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  • il y a 15 heures
Bullshitomètre : "Trump = TACO, il finit toujours par se dégonfler"

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00:0116h49, chaque jour un expert de marché nous rejoint pour combattre le consensus, les idées un peu trop faciles, aller
00:06contre le sens du vent.
00:07C'est François Meunier qui nous rejoint, le directeur de la rédaction d'Investir. Bonjour François.
00:10Bonjour.
00:11Donald Trump c'est taco, il finit toujours par se dégonfler. Certains le pensent peut-être encore. Pas vous, vous
00:18dites bullshit.
00:20Vous foudroyez cette paresse qui consiste à croire que Donald Trump always chickens out, taco.
00:26Ce qui se passe montre que ce n'est pas taco Donald Trump, décidément pas taco.
00:29Absolument, on a eu quand même la confirmation et on a le sentiment comme souvent en bourse qu'on passe
00:34d'un extrême à l'autre.
00:35À un moment donné on pensait qu'il n'oserait pas. Là maintenant le scénario c'est plutôt c'est
00:39un vingt ans guerre.
00:39Il est prêt à envoyer des soldats sur le sol iranien. Il est prêt à faire durer cette guerre aussi
00:47longtemps que possible.
00:48C'est une nouvelle déclaration aujourd'hui.
00:50Ou à Telluride Peix, il est rigolo.
00:52Exactement, il reprend un peu les propos de Draghi, patron de la Banque Centrale Européenne avant Christine Lagarde
00:59qui expliquait qu'il était prêt à tout pour sauver l'euro.
01:02Là il est prêt à tout pour que la guerre soit un succès.
01:06Et donc finalement tout le monde est perdu.
01:07Et on a encore une fois la confirmation que les investisseurs ne sont pas du tout sur la même planète
01:12que les politiques ou les acteurs du monde géopolitique.
01:17Et qu'ils n'arrivent jamais à anticiper les mouvements.
01:22Et ça, ça crée bien sûr de l'incertitude.
01:24Ça crée toujours une phase de stupeur.
01:26On est toujours quasiment mis devant le fait accompli.
01:28Et avec ce sentiment qui fait que ces acronymes, c'est quand même parfois beaucoup de bullshit.
01:36Mais en termes de communication, c'est bien, ça fait genre.
01:40Mais résultat, ça ne crée pas de la performance.
01:42Et là, on court après un petit peu le train qui passe.
01:46D'abord, qu'est-ce qu'il faut faire en bourse lorsque aussitôt vous avez un événement de la sorte
01:52?
01:52Parce que ça va très vite, ça va même très très très vite.
01:55Et donc souvent on se dit qu'il ne faut rien faire, on est coincé.
01:58Et donc là, on est vraiment dans un marché où, et c'est la confirmation qu'il faut être extrêmement
02:04diversifié,
02:06on est la confirmation qu'on est coincé.
02:08Et c'est le sentiment qui prédomine.
02:10Et résultat, vous aviez avant le conflit, beaucoup d'experts qui vous expliquaient la situation géopolitique au Proche-Orient.
02:19Elle est comme ci ou elle est comme ça.
02:21Et là, maintenant, depuis ce week-end, toutes les études qui sortent, qui sont assez argumentées, vont dans le même
02:28sens.
02:28On fait des scénarios.
02:30Scénario central.
02:32Le scénario central aujourd'hui, c'est de dire qu'on est plutôt dans une guerre courte avec des prix
02:38du pétrole qui peuvent rester élevés.
02:39Vous avez un scénario défavorable, qui n'est pas majoritaire, mais attention, c'est l'enlisement.
02:44Et puis, vous avez un scénario extrêmement favorable, qui est de dire que le régime des Mollahs va tomber et
02:50l'Iran va devenir pro-américaine.
02:52Et ce n'est pas non plus majoritaire.
02:54Ce n'est pas non plus le scénario majoritaire.
02:56Mais tout le monde se met à faire des scénarios alors qu'il y a quelques jours, avant cette guerre,
03:04tout le monde avait une conviction relativement forte avec des probabilités, j'ai envie de dire, à 99%, voilà ce
03:11qu'il va faire.
03:11Oui, il va se dégonfler. Oui, c'est du bluff. Il a toujours bluffé, etc.
03:17Et là, on voit que c'était bullshit.
03:19C'est un vrai cours de modestie, ce qu'on est en train de vivre.
03:21C'est vrai. D'après vous, François, les investisseurs sont un peu dans une autre planète.
03:24Ils n'arrivent pas forcément à appréhender, à gérer ces dossiers géopolitiques, politiques.
03:30Absolument. Et ça, on devrait le savoir.
03:32D'abord, politiquement, on l'a vu, et le plus bel exemple, c'est le Brexit.
03:36Quelques heures avant le Brexit, on avait des sondages, on avait des arguments, etc.
03:40C'était impossible que la City bascule, s'isole, alors qu'ils sont pro-business.
03:45Donc, ils ont besoin de liens avec le vieux continent, ils ont besoin de liens avec l'Union européenne.
03:51Jamais ça se passera. On a eu le Brexit.
03:53On avait, après, dans un autre domaine, qui était la guerre en Ukraine.
03:58Rappelez-vous, on avait beaucoup d'experts qui disaient, non, les Russes, jamais ils interviendront,
04:02ils ont trop à perdre, ça leur coûterait trop cher, cette guerre, ils ne le feront pas, etc.
04:07Et résultat, on a eu la guerre en Ukraine, ça a surpris tout le monde.
04:10D'abord, la stupeur, et puis après, maintenant, on est, depuis 2022, en guerre entre les Ukrainiens et les Russes.
04:17Et ça a changé la face du monde, en tout cas la face de l'Europe.
04:21Et donc, finalement, on se rend compte qu'il faut plutôt être modeste à l'égard des grands événements politiques
04:27ou géopolitiques,
04:28parce que, en tout cas, les investisseurs se trompent quasiment à chaque fois.
04:32Et j'ai même envie de dire modeste face à Donald Trump, parce qu'on s'amuse beaucoup de lui,
04:36il est très caricatural dans plein de domaines,
04:37mais il faut aussi rester modeste face à lui, parce que, effectivement, il nous surprend.
04:40Mais il n'y a pas que Trump, c'est au global, au niveau de toutes les décisions politiques et
04:45géopolitiques
04:46qui ont marqué le monde au cours des 10, 20 ou 30 dernières années,
04:51eh bien, dans la plupart des cas, on s'est trompé.
04:53François, comment on agit en cas de conflit ?
04:55On pourrait tenter d'investir dans la défense, aujourd'hui, on a Thalès en baisse,
04:58on a Rheinmetall aussi qui est en baisse, alors c'est peut-être pour une autre nouvelle aussi,
05:03parce qu'Ariane Group veut se mettre à produire des missiles,
05:05donc finalement, il y a même une concurrence entre les groupes européens.
05:09Donc, finalement, dans quoi on investit quand ça va mal ?
05:11D'abord, quand ça va mal comme ça, il faut essayer de tenir les positions.
05:14Ce qu'il faut, c'est surtout, c'est peut-être un peu tard pour agir,
05:17mais il faut d'abord se dire, est-ce qu'on a bien construit son portefeuille ?
05:20Et c'est pour ça que, lorsque vous intégrez une valeur dans votre portefeuille,
05:22il faut savoir exactement pourquoi vous l'avez acheté,
05:25pour pouvoir tenir, justement, des situations un peu de stress,
05:29pas de stress extrême, parce que là, on est sur une baisse, je vais vous dire 3%,
05:32oui, c'est beaucoup, mais dans l'histoire boursière, on a connu pire,
05:37les attentats du World Trade Center, c'était plus de 7% de baisse le jour de l'attentat.
05:42Et juste pendant la crise des subprimes, vous l'avez vécu aussi, François,
05:45il y a eu une séance où le CAC perdait 20-22% sur une seule séance.
05:48On a eu des périodes extrêmement folles.
05:50Donc là, pour l'instant, on n'est pas dans les risques extrêmes.
05:53Pour reprendre l'exemple d'abord sur Thalès,
05:55il faut voir que pour Thalès, la publication est très solide,
05:57mais ça ne change pas la donne.
05:59Ça ne change pas la donne aujourd'hui,
06:01parce que les Américains et les Iraniens consomment plutôt des armes et des missiles américains,
06:05et que c'est plutôt favorable à Leonardo,
06:07et Leonardo, je crois, monte encore aujourd'hui.
06:10Donc, l'italien.
06:12Donc, voilà, pour l'instant, pour les grands acteurs...
06:14Non, ce n'est pas Leonardo DiCaprio, il n'y a pas de souci.
06:16Non, ce n'est pas Leonardo DiCaprio.
06:18Ce n'est pas non plus le Titanic.
06:20On est dans le monde des missiles, et pas des bateaux.
06:23Donc, ce qu'il faut, c'est tenir sa position.
06:26Se rappeler que la bourse, ça ne peut pas paraître contre-intuitif,
06:31mais a tendance plutôt à monter en période de guerre, en période de conflit.
06:34Un an après le début d'un conflit, on a des marchés qui sont plus hauts.
06:40Et ça, après, il y a eu quelques exceptions.
06:42Si on prend la guerre en Ukraine, le Dow Jones, un an après,
06:45il était 3% en dessous de son niveau de la veille du conflit.
06:49On a eu aussi, au cours du Bocuse de Berlin, en 1948,
06:52on a eu les attentats du World Trade Center et la guerre en Syrie,
06:56où là, les marchés n'avaient pas retrouvé une tendance haussière un an après.
07:00Mais globalement, à chaque fois, les deux guerres du Golfe,
07:03ça n'a pas empêché la hausse du marché.
07:05Les attentats malheureux à Madrid ou à Londres,
07:08ça n'a pas empêché le marché de monter.
07:10Donc, la bourse n'est pas si sensible aux crises géopolitiques et aux guerres,
07:16même si médiatiquement, évidemment, ça fait peur, il y a des morts, etc.
07:19La bourse est extrêmement, elle, sensible aux crises financières,
07:23aux crises immobilières et au dégonflement des bulles spéculatives.
07:26C'est ça, les grands mots de la bourse.
07:29Et là, pour l'instant, il faut surveiller, en fait, l'évolution des banques,
07:33pour vraiment être inquiet.
07:35Là, on voit que les banques, quand même, baissent fortement.
07:38En Europe, beaucoup plus que aux Etats-Unis.
07:39Voilà, une baisse d'une dizaine de pourcents, c'est le tarif.
07:42En deux jours, là.
07:42À chaque fois qu'il y a ce type d'événement,
07:45et encore une fois, on l'a vu très bien lors des attentats de Madrid
07:48et de Londres, c'est une dizaine de pourcents, c'est le prix à payer.
07:50Parce que tout le monde se dit, après l'inflation, c'est la stagflation.
07:54C'est-à-dire, l'inflation va attaquer le pouvoir d'achat
07:58et il y aura moins de croissance.
07:59Et une banque, c'est dépendant de la croissance économique.
08:02C'est le mot qui réémerge, la stagflation.
08:04Absolument, c'est ça qui fait peur aujourd'hui au marché.
08:07Et quand on voit l'évolution des grands indices mondiaux et européens,
08:11les places qui baissent le plus, c'est les places où il y a le plus de banques.
08:14Et donc, résultat, c'est souvent l'Europe du Sud,
08:18Italie, Espagne.
08:19L'Italie, c'est près de 50% d'indices de la bourse de Milan.
08:22Ce sont les établissements financiers.
08:24Et Madrid, elle perd 5% de la bourse de Madrid.
08:26Oui, absolument.
08:26Ce sont les deux places les plus financières du vieux continent.
08:30Et elles sont entraînées par le bas avec les banques.
08:33Et c'est les assureurs qui commencent à baisser.
08:35Les banques qui souffrent particulièrement avec les assureurs
08:37parce qu'un scénario de stagflation est l'un des pires pour ce secteur.
08:40Et à Paris, Société Générale perd 5,5%.
08:42Crédit Agricole aussi est en train de perdre 5%.
08:44Juste un petit rectificatif, j'ai dit que pendant la crise des subprimes,
08:47sur une seule séance, le CAC 40 avait perdu 22-24%.
08:49Non, c'est sur une semaine.
08:51Il avait perdu 24% sur une seule semaine.
08:53Sur une séance, la pire performance du CAC, c'est moins 12%.
08:56On était en 2020 pendant la crise des subprimes.
08:58En mars ?
08:59En mars 2020, effectivement.
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