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  • il y a 3 heures
Bullshitomètre : "Les produits structurés sont un bon compromis"

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Transcription
00:0116h52, cette famille BFM Bourse, elle vit chaque jour, elle s'élargit un peu plus.
00:05Benoît Lombard nous rejoint et vient participer à nos échanges, président du multifamilier office Vincera.
00:11J'espère bien le prolonger, Benoît.
00:12C'est parfait mon cher Guillaume.
00:13Vincera, voilà, ça veut dire quoi ? Vincera ?
00:16Vincera, et puis ça vient du latin, et vous savez, ma passion pour l'angue latine.
00:21Wincera, alors, vous prononcez à la...
00:23Vous pouvez le dire, Wincera, c'est très joli.
00:25Merci Guillaume, je m'en soutiens.
00:26Les produits structurés sont la solution idéale pour les investisseurs français.
00:31Certains le disent, pas vous, vous vous dites bullshit.
00:35Vous foudroyez, Benoît, à cette idée que les produits structurés peuvent offrir le beurre et l'argent du beurre,
00:39bref, le meilleur des deux mondes aux épargnants.
00:41En fait, à quoi ils servent réellement les produits structurés ?
00:45Les produits structurés, ils ont une classe d'actifs à part.
00:47Donc, il faut comprendre que, dans la définition même du mot, du vocable, c'est structuré en deux poches.
00:54Il y a une poche où il n'y a pas de risque.
00:56Généralement, c'est une obligation.
00:57Donc, vous achetez une obligation, l'OAT est à peu près à 3,30, 10 ans.
01:02Vous mettez 72 aujourd'hui, vous avez 100 dans 10 ans.
01:04Bon, il reste 28.
01:05Avec 28, vous achetez des options.
01:06Et avec ces options, vous allez faire des paris.
01:08Et ces paris peuvent vous permettre d'avoir une cote-part de performance d'un panier d'actions,
01:13d'un indice, d'une obligation, d'un panier d'obligations.
01:16Bref, l'ingénierie financière est là au service de l'épargnant.
01:20Et si jamais le structuré peut avoir sa part dans une poche, une classe d'actifs, en tant que tel,
01:25et je rappelle qu'en France, on a émis 50 milliards,
01:29enfin, on a été acheté 50 milliards de produits structurés en 2024,
01:34et on est à 60 milliards en 2025.
01:36Et en Europe, c'est 110 milliards.
01:37Donc, en fait, c'est un marché dont sont friands les Français,
01:41là où nos amis suisses, par exemple, aiment les hedge funds qu'on apprécie un peu moins.
01:45Julien.
01:45Mais alors, il y a quand même un sujet qui semble revenir à une critique assez récurrente,
01:49ce sont les frères.
01:50Et en fait, qu'est-ce que c'est une critique adéquate ?
01:52Le problème, il est là.
01:53Moi, je ne critique pas, en tant que tel, l'intérêt du produit structuré.
01:57Et je rappelle que dans les structurés, on peut définir le risque comme on l'entend,
01:59puisqu'il y a que l'option, vous pouvez faire ce que vous voulez.
02:01Avec les options, avec les 28, les fameux 28 dont je parlais, vous faites ce que vous voulez.
02:04Donc, vous pouvez avoir des séries 1, 2, 3, sur une classe qui peut aller jusqu'à 7,
02:08et vous avez à peu près la moitié entre 1 et 3,
02:10et l'autre moitié des produits structurés qui sont émis entre 4 et 7.
02:15Le problème, c'est sur la transparence des frais.
02:18Le problème, c'est sur le prix du sous-jacent.
02:20Parce qu'il y a trois acteurs.
02:21Il y a l'émetteur, et je rappelle que les produits structurés sont souvent créés,
02:25structurés dans une enveloppe qui est un EMTM.
02:27Le paramètre médium term note, c'est une obligation qui est émise par une banque.
02:30Et dans le prix des options, on peut gorger, j'allais dire, des frais au sein de ces options.
02:37Et ces frais, ils ne sont pas à disposer.
02:39Ils sont dans le fameux PRIPS, le document d'information clé, obligatoire depuis 2018 sur tous les produits.
02:45Mais on a le prix global du produit.
02:47On n'a pas la cote-part qui est attachée à l'ébetteur, le broker et le distributeur.
02:53A l'inverse de ce qu'on peut avoir, par exemple, dans des OPC ou dans des contrats d'assurance
02:57-vie,
02:58lorsque, à la fin de l'année, vous recevez votre relevé annuel,
03:00vous avez les fameux frais ex-post, où là, on disclose, on donne à l'épargnant le coût réel de
03:07ce produit.
03:08On a un peu l'impression que les produits structurés, c'est l'art de faire du sur-mesure,
03:12quand parfois le prêt-à-porter pourrait convenir, en fait.
03:15L'investisseur n'est peut-être pas aussi exigeant.
03:18Alors du coup, comment on fait pour que ce soit le bon conseil qui soit appliqué au client ?
03:22Le bon conseil pour le client, d'abord, c'est d'ailleurs définir le risque qu'on doit avoir avec
03:26lui.
03:27Et bien souvent, les mécanismes complexes qui reposent sur le MTM émis
03:32ne sont pas compréhensibles par tout un chacun.
03:34Et c'est la région pour laquelle il y a des marchés cibles négatifs,
03:37où on s'interdit de vendre à Madame Michu ou Monsieur Michu pour ne pas être sexiste,
03:41donc un produit trop complexe.
03:43Et bien lui, on se refuse de lui vendre.
03:45Et donc, pourquoi on ne lui vend pas ?
03:47Parce que c'est complexe.
03:48Et la problématique, c'est sur la transparence du prix des options
03:51qui sont partie intégrante du produit structuré en tant que tel.
03:55Et à tel point, la CPR en 2024 a estimé, dans son rapport sur les produits structurés,
03:59dans sa cartographie des produits structurés,
04:02elle a estimé que le coût était incompréhensible par les épargnants.
04:05Et je vais vous dire, moi qui suis un professionnel de la finance depuis 35 ans,
04:08je ne comprends pas parfois.
04:09On met les frais là où on veut.
04:11Et j'ai regardé encore pour préparer cette émission,
04:13le prix à l'émission de certains structurés, on est entre 7 et 8%.
04:16L'AMF elle-même sait très bien que le prix global, c'est 6% aux distributeurs.
04:21Quand vous avez 50 milliards qui sont distribués tous les ans,
04:24à 6%, ça fait 3 milliards qui sont piqués dans la poche des épargnants.
04:27Moi, j'aimerais bien que ces 3 milliards, ils restent dans la poche des épargnants.
04:30Ça fait vivre des assureurs quand même, Benoît.
04:33Les assureurs ne sont pas toujours contents.
04:36À la différence de ce qu'on peut penser.
04:37Parce que c'est vrai que 80% des structurés sont logés
04:39au sein de véhicules d'investissement assurantiels.
04:41Et pourquoi ils ne sont pas contents ?
04:42Parce qu'ils sont obligés.
04:43Dans le contrat d'assurance-vie que vous achetez,
04:45vous avez un nombre d'unités de compte qui sont éligibles.
04:48Et puis, lorsqu'il y a un EMTM, un nouvel EMTM,
04:51un nouveau produit structuré est émis,
04:52il faut changer, il faut faire la nœuvre dedans.
04:54Donc, c'est de la paperasse.
04:55Et puis, bien souvent, comme ce sont des off-frontes
04:57qui sont payées au départ sur les structurés,
05:00ça passe, j'allais dire, pas par la case assureurs.
05:02C'est payer bien souvent au Conseil d'investissement financier
05:06directement par le broker, sans passer par l'assureur
05:08qui, lui, n'est pas tellement content.
05:10Il n'y a pas de running, comme on dit.
05:11Il n'y a pas d'encours qui lui est restritué au fil du temps.
05:16Vous jetez tous les produits structurés
05:18ou quand même, on peut bien les choisir ?
05:19Non, là encore, je dis juste une chose.
05:21Moi, ce que je souhaite,
05:22et dans le cadre du RIS, du Retail Investment Stratégie,
05:25dont l'accord politique a été donné en décembre dernier,
05:27le 16 décembre dernier,
05:28entre le Conseil européen et le Parlement européen,
05:30eh bien, je souhaite que la RIS puisse discloser ses frais.
05:33Et je ne jette pas les produits structurés.
05:35Ce que je jette, c'est le manque de transparence.
05:37C'est ce qu'on doit à l'épargnant,
05:40les produits complexes,
05:41oui, avec des frais mesurés,
05:43mais surtout disclosés.
05:44C'est parce que vous les aimez
05:45que vous les châtiez si bien, j'en suis sûr.
05:47Ce que j'aime, c'est la transparence.
05:49Moi, je suis au service de l'épargnant.
05:50Non, mais attendez, juste, Guillaume,
05:53c'est une réalité.
05:54Je travaille avec une banque
05:55qui émet des produits structurés
05:57à 2, 2,5.
05:58J'en connais d'autres qui sont bien plus,
05:59à des frais bien plus élevés.
06:01Pourquoi ?
06:04Je pose la question.
06:06Vincera, c'est le nom de son multifamily office.
06:08Transparent.
06:09Winkera, comme dirait les latins, transparent.
06:12Benoît Lombard, régulièrement à nos côtés.
06:14Merci beaucoup, Benoît.
06:14C'est un plaisir, Guillaume.
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