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  • il y a 4 heures
Bullshitomètre : "Il faut revenir sur les valeurs du luxe"

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Transcription
00:00Et nous, en France, on a le luxe.
00:02Alors il vient nous rejoindre pour en parler justement l'avenir du luxe.
00:04Éric Léouine, il est stratégiste pour Bourse Directe
00:07et il vient dénoncer le consensus, combattre toutes les idées reçues.
00:12Bonjour Éric.
00:12Bonjour, bonjour à tous.
00:14Les valeurs du luxe, oui, la tech reprend des couleurs, mais le luxe c'est plus difficile.
00:17Les valeurs du luxe, du coup, à force de baisser, redeviennent attractives.
00:20Il faut y revenir, d'ailleurs, c'est quand plus personne n'y croit qu'il faut s'y réintéresser.
00:24Certains le pensent, vous toujours pas, vous dites bullshit.
00:29Vous foudroyez, Éric, cette idée que le luxe, le luxe à force serait redevenu attractives.
00:32Il n'y a plus le truc, là, comme ça ? C'est fini ?
00:34Oh non, on ne fait plus le...
00:35Oh d'accord, ok.
00:35Non, pour moi, écoutez, le luxe ne fait plus recette.
00:37Alors quand on regarde depuis le début de l'année, Hermès, LVMH, Kering, c'est moins 15, moins 25%.
00:42Il y a trois tendances de fond.
00:43Un, le marché a perdu 80 millions de clients en l'espace de cinq ans
00:46parce que tout ce qui est ce qu'on appelle la clientèle aspirationnelle.
00:49C'est quoi l'aspirationnel ?
00:50C'est Sabrina Sedghi qui a une prime et qui va s'acheter un sac Chanel
00:53qu'elle ne pourrait pas s'acheter sinon.
00:55C'est Antoine qui va s'acheter une monde qu'il ne pouvait pas s'acheter sinon.
00:58Non, mais c'est toute cette clientèle qui n'est pas le monde de l'ultra-luxe.
01:01Et je ne dis pas ça de façon péjorative.
01:03Ces gens-là, pourquoi ils ne peuvent pas ?
01:03Vous remarquerez qu'ils ont une prime tous les deux, mais pas moi.
01:05Non, parce que comme vous êtes le présentateur, après vous m'avéteriez.
01:08Non, ça veut dire qu'il y a une clientèle qui ne peut pas suivre
01:11parce que ses produits ont augmenté de 60% en l'espace de cinq ans.
01:15Donc en fait, le pricing pour un ne fait plus recette.
01:17C'est la première raison.
01:18La deuxième raison, pardon, c'est que le marché de la seconde main
01:22progresse entre 15 et 20%.
01:24Ce sont des articles qui sont 30 ou 40% moins chers.
01:26Et donc, il y a toute une partie de la clientèle
01:28qui préfère venir sur ce segment.
01:30Et la troisième raison, c'est ce qu'on appelle le luxe expérentiel.
01:34Il ne vous a pas échappé, notamment qu'Accor, la semaine dernière,
01:37a lancé l'Orient Express Corinthian, qui est un paquebot de 220 mètres.
01:41Vous avez des suites pour faire Marseille-Rome à 15 000 euros les trois jours.
01:45Et donc, pourquoi ils ont lancé ce genre de bateau ?
01:49C'est parce que de plus en plus, vous avez une clientèle
01:50qui se détourne des produits de luxe traditionnels
01:54pour aller vers de l'hôtellerie haut de gamme,
01:57vers des relais châteaux, vers des dîners dans un 3 étoiles.
02:00Et ça, c'est une véritable tendance de fond
02:02qui me fait dire que le secteur du luxe, malheureusement,
02:05redevient un secteur un petit peu comme les autres.
02:08C'est-à-dire qu'il peut y avoir 2 ans, 3 ans, 4 ans, 5 ans,
02:11sans véritable forte croissance.
02:13Alors, certes, ça va croître entre 2 et 4%,
02:15mais on n'a plus les croissances qu'on avait après le Covid.
02:19Vous feriez-vous un Marseille-Rome comme ça en croisière pour 15 000 euros ?
02:23Écoutez, si j'en avais les moyens,
02:26mais si j'en avais les moyens, ça serait plus logique.
02:29Méfiez-vous des virus sur les croisières.
02:30Non, non, mais il y a eu 3 morts.
02:32Il y a eu 3 morts sur les croisières de luxe, là.
02:34Non, non, c'est pas ça ce que je veux dire.
02:36Moi, au-delà de mon cas personnel,
02:37vous avez de plus en plus de gens qui préfèrent dépenser 500 euros
02:39pour aller dans un 3 étoiles pour se faire plaisir
02:41plutôt que d'acheter un objet de luxe.
02:43Et là, on le voit de plus en plus.
02:45On le voit de plus en plus.
02:46Et c'est pour ça que ça me fait dire
02:48que le secteur, finalement, ne fait plus rêver
02:51et risque de ne plus faire rêver
02:53pendant un certain long moment
02:55parce qu'on voit très bien que ça ne rebondit absolument pas.
02:57Alors, Éric, vous nous faites rêver,
02:58mais pourquoi ce secteur du luxe connaît un gros coup de mou ?
03:02Justement, pour ces 3 raisons.
03:05J'en rajouterais un, mais à mon avis, c'est minime.
03:08C'est le Moyen-Orient qui représente entre 7 et 10% du chiffre d'affaires.
03:10Mais enfin, c'est pas une raison suffisante.
03:12Moi, je crois, habituellement, le luxe, il y avait des tendances conjoncturelles.
03:14On disait, tiens, il y a un ralentissement économique, c'est la conjoncture.
03:17Je crois que maintenant, il y a des vraies tendances structurelles.
03:19Comme on voit également, on a souvent parlé avec Antoine,
03:22dans l'automobile où il y a des tendances structurelles
03:23où on n'est plus acheteur du secteur, je crois que le luxe,
03:25il ne faut plus être acheteur du secteur pour le moment.
03:29Et même si vous voulez, d'un point de vue conjoncturel,
03:32la grande problématique, c'est que vous avez deux clientèles.
03:34Les ultra-riches, pour l'instant, ça tient encore
03:36parce qu'il y a un effet de richesse lié à l'intelligence artificielle,
03:38notamment aux Etats-Unis, où comme ils gagnent de l'argent
03:40sur leur portefeuille boursier et que l'immobilier se tient bien,
03:42ils continuent à consommer.
03:44Mais tout le luxe aspirationnel, les 80 millions de clients
03:47ne reviendront pas.
03:48Et donc, c'est pour ça qu'il y a une vraie problématique
03:50pour l'ensemble du secteur.
03:51Il n'y a aucune valeur qui s'en sort.
03:53Malgré tout, s'il y a cette forme de négativité
03:57autour du secteur du luxe, c'est principalement
03:59parce que c'était des valeurs qui étaient archi chères
04:00ces dernières années.
04:02Là, elles sont à des valorisations quand même un peu plus raisonnables.
04:04Mais même ça, ça vous fait prendre une question ?
04:06– Attendez, elles étaient chères pour quoi Antoine ?
04:07Parce qu'il y avait de la croissance.
04:09Quand vous sortez entre 8 et 10% de croissance
04:10avec une rente à 20%, il est normal que ça soit cher.
04:12Là, la problématique, il n'y a plus de croissance.
04:14On a bien vu dans les publications,
04:15quand croissance organique LVMH fait plus 1%,
04:18on dit que c'est nettement supérieur aux attentes, c'est Byzance.
04:20Non, il n'y a plus de croissance dans le secteur
04:22et donc c'est tout à fait normal.
04:23Même si, en termes de PE, LVMH est revenu sur un PR de 20,
04:28on n'a quand même pas envie d'aller dans le secteur.
04:30Et je regardais, alors je ne sais pas,
04:31il devait me poser la question sur l'Italie,
04:34Guillaume, mais je me la pose.
04:35– Mais ça le vient, elle vient.
04:36– Ah, elle vient, d'accord.
04:36– Vous la voulez tout de suite ?
04:37Parce que vous dites le luxe, c'est fini en bourse.
04:40Eh, attendez, regardez le luxe italien,
04:41le luxe italien depuis le début de l'année
04:42fait mieux que les autres.
04:43– Eh bien non.
04:45Moncler, moins 8.
04:46– Mais c'est beaucoup mieux que les autres.
04:47– Brunello Cuccinelli, moins 16.
04:49Alors que Brunello Cuccinelli, c'est le cas le plus important.
04:53Brunello Cuccinelli, depuis son IPO, ils en font x11.
04:56Là, ça vaut encore 35 fois les bénéfices.
04:58Alors, OK, c'est extrêmement rentable des marges entre 20 et 25%,
05:02mais les investisseurs ne vont plus sur les valeurs.
05:04Ferragamo, moins 10%.
05:06Ferrari, ça doit faire entre moins 15 et moins 20.
05:08Alors, ce n'est pas vraiment l'Italie,
05:09mais ça reste quand même une valeur à connotation transalpine.
05:12Donc, moi, j'ai envie de dire, ce secteur, il faut en sortir.
05:17Et d'ailleurs, on va en parler tout à l'heure,
05:18mais ça ne serait pas étonnant qu'à un moment ou à un autre,
05:20LVMH perde sa première place parmi les capitalisations boursières françaises.
05:25Je voulais lui mettre un taquet, mais non, il n'y a pas moyen.
05:28Même Prada perd 20%.
05:30Vous savez, c'est coté à Hong Kong.
05:32Et on disait pendant des années,
05:34plus personne ne regarde Prada.
05:35Prada, ils y arrivent.
05:36Bon, bah, on va.
05:37Allez.
05:38Ou alors, après, la sortie de prix.
05:39Attendez, attendez.
05:40Je vais vous trouver une valeur du luxe
05:42qui, elle, ne recule pas depuis le début de l'année,
05:43ou moins que les autres.
05:44Attendez, attendez.
05:45Déjà, il y a une valeur du luxe italienne.
05:46Ferrari, voilà.
05:47Ferrari, ça ne perd que 7%.
05:49Ferrari, en un an, ça fait moins 30.
05:51Bon, est-ce qu'être négatif sur le luxe,
05:53c'est être négatif sur la macroéconomie en général, d'ailleurs ?
05:55Si même le luxe va mal, c'est que la macro va mal.
05:58Bah non, pas obligatoirement,
05:59parce que les ultra-luxes...
06:00Si vous voulez, on peut tout à fait avoir encore
06:02un baril de pétrole qui reste entre 105 et 110
06:04avec un détroit d'Ormus qui est un petit peu bloqué,
06:06mais une clientèle riche aux Etats-Unis qui s'enrichit.
06:08Parce que, ce que vous disiez tout à l'heure,
06:10pétrole, IA, l'IA marche terriblement bien.
06:12Il y a encore 750 milliards de dépenses
06:14parmi les grands géants de l'IA cette année.
06:15Il y aura 1000 milliards l'année prochaine.
06:17Donc, si vous avez un effet de richesse
06:19qui fait que les portefeuilles des riches américains,
06:21notamment, continuent à s'améliorer,
06:23il n'y a aucune raison que ça soit sensible à la conjoncture.
06:25Mais il y a quand même les 80 millions,
06:26il y a le luxe aspirationnel qui va souffrir.
06:28Donc, c'est pour ça que c'est un petit peu mitigé.
06:30Ce n'est pas complètement corrélé
06:30à la croissance économique mondiale,
06:32mais il y a une partie du luxe
06:33qui est corrélé à la croissance économique mondiale.
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