Le truc, invente des lignes de code, ça part dans tous les sens, c'est n'importe quoi.
00:51On n'améliore pas la productivité comme ça en mettant une ligne de code quelque part.
00:55Ça va prendre beaucoup plus de temps.
00:57Voilà.
00:57Mais c'est vraiment le sujet clé et fondamental.
00:59Et comme on a enfin obtenu les chiffres, vous savez que les États-Unis, avec le shutdown, avaient un peu
01:03de retard, on va faire le point sur ce qu'on appelle la productivité.
01:07C'est un sujet clé.
01:08Si on s'écarte un tout petit peu des préoccupations géopolitiques, des mouvements sectoriels et valeurs du jour, on sait
01:15que l'année 2026, elle sera clé sur un point, les profits des entreprises.
01:20Ça a été le cas l'année dernière.
01:22Finalement, l'année dernière a atteint des records historiques, notamment sur le marché américain, toujours en tête, parce que les
01:27bénéfices ont rempli leurs attentes.
01:30On était à plus 15% de croissance des bénéfices.
01:33C'est confirmé avec 85% de publication des résultats aujourd'hui, à l'heure actuelle.
01:37Maintenant, est-ce qu'on va tenir le choc pour 2026 ?
01:41C'est loin d'être gagné.
01:42Aux États-Unis, les attentes bénéficiaires sont encore à un niveau de plus 14,2%, si on veut être précis.
01:48En Europe, c'est encore pire.
01:50On est actuellement, il y a peut-être un petit excès, à plus 16% d'attentes bénéficiaires.
01:54Parce que finalement, l'année dernière, on aura fait sur le stock 300, 0% de croissance des bénéfices.
02:00Si j'en rendais le chiffre, rien.
02:01Et donc, on attend avec un effet de marge, une progression de plus de 15% des bénéfices.
02:07Et pour obtenir de tels chiffres, il faut de la croissance.
02:10Ça, les sujets macroéconomiques vont certainement énormément jouer.
02:13Mais il faut aussi des profits des entreprises.
02:15Et les conditions de profitabilité sont liées donc à la productivité.
02:20C'est pour ça que je voulais traiter ce sujet aujourd'hui.
02:22Parce qu'on retrouve enfin, dans la productivité, l'apport de l'intelligence artificielle.
02:27Alors Christian, justement, je vais me fier à votre statut de professeur de finance.
02:32J'ai envie d'avoir un cours aujourd'hui.
02:34Comment on mesure cette productivité ? C'est quoi la productivité ?
02:37Ça sera très rapide comme cours.
02:39Parce qu'on a l'impression que c'est une notion totalement abstraite, difficile à mesurer ou par sondage.
02:44Non, en fait, c'est un calcul de comptabilité nationale hyper simple.
02:47On prend tout d'abord la valeur ajoutée d'un pays, son PIB.
02:50Tout ce qu'on a produit.
02:51Et on le met en rapport avec le nombre d'heures travaillées.
02:56Donc, il faut attendre le PIB.
02:57C'est pour ça que ça prend toujours un peu de retard.
02:58Il faut attendre le nombre d'employés que multipliez les heures travaillées.
03:03Mais ensuite, ça donne un calcul très simple.
03:04Si, par exemple, une année, on constate qu'une heure de travail, en moyenne, sur un pays, permet de produire
03:11100 dollars, mettons.
03:12Si l'année d'après, la même heure de travail permet de produire 102, eh bien, on a une amélioration
03:18de la productivité de plus de 2%.
03:20Donc, en fait, c'est un calcul très simple, qui est tout à fait concret.
03:23Il suffit d'avoir les bons chiffres de les attentes en comptabilité.
03:26On mesure très précisément la productivité d'un pays.
03:28Et c'est là où je constate, avec les derniers chiffres, quelque chose de très décevant.
03:33Ça fait deux ans qu'on parle de la révolution de l'IA.
03:36Dans les chiffres de productivité, on ne voit quasiment rien.
03:39Puisque la productivité, l'année dernière, sur 12 mois écoulés aux États-Unis, a progressé de plus de 2%.
03:45Vous allez me dire, c'est bien plus de 2%, mais si je prends la moyenne depuis 2015,
03:49je l'ai recalculé moi-même à la main, la moyenne depuis 2015, c'est plus 1,76%.
03:55Alors oui, comme un tout petit mieux.
03:57Mais si on regarde la zone euro, plus 1,1% de gain de productivité.
04:02Si on regarde le Japon, plus 1,1% de gain de productivité.
04:06Pour la Chine, on n'a pas les chiffres.
04:08Enfin, ça semble très modeste.
04:09Ça commence. Il y en a qui sortent, mais il faut décortiquer.
04:12Il faut décortiquer, les prendre avec des pincettes déjà.
04:14J'espère qu'il n'y a pas trop d'erreurs dans les calculs du bureau Flabor Statistique aux États
04:19-Unis.
04:19Puisque ça dépend donc du nombre de personnes employées.
04:22On sait qu'ils se sont trompés sur les nouveaux emplois l'année dernière,
04:25de 800 000 postes tout de même.
04:27J'espère que les chiffres sont bons tout de même, corrigés de ceci.
04:30Mais pour le moment, ils ne montrent pas de révolution.
04:33Bon, l'IA n'améliore rien en gros, c'est un mirage ?
04:36Alors, en tout cas, c'est ce qui explique peut-être les mouvements boursiers
04:39que vous commentez depuis ce matin, ou surtout hier aussi.
04:41C'est que finalement, on se rend compte dans l'IA qu'il y a un énorme décalage
04:46entre les attentes, maintenant même les investissements,
04:49les hyperscalers, les Microsoft, les Google, les Amazon
04:53promettent plus de 600 milliards de dollars de dépenses additionnelles en 2026,
04:59cette année, par rapport à une rentabilité qui va obligatoirement se faire attendre.
05:03On voit bien le résultat concret dans l'économie, dans la productivité.
05:06Ça prend énormément de temps.
05:08Et donc, les marchés sanctionnent maintenant cette différence
05:11entre les montants nécessaires à investir pour que les hyperscalers
05:15se maintiennent au niveau, et puis les bénéfices à attendre
05:18qui vont parvenir dans les trois prochains mois.
05:20C'est comme la mise en place de la productivité dans les différentes entreprises.
05:24Et ça frappe même encore plus, alors ce qu'on appelait
05:27les sociétés de logiciels ou de conseils.
05:29Les SAP, les Dassault Systèmes, les Capgemini, les UB6, etc.
05:34Enfin, si vous regardez la liste des performances négatives
05:36dans le stock européen depuis le début de l'année,
05:40entre SAP, Dassault Systèmes, Capgemini, on est vraiment gâté.
05:43C'est du moins 20, moins 25%.
05:46Là, le phénomène est un peu différent.
05:48Je ne pense pas que ça soit la fin des logiciels.
05:51Même le patron de Nvidia l'a dit, vous l'avez redit sur votre antenne,
05:55ça serait complètement idiot de considérer que c'est la fin des logiciels.
05:58Ça va simplement accélérer, peut-être, la programmation des logiciels.
06:02Mais surtout, ça veut dire que ces gros mastodontes du conseil et du logiciel
06:06vont être obligés pour récupérer une rentabilité par rapport à ces gains de temps,
06:11par rapport à ce qui est sous-traité, par exemple, en Inde,
06:14pour la programmation des logiciels.
06:15Vous voyez Capgemini, par exemple.
06:17Il va falloir dégraisser.
06:19Et plus on est gros, plus le dégraissage en effectif va prendre du temps.
06:24Et en France particulièrement, ou même aussi en Allemagne,
06:27va être coûteux, en fait.
06:28Il y aura des départs en retraite, des départs anticipés.
06:30Mais donc l'adaptation pour retrouver la rentabilité boursière
06:34que nous recherchons dans la gestion de portefeuille sera longue.
06:37Et donc les gros sont pour le moment très sanctionnés.
06:40Cela veut dire que sur l'IA, il va falloir être de plus en plus sélectif.
06:44Ça donne une chance, même à la limite.
06:46Parce qu'il ne faut pas dire que tout ce qui est logiciel
06:48ou tout ce qui est logiciel d'intelligence artificielle, c'est foutu.
06:51On a tout de même l'exemple de ce qui s'est passé sur IBM
06:54avec le soi-disant logiciel, comment il s'appelle déjà ?
06:57Claude, oui, d'un logiciel.
06:59Claude, d'une société qui n'est même pas cotée,
07:01mais déjà valorisée, plus de 340 milliards de dollars.
07:04Après où d'y aller ?
07:04Pour quelques centaines d'employés.
07:06Mais justement, c'est la souplesse des petites entreprises.
07:09C'est là où il y a le plus d'espoir aujourd'hui.
07:12Les mastodontes, IBM aussi,
07:14commencent à payer un tout petit peu les peaux cassées
07:16de ces perspectives qui...
07:18C'est ce qu'on a compris depuis deux ans.
07:19Il va falloir inscrire ça dans le temps.
07:21C'est ce qu'on a compris sur la productivité.
07:24J'avais une question.
07:25D'après vous, les petites et moyennes entreprises
07:28ont plus d'agilité à pouvoir...
07:30Ils vont être mieux placés.
07:31Il va falloir être électriques.
07:32C'est pour ça qu'aujourd'hui, beaucoup de portefeuilles,
07:34beaucoup de gestion s'orientent toujours sur la même thématique,
07:37mais ils vont aller les chercher en Corée du Sud,
07:40en Chine, au Japon.
07:41J'aime beaucoup au Japon, dans la robotique,
07:43où on commence à mettre de l'intelligence artificielle.
07:46Donc, on est en train d'élargir le spectre
07:49et de s'éloigner un peu des méga-caps.
07:51On verra avec les résultats d'Nvia.
07:52Ça n'est pas foutu.
07:53Il y a eu des excès.
07:54On voit bien le rebond d'IBM,
07:56mais ça n'est pas foutu.
07:58Et puis, je vais terminer sur une note positive,
08:00tout de même,
08:00puisque ce sera le thème que nous avons abordé tout à l'heure.
08:02J'ai regardé de près les chiffres
08:03et les tout derniers chiffres.
08:05Je vous ai dit, il n'y a pas de gain de productivité.
08:07On a les tout derniers chiffres pour les États-Unis.
08:09Pour une fois, un trimestre,
08:11du trimestre 2 au trimestre 3 de l'année dernière,
08:14qui sont la dernière mesure,
08:16parce qu'il fallait le PIB,
08:17ça s'est un peu amélioré.
08:19Gain de productivité exprimé en rythme annualisé,
08:21puisque c'est la tradition américaine,
08:24plus 4,9%.
08:26Donc, il n'y a rien à voir avec mon plus de 2%.
08:29Un chiffre réalisé.
08:30Donc, il semblerait qu'il y ait une pointe,
08:32que ça commence enfin à venir,
08:33ce qui laisse un espoir à mes propos.
08:35où je disais, c'est foutu, ça n'a rien à apporter.
08:37Ça commence à bouger un petit peu.
08:39Dans le détail de ces 4,9%,
08:41on voit, je suis bien placé,
08:43puisque j'y travaille chez Swiss Life,
08:45chez la banque privée, gestion privée,
08:46on commence à voir beaucoup d'apports
08:49de gains de productivité avec l'intelligence artificielle
08:52dans les services financiers,
08:54dans les services bancaires,
08:56dans la gestion.
08:57Parce que si ce chiffre de 4,9% est une moyenne,
08:59entre les services,
09:00on a plus de 5% de gains de productivité,
09:02et l'industrie manufacturière américaine,
09:05en tout cas,
09:05parce qu'il est pour les Etats-Unis,
09:06qui est toujours en retard aux environs de plus 3%.
09:09Donc, ça va prendre du temps,
09:11mais les services, ça va vite.
09:12Christian Mito,
09:13tiens, je voulais vous montrer un truc.
09:16C'était sur Twitter hier.
09:18En fait, dans les années 80-90,
09:20IBM avait sorti un objet promotionnel
09:22qui était assez rigolo.
09:22C'était un vieux boulier,
09:23derrière une plaque de verre,
09:25avec marqué dessus,
09:26le jour où IBM calanche,
09:29brisez la vitre,
09:30il vous restera ça.
09:31Et en fait, il y a quelqu'un
09:32qui a tweeté ça hier,
09:33quand IBM perdait 13%,
09:34en disant,
09:34bon, il va falloir briser la vitre,
09:36parce qu'il était parti à la flotte.
09:38Et en fait, pas du tout,
09:39IBM rebondit de 5%.
09:41Et voilà,
09:42on réduit les dégâts,
09:43et puis,
09:44tout ça va se normaliser.
09:46Christian Biteau,
09:47vice-président de Swiss Life Gestion Privée.
09:49c'est bon.
Commentaires

Recommandations